LÉGISLATIVES : E. MACRON PEUT-IL PERDRE ?
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- 2:30Emmanuel MacronFait
« On n’élit pas Jean-Luc Mélenchon Premier ministre. A fortiori quelqu’un qui n’a pas été capable d’être au second tour et qui n’est pas candidat aux législatives. »
- 3:30Emmanuel MacronFait
« Le programme de Jean-Luc Mélenchon est une catastrophe pour la France, je pense que les Français l’ont bien compris. »
- 5:00Emmanuel MacronFait
« Ce sera toujours au président de la République qui fera le choix du Premier ministre. »
- 6:00Emmanuel MacronFait
« Le programme de Jean-Luc Mélenchon est tout à fait jumeau de celui de Marine Le Pen. »
- 8:00Emmanuel MacronFait
« Vous savez dans tous les pays du monde où la gauche radicale est arrivée au pouvoir et s’est assortie d’une forme de légitimité du discours sur la violence sociale, ça s’est très mal fini. »
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Ce que je veux pouvoir conduire pour vous à vos côtés dans les années qui viennent, c’est la mise en oeuvre du projet que j’ai défendu durant la campagne présidentielle et qui nécessite comme le commandent nos institutions, une majorité forte et claire à l’Assemblée nationale. Maintenant nous nous entendons et nous demandons à tous ceux qui trouvent que c’est bien de nous aider, de nous suivre, de nous épauler de toutes leurs forces. On n’élit pas Jean-Luc Mélenchon Premier ministre.
A fortiori quelqu’un qui n’a pas été capable d’être au second tour et qui n’est pas candidat aux législatives. Ce sera toujours au président de la République qui fera le choix du Premier ministre. Quand il nous dit : “De toute façon Jean-Luc Mélenchon ne peut pas être Premier ministre parce que je ne le nommerai pas.” Bah si bonhomme, tu vas le nommer.
Le programme de Jean-Luc Mélenchon est une catastrophe pour la France, je pense que les Français l’ont bien compris. Je trouve en plus que le pouvoir en place a sacrément besoin d’un contrepouvoir, que cette espèce de techno pragmatisme qu’on nous impose est juste insupportable, éteint le débat politique. De toute façon, on sait très bien ce qu’il va se passer.
Au soir des élections législatives, lorsque Jean-Luc Mélenchon n’aura pas de majorité au Parlement et qu’il ne sera pas Premier ministre, il vous expliquera que maintenant, c’est l’heure du quatrième tour et que le quatrième tour, il est dans la rue. Ce dimanche 12 juin, et le 19 juin, les Français voteront pour des élections qui pourraient bien changer le visage de la France : les législatives. Ces élections sont souvent reléguées au second rang dans les médias derrière l’élection présidentielle, alors qu’elles sont déterminantes.
Elles sont même considérées par certains observateurs comme encore plus importantes que la présidentielle. Et pourtant elles peinent à passionner les foules. Depuis l’introduction du quinquennat en 2000, les législatives apparaissent de plus en plus comme de simples élections de confirmation de la présidentielle, en donnant au président élu une majorité confortable.
Mais elles peuvent en réalité être bien plus que ça. Les élections législatives ce n’est pas n’importe quoi, c’est le moment où on va choisir le Parlement. Le Parlement, c’est l’expression du peuple.
Pour la première fois dans l’histoire de la 5e République, on a vraiment une élection législative à enjeu. En interne, les partis politiques mesurent parfaitement l’enjeu de ces élections, preuve en est la levée de boucliers qu’a provoqué l’alliance de la gauche. C’est une escroquerie.
Une union factice de la gauche. Pour moi c’est un marché de dupes. C’est plus “dupes” que “Nupes”.
C’est une union pour leur pomme. C’est un accord électoraliste. Une sorte de salmigondis idéologique.
C’est une tambouille électorale. Tout ça est un gloubi-boulga indigeste. C’est une véritable pétaudière.
Il bouffe à tous les râteliers Mélenchon, je trouve que c’est parfaitement scandaleux. Car si Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à imposer son duel avec Emmanuel Macron à la présidentielle, il l’impose aujourd’hui aux législatives. A la fois médiatiquement, à la fois dans les sondages, le seul aujourd’hui qui existe à part la majorité présidentielle, c’est Jean-Luc Mélenchon.
Il n’y a aucune autre opposition aujourd’hui qui ait une existence politique forte et crédible. Alors qu'est-ce qui se joue lors de ces élections ? Pourquoi l’arrivée de la NUPES provoque-t-elle autant de polémiques ?
Emmanuel Macron est-il vraiment en danger ? Réponses tout de suite dans cette nouvelle vidéo pour Blast. Pour ceux qui n’auraient vraiment rien suivi, ou qui n'auraient pas bien écouté en cours d’éducation civique, on va faire un bref rappel en une minute.
La France est divisée en 577 circonscriptions, et dans chaque circonscription, on élit un ou une député, qui va siéger à l’Assemblée nationale pendant 5 ans pour voter les lois mais aussi contrôler l’action du gouvernement. L’élection se déroule en deux tours espacés d’une semaine. En bref, si le Président obtient une majorité absolue de députés à l’Assemblée nationale, le gouvernement peut faire voter toutes les lois qu’il veut et dirige la France comme il l’entend.
C’est un peu ce que l’on a vécu lors du dernier quinquennat. On a tendance à penser qu’après l’élection présidentielle, c’est terminé, que les dés sont jetés pour 5 ans. Mais c’est faux : notre réalité quotidienne, notre futur, notre démocratie se jouent en partie lors des élections législatives, même si elles sont moins médiatisées car moins personnalisées.
Camille Chastrusse a déjà expliqué tout ça en détails dans une vidéo Blast sur le régime constitutionnel français que l’on vous invite à regarder. L’exemple français illustre la disproportion entre le nombre de voix et le nombre de sièges. Par exemple, au premier tour des législatives de 2017, la majorité présidentielle n'avait obtenu que 32% des voix mais avait fini avec 60% des sièges.
Si Emmanuel Macron n’obtient pas de majorité, il devra subir ce qu’on appelle une cohabitation. Il sera obligé de nommer un ou une première ministre qui vient du “camp” politique qui a obtenu le plus grand nombre de sièges. Passation de pouvoir simple, rapide, Lionel Jospin s’est installé en fin de matinée à l’hôtel Matignon, et selon son entourage, la composition du gouvernement devrait être annoncée ce mercredi en fin d‘après-midi.
Et là ça change tout, car c’est ce Premier ministre qui a le “vrai” pouvoir sur de nombreux sujets. Il peut faire passer de nombreuses lois qui n’ont aucun rapport avec le programme du Président. Et avant d’aller plus loin, on va faire un petit point très rapide sur les alliances, pour comprendre quelles sont les forces en présence parce que là, ça devient compliqué.
On va commencer par Ensemble. Ensemble ça recoupe Renaissance, le nouveau nom de la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron, qui s’est allié avec le Modem de François Bayrou, et Horizon, le parti d’Edouard philippe, l’ancien Premier ministre. L’objectif de cette alliance, c’est d’appliquer le programme présidentiel d’Emmanuel Macron.
De l’autre côté, il y a la Nupes, la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale, l’union de la gauche où sont rassemblés sous l’impulsion de la France insoumise, le Parti Socialiste, Europe écologie les verts et le Parti Communiste. Leur objectif est clair : envoyer Jean-Luc Mélenchon à Matignon afin de faire passer les lois issues de leur programme commun, élaboré après d’intenses négociations. A droite, le parti Les Républicains s’est allié avec deux partis de centre droit, l’UDI et les Centristes Nouveau Centre.
A l’extrême droite, ils n’ont pas réussi à se mettre d’accord, on a donc éparpillés, des candidats distincts avec d’un côté Reconquête le parti d’Eric Zemmour qui présente 550 candidats et de l’autre le Rassemblement National de Marine Le Pen. Il y a aussi plein de petits candidats indépendants ou des candidats de petits partis qu’on ne va pas détailler ici parce que ce serait vraiment très long, mais vous pouvez vous renseigner pour votre circonscription. Retour sur celui qui a beaucoup fait parler de lui pendant cette campagne : Jean-Luc Mélenchon.
Quelques jours après sa défaite à l’élection présidentielle, il a renchéri. Je suis venu ce soir vous dire une chose. Je demande aux Français de m’élire Premier ministre.
Je leur demande pour m’élire Premier ministre, d’élire une majorité de députés insoumis. Au début, ces déclarations ont un peu été prises à la légère, les observateurs étant habitués aux coups d’éclat du chef des Insoumis. Mais les autres partis et certains commentateurs ont commencé à fustiger sérieusement cette prise de position, une fois que plusieurs partis de gauche sont parvenus à une alliance, et que Jean-Luc Mélenchon est devenu le principal opposant à Emmanuel Macron.
Le président l’a accusé au passage de transformer une défaite en victoire. On n’élit pas Jean-Luc Mélenchon Premier ministre. A fortiori quelqu’un qui n’a pas été capable d’être au second tour et qui n’est pas candidat aux législatives.
Et donc ça sera toujours le président de la République qui fera le choix du Premier ministre. Ce serait un séisme. Ce serait un séisme.
Ne prenons pas ça comme quelque chose d’anodin. C’est très significatif du point de vue de la politique. On ne se désigne pas Premier ministre.
Il n’y a pas de troisième tour à l’élection présidentielle. Emmanuel Macron pourrait choisir quelqu’un d’autre que Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, il n’y a pas de troisième tour à l’élection présidentielle.
Maintenant nous sommes dans les élections législatives, ce qui n’a absolument rien à voir. Alors, Jean-Luc Mélenchon peut-il vraiment devenir Premier ministre ? À priori, plusieurs éléments laissent à penser que c’est peu probable.
Premièrement car il n’est pas du tout certain d’avoir une majorité parlementaire, et deuxièmement car c’est le président qui nomme le Premier ministre, et rien ne l’oblige à nommer quelqu’un en particulier. Et Emmanuel Macron l’a bien rappelé. Mais c’est un peu plus compliqué que ça, puisque la couleur politique de l’Assemblée conditionne la décision du Président.
Un groupe qui obtient un majorité absolue ne peut pas imposer de candidat mais il a le pouvoir d’écarter un Premier ministre. Dans les faits, il est souvent attendu du Président qu’il nomme un Premier ministre qui satisfait la majorité en opposition. Est-ce qu’Emmanuel Macron a le choix, au fond ?
Ou est-ce qu’il sera obligé, si ça se produisait, de le nommer Premier ministre ? Il y a vraiment deux choses intéressantes là-dedans, c’est qu’il n’y a rien d’inscrit dans la Constitution sur cette question. Il y a une coutume constitutionnelle qui veut qu’on nomme toujours Premier ministre, et ce n’est pas uniquement en France, c’est une coutume de tous les régimes parlementaires, on nomme Premier ministre le leader d’une majorité au Parlement.
Si le choix du Premier ministre ne plaît pas à une majorité de députés, ils peuvent remettre en question le gouvernement en refusant de lui accorder leur confiance ou en votant une motion de censure. L’Assemblée nationale a approuvé la déclaration de politique générale du gouvernement. Je ne prends en aucune façon cette confiance pour un blanc seing, mais je remercie l’ensemble des députés qu’ils l’ont votée, et je respecte évidemment ceux qui ne l’ont pas fait.
Merci. Les avis des observateurs politiques sur la probabilité de voir Jean Luc Mélenchon arriver au poste de Premier ministre divergent. Vous avez un Jean-Luc Mélenchon qui de toute façon, ça c’est une opinion personnelle, sait très bien qu’il n’aura pas la majorité.
Les Français ne sont pas d’accord sur grand chose, ils sont d’accord sur une chose, c’est que dans la grande majorité, ils ne veulent pas d’un Jean-Luc Mélenchon Premier ministre. Emmanuel Macron sera contraint de choisir le Premier ministre qui sera proposé par cette nouvelle majorité à l’Assemblée nationale. Sur le plan de la stratégie et de la tactique politique, il est en train de faire quelque chose d’incroyable.
Alors qu’il sait pertinemment, Jean-Luc Mélenchon, qu’il n’aura pas 290 députés, donc il n’aura pas la majorité, donc il ne sera jamais Premier ministre. Et donc vous non plus. Panique à bord au sein de la majorité.
Conscients de la menace représentée par la Nupes, les candidats de la République en marche exploitent la peur d’une éventuelle arrivée de Jean Luc Mélenchon à Matignon. On a en face un projet qui est un projet qui a énormément d'ambiguïtés, et qui a un objectif : l’affaiblissement de la France. A ce titre le programme de Jean-Luc Mélenchon est tout à fait jumeau de celui de Marine Le Pen.
Qu’est-ce que vous voulez demain dans le pays ? Est-ce que vous voulez de l’ordre dans la rue ou est-ce que vous voulez Jean-Luc Mélenchon au pouvoir ? Une chose est sûre, c’est qu’avec la régulation soviétique proposée par Jean-Luc Mélenchon… Révolution soviétique ?
Non, je dis la “régulation soviétique”. On nous propose une société où soit, tout est interdit, tout est organisé. On ne pourra même plus couper son bois dans sa propre propriété selon Jean-Luc Mélenchon.
Jean-Luc Mélenchon, pardonnez-moi de le dire, je vais rajouter une caractéristique que vous n’avez pas citée, je le trouve brutal. Vous savez dans tous les pays du monde où la gauche radicale est arrivée au pouvoir et s’est assortie d’une forme de légitimité du discours sur la violence sociale, ça s’est très mal fini, ça s’est très mal passé. Autant l’arrivée de Mélenchon est peu probable, ce qui est possible en revanche, c’est que le parti présidentiel ne reparte pas avec la majorité absolue, la défaite est d’ailleurs désormais jugée comme “pas impossible” par l’Elysée, alors qu’elle semblait impensable au lendemain de la présidentielle.
Rappelons que lors de son arrivée au pouvoir en 2017 Emmanuel Macron disposait d’une majorité écrasante, avec 313 députés LREM et 47 MoDem. Mais cette fois, c’est différent. Parmi les éléments qui inquiètent la macronie, on peut d’abord citer la percée de la NUPES chez les Français à l’étranger.
Dans les 11 circonscriptions des Français à l’étranger, le premier tour a eu lieu le 5 juin, et la NUPES a réussi à qualifier ses candidats dans 10 des 11 circonscriptions. C’est deux fois plus que 5 ans auparavant. Danger à nuancer cependant, puisque pour l’instant, les reports de voix semblent plus favorables à la majorité présidentielle.
Un deuxième élément qui inquiète la macronie, ce sont les sondages. Même s’ils sont à prendre avec des pincettes comme on l’avait déjà expliqué à Blast, ils donnent des alliances au coude à coude. Plusieurs sondages montrent qu’Emmanuel Macron n’est pas du tout sûr d’obtenir une majorité absolue.
Le dernier sondage Harris Interactive par exemple montre que le chef de l'État pourrait obtenir entre 285 et 335 sièges, or la majorité absolue se situe à 289 sièges. Une troisième difficulté pour le parti présidentiel concerne les différents scandales qui ont entaché le gouvernement ces dernières semaines comme l’affaire Abad ou les incidents du Stade de France. Enfin, la macronie a dû gérer plusieurs dissidences dans certaines circonscriptions, c’est-à-dire des candidats qui décident de ne pas faire le jeu des alliances.
En tout 91 candidats ont été exclus de l’alliance Ensemble car ils ont décidé de ne pas respecter l’accord. Ce qui fait que certains se présentent contre l’alliance, et plus ceux qui portent les idées de la majorité présidentielle sont divisés, moins ils ont de chance de l’emporter. Donc à ce moment-là, j’ai Stanislas Guérini qui m’a appelé et il a essayé de m’expliquer sans grand succès.
Mais il n’a pas essayé très fort non plus. Et donc, à un moment il m’a demandé : “Stéphane est ce qu’il y a quelque chose qu’on peut faire ou dire pour que tu renonces à présenter ta candidature contre Manuel Valls ?” J’ai dit : “Bah non Stan.” Je lui ai déballé le même argumentaire que j’ai sorti, question de calcul électoral et de principes.
A partir de là, je ne peux pas transiger là-dessus. Alors si la NUPES n’a pas de majorité, et qu’Emmanuel Macron n’a pas de majorité non plus, que se passe-t-il ? Le parti présidentiel pourrait avoir par exemple ce qu’on appelle une majorité relative, c'est-à-dire qu’il aurait le plus grand nombre de voix, mais ne pourrait pas forcément gouverner puisque personne n’aurait la majorité absolue.
Le chef de l’Etat serait alors contraint de négocier pour gouverner, il devrait aller piocher des votes dans certains camps pour faire voter ses lois, ou tout simplement faire une alliance avec un autre parti qui rallierait la majorité présidentielle de manière durable. Enfin, le dernier scénario, et c’est le moins probable, est celui du blocage institutionnel, c'est-à-dire un cas de figure où personne n’arriverait à se mettre d’accord, et personne n’aurait une majorité stable à l’Assemblée nationale. Dans ce cas là, la France deviendrait tout simplement ingouvernable.
Ce qui se joue sur ces élections, c'est la vitalité de notre démocratie mais aussi la capacité de la France à faire face au défi écologique. On vous explique. Un des grands enjeux de ces législatives dont on parle peu alors qu’il est fondamental d’un point de vue démocratique, c’est le renouvellement de l’Assemblée nationale.
Faire en sorte que celle-ci soit véritablement à l’image de la société française car c’est aussi cela qui donne son sens à notre démocratie représentative. Un autre enjeu majeur est celui de la place de l’urgence écologique dans cette élection mais aussi ses résultats. Si Emmanuel Macron a repris à son compte la notion de planification écologique dans l’entre deux tours, c’est en grande partie lié au score de Jean-Luc Mélenchon qui en avait fait le cœur de son programme.
Un programme dont l’ambition écologique a été saluée par la société civile et plébiscité par les jeunes angoissés pour leur avenir. Rappelons ici que le candidat de la France insoumise a été le candidat favori des 18-34 ans lors du premier tour des élections présidentielles. Et ce vote des jeunes sera justement un des grands enjeux de ces législatives.
Les jeunes votent majoritairement à gauche : la Nupes est par exemple mesurée à 59% des intentions de vote chez les 18-24 ans et à 44% chez les 25-34 ans. Vous écoutez les jeunes aujourd’hui, beaucoup c’est : “Moi je vote la Nupes. La Nupes.
La Nupes.” Mais cette catégorie de la population est aussi beaucoup plus abstentionniste que la moyenne. Et cette absence lors des scrutins risque d’être encore plus importante pour les législatives.
Une abstention qui pourrait logiquement nuire aux enjeux écologiques. Or, ce quinquennat sera déterminant pour à la fois réduire nos émissions mais aussi nous adapter aux conséquences du dérèglement climatique qui frappent déjà la France de plein fouet. Plus il y aura de députés conscients de cette urgence et déterminés à agir, plus les choses bougeront.
Les députés peuvent voter des amendements ambitieux pour modifier chaque projet de loi du gouvernement ou faire des propositions de lois sur le climat. Ils peuvent aussi exiger chaque année que le projet de loi finance soit plus en accord avec l’urgence écologique ou encore lancer des commissions d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur certains scandales comme celui de Total récemment, par exemple. Or, durant les cinq dernières années, la majorité présidentielle ne s’est pas particulièrement illustrée par son engagement pour l’environnement.
Selon le classement de l’association Agir pour l’environnement (APE), les membres de la majorité (LREM, Modem ou groupe Agir) occupent les 100 dernières places sur 577. Les 3 derniers du classement sont aussi des députés LREM. Sans compter aussi ce qu’il s’est passé lors des discussions sur la loi climat.
Dénoncée comme insuffisante par de nombreuses institutions, celle-ci a été votée sans encombre principalement par la majorité malgré les vives oppositions de la gauche comme de la droite. De façon générale, durant le précédent quinquennat, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer le manque de réel débat à l’Assemblée quel que soit le sujet et le fait que la plupart des projets de loi proposés par le gouvernement étaient votés en bloc par les députés de la majorité. Ainsi, dans l'opposition de droite comme de gauche, beaucoup espèrent que ces législatives permettent de réinstaurer un réel rapport de force avec le gouvernement et d’empêcher que l’Assemblée nationale ne soit qu’une simple chambre d’enregistrement, dénaturant ainsi le rôle premier des députés Vous l’aurez compris, les élections législatives sont déterminantes pour notre avenir, et loin d’être une formalité, elles pourraient tout changer.
Si cette émission vous a semblé utile à quelques jours du premier tour, n’hésitez pas à la partager sur les réseaux sociaux. C’était notre première vidéo réalisée toutes les deux. On a choisi de la faire ensemble parce qu’à Blast, nous avons des spécialités différentes, dans l’économie, la politique et l’écologie, et on estime qu’elles ne doivent pas rester des rubriques cloisonnées.
Vous l’avez vu dans cette vidéo par exemple, l’écologie est un sujet très politique, qui est aussi lié à l’économie puisque les députés vont voter des lois sur le modèle agricole par exemple, lois éminemment économiques. Dites-nous si ce format vous a plu, car nous en ferons peut-être d’autres, et si oui, n’hésitez pas à nous dire en commentaire ce que vous avez aimé, ou ce que vous voudriez voir amélioré. On vous rappelle que Blast est un média complètement indépendant qui ne vit que grâce à son audience, donc si vous voulez nous soutenir n’hésitez pas à faire un don ou à vous abonner sur blast-info.fr, et on vous dit à bientôt !
Emmanuel Macron