"Les Français ont subi un choc d'hyperinflation fou", estime le PDG de Carrefour Alexandre Bompard
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:05OuverteRéponse directe
Est-ce que la consommation reste en panne dans vos magasins ? Comment l'expliquez-vous ?
- 2:41RelanceRéponse partielle
Mais est-ce que vous parleriez de déconsommation ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Comment ça se passe dans les pays comparables à la France ?
- 3:38OuverteRéponse directe
Le ralentissement de l'économie chinoise entraîne-t-il un ralentissement généralisé ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Vous êtes un patron du CAC 40. Comment vous voyez la situation économique ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Qu'attendez-vous des négociations commerciales entre industriels, agriculteurs et grandes distributions ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:14Invité politiqueChiffre
« Les deux dernières années, le moteur de la consommation a calé. Il a calé parce que les Français ont subi un choc d'hyperinflation fou, 20%, 25% d'augmentation des prix alimentaires. »
- 1:21Invité politiqueFait
« J'avais parlé l'année dernière d'un tsunami de déconsommation, c'est ce qui s'est passé. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Les prix sont stabilisés, mais ne sont pas revus en arrière. »
- 2:29Invité politiqueFait
« Il y a de l'incertitude politique, budgétaire, fiscale, géopolitique. Et l'incertitude, c'est l'ennemi numéro un de la consommation. »
- 3:19Invité politiqueFait
« En Espagne, les volumes de consommation sont repartis à la hausse. »
- 3:29Invité politiqueChiffre
« Les taux d'épargne sont à 17% en France. C'est un niveau extraordinairement élevé. »
- 4:35Invité politiquePromesse
« Ma mission, c'est aussi de donner aux consommateurs français l'envie de consommer. Lui donner de la confiance. »
- 5:30Invité politiquePromesse
« On doit donner du pouvoir d'achat aux ménages français. Donner du pouvoir d'achat, c'est aller chercher des baisses quand les matières premières ont baissé. »
- 7:36Invité politiqueFait
« Le bio a incroyablement souffert depuis 3 ans parce que hyperinflation, incapacité pour un certain nombre de ménages français d'acheter du bio. »
- 8:16Invité politiqueChiffre
« On va investir 100 millions d'euros sur le deuxième acte d'Act for Food, notamment sur le bio. »
- 9:26Invité politiqueFait
« On a obtenu sur 500 produits de pouvoir retirer ou décaler cette mesure-là ce qui va permettre d'éviter le gaspillage alimentaire. »
- 12:20Invité politiqueFait
« Nathalie a pleinement raison, l'huile d'olive, le cours de l'huile d'olive l'année dernière ont explosé. »
- 17:25Invité politiqueChiffre
« Il y a 1500 milliards de dépenses publiques dans notre pays, c'est 57% du PIB, c'est 10 points de plus que les autres pays européens. »
- 19:21Invité politiqueChiffre
« Moi je paye aujourd'hui Carrefour 67% de ce que je gagne en France est imposé. »
- 20:15Invité politiqueFait
« L'OFCE a mille fois raison parce que quand on augmente des prélèvements obligatoires qui sont déjà à des niveaux records, ça veut dire que des entreprises vont se poser la question de leur investissement. »
- 21:08Invité politiqueFait
« Je pense la même chose, on a besoin d'une immigration choisie. »
- 22:28Invité politiquePromesse
« Oui moi je suis favorable à l'augmentation du SMIC de 2%, c'était une bonne mesure. »
Temps de parole
- Invité politique66 %
- Présentateur16 %
- Présentateur 215 %
- Auditeur3 %
≈ 3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-10. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin le PDG de Carrefour dans le grand entretien du 7-10. Il préside également la Fédération du Commerce et de la Distribution. On attend vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application de Radio France. Alexandre Bompard, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et bienvenue sur Inter. On rappelle que Carrefour, c'est plus de 14 000 magasins dans plus de 40 pays. Au global, plus de 500 000 personnes travaillent pour l'enseigne dans le monde. Chiffre d'affaires, 94 milliards d'euros en 2023. On va parler avec vous de la situation de la grande distribution, de la consommation des Français.
Mais on voulait aussi votre regard de patron du CAC 40 sur la grave crise budgétaire que traverse la France. Alors, entrons dans le vif du sujet. Août-septembre, l'inflation se maintient depuis deux mois consécutifs sous les 2%. Et pourtant, la consommation reste en panne. Est-ce que ça, vous le constatez dans vos magasins ? Et comment l'expliquez-vous ?
Vous savez, les deux dernières années, le moteur de la consommation a calé. Il a calé parce que les Français ont subi un choc d'hyperinflation fou, 20%, 25% d'augmentation des prix alimentaires. J'avais parlé l'année dernière d'un tsunami de déconsommation, c'est ce qui s'est passé. Les Français achètent moins de produits. Avant, ils achetaient, en gros, quand ils faisaient leurs courses, il y avait 14 produits dans le caddie. Maintenant, il n'y en a plus que 11. Et surtout, ils ont renoncé à de la qualité. Le bio s'est effondré, les fruits et légumes se sont effondrés, la poissonnerie s'est effondrée. Aujourd'hui, on est dans un moment un peu différent.
L'inflation, comme vous l'avez dit, reflue. On est entre 0 et 2%, mais le choc est quand même toujours là. Et le moteur de la consommation n'a pas redémarré. Et comment vous l'expliquez ? Il y a plusieurs éléments. D'abord, le choc a été très fort. Les Français, quand ils vont faire leurs courses, ils se disent, c'est quand même 20% plus cher qu'avant.
Ce qui est le cas. Ce qui est le cas. Ce que je veux dire, c'est que les prix alimentaires...
Les prix sont stabilisés, mais ne sont pas revus en arrière.
Mais sont toujours, notamment les prix alimentaires, 20% de plus qu'en 2021.
Donc les Français, quand ils font leurs courses, ils se disent, c'est 20% plus cher qu'il y a deux ans. Certes, aujourd'hui, comme il y a moins d'inflation, il y a petit à petit du pouvoir d'achat qui se reconstitue. Donc on commence à avoir des premiers signaux. Par exemple, le bio redémarre. Quelques premiers signaux de redémarrage d'une consommation. Premier signaux. Mais en face de ça, il y a aussi beaucoup d'incertitudes. Il y a de l'incertitude politique, budgétaire, fiscale, géopolitique. Et l'incertitude, c'est l'ennemi numéro un de la consommation.
Donc les Français, ils sont au mieux dans une forme d'attentisme qu'on comprend, d'incertitude, qui fait que le moteur de la consommation ne redémarre pas pleinement.
Mais est-ce que vous parleriez de déconsommation ? J'ai parlé de déconsommation.
Oui, mais aujourd'hui ? Aujourd'hui, non, parce que les volumes, petit à petit, sont en train de se stabiliser.
Et si vous comparez à ce qui se passe à l'étranger, vous avez, on le disait, Nicolas le disait, des magasins dans 40 pays. Comment ça se passe dans les pays comparables à la France ?
Très intéressant. Ce que ça dit, et d'ailleurs ça dit combien il y a de l'incertitude chez le consommateur français. Parce que dans les autres géographies, y compris dans des géographies européennes qui nous ressemblent, on est présent en Espagne, en Italie, en Belgique, des pays assez proches, la consommation, les volumes de consommation sont repartis à la hausse. Par exemple, en Espagne, les volumes de consommation sont repartis à la hausse. En France, les volumes de consommation sont encore légèrement négatifs. Et ça dit quelque chose de l'état d'esprit du consommateur français. Associé à ça, les taux d'épargne sont à 17% en France. C'est un niveau extraordinairement élevé.
Le consommateur français, il reste inquiet.
Il est prudent.
Il est prudent et inquiet.
Alexandre Bompard, plus généralement, le ralentissement de l'économie chinoise entraîne-t-il un ralentissement généralisé de l'économie tout court ?
Quand le moteur chinois, tous, ce qu'il y a, que le moteur américain est incertain et que le moteur européen est en panne, vous avez une économie mondiale qui probablement n'a jamais été sous tension au cours des dernières années. Il y a de la tension partout. Il y a de la tension et d'ailleurs, on le voit dans les flux logistiques. Quand vous parlez aux personnes qui organisent la logistique mondiale, ils vous disent que les flux et les volumes aujourd'hui n'ont jamais été sous tension.
Mais donc, vous êtes un patron du CAC 40. Comment vous voyez ça ? Parce que la reprise chinoise, on ne la voit pas trop à court terme. Vous espérez que ça reprenne ? Vous attendez ? Vous dites qu'il y aura quelques mois, quelques années compliquées ? Comment on se projette ?
Moi, vous savez, je ne suis pas en Chine. Donc, mes grands sujets, c'est dans les grandes plaques géographiques. On est présents dans 40 pays. Comment ça redémarre ? Et ma mission, c'est aussi de donner aux consommateurs français l'envie de consommer. Lui donner de la confiance. Quand on a lancé Act for Food en essayant de miser sur le prix, en ayant par exemple le bio le moins cher du marché, ça participe de cette démarche-là. Je ne suis pas observateur d'une situation. Mon objectif, c'est que les consommateurs se disent au fond, ce distributeur Carrefour nous aide à consommer, nous aide à acheter, elle nous aide à nous faire plaisir.
Il faut aussi que les acteurs économiques que nous sommes, on soit moteurs d'optimisme. On a cette mission-là.
Alors, dans ce contexte, les négociations commerciales entre industriels, agriculteurs et grandes distributions vont commencer dans quelques jours, durer jusqu'au 1er mars. Qu'en attendez-vous ? Espérez-vous, comme Thierry Cotillard d'Intermarché, qu'il soit possible d'aller chercher, pour reprendre son mot, de la déflation ?
Moi, je vais essayer de faire deux choses, avec beaucoup, beaucoup d'énergie. Le premier, c'est qu'on doit donner du pouvoir d'achat aux ménages français. Donner du pouvoir d'achat, c'est aller chercher des baisses quand les matières premières ont baissé. Quand le sucre baisse, quand le blé baisse, quand l'huile d'olive baisse, on doit être capable, quand on négocie avec les grands industriels agroalimentaires, d'obtenir des baisses. Et donc, on va faire preuve de volontarisme, d'énergie, pour obtenir des baisses. C'est des baisses dans le panier, ensuite des ménages. Et puis, en parallèle, on doit sanctuariser la matière première agricole pour les agriculteurs français.
Est-ce que j'allais vous dire ? Quel est le message que vous donnez ce matin au micro aux agriculteurs français ? On sait que la crise agricole, elle a commencé comme ça. Elle a commencé parce que les agriculteurs ont l'impression d'être... Que vous, vous en mettez plein les poches, que les grandes marques s'en mettent plein les poches et que ceux qui sont sacrifiés, c'est eux.
Le message, il est très simple. Ce qu'on demande, nous, vous savez, ça, c'est les fameuses lois Egalim, c'est que la matière première agricole, elle soit sanctuarisée. Donc, moi, je discute avec des industriels. Il faut qu'il y ait une première négociation en amont entre l'industriel et l'agriculteur et qu'il y ait un coût de production, matière première agricole. Ce coût de production, je ne le touche plus. Il s'appose à moi. Et ensuite, je discute avec l'industriel agroalimentaire, des autres coûts, le transport, l'électricité. Et là, on négocie ce qu'on appelle la matière industrielle.
Mais ça veut dire qu'il faut qu'il y ait une première négociation qui se soit terminée par un prix, que je connaisse ce prix et que ce prix s'impose à moi. Si on fait ça... Ce n'est pas le cas ? C'est le cas dans l'esprit et dans le texte d'Egalim. Ce n'est pas appliqué. C'est la raison pour laquelle on demande l'application de cette disposition.
Pourquoi ce n'est pas appliqué ? C'est les industriels qui...
Parce que l'industriel agroalimentaire, quand on dit agroalimentaire, parfois, il n'est pas du tout dans l'agroalimentaire d'ailleurs, mais l'industriel, il n'a pas intérêt à la transparence. Et nous, on demande juste une chose, que le coût de production agricole soit connu de tous et qu'ensuite, je négocie le reste avec l'industriel agroalimentaire.
Alexandre, bon, par un mot supplémentaire sur le bio, en grande et moyenne surface, le nombre de produits bio proposés a baissé de près de 9% sur un an. Vous qui êtes leader en France sur le bio, c'est une tendance qui vous semble structurelle. Les gens ne veulent plus acheter bio ou cette tendance peut se retourner ?
Alors, cette tendance est déjà en train de se retourner. Le bio a incroyablement souffert depuis 3 ans parce que hyperinflation, incapacité pour un certain nombre de ménages français d'acheter du bio. C'est d'ailleurs intéressant d'observer que la seule catégorie qui est restée constante, c'est le bio pour enfants. Comme si les ménages s'étaient dit pour les enfants, je maintiens la qualité alimentaire, j'essaie de la maintenir. On est en train d'assister et c'est un des signaux positifs que j'évoquais. Un retournement du bio qui repasse en croissance dans nos magasins spécialisés.
Depuis combien de temps ?
Depuis 6 mois. On commence à voir le marché qui repart à la hausse. Et nous, on veut accompagner ce marché-là, et c'est une des annonces que j'ai faites la semaine dernière, en ayant le bio le moins cher du marché parce que l'écart est encore trop important. Et donc, on va investir, au total, on va investir 100 millions d'euros sur le deuxième acte d'Act for Food, notamment sur le bio, pour ramener un bio moins cher accessible à tous, qui a les mêmes qualités en termes de cahier des charges, bien sûr, mais qui est accessible à tous. Et je crois que le bio va repartir à la hausse de manière pérenne.
Donc, vous pensez qu'on va revenir vers le bio ? Je le crois. Parce que c'est vrai que ces 2-3 dernières années, on voit des magasins bio, quels que soient les enseignes et les marques, fermer, tout simplement.
Oui, parce qu'il y a eu aussi une offre un peu pléthorique, pas toujours très bien maîtrisée. Et puis, il y a eu ce choc pour les consommateurs. Je crois qu'on est dans ce moment d'inversion. On commence à voir les premiers signes positifs et je pense qu'ils vont durer.
Et puis, vous avez annoncé il y a quelques jours vouloir lutter contre le gaspillage en modifiant les dates de péremption de certains produits. Concrètement, vous allez renoncer à la mention à consommer de préférence avant l'oeuf. Sur quoi ? Sur le sel ? Sur le sucre ?
Sur tous les produits secs sur lesquels cette disposition n'a pas de sens. Il y a plein de produits qu'on jette parce qu'on dit à consommer de préférence avant telle date qui n'ont aucun sens en termes de qualité alimentaire et encore moins de sécurité alimentaire. C'est-à-dire que le sel,
le sucre ne sont pas périssants ?
Donc, sur des produits secs sur des épices sur des produits comme ça ils n'ont pas de sens et donc on a obtenu sur 500 produits de pouvoir retirer ou décaler cette mesure-là ce qui va permettre d'éviter le gaspillage alimentaire. Il y avait un gaspillage alimentaire fou du fait notamment de cette...
C'est 10% du gaspillage alimentaire général les dates de péremption.
C'est les dates de péremption celles qui n'ont pas de sens. Celles qui ont un sens évidemment, elles doivent s'appliquer mais il y en a plein qui n'ont pas de sens.
L'Institut Montaigne Alexandre Bompard a publié hier un rapport sur la fracture alimentaire extrait en 30 ans le taux d'obésité a doublé chez les adultes et a été multiplié par 4 chez les 18-24 ans les ménages les plus modestes consomment en moyenne deux fois moins de fruits et légumes que le reste de la population fin de citation. Alors, pour réduire cette fracture alimentaire l'Institut Montaigne propose d'augmenter le taux de TVA à 20% sur les produits les plus sucrés contre 5-5 ou 10% aujourd'hui et de financer avec ce surplus de TVA un chèque de 30 euros par mois pour les 4 millions de Français les plus modestes offrant la possibilité d'acheter 4 portions de fruits et légumes par jour.
Qu'en pensez-vous ?
C'est une intention très louable et d'ailleurs elle figurait déjà dans la Convention Citoyenne sur le Climat C'est une intention très louable Je suis un tout petit peu soucieux de sa réalisation Pourquoi ?
Je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui peut-être on en parlera si on parle budget tout à l'heure mais je ne suis pas sûr qu'aujourd'hui ce qu'on ait à dire aux Français c'est je vous augmente les taux de TVA sur des produits Il y a plein de Français pour lesquels augmenter passer des taux de TVA à 5 points 10 points 15 points plus cher en leur disant on fait ça pour que vous mangiez mieux ça soit tenable Il y a plein de Français qui ne peuvent pas tout simplement et donc l'idée d'augmenter des taux de TVA sur des produits transformés pour leur dire c'est une bonne nouvelle on le fait on vous l'impose et puis en échange on vous donnera des chèques je ne suis pas sûr de l'idée
Alors comment on encourage ? Pardon parce que vous avez dit et tous les patrons de grandes distributions nous disent par exemple que sur les fruits et légumes il y a une désertion devant les étals de fruits et légumes alors comment vous faites ?
Mais pardon c'est notre métier c'est notre responsabilité moi je ne veux pas renvoyer à la fiscalité ce qui est ma mission ma mission c'est de trouver des voies et moyens pour investir dans la qualité alimentaire quand je vous dis qu'on va investir 100 millions d'euros pour que le bio soit le moins cher du marché ça va dans ce sens quand on investit dans nos filières qualité Carrefour pour vendre des produits 1 euro 2 euro 3 euro c'est à dire des produits frais des poissons des viandes à 1 euro 2 euro 3 euros on participe de la qualité alimentaire notre rôle c'est d'aider les Français à mieux manger et donc je ne demande pas plus de fiscalité sur d'autres produits pour financer la qualité alimentaire c'est mon métier de le faire ça
Question sur l'appli d'Inter Nathalie de Marseille vous écrit l'huile d'olive bio marque Carrefour était à 6,89 euros en 2020 elle est maintenant à 11,99 euros c'est pas 20% c'est quasi 70% d'augmentation
Nathalie a pleinement raison l'huile d'olive le cours de l'huile d'olive l'année dernière ont explosé explosé donc le marché de l'huile d'olive d'ailleurs s'est effondré c'est pour ça que l'huile d'olive est le produit qui a le plus baissé l'année dernière à cause de cette augmentation de prix La bonne nouvelle La bonne nouvelle
c'est que sa bouteille d'huile d'olive bio marque Carrefour qui est à quasiment 12 euros elle va baisser ou non ?
Exactement La bonne nouvelle c'est que les cours de l'huile d'olive sont en train de baisser fortement à deux chiffres on doit être à moins 12 moins 13 aujourd'hui et donc l'année prochaine Ce sera combien ?
S'il est à 12 euros mais ça veut dire quoi ? Ça va descendre à 11 euros ?
Non non ça va baisser significativement ça baisse significativement parce que les cours sont en train de baisser La bouteille descendra
en dessous de 10 euros ?
Bien sûr parce que les cours l'année dernière ont pris plus 50, plus 60% donc elle a raison de constater ça c'est ce qui s'est passé sur l'huile d'olive l'année dernière
Allez on file au standard Jean-Claude bonjour
Oui bonjour et merci de prendre ma question
Je vous en prie
Je voulais demander donc à ce responsable de Carrefour pour quelle raison sa marque se cramponne à ses hypermarchés alors qu'on a des injonctions à réduire la circulation automobile etc. d'une part et puis d'autre part il y a des études qui montrent que ça n'est pas le plus économique puisque le déplacement des marchandises se fait par les clients alors que c'est plus économique en camion de livraison et enfin la dernière chose c'est évidemment la désertification des centres-villes qui fait qu'on va aller chercher une boulangerie avec sa voiture alors qu'on en avait une en face de chez soi peu de temps avant
Merci Jean-Claude pour cet ensemble de questions Alexandre Bompard qui critique et remet en cause le modèle de l'hypermarché
D'abord Carrefour c'est le seul grand groupe mondial qui a tous les formats de magasins j'ai du cash and carry j'ai de l'hypermarché on va s'en dire un mot j'ai des supermarchés j'ai des petits magasins de proximité on est leader en France des magasins de proximité les Carrefour City Contact Montagne etc. et donc on est ce qu'on appelle pardon du terme il est un peu jargonnant multi-format mais moi je crois en l'hypermarché l'hypermarché c'est un format qui est un format qui permet à la fois du choix et du prix pas l'hypermarché d'hier parce qu'il faut le repenser cet hypermarché tel qu'on l'a tel qu'on l'a connu quand on était plus jeune mais l'hypermarché de demain
il faut le repenser ça veut dire quoi ?
l'hypermarché le repenser ça veut dire d'abord faire entrer les producteurs dans ces magasins là faire entrer les nouvelles catégories de produits surprendre les clients avec des nouvelles choses penser à sa bonne taille améliorer l'expérience client tout ça c'est ce qu'on fait au quotidien et quand vous faites ça la réalité c'est que y compris environnementalement je ne suis pas totalement en accord avec votre auditeur
c'est le double point sur les camions qui livrent et sur les clients qui se déplacent c'est moins cher
et c'est moins coûteux pour l'environnement d'emmener beaucoup de produits à un même endroit que très peu de produits chez chacun d'entre nous en région parisienne donc environnementalement c'est moins cher mais donc ce format il a un rôle il a un sens s'il est intégré au milieu de plein d'autres formats que nous maîtrisons et notamment les formats de proximité
Alexandre Bompard on vous a aussi invité ce matin pour avoir votre regard de patron du CAC 40 sur la situation économique et budgétaire du pays d'abord quand Michel Barnier dit que la situation budgétaire de la France est extrêmement grave est-ce qu'il a raison est-ce que le patron que vous êtes est inquiet de la situation budgétaire de notre pays
comment ne pas l'être on a on a un niveau de déficit public moi comme je vous le disais je suis dans tous les pays européens je constate aujourd'hui que nous sommes en queue de peloton en termes de de qualité des finances publiques donc je le suis je le suis très fortement et je dois dire que les mesures qui ont été annoncées dans le projet de loi finance pour moi sont un tête à queue de politique économique au fond qu'est-ce qui s'est passé on a eu un premier mandat ennemi qui n'a pas été un mandat de cadeau aux entreprises qui a été un mandat qui a conduit à ramener la France dans la moyenne européenne ce qu'on a fait pardon non mais ce qu'on a fait
si le mot cadeau vous gêne mais quand on passe le taux d'impôt sur les sociétés de 33% à 25%
ça nous ramène à un niveau moyen en Europe donc on a retrouvé de la compétitivité moyenne et donc on a retrouvé d'ailleurs d'investissement on a retrouvé de l'emploi c'était ça la politique elle a été menée elle a été menée avec constance et elle a donné des résultats notamment sur l'emploi on prend des mesures aujourd'hui en augmentant notamment le taux d'IS mais pas seulement qui nous remettent en queue de peloton européenne qui nous remettent dans la situation de 2014 qui nous remettent
Michel Barnier vous dit c'est exceptionnel sur un an ou deux ans oui vous payerez plus d'impôts Carrefour paiera plus d'impôts
ça et malheureusement je vieillis un peu je connais un peu mes classiques de la fiscalité la liste des impôts dit temporaires qui sont devenus définitifs quand j'étais jeune étudiant on avait créé la CRDS la contribution de remboursement de dette sociale elle était créée pour deux ans elle existe encore et c'est le cas de tout un tas d'impôts donc évidemment qu'ils annoncent que c'est pour 2025 et 2026 d'ailleurs je serai à leur place je ferai peut-être pareil parce qu'en 2027 c'est forcément quelqu'un d'autre qui nous dira écoutez la situation des finances publiques ne va pas mieux on va continuer donc cette blague On les trouve où les 60 milliards ? On fait quoi ?
Il y a 1500 milliards de dépenses publiques dans notre pays c'est 57% du PIB c'est 10 points de plus que les autres pays européens
Vous prenez où Alexandre ? Si vous étiez à Matignon faisons la politique fiction imaginez-vous à Matignon et vous avez 60 milliards à trouver vous les prenez où vu l'état des services publics de la police de l'éducation de l'hôpital vous allez ponctionner là pour ne pas faire payer les grandes entreprises ?
A Dieu ne plaise mais 1500 milliards de dépenses publiques vous avez raison ce qui est très difficile c'est de faire ce que doit faire le gouvernement là c'est normal qu'il le fasse en urgence trouver des économies sur des services publics il n'y a rien de plus difficile rien de plus difficile particulièrement dans notre pays qui est un peu quand même drogué à la dépense publique il faut qu'on repense le rôle de l'état il faut qu'on repense les missions de l'état il faut qu'on accepte de se poser collectivement sur l'état ça doit faire quoi et qu'est-ce que ça ne doit pas faire entre le jour je lisais un rapport il y a 1200 organismes agences opérateurs qui ont été créés dans les dernières années ils sont tous utiles ils ont tous une mission on est sûr qu'ils apportent à tous quelque chose Donnez des noms qu'est-ce que vous fermez ?
Les autres pays Qu'est-ce que vous fermez comme organismes publics ? Il y en a plein dans tous les domaines les autres pays européens pardon ils ont des hôpitaux ils ont une justice ils ont des prisons ils ont une éducation nationale et pourtant prenons un pays comme le Portugal il y a dix ans moi j'étais au Portugal dans mes fonctions précédentes il y a dix ans ce pays est exsangue il a voté un excédent budgétaire et pour autant quand vous êtes au Portugal il y a des services publics qui tournent l'Espagne aujourd'hui est à 3% il y a des services publics on n'est pas seul à avoir des services publics importants à faire tourner
on a un système de sécurité sociale qui est un peu unique au monde
on doit aujourd'hui se poser les questions des missions de l'Etat il faut qu'on accepte collectivement là on est obligé de prendre des économies c'est le plus difficile en urgence il n'y a rien de plus difficile que ce qu'ils sont en train de faire
mais vous les acceptez ? vous acceptez ce qu'a décidé Michel Barnier ou vous nous dites ce matin c'est inacceptable pour des gens comme moi ?
moi je paye aujourd'hui Carrefour 67% de ce que je gagne en France est imposé 67% c'est 20% de plus que les autres secteurs si j'augmente de 10% de plus outre le fait qu'on atteint des niveaux qui deviennent confiscatoires qu'est-ce qui se passe ? j'ai moins de compétitivité si j'ai moins de compétitivité qu'est-ce que je fais ? j'investis moins j'investis moins dans mes prix j'investis moins dans mes magasins j'investis moins dans le pouvoir d'achat des ménages je crée moins d'emplois il faut comprendre que c'est pas Carrefour le sujet c'est que quand on augmente à ces niveaux-là l'imposition on a un impact sur les Français
donc vous dites confiscatoire vous dites à Michel Barnier s'il écoute ce matin ce que vous nous imposez est confiscatoire
je dis que quand on paye 67% de ce qu'on gagne dans un pays et qu'on vous dit qu'on va augmenter 10 points c'est confiscatoire
les mesures de Michel Barnier l'OFCE craint qu'elle ne divise la croissance par deux en 2025 partagez-vous cette crainte
mais l'OFCE a mille fois raison parce que quand on augmente des prélèvements obligatoires qui sont déjà à des niveaux records ça veut dire que des entreprises vont se poser la question de leur investissement une des réussites des 5-7 dernières années c'est qu'il y a eu plein d'investisseurs étrangers qui sont venus en France ils ont investi parce qu'ils se sont dit tiens il y a un nouveau schéma fiscal qui est un schéma fiscal compétitif ils ne vont évidemment pas venir quand moi je dois faire des vrais choix d'investissement je vais me poser des questions quand je dois créer des panneaux photovoltaïques je vais me poser des questions quand je vais investir dans les magasins je vais devoir me poser des questions pourtant je suis patriote j'aime investir en France mais l'OFCE a raison quand vous êtes à ces niveaux d'imposition vous menacez la croissance
deux questions d'actualité le gouvernement a annoncé une nouvelle loi immigration pour début 2025 les grands patrons alertent sur la nécessité d'une immigration du travail Carlos Tavares le patron de Stellantis disait que la France avait besoin d'immigration pour accroître sa richesse et pour servir le mode de vie de sa population qu'est-ce que vous en pensez ?
je pense la même chose on a besoin d'une immigration choisie on a besoin de pouvoir avoir dans nos équipes un certain nombre de gens qui viennent les renforcer chaque année
un mot sur les magasins Cora que vous avez racheté en juillet dernier l'acquisition la plus importante pour Carrefour depuis le rachat de Promodès en 99 avez-vous dit mais la stratégie a un coût on a appris cette semaine votre projet de plan social 340 emplois menacés ce sont quoi ? des licenciements secs des reclassements que va-t-il se passer ?
Cora et Match c'est 25 000 collaborateurs j'ai le même objectif que j'ai depuis mon arrivée sur les magasins Carrefour ne pas fermer un magasin quand je suis arrivé on a dit il va fermer des dizaines de magasins j'ai fermé zéro magasin et donc on va on est en train de changer tous les Cora en Carrefour et on va conserver en 5 matchs et conserver l'intégralité des emplois en revanche on a des sièges que je souhaite alléger parce qu'il faut que nos sièges soient au service des clients ils soient au service des magasins on a 350 emplois qui sont des doubles postes entre nos sièges et des sièges de Cora qui sont donc supprimés et on va proposer pour vous répondre très directement à ces 350 personnes concernées des emplois on leur a déjà proposé en Ile-de-France pour qu'ils puissent être reclassés ailleurs dans notre entreprise
Thierry Cotillard à ce micro il y a deux semaines le patron d'Intermarché s'est dit favorable à l'augmentation du SMIC et vous ?
oui moi je suis favorable à l'augmentation du SMIC de 2% c'était une bonne mesure
Sanofi qui vend le Doliprane et 100 autres médicaments sans ordonnance à un foie américain est-ce que c'est une atteinte à notre souveraineté sanitaire ?
je crois qu'il faut concilier deux choses difficiles sur ces sujets la souveraineté la souveraineté elle est essentielle la souveraineté industrielle elle l'est et il faut éviter de mettre de jolis barbelés qui nous rassure un peu autour de notre pays il faut que notre pays reste un peu attractif et donc il faut obtenir des garanties je crois qu'elles sont là sur la table ces garanties quand Sanofi reste à 50% au capital c'est une garantie les usines doivent rester en France ça c'est l'objectif c'est les garanties qui doivent être obtenues mais il faut faire attention de ne pas mettre trop de barbelés autour de notre pays on va finir par ne plus être attractif par personne si on continue donc il faut être capable de garder l'attractivité de notre pays en maintenant la souveraineté
et bien merci Alexandre Bompard PDG de Carrefour d'avoir été à notre micro ce matin