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interviewLe Média (sur YouTube)· 28 octobre 2025 29 min

"LE DÉFICIT EST NÉCESSAIRE" : CE QUE VOUS N’ENTENDREZ PAS AILLEURS SUR LE BUDGET

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Pour ne rien rater de nos programmes, n'oubliez pas de vous abonner à nos deux chaînes YouTube, le Media TV et le Méia 247, et d'activer la cloche. L'investissement privé est inquiet à cause de la situation internationale de Trump, mais aussi un petit peu l'instabilité politique. La consommation, elle est enne parce que les gens sont inquiets.

Et vous avez ensuite la dépense publique, monsieur le cornu qui se dit "Bon, le sale boulot va être fait par le Sénat qui est majoritairement à droite." Donc là, on va discuter, oui, des choses, on met des amendements à droite et à gauche, puis le texte passe au Sénat, puis lui il peut le détricoter, les amendements et cetera et puis le renvoyer à l'Assemblée. Là, on est pris par le temps et la peur de ne pas avoir de budget parce que si on a pas de budget, c'est très grave.

Qu'est-ce qu'on fait ? On le passe par ordonnance. Bonjour à toutes et à tous.

Je suis ravie de vous retrouver pour l'instant Porscher. Chaque semaine, on entend tout et son contraire sur l'économie. Alors, avec Thomas, on est là pour détricoter tout ça et on en a du travail.

Le média est d'ailleurs en pleine ripost. L'extrême droite, aidée par des médias financés par des milliardaires, cherche à imposer sa vision en muselant les diversités des voix et en baffant le pluralisme. Nous avons besoin de vous pour ouvrir la TNT aux médias indépendants.

Imaginez un monde médiatique avec une télé des médias indé. Cette bataille pour la démocratie nous concerne tous. Alors, signez notre pétition sur tnt-dind.fr FR et soutenez-nous sur campagne.fr.

Bonjour Thomas. Bonjour. Alors aujourd'hui, à l'heure où les députés s'empoignent sur la question épineuse du budget, que les alliances se font et se défont, que les négociations battent leur plein, on a décidé de faire ensemble une petite pédagogie de ce qu'est un budget d'état et de son rôle en économie.

Ma première question va être très simple. À quoi sert un budget ? en économie.

Alors c'est c'est une très bonne question parce que dans la tête des gens un budget c'est quoi ? C'est il faut trouver des recettes, il faut il y a des d'autres il y a des dépenses de l'autre côté et il faut que ces recettes et ces dépenses s'équilibrent dans la tête des gens. C'est juste ça.

Donc il n'arrivent pas à percevoir pourquoi parfois un budget est déficitaire, pourquoi parfois il peut-être excédentaire et c'est pas forcément un signe que l'économie est plus plus puissante que quand c'est en c'est en déficit. Donc il est important de rappeler à quoi sert un budget. En fait, quand on regarde un budget, on voit à travers ce budget les choix politiques, le programme économique que les les dirigeants politiques ont choisi de mener.

C'est c'est ça en fait. Donc le budget est extrêmement politique et c'est le reflet de choix de politique économique. Donc vous allez parfois avoir des budgets qui peuvent être en déficit quand il s'agit de financer des investissements, que ce soit dans l'éducation, dans la santé ou dans les nouvelles technologies.

Et puis parfois vous allez avoir un budget excédentaire mais dont on ne perçoit pas la direction où ve aller le pays. Par exemple, un petit pays pétrolier qui va recevoir énormément d'argent du pétrole mais qui sait pas trop où le dépenser, qui va donner des bourses, des rentes, mais on sait pas trop pour quelle raison. Bah là, on se dit bon, est-ce que ça va très bien ?

On ne sait pas. Donc le budget, c'est vraiment la photographie euh de une volonté politique et après parfois des déficits peuvent être là si la volonté politique doit être satisfaite. Parce que les gens imaginent un peu le budget comme leur budget familial finalement où il faut que sûr mais le plus le moins soit à zéro au moins.

Oui. Mais alors c'est très intéressant ce que tu dis, c'est que la plupart des gens ont l'impression que dans leur vie ils sont toujours à l'équilibre. Alors, c'est vrai que parfois si vous avez un découvert, les banques viennent vous taper dessus et cetera, mais quand vous prenez par exemple les propriétaires, même des jeunes propriétaires qui achètent un appartement, ils ont des remboursements sur sur parfois 25 ans, ils empruntent, ils payent un intérêt très élevé hein qui est un poste important dans dans dans leur remboursement.

Et en réalité, si on même on on met euh la la dette de ces ménages par rapport à ce qu'il gagne chaque année en terme de salaire, on a des taux d'endettement de 500 600 % qui sont largement au-dessus de de de l'endettement public. Et vous avez aussi beaucoup d'entreprises qui sont parfois très importantes et qui sont en déficit. Tesla était en déficit pendant une quinzaine d'années.

Pendant les 30 glorieuses, toutes les entreprises françaises étaient étaient en déficit. Et c'est pas pour ça qu'elles étaient mauvaise, c'est que à un moment bah vous avez une entreprise qui commence à émerger. Euh elle ne gagne pas encore d'argent, parfois elle en perd encore un peu, mais c'est une entreprise qu'on juge être importante.

Donc il faut qu'il y ait des financements pour qu'elles puissent se développer. Tout toutes les les grandes entreprises que nous avons aujourd'hui se sont développées euh dans un contexte où elles-mêmes ces entreprises là étaient en déficit. Si on avait appliqué la même rigueur à ces entreprises là, ben on aurait jamais eu des géants comme EDF ou la SNCF et cetera.

Donc il faut bien l'important c'est la dynamique des choix qui sont faits et ensuite le déficit ou non enfin le budget en tous les cas c'est une chose qui est mis au service de la satisfaction de la politique choisie c'est un projet politique. Voilà bien sûr c'est à travers un déficit on lit un projet politique et le déficit comme on l'utilise doit servir ce projet politique. Alors, depuis ce début de semaine, euh ce débat en commission des affaires sociales, l'épineux là aussi projet de loi de financement de la sécurité sociale dont le déficit est attendu à 23 milliards d'euros.

Cette année, la Cour des comptes alertait déjà dans un rapport paru au mois de mai dernier sur la perte de ce qu'elle dit être la perte de maîtrise des comptes sociaux. Et le gouvernement, le Cornu 2, a déposé un projet de loi de financement de la SQ déjà considéré comme l'un des plus durs jamais déposés en terme d'économie et d'austérité. Et toi, tu nous dis là que dans certaines situations, il est nécessaire de creuser le déficit, que notre rapport au déficit est biaisé en quelque sorte.

Est-ce que tu peux nous expliquer pourquoi est-ce que c'est c'est nécessaire d'avoir un déficit notamment pour des projets comme cela, parce que la sécurité sociale, c'est quand même un projet politique très important pour notre pays alors que tout le monde a l'air de s'affoler sur l'éventuelle faillite de l'État. En fait, le problème sur le le le budget de la SQ, c'est qu'il y a eu en terme de de recettes des baisses de cotisation sociale. D'ailleurs, Macron, souvenons-nous, en 2017, il arrive, il baisse les cotisations sociales justement pour redonner du pouvoir d'achat parce qu'il y a beaucoup de gens qui parlent de ça aujourd'hui hein, vous savez, qui veulent qui veulent qu'il y ait une différence moins importante entre le brut et le net.

Il y a beaucoup de gens qui défendent cette idée avec cette idée que on prélève beaucoup trop d'argent notamment pour les retraites entre ce brut et ce net. Ce qui fait queon appauvrit jeunes pour permettre aux vieux de bien vivre. Mais ils oublient que ces baisses de cotisation, il y en a eu beaucoup dont une pas il y a pas si longtemps que ça, en 2017 où Macron a baissé les cotisations et il a remplacé ça par une hausse de la CSG, ce qui a fait gagner un peu de pouvoir d'achat à tout le monde.

Mais aujourd'hui, vous voyez, tout le monde l'a oublié. C'est-à-dire que faut pas penser que parce qu'on va supprimer aller un différentiel entre le brut et le net que les gens vont tout de suite se dire "Ah, on vit beaucoup mieux. En réalité, on l'a fait beaucoup de fois et les gens ont oublié assez assez rapidement." Mais il y a eu euh un abaissement des ces recettes de financement de la sécurité sociale et de l'autre côté euh vous avez eu des besoins qui ont augmenté.

Alors parfois il y a eu des besoins conjoncturels pendant le Covid, il y a eu énormément d'argent qui a été dépensé euh par l'assurance maladie et l'assurance chômage également. Et puis vous avez des tendances longues euh même si moi je n'aime pas les dramatiser mais qui sont quand même là. C'est-à-dire la vieillesse, le vieillissement de la population, même si c'est une tendance très longue et qu'elle ne date pas d'aujourd'hui hein, nous avons eu des chocs démographiques et nous avons réussi à tenir notre modèle social quand même pendant ces ces 30 dernières années.

Mais là, vous avez un vieillissement de la population possible. On attend de voir hein, est-ce qu'il est conjoncturel, structurel, mais ça c'est sûr. Et avec ce vieillissement de la de la population, cette tendance, même si on en connaît pas la force, vous allez avoir une augmentation des dépenses de santé parce qu'une grosse partie des dépenses de santé se font après 60 ans et ce sont des dépenses souvent malheureusement lourdes lourdes.

Donc il va falloir faire avec. Une fois qu'on a qu'on est d'accord sur ça, il y a deux solutions. Soit on se dit bon, on va être face à un certain nombre de financements, même si on narrive pas en calculer encore une fois l'ampleur.

Je veux pas rentrer dans ceux qui dramatisent, qui disent parce que par exemple sur la natalité, je fais une petite parenthèse, mais sur la natalité effectivement elle diminue mais elle avait diminué par exemple dans les années 90 puis elle a réaugmenté dans les années 2000. Là, elle rediminue depuis une décennie, mais quand on regarde la descendance finale, c'est-à-dire le nombre d'enfants que va avoir une femme à 50 ans, la descendance finale aujourd'hui, elle a 1,9. Elle était à 2 il y a il y a quelques années.

Donc on va voir. On est sûr que les gens ont des enfants de plus en plus tard. On est sûr qu'il y a une génération qui s'intéresse s'interroge sur le fait d'avoir un enfant ou non.

Mais est-ce qu'on est rentré dans une baisse tendantielle, structurelle forte ? C'est très difficile à dire encore aujourd'hui. C'est possible mais c'est très difficile à dire.

Mais il faut anticiper ça. Euh si on anticipe ça, ça veut dire qu'on a besoin de ressources supplémentaires pour financer cela. Et ces ressources supplémentaires, on les aura par des par des hausses de cotisation.

Si on ne veut pas ça, si on ne veut pas euh qu'il y ait de hausse de cotisation et que l'on cotise tous dans la joie, et ben dans ce cas-là, il faut accepter de dire que les retraités qui vont être de plus en plus nombreux et les malades bah seront moins pris en charge. Et il faut le dire de cette manière-là plutôt que de dire "Oui, on en a marre de bosser pour les vieux comme si les vieux c'était quelque chose." Voilà.

Non, il faut dire les choses. Donc là, les les personnes âgées auront moins de moins de potion de retraite, donc elles devront travailler si elles ont pas les moyens ou quelqu'un devra soutenir indirectement comme ça existe déjà. Alors, leur faire des Western Union pas ou des choses comme ça, enfin des des prêts des de leur donner de l'argent de poche.

Euh ou sinon, bon ben elles seront condamnées à la à la pauvreté. Donc donc on va être vraiment dans un dans un dans un système qui va qui va à mon avis être difficile. Ça c'est la première chose.

Maintenant sur le budget global, le budget de l'État, c'est autre chose. Le budget de l'État, il peut y avoir des moments où l'on accepte de le creuser pour financer des investissements conjuges essentiels. Et c'est là-dessus qu'il faut partir.

La Chine, par exemple, a creusé son déficit. Elle a dit que ça tiendrait qu'il y a pas de souci pour financer des investissements dans l'innovation. Ça lui a plutôt réussi.

Ça lui a plutôt réussi. Tout à fait. Euh les États-Unis ont un déficit à 8 %.

Voilà, qui est plutôt majoritairement financé par des baisses d'impôts au aux plus riches euh un peu comme chez nous mais à un niveau un peu plus élevé. Et chez nous, nous avons un déficit qui vient de moitié des baisses d'impôts décidées par Macron mais aussi de la conjoncture qui est un peu faible suite à la crise du Covid, à l'inflation et cetera. Est-ce que nous sommes à la tendance de de notre enfin est-ce que notre économie est en tendance qu'elle aurait été sans ces crises-là internationales ?

En fait, on n'est pas on n'est pas lancé plein pot. Ce qui veut dire que comme on n'est pas lancé plein pot, on peut encore un peu creuser les déficits pour soutenir l'activité. Grosso modo, l'activité c'est la consommation, l'investissement privé, les dépenses publiques, exportation moins importation.

Là, on regarde la consommation, elle est en berne parce que les gens sont inquiets. Ils sont inquiets à cause justement de ce qui s'est passé, la dissolution, l'instabilité politique et cetera et l'instabilité internationale un peu. Donc, ils sont inquiets.

L'investissement privé est inquiet à cause de la situation internationale de Trump, mais aussi un petit peu l'instabilité politique où ils se disent "Bon, qui quel quelles vont être les hausses d'impôts pour moi ? S'il y en a ou pas." Et vous avez ensuite la dépense publique.

La dépense publique, si on utilise en plus ce frein en la diminuant, bah vous avez les les trois moteurs de l'économie qui sont à l'arrêt et là vous avez une faible croissance. Si vous avez une faible croissance, à la fin, vous avez des déficits en libé en pourcentage de PIB qui augmentent, une dette qui augmente et ainsi de suite. Donc là, ce qu'il faudrait faire, c'est plutôt justement garder le cap de cette croissance qu'on arrive à avoir un peu supérieur d'ailleurs à nos voisins qui étaient en récession euh en Allemagne et à beaucoup d'autres voisins qui ont des qui ont des des comptes euh plutôt plutôt bien.

Euh mais il faut que le le la finalité ce soit pas la réduction des déficits mais aussi un peu la croissance. Voilà la croissance et le soutien de certaines dépenses que nous jugeons utiles, vieillesse, santé, éducation, c'est ça mais ça c'est des choix qui c'est de ça c'est des choix d'avenir que nous nous appelons ici constamment. Mais les vrais débats devraient avoir lieu là-dessus.

Les vrais débats devraient se dire combien on veut mettre dans l'éducation, quelle filière on on veut on veut avantager, combien on est prêt à mettre dans dans dans la vieillesse, dans la maladie. Or là, on fait comme si tout ça c'était des masses monétaires et on se dit bon, il faut réduire le déficit, donc on a pas le choix, on va couper là là là. C'est un peu ce qu'on dit, on a pas le choix.

C'est quand même ça qu'on la volonté c'est de toujours dire ça. Mais alors que là, on voit bien que bien sûr, je ne dis pas que la question du déficit, c'est une question qu'on qu'on peut ne pas traiter et qu'on peut aller, mais on a des marges de manœuvre souvent qu'on est'estime pas. Et la preuve en est, c'est que même si on a des dégradations de notes, mais on reste quand même dans des dans des dans des notes plutôt plutôt bonnes, même si il y a une instabilité politique globalement, on arrive à à lever des financements encore très facilement.

Donc là le il faut faudrait pas que ces discussions euh qui sont parfois compliquées où on emploie des termes, on va parler de la de la taxe Z duman ou d'autres choses aboutissent au final à quelque chose euh dont on a l'impression peut-être qu'il y a des avancées sociales mais qui dans l'enveloppe est une régression sociale parce que c'est une baisse de la dépense publique. Donc ce que l'on va présenter comme avancement ils ont regardé on a gagné ça de l'autre côté va être pris voilà sur la maladie qui qui va subir de fortes coupes ou sur les retraités. Alors, justement sur les retraites et c'est toujours dans le cadre de ce budget de la sécurité sociale, Emmanuel Macron est revenu sur la prétendue suspension de la réforme des retraites.

Donc, on sait plus trop sur quel pied danser. Il dit ni abrogation, ni suspension, mais seulement un décalage et peut-être un référendum. On l'écoute.

Le Premier ministre a fait un choix pour apaiser le débat actuel qui consistait à qui a consisté à proposer le décalage d'une échéance. Je le dis ici parce que c'est ni ça n'est ni l'abrogation ni la suspension. Sébastien le cornu avait pourtant annoncé une vraie suspension de la réforme des retraites et qu'elle serait ajoutée au budget de la sécurité sociale.

Comment tu analyses ce qui proco à quoi ça rime tout ça ? Non, mais c'est marrant parce que euh Emmanuel Macron aurait dit ça avant, probablement que le gouvernement aurait été censuré parce que là, il a vraiment montré euh le le l'envers des cartes. Il a dit voilà, ce sera juste un report parce que la suspension euh ça peut être effectivement un report, mais ça peut être aussi un arrêt à 62 ans et 9 mois gravé dans le marbre avec arrêt de de la durée de cotisation et là c'était autre chose.

Là non, c'est un report et puis ça va reprendre. Donc ça a créé des tensions effectivement au niveau de l'assemblée. Ce qu'il faut dire c'est qu'à l'heure actuelle, on verra hein ce qui se passera mais il y a de fortes chances quand même que les avancées sociales sur ce budget soient minimes parce que une fois qu'il y aura toutes ces discussions à l'assemblée qui vont être très compliquées dont on va discuter tous les jours dans les médias alors on va parler voilà encore une fois on va voir certains vont défendre des avancées sociales vont dire bon on a pas le choix on a quelques avances sociales en citant tax duman ou en citant d'autres choses et puis d'autres vont dire ce budget est un budget austéritaire et les gens vont pas y comprendre grand-chose et à la fin dans ce bro ce qui gagne, c'est de dire il nous faut un budget sinon c'est très grave quel que soit le budget et on en est un peu là.

Vous êes vous êtes inconscient si vous êtes contre le budget alors que et donc ça va obliger les gens à signer à se précipiter pour voilà mais je pense que vous savez la Berou il avait joué un jeu pour avoir le Parti socialiste. Il leur avait dit on va faire un conclave. Il on va faire un conclave.

Le Parti socialiste a dit c'est génial un conclave sur les retraites. Voilà et ça va pas être politique. C'est les syndicats qui vont décider les syndicats du patronat et les syndicats des salariés.

Donc tout le monde se dit OK euh le PS dit bon bah très bien et puis là vous avez dès le discours de politique générale Ber qui tape sur les retraités puis qui envoie une note euh de cadrage budgétaire en disant on peut négocier mais dans ce cadre-là ce qui veut dire que la marge de négociation était était faible puis après dit que il ne veut pas revenir sur l'âge. Petit à petit voilà il tue le conclave. Là je pense que monsieur le cornu veut pas il peut pas refaire la même il peut pas resservir la même stratégie.

Donc il se dit bon le sale boulot va être fait par le Sénat. Voilà, le Sénat qui est majoritairement à droite. Donc là, on va discuter, oui, des choses, on met des amendements à droite et à gauche.

Puis le texte passe au Sénat qui va prendre un certain temps pour l'analyser. Puis lui, il peut le détricoter, les amendements et cetera et puis le renvoyer à l'assemblée. Puis à là, on est pris par le temps et la peur de ne pas avoir de budget parce que si on a pas de budget, c'est très grave.

Qu'est-ce qu'on fait ? On le passe par ordonnance. D'accord.

Et là, c'est fini. Voilà, c'est fini. Donc il faut faire voilà, il faut faut on a on a dit à quoi servait un budget euh les orientations euh que que qu'il doit défendre si euh comme nous si on appelle de nos vœux sur la santé, la vieillesse, éducation et cetera.

Mais après, il faut pas se satisfaire de petites avancées au jour le jour parce que tout ça peut être détricoté en arrière-plan par le Sénat. On avance, on recule, un pas, deux pas et cetera sur la question de la réforme des retraites mais aussi sur la taxe d'Isucman. Mais là, c'est pas Emmanuel Macron, c'est le Parti socialiste qui veut limiter en fait, elle veut créer une forme de mini taxe Zucman finalement, elle veut limiter la taxe sur les patrimoines en excluant les entreprises innovantes et les PME familiales.

Voilà ce que Gabriel Zucman interrogé sur cette proposition du Parti socialiste, a répondu à nos confrères de France info ce lundi 27. Cette proposition des socialistes, elle reprend le dispositif d'impôts planché qui a le grand mérite de cibler l'effort sur les personnes qui sont à la fois très fortunées et sous-imposé. Ensuite, la limitation, c'est que quand on introduit des exonérations, des échappatoires, oui, c'est prendre le risque de lancer la machine à optimisation.

C'est la grande leçon de l'ISF. En 1980, le pouvoir socialiste crée l'impôt sur les grandes fortunes, l'ancide de l'ISF, mais tout de suite, il en sort les malnommés bien professionnels, ça serait dedans, c'est-à-dire les grosses détentions actionnariales. Et là, ce que proposent de faire les les socialistes, il gardent les il gardent les biens professionnels à deux exceptions prêtes.

Sortir, alors il propose de sortir les détentions de plus de 50 % au capital d'une entreprise, à l'époque de l'ISF, c'était 25 %. Le risque c'est que les personnes très fortunées, vous savez, elles sont bien conseillées. Oui.

Et donc elle elles risquent de trouver d'exploiter ses échappatoires pour échapper à l'impôt. Donc Gabriel Zucman lui, il alerte sur le risque d'échappatoire dès qu'on ouvre une brèche pour ce que les personnes qui sont très aisées ont tout un tas de potentialités de trouver des moyens de s'adapter et de rentrer dans ces dans ces brèches pour échapper à l'impôt. Qu'est-ce que tu en penses toi de cette proposition du Parti socialiste ?

Je pense que le Parti socialiste maintenant qu'il est rentré làdedans qu'il a fait le choix de ne pas suspendre le gouvernement, il doit avancer ses pions. Alors là, c'est très bien parce qu'il l'appelle toujours la taxman alors que c'est plus du tout vraiment la taxe zuman et je pense qu'il doit y avoir qu'une version de la taxman, c'est celle qu'il a proposé. Après, il peut y avoir des amendements mais ça ne peut plus s'appeler la taxe zuman.

Donc oui, il a raison Gabriel Zukman. C'est-à-dire que là en fait ce ce qui cr ce qui est créé typiquement c'est c'est un impôt pour dire nous taxons les plus riches tout en le le laissant une porte de sortie parce que qu'est-ce qu'on appelle une PME innovante en fait ? Qui va définir ce qu'est une PME innovante ?

Non mais c'est toujours il faut avoir en tête que les leviers de bouclier qu'on a eu là contre la taxe du Zukman sont assez marrantes mais elles ont eu lieu constamment dans l'histoire dès qu'il y a eu des impôts. Quand on a mis l'impôt sur le revenu, les gens ont dit "Mais c'est horrible, on peut pas avoir d'impôt sur le revenu." Puis on a mis l'impôt sur les sociétés que que vraiment toutes les à différents niveaux mais tous les grands pays ont, y compris les États-Unis hein qui étaient d'ailleurs un niveau assez similaire au nôtre.

Quand on met cet impôt sur les sociétés, bah les gens disent "Mais c'est très grave, on crée une richesse finalement et on doit en donner une partie." Donc au début, vous avez toujours une levée de bouclier. Euh là, ce que fait le PS, c'est que il essaie de faire en sorte que le gouvernement accepte une espèce de taxe sur les sur les plus riches, mais en leur offrant, comme il a dit, un échappatoire comme l'ISF, il y avait un échappatoire sur les sur tous les biens, les les œuvres d'art et cetera.

Et donc il y a beaucoup de très très riches qui ont développé des fondations pour ne pas publique pour essayer de voà. Donc il faut faire très attention surtout qu'il y a toujours le risque qui demeure y compris avec la taxman et c'est ça qu'il faudrait qu'il faudrait voir c'est le risque de d'optimisation fiscale à l'extérieur. Je enfin quand on regarde la littérature, il a raison de rappeler Gabriel Zukman et quand on regarde ce qui a été fait sur l'ISF c'est qu'il y a peu de gens qui fuient hein.

L'ISF il y avait 0,6 % des Hugti qui quittent le pays. C'est rien du tout. Ouais, c'est toujours ce qu'on nous dit.

Attention, ils vont partir, ils vont emmener leur fa richesse. Voilà. Donc là, on verra ce que ça donnera sur sur euh sur l'attaque zumane.

C'est vrai que la littérature montre que les les riches ne fuent pas comme on nous le dit, mais là on touche les les biens professionnels avec la la taxmane, ce qui était un échappatoire de l'ISF en réalité. Euh donc faudrait voir dans quelle mesure ils peuvent pratiquer un autre type d'optimisation fiscale dans les pays euh dans les pays euh voisins. Donc euh je veux dire il faut se concentrer sur pour pour limiter cet échappatoire qui encore une fois dans la dans dans la littérature scientifique, on a jamais vu quand on a taxé les riches fuit.

Mais il faudra quand même veiller à cela et faire en sorte qu'ils ne partent pas avec des systèmes où ils doivent payer un certain nombre d'années l'impôt et cetera. Est-ce qu' serait déjà ce qu'il faudra déjà établir si on en crée d'autres en interne ? Bon bah ça résoudra pas le problème.

C'està-dire qu'on aura toujours une façon de flouter les liens entre le patrimoine personnel et le patrimoine professionnel ce qui fait que les gens finalement se payent le moins possible pour payer le moins d'impôts possible et ensuite jouissent d'un cadre de vie complètement démesuré grâce à à leur biens leurs biens professionnels qui leur appartiennent. Voilà. Alors pour revenir à à l'enjeu du budget d'État, quels sont les enjeux auxquels le budget d'État aujourd'hui devrait répondre ?

Qu'est-ce qui est prioritaire ? Alors, le premier enjeu globalement d'un budget euh ce serait normalement de de relancer l'activité, de faire en sorte que la France se réveille parce que si l'activité repart, vous pouvez vous pouvez vous pouvez avoir parfois on a eu des périodes entre 97 et 2001 où euh euh en valeur euh en volume, hein, le déficit a augmenté mais en pourcentage de PIB, il a diminué. Pourquoi il a diminué ?

Parce qu'on avait une activité qui qui était forte. Donc si on fait augmenter le PIB, on peut avoir un déficit qui se en fait la question c'est le rapport entre les Tout à fait. Et et d'ailleurs là le problème c'est que avec le le budget qu'on qu'on prétend nous donner avec 30 milliards d'économies, il va y avoir un impact négatif sur la croissance comme je l'ai dit parce qu'on va toucher un démoteur de la croissance et donc on risque d'avoir le même type de surprise en octobre l'année prochaine où le ministre de l'économie se dit "Ah bah mince, en terme de rentrée fiscale, c'est pas ce qu'on avait prévu.

On a moins de rentrée fiscale parce qu'on a moins de croissance. Si on a moins de rentrée fiscale, on a un déficit qui est encore plus élevé. Donc si un déficit plus élevé, il faut encore couper plus dans la santé, dans les retraites et cetera et on nen sort pas.

Voilà. Donc la première des choses, c'est l'activité économique et puis ensuite il y a la question vraiment des enjeux de la société que nous voulons. Voilà, ça c'est important.

Et est-ce que nous voulons des innovations par exemple dans l'intelligence artificielle ? Bah il va falloir faire en sorte de d'investir. Et d'ailleurs, moi je trouve ça assez marrant dans la taxe Zucman. cette levée de bouclier euh et et cette ce positionnement de de du patron de Mistral qui était à mi-chemin entre disant il faut une justice fiscale mais je sais pas si je veux la taxe duman euh le fait de payer euh à l'État en donnant une partie de ses actions, c'est-à-dire il vend une partie de ses actions, enfin la valeur augmente de 6 % probablement même plus pour pour cette entreprise, il en donne 2 % par an à l'État.

Ça permet ça lui permet aussi de négocier avec l'État, de dire par exemple, écoutez moi vous vous rentrez dans mon capital parce que je vous donne des actions et cetera. Donc faites en sorte de me protéger. Mon premier concurrent c'est chat GPT avec une longueur d'avance que tout le monde utilise.

Faites en sorte aujourd'hui que en France ce soit pas Chat GPT mais Mistral une entreprise française dont on va connaître les données, dont on don avec qui on peut discuter puisquon connaît le patron. Voilà, il il aurait pu avoir une relation gagnant gagnant avec l'État là-dessus. demander de la protection, demander aussi que que les entreprises publiques n'utilisent que ça.

Enfin, ainsi de suite. Voilà, faire en sorte que tout se que que puisse se développer dans un contexte très favorable, c'est-à-dire à l'abri de la concurrence et ne pas être acheté par JPT dans peut-être quelques années, ce que personne ce que personne ne voudrait. Il aurait pu demander ça, mais ça n'a ça n'a pas été fait.

Donc bon, parce que aujourd'hui la vision de d'un état, c'est quelque chose qui va mal se passer alors qu'en fait l'État peut être protecteur et et d'ailleurs en ayant l'État dans son actionnariat, on s'assure et pas que en l'ayant d'ailleurs, on s'assure qu'en cas de crise, l'État vient vous sauver. C'est ce qu'il a beaucoup fait ces dernières années pendant le Covid, pendant la crise 2008. Donc ensuite, il y a voilà le budget.

Pour revenir au budget, il y a les investissements que l'on veut et après il y a les transformations sociales, le vieillissement, la santé et cetera. Vous avez euh une grande enquête qui a montré l'explosion des cancers des jeunes euh avec des scores aussi un peu impressionnants sur le cancer du sein chez la femme en France. Là, il y a un vrai débat public à avoir et à la fin, il y a des financements à mettre parce que c'est une question de de santé de santé publique.

Euh on parle souvent de la consommation de de sucre, de cadmium. Il y a il y a énormément de choses aussi à faire qui sont très importantes et là ça va nécessiter des réglementations mais aussi des financements pour transformer en partie les les les productions agricoles et cetera. Euh donc ça c'est des choses que dont on devrait discuter et aujourd'hui la chose dont on discute c'est on va prendre 500 millions ici donc là-dessus on va rajouter 500 et ainsi de suite.

C'est des économies de bout de chandelle. C'est des mesurettes. C'est des mesurettes.

Et la finalité c'est de réduire le déficit très légèrement. C'est tout. La seule finalité aujourd'hui c'est pas de répondre à des questions sociales ou économiques.

C'est de réduire très légèrement le déficit. pour pouvoir dire, c'est aussi un pour pouvoir dire à à nos partenaires européens, regardez, nous sommes sérieux et puis la pression des 3 % européens toujours. Alors, les 3 % on les respecte plus vraiment, mais il y a quand même dans la tête une pression des partenaires européens pour dire regarder, on fait des efforts et cetera alors que on pourrait négocier avec eux parce que surtout aujourd'hui il y a des tensions euh il y a des il y a un conflit aux portes de l'Europe et on est quand même une des puissances les plus importantes là-dessus.

Donc on pourrait négocier avec eux. Et puis après, il y a aussi sous et et assez souvent une façon de utiliser euh le budget pour faire des réformes qui ne sont qui sont passées difficilement. Voilà, c'est ce que vous a voulu avec son effet de sidération sur la dette et cetera en ciblant les retraités.

Il y avait une volonté derrière de faire une réforme des retraites ou de couper sur ce qui va aux retraites très fortement. Donc il y a deux raisons. Il y a vraiment on doit réduire les déficit pour être bien avec nos voisins et de l'autre côté c'est peut-être que cette peur qu'il y a autour de cette stabilité politique et ce budget et peut-être la hausse des taux ou peut-être le fait à un moment on avait dit madame Borne que la carte vitale ne marcherait pas.

Enfin toutes ces choses-là, il y a une volonté de créer un effet de sidération pour passer des réformes difficiles. Voilà. Mais en tous les cas, le budget ne répond en rien à une volonté économique et sociale.

Or, le budget, comme nous l'avons dans la première question, son rôle c'est ça, c'est de répondre à à une direction. Voilà, les États-Unis ont une direction, la Chine a une direction, nous la seule direction c'est réduire de quelques de quelques milliards notre notre déficit. De toute façon, le le corn a dit, il va il va le faire moins fortement parce qu'il s'est acheté quelques jours, mais le le seul but c'est ça.

C'est ça. Et on peut avoir on peut réduire un déficit euh on peut réduire un déficit euh euh et et affaiblir aussi très fortement son économie. Euh tout comme on peut parfois creuser un déficit et renforcer son économie.

Les Américains ont toujours été bien meilleurs là-dessus. Pendant les crises, ils ont jamais hésité à aller à 10 % de déficit. Là, ils sont encore à 8 % avec un libéral.

Nous à partir de 5 %, un peu plus de 5 %, on a toujours eu très très peur. Voilà ce qui fait que l'impulsion budgétaire qui avait été par exemple faite en 2008, les Américains avaient mis 3 ans pour revenir à leur niveau de richesse d'avantcrise en allant à 10 % de déficit. Nous en allant à 5 % et en et en voulant redresser les finances publiques un peu comme aujourd'hui, on a mis 10 ans à revenir à d'autres niveaux d'avant-crise.

Donc le le déficit a un rôle de moteur quand l'activité est un peu morose pour pour la pour la stimuler. Donc là, on devrait plutôt se dire compte tenu du contexte géopolitique, du contexte international et des de la concurrence de plus en plus difficile avec des pays sur des innovations, voitures électriques, intelligence artificielle, panneaux solaires avec les États-Unis et la Chine. On devrait se dire c'est le moment d'y aller et collectivement même l'Europe devrait se dire ça, c'est le moment d'y aller là parce que on va dans quelques années être très très très dépendant sur un certain nombre de secteurs et pas que sur le digital et les magnétoscopes comme dans les années 80. là, ça va aller plus loin.

Donc, on devrait se poser ces questions-là, mais visiblement nos nos dirigeants sont trop obsédés par des critères plutôt que que on reste un peu dans la peur, quoi. On est en fait, on reste dans la peur et on reste des comptables. On a été formé comme des comptables plutôt que d'être formés comme des visionnaires.

Or, certains pays ont une vision de ce qu'ils veulent. Voilà, la Chine en 2015 dans son plan avait une vision pour 2025 et elle a plus ou moins réussi cette transformation. [musique] Nous, on pourrait avoir enfin on pourrait avoir une vision qui reflètera un choix de société qui n'est pas obligé que l'on soit les numéro 1 sur on peut même redéfinir en disant nous acceptons d'être un pays aujourd'hui un peu plus faible que à l'époque économiquement mais qui va répondre à des besoins importants pour nous.

Voilà. Mais c'est ces choses ne sont pas faites. Le bilan de ce que les Français veulent, il a pas été fait et sur certains points quand ils veulent quelque chose, souvent on fait l'inverse de ce qu'ils veulent.

Voilà, on l'a vu avec les retraites, on l'a vu avec la taxe zu et on l'a vu avec un certain nombre de réformes qui ont été prises sous le quinquedan de Macron. Merci à vous de nous avoir suivi. Vous le savez, nous n'existons que grâce à vous.

Soutenez-nous, regardez-nous, partagez-nous. Merci pour tout et retrouver l'instant Porsché avec Lisa [musique] la semaine prochaine. D'ici là, portez-vous

"LE DÉFICIT EST NÉCESSAIRE" : CE QUE VOUS N’ENTENDREZ PAS AILLEURS SUR LE BUDGET · Pourquijevote