Bold Masterclass by Veuve Clicquot avec Delphine Plisson
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 92 %Défensif 8 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:07OuverteRéponse directe
Merci d'avoir accepté cet échange. Vous avez grandi à Créteil, en Val-de-Marne, avec deux frères.
- 2:33OuverteRéponse directe
Qui vous ont montré qu'on peut entreprendre sa vie autrement.
- 3:02OuverteRéponse directe
Et du coup, vous souhaitez faire des études ?
- 4:06OuverteRéponse directe
Donc, libraire, ce n'était pas une option concrètement envisageable.
- 4:26OuverteRéponse directe
Tout en étant au test de l'air ?
- 5:48OuverteRéponse directe
Vous nous racontez votre stage à l'USG ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:11PrésentateurFait
« J'ai commencé à faire des études. D'abord, un BTS de commerce international. Et ensuite, j'ai enchaîné avec l'ESG, qui était une école de commerce. »
- 11:03InvitéChiffre
« Quand vous êtes arrivée, il y avait trois points de vente et vous êtes à 40 ans, il y en avait 30. »
- 12:04PrésentateurFait
« En 2014, elle fonde la Maison Plisson qui est une épicerie-restaurant hybride, atypique et très très prisée. »
- 18:18InvitéChiffre
« Vous avez 140 salariés. »
- 19:14PrésentateurFait
« Le Covid a été un choc, mais je pense que pour tout le monde, même ceux qui n'ont pas d'épicerie ou de restants. »
- 21:41PrésentateurFait
« On est passé en redressement, plus en liquidation. Et la boîte a été reprise en liquidation. »
- 23:20PrésentateurFait
« On travaillait exclusivement avec des artisans, quasiment exclusivement des artisans. »
- 31:57PrésentateurFait
« Moi, j'ai 55 ans, comme toutes les femmes de 55 ans, j'adore la presse écrite. »
- 32:23PrésentateurChiffre
« Il y a quand même 20 millions de femmes qui ont plus de 45 ans en France. C'est une femme sur deux. »
- 32:44PrésentateurChiffre
« 140 pages, c'est un trimestriel. »
- 38:16InvitéFait
« Toujours, en tout cas, dans les limites du raisonnable, oui. »
- 38:24InvitéFait
« Autre élément essentiel, l'argent. »
- 38:32InvitéFait
« Et là, c'est quelque chose dont vous parlez aussi dans votre magazine. »
- 38:54PrésentateurFait
« avec une journaliste financière, Héloïse Bolle, qui effectivement, depuis 30 ans, s'attache à informer les femmes sur leurs droits, sur les outils, sur l'évolution des ressources dont on peut disposer pour organiser notre patrimoine, gérer nos sous, en faire quelque chose, s'organiser quand ils viennent à manquer ou en les investir quand ils sont disponibles. »
- 39:55PrésentateurFait
« pas dominante parce que je ne pense pas qu'on puisse se lancer dans l'entreprenariat en imaginant une seconde que la sécurité va être au bout du chemin. »
- 40:23InvitéFait
« je n'ai jamais eu de sécurité donc finalement, je n'avais rien à perdre. »
- 40:30PrésentateurFait
« J'ai quand même été aux états de l'air, il faut vraiment, soit il faut adorer ça, soit c'est pour des raisons strictement financières, ce qui était mon cas. »
- 41:47InvitéFait
« Et ça a un prix »
- 41:59PrésentateurFait
« Effectivement, j'ai pris la liberté de recommencer ma vie professionnelle régulièrement. »
- 42:22PrésentateurFait
« Le prix, c'est l'isolement, la solitude, la peur, mais ce n'est pas très cher payé par rapport à ce que ça apporte, c'est-à-dire l'estime de soi, la sensation de se réaliser, en tout cas d'essayer. »
- 44:02PrésentateurFait
« Quand on tient, on est dans l'action. Quand on est dans l'action, on avance. Quand on avance, on est plutôt heureux. »
Temps de parole
- Présentateur72 %
- Invité21 %
- ?7 %
≈ 53,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bienvenue
à la Masterclass Bold, co-organisée avec les échos. Les Masterclass sont des moments d'échange et d'inspiration qui j'espère vous donneront l'envie d'aller encore plus loin dans vos projets. Je suis Marie-Éloi, j'ai fondé plusieurs réseaux d'entrepreneuriat nationaux comme Femmes des Territoires et Bouge ta Boîte.
Je
fais aussi partie des fondatrices du mouvement citoyen mondial World with Women pour la mixité. Et je suis chroniqueuse aux échos et surtout heureuse d'être avec vous ce soir. Nous sommes ensemble pendant 45 minutes et vous aurez la possibilité à la fin pour les personnes qui sont avec nous aujourd'hui de poser quelques questions à Delphine Plisson qui est avec nous aujourd'hui.
Le
thème de cette Masterclass Bold, c'est comment s'autoriser encore et encore à se réinventer à chaque étape.
Et
Delphine Plisson en est une fantastique incarnation. Delphine a débuté dans la mode chez Agnès B, Yves Saint-Laurent, Antique Batik et au sein du groupe SMCP, notamment en tant que DG de Claudie Pierlot.
En
2014, elle fonde la Maison Plisson qui est une épicerie-restaurant hybride, atypique et très très prisée. Et fin 2024, elle quitte l'entreprise qui a atteint 140 salariés
pour
publier son premier roman, Laisse aller, c'est une valse aux éditions Jean-Claude Lattès.
En
2025, elle crée 20 ans plus tard
un
magazine
trimestriel
destiné aux femmes de plus de 45 ans que j'ai adoré, pour lequel elle est co-éditrice, directrice de la publication et rédactrice en chef. Delphine Plisson est également maman de trois enfants et a notamment été finaliste du Bold Women Award en 2020. Alors, comment a-t-elle fait pour se réinventer à chaque fois, en toute liberté et en bouleversant les codes ? Comment a-t-elle construit étape après étape ses forces et son parcours entrepreneurial ? C'est ce que nous allons voir ensemble.
Bienvenue
Delphine, bonjour. Bonjour.
Alors,
merci d'avoir accepté cet échange. Vous avez grandi à Créteil, en Val-de-Marne, avec deux frères.
Une
vie un peu austère, selon vos mots. Mais à 14 ans, et c'est un premier moment clé pour vous, qui va vous ouvrir complètement l'horizon. Vous rencontrez dans votre cité un couple de libraires qui vous montrent qu'on peut entreprendre sa vie autrement.
Oui,
qui me montrent en fait qu'ils s'installent effectivement dans cette cité, ce qui était un peu inattendu
et
qui étaient des libraires passionnés, qui n'étaient pas de Créteil, ni même de région parisienne, qui se sont implantés à Créteil sans doute un peu par hasard.
Et
c'était vraiment un oasis merveilleux où je passais mon temps. Et effectivement, je me suis rendu compte très vite qu'il y avait mille voies possibles et que j'allais peut-être éventuellement pouvoir tracer ma route en dehors des sentiers potentiellement déjà désignés.
Et
du coup, vous souhaitez faire des études ? Vous souhaitez d'abord être libraire grâce à eux
?
Alors, ils m'ont en tout cas inculqué la passion de la lecture et effectivement, j'ai trouvé ce métier merveilleux.
Donc,
j'en avais assez concrètement envie. Et puis, la vie a plus d'imagination que nous. Donc, quand il a été question, après le bac, d'envisager de faire quelque chose de ma vie,
j
'ai d'abord essayé de trouver,
de
me renseigner pour savoir comment on pouvait devenir libraire.
Je
me souviens être allée
harceler
le monsieur qui tenait à l'époque l'écume des pages boulevard Saint-Germain en lui demandant de m'embaucher, de m'embaucher,
de
m'embaucher. Et il m'expliquait qu'il ne pouvait pas m'embaucher, mais qu
'il
pouvait me former, mais qu'il ne pourrait jamais me payer. Et vous, vous
aviez deux contraintes. Est-ce que vous êtes la première de votre famille ?
C
'est ça, toute génération confondue à avoir le bac
? Et en plus, il
fallait vivre. Il fallait suivre venir à tous vos besoins.
Alors, j'étais la première à avoir le bac. Et effectivement, il fallait que je finance ma vie, concrètement, au quotidien. Donc, libraire,
à
ce moment-là, ce n'était pas une option concrètement envisageable. Donc, je me suis
renseignée.
J'ai commencé à faire des études. D'abord, un BTS de commerce international. Et ensuite, j'ai enchaîné avec l'ESG, qui était une école de commerce.
Parce
que tout le monde me disait, si tu veux être libraire, il faut d'abord apprendre à gérer. Donc, fais des études de gestion, fais des études de gestion. Donc, j'ai suivi ce petit chemin.
Tout
en étant au test de l'air ?
Tout en
étant au test de l'air. C'est un truc
dingue. Parce que moi, je ne savais pas que c'était possible de faire ça en même temps.
Alors,
si, c'est plutôt un bon plan. Je crois que ça existe encore. Quand on est étudiante, il y a un contrat au test de l'air étudiant, étudiante,
qui
permet effectivement de faire partie du personnel navigant commercial d'Air France et sans doute d'autres compagnies.
Ce
qui permet de gagner sa vie.
En
échange de quoi, vous n'avez plus aucun week-end, ni jour férié, ni vacances pendant la durée de vos études. Mais au moins, vous avez la possibilité de financer vos projets. Ce
qui est plutôt génial.
Je regarde les personnes qui sont avec nous. Elle a tenu 4 ans sans un jour férié, sans un jour off.
C
'est ça ?
Oui, mais ça ne donne pas cette impression parce qu'on voyage, on fait des choses. Il n
'y a
pas vraiment de routine. Donc, loin de moi, l'idée de me plaindre de cette période-là. Mais avec le recul, je me suis rendu compte qu'effectivement, ça avait été sans doute un peu intense.
Et
alors, vous avez une capacité qui va vraiment vous suivre tout au long de votre carrière entrepreneuriale. C'est la capacité à saisir les opportunités. Parce qu'on a toutes et tous des opportunités qui nous passent devant. Et parfois, on les voit. Parfois, on ne les voit pas. Parfois, on les voit, mais on n'arrive pas à les saisir. Et vous, vous avez cette capacité-là, Delphine Cliton. On va commencer par une petite anecdote.
C
'est avant de rentrer à l'USG, vous devez faire un stage.
Vous
nous racontez.
Oui, j'ai appris qu'il fallait faire un stage. Ce que j'ignorais au moment où j'ai réussi le concours de l'USG. Et quand j'ai téléphoné pour savoir à quelle date était la rentrée, ils m
'ont
dit qu'il faudrait quand même déjà faire le stage.
De
trois mois. De trois mois. Je dis avec plaisir. Et ils m'ont dit, si vous n'avez pas de stage, et je n'avais pas de stage, on a encore quelques demandes d'entreprise, dont une à New York. Génial, New York. Et donc, à l'époque, la communication se passait par fax. Donc, j'envoie un fax avec mes coordonnées. En disant, je serais très heureuse de faire mon stage chez vous. Et je me trompe d'un numéro dans le fax. Donc, pour les plus jeunes d'entre vous, le fax, c'est comme le téléphone. C'est un numéro.
Et
donc, j'atterris dans une galerie d'art, alors que je pensais avoir écrit aux chaussures para-boots.
C
'est détenu par des Français. Et la responsable de la galerie m'appelle, en fait, en me disant, on n'est pas du tout les chaussures para-boots, mais on cherche quelqu'un si t'es dispo, arrive le plus vite possible. Donc, je suis partie trois jours après travailler dans une galerie d'art, ce qui n'était pas du tout prévu.
Sans
logement, sans argent. Comme beaucoup d'étudiants, mais effectivement, c'était aussi impulsif que joyeux. Mais après, il a fallu effectivement se débrouiller sur place. Et pareil, ça se
reproduit à nouveau quand vous commencez votre vie active pour avoir votre premier stage. À nouveau, vous arrivez à saisir l'opportunité qui se présente et qui n'était pas prévue au démarrage. J
'ai une copine qui me dit qu
'il
cherche quelqu'un pour faire un boulot chez Agnès B. Vous voulez toujours être libraire à cette époque
-là ? Alors, moi,
je suis toujours un peu dans ma ligne de nage, mais en même temps, je suis bien obligée de trouver d'autres options en attendant d'être libraire. Et donc, cette copine me dit, je crois qu'il cherche quelqu'un chez Agnès B. Je ne sais pas ce que c'est qu'Agnès B. Je n
'ai
pas la moindre idée, mais j'ai l'air de savoir. Donc, je finis par trouver les coordonnées. Je passe un entretien
et
à la fin de l'entretien, Valérie Zdogel, qui est devenue une grande amie et qui a passé des décennies chez Agnès B, me dit, est-ce que ça vous intéresse de faire un stage sur le marché de la mode enfantine ? Elle m'aurait demandé n'importe quoi, ça m'intéressait. J'avais envie de bosser, j'avais envie d'apprendre. Donc, je me suis
plongée
avec passion dans la mode enfantine. Je suis revenue un mois plus tard avec mon rapport de stage. Et elle m'a dit, c'est super,
c
'est exactement ce qu'il fallait. Vous irez en boutique chercher une robe. Moi, je pensais que j'allais être payée, donc j'étais un peu déçue. J'adore ! J'ai une robe que j'ai toujours d'ailleurs, que je garde précieusement. C'était mon premier salaire d'une certaine façon. Et puis, quelques semaines plus tard, elle m'a rappelée en me disant, mais tu fais quoi en fait, finalement ? Je lui
ai dit,
là, je vais chercher du travail, j'ai fini mes études. Elle m'a dit, écoute, génial,
bienvenue
à bord, tu feras partie de
l
'équipe Agnès B. Donc, je me suis retrouvée chez Agnès B en tâtonnant un peu, parce que pour le coup, je ne savais vraiment pas ce que c'était que cette maison.
Et en étant rémunérée cette fois-ci
? Cette
fois-ci, en étant même rémunérée.
Et
donc, vous avez gravi
les échelons
?
Oui. Alors, Agnès B, c'était au début des années 90.
C
'était une maison très familiale et pleine de succès. C'était une maison qui dominait un peu le marché de la mode à l'époque, qui était un peu le début de la mode aussi. Il n'y
avait
pas énormément de concurrence.
C
'était une marque très agile, très puissante. Et il y avait beaucoup de femmes qui travaillaient chez Agnès B. C'était assez féminin déjà.
Et
en fait, on se cooptait beaucoup. Et quand on avait envie d'un job, parfois, on essayait de passer en disant, j'aimerais bien faire ça. Et en l'occurrence, moi, j'avais envie de m'occuper du développement de la marque en Asie.
Et
j'ai eu le malheur un jour de dire, j'aimerais bien m'occuper du développement de la marque en Asie.
Et
je me souviens que le patron de l'époque m'avait dit, ah ouais, c'est marrant parce qu'on cherche quelqu'un, mais on cherche un homme de 35 ans
avec
de l'expérience en Asie. J'ai dit, ah, alors effectivement,
je
n
'ai
pas toutes les compétences.
Mais
en attendant que vous trouviez l'homme de 35 ans avec de l'expérience en Asie, vous ne voulez pas que j'essaye ? Vous avez proposé. Oui, alors chez Agnès B, on pouvait à cette époque-là.
Il
y avait cette notion de si vous avez, et ça m'est resté parce que je crois que c'est vraiment, c'était super de leur part
de dire
si vous avez la motivation et l'envie, vous avez déjà, en fait, une
grande
partie des qualités requises pour le job.
Et
donc, je me suis retrouvée à m'occuper du développement d'Agnès B en Asie du Sud-Est,
ce
qui était génial, épuisant, mais génial.
Et
après,
il y a eu Yves Saint-Laurent, Antique Batik,
et
il y en a eu d'autres.
Oui.
Et tout ça,
sans
pour l'instant avoir l'imaginaire de l'entrepreneuriat qui était peu présent dans cette époque-là. À cette époque-là, il y avait peu de femmes qui entreprenaient.
Je
n'avais pas spécialement cette envie. J'étais bien, moi. J'aimais bien ce que je faisais. J'aimais surtout les gens avec qui je travaillais. J'ai effectivement passée d'Agnès B à Saint-Laurent.
C
'est des cultures d'entreprise extrêmement différentes, des codes différents, mais j'avais la sensation d'apprendre. Donc, le quotidien était toujours aussi galvanisant. Et puis, le temps passe vite.
Et
au bout de 20 ans dans la mode, je me suis rendue compte que j'avais peut-être la sensation de moins apprendre, en tout cas de moins être alignée avec ce que devenait le secteur.
Et
donc,
arrive 40 ans.
Arrive 40 ans. Vous êtes
directrice générale de Claudie Pierlot. Quand vous êtes arrivée,
il
y avait trois points de vente et vous êtes à 40 ans, il y en avait 30.
Vous
avez multiplié par 10 quasiment
les points de vente. Après, je n'étais
pas toute seule.
Non, évidemment.
D'abord,
il
y avait une équipe et puis la marque faisait partie du groupe qui est devenu le groupe SMCP, qui est quand même réputé pour être assez puissant.
Et
donc, oui, c'était une période aussi où le développement rapide faisait partie de la stratégie de ces maisons.
Mais
là, vous vous sentez de moins en moins à votre place
? C
'est là où l'entrepreneuriat vous titille
? Ça
se
matérialise comment ? Alors, je me sens de moins en moins à ma place, mais l'entrepreneuriat ne me titille pas forcément. Je commence à me poser des questions sur ce que va être la prochaine étape. Ça, c'est certain. Et puis, je cherche d'abord dans quelle boîte je pourrais aller travailler. La librairie, c'est un peu éloigné entre temps parce que je me rends
compte
qu'à part monter une librairie, ça va être compliqué d'être salariée dans une librairie. Je fais mon deuil petit à petit, tout en me disant peut-être plus tard. Et puis, il s'avère que j'ai passé une période de ma vie à New York et qu'il y avait une marque, une maison qui s'appelait Dinende Luca à New York que j'adorais. Je vois les têtes qui hochent d'aucun connu d'Inende Luca. Et c'était un endroit que j'adorais et qui avait pour principale qualité de rendre l'expérience client merveilleuse quand il s'agissait de s'alimenter au quotidien et d'avoir la sensation d'avoir accès à des produits un peu particuliers et assez incroyables.
Il s'avère que je suis hyper gourmande, bien plus gourmande que férue de mode. Et qu'à ce moment-là de ma vie vers 40 ans,
je
me suis dit ça fait quand même 20 ans que je pense qu'un jour,
il
y aura un Dinende Luca français
et
que quelqu'un va le faire. Et à ce moment-là, je me dis, pour l'instant, personne ne l'a fait. Donc, tiens, si je prenais le temps de réfléchir à ce que je ferais, si je le faisais moi, mais de façon très détachée. Je prenais des notes, je regardais des documentaires,
je
lisais des bouquins, je me renseignais, je rencontrais des personnes, mais je le faisais un peu comme un hobby.
Puis,
à force de le faire comme un hobby, au bout de quelques mois, j'avais écrit un bouquin. Vraiment une sorte de,
en
gros, la présentation exhaustive, hyper précise de tout ce que j'aurais pu imaginer si j'avais monté ce projet. Avec un business plan ?
Alors, du coup,
j'ai fait un business plan. Le business plan, je suis discrètement à le faire challenger par des gens du secteur que je ne connaissais pas. Je disais, c
'est
mon neveu qui a fait moi par ça. Moi,
j
'étais déjà Claudie Pierlot, donc j'étais bien cachée. Et puis, à force d'en parler, de challenger, etc., un jour, j'ai fini par le présenter à mes patrons de l'époque, donc au patron de la SMCP, en leur disant, j'ai une idée dans la tête, j'aimerais quand même avoir votre avis. Et le lendemain, ils m'ont envoyé des textos en disant, on sera avec toi, vas-y, fonce.
Mais
vous y alliez dans l'optique de vraiment vous lancer ? Donc,
pas du tout.
Je voulais savoir s'ils trouvaient le projet intéressant, mais je n'avais pas concrètement envisagé de tout quitter pour me lancer dans ce projet-là qui n'existait pas
et
qui engageait beaucoup de choses parce qu'il allait falloir quitter le salariat pour l'entreprenariat. Je n'avais jamais monté de boîte.
Je
n'avais jamais envisagé de monter une boîte. Donc, il fallait que je reparte vraiment de zéro. Et quand ils vous disent, c'est une super idée, il faut que tu y ailles, quand ils vous disent ça ? Ça me terrorise. C'est sûr. Ça me terrorise parce que je me suis dit, il va vraiment falloir que je le fasse maintenant, en fait. Un peu comme si j'avais appris la danse dans mon salon ou dans une école de danse tranquillement et qu'un jour, on me dit, il y
a
un spectacle samedi. J'avais la sensation de ne
pas
être prête et puis c'était
impressionnant
quand même de se dire, bon, je vais peut-être y aller, en fait. Je vais peut-être le faire moi, finalement, ce projet qui me fait rêver depuis si longtemps.
Et comment vous avez sauté le pas, franchement
?
Comme tout le reste, un jour à la fois.
C
'est-à
-dire
que je n
'ai
jamais eu la sensation de faire des virages incroyables, de tout quitter, etc. En fait, je quitte tout et je recommence à zéro à chaque fois.
Mais
dans la vraie vie,
il
ne se passe pas comme ça. À la vraie vie, on prépare, on a le temps de gamberger un peu et puis les choses commencent à se construire un petit peu, puis un petit peu plus et puis on s'entoure et puis on y va, quoi.
Donc, un an plus tard,
après
avoir présenté le dossier à vos patrons, c'est ça ? Vous y allez et la Maison Pliçon née ? Oui, en 2015. En 2015, qui est à la fois une épicerie fine de produits artisanaux rassés et puis un restaurant de saison
et
ça fonctionne. Oui, en fait, j'avais tellement envie que ce projet existe. Je me suis évidemment beaucoup engagée et puis j'avais rencontré Jean-Luc Colonna qui s'occupait de Merci à l'époque et de plein d'autres projets et j'avais été le voir en lui disant « qu'est-ce que tu en penses ? Est-ce que ça peut être une bonne idée ?
»
etc. Il m'avait dit « écoute, parle-en à tout le monde, personne ne te piquera ton idée, c'est un peu un mythe, c'est ton projet, parle-en beaucoup et surtout n'écoute personne.
» Ah
! Alors, d'accord, très bien. Et en fait, ça a marché. Il m'avait dit « parle-en à tout le monde parce que si tu n'en parles pas
», d
'abord monter une boîte, toutes celles qui l'ont fait, qui sont en train de le faire, savent que c'est épuisant
et
très isolant en fait. Donc,
il
m'avait dit « si tu en parles à tout le monde, tu vas garder l'énergie, tu vas rester dans le projet, tu vas finir par le construire.
Si
tu restes isolé et que
tu
n'en parles pas, tu risques de t'épuiser, tu vas t'en lasser, il y aura d'autres envies, etc. » Et puis, bon an, mal an, un jour à la fois, j'ai fini par trouver le financement, le lieu, l'équipe et surtout, grande joie, j'ai traversé toute la France de long en large et en travers pour aller chercher les produits. Donc ça, c'était vraiment génial. Et ça a ouvert et ça a eu du succès. Après, oui, ça a eu du succès tout de suite, mais je pense que
c
'est quand même parfois comme ça quand il y
a
un projet au bon moment, au bon endroit. Alors, ça n
'a
pas été calculé pour,
mais
on a eu la chance d'arriver à un moment donné où
je
pense que tout le monde commençait à se poser des questions sur la qualité de son alimentation, sur l'impact de l'alimentation sur la santé,
y
compris la santé mentale. Et tous ces sujets commençaient à être un peu plus importants. Et l'idée de créer un lieu qui ne soit pas le fruit d'un grand groupe industriel ou d'un grand groupe tout court, que ce soit un projet indépendant et puis qu'on soit une équipe aussi solidaire et enthousiaste,
je
pense que ça a transpiré du projet et que la marque, le lieu se soit imposé assez vite.
Mais
je crois que tout le monde aime manger. Il y avait aussi un truc de très fédérateur. On a joué dans un champ où tout le monde peut se retrouver et aimer ça, oui.
Il y avait à la fois une opportunité et puis vous avez reçu le meilleur conseil possible.
C
'est effectivement d'en parler à tout le monde parce que ça permet d'affiner l'idée, d'être challengé, d'être mis en lien. C'est vraiment le meilleur conseil. C'est vrai, vous l'avez dit, on a toujours peur que l'idée soit piquée. Mais finalement, c'est comme ça qu'on avance et puis tout le monde revient vers vous en disant alors t'en es où de ton idée, donc ça oblige à avancer. Ça, c'est vraiment très malin
de
vous avoir donné ce conseil-là. Oui, oui, j'en suis très reconnaissante à Jean-Luc Colonna, oui, toujours. Et donc, ça fonctionne bien puisque vous ne cessez de grandir jusqu'à être à la tête de deux maisons plissons
et
cinq petits plissons. Vous avez 140 salariés.
C
'était une forte croissance. Qu'est-ce qui a été le plus incroyable dans cette aventure
?
L'humain, de loin. L'humain, les producteurs, les équipes, les clients. Ça,
c
'est génial de se lever tous les matins et de savoir qu
'on
va avoir des gens super,
super, des
gens qui sont contents
d'être là.
Et puis, c'était porteur de sens quand on représentait 800 fournisseurs artisanaux dans toute la France, même en Europe. Donc, ça, c'est merveilleux de pouvoir donner une vitrine à tous ces producteurs,
les
respecter, faire en sorte qu'on soit limpide pour eux, que les clients s
'y
retrouvent, soient reconnaissants d'avoir un lieu où ils savent que tout ce qu
'ils
vont trouver
sera
bon pour eux et soutiendra aussi des producteurs,
les
équipes au milieu. Non, non, j'ai adoré cette dimension-là plus que tout autre.
Et
le plus terrible, c'était quoi ? Le plus difficile
?
Dans
cette
première vraie expérience entrepreneuriale
? Elle a été assez frontale. Le plus difficile, ça a été les conséquences du Covid. Le Covid a été un choc, mais je pense que pour tout le monde, même ceux qui n'ont pas d'épicerie ou de restants. Ça a été un choc parce que ça a été une surprise,
que
ça a été frontal, que ça a été violent. Mais pendant le Covid, nous, on est restés ouverts à 50% parce qu'on avait épicerie et resto. Le resto avait interdiction de rester ouvert, mais l'épicerie avait obligation de rester ouvert. Donc, on était complètement schizo. On passait notre temps à essayer de pallier les manques du restaurant à l'épicerie. On a monté un site Internet en trois jours. On a essayé de trouver tout un
tas d'idées. On
faisait des photos de nuit. On mettait en ligne le matin. On était complètement habités par le fait d'essayer de faire tout ce qu'on pouvait pour que ça se passe bien.
À
la sortie du Covid, il y
a
eu un autre confinement. À la sortie du premier confinement,
il
y en a eu un second, puis un troisième, etc. On s'épuivait financièrement et physiquement et moralement parce qu'on voyait bien quand même que ça allait être extrêmement compliqué d'être encore là à la fin.
Et quand le dernier… Oui, il y a l
'impasse, c'est ça qui arrivait
? On
voyait surtout les comptes fondre à vue d'œil. Oui, c'est ça. Ça, c'était assez concret.
Et
on voyait aussi qu'on n'avait pas tellement de ressources par ailleurs. À un moment donné, on jouait du violon sur le pont du Titanic, assez concrètement, sans champagne.
C
'était à ses premiers degrés comme situation. Et à la sortie du dernier confinement, il fallait renflouer les caisses. Je suis partie dans tout Paris, essayer de trouver des investisseurs, sachant que des personnes qui avaient envie d'investir dans la restauration ou la distribution alimentaire à la sortie des confinements,
ce
n
'est
pas légion. On
vous
écoutait ?
On m'écoutait. La dernière fois, vous
alliez faire une levée de fonds ?
Ah non, non,
non, je l'avais fait dès le départ,
oui. Ça ne m'impressionnait pas beaucoup parce que je représentais la boîte, les salariés, les fournisseurs. Donc moi, j'étais vraiment très, très, très motivée à l'idée de trouver des solutions.
Et
on a fini par trouver une solution avec un groupe industriel dont le patron aimait sincèrement la marque et le travail qui avait été fait.
Et
donc, les choses se sont faites au tribunal. Alors, je recommande énormément cette expérience qui est très remplie d'humilité,
qui
ne fait pas peur du tout. Mais ça fait partie des joies de l'entrepreneuriat, parfois.
C
'est-à
-dire
en redressement ?
Oui,
on est passé en redressement, plus en liquidation. Et la boîte a été reprise en liquidation. Le groupe a repris la boîte. Ce que j'ai vu, évidemment, comme quand même une lueur d'espoir parce que tout n'était pas foutu. Je suis devenue consultante de la boîte que j'avais créée. J'y croyais à fond. Je n'avais aucun problème avec le fait d'être consultante. Enfin, ça me plaisait que ça continue.
Et juste, qu'est-ce qui a convaincu l'investisseur d'investir chez vous
? C
'est quoi ? C'est du relationnel,
de
la confiance, des chiffres ? Qu'est-ce qui convainc
à ce moment-là ?
Ça ne doit pas être les chiffres. À ce moment-là, l'histoire de la Maison Plissot, on est vraiment dans une situation complexe. Je crois pouvoir dire qu'il aimait vraiment la marque. Je sais qu'il était venu dans les différentes adresses. Ça
lui parlait.
Oui, ça
lui parlait. Et
je pense qu'il aimait la marque. Il voyait le potentiel aussi autour de la marque. Moi, j'avais beaucoup d'idées, beaucoup d'envie encore, etc. Donc, on en avait beaucoup parlé. Et ça s'est fait quand même. Après,
ça
restait un mariage de raisons.
Et
un mariage de raisons, parfois, ça ne marche pas.
Avec des cultures…
Culture d'entreprise très différente, des équipes avec des process qui n'étaient pas forcément idéalement adaptés à notre projet. Et réciproquement, on ne parlait pas les mêmes langues. On n'avait pas les mêmes… Moi, j'étais habitée par ce projet. Je voulais qu'il existe et je voulais qu'il dure. Je voulais qu
'il
se développe. Et
puis,
à un moment donné… Vous
avez un exemple,
par
exemple, qui ne fonctionnait pas, de différence de culture ? Ça ne
veut
pas dire qu'il y en a une qui était bonne et l'autre moins
bonne, mais c'est juste
un choc. C'est juste qu'on faisait un métier avec des artisans. On travaillait exclusivement avec des artisans, quasiment exclusivement des artisans. Ça demande, ne serait-ce qu'en comptabilité, une organisation agile, parce que les artisans n
'ont
pas tous des adresses mail. Alors, c'est aussi simple que ça, en fait, la communication au quotidien avec les gens avec qui on travaille. Dans un groupe,
ce
n
'est
pas possible de travailler avec des gens qui n'ont pas de mail et de s'adapter, entre guillemets, à des process. Et puis, on avait fait des erreurs aussi. Il y avait des choses qui marchaient moins bien. Il y avait des choses qu'il eût fallu faire autrement auparavant, ce qu'on n'a pas fait non plus. Personne n'est vraiment responsable de quoi que ce soit. Il s'avère qu'on est tous responsables un peu de beaucoup de choses. Moi, la première, parce que c'est la boîte que j'avais montée.
Mais
à un moment donné, effectivement, la greffe, finalement, n'a pas pris. Et je suis partie.
Au
bout de deux ans ?
Au bout
de cette période-là,
au
bout de deux ans, oui.
Et
là, on peut imaginer votre état d'esprit, parce que vous avez tout fait pour que ça continue. Vous déjeunez avec une copine, j'adore ce moment-là. Qu
'est
-ce qu'elle vous
dit
?
Je déjeune avec une copine. Alors, moi, je ne suis pas dans un état d'esprit. Je suis un peu sidérée
d
'être partie et de voir ce
projet,
etc. Et en même temps, je suis tellement fatiguée
qu
'il y a quand même un peu un soulagement aussi de me dire, bon,
on
va respirer un peu maintenant.
Mais
tout est embrouillé. Effectivement, je déjeune avec une amie qui me dit,
«
Waouh, tu devrais écrire, prendre des notes, ça te fera du bien plus tard de garder une trace de cette expérience.
»
Et puis, voilà, prendre du recul, essayer de digérer tout ça. Donc, le lendemain, comme je ne
suis
pas du tout d'une nature entière et obsessionnelle, je m'y mets à fond et je me mets à écrire, à écrire, à écrire. Et ça sort dans tous les sens. Le jour, la nuit, je n'arrive plus à m'arrêter d'écrire. Il n'y
avait
pas de
question de
légitimité d
'écrire ?
C
'est parti directement
? Alors, j'ai écrit sans penser une seconde que le texte serait publié. J'ai écrit uniquement parce qu'elle m'avait donné cette idée et
ça
m'a fait du bien d'écrire. Donc, j'ai continué à écrire. Et puis, au bout de quelques trois, quatre semaines, je lui
ai
envoyé un texto en disant, «
Tu
avais raison, ça m'a fait énormément de bien, merci beaucoup. Ça m'a soulagée, je vais bien maintenant, je vais repartir, je vais voir ce que je vais faire, etc. » Et elle me dit, «
Tu
peux me
l
'envoyer
? » Je
lui ai
dit,
« Je ne l'ai même pas relu, c'est vraiment, c'est sorti en trois, quatre semaines. » Pas certaine que ce soit passionnant. Elle me dit, « Envoie-le-moi.
»
Et je lui ai envoyé. Et je
n'ai pas eu une nouvelle
pendant deux, trois semaines. Et je me suis dit, « Ça doit être vraiment pourri. » Et elle n'ose même pas me le dire. Et vraiment, en même temps, je n'avais pas du tout d'attente par rapport à ce texte. Et en fait, elle m'a rappelée en me disant, je l'ai fait passer. Elle est elle-même éditrice de métier, pour le préciser quand même. Mais je n'aurais jamais imaginé qu'elle en ferait quoi que ce soit, pour le coup. Et elle l'avait présentée à Véronique Cardi, la bosse de Jean-Claude Lattès.
Et
un jour, on m'a téléphoné en me disant, « Véronique Cardi aimerait vous rencontrer. » Je me suis dit, « Ah, ok. Super sympa. Elle va me donner des conseils. »
C
'est quand même une immense chance.
Je
trouvais ça incroyable, de générosité.
Et
je me suis retrouvée dans son bureau, hyper intimidée, au Jacob.
Vraiment toute
tremblante, pour le coup, ce qui m'arriverait rarement. Et je suis ressortie avec un contrat pour publier le bouquin. Je suis remontée sur mon vélo en me disant, « Sérieusement ? »
C
'est incroyable quand on sait à quel point c'est difficile d'éditer un livre.
Oui, après,
avec tout
le respect que j'ai pour les personnes qui édite des livres, qui publient des livres. Là, il y a eu un chemin qui a fait que c'est arrivé à ce résultat.
Ce
qui a plu à Véronique Cardi, je le sais, c'est surtout l'énergie, je crois. C'est ce qu'elle m'a dit. Elle m'a dit, on aime
pour
une fois
qu
'un bouquin est écrit par une chef d'entreprise qui ne nous raconte pas à quel point ça a été facile, parfois un peu compliqué. Et à la fin, c'est génial. Et tout est formidable. Et la vie est belle, etc. Là, elle me dit, tu racontes la vérité. Et je pense que ça peut faire écho. Et ça peut être utile, quoi. Donc, ça s'appelle « Laisse aller, c'est une valse
». Donc,
l
'édition Jean-Claude Lattès.
Et
vous recevez
plein
de messages suite à la publication de ce livre qui vous font un bien fou.
Ça a tombé drôlement bien parce que je
suis la meilleure thérapie
du monde. Oui, il y a un truc déjà avec l'objet livre qui est un objet qui est respecté de fait. Vous dites que vous avez fait un bouquin, même si personne ne sait de quoi ça parle. C'est un bouquin, ça se respecte. Et après, il
y
a les réseaux sociaux aujourd'hui. Donc, les femmes qui l'ont lue, parce que nous ne nous voulons pas la face, 90% d'électrices, en général, sont des femmes. Les femmes qui l'ont lue et qui l'ont appréciée m'ont envoyé des messages hyper gentils. Et celles qui ne
l
'ont pas aimée ne m'en ont jamais parlé. Donc, ça, c'est super. Je recommande l'exercice. Ça fait un bien fou à l'égo. Et ça m'a maintenue hors de l'eau beaucoup. Et ça m'a donné, évidemment, des ressources et un certain enthousiasme. Oui, évidemment.
Et
à la même période, peu après, vous rencontrez votre compagnon, Romain Joubert, éditeur de magazine qui est dans la salle, en plus.
Et
vous le partagez. Vous êtes assez dépité, voire contrarié, parce que vous participez à une masterclass sur l'entrepreneuriat, qui n'est pas celle-ci, je tiens à préciser.
Et
vous en sortez, oui, vraiment contrarié.
Oui,
c
'était quelques mois après notre rencontre. Évidemment, je savais que Romain était éditeur. Et je le regardais travailler. Il a imaginé ce magazine qui s'appelle Vieux, avec Antoine Decaune, et qui est un magazine pour lequel j'avais énormément de respect, parce qu'il a réinventé complètement les codes de l'édition de magazine. Et ça marche du feu de Dieu. Donc, je trouvais ça hyper impressionnant, hyper audacieux.
Et
je le regardais travailler. Et lui me disait, mais
ça
te plairait qu'on fasse quelque chose ensemble dans ce domaine-là, etc. Et je me sentais absolument pas légitime. Ça, ça n
'a
jamais été un tel problème dans ma vie, puisque j'ai changé de métier, de secteur professionnel souvent. Donc, la légitimité, je sais que ça s'acquiert. Donc, on peut travailler.
Mais
je n'étais pas super à
l
'aise avec l'idée que ce soit mon prof. C'était mon amoureux. Donc, je trouvais ça un peu bizarre de travailler avec mon amoureux.
Et
puis, on en parlait quand même régulièrement. Il m'en reparlait régulièrement.
Et
puis, effectivement, au bout de quelques mois, j'interviens dans une masterclass. Je suis là pour parler d'entrepreneuriat et vie de femme, etc.
Et
puis, au bout d'une heure de
discussion,
on demande au public s'il y a des questions. Et une femme lève la main et elle me regarde. Elle me dit, vous êtes ménopausée
? Et
je me suis dit, sérieuse ? Non ! Pour le coup, je me suis vraiment dit, ah d'accord. En fait, finalement, ce qui va me définir, là, c'est la ménopause. Et effectivement, j'ai gentiment répondu à cette personne en lui expliquant que j'avais vu pas mal de choses dans ma vie, comme tout le monde. Et qu'on était là pour parler de ça. Et que je trouve ça merveilleux, la libération de la parole, etc. Mais que je n
'ai
pas pour autant envie d'être définie par un état hormonal
de
passage. Et quand je suis rentrée, effectivement, à la maison, j'ai dit à Romain, waouh, c'est quand même dommage. Parce que quand
j
'avais 15-20 ans, je lisais un magazine qui s'appelait 20 ans,
qu
'on a toutes lues, je crois, et qui parlait de tout ce qu'on a retenu de cette période de notre adolescence. Ça parlait de la mode,
ça
parlait de musique, ça parlait de voyage un peu, etc. Ça parlait de tout sauf de la puberté, par exemple. Qui pourtant nous occupait sans doute pas mal. Mais c'est bizarre, c'est effectivement pas ce qu'on a nécessairement retenu. Et en discutant avec Romain, à un moment donné, il m
'a
regardée, il m'a dit, ben, j
'ai
trouvé une idée, là, en fait, 20 ans plus tard.
Donc,
ce magazine que j'ai dévoré.
Ben,
en fait, l'idée est effectivement partie de notre envie de faire quelque chose ensemble et de mon envie de créer un média
que
j'aurais envie de lire, déjà. Vous aviez envie d'entreprendre à ce moment-là ? Après le
livre, vous aviez dit, je vais entreprendre à nouveau ? Ou en fait, c'est venu comme ça ?
Ben, comme souvent, c'est la rencontre qui a provoqué ce chemin-là. Et le
besoin.
Et ce besoin, ensuite, de tâtonner, de me renseigner. Et surtout, ce constat,
moi,
j'ai 55 ans, comme toutes les femmes de 55 ans, j'adore la presse écrite. En tout cas, j'adorerais la presse écrite.
Et
aujourd'hui, j'ai beaucoup de mal à me retrouver dans les couvertures ou dans les sommaires des magazines féminins.
Et
donc, je me suis un peu éloignée de la presse écrite féminine. Et donc, je me suis dit, si ça m'arrive à moi, on est peut-être finalement quelques-unes, d'autant plus qu'il y
a
quand même 20 millions de femmes qui ont plus de 45 ans en France. C'est une femme sur deux. Donc, en y réfléchissant,
on
s'est dit qu'on allait, un, créer le magazine qu'on avait envie de lire
pour
se faire s'entourer de femmes
sensiblement
du même âge qui auraient envie de transmettre leur expérience, leur savoir-faire, leur énergie surtout,
à
travers un contenu riche,
puisque
140 pages, c'est un trimestriel. Donc, on a le temps et la place de proposer des enquêtes, des reportages, des interviews, des recettes, des escapades, même des jeux maintenant. Un contenu très riche qui ne parlera jamais de l'âge. Jamais. Mais si vous lisez, vous avez 18 ans, il y
a
des jeux qui vont vous passer à côté. Mais si vous avez 40 ans et plus, il y
a
de bonnes chances que vous vous y retrouviez, voire même que ça vous intéresse
et
qui se comportent un peu comme ce qu'on a voulu faire, c'est regrouper des femmes comme dans un dîner de femmes, où on sait bien, quand on est entre nous, qu'on parle autant de choses graves que de choses futiles, mais qu'on en parle toujours entre nous avec du sérieux sur l'info,
de
la tendresse sur le ton et de l'humour, parce que l'humour, ça fait quand même tout passer. Donc, on voulait ça. On voulait un magazine
fait
par des femmes,
dans
lesquels les femmes et les lectrices puissent se reconnecter à la presse écrite, retrouver le plaisir de prendre du temps pour elles, de prendre du temps long,
de
s'éloigner des réseaux,
de
s'accorder cette petite parenthèse
lors
d'un transport en commun,
un
voyage, juste une chaise longue parfois, et de se dire « waouh, qu'est-ce que ça fait du bien le papier quand même, non
? »
Et ça ne vous faisait pas peur d'aller dans une nouvelle direction ? Parce
que la
mode, vous n'y connaissez rien, et vous avez commencé
par
hasard, finalement, chez NSB.
Tout
ce qui était restauration et épicerie, c'est pareil, vous avez plongé direct.
Et
là, le magazine,
vous
vous dites, en fait, finalement, c'est un autre secteur, et je vais réussir à prendre chemin faisant, ou vous n'êtes pas posé cette question-là
? Bon,
il y avait Romain, déjà, donc je savais que je ne partais pas toute seule. Apprendre, ce n
'est
pas quelque chose qui me fait peur, au contraire.
Et
puis, je suis entourée d'une trentaine de femmes extraordinaires qui sont dans toute la France, donc on est aussi, je pense que c'est la seule fois qu'un média collabore avec autant de journalistes qui ne sont pas que parisiennes, loin s'en faut. Céline Roy qui offre ce merveilleux poster de Pilate via Lyon,
d
'autres vivent à Saint-Jean-de-Luz, à Metz, à Marseille, à Bordeaux, et justement, j'adorais l'idée qu'on soit une équipe et qu'ensemble, on arrive à tricoter ce magazine qui parlera de ce qu'est nos vies, ce que sont nos vies, et ce qui nous anime, et cette chance qu'on a d'avoir environ 50 ans, voire plus, en France aujourd'hui. Donc,
vous êtes mise à parler chemin de fer, de comment on
structure un
magazine, c'est ça ? Oui,
chemin de fer,
rencontrer des directeurs artistiques, travailler sur une maquette, oui, construire un projet. Et c
'est vraiment se réinventer, et en même temps,
c
'est assez fantastique dans votre parcours, c'est comme un puzzle, c'est comme si avec ce projet, toutes les pièces se mettaient ensemble, le rêve d'être libraire, finalement d'être dans l'écriture, l'entrepreneuriat, toute votre expérience d'entrepreneuriat, le management, d'inventer un nouveau style de vie, de changer les codes, en fait, tout se met en place,
une
nouvelle, en tout cas, l'envie de donner une nouvelle perception des femmes, et changer
le
regard en tout cas. Et puis, à chaque fois, de changer de regard, à chaque fois, vous repartez de zéro, à chaque fois, vous découvrez des nouveaux secteurs, et puis comme vous ne venez pas de ce secteur-là, finalement, vous n'avez pas les codes
et
c'est assez pratique
pour
pouvoir les contourner et les réinventer, non ?
Ce
n
'est
pas ça aussi
? Oui, ça donne une certaine liberté, évidemment, puisque quand on ne sait pas, on imagine, quand on imagine, on tricote, on construit, on avance, et puis on voit si c
'est
ce qui fonctionne, ce qui ne fonctionne pas. Là, le magazine 20 ans plus tard, c'est un peu particulier parce que c'est comme un aboutissement. En réalité, j'ai travaillé dans la mode,
j
'ai travaillé dans la cuisine, dans l'alimentation, j'ai écrit un bouquin, donc finalement, tout se goupille et tout maintenant est dans le magazine. Donc,
à
la fois, je me sens légitimée à ma place
et
heureuse de travailler comme ça et en même temps, ce magazine arrive à un moment donné où je suis ma propre cible et où je suis entourée de femmes qui composent vraiment un magazine qu'on est heureuse de lire et de partager. Donc, c'est quand même assez merveilleux.
Oui,
c'est un chemin qu'on ne peut pas imaginer au départ. C'est pour ça, d'où l'intérêt aussi de suivre son intuition et de saisir les opportunités. Et j'aimerais bien maintenant aller sur ce point-là avec vous parce que dans votre parcours comme dans l'entrepreneuriat de manière générale,
il
y a plusieurs enseignements qui sont essentiels pour se réinventer. Il y a les opportunités. On en a parlé. À chaque fois, vous avez réussi à… Je ne
sais
pas si c
'est
à chaque fois, mais en tout cas, celles que vous avez saisies sont décisives dans votre parcours. Et ça, c'est vraiment clé aussi de l'entrepreneuriat. Mais de l'entrepreneuriat entreprendre sa vie, qu
'on
soit salarié
ou
entrepreneuse. C'est savoir détecter les opportunités et les saisir. Il y
a
l'intuition. J'aimerais savoir aussi quelle est la place de l'intuition dans votre parcours entrepreneurial.
Elle est immense. Oui, elle est immense. Les chemins que j'ai pris, vous parliez d'opportunités. Effectivement, les opportunités, on en a toutes, tous au quotidien, régulièrement, etc.
L
'intuition, elle se déclenche ou elle ne se déclenche pas.
C
'est-à
-dire
qu'à un moment donné, il peut y avoir 20 projets et puis il y en a un où on va sentir qu'il réveille quelque chose, une envie, un désir, un besoin même qui fait qu'on sait qu'on va y aller. Et vous la suivez ? Oui, toujours. Toujours, en tout cas, dans les
limites du raisonnable, oui. Autre élément essentiel, l'argent. S'acculturé, le prendre en main, c'est quelque chose que vous avez fait notamment à travers votre expérience en tant que salarié. Puis, maisons-plissons avec les levées de fonds, l'investissement. Et là, c'est quelque chose dont vous parlez aussi
dans
votre magazine.
Oui, dans le magazine, on parle aussi justement de ces sujets dont on parle peu dans la presse féminine et qui font pourtant complètement partie de nos vies. Donc, on parle autant reconversion professionnelle
que
gestion de patrimoine, par exemple, avec une journaliste financière, Héloïse Bolle, qui effectivement, depuis 30 ans, s'attache à informer les femmes sur leurs droits, sur les outils, sur l'évolution des ressources dont on peut disposer pour organiser notre patrimoine, gérer nos sous, en faire quelque chose, s'organiser quand ils viennent à manquer ou en les investir quand ils sont disponibles. C'est des sujets qui sont peu disponibles dans la presse féminine et pourtant,
on
sait à quel point c'est central. Et vous,
votre rapport à l'argent ? Parce que pour être capable de se réinventer à chaque fois, de quitter, de relancer en partant de zéro, la notion de sécurité financière notamment ?
Elle
est à la fois très prégnante et pas dominante. C'est-à-dire qu'elle est très prégnante parce que j'ai des enfants, que je suis responsable de leurs besoins et d'assumer mes responsabilités à leur égard entre autres,
mais
pas dominante parce que je ne pense pas qu'on puisse se lancer dans l'entreprenariat en imaginant une seconde que la sécurité va être au bout du chemin. Donc, il faut savoir parfois avancer sans filet. Alors, ça stimule, ça motive, ça oblige.
Et
puis parfois, il faut s'organiser pour continuer à avancer en attendant que les choses
se
réorganisent justement.
Et
vous m'avez dit quand on a préparé cette masterclass, je n'ai jamais eu de sécurité donc finalement, je n'avais rien à perdre.
Ah ben ça, c'est sûr que c'est un luxe. Ça, je suis convaincue que c'est un luxe. Je n
'ai
jamais eu de sécurité financière, ça c'est certain. J'ai quand même été aux états de l'air,
il
faut vraiment, soit il faut adorer ça, soit c'est pour des raisons strictement financières, ce qui était mon cas. Mais évidemment, quand on n'a jamais eu de filet, on avance et on ne se pose pas la question de savoir si on a quelque chose à perdre.
On
n
'a
rien à perdre donc on ne peut qu'avancer, construire et essayer de faire en sorte
d
'être contente de la vie qu'on mène. Et un
autre enseignement aussi, c'est s'auto-autoriser.
Vous
êtes beaucoup autorisée à aller dans de nouvelles directions, vers de nouveaux chemins, vers de nouveaux chemins
?
Oui, je crois que ça sera de plus en plus le cas des femmes de ma génération et des suivantes.
C
'est-à
-dire
qu'on est en train de se rendre compte qu'on peut faire plein de choses en particulier à partir de cet âge merveilleux qui est 45-50 ans.
Quand
on a eu des enfants, ce qui est mon cas, ils commencent à être un peu plus indépendants. Normalement, on gagne un peu mieux sa vie à 50 ans qu'à 18
ans.
Donc, on peut faire des choix, on peut essayer de moins subir et on peut donc s'autoriser à
éventuellement
tracer des chemins qui n'étaient pas nécessairement les précédents ni ceux qui pourraient être attendus par qui que ce soit.
Et
un mot que j'aime beaucoup et qui correspond bien à cette masterclass, c'est la liberté
pour
pouvoir se réinventer en toute liberté. Et ça a un prix
? Alors,
c'est un grand mot, la liberté. Effectivement, à la fois, c'est un grand mot et en même temps, c'est le plus grand délux. Mais ça a un prix, oui. Effectivement, j'ai pris la liberté de recommencer ma vie professionnelle régulièrement.
J
'en connais le prix. Si c'est à refaire, je ferais la même chose, mais il faut se muscler au fur et à mesure de la route. C'est quand même quelque chose qui demande des ressources sans doute au départ et après, oui, de savoir s'entourer, de savoir
bien
pédaler. La
route est longue.
C'est quoi le prix ?
Le prix, c'est l'isolement, la solitude, la peur, mais ce n'est pas très cher payé par rapport à ce que ça apporte, c'est-à-dire l'estime de soi, la sensation de se réaliser, en tout cas d'essayer. Quand on a une envie de monter un projet, etc., ce n
'est
pas le cas de tout le monde non plus, tout le monde n'a pas ce désir-là intrinsèquement, mais quand on l'a, s'auto-autoriser et accepter le prix de cette fameuse liberté, on sait que beaucoup de personnes pensent que l'entrepreneuriat, c'est génial, on peut travailler d'où on veut, quand on veut, en fait, on travaille juste partout, tout le temps, mais c'est l'image qu'on s'en fait et ça fait partie de ces projets-là.
Moi,
j'adore avoir fait ce choix-là,
j
'ai adoré toutes les étapes de construction de ma vie professionnelle et je suis encore plus heureuse d'être où j'en suis aujourd'hui.
Et
la peur
? Vous
avez eu peur pendant toutes ces étapes ? Sans doute, mais ce n
'est
pas ce que j'ai retenu. Sans doute, parce que ça protège la peur, mais je ne suis pas, d'abord, je ne
suis
pas très sujette à la peur, à part devant les films.
Dans
la vraie vie concrète, j'essaye d'éradiquer la peur en essayant d'avancer, de construire, quand il y
a
un danger, de trouver des solutions.
J'essaye de ne pas me laisser
dépasser par la peur. J'essaye de ne pas lui laisser
trop
de place.
On
va terminer par un petit portrait chinois.
Je
vais vous demander de regarder cette caméra-là d'Alphine Siffon.
Il
fait de vous une
entrepreneuse heureuse.
Aujourd
'hui, le sentiment d'accomplissement, de réalisation, de le faire avec mon amoureux. Je trouve ça merveilleux.
Comment
tenir sans s'abîmer
?
Tenir, justement. Quand on tient, on est dans l'action. Quand on est dans l'action, on avance. Quand on avance, on est plutôt heureux.
Et
puis, apprendre à se connaître, à se respecter aussi, à savoir faire des pauses, à savoir se ménager, ménager la monture. Vous faites des pauses
? Ça
m'arrive, oui,
bien sûr.
Hyper
important. Ce que vous avez le plus appris dans le management ?
Qu
'ensemble, on est plus fort et que le poisson pourrait toujours par la tête.
Quand
il y
a
un problème dans une boîte, souvent, quand on est le boss, ce n
'est
pas idiot de regarder
les
dernières décisions qu'on a prises ou les orientations. Je trouve que
le
parfum d'une boîte se sent à distance et que c'est important de le considérer, de faire attention.
ce qui
vous fait traverser les périodes les plus dures
?
L'amour.
L
'amour. Vous avez mieux ? L'amour, les enfants.
Un
verre de vin aussi, sans doute.
Une coupe
de champagne, pardon. C'est plus approprié ici. Une vraie coupe de champagne, évidemment. Les codes que vous êtes fiers ou que vous seriez fiers de bouleverser
? Les
codes que je serais fiers de bouleverser
?
Ce n
'est
pas forcément mon ambition. Ce qui m'intéresse, c'est
d
'arriver à entraîner.
Là,
avec 20 ans plus tard, j'ai vraiment soif de convaincre des femmes qui pourraient penser que 45-50 ans,
c
'est un peu le bout.
Qu
'en fait, non, le bout est loin devant, contrairement à ce qu'on nous fait croire. 20 ans, c'était super, mais 20 ans plus tard, c'est vachement mieux et le meilleur est à venir.
Est
-ce que vous aimeriez dire à Delphine, 14 ans, à Créteil
?
Accroche-toi, ma grande.
Et
aux entrepreneurs qui sont avec nous ou aux femmes de manière générale
?
Accrochez-vous, c'est quand même une aventure merveilleuse, mais elle passe par des montagnes russes qui font partie… Il faut aimer les montagnes russes,
il
ne
faut
pas aimer trop le confort, il faut aimer se sentir vivant et donc ça passe aussi par de grandes émotions régulièrement.
Donc
merci Delphine Clisson pour vous suivre Instagram et bien sûr dans tous les kiosques avec le trimestriel 20 ans plus tard. Merci aux équipes de Bold, des échos, pot-preneurs pour cette masterclass. J'espère qu'elle vous donnera l'envie de soulever des montagnes et puis terminons cette masterclass avec la citation de Goethe qui correspond si bien à votre esprit et à celle de Bold, quoi que tu rêves d'entreprendre, commence-le, l'audace a du pouvoir, du génie, de la magie. Merci à toutes. Merci.