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AutreFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 2 juillet 2025 55 minContradictoireMixte

Faut-il déshériter ses enfants... pour relancer l'ascenseur social ?

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Présentateur

France Inter Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Très heureuse de vous retrouver pour un nouveau débat sur l'héritage, cadeau empoisonné ou un pot sur la mort. Et ce matin, nous sommes chez un notaire. Il s'apprête à lire le testament d'un très riche patriarche défunt. Mes chers enfants, je vous ai tout donné de mon vivant de l'amour, une bonne éducation. Je vous ai armé pour les combats de la vie, mais je ne vous laisserai que très peu d'argent à ma mort. Ma fortune ira pour des œuvres philanthropiques, pour plus de justice sociale, à vous de construire, de travailler, libre du fardeau de mon héritage.

Alors ce discours, on l'entend de plus en plus dans la bouche des super ultra-riches. Bill Gates, Mark Zuckerberg ou le français Pierre-Edouard Sterrin, tous ont ou vont déshériter leurs enfants pour leur donner de l'ambition et surtout pour relancer l'ascenseur social. Aujourd'hui, les successions représentent 60% du patrimoine national. La France est devenue ou redevenue, comme au XIXe siècle, une société de rentiers. Alors la solution serait de taxer l'héritage, de le plafonner. Mais à quoi bon travailler ? À quoi bon produire si on ne peut pas transmettre le fruit de son labeur ? Qu'est-ce qu'une société qui ne lègue rien à ses enfants ?

Le droit à la succession est en débat sur France Inter. France Inter, le débat de midi. Paola Puerrari. Et pour ce débat sur l'héritage, injustice ou droit fondamental, eh bien vous êtes très nombreux à nous écrire, chers auditeurs. Vous êtes très nombreux à nous dire stop, comme Fabrice. Trop taxer les héritages ne ferait que nous transformer en cigales et être tous pauvres. Ou Marlène, au contraire, est bien tentée par l'idée de déshériter ses propres enfants. Je voudrais avoir la liberté d'offrir le fruit de mon travail à qui je le souhaite et prioriser mon conjoint qui, lui, ne m'a jamais abandonné.

Si, comme ses auditeurs, vous trouvez que nous sommes passés d'une méritocratie à une héritocratie, on va revenir sur ce concept. Vous réagissez sur l'application France Inter. Vous nous envoyez une note vocale sur le WhatsApp de l'émission. 01 45 24 7000. Vous faites comme Léa. Vous faites entendre votre voix. Bonjour, je m'appelle Léa et je suis contre l'héritage parce que ça ne permet pas l'égalité des chances. Moi, je viens d'une famille plutôt aisée, donc je serais perdante si jamais on venait à modifier le système. Mais je préférais que les héritages soient redistribués. Par exemple, qu'à 18 ans, tout le monde reçoive la même somme. Je trouverais ça plus juste.

Et pour débattre, j'ai à ma table Jonathan Anguelaf. Bonjour Jonathan. Bonjour. Entrepreneur à succès, partir de rien, aujourd'hui millionnaire qui publie rien à perdre aux éditions Alizio et tellement rien à perdre que vous seriez prêt à votre mort à ce que l'État prenne énormément à une condition quand même.

2:55
Invité

Bien sûr. La condition, ça serait qu'elle ne me taxe pas ou très peu durant ma vie pour justement continuer à faire travailler l'argent durant mon vivant.

3:04
Présentateur

Face à vous, Mélanie Plouvier, philosophe, bonjour, qui a écrit un livre qui relance le débat public cette année, l'injustice en héritage, aux éditions de La Découverte, où vous comparez la France à un autre siècle.

3:16
Invité

à la société française du XIXe siècle. Les inégalités étaient plus importantes, mais il y avait un très riche débat à l'époque sur la question de l'héritage.

3:26
Présentateur

Et enfin, Olivier Babaud, économiste libéral, qui compte bien défendre le droit à la succession, car sinon, à quoi bon travailler, Olivier ?

3:33
Invité

Oui, bonjour. Il y a plein de pays où il n'y a absolument zéro droit de succession. Ces pays sont affreux, n'est-ce pas ? Le Canada, la Norvège, la Suède, zéro droit de succession. C'est vrai que c'est évidemment la barbarie.

3:42
Présentateur

Bon. Alors, avant d'ouvrir ce débat, on va vous donner de la matière, du fil à retordre, avec Cécile Duflo, qui est en ligne avec nous. Bonjour, Cécile Duflo. Bonjour. Directrice d'Oxfam, vous appelez à taxer les super-héritages pour lutter contre les inégalités sociales. Et selon votre rapport, celui d'Oxfam, 0,1% des héritiers reçoivent en moyenne 13 millions d'euros. Une injustice pour vous ?

4:08
Invité

En fait, quand on parle des héritages, il y a plein, plein de différences. La moitié des Français, à peu près, vont dans leur vie hériter de rien ou de très peu de choses. Et ça, on n'y pense pas souvent. Quand on parle des héritages, on pense de ceux qui héritent. Mais il y a beaucoup de gens qui n'héritent pas, voire qui refusent l'héritage de leurs parents parce qu'ils ont des dettes et que sinon, ils hériteraient de leurs dettes. Donc, il ne faut jamais oublier ça. C'est que ce n'est pas une évidence d'être un héritier. Ensuite, il y a donc beaucoup de différences. Et ceux qui héritent de 13 millions d'euros, c'est 1 pour 1 000 des héritiers. Donc, c'est très, très peu.

Et là, le problème qui nous arrive, c'est qu'il y a un envol de l'héritage au profit des super, super riches qui payent en proportion moins d'impôts que l'immense majorité de ceux qui héritent. Et ça, c'est problématique. C'est-à-dire qu'il y a une espèce d'avantage qui est donné aux super, super riches avec une concentration de la super richesse qui crée et qui provoque un niveau d'inégalité très important et qui, on le voit aux États-Unis, on commence à le voir en France, pose des questions en matière de démocratie puisque vous avez des gens qui ont une telle fortune qui peuvent contribuer à acheter le pouvoir.

5:13
Présentateur

Ce que souligne votre ONG, c'est que plus vous êtes riche, moins vous êtes imposé sur l'héritage. 10% de taxation pour les enfants entre guillemets bien nés contre 45% pour le français moyen.

5:25
Invité

Exactement. Si vous héritez de 13 millions, en proportion, vous allez payer beaucoup moins de frais de succession en proportion que si vous héritez de 400 000 euros. Voilà la réalité de la France. Et nous, on pense que cette situation-là est totalement injuste et que donc, on doit s'occuper d'enlever des niches qui existent au profit des super héritages au-delà de 13 millions d'euros. Que dans le débat sur les héritages, il y a un débat intéressant. Nous, notre proposition, ce n'est pas d'empêcher l'héritage. Je vais écouter avec intérêt vos invités.

Mais en revanche, de dire la priorité en France, c'est de s'occuper des super héritages parce que ceux-là, ils sont injustes, ils sont moins taxés que tous les autres.

6:00
Présentateur

Cécile Duflo, restez avec nous. Olivier Babot, une réaction sur cette proposition d'Oxfam d'épargner les héritages pour les Français moyens mais de taxer les super héritiers.

6:10
Invité

Aujourd'hui, 87% des héritages ne sont pas taxés parce qu'ils sont en dessous de 100 000. Donc, en fait, les Français moyens, parce que vous avez forcément le Français moyen dans les 87%, en fait, ils ne sont pas taxés. Donc, ils ont un taux qui est inférieur déjà au taux des super riches. Donc, déjà, l'information est fausse. Et ensuite, il faut se poser la question pourquoi ce taux, il est décroissant, y compris chez les gens qui ont des beaux héritages, mettons 300 000, 400 000 euros. Parce qu'en général, ces gens qui sont très riches, ce sont des outils de travail, ce sont des entreprises.

Et que pour éviter qu'il n'y ait zéro chez nous capitalisme familial, zéro entreprise familiale, ce qui serait un petit peu dommage parce qu'il y a quand même beaucoup d'entreprises très belles qui sont des entreprises qui se donnent sur la durée, eh bien, évidemment, on a fait un dispositif qui est un dispositif du trail. Sans ça, ça voudrait dire qu'on vend à l'étranger tout de suite, au bout d'une génération, nos entreprises. C'est un peu dommage.

6:56
Présentateur

Alors, Mélanie Plouvier, peut-être allez-vous appeler ce qu'Olivier Babou appelle le capitalisme familial, la société de rentier, c'est-à-dire cette société du 19e siècle ?

7:06
Invité

Plus exactement, on peut l'appeler une société d'héritier. Le diagnostic est le suivant. Tout le monde n'hérite pas. Et c'est là les coordonnées du problème. Si, à la rigueur, tout un chacun héritait, l'héritage ne poserait pas en soi de problème. Le problème, c'est que le patrimoine est très inégalement réparti, beaucoup plus inégalement réparti que les revenus. Et on a une méconnaissance, on sous-estime en France les inégalités de patrimoine. Le patrimoine est concentré entre certaines mains. Concrètement, les 10% les plus riches détiennent aujourd'hui plus de 54% du patrimoine total. Et donc, le problème, c'est que certains sont héritiers quand d'autres ne le sont pas.

Alors, concernant les raisons pour lesquelles les grosses transmissions sont finalement relativement faiblement taxées, moins de 10%, alors il y a le pacte du Trey, mais ce n'est pas la seule exonération. Il y a de très nombreuses exonérations, exemptions dans le système fiscal français sur les transmissions d'œuvres d'art, d'assurance-vie, d'entreprises familiales. Et vous voyez, la difficulté, c'est que ce sont des exonérations qui concernent des types de biens détenus par les classes les plus aisées. Et je pense que ça, ça contribue fortement à une insuffisante démocratie de l'impôt. Alors,

8:37
Présentateur

donnons la parole à un homme, lui, qui fait vivre encore ce mythe de la méritocratie. Jonathan Guelhoff, puisque vous êtes partie de Rien et que vous avez eu un très beau succès, est-ce que vous seriez prêt à votre mort pour la démocratie ? Est-ce qu'on vous taxe plus pour redistribuer, faire vivre l'ascenseur social ?

8:53
Invité

Alors moi, ma vision est assez claire là-dessus. J'aime travailler, j'aime contribuer à faire vivre un État, mais ce que je n'aime pas, c'est détruire de la valeur. Et donc, ce qui se passe quand on parle d'héritage, en général, c'est à la fin de sa vie, on se prend l'héritage dans la tête, mais le problème, c'est qu'en toute sa vie, on a payé beaucoup d'impôts. Et moi, ce que je refuse, c'est de payer toute ma vie énormément d'impôts et en plus, à la fin, se faire taxer.

Et ce que j'essaye de prôner depuis pas mal de temps, c'est de dire qu'on devrait très fortement réduire les impôts sur le revenu et les impôts sur les sociétés et sur tout ça, parce qu'il faut savoir qu'une société, pour payer 1 euro à un salarié, elle sort à peu près 2 euros. Et plus le salaire est élevé, plus elle doit sortir de l'argent jusqu'à presque fois 3 sur des hauts revenus. Et donc, en fait, il y a une destruction de valeur très tôt où on ne met pas l'argent dans la bonne poche tôt.

C'est-à-dire qu'un entrepreneur, une entreprise de manière générale, donne la grande partie de son argent à l'État au lieu de faire travailler cet argent et donc de faire de la productivité et donc de permettre aux gens de consommer plus, etc.

10:03
Présentateur

qui veut réagir à vos propos, Jonathan Galoff.

10:06
Invité

Je veux surtout réagir à ce qu'a dit Olivier Babot sur le pacte du Drey. Ça a l'air un peu technique comme ça, mais en fait, c'est une arnaque. Je vous explique pourquoi. Quand ça a été mis en place, et pour le coup, Oxfam et nous sommes d'accord, l'idée, c'était de permettre la transmission des entreprises françaises pour qu'elles restent en France et que les héritiers ne doivent pas payer tellement d'impôts qu'ils soient obligés de vendre l'entreprise. Jusque-là, très bien. même si on peut se dire que les héritiers, ça pourrait être les salariés. On pourrait imaginer qu'un chef d'entreprise ait envie de transmettre son entreprise à ses salariés.

Sauf que depuis, on a mis dans des holdings, donc détenus par les chefs d'entreprise, des biens immobiliers, des œuvres d'art, des actions d'entreprises étrangères et on dit que tout ça, c'est du patrimoine professionnel. C'est-à-dire qu'on a blanchi l'immobilier, les œuvres d'art, qu'on a transformé en biens professionnels auxquels s'applique le pacte d'Utreil. Je rappelle, le pacte d'Utreil, c'est trois quarts de vos biens professionnels sont totalement exonérés d'impôts sur la succession. Sauf que ce n'est pas des vrais biens professionnels.

Et donc, à minima, si on pouvait faire en sorte que ce dispositif ne s'applique que sur des biens professionnels en France, ce serait déjà quelque chose de beaucoup plus honnête. Aujourd'hui, c'est une façon de blanchir l'héritage des super-riches. Vraiment, il y a un énorme problème. Blanchir l'héritage

11:25
Présentateur

des super-riches donc persistait dans cette société finalement d'héritiers. Mais la question que j'ai envie de vous poser à Olivier Babaud, finalement, c'est est-ce que l'héritage, c'est un facteur d'inégalité ou un droit, tout simplement, le droit, le prolongement du droit de la propriété, par exemple ?

11:43
Invité

En réalité, ça mobilise une conception philosophique. On peut avoir de ça, ce n'est même pas seulement une question économique. C'est-à-dire, philosophiquement, vous avez même des libéraux qui sont pour une taxation à 100% de l'héritage, en disant on repart de zéro à chaque fois, ligne de départ. Alors moi, effectivement, si je suis pour l'héritage, c'est plus pour, du point de vue de celui qui travaille pour transmettre, en fait, moi en tant que père, d'ailleurs, de quatre enfants, on travaillerait assez peu si on ne travaillait que pour soi. En réalité, assez rapidement, on travaille pour transmettre quelque chose et c'est une forme de son droit de propriété.

L'argent, évidemment, qui a été extrêmement taxé durant la vie, effectivement, à tous les moments, même pendant la détention, au moment où on l'a touché, parce qu'on est quand même dans les hauts revenus, souvent à des taxations marginales autour de 70%. Déjà, il faut le savoir que la France est le pays, un des pays de l'OCDE qui taxe le plus sur les patrimoines et qui aussi est le plus égalisateur, le plus redistributif. Je crois qu'il est nécessaire et indispensable qu'on soit libre de donner ce fruit de son travail, évidemment, à ceux qu'on aime et à ceux qu'on choisit.

12:37
Présentateur

Je vois Mélanie Plouvier écrire plein de contre-arguments. J'aimerais lui laisser la parole parce que là, je sens qu'elle n'était pas forcément d'accord avec vous.

12:43
Invité

Alors, je suis surprise de la part de quelqu'un qui défend la valeur travail de vous voir, M. Babot, défendre également la valeur héritage. C'est le droit de propriété. Puisque précisément, les héritiers n'ont pas travaillé pour le patrimoine qu'ils reçoivent en héritage. Et de ce point de vue-là, il y a une contradiction du côté du libéralisme à défendre tout à la fois une propriété privée ancrée sur le travail et l'héritage qui, lui, est, si vous voulez, une somme qui n'est pas issue d'un travail. Concrètement, je ne pense pas par ailleurs qu'on travaille exclusivement pour transmettre à ses enfants des biens matériels.

On transmet bien d'autres choses et je ne suis pas certain que le rêve d'être le plus riche du cimetière en vue de transmettre à ses enfants soit le rêve de tout à chacun. Je crois que ce qu'on veut surtout, c'est assurer à nos enfants de bonnes conditions de vie, de notre vivant. J'ajoute juste un dernier point. Aujourd'hui, vous voyez, on ne cesse de parler des enfants. Il faut savoir, et ça, c'est une donnée démographique qui change complètement la nature du débat. L'âge moyen d'héritage, aujourd'hui, c'est 60 ans en pleine propriété. Au 19e siècle, c'était 25 ans. Là, oui, c'était encore de jeunes adultes.

Aujourd'hui, vous transmettez, vous allez transmettre à vos enfants quand ils auront, je vous le souhaite en tout cas, 60 ans, et vous devinez bien qu'on ne fait pas la même chose à 60 ans qu'à 25 ans.

14:16
Présentateur

Rapidement, Jonathan Engelhoff,

14:17
Invité

il faut profiter

14:18
Présentateur

de cette vie aussi de son vivant.

14:20
Invité

En fait, aujourd'hui, il y a une frustration globale en France. Il faut arrêter de se le cacher, c'est un gros problème les impôts en France, on est un des pays qui taxent le plus, et du coup, beaucoup de gens essayent de fuir le pays. Les personnes supérieures dans les grosses boîtes veulent fuir, les grands entrepreneurs veulent fuir, parce qu'ils ont l'impression de se faire tout le temps taxer, taxer indéfiniment. Moi, ce que je veux, c'est que plutôt les gens qui travaillent vivent bien de leur travail, qu'on paye l'addition à la fin. Pourquoi la payer tout le temps ? Payez l'addition à la fin,

14:48
Présentateur

figurez-vous qu'énormément d'auditeurs s'interrogent sur vos propos 01, 45, 24, 7000. Ils sont nombreux à réagir avec cette grande taxation à la mort, avec le risque de peut-être déshériter ses enfants. On va vous faire dialoguer avec François-Xavier Bellamy, l'euro-député philosophe, qui lui pense qu'il est très dangereux d'installer une société où on ne lègue rien à ses enfants. On en parle juste après Chapel Hound.

16:22
Invité

C'était

17:39
Présentateur

Chapel Hound Naked in Manhattan. Et on est toujours ensemble jusqu'à 12h45 sur France Inter pour interroger l'héritage amplificateur des inégalités ou droits fondamentaux à transmettre. On va se demander s'il ne faudrait pas moins nous taxer de notre vivant et finalement plus nous taxer à notre mort. C'est l'avis de Jonathan Engelhoff qui est sur ce plateau entrepreneur à succès en compagnie de la philosophe Mélanie Plouvier qui signe l'injustice en héritage et de l'économiste libéral Olivier Babou. Vous avez été très nombreux à réagir sur le WhatsApp de l'émission au 01 45 24 7000.

Nicolas et Antoine sont tous les deux parents et ce qui les a fait réagir c'est le droit ou le choix que peuvent faire certains de vivre pleinement quitte à déshériter leurs enfants.

18:37
Locuteur non identifié

Je me pose la question si un jour il y aura un héritage pour eux ou si j'essaierai de dilapider tout ce que j'ai amassé dans ma vie pour leur permettre de partir avec leur propre créativité.

18:49
Invité

La menace de déshérité est horrible heureusement que c'est interdit en France parce que si les parents sont un peu riches ça crée une relation avec les enfants que je trouve horrible où les enfants doivent toujours se conformer exactement aux caprices des parents pour un peu que les parents ne soient pas très sympas. Je trouve ça atroce.

19:08
Présentateur

Jonathan Gelhoff alors vous donc je rappelle entrepreneur très belle réussite on peut le dire millionnaire aujourd'hui est-ce que vous avez à cœur de laisser tous ces millions à vos enfants ou au contraire est-ce qu'il faut partir un peu voilà faut pas en faire des petits bourgeois si je puis dire qu'est-ce que vous allez faire ?

19:27
Invité

Moi mes enfants ils seront élevés vraiment dans la mesure c'est-à-dire que peu importe la fortune que j'aurai au moment où j'aurai des enfants ils seront élevés comme des enfants normaux il n'y aura pas de choses exceptionnelles mais vous voulez leur transmettre ou pas ? La transmission en fait comme je dis ça dépendra de ce que l'impôt va me taxer durant ma vie moi ce que je veux c'est vraiment qu'on simplifie la manière et qu'on réduise les impôts de notre vivant pour pousser la consommation donc moi ça me gênerait quitte à ce que

19:55
Présentateur

à la fin donner 90%

19:56
Invité

voilà moi ça me gênerait pas de donner 90% de tout ce que j'ai gagné à la fin aux impôts si durant mon existence en revanche j'ai payé moins de 10% d'impôts ou quelque chose comme ça

20:06
Présentateur

mais vos enfants ils vont faire la tronche Jonathan

20:07
Invité

parce qu'ils vont vivre avec moi jusqu'à j'espère au moins allez espérons que je vive tard mais au moins jusqu'à 60 ans donc jusqu'à 60 ans ils vont profiter directement alors peut-être jusqu'à leur 20 ans mais après j'espère qu'ils seront quand même indépendants et ils auront intérêt à l'être mais ils vont vivre avec un papa qui aura travaillé toute sa vie sa sueur qui va bien vivre parce qu'il l'a mérité parce qu'il a travaillé et à la fin bah ouais il faut accepter qu'on a bien vécu ces 60 années de vivant de mon enfant de mes enfants et qu'à la fin bah ouais il va pas rester grand chose mais parce que pendant ces 60 années vous avez bien vécu et en revanche ouais il va falloir se mettre au boulot si ça n'a pas été le cas Mélanie Pouvier je crois que ce qui est intéressant dans excusez-moi dans le cas Angelhoff on va l'appeler comme ça c'est que vous incarnez aujourd'hui la figure du self-made man qui a vraiment réussi à vous constituer vous êtes parvenu à vous constituer une fortune seule sans aucune aide familiale pour ça pour rappel j'ai grandi en famille d'accueil à l'aide sociale à l'enfance j'ai rien eu donc je sais que c'est possible et c'est aussi pour ça que vous vous poussez bravo pour cela mais ce qu'il faut bien se dire c'est que vous êtes monsieur Angelhoff une exception et vous êtes une exception parce que le paysage global français c'est une panne de l'ascenseur social et d'ailleurs vous le dites souvent vous-même combien y avait-il d'enfants sans partie de rien dans l'école de commerce que vous avez fréquenté combien y a-t-il de non-héritiers dans les patrons du CAC 40 ou même dans les patrons du NEX 40 qui présente qui rassemble les start-up les plus prometteuses à la française en d'autres termes en un sens vous êtes l'arbre qui cache la forêt parce que votre réussite personnelle en tout cas elle ne doit pas je comprends ce que vous dites vous dites c'est possible mais c'est possible dans un contexte de réussir par soi-même

21:56
Présentateur

dans un contexte c'est qu'on est passé de la méritocratie

21:59
Invité

à l'héritocratie c'est de plus en plus c'est de plus en plus difficile un parcours comme le vôtre et pourquoi c'est de plus en plus difficile précisément parce que nous sommes dans une société dans laquelle l'héritage pèse de plus en plus et donc je pense qu'à la fois votre parcours est extrêmement intéressant il faut se demander quelles sont les causes pour lesquelles ce parcours est exceptionnel oui mais moi alors pardon si je peux te dire un mot c'est intéressant parce que si on devient une société d'héritiers c'est pas parce que il y a énormément d'héritage c'est parce que en réalité on est dans une société qui taxe tellement le travail qu'on ne peut pas réussir qu'on ne peut plus s'enrichir par le travail même si vous gagnez énormément au bout d'un moment par votre salaire en réalité vous allez être très derrière des gens qui ont du patrimoine accumulé parce qu'il est taxé encore une fois à des taux marginaux qui peuvent atteindre les 70% alors moi je suis capable de penser contre moi-même et je suis le premier à dire et j'en ai vu beaucoup de cas autour de moi de gens pour qui la richesse héritée a été une malédiction ça a été la malédiction de leur vie le fait qu'ils n'aient pas à travailler ça a brisé l'élan de leur vie c'est vrai que je ne le souhaite à personne mais l'idée qu'on puisse quand même transmettre quelque chose me paraît essentiel je vais même vous dire une mauvaise nouvelle idéologique qui est terrible on a l'expérience chinoise a pu montrer que même si on avait fait un reset complet on est reparti à zéro complètement du point de vue des patrimoines en Chine évidemment avec le parti communiste et bien les familles dominantes on a montré que les familles dominantes étaient les mêmes après ça veut dire quoi ?

ça veut dire chers amis c'est terrible mais que la vraie transmission le vrai héritage ce sont les capitals culturels et de réseaux évidemment et sociaux et donc en réalité ça malheureusement vous ne pouvez pas le taxer vous ne pouvez pas l'empêcher ce qui veut dire et pardon je m'arrête là mais en réalité il ne faut pas s'étonner du fait qu'il y ait des héritiers et que les gens s'héritent et qu'il y ait la reproduction sociale le plus étonnant ou ce sur quoi il faudrait travailler c'est quand il n'y a pas de reproduction sociale parce que la reproduction elle est naturelle

23:51
Présentateur

laissez le dialogue circuler comme ça

23:52
Invité

je trouve un peu facile de masquer les inégalités patrimoniales de plus en plus importantes dans la société française au nom de l'existence d'inégalités culturelles scolaires excusez-moi ça n'est pas plus important ça n'est pas bougé depuis 2009 ça a gagné à peine 1% la concentration des 10% les plus riches donc ça n'est pas vrai aux Etats-Unis c'est sans doute vrai mais pas en France il n'en reste pas moins qu'il y a une très forte concentration patrimoniale en France on l'a dit à plusieurs reprises 10% les plus riches qui détiennent 54% du patrimoine c'est 80% au 19ème siècle certes d'accord mais on n'y est pas il y a des gens aussi qui ne connaissent pas je finis juste mon argument excusez-moi le détenir du capital culturel ne permet pas par exemple d'acheter un appartement à Paris aujourd'hui il faut revenir c'est du capital sonnant et trébuchant qui crée des inégalités sociales que d'autres facteurs y contribuent ok mais ce n'est pas on ne peut pas minorer les inégalités matérielles au nom d'inégalités culturelles symboliques scolaires moi je veux réagir parce que ce débat est ultra important pour moi Jonathan Guelhoff on parle souvent d'ascenseur social grippé on est d'accord que ce n'est pas évident de réussir quand on vient une famille pauvre ça je suis le premier à le dire c'est l'enfer maintenant l'état la manière dont les taxations sont faites la manière dont tout ça est construit quand on veut créer une entreprise justement quand on vient de rien et qu'on veut créer une entreprise ça nous coûte de l'argent de créer une entreprise on se prend des taxes tout de suite les CFE les trucs ça tombe de partout et ça décourage ces gens qui sont moins bien éduqués qui viennent de moins bonne famille et parce que l'impôt est punitif pour l'entrepreneur et donc quelqu'un qui voudrait entreprendre et moi j'en vois mais tous les jours mes copains d'enfance avec qui j'ai grandi qui disent mais entreprendre mais c'est tellement flippant tu te fais taxer à 60% en fait moi je préfère être salarié à la fin et ça c'est destructeur de valeur et c'est ça qui m'agace dans ce qui se passe actuellement en France c'est que les classes moyennes et les classes un peu plus les classes pauvres en fait sont énervées des entrepreneurs mais qui eux prennent tous les risques et ce qu'ils se font taxer de partout alors c'est pas un débat sur l'entrepreneuriat

25:56
Présentateur

évidemment mais le problème vient de là on va remettre donc le débat sur la table à savoir pour ou contre taxer l'héritage pour effectivement faire relancer l'ascenseur social Olivier Babaud je vous vois réfléchir effectivement les français qui ont travaillé toute leur vie pour le fruit de la labor ont envie de le donner à leurs enfants ça on le comprend

26:18
Invité

la plupart du temps c'est des choses relativement modestes que vous transmettez effectivement la plupart des successions sont quand même effectivement c'est 100 000 euros 200 000 euros c'est rarement malheureusement un appartement à Paris

26:28
Présentateur

c'est vrai que ça fait une différence

26:29
Invité

mais encore une fois la mauvaise image idéologique c'est que même s'ils ont taxé à 100% absolument tout vous auriez probablement les mêmes familles qui dominent la génération d'après en fait donc ça ne réglerait pas tout à fait le problème après il y a une redistribution très importante c'est assez enfermant ce que vous dites quand même il y a une représentation la France c'est le pays qui redistribue le plus l'INSEE a montré que vous aviez je crois 57% des français qui étaient bénéficiaires nets en fait tout compris de prestations sociales et de services publics et c'est formidable ce qui est dommage et effectivement ce qu'on peut regretter c'est que le travail est tellement taxé qu'il empêche justement l'accumulation d'un héritage chez beaucoup de gens et qu'il y a une sorte de barrière à l'entrée terrible que certains franchissent mais beaucoup même par une vie de travail vous pouvez d'ailleurs être aujourd'hui un couple bi-diplômé gagnant très bien votre vie vous ne pouvez même pas vous loger en fait avec votre famille dans les grandes villes ça c'est la grande injustice et en fait le problème ce n'est pas l'héritage paradoxalement c'est la taxation du travail

27:23
Présentateur

Alors on va continuer ce débat avec François-Xavier Bellamy qui nous attend au téléphone mais qui va nous dire pourquoi lui veut la mort de l'impôt sur la mort puisque pour lui c'est philosophiquement inacceptable et on va revenir aussi sur un phénomène qui va choquer la société française le plus grand transfert de richesse de l'histoire dans les 30 prochaines années 25 milliardaires français transmettront à leur héritier plus de 460 milliards d'euros de super héritage on appelle déjà ce phénomène la grande transmission le choc et le shoot de Yemi sont à venir sur France Inter Ne prends pas la tête Je me casse d'ici J'emporte ma verre C'est elle ma reine C'est toxique pour la vie Entre le love et la terre J'allume mes cordes

28:38
Invité

Le chromis Ma vie Continuez Et on débat toujours

30:14
Présentateur

de l'héritage poison empoisonné ou droit fondamental avec Jonathan Guelhoff l'économiste Olivier Babot et la chercheuse Mélanie Plouvier qui a publié L'injustice en héritage et nous sommes en ligne avec François-Xavier Bellamy député européen mais aussi philosophe Bonjour François-Xavier Bellamy Bonjour Alors vous dites que l'impôt sur la mort c'est philosophiquement inacceptable Pourquoi ? J'étais très intéressé d'écouter le débat et la position de M.

Engelhoff qui est très intéressante parce qu'elle est en fait totalement contraire à ce que disent les français quand on les interroge Les français disent aujourd'hui quand ils sont interrogés sur l'impopularité que celui qu'ils aiment le moins c'est l'impôt sur les successions et ça pourrait paraître paradoxal qu'ils ne mettent pas parmi leurs impôts les plus détestés celui qui taxerait leur salaire d'aujourd'hui ou bien celui qui taxerait leur consommation d'aujourd'hui la TVA non c'est l'impôt sur les successions même quand ils sont peu exposés à le payer parce qu'au fond il y a quelque chose de très profond dans la condition humaine qui tient à la volonté de transmettre de se prolonger dans l'avenir et de pouvoir faire en sorte que par l'effort qu'on fait aujourd'hui les enfants que l'on a puissent mieux vivre demain et je crois que on ne peut pas comprendre ce débat si il était d'ailleurs passionné et il est passionné précisément parce que on ne peut pas le comprendre si on en fait un simple débat technique et il y a dans cette question de la transmission une question qui est bien plus profonde que la question simplement technique de savoir comment organiser le mieux la fiscalité d'un point de vue purement comptable je vous rejoins avec des chiffres François-Xavier Bellamy 77% des français jugent les droits de succession injustifiés 84% pensent qu'il faudrait diminuer l'impôt sur l'héritage contre seulement 13% qu'il faudrait l'augmenter quel est le danger d'une société peut-être individualiste où on ne lègue rien à ses enfants où il n'y a pas de prolongement de famille quel est ce danger de ne rien léguer en héritage moi je me suis intéressé à la question de l'héritage d'abord comme professeur de philosophie parce que précisément mon but était de transmettre et tout à l'heure Olivier Babaud je crois parler à votre micro du capital culturel je ne crois pas à cette idée de capital culturel je crois que la culture est précisément quelque chose qui s'augmente à mesure que c'est transmis mais en travaillant sur cette question de la transmission j'ai eu la chance de rencontrer beaucoup d'artisans de commerçants beaucoup d'entreprises familiales et de voir à quel point par exemple dans une entreprise familiale je pense aussi à des agriculteurs à des viticulteurs des gens qui travaillent la terre qui travaillent avec leur outil de travail et qui veulent précisément le faire durer pour les générations qui viendront il y a une grande santé une grande sagesse dans cette logique du temps long qui s'oppose peut-être à l'immédiateté de la société de consommation dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui si on disait aujourd'hui aux français que tout ce qu'ils ont construit disparaîtrait avec leur mort et que tout ce qu'ils ont pu gagner serait dilapidé ou en tous les cas transmis à l'État au moment où ils partiront et bien ça créerait d'ailleurs M.

Engelhoff le disait dans ces termes-là ça créerait la volonté d'une consommation immédiate on voudrait évidemment tirer le plus possible pour soi-même de ce bien que l'on a dans les mains plutôt que de le cultiver pour le faire durer au-delà de soi ce qui tombe bien c'est que nous allons avoir un débat philosophique François-Xavier Bellamy puisque Mélanie Plouvier est elle aussi philosophe et je crois qu'elle n'a pas la même philosophie que vous

33:52
Invité

Alors il est certain que les sondages que vous avez cités le rappellent l'impôt sur les successions est fortement détesté il l'est parce qu'il est surévalué vous avez cité tout à l'heure le chiffre de 45% ce chiffre fantasmagorique parce que concrètement 45% c'est le taux appliqué à ce qui dépasse 1,3 million uniquement la partie qui dépasse Sortons des taux justement et regardons une société où il n'y aurait pas d'héritage Alors si on regarde une société dans laquelle il n'y aurait pas d'héritage est-ce que donc là ce que dit monsieur Bellamy c'est qu'il y a un besoin anthropologique de transmettre tout individu a besoin de transmettre alors de transmettre des biens matériels je ne sais est-ce que parce qu'il me semble que ce besoin de transmission peut se jouer sur autre chose c'était le débat qu'on avait avant que exclusivement les biens matériels mais surtout revenons à la réalité il y a plein de familles dans lesquelles il n'y a pas de transmission il n'y a pas de biens matériels transmis qu'est-ce que vous êtes en train de dire vous êtes en train de dire que ces familles ne répondent pas elles ne seraient pas véritablement des familles monsieur Babot parle dans un article face à une société où on ne pourrait pas transmettre il parle d'euthanasie de la famille mais ces familles dans lesquelles rien ne se transmet elles sont euthanasiennes non elles fonctionnent et excusez-moi j'ajoute juste un élément on idéalise souvent le moment de la transmission voyez aussi combien les fratries se déchirent face à la transmission Olivier Babot je comprends bien le modèle c'est donc la pauvreté économique la pauvreté économique elle est en général assez mal vécue je ne dis pas que c'est forcément une famille dysfonctionnelle c'est forcément une famille dysfonctionnelle mais moi j'ai écrit pas mal d'articles à l'époque ça avait fait un petit débat d'ailleurs autour de la défense de la bourgeoisie la bourgeoisie c'est quoi ?

c'est la plupart du temps tu hérites évidemment de discipline de soi évidemment de culture il y a évidemment une culture enfin de capital culturel moi je crois ça existe vraiment c'est pour le coup quelque chose qui en sociologie est quand même assez bien décrit capital social et puis c'est aussi la somme des efforts de toutes les générations qui t'ont précédé et de gens qui ont donné leur vie pour te passer et te favoriser te faciliter la vie alors c'est très rare que ça t'empêche de travailler enfin que ça te dispense très exactement de travailler c'est plutôt quelque chose qui en effet crée une inégalité alors en France il y a toujours cette idée là quand il y a une inégalité soit vous évidemment vous égalisez par le haut soit par le bas et en général on dit par le bas donc si tout le monde ne lit pas le soir à ses enfants n'est-ce pas une histoire ça crée des inégalités donc il faut interdire aux gens de lire disons plutôt essayons de convaincre les familles qui ne lisent pas de lire à leurs enfants parce qu'en effet ça va élever tout le monde moi sur le débat de l'héritage je suis assez clair sur en tout cas tout ce qui est revenu foncier etc sur les entreprises j'ai une vue assez différente et on a parlé tout à l'heure du pacte d'Utreil qui est en effet détourné et ça c'est un problème qui devrait être beaucoup plus serré et de dire quand on a une entreprise familiale c'est ok de transmettre je peux comprendre que l'agriculteur il a envie de transmettre à ses enfants mais c'est une entreprise et il faut qu'on contrôle ça c'est de dire oui alors si on crée une holding et dans l'holding on met tous les biens immobiliers tout le cash tout ce qui traîne et on dit voilà bon ça c'est une société qui tourne non ça c'est pas une société et d'ailleurs pour les entrepreneurs il y a un truc qui existe qui s'appelle lorsqu'on vend des parts de sa société où on peut faire du remploi et le remploi c'est à dire de réinvestir l'argent de ces gains qu'on a fait de les réinvestir dans l'économie et ça c'est très contrôlé typiquement on peut pas le faire avec de l'immobilier faire des choses comme ça il faut investir dans des entreprises qui ont une activité sociale très claire et donc pour moi il y a une bonne mesure à trouver et les entreprises c'est autre chose de tout ce qui est biens immobiliers fonciers cash etc

37:35
Présentateur

donc une maison de famille ça ne se transmet pas François-Xavier Bellamy Jean-Paul vous pose une question transmettre des biens matériels serait donc plus important que de transmettre des valeurs la question de Jean-Paul qui a participé sur le Whatsapp de l'émission non bien sûr que non et je viens de dire que j'étais devenu professeur de philosophie justement par volonté de transmettre et je crois que dans la transmission le plus important c'est certainement d'abord de l'ordre de l'immatériel et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle je crois que toutes les familles transmettent tous les parents transmettent même si tous ne transmettent pas un héritage matériel il n'y a aucune famille qui ne transmette rien et cette transmission qui peut être parfois d'ailleurs il ne faut pas l'idéaliser qui peut être le lieu de blessures de difficultés on transmet aussi parfois des souffrances familiales mais toutes transmissions fondent en effet cet élan d'un individu vers quelque chose de plus grand et de plus long que soit j'allais dire et je voudrais dire de ce point de vue là pourquoi je crois que le sujet déterminant pour nous aujourd'hui ça n'est pas de contester l'héritage mais au contraire d'empêcher qu'il y ait tant de déshérités parce que nous vivons une période marquée par une très profonde injustice en effet qui est notamment cette injustice scolaire moi il me semble que ce n'est pas si grave que ça de ne pas tous partir dans la vie avec le même patrimoine matériel si on part tous dans la vie en ayant reçu de l'école en particulier mais aussi de sa famille la culture qui nous permet de devenir ce que nous sommes je conteste l'idée de capital culturel parce que je crois qu'à travers ce concept Bourdieu parce que c'est à lui qu'on le doit a fait de la culture quelque chose qu'on doit avoir un capital quelque chose comme un moyen de production mais la culture c'est bien plus que ça la culture c'est bien plus qu'un moyen de se repérer dans la guerre économique future qui attend nos successeurs la culture c'est d'abord ce par quoi on peut accomplir ce que l'on est accomplir son propre talent et l'aventure de sa liberté et ne pas recevoir cela être privé de cet héritage culturel être privé de cette transmission qui je le redis n'appauvrit personne puisque pour le coup elle se multiplie à mesure qu'elle s'opère et bien c'est en réalité la plus grande injustice qui soit et c'est celle que vit notre pays aujourd'hui parce qu'on le sait on a l'école la plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE la plus grande injustice elle n'est pas dans la transmission du patrimoine matériel elle est d'abord dans la faillite de notre école qui fait tant de déshérités aujourd'hui et c'est tout l'enjeu aussi de relancer cette méritocratie tout en sortant de cette héritocratie mais il y a la culture quand même dont vous parliez François-Xavier Bellamy et il y a la réalité financière puisque Nestor nous dit sur l'application France Inter message pour les héritiers encombrés par leur héritage fils d'oubrier moi j'accepte volontiers l'ensemble de votre héritage pour vous protéger des affres qu'il semble vous provoquer un mot sur la grande transmission dont je parlais Mélanie Plouvier une grande transmission qui représentera le plus grand transfert de richesse de l'histoire en un mot dites-nous à quoi ça va ressembler

40:34
Invité

avec le vieillissement des baby boomers d'ici 2040 9000 milliards d'euros vont être transmis et vont être transmis à des personnes qui ont 60 ans ou plus c'est le plus grand transfert de capital privé que la France est connu et je pense que

40:56
Présentateur

ça va choquer la société en 30 secondes pour finir

40:58
Invité

c'est énorme regardez François Bayrou peine à boucler le budget là on parle de 9000 milliards les sommes on n'arrive même pas à se les représenter et je crois que ça configure la question de l'héritage d'une manière nouvelle que l'on soit pour contre nous devons collectivement nous rendre compte que là il va y avoir un grand transfert de richesse qui va se faire à l'intérieur de la famille certains par la même vont hériter à un âge assez tardif je crois que c'est le moment où je ne dis pas qu'il faut abolir l'héritage mais nous avons à nous poser la question qu'est-ce que nous voulons faire quels sont les besoins que nous souhaitons

41:37
Présentateur

satisfaire par la même alors avec ce mot abolir vous avez relancé le débat j'ai vu l'amour de tous les invités malheureusement c'est l'heure de la fin mais j'espère que vous continuez à débattre à l'heure du déjeuner peut-être ou à y réfléchir à ce débat merci à tous les quatre d'avoir été nos invités Jonathan Guelhoff merci Olivier Babot Mélanie Plouvier et François-Xavier Bellamy le débat de midi c'est fini pour aujourd'hui mais on revient dès demain et demain on va débattre de la justice à l'ère de MeToo avec une affiche de Titan Béatrice Avaro l'avocate de Dominique Pellicot débattra avec l'avocate de Gérard Depardieu Jérémy Assous présomption de culpabilité justice médiatique culte de l'émotion défendre autant de MeToo un défi pour les avocats envoyez-nous dès maintenant vos messages vocaux sur le Whatsapp de l'émission 01 45 24 7000 écrivez-nous merci à mon équipe qui a fait un boulot épatant Aurore Mancipe Johan Duval nos stagiaires Anaï Balista et Ryan Saibi à la réalisation Riyad Kera à la programmation musicale Valentine Chedbois et à la technique aujourd'hui c'était Théo de Lobadère il est midi 45 c'est l'heure de retrouver le jeu des 1000 euros avec Nicolas Stoufflet et cette semaine et bien vous êtes sur l'île de Groix une émission qui a déjà été diffusée en septembre 2024 mais qu'on réécoute avec bonheur

43:06
Invité

chers amis bonjour l'île de Groix qui nous accueille cette semaine pour le jeu est à 45 minutes de Bateau de Lorient une liaison qui fonctionne toute l'année c'est important de le préciser évidemment 2300 habitants en permanence sur l'île 47% des habitations sont des résidences secondaires voilà pour les chiffres l'activité économique est encore un peu la pêche il y a aussi des aquaculteurs des fabriques alimentaires une conserverie de poissons une biscuiterie une brasserie artisanale une chocolaterie une fumaison de poisson des savonneries 10 exploitations agricoles notamment maraîchères maraîchers bio petits fruits exploitation vinicole aussi c'est nouveau élevage d'escargots élevage au vin le secteur du bâtiment bien sûr et de l'artisanat est très présent sur l'île et le commerce et bien sûr le tourisme tous les types d'hébergement sont possibles des restaurants également et l'île vit toute l'année on le rappelle il y a un cinéma il y a une médiathèque il y a un musée il y a une salle des fêtes et aujourd'hui il y a le jeu des 1000 euros dans la salle des fêtes 137 jeunes sont scolarisés sur l'île un effectif en légère hausse même régulière l'île possède deux écoles primaires et deux collèges en public et privé et puis pour le lycée et bien direction générale l'orient et pas mal de lycéennes et de lycéens sont internes et rentrent pour la fin de la semaine aujourd'hui pour le spécial jeune du jeu nous avons le plaisir d'avoir un frère et une soeur qui joue eh oui patronyme Avignon c'est votre nom de famille et les prénoms de nos deux candidats c'est Pénélope et Anatole bonjour Pénélope

44:50
Présentateur

bonjour Nico

44:51
Invité

Pénélope tu es au lycée en seconde tu es à l'Orient toi au lycée

44:55
Présentateur

oui à la Nester

44:56
Invité

à la Nester c'est à côté de l'Orient c'est vrai tu passes une partie du temps à Grois

45:00
Présentateur

oui à peu près 50% du temps si on calcule mais le week-end et les vacances

45:05
Invité

parce que tu as de la famille ici

45:06
Présentateur

oui

45:06
Invité

qui habite sur l'île de Grois

45:07
Présentateur

mes grands-parents ma grande-tante mon parrain et ma marraine

45:11
Invité

génial tu en profites bien de l'île tu l'aimes cette île oui qu'est-ce que tu fais quand tu es ici

45:15
Présentateur

je fais du vélo je balade Yoda

45:20
Invité

Yoda c'est ton chat

45:22
Présentateur

c'est le chien de mon parrain

45:24
Invité

ah c'est le chien d'accord tu voudrais être vétérinaire d'ailleurs oui

45:28
Présentateur

c'est un métier de rêve un peu j'espère que j'y arriverai bah oui

45:32
Invité

c'est des études pas faciles c'est vrai et puis un peu longues mais est-ce que tu aimerais te spécialiser non ? quand tu seras vétérinaire

45:38
Présentateur

je sais pas encore j'hésite encore entre la ferme et les animaux domestiques mais je sais pas du tout

45:44
Invité

tu as le temps de choisir voilà la spécialisation Pénélope qui joue avec Anatole donc vous êtes frère et soeur je le rappelle ou soeur et frère en réalité dans cet ordre là en l'occurrence bonjour Anatole

45:54
Présentateur

bonjour Nicolas

45:55
Invité

Anatole en 4ème oui au collège donc à la Nestère aussi

46:00
Présentateur

non à l'Orient

46:01
Invité

à l'Orient toi tu vas à l'Orient alors quelles sont tes passions toi quels sont tes centres d'intérêt est-ce que tu as je sais pas est-ce que tu collectionnes les boules à neige est-ce que tu aimes particulièrement les cartes postales de voyage en Asie est-ce qu'on peut t'offrir des boules et des cochonnets pour Noël je sais pas quels sont tes centres d'intérêt

46:17
Présentateur

bah j'aime beaucoup lire

46:18
Invité

est-ce que tu aimes les jeux vidéo aussi non ?

46:20
Présentateur

oui Minecraft

46:21
Invité

est-ce que tu es geek oui tu le confirmes

46:26
Présentateur

ouais je confirme

46:27
Invité

et toi un peu moins

46:28
Présentateur

ouais non les jeux vidéo pas trop

46:31
Invité

pas trop non

46:31
Présentateur

ouais par contre Insta ça va

46:33
Invité

ah ça balance ouais ça tacle donc Pénélope c'est Insta et toi tu es sur les réseaux sociaux Anatole non non pas du tout j'aime pas trop t'aimes pas trop ? il est trop jeune surtout il est trop jeune en plus oui c'est vrai quel âge as-tu d'ailleurs Anatole au passage ? 12 ans et toi Pénélope ?

14 14 12 et 14 ans réunis de la même famille au jeu des 1000€ sur France Inter qui est d'ailleurs une grande famille une immense famille de candidates de candidats d'auditrices et d'auditeurs question spéciale jeune première question bleue de Marc et Sophie Dufour du département du Var en vous promenant en bord de mer justement vous avez eu le tirage au sang heureux peut-être vous apercevez une course de vitesse entre plusieurs voiliers comment appelle-t-on ce type de course ?

47:26
Présentateur

une régate

47:27
Invité

c'est une régate bonne réponse allez c'est pour vous mettre à l'aise au début du jeu deuxième question bleue de Marie Tesson qui habite Repaix en Moselle quel dieu de la mythologie grecque a donné son nom aux grandes machines qui captent l'énergie d'une certaine façon ? donc un dieu de la mythologie grecque qui a donné son nom Zeus non Poséidon Hélios comment dis-tu ? Hélios pas Hélios Apollon non à l'éolienne

48:04
Présentateur

du coup c'est Éole

48:05
Invité

et du coup c'est Éole les éoliennes Éole le vent peut-être une marque Dieu précisément maître et régisseur du vent en mythologie grecque c'est Éole question bleue aussi la troisième d'aujourd'hui de Séverine Séverine Baudouin qui habite Paris XII Panoramique c'est le sage et intelligent personnage du village gaulois dans les aventures d'Astérix est-ce que vous avez lu ? est-ce que vous lisez Astérix ? oui ah non mais c'est pas obligatoire mais bon très bien ça va vous aider mais quel est son rôle ?

48:42
Présentateur

c'est un druide

48:42
Invité

son titre ? oui

48:44
Présentateur

oui druide

48:45
Invité

Panoramique c'est le druide d'accord

48:47
Présentateur

maintenant

48:54
Invité

question blanche une question posée à Pénélope et à Anatole et à vous toutes et vous tous qui suivaient ce jeu des 1000 euros et pas seulement les jeunes le mercredi il y a beaucoup d'adultes aussi qui aiment bien le mercredi parce que souvent ils me disent ah le mercredi je réponds plus facilement aux questions tiens je comprends question blanche de Joël Deniau de Gréasque dans les Bouches du Rhône attention on monte peut-être d'un niveau de difficulté quelle est la spécialité culinaire de cette ville de l'Orne qui s'appelle Mortagne aux Perches la saucisse de Morteau ce n'est pas ah non ce n'est pas la saucisse de Morteau donc c'est Mortagne le boudin oui bravo Anatole

49:37
Présentateur

tu le savais

49:41
Invité

ou tu l'as dit au pif

49:42
Présentateur

je l'ai dit au pif

49:43
Invité

au pif tu es tombé dessus alors précisément c'est le boudin noir

49:46
Présentateur

oui j'allais dire noir

49:47
Invité

oui non non mais aucun problème et aux pommes aussi parfois très bien c'est la spécialité de Mortagne aux Perches la charcuterie le boudin noir c'est en Normandie autre question blanche de Thomas Engelbrecht qui habite Manosque dans les Alpes de Haute-Provence en 1947 il y a des questions de toute nature dans tous les domaines c'est très bien en 1947 quel pays a accordé l'indépendance à l'Inde

50:13
Présentateur

l'Allemagne la Grande-Bretagne

50:23
Invité

et le pays l'Angleterre non plus largement c'est le Royaume-Uni c'est ça c'est le nom du pays puisque l'Inde appartenait au Royaume-Uni donc indépendance de l'Inde en 1947 sous l'impulsion notamment de Gandhi scindé en deux naissance de la République Indienne et du Pakistan 1947 la bonne réponse c'était le Royaume-Uni et déjà la question rouge envoyée par je cherche son nom et je vais trouver le nom de cette auditrice c'est écrit en petit en bas à droite voilà vous vivez avec moi ce jeu des 1000 euros et ces questions de toute nature parfois envoyées sur carte postale parfois c'est un message électronique parfois c'est un petit papier parfois un ticket de métro ça arrive ici et une question de Michel Cochelin de Prunel-Gillon dans le département d'Or et Loire à qui doit-on l'autoportrait à l'oreille bandée

51:16
Présentateur

Van Gogh

51:16
Invité

sans hésiter bravo Vincent Van Gogh une oeuvre peinte à Arles en 1889 super beau parcours Pédélope et Anatole Avignon voulez-vous vous arrêter maintenant ou voulez-vous je ne sais pas moi je vous pose la question parce que tu me fais des gros yeux en disant ben non enfin on va pas s'arrêter maintenant mais il est fou l'animateur pourquoi on n'est pas dingue voulez-vous donc tenter le nous sommes sur l'île de Groix dans le Morbihan je vois que cette question Banco nous vient de Blois dans le Loire-et-Cher le jeu des 1000 euros c'est vraiment le jeu de toutes les régions de France de toutes les localités qu'elles soient petites moyennes grandes on va absolument partout et la question Banco j'y viens spécial jeune une question de François Monnier qui habite Blois qui était le premier ministre du Royaume-Uni on parlait de l'Inde tout à l'heure mais là on n'est pas tout à fait à la même époque on est un peu avant qui était le premier ministre du Royaume-Uni au moment de l'appel du 18 juin 1940 du général de Gaulle

52:35
Présentateur

ah Churchill

52:48
Invité

Winston Churchill je l'ai vu l'année dernière oh tu as étudié ça l'année dernière

52:56
Présentateur

j'ai étudié ça l'année dernière oui

52:58
Invité

en histoire en histoire

53:00
Présentateur

oui en histoire en histoire

53:02
Invité

Winston Churchill c'était lui oui oui c'est ce britannique dont il fallait trouver le nom vous avez gagné le Banco voulez-vous vous arrêter maintenant ou continuer le jeu en tentant de gagner les 1000 euros mais avec le risque qui va avec les 1000 euros du super super Banco une question de Mireille Atias qui habite Brant dans le Jura ça commence mal pourquoi tu dis que ça commence mal explique-moi Anatole

53:38
Présentateur

non je ne suis pas comme ça

53:40
Invité

non Brant ça ne te plaît pas non comme ça si c'est joli Brant dans le Jura ah oui oui si je t'assure qui a peint Impression Soleil Levant

53:50
Présentateur

je ne connais même pas ce tableau c'est quoi je ne sais pas

53:54
Invité

qui a peint Impression Soleil Levant

53:57
Présentateur

dans le Jura Monnet hein bah vas-y dis de toute façon j'ai pas d'autre idée donc je rappelle la question

54:14
Invité

tout le monde joue avec nous attention qui a peint Impression Soleil Levant peinte du 19ème début 20ème siècle Claude Monnet Claude Monnet qui a donné son nom au mouvement impressionnisme un tableau exposé à Paris d'ailleurs au musée Marmottan qui s'appelle le musée Marmottan Claude Monnet dans le 16ème avontissement sur France Inter Pédelope et Anatole Les 1000 euros et Le Petit Larousse illustré 2025 ainsi qu'un autre livre de chez Larousse Secrets d'Histoire Junior si l'histoire de France m'était comptée bonne journée à l'écoute de France Inter et à demain si vous le voulez bien

55:00
Présentateur

mais bien sûr qu'on le veut bien Nicolas Stoufflet le jeu des 1000 euros revient demain