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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 20 février 2024 11 minContradictoireActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEurope & internationalImmigration & asileInstitutions & élections

Européennes : Bellamy dénonce "l'opportunisme" de l'ex-patron de Frontex qui s'est rallié au RN

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:26OuverteRéponse directe

    Pourquoi ce choix de Céline Imard comme porte-parole ?

  • 1:19RelanceRéponse directe

    Le combat que vous menez, de qui parlez-vous quand vous dites « vous » ?

  • 2:58FerméeRéponse directe

    Allez-vous soutenir Ursula von der Leyen oui ou non ?

  • 3:43OuverteRéponse partielle

    Est-ce un coup dur pour vous, le ralliement de Fabrice Légeri au RN ?

  • 5:16RelanceRéponse partielle

    Le ralliement de Légeri au RN dit-il votre faiblesse face au RN ?

  • 5:57FerméeRéponse directe

    Le RN vous a-t-il proposé une place dans leur liste ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:26Invité politiqueFait
    « je pense à Pascal Canfin qui a porté ce texte-là »
  • 4:31Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella déclarait que Frontex était une agence d'accueil pour migrants »
  • 8:33Invité politiqueFait
    « il fallait aussi condamner les crimes du communisme qui a été une idéologie totalitaire qui a causé des millions de morts »
  • 9:33PrésentateurFait
    « La loi sur l'immigration que vous appelez de vos voeux permettrait-elle à Missak Manouchian d'entrer sur le territoire français ? »
  • 9:39Invité politiqueFait
    « Missak Manouchian était un survivant du génocide arménien »

Temps de parole

  • François-Xavier Bellamy77 %
  • Présentateur23 %

0,9 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
François-Xavier Bellamy

7h48, Sonia De Villers, votre invitée ce matin et députée au Parlement européen, tête de liste des Républicains aux élections européennes.

0:08
Présentateur

Bonjour François-Xavier Bellamy. Et cette bataille, vous l'amènerez désormais aux côtés de Céline Imard, une céréalière du Tarn, multidiplômée, d'ailleurs la presse n'en revient pas, Sciences Po plus l'ESSEC, une agricultrice qui a fait des études, elle est porte-parole d'Intercéréales qui regroupe producteurs et exportateurs des céréales de France. Pourquoi ce choix ?

0:28
François-Xavier Bellamy

Parce qu'elle a des diplômes ? Parce qu'elle est agricultrice et c'est vrai que c'est fascinant de voir à quel point certains semblent considérer que c'est impossible d'être de la ruralité, de faire vivre notre agriculture et d'avoir ce talent extraordinaire et pourtant elle est à l'image de l'agriculture française, une agriculture qui souffre aujourd'hui, une agriculture qui crie sa colère et elle a fait partie de ceux qui disaient la gravité de la situation de notre monde agricole et en même temps une agriculture fière d'elle-même, fière de ce qu'elle produit, fière de servir la vie des citoyens dans notre pays.

Et je crois que Céline Imard, par la voix qu'elle incarne déjà, par les engagements qu'elle a pris, peut apporter demain au Parlement européen de quoi poursuivre les combats que nous y menons pour défendre nos agriculteurs, nos pêcheurs, mais plus largement toute cette France qui travaille et qui a le sentiment de n'être pas assez entendue par le travail européen.

1:19
Présentateur

Le combat que vous y menez, de qui parlez-vous quand vous dites « vous » ? Car l'Union européenne est dominée, on le sait, par votre groupe parlementaire depuis plusieurs années. Donc s'agit-il de votre bilan que vous contestez ?

1:32
François-Xavier Bellamy

Non, l'Union européenne est dominée aujourd'hui, elle a été dominée pendant le mandat qui s'achève sur les sujets agricoles, en particulier par une majorité qui allait finalement de l'extrême gauche aux élus macronistes et qui a servi à un agenda de contrainte, de complexité, de contrôle sans cesse croissant. Un agenda auquel nous nous sommes opposés. Beaucoup de textes ont été l'occasion de montrer ce clivage qui n'a cessé de se renforcer. Et aujourd'hui, il est temps justement qu'une nouvelle majorité arrive au Parlement européen qui permette de remettre les choses dans la bonne direction.

Je pense à un des textes qui a été emblématique de ce clivage, le texte sur la restauration de la nature qui devait conduire par exemple au gel de 10% de la surface agricole en Europe. 10% ! Il faut que tout le monde comprenne bien que ce texte organisait la décroissance de la production alimentaire et donc l'augmentation des importations, la baisse du revenu des agriculteurs, l'augmentation des prix pour les consommateurs. C'est ça l'agenda qui était porté par des élus de gauche et aussi par les élus macronistes, je pense à Pascal Canfin qui a porté ce texte-là.

Et donc nous nous disons aujourd'hui que sur ce texte auquel nous nous sommes opposés dès le début, il faut apporter une réponse qui soit radicalement différente. L'environnement aujourd'hui c'est la responsabilité de l'Europe, pas d'abord parce qu'elle produit mais d'abord parce qu'elle importe. Et il faut faire en sorte que l'Europe devienne le levier pour forcer les grands producteurs mondiaux à sortir de ces émissions polluantes qui aujourd'hui contribuent à la crise environnementale.

2:51
Présentateur

Alors Ursula von der Leyen qui a annoncé hier à Berlin sa candidature officielle à un second mandat à la tête de la Commission européenne. Vos partis appartiennent au même groupe parlementaire européen. Allez-vous la soutenir oui ou non ?

3:03
François-Xavier Bellamy

Ursula von der Leyen n'était pas notre candidate en 2019, elle était la candidate d'Emmanuel Macron. C'est lui qui a fait obstacle à ce qui aurait dû se produire dans les règles européennes. C'était théoriquement le président de notre groupe qui aurait dû effectivement devenir président de la Commission. Et Emmanuel Macron s'y est opposé, ce qui a conduit von der Leyen à être nommé président de la Commission.

Nous ne l'avons pas soutenu en 2019, nous ne la soutiendrons pas dans l'élection qui vient avec les Républicains parce que nous considérons que le bilan n'est pas à la hauteur de ce que l'Europe attend aujourd'hui et de la nécessité de redonner à ceux qui travaillent en Europe les moyens de vivre de leur travail et les moyens de continuer de produire ce dont nous avons besoin.

3:43
Présentateur

Fabrice Légeri, ancien patron de Frontex, je précise que c'est l'agence de l'Union Européenne chargée de contrôler les frontières, sera finalement le troisième sur la liste du Rassemblement National aux élections européennes. Vous discutiez avec lui depuis un an, vous vous étiez même personnellement impliqué dans ces négociations. Est-ce un coup dur pour vous ?

4:01
François-Xavier Bellamy

Non, c'est surprenant de voir que peut-être parfois l'opportunisme conduit certains à... Mais bon, je ne rentrerai pas dans les coulisses d'une discussion qui, je crois, n'honore pas nécessairement la transparence et la clarté auxquelles je crois dans la vie politique. Pour moi, c'est surtout une très grande incohérence du Rassemblement National et c'est ça qui est politiquement important. Pourquoi ? Parce que le Rassemblement National n'a cessé de critiquer l'agence Frontex quand Fabrice Légeri en était le directeur. En 2019, au moment des élections européennes, Jordan Bardella déclarait que Frontex était une agence d'accueil pour migrants.

Il critiquait avec Marine Le Pen Frontex comme nounou les migrants qui arrivaient en Europe. Il a refusé avec sa délégation toutes les augmentations de budget demandées par l'agence Frontex au cours des dernières années quand, je le répète, Fabrice Légeri en était le directeur. Et en 2019, il assumait cette mission depuis déjà 4 ans. Donc, je vois une nouvelle contradiction du Rassemblement National sur les sujets européens. Mais ça n'est que l'une de plus parce qu'au fond, ces contradictions sont tellement nombreuses qu'on a du mal à les recenser.

5:08
Présentateur

En attendant, leur liste est infiniment plus puissante dans les sondages que la vôtre. Ils sont crédités de 28-29% des intentions de vote et vous seulement de 8%. Donc, finalement, le ralliement de ce Fabrice Légeri au RN, ça dit ça ? Ça dit votre faiblesse par rapport aux arguments du Rassemblement National ?

5:24
François-Xavier Bellamy

Non, ça dit peut-être en effet une forme d'opportunisme, de même que certains vont aussi au macronisme parce qu'ils semblent avoir le vent en poupe. Et vous alors ? Moi, je crois à une autre idée de la politique, vous savez, je crois effectivement que la persévérance est ce sur quoi on finira par reconstruire un débat politique digne de ce nom. Et les Républicains, aujourd'hui, c'est une famille qui a refusé les compromissions, qui a refusé de baisser pavillons, qui continue de défendre ses couleurs. Et je suis convaincu que les Français verront dans cette constance.

5:50
Présentateur

Il vous a proposé à vous, François-Xavier Bellamy, une place dans sa liste au RN, ça a failli être le coup politique de l'année, a écrit le Figaro.

6:00
François-Xavier Bellamy

Mais de même qu'il m'était arrivé d'avoir été approché par des élus macronistes qui voulaient que je sois candidat dans leur famille politique.

6:11
Présentateur

De même que Marion Maréchal-Le Pen a expliqué que votre place la plus cohérente compte tenu de vos positions, François-Xavier Bellamy, aurait été à ses côtés. Comment vous expliquez que l'extrême droite française vous juge naturellement des siens ?

6:23
François-Xavier Bellamy

Encore une fois, je le redis, les élus macronistes, il y a quelques années, m'avaient sollicité pour être candidat au sénatorial sous leur couleur. Mais vous voyez, c'est ça qui fait la différence entre la droite, aujourd'hui, entre les Républicains, et ces formations politiques qui semblent pratiquer une forme d'opportunisme comme doctrine politique. Nous, nous tenons notre ligne, nous sommes constants, nous avançons, c'est vrai, aujourd'hui à contre-courant, c'est certain. Nous ne sommes pas en train de saisir le premier courant chaud sondagier pour pouvoir nous élever nous-mêmes. Ce qui compte pour nous, c'est de servir des idées.

6:55
Présentateur

Enfin, pas complètement à contre-courant de Marion Maréchal-Le Pen et de Jordan Bardella, qui pensent que vous auriez votre place dans leur liste.

7:03
François-Xavier Bellamy

Ce qui compte pour nous, c'est de défendre nos idées. Et moi-même, comme tous les élus qui sont restés fidèles à cette famille politique, nous nous présentons aujourd'hui devant les Français avec la clarté de cet engagement dont nous n'avons pas dérogé. Je crois que ça compte en politique un peu de constance et de transparence.

7:18
Présentateur

François-Xavier Bellamy, demain, Missac Manouchian entrera au Panthéon aux côtés de sa femme Méliné. Ils étaient tous les deux des travailleurs étrangers, ils étaient tous les deux membres du Parti communiste. Que pensez-vous de ce choix ?

7:29
François-Xavier Bellamy

C'est un choix magnifique, pas d'abord parce qu'on pourrait les ranger dans des cases, mais d'abord parce qu'ils ont donné leur vie à la France. Ils sont devenus Français d'abord par le sang qu'ils ont donné à ce pays pour notre liberté aujourd'hui. Et je crois qu'à travers cette panthéonisation, c'est à l'engagement d'eux-mêmes et de tous leurs camarades de résistance que la France dit sa reconnaissance.

C'est un choix qui fait aussi pour nous l'occasion de nous souvenir que la liberté dont nous avons la chance de bénéficier aujourd'hui, elle ne vient pas de rien, elle vient du sacrifice de ceux qui ont donné leur vie pour que nous soyons restés un pays souverain capable de décider de son avenir et de maîtriser son destin.

8:11
Présentateur

Vous avez récemment bataillé au niveau européen pour que le communiste soit reconnu, je vous cite, comme un fléau du XXe siècle. Emmanuel Macron n'a pas choisi un gaulliste pour entrer au panthéon, il a choisi un couple de communistes et Méliné a servi le parti longtemps après la guerre.

8:26
François-Xavier Bellamy

J'ai simplement expliqué au Parlement européen que si on devait condamner dans le XXe siècle les crimes du nazisme et du fascisme, évidemment cette condamnation est nécessaire, il fallait aussi condamner les crimes du communisme qui a été une idéologie totalitaire qui a causé des millions de morts.

Et je crois que si Missak et Méliné Manouchian avaient pu vivre jusqu'à la révélation des crimes du goulag qu'ils n'avaient pas connus au moment où ils militaient au parti communiste, je ne doute pas un seul instant qu'ils les auraient condamnés eux aussi, je ne veux pas parler en leur nom, mais je crois que des milliers de militants communistes sincères ont été les premiers à condamner les crimes du communisme staliniste au moment où ils les ont découverts.

Et donc je crois que ce serait faire une immense faute contre des héros de la lutte contre le totalitarisme nazi que de justifier en leur nom des crimes que non seulement ils n'ont pas commis, mais qu'en plus ils auraient assurément condamnés s'ils l'avaient pu et s'ils les avaient su.

9:20
Présentateur

La loi sur l'immigration que vous appelez de vos voeux permettrait-elle à Missak Manouchian d'entrer sur le territoire français ? Permettrait-elle de s'y établir ? Permettrait-elle à Missak Manouchian de travailler en France ?

9:33
François-Xavier Bellamy

Mais bien sûr et pour une raison très simple, vous le savez certainement, Missak Manouchian était un survivant du génocide arménien. Et donc le droit d'asile s'applique évidemment à des situations comme celle d'un Missak Manouchian qui, rappelons-le, a demandé pour la première fois la nationalité française pour pouvoir faire le plus vite possible son service militaire, dans une période où sa vie était déjà en danger s'il s'engageait dans les forces armées françaises.

Je crois que quand on en est à ce degré de désir d'intégration, à cette volonté de devenir français pour donner sa vie à la France, quand on a choisi la France par préférence, quand, comme le dit Aragon de Manouchian, 23, qui criait la France en s'abattant, oui, alors là pour le coup, de manière certaine, la France s'est construite par ce don de ceux qui lui ont apporté leur vie. Et ça n'a rien à voir avec le contournement permanent du droit d'asile auquel nous assistons tous les jours sur notre sol.

Et là aussi, au nom de ceux qui ont vécu ce sacrifice, au nom de ceux qui ont reçu l'asile avec cette légitimité, nous n'avons pas le droit de laisser le droit d'asile être contourné tous les jours comme il l'est sur notre sol.

10:31
Présentateur

Merci François-Xavier Bélavi.

10:32
François-Xavier Bellamy

Merci à vous. Et merci Sonia de Villers. Merci François-Xavier Bélavi.