Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan qui annonce son soutien à Marine Le Pen - France2
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Cette présidentielle, on a entendu la déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur son choix pour le second tour. Autre déclaration attendue aujourd'hui, celle de Nicolas Dupont-Aignan, candidat de Debout la France, qui a obtenu, je vous le rappelle, 4,70% des voix lors du premier tour. Il a réuni son comité national aujourd'hui et il est notre invité. Bonsoir Nicolas Dupont-Aignan, merci d'être avec nous. Bonsoir Laurent Delahousse. Vous pouvez me confirmer que vous avez rencontré Marine Le Pen en fin de journée ? Bien sûr. De quoi avez-vous parlé ? Avez-vous fait votre choix ? Est-ce que vous allez la soutenir pour ce second tour ?
Je voudrais dire qu'il y a près de 2 millions de Français qui m'ont fait confiance, comme gaulliste, humaniste, avec un beau projet patriotique de redressement national. J'aurais pu, très sincèrement, faire comme beaucoup de personnalités politiques, se laver les mains du second tour. Mon intérêt personnel, c'est de faire ça. L'intérêt de mon parti, c'est de faire cela. Mon parti, d'ailleurs, n'a jamais donné de consigne de vote. Mais je pense que... La France est à la croisée des chemins. Je pense que notre pays est très mal parti. A vécu 5 ans terribles avec François Hollande. Et je pense qu'Emmanuel Macron est un Hollande puissance 10, fabriqué par des intérêts financiers, par des intérêts médiatiques, et que tout est fait pour l'imposer à la tête du pays.
Donc, Nicolas Dupont-Aignan, votre choix se porte sur Marine Le Pen ? Non, ça ne s'est pas fait comme ça.
J'ai beaucoup réfléchi. J'ai vu d'ailleurs les leaders des Républicains qui ont très choqué le peuple de droite après avoir combattu M. Macron, leur allié. Tous ceux qui ont échoué en France depuis 30 ans sont avec M. Macron. Et c'est bien normal, puisqu'il veut poursuivre la même politique. Alors, en face, il y a Mme Le Pen. Et j'y viens. Je l'ai vue. Parce que je me suis dit, j'ai deux solutions. Soit je me lave les mains de l'avenir de mon pays, et je n'ai jamais fait ça dans ma vie politique. J'ai quitté l'UMP quand le référendum de l'Union européenne a été annoncé. J'ai quitté l'UMP quand le référendum de l'Union européenne a été annoncé. J'ai quitté l'UMP quand le référendum de l'Union européenne a été annoncé. J'ai toujours fait prévaloir une idée de la France, la mienne, celle que j'aime. Et j'ai dit, je ne peux pas appeler à voter Mme Le Pen sans la voir et sans discuter avec elle d'un projet de gouvernement. Donc vous avez passé un accord de gouvernement avec Marine Le Pen ? Et sans voir si Marine Le Pen veut élargir sa majorité, accueillir dans un vrai partenariat, dans une alliance, dans une alliance d'égolistes, humanistes, et faire évoluer son projet.
Donc, excusez-moi, Nicolas Dupont-Aignan, juste... J'insiste, c'est tellement grave, M. Delahousse. Je sais que c'est grave, mais...
Et j'y vais y venir. Je vais y venir. Et nous avons beaucoup discuté cette semaine. J'ai pris mon temps. J'ai consulté à deux reprises mon conseiller national. Qui n'a pas tranché. Si, qui a tranché. Et qui m'a donné mandat de faire aboutir cette négociation. Et nous avons signé un accord de gouvernement avec une évolution de son programme, avec des éclaircissements, des réfléchissements, et même des ajouts de mon programme présidentiel. Car l'enjeu, c'est pas de me porter sur Mme Le Pen. L'enjeu, c'est de sauver la France.
Cela veut dire que ce soir, que vous nous annoncez,
vous souhaitez la victoire de Marine Le Pen ? J'annonce officiellement que je soutiendrai Marine Le Pen, que je ferai campagne même avec elle, sur un projet de gouvernement élargi. Et j'annonce aussi que nous avons, et je le dis aux Français qui viennent notamment de la droite, qui sont trahis par les leaders de droite, que nous avons l'occasion de mettre fin à une cassure absurde entre les patriotes et les républicains. Et j'insiste sur un point, M. Delahousse, parce que c'est absolument vital pour l'avenir du pays, si l'on veut le redresser, c'est qu'il faut cette alliance. Mon parti, par exemple, Debout la France, continuera aux prochaines législatives, aura des candidats partout. Les Français auront le choix. Et ils n'auront pas de candidats Front National face à eux ? Non, c'est pas vrai. C'est une question. Il y aura des candidats Debout la France face à des candidats Front National. C'est-à-dire que les Français conserveront le choix entre deux patriotismes, comme ils l'ont eu au premier tour de la présidentielle, mais c'est qu'au second tour, là où il y a le choix entre continuer une politique de délocalisation, de régression sociale, de pouvoir des banques, de pouvoir d'une Europe absurde qui nous appauvrit, j'offre avec Mme Le Pen, je pense,
un beau projet pour la France. C'est sur la base d'un accord électoral. Elle prend cher. Elle recharge vos frais de campagne.
Sûrement pas. C'est pas une affaire d'argent. Je suis prudent et économe. Autre question. Je dis, moi, que je voterai Marine Le Pen, que je la soutiendrai.
M. Dupont-Aignan, vous avez eu un parcours politique, vous l'avez dit, gaulliste, humaniste. Est-ce qu'aujourd'hui, vous ne trahissez pas ce parcours ? Est-ce que le gaullisme est compatible avec l'extrême droite ? Au regard de l'histoire, la réponse est non.
Mme Le Pen n'est pas d'extrême droite, pour moi, je le dis. Je suis gaulliste et le général de Gaulle a deux reprises à sauver la France, c'est-à-dire lui a rendu son indépendance face aux Allemands pendant la guerre et à redresser le pays en 1958.
Donc ce soir, vous rejoignez l'extrême droite.
Je ne rejoins en rien l'extrême droite. Je suis gaulliste. Mon parti politique sera allié à Mme Le Pen et je suis convaincu que Mme Le Pen, avec mon soutien et avec une alliance équilibrée de gaullistes, d'humanistes et je pense que beaucoup vont nous rejoindre venant des Républicains
pour changer la politique française. Est-ce que le général de Gaulle aurait pu prononcer ce slogan « la France aux Français » ?
Mais le général de Gaulle a sauvé la France et l'a rendu aux Français. Et le général de Gaulle a sauvé la France et n'aurait jamais fait la politique à la corbeille. Vous vous souvenez de cette expression ? Pour ceux qui ne connaissent pas, la corbeille, c'était la bourse de Paris. On a donné la France à la bourse de Paris, c'est-à-dire à M. Macron qui la dirige contre le peuple français, les ouvriers, les agriculteurs et je le dis, cette nouvelle alliance offre un horizon totalement nouveau dans la vie politique française.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'être venu nous parler de tout cela ce soir.
Nicolas Dupont-Aignan