Crise énergétique, carburants... L'interview en intégralité de Maud Bregeon, ministre de l'Énergie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Maud Bréjong. Merci de répondre à mes questions ce matin.
Vous êtes la porte-parole du gouvernement et vous êtes la ministre de l'énergie. Très nombreuses questions bien sûr sur les ventes, les ruptures de stocks éventuelles de carburant, sur les prix qui continuent à flamber, jusqu'où et jusqu'à quand ? Et puis bien sûr sur les aides.
Quelles aides ? Est-ce qu'il y aura de nouvelles aides ? Vous nous le direz ce matin.
Les ventes d'abord. Retour de week-end de Pâques, week-end de trois jours, et de nombreux Français qui se plaignent d'avoir dû parfois faire des kilomètres pour trouver une station qui vende tous les carburants. On en est où ?
Est-ce que vous dites ce matin qu'il y a, oui, des stations qui sont en rupture de stock Il y a des difficultés, et il y a des difficultés qui sont dues à des problématiques logistiques de transport, essentiellement sur le réseau Total. Je vais y revenir. Ce que je veux dire ce matin, c'est que la matière, le pétrole, arrivent en France.
Il n'y a pas de problème au niveau des raffineries, il n'y a pas de problème au niveau des dépôts. Il y a un engorgement sur les réseaux de transport et essentiellement sur le réseau de transport Je vais vous donner un chiffre. Ce matin, à l'heure où nous parlons, il y a environ 18 % des stations dans lesquelles il manque au moins un carburant.
Des stations globales des stations globales. 83 % de ces stations, 83 % des stations dans lesquelles il y a des difficultés sont des stations du réseau Total Energy parce que vous savez que Total a a annoncé depuis plusieurs semaines un prix plafond qui amène à un écart significatif entre leurs réseaux de distribution et les autres réseaux de distribution ou indépendants, ce qui génère encore une tension particulière dans le réapprovisionnement. Rupture de stock sur un ou plusieurs carburants ?
Sur un ou plusieurs carburants, ce que je veux aussi dire, c'est que nous avons mis en place tous les moyens nécessaires pour permettre un réapprovisionnement rapide. Le taux s'est déjà amélioré par rapport à hier soir. Nous avons pour la journée de lundi, donc lundi de Pâques hier, donné des dérogations de transport dans trois zones de défense.
Trois zones où Total a demandé des dérogations pour que les distributeurs puissent faire leur travail, 200 camions étaient sur les routes. Et aujourd'hui, là encore, pour ce réseau spécifique Total et Énergie, il y a environ 900 camions qui seront sur la route pour réapprovisionner les stations contre 600 en temps normal. Ce que je veux dire, c'est qu'on peut s'attendre à une amélioration progressive dans la journée.
A l'inverse, dans les réseaux qui ne sont pas des réseaux Total, on observait hier soir, un taux d'indisponibilité d'environ 4 % qui correspond peu ou prou à ce qu'on observe en sortie de week-end de Bac. Donc faible ? Normal ?
Normal par rapport à ce qu'on observe en sortie de week-end de Bac. Il n'y a pas de risque de pénurie. Ce que vous dites, c'est que c'est juste une difficulté ponctuelle.
Exactement. Il n'y a pas de risque de pénurie. C'est la différence entre une pénurie de matière et des difficultés logistiques.
Il n'y a pas de problème d'approvisionnement. Il n'y a pas de problème dans les raffineries. Quand les camions vont au dépôt, ils peuvent charger, il n'y a pas de difficulté, là encore, pour trouver le sans-plomb ou le gasoil.
Mais les réseaux de transport ont été particulièrement tendus ces derniers Ce soir, Total devra dire s'ils poursuivent ou non ce plafond des prix du carburant qu'est-ce que vous leur demandez et qu'est-ce qu'ils doivent faire ? C'est évidemment à eux de le dire moi je ne suis pas porte-parole de Total Énergie ce que je dis c'est qu'on demande et on continue à demander depuis le début avec le Premier ministre, à l'ensemble des distributeurs d'être le plus raisonnable possible. Et si dans les semaines à venir on observe une accalmie sur le conflit, que le prix du Brent, du pétrole, diminue à l'échelle internationale, alors on sera particulièrement vigilant à ce que ces baisses soient répercutées aussi vite que les hausses l'ont été dans le Mais j'imagine que vous êtes dans la confidence.
Est-ce que Total envisage de poursuivre ? C'est encore une fois le dire. Nous, on demande à tous les distributeurs qui le peuvent de faire les efforts nécessaires.
Mais je n'ai pas à demander ce matin sur votre chaîne à tel ou tel distributeurs de faire des annonces particulières celui-là il est en quasi monopole c'est pas n'importe quel distributeur total vous pourriez leur dire de continuer l'effort moi je demande à tous les distributeurs, qu'ils le peuvent, de faire des efforts dans la mesure, voilà, d'encore une fois de leur possibilité. Encore une fois, je vous pose la question parce que certains ont dénoncé même, y compris leur propre concurrent, le patron d'Intermarché, par exemple, dit que Total a acheté 70 cargos de pétrole au tout début de la crise, ayant donc en quelque sorte acheté du pétrole pas trop cher, qu'ils vont revendre forcément un peu plus cher. Ils ont donc cette marge ?
Oui, ils ont fait un effort depuis le début du conflit. Et on était bien contents d'avoir ces plafonds à 1 ,99 et à 2 ,09 sur le diesel. On voit d'ailleurs que les Français les ont largement utilisés, puisque ça a créé des problématures de rupture d'approvisionnement.
Donc nous, on continue et on continuera cette semaine à échanger avec l'ensemble des distributeurs pour les accompagner s'ils font face à d'éventuelles difficulté, là encore, de transport pour l'approvisionnement des stations et pour s'assurer qu'il n'y a pas de marge indue. Mais vous savez, depuis le départ, on n'observe pas de marge indue chez les distributeurs. Voilà, c'est ce que je...
Il n'y en a C'est ce que nous n'en avons pas observé. Il n'y a pas de profiteurs ? Nous n'en avons pas observé pour les distributeurs depuis le départ.
Vous recevez régulièrement les représentants de la grande distribution, notamment sur votre plateau, les marges qu'ils affichent aujourd sont sensiblement les mêmes que celles qu'ils affichaient avant le début du conflit. Il n'y a pas eu de hausse indue. On va y revenir parce que le Premier ministre avait utilisé au début de la crise l'expression d'abus.
Il avait parlé, de hausses abusives éventuelles de prix à la pompe. Il y avait eu ces vérifications au final. Et il avait diligenté des contrôles.
Et les contrôles, pour vous, montrent qu'il n'y en a pas. Les prix, donc, et on va voir si Total remonte ou pas. Mais en tout cas, les prix global, c'est 2 ,28 euros en moyenne côté gazole, 2 ,01 euros côté sans plomb.
Jusqu'à quand ça va ? D'abord, c'est une situation qui est extrêmement difficile pour beaucoup de nos concitoyens. Et on en est parfaitement conscient.
On a commencé en aidant les secteurs les plus en difficulté. Ceux qui, au regard de cette hausse, ne pouvaient plus pratiquer leur métier, c'était l'exemple des pêcheurs. Les pêcheurs, quand le gasoil le pêche atteint un certain niveau, il n'est plus soutenable d'aller en mer pour pêcher le poisson.
Donc il fallait les aider extrêmement vite. Moi je dis une chose ce matin, nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent. Je pense aux aides-soignantes.
Je pense aux aides-soignantes. Je pense aux aides à domicile. Je pense à certains agriculteurs qui font encore face à des difficultés particulières et donc le Premier ministre s'est engagé à ce qu'un nouveau dispositif d'aide soit annoncé dans les jours à venir. là encore, pour venir en soutien des Français qui travaillent.
Pourquoi vous ne l'annoncez pas ce matin ? Des Français qui travaillent et qui font face à des difficultés particulières. Pour chacun, j'imagine les infirmiers, les infirmières qui nous écoutent par exemple, se matin, qui font leur tournée, dont les tarifs à l'acte sont bloqués, qu'ils ne peuvent pas répercuter.
Eh bien moi je leur dis que nous serons à leurs côtés. Le Premier ministre a demandé à l'ensemble des ministres dont les secteurs sont concernés de faire remonter les différentes propositions. Tout ça va être instruit et arbitré dans les heures ou dans les jours à venir, mais mon message il est simple nous aurons encore une fois un nouveau vos dispositifs d'aide dans les prochains jours pour les Français qui travaillent, qui font face à des difficultés.
Ça fait une semaine que vous dites qu'il veuille y avoir des aides. Non, pardonnez-moi, il y a des aides depuis les premiers jours. Depuis les premiers jours.
Les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs. Nous avons été à leur côté, nous continuerons à être à leur côté. Mais vous savez qu'il y a certaines aides -soignantes, par exemple, et j'ai eu de nombreux témoignages sur RMC, qui disent « je préfère carrément arrêter d'aller bosser ».
Les aides-soignantes, on pense aussi aux aides à domicile, qui sont parfois dans des des situations encore plus compliquées, essentiellement dans les milieux ruraux. Et donc c'est pour eux qu'encore une fois on travaille à un dispositif de soutien en On ne sait pas bien pourquoi 1 ,70€ par ailleurs. Bon eh bien on voit d'ailleurs en ce moment avec ce qu'on vit sur les réseaux totale, que ça amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie.
Et il n'y aura pas d'aide universelle parce que nous ne pouvons pas nous le permettre et parce que nous avons donc décidé de de cibler les aides, et c'est le choix que nous avons fait depuis le départ. Nous allons continuer à le faire. Cibler les aides vers les Français qui travaillent, vers les secteurs les plus en difficulté, vers celles et ceux pour qui terminer le mois est encore plus difficile.
Je voudrais juste m'assurer que ceux qui nous écoutent l'ont bien compris, les aides-soignantes, les aides à domicile, les entreprises peut-être du BTP, les taxis, est-ce que c'est ça les entreprises et les secteurs qui vont être ciblés par vos nouvelles aides ? Il faut indéniablement partie des Français qui travaillent et qui ont du mal à boucler les fins de mois. Ensuite, il peut y avoir des situations différentes au sein d'un même secteur et c'est bien normal.
Mais nous ne laisserons pas tomber les Français qui travaillent. Jusqu'à quand est-ce que ces prix vont augmenter ? J'aimerais pouvoir vous le dire.
J'aimerais pouvoir vous le dire, il y a en réalité deux scénarios. Le premier scénario, c'est la calmie dans les jours ou dans les semaines à venir. Et là encore, je suis extrêmement prudente parce que la fin de la guerre ne signifie pas nécessairement un retour immédiat à une situation normale sur les prix de l énergie.
Puis il y a un deuxième scénario qu'on redoute tous, vous et moi, nécessairement davantage, c'est celui de l'embrasement. Et c'est contre ce scénario que travaille la France. Quand le sel maintient une posture uniquement défensive, quand elle met tout en œuvre pour contenir ce conflit et éviter autant que possible l'embrasement, notre travail, c'est d'au fond être prêt pour les deux scénarios.
Nous, on envisage tout depuis le début, on prépare les différentes possibilités, on est prêt à agir. Mais je n'ai pas ce matin devant vous de boule de cristal, je ne peux pas vous dire ce qu'il adviendra dans les jours ou dans les semaines à venir, quelles seront les décisions, par exemple du président Trump, qui sont extrêmement imprévisibles. Êtes-vous comme le patron de l'Agence internationale de l'énergie, l'AIE, qui s'exprime ce matin chez nos confrères du Figaro ?
Très pessimiste, c'est ce qu'il dit, il est très pessimiste. La crise actuelle est plus grave que celle de 1973, 1979 et 2022. Il dit que tout cela, c'est énorme.
Alors, il dit quand même une chose qui, à mon avis, mérite d'être précisée. Il dit que les situations sont très différentes d'un État à un autre. Dans certains États, vous avez d'ores et déjà des difficultés d'approvisionnement, de rupture d'approvisionnement majeure.
Pensez à l'Asie, pensez à l'Australie. Ce n'est pas le cas en France. Nous sommes bien moins indépendants pour le pétrole du Moyen-Orient que les pays asiatiques.
Nous avons diversifié nos sources d'approvisionnement, donc nous sommes davantage protégés. Et puis, pardonnez-moi, nous sommes autonomes sur l'électricité. Notre parc nucléaire produit à plein, produit à plein et protège les factures d'électricité des Français.
C'est une chance inouïe. Si vous comparez par rapport à l'Italie, l Italie, électricité, 30 % plus cher qu'en France. Notamment parce qu'ils dépendent massivement du gaz pour leur production d'électricité.
Ce qui n'est pas notre cas. Nous avons la chance d'avoir un parc nucléaire qui aujourd'hui, contrairement à des dizaines de pays, permet la stabilité sur le prix de l'électricité et sur les factures des Français. Sur le gaz, puisque vous le mentionnez, on parle d'une facture de gaz qui pourrait augmenter de 25 % en mai.
Est-ce que vous avez également ce chiffre il est trop tôt pour le dire et je n'ai pas le chiffre de 25 % donc je ne le confirme pas en revanche cela dit que la facture de gaz va augmenter en mai pour les français il y aura très probablement une hausse là encore due à ce qui se passe sur le détroit d'Hormuz. Vous savez que 20 % du gaz transite par le détroit d'Hormuz et que c'est un marché qui est un marché mondial. Avez-vous calculé de quel ordre serait l'augmentation de la facture de gaz pour les Français ?
Mais ça n'a rien à voir, rien à voir avec ce que nous avons connu en 2022. Absolument rien à voir. Donc rien à voir, mais est-ce que vous avez quand même une idée ?
Est-ce que ça sera plus 18%, plus 15 % ? A quoi faut-il s'attendre en mai ? Encore une fois, c'est un peu tôt pour le dire et ça va dépendre de ce qui va se passer dans les jours à venir, donc on communiquera dessus quand on aura des chiffres stabilisés à donner.
Mais je le redis, ça n'a rien à voir avec ce que nous avons connu à la suite de la guerre en Ukraine. Vous m'avez dit qu'il n'y a pas de profiteur. Le mot d'abus, je le disais...
Je le disais...
Il n'y a pas de profiteur. Le mot d'abus, je le disais...
J'ai dit que les distributeurs, notamment la grande distribution, n'affichaient pas de marge indue par rapport à ce qu'ils appliquaient en temps normal. Alors est-ce qu'il y a des profiteurs ? Est-ce qu'il y a d'autres profiteurs ?
Il n'y a pas dans ce que nous avons observées, encore une fois, en France, dans les raffineries, dans les distributeurs, de profiteurs de crise. Et je n'emploie pas ce mot-là qui est un mot qui, vous voyez, résonne même historiquement. – Vous recevrez ce Ce matin, Aurédi Trouvé de LFI sur RMC, qui évoquait Total en parlant de profiteur.
Elle parlait de Total comme d'un profiteur. Elle proposait le blocage des prix, si le blocage des prix entraînait des ruptures de la réquisition du pétrole et du carburant de chez Total, et 3 éventuellement, à moyen terme, la nationalisation de Total. Qu'est-ce que vous répondez D'abord, utiliser le mot de profiteur de crise.
Lorsqu'on sait comment ça résonne dans notre histoire passée, sans étayer cette accusation-là, c'est grave pour quelque entreprise que ce soit. sur la question du blocage des prix je redis ce que j'ai dit, le blocage des prix c'est l'autoroute vers les pénuries Oui mais elle disait dans ces cas-là réquisition Je lui posais exactement cette question-là et elle répondait réquisition Mais réquisition de quoi ? C'est-à-dire qu'il n'y aura plus d'import sur le sol français s'il n'est plus intéressant d'acheter sur les marchés internationaux, s'il n'est plus intéressant pour nos acheteurs de nous vendre ce pétrole dans un marché, encore une fois, qui est un marché en tension en ce moment.
Vous n'aurez plus rien à réquisitionner. Donc la question de la réquisition, elle est hors sujet. Vous n'aurez plus rien à réquisitionner, vous n'aurez plus rien à raffiner dans les raffineries françaises, et vous n'aurez plus rien à vendre à la pompe.
Je ne sais pas si vous êtes partie à Pauline de Malherbe ce week-end, moi je suis rentrée voir mes parents à quelques centaines de kilomètres. Je suis passée devant effectivement un certain nombre de stations-services avec de la rue Balise autour, stations-service qui donc étaient inaccessibles qui étaient en rupture. Ça, ce sera le cas de toutes les stations-service si on va sur un blocage des prix.
Maude Bréjean, est-ce que c'est pas l'État qui est abuseur Non, et ça c'est un, pardonnez-moi Un mensonge éhonté Une contre-vérité Que certains partis politiques Essayent d'imposer dans le débat Marine Le Pen parle de l'Etat qui se comporte je cite comme un profiteur de crise elle dénonce des recettes indues le ministre des comptes publics a tout de même reconnu qu'il y avait un surplus fiscal de 270 millions en mars alors deux Deux choses. D'abord, l'État n'est pas un profiteur de crise. En revanche, Marine Le Pen spécule sur le dos de cette crise.
Elle spécule politiquement depuis les premiers jours de cette crise énergétique, et c'est extrêmement grave. L'État ne profite jamais, jamais d'une crise pétrolière. Certes, vous avez une augmentation des recettes issues de la TVA, puisque les prix augmentent, mais elles sont immédiatement compensées à la baisse, par la baisse de la consommation, par exemple.
Par la hausse des taux, on emprunte plus cher sur les marchés, ça coûte davantage d'argent à l'État. Et donc au global, l'État n'est jamais gagnant. Au-delà de la question de la qualification de cette crise, je disais que le patron de l'AIEA parlait d'une crise extrêmement grave, d'un nouveau choc pétrolier.
Vous, vous venez d'évoquer la baisse de la consommation, la hausse des taux. On pourrait aussi parler de l'inflation et la baisse de la croissance. Est-ce que ça veut dire, Maude Bréjon, que le gouvernement se prépare à une crise économique ?
Ça veut dire que le gouvernement se prépare à l'ensemble des scénarios. Je vous disais qu'il y avait...
Y compris une crise économique. On se prépare à un scénario d'accalmie, qui est celui que l'on souhaite tous. On se prépare aussi au scénario de l'embrasement au Moyen Orient qui entraînerait indéniablement des conséquences plus graves sur l'économie mondiale.
Notre travail, c'est de se préparer à l'ensemble des scénarios. Faut-il un budget rectificatif ? Aujourd'hui, il n'y a pas besoin d'un Au regard de cette situation, l'ERN vous demande un budget rectificatif.
Pourquoi l'ERN nous demande un budget rectificatif ? Parce qu'ils veulent imposer leur idée d'une TVA sur les produits énergétique à 5%. Ça coûte 12 milliards d'euros.
Donc le sujet n'est pas est-ce qu'on est d'accord ou pas avec un budget rectificatif. Nous sommes en désaccord avec cette proposition. Tout simplement parce que nous n'avons pas 12 milliards d'euros à mettre sur la table en un claquement de doigts.
Apolline Demalherbe, ce que le consommateur ne paierait pas à la pompe demain, le contribuable le paierait après-demain par des baisses de crédit sur certains services publics ou par des hausses d'impôts. Nous ne voulons pas diminuer les crédits sur certains services publics essentiels comme la santé, la sécurité ou l'éducation nationale et nous ne voulons pas augmenter les impôts. Prenez l'exemple de l'Italie.
L'Italie a fait une remise à la pompe. Qu'elle a prolongée d'ailleurs. Mais peut-être parce qu'elle a fait le boulot avant ?
Elle l'a fait en coupant des crédits. Elle l'a fait en coupant des crédits, là encore, sur des services publics essentiels. Il n'y a pas d'argent magique.
Merci Maude Bréjon d'avoir répondu à mes questions ce matin. Vous êtes ministre de l'énergie et porte-parole du gouvernement. Il est 8h47 sur RMC et BFM TV.
Maud Bregeon