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interviewEurope 1 — L'interview politique du week-end· 2 août 2025 9 min

Statut de réfugié accordé à des Gazaouis : «C'est une folie», estime François-Xavier Bellamy

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Il est bientôt 8h15, merci d'être avec nous sur Europe 1. Alexis Delafléchère, vous recevez François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et député européen. Bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Vous avez évidemment suivi cette polémique autour de Sciences Po Lille. Je recontextualise très rapidement pour les auditeurs d'Europe 1. Début juillet, une étudiante palestinienne de 25 ans arrive en France dans le cadre d'un programme boursier. Elle est ensuite acceptée à Sciences Po Lille pour la rentrée prochaine. Mais très vite, on découvre qu'elle a tenu sur le réseau X des propos ouvertement antisémites, faisant référence à Hitler.

Et qu'elle a relayé aussi des messages pro-Hamas, donc une organisation terroriste. François-Xavier Bellamy, que vous inspire cette affaire et comment l'État a-t-il pu passer à côté de ces informations ?

0:51
François-Xavier Bellamy

Cette affaire est manifestement terriblement révélatrice. Révélatrice d'une forme de très grande naïveté et de la vulnérabilité dans laquelle cette naïveté nous plonge. Depuis des années maintenant, je le dis, Israël est confronté à une menace existentielle, celle du terrorisme islamiste. Et cette menace, elle touche aussi notre pays, nos pays. Et ceux qui ne veulent pas le voir prennent le risque de mettre en danger demain les pays européens et singulièrement la France. Nous connaissons le terrorisme islamiste, il a déjà frappé notre sol au cours des dernières années. Et il a déjà frappé, faut-il le rappeler, en particulier la communauté juive en France.

Le premier attentat islamiste dans la période récente que notre pays a connu, c'est celui qui a touché l'école Osar Atora de Toulouse. Il a tué des enfants et un professeur qui se rendait à cette école. Simplement parce qu'ils étaient juifs. Aujourd'hui, sous couvert de générosité, on nous impose d'accueillir des individus qui manifestement partagent cette idéologie. Et cette étudiante, faut-il le rappeler, a diffusé des discours d'Adolf Hitler disant, en parlant des juifs, « Tuez-les avant qu'ils ne vous tuent ». Est-ce qu'on veut bien enfin ouvrir les yeux sur la réalité de cette menace ?

2:15
Présentateur

Mais comment l'État français a-t-il pu passer à côté de ces informations ? Ça paraît quand même incroyable que ces informations aient pu échapper au ministère des Affaires étrangères qui est censé enquêter, en tout cas sur ces personnes qui entrent sur notre territoire.

2:31
François-Xavier Bellamy

D'autant plus que ces informations étaient publiques. Nous ne parlons pas là d'une enquête de sécurité très difficile à faire. Il s'agissait des publications de cette étudiante. Et donc, il suffisait d'aller faire un tour sur le compte qu'elle alimentait sur les réseaux sociaux pour comprendre la véritable nature de l'idéologie qu'il a pilotée.

Je me permets de dire que nous avons besoin d'une enquête approfondie sur ce sujet qui concerne évidemment le défaut de vérification de sécurité de la part de notre administration et, vous l'avez dit, du ministère des Affaires étrangères, mais qui concerne aussi un certain nombre de médias parce que cette étudiante a été interrogée sur des médias qui l'ont écoutée avec beaucoup de bienveillance parler de son parcours et de sa trajectoire sans manifestement jamais se préoccuper de ce qu'elle pouvait véhiculer comme idéologie. Et c'est évidemment d'une très grande gravité.

3:26
Présentateur

Alors, cette étudiante n'intégrera pas, évidemment, Sciences Po Lille à la rentrée. Elle doit être expulsée, mais on ne sait pas encore précisément où, comment ça va se passer concrètement. Je rappelle aux auditeurs d'Europe 1 qu'elle peut bénéficier du statut de réfugié et donc d'une aide au logement, qu'elle est boursière. Donc, actuellement, elle touche 900 euros nets par mois payés par le contribuable français. Est-ce que, justement, ça choque aussi les Français ? François-Xavier Bellamy, cette histoire d'aide, est-ce qu'on ne marche pas un petit peu sur la tête en entendant ces chiffres ?

4:01
François-Xavier Bellamy

Mais bien sûr, et ce n'est pas seulement cette aide, c'est aussi le fait qu'à cause des décisions récentes de nos plus hautes juridictions, vous le savez sans doute, désormais, tous les Gazaouis sont éligibles au statut de réfugiés en France. C'est une folie. N'ayons pas peur de dire les choses simplement. Le droit d'asile, il faut le défendre, il fait partie de notre héritage. Mais le droit d'asile, il consiste à accueillir ceux qui sont en danger tout près de vous lorsqu'un drame survient à vos portes.

Pourquoi, et c'est une question qu'il faut poser à tous ceux qui accusent nos pays de ne pas se montrer généreux envers la Terre entière, pourquoi aujourd'hui l'Égypte refuse-t-elle que les habitants de Gaza entrent sur son sol ? Pourquoi les pays arabes refusent-ils absolument d'accueillir des habitants de Gaza sur leur sol ? C'est parce qu'au fond, ils sont face à cette situation dont ils voient très bien qu'elle ne peut pas donner lieu à une espèce de fuite en avant automatique vers l'attribution de ce statut de réfugié. On ne peut pas considérer une militante comme cette étudiante, une activiste de la haine, comme automatiquement réfugiée.

Et c'est la folie de cette décision récente de notre justice. Et c'est de cette folie qu'il faut sortir. Il faut qu'attribuer le statut de réfugié reste une décision personnelle, une décision politique, décidée par ceux qui ont pour charge de représenter les Français, et qu'il n'y ait pas d'automaticité de ce statut, parce que c'est cette automaticité qui nous conduit à cette folie.

5:36
Présentateur

C'est très clair. François-Xavier Bellamy, dans l'actualité également, il y a le dossier...

5:40
François-Xavier Bellamy

Est-ce que je peux me permettre de poser une dernière question sur ce sujet, si vous me l'autorisez ? En un mot, j'aimerais demander à toute la gauche qui se dit antifasciste, à tous les partis de gauche et d'extrême-gauche qui ont prétendu pendant des années lutter contre le nazisme qui se cachait même derrière la volonté simple et modeste des Français qui voulaient mieux maîtriser l'immigration. Où sont ces antifascistes et ces antinazis depuis que la vidéo, depuis que les publications de cette étudiante ont été révélées ?

On n'a pas entendu cette gauche dire que le retour du fascisme nous menaçait et qu'il y avait des militants nazis antisémites qui étaient en train de s'infiltrer en France. On ne les a pas entendus et ça me paraît tellement révélateur d'un double standard dévastateur.

6:21
Présentateur

Vous avez bien fait de le souligner François-Xavier Bellamy dans l'actualité également. Il y a le dossier Corse auquel je voulais vous faire réagir, dossier sensible. Après la mort d'Ivan Colonna en prison, agressé par un autre détenu, l'exécutif avait promis une réponse politique. Aujourd'hui, il propose donc l'autonomie de la Corse dans la Constitution. Pourquoi les Républicains, je rappelle que vous êtes vice-président des Républicains, pourquoi vous y êtes opposé ?

6:42
François-Xavier Bellamy

J'aime passionnément la Corse et je crois que la Corse, c'est sa vocation, c'est son combat aussi. Le combat du peuple français en Corse a été, il peut être pris d'ailleurs face à bien des tentations irrédentistes dissimulées derrière à l'époque le fascisme italien, le combat du peuple français en Corse a été de rappeler l'unité de la Corse et de la France. Et aujourd'hui, ce qui m'inquiète profondément, c'est de voir les tendances à la désagrégation de la France qui sont en train de se manifester, c'est ce projet d'autonomie de la Corse.

Vous l'avez dit d'ailleurs, ce projet, il est né non pas après la mort d'Yvan Colonna, il est né après les violences terribles qui ont marqué l'île après cet assassinat. Et le fait est que je crois qu'il y a un point commun avec d'autres situations. Je pense par exemple à la Nouvelle-Calédonie. Le grand danger, c'est que l'État donne raison à la violence, que l'État donne raison à des minorités violentes en acceptant de défaire l'unité de notre pays qui est ce que nous avons de plus précieux.

Quand les Corses, quand les Calédoniens qui veulent évidemment être français, qui veulent rester dans la France, qui l'ont montré en Nouvelle-Calédonie par trois référendums, visent leur volonté de défendre l'unité de la nation, nous n'avons pas le droit de céder à la violence en acceptant la fragmentation de la France. Et ce projet d'autonomie, et Bruno Retailleau l'a dit, comme ministre de l'Intérieur, mais aussi comme président de notre famille politique, ce projet d'autonomie, s'il conduit à disloquer cette unité nationale, s'il conduit à renoncer au premier principe de notre Constitution, celui de l'unité de la République, ce projet d'autonomie ne peut pas être accepté.

8:28
Présentateur

Merci beaucoup François-Xavier Bellamy. Merci d'avoir été avec nous sur Europe 1. Bel été à vous.

8:32
François-Xavier Bellamy

Merci à vous.