Sébastien Pla : « La filière du vin n’a pas su anticiper les changements de mode de consommation »
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Sébastien Plat, merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes sénateur socialiste de l'Ude. Vous avez remis hier un rapport sur l'avenir de la viticulture.
On va longuement en parler dans quelques instants, mais d'abord on commence comme tous les jours par trois unes de la presse régionale qu'on a sélectionné. On va les regarder ensemble. D'abord la une du Dauphinet libéré hôpital.
Faut-il rendre les parkings gratuits ? La grogne monte face à la généralisation des parkings payants. Les tarifs pratiqués suscitent l'indignation jusqu'au banc de l'Assemblée nationale.
Trois propositions de loi seront examinées par les députés pour permettre aux patients et aux visiteurs de se garer gratuitement. La deuxième une, c'est celle de la dépêche fake news. Ingérance, peut-on résister ?
Ciblé par une intensification des campagnes de désinformation, la France durcit. Sa stratégie de défense numérique, Emmanuel Macron, a réuni 200 experts à l'Élysée. Et puis la dernière, c'est celle du télégramme.
Armement, un défi pour la France. Dans un contexte budgétaire très serré, le pays parviendra-t-il à augmenter sa production pour faire face aux enjeux géopolitiques du moment ? De quelle lune avez-vous envie de nous parler ?
Quelleune ? regarde l'ambiance anxiogène et la géopolitique évidemment c'est la question de l'armement vu vu les discussions budgétaires relativement tendu actuellement à l'Assemblée nationale puis dans quelques jours au Sénat. Bon, il est vrai que la situation financière du pays inquiète évidemment tout le monde euh au moment où l'instabilité des différents blocs, des différents empires de l'est et de l'ouest font peser des menaces sur sur l'Europe et en particulier quelque part remettre en question notre modèle.
Euh il est important de de se doter les moyens de dissuasion pour pouvoir éloigner en fait cette menace qui depuis la fin de la deuxème guerre mondiale s'était relativement éloigné de notre pays. On n'y pensait pas malheureusement. Et justement vous parliez he des discussions budgétaires tendues à l'Assemblée nationale.
Est-ce que vous pensez qu'il est possible d'arriver au bout de l'examen dans le temps en partie avant que le texte arrive au Sénat ? J'ai la faiblesse de penser quei. Je l'espère même.
Je partie de celles et ceux qui considèrent que le temps politique aujourd'hui ben doit aller jusqu'à l'élection présidentielle et donc pendant 2 ans, il faut absolument que la France soit dotée d'un budget et fonctionne correctement. Je ce que je déplore, c'est que les partis des partis politiques aujourd'hui pensent beaucoup plus à cette échéance qu'à la problématique que rencontre le pays et au problème des gens au quotidien. Quand vous dites les partis politiques, c'est qui ? particulier les partis extrêmes, non, les partis extrêmes qui ne veulent pas faire d'effort de compromis.
Je veux dire ici dans cette noble assemblée qui est le Sénat, notre ADN c'est la recherche permanente du compromis dans l'intérêt général. Quand quand je l'explique aux gens que je reçois au Sédan, me crois pas. Pourquoi ? parce que aujourd'hui l'image de de l'élu parlement et et se résume au comportement de de l'Assemblée nationale ?
Euh non, c'est pas ça. Et lorsque vous êtes parlementaire, l'objectif c'est justement de trouver des compromis. Euh, on s'entend pas, chacun défend ses valeurs, chacun défend sa couleur politique.
Mais à un moment donné, il y a un temps, il y a le temps. Un président est élu pendant 5 ans. Bon, mais pendant 5 ans, le parlement doit travailler pour faire fonctionner le pays, même si on n'est pas d'accord avec euh avec nos gouvernements et les différents gouvernements.
Moi, je suis allée, je suis dans l'opposition. Donc euh le ministre de de l'économie, Roland l'escur dit "La justice fiscale a laissé place à la surenchère fiscale. Est-ce que les socialistes font de la surencher ?" Non, on fait pas de la surenchère fiscale.
On recherche la justice fiscale d'abord et avant tout. C'est pas le cas. Enfin, je veux dire, on va pas se leurer.
Regardez les chiffres des 10 dernières années, la progression des grandes fortunes a augmenté énormément par rapport au salaire moyen de la plupart des Français. Donc à un moment donné, un rééquilibrage est nécessaire et si ce rééquilibrage n'est pas fait, je comprends très bien la défiance que le peuple peut avoir en direction du Parlement et en direction du gouvernement qui n'assure pas en tout cas cet équilibre et cette justice. Là, vous voyez les débats à l'Assemblée nationale, le texte va arriver au Sénal 24 novembre et vous entendez les républicains dire c'est de plus en plus invotable, on va retravailler le texte ici au Sénat.
Comment vouses ici au Sénat vous allez empêcher le détricotage ? Mais non, on va continuer à faire des propositions. On va soutenir les propositions que nos collègues députés socialistes ont ont proposé à l'Assemblée nationale et on va essayer de chercher le vivront à l'examen ici au Sénat.
Écoutez, euh je lis pas dans le marque de café. Euh je quel message vous avez envie de faire passer au LR ? J'ai envie de faire passer un message au LR, un message de responsabilité et d'esprit d'ouverture et de compromis.
Voilà, on est capable de faire des compromis. La preuve nous défons la taxe zugmane. Aujourd'hui, on travaille sur une taxe zugmane à léger don est en capacité nous aussi d'ajuster les choses pour tenter de trouver un compromis.
Je veux dire demain une motion de censure voté une dissolution, ce serait catastrophique. Je veux dire même en terme de délai euh on va se retrouver on est en fin de en fin d'année des élections municipales très importantes au mois de mars pour déterminer la suite du fonctionnement localement. Euh bon, c'est pas le moment de for continu à l'abrondir cette menace de censure.
Vous le regrettez ? Ça fait partie du jeu. Je pense que ça fait partie du jeu euh du jeu politique de de faire monter les enchères, de de montrer ses ses muscles quand vous êtes en possibilité de le faire.
Et c'est le cas aujourd'hui, le Parti socialiste est revenu un parti central dans dans les discussions. On va écouter Marine Le Pen, elle était l'invité hier de la presse parlementaire. écouter ce qu'elle a dit du Parti socialiste.
On ne va pas euh susciter, si vous voulez une motion de censure euh sachant que le Parti socialiste est en pleine euh en plein voyage de nos voyez, on va attendre que il reviennent de la croisière, qu'il soit bien engueulé là pendant 15 jours et puis à ce moment-là, on verra s'ils sont revenus à la sagesse. Vous êtes en voyage de nos avec les macronistes ? Non, mais c'est la caricature, c'est ridicule.
Écoutez, je le Front National aujourd'hui ce n'est qu'une caricature de la politique. Bon, c'est très bien les petites phrases, mais bon, faut être sérieux à un moment donné. Pensez, pensons d'abord aux gens, au peuple.
D'abord, notre boulot, c'est ça d'abord avant tout et pas pas faire du cinéma à la télévision. Moi, je je suis désespéré. Allez, on passe à l'actualité du Sénat.
Quel avenir pour la viticulture française surproduction, baisse de la consommation, taxe Trump, dérèglement climatique. Le secteur est frappé par de multiples crises. Le Sénat a rendu un rapport hier.
On va en parler avec vous Clémentine puisque c'est une fierté française, un pilier de notre gastronomie, la viticulture voie rouge en ce moment. Et il y a donc une mission d'information qui s'est penchée sur ce secteur en difficulté. Qu'en est-il ressorti ?
Et bien la France arrache ses vignes. C'est ce qu'on peut lire dans ce rapport d'information à tel point que la taille du vignoble français devrait passer en dessous des 7500 hectares cette année. Alors pourquoi certains viticulteurs se débarrassent de leur vie ?
Et bien tout d'abord, si la bouteille de vin euh régnit en mètre sur la table de nos parents ou de nos grands-parents, et bien aujourd'hui on la sort un petit peu plus rarement de la cave à vin. En 1960, un français buvait en moyenne 135 L de vin par an. Contre 41 L à peu près euh aujourd'hui, les Français optent davantage pour un cocktail, une bière ou une boisson sans alcool.
Les producteurs ont donc tendance à surproduire et on se retrouve avec trop de vin et pas assez de consommateurs. Et il y a pas que notre consommation qui impacte la filière. Il y a aussi des causes extérieures.
Oui, d'abord avec une avalanche de droits de douane dont les conséquences sont douloureuses. En Chine pour commencer où en un an la valeur des exportations françaises a plongé de 20 % et puis bien sûr les droits de doig américains de 15 % décidés il y a quelques mois par le président américain et qui touche de plein fouet nos viticulteurs français. Enfin, les aléas climatiques sont de plus en plus marqués et plongent la filière dans de grandes difficultés.
Le manque d'eau par exemple conduit à un effondrement des rendements dans certains vignobles. Et du coup, quelles sont les préconisations de ce rapport ? Et ben il y a beaucoup de recommandations dans ce rapport mais on peut citer par exemple le fait de privilégier des sépages plus résistants aux aléas climatiques et aux maladies.
Et puis les rapporteurs insistent pour faire appliquer le cadre législatif car il y a des lois qui encadrent par exemple la transparence des coûts de production ou bien la négociation des prix par exemple. et ces lois ne sont pas toujours appliquées et cela complique en fait la façon dont on fixe les prix. Et puis j'en parlais il y a quelques minutes, il y a un désintérêt des Français pour le vin Sébastien Sébastien Plat pardon.
Je vous pose la question, vous êtes l'un des rapporteurs de ce texte et vous êtes aussi Vigneron. Comment on fait aujourd'hui pour finalement réattirer les Français vers le vin tout en bien sûr respectant des mesures de santé publique ? Oui, c'est un exercice qui est difficile et périlleux.
On peut consommer du vin deux fois de de deux fois par jour, mais pas tous les jours hein, de verre de vin. Euh non, la la question centrale en fait est que aujourd'hui il y a une une déculturation au vin. Il est vrai que par le passé il y a 40 ans en arrière, c'était un produit de consommation courante.
Euh il y avait une culture aussi autour de la table. On passait beaucoup plus de temps à table. Euh donc parler d'une coupure générationnelle dans la culture.
Oui, il a une cupure générationnelle claire puisqu'on a des données et des chiffres qui prouvent que euh la consommation de vin a nettement baissé auprès des jeunes hein des des moins de 30 ans avec par contre une augmentation des la consommation de de des alcools type cocktail, type bière. Euh alors que euh le vin reste dans les enquêtes d'opinion euh une boisson euh prisée des jeunes. Alors et ils apprécient visiblement le vin.
C'est notre histoire, notre culture. C'est un marqueur culturel fort pour la France. D'ailleurs, c'est une identité très forte à l'internationale et une image de marque très forte, mais ne consomme pas ou en tout cas moins que euh nos nos anciens.
Cela dit, lorsqu'on regarde les chiffres de la consommation française, il y a effectivement une baisse légère mais régulière de 3 % par an à peu près, en particulier sur des segments de vin rouges. Euh en revanche, on a une augmentation très légère de la consommation des vins blancs et une stagnation sur les rosés. Donc tout ça fait que la baisse est régulière euh légère mais régulière.
Donc je pense qu'on on est en train d'atteindre un un plancher. Euh du coup aujourd'hui l'intérêt est de d'essayer la la filière doit s'adresser au consommateur occasionnel. euh pour leur euh le le laisser de les acculturer à nouveau à la gastronomie, à la culture, à l'art de la table parce que c'est d'abord ça et avant tout le vin c'est un terroir, c'est l'art de vivre, c'est de l'échange, c'est le partage.
Ce n'est pas du coup la la viticulture, elle a suffisamment s'adapter aux mutations de notre société, à l'évolution ou est-ce qu'elle a eu un côté un peu conservateur qui explique en partie la crise ? Ben, c'est un élément au cours de des 6 mois de de d'enquête de ce rapport et des auditions, on a eu à peu près 200 contributions, on a fait une soixantaine 70 auditions directes euh effectivement forcé de constater que euh la filière n'a pas su en tout cas anticiper euh ces changements de mode de consommation alors que d'autres secteurs notamment les spiritueux eux ont réussi ce paris-là. euh le l'utilisation des nouvelles technologies de la communication numérique euh n'a pas été euh assez euh euh c'est n'a pas été assez travaillé en fait par la filière.
Euh c'est dommage. Alors d'un autre côté, le vin français à l'export se portait très très bien jusqu'en 2019-2020. Donc ce qui euh permettait de de se reposer un peu sur nos lauriers par rapport au marché endogène.
Donc on a aujourd'hui un pays qui produit qui est devenu le deuxème producteur. Nous étions le premier. En revanche à l'export, nous sommes le premier en valeur.
Donc on est capable de produire des vins de qualité, de les vendre au bon prix et les valoris ce qui est loin d'être le totalement. Ce qui ce qui est rare même globalement l'économie française, c'est le trè contributeur à la balance commerciale, je crois qu'on fait 14 milliards d'euros. Donc c'est un élément fort de l'économie française et d'ailleurs c'est aussi un élément de de géopolitique et de et de guerre économique.
À chaque fois que euh les grands empires, la Chine, les États-Unis euh décident de s'attaquer à l'Europe, euh on voit le conflit Airbus Boeing en 2019, ben de suite c'est le vin qui a été ciblé par la taxation. Aujourd'hui, c'est la même chose. Donc c'est pour ça me fait dire que le vin a un avenir clairement.
Oui, vous nommez ce rapport Avenir de la filière agricole, l'urgence de l'Union. Est-ce que ça veut dire que les acteurs du vin travaillent pas suffisamment ensemble ? En fait, le problème de la filière, c'est très complexe.
Moi, j'aurais pas assez de temps pour vous expliquer comment fonctionne un filière viticole, mais pour vous faire simple, globalement, vous avez 236 organismes de protection et de gestion de vignobles qui gèrent plus de 400 appellations. Donc, chaque fois, c'est une identité propre à part. Puis tout toutes les des des organismes qui gravitent autour de ça font que on a une multitude d'acteurs qui a tendance à se à se disperser.
Euh et nous ce qu'on promet dans le dans dans ce rapport notamment à l'export, notamment en matière de promotion, c'est de partir autour de la bannière France, de vendre le vin français à l'exportation puisque partout dans le monde, croyez-moi, l'image de marque de la il y a que les Français qui pensent que tout va mal en France. Ailleurs, on nous envie de dire, on raisonne plus local. Il y a je crois qu' il y a 400 ce que vous dites dans le rapport, il y a 442 AOP IGP donc il faut plus raisonner trop en terme de local, il faut raisonner en terme de France.
C'est une richesse le fait d'avoir autant d'appellations d'origine, c'est la richesse. C'est ce qui fait la la qualité, la valeur ajoutée des produits français. C'est le terroir, c'est 400 c'est 400 OP.
Mais maintenant ce terroir, comment on le promeut ? Comment on le vend ? Comment on le commercialise ?
Et le commercialiser en particulier à l'export, c'est autour de la bannière France. Le vin doit être au même titre que l'industrie aéronautique que le luxe un outil de diplomatie économique. Quand on part à l'export, quand on va en Chine, quand on va dans les nouveaux marchés émergents, demain euh s'il y a la signature du mercur, le marché euh sud-américain qui va s'ouvrir, il faut absolument que les pouvoirs publics partent avec le vin, l'image de marque du vin pour commercialiser ces produits.
Puisqu on parle de l'export, la viticulture, elle paye aussi les taxes Trump. Comment on fait du coup pour pour lutter face à à ces mesures prises par le président américain ? Alors, les taxes Trump, on s'en doutait quand président Trump a été élu, c'est pas la première fois qu'il nous fait le le coup, il a fait en 2019.
Donc, on ne savait pas à quelle hauteur allait être la taxe. Bon, aujourd'hui est à l'ordre de 15 %. On avait plus ou moins anticipé une taxe de l'ordre de 10 % avec des accords entre les importateurs américains et la France.
Chacun prend en charge une partie de l'augmentation. Ça pouvait passer. Sauf qu'aujourd'hui, elle est à 15 % plus 10 à 15 % de taux de change qui nous est négatif, nous est défavorable pour l'Europe.
Donc à 25 à 30 % de taxe, ça va être compliqué. C'est-à-dire qu'aux États-Unis, à part les catégories, les élites pourront se payer du vin, donc on va avoir effectivement un problème de fermeture de ce marché-là. D'où l'intérêt d'être agile dans notre manière d'aller conquérir de nouveaux marchés pour compenser l'un des principals marchés d'exportation français qui est le marché des États-Unis.
Et Clémentine, vous avez aussi une question sur les emplois. Oui, puisque la filière représente environ 450000 emplois directs et indirects. Ça veut dire que quand même si c'est un secteur en difficulté, euh ça risque de poser quand même de sérieux problèmes.
Et vous dans dans ce rapport, vous préconisez d'organiser des assises de la viticulture justement pour essayer de sauver un petit peu le secteur. En quoi ça consiste exactement ? Alors, si vous voulez, le rapport est très complet, il fait plus de 200 pages, 220 pages.
On avait jamais eu de rapport aussi aussi complet sur ce secteur d'activité. Dans dans cette affaire, si vous voulez, on a des chiffres très précis de la situation. On voulait avoir une une photographie de l'existant et prendre un peu de hauteur pour regarder ce qui fonctionne et ce qui fonctionne pas parce qu'il y a des choses qui fonctionnent au niveau viticol.
Et donc l'enjeu était de regarder secteur par secteur quelles étaient les préconisations que nous pouvions faire et nous sommes aperçus que l'enjeu c'est d'essayer de réunir tout ce monde à la fois le la monton les viticulteurs, les caves coopératives et le négoce et le commerce qui commercialise ces produits et travailler autour de ça pour pouvoir relancer développer mais pour ça il fallait le chapauter et pour le chapauter rien de mieux que le ministère de l'agriculture. Pourquoi ? pour bonne et simple raison que c'est une filière qui est consommatrice de fonds publics énormément surtout ces dernières années au regarde des alléas climatiques.
Nous devons régulièrement mettre de l'argent des fonds d'urgence pour sauver l'outil productif. Donc aujourd'hui, il est important que les pouvoirs publics réunissent tout ce monde autour des assises, que l'on se dise les choses et que l'on parte ensemble avec une stratégie propre à la filière comme l'ont fait d'autres pays. L'Italie l'a fait, l'Espagne et ça semble fonctionner.
Merci Clémentine. On continue, on regarde l'actualité du côté de chez vous. On va à Narbon.
On retrouve Arnaud Gautier. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous, journaliste à l'écho du Langoc. Arnaud, avec vous, on va parler d'Hermatose nodulaire contagieuse des beaux vins.
C'est un sujet d'inquiétude pour de nombreux elevurs. Oui. Oui.
Bonjour. Bonjour à toutes et à tous et bonjour au sénateur Plat. Vous venez euh effectivement d'échanger et à juste titre sur euh sur les difficultés que traverse la viticulture.
Mais euh cet automne euh malheureusement l'agriculture haudoise est aussi touchée par l'apparition de de cette DNC à ses portes hein dans le dans le département voisin des des Pyrénées orientales où des foyers de de la dermatose contagieuse ont été repérés sur des beauvins. Un nouvel obstacle, un obstacle sanitaire qui a contraint la préfecture de l'AUDE à placer plus d'une centaine de communes du département sous surveillance avec des cheptel bloqués et une vaccination obligatoire. Une question commence à se poser sérieusement chez chez les éleveurs et je suppose qu'elle a dû dû vous revenir aux oreilles, monsieur le sénateur Place, et de savoir si s'il ne faudrait pas étendre cette vaccination à un rayon plus large qu'il ne l'est aujourd'hui, voir à à l'élargir carrément à tout le département.
J'aurais aimé savoir quel était votre avis sur sur cette question. Ben moi, je partage la vie des des éleveurs. Je les ai rencontré il y a 15 jours à la plus grosse foire agricole de l'ode à Espesel où malheureusement il y avait pas d'animaux puisqu'on venait d'apprendre le les foyers de contagion dans les Pyrénées orientales.
Euh aujourd'hui, c'est c'est pas nouveau. Le phénomène a commencé au mois de juin. Euh je je trouve la la lenteur de de réaction qu' la quant à la mise en œuvre de la vaccination euh assez préjudiciable et je comprends le les craintes et les peurs de l'ensemble des éleveurs.
Et effectivement la zone aujourd' fait 30 km à peu près. Il aurait été à mon avis important au regard des des transferts puisqu'on est en fin d'esive de Chaptel puisqu'on a des vaches qui sont dans les Pyrénées et qui aujourd'hui sont revenus par exemple dans l'ode dans la montagne noire. La montagne noire est en dehors de la de la zone euh que l'ensemble en fait du du périmètre et des massifs soit soumis à à l'obligation vaccinale, ce qui pas le cas. et vous qui êtes peut-être un peu plus un peu plus proche du pouvoir, en tout cas des portes du pouvoir que ne peuvent l'être les éleveurs.
Est-ce que vous savez si l'État a suffisamment de doses pour vacciner à grande échelle ? Alors la question, j'ai eu l'occasion de la poser hier à madame la ministre de de l'agriculture lors des questions au gouvernement à laquelle d'avoir remis le le rapport sur la viticulture. J'ai effectivement posé la question.
La réponse a été oui. Euh il y a assez de doses de vaccination. Euh, il y a pas assez de vétérinaires.
Donc, pose aussi ce problème-là central que l'on soulève depuis quelques années, c'est la la désertification euh au niveau des vétérinaires sur nos zones et ça pose un gros problème. Et l'autre inquiétude la plus importante et que je partage absolument pour avoir été dans une famille d'éleveur, c'est cette obligation systématique d'abattage de l'intégralité du troupeau. Là, je comprends très bien l'angoisse des éleveurs et et derrière, je j'alerte sur le fait que dans l'UDE notamment, mais pas que en montagne, nous avons des races rustiques très rares.
Lorsque vous abattez des troupeaux, pour remonter un troupeau, ça devient très très compliqué. Donc, il faut faire attention de ne pas faire disparaître ou en tout cas aller vers la disparition de de races rustiques adaptées à à nos massifs. Merci Gautier.
Merci beaucoup d'avoir été avec nous, journaliste à l'écho du Longdoc. Merci Arnaud. On reste dans votre département, on va à Couche où on retrouve Paul Bertier.
Bonjour Paul Bertier, merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes le maire de Couougou, vous étiez avec nous il y a quelques semaines pour parler des terribles incendies qui ont frappé votre département cet été. Est-ce que quelques semaines, voir quelques mois maintenant plus tard, il y a encore des séquelles de cet incendie ?
Oui. Bonjour à tous. Bonjour Sébastien.
Euh en effet, oui, les les stigmates on les voit tous les matins en se levant. On a toujours c'est cette zone calcinée, c'est encore ancré en nous. Euh et ça le restera de de nombreuses années encore hein.
Ce qu'on a vécu, vous savez, je il faut quand même rappeler les choses. Il y a quand même une habitante décédée sur le territoire, des dizaines de vie brisées, des maisons brûlées et puis surtout plus de faun tout a disparu. Et la la question qui se posait c'est aussi la question des indemnisations, des assurances.
Est-ce que là les choses ont avancé ? Alors, il y a eu une aide d'urgence sur la viticulture proposée par madame Annie Jeunev quelques jours après la après l'incendie. Donc ça c'est une aide d'urgence, 7 millions d'euros plus 1 million pour le social.
Donc ça c'est une aide pour la viticulture. On était en veille de vendange. Donc c'est c'est une aide qui va qui va aider de manière urgente les viticulteurs.
Je crois que c'est une aide qui est couplée aux assurances. C'est une une aide assez assez juste et bénéfique. En revanche, ensuite pour le pour tout le territoire, c'est la région, le département, l'État.
Voilà, la région a débloqué un plan de 10 millions d'euros, le département également. L'État est en train de de faire une étude avec des délégués interministériels. Euh donc, il nous associe énormément pour la future reconstruction de ce territoire.
Voilà. Sébastien Pl sur sur ce que vient de dire Ah ben c'est un traumatisme pour nous. Moi vous savez c'est les corbières c'est mon pays c'est là où je suis né.
Bon j'ai la chance de vivre dans un village qui a pas été touché. Je suis très très proche de des communes qui ont été touchées. C'est c'est une blessure qui restera enfin qui se refermera jamais.
Quand vous voyez quand vous avez vécu cet événement et que vous voyez aujourd'hui ces paysages, ça fait mal. ça fait vraiment mal au cœur. Euh mais moi, je voulais saluer le courage des élus parce qu'on est personne est formée à à gérer ce genre d'événement et bon, ils ont été euh d'un courage extraordinaire euh durant ces de jours et je dis vraiment pas pour euh c'est vraiment la la réalité.
Cela dit, ça pose un problème central. Euh c'est le problème de la diversification agricole notamment sur le pouretour méditerranéen. Et moi, vous savez, ça fait 4 ans que je porte au Sénat euh l'idée de l'exception méditerranéenne sur nos règles, sur nos réglementations, sur nos législations, sur l'accompagnement parce que ce qui se joue aujourd'hui sur le pouretour de la Méditerranée, on regarde l'amplification du changement climatique et la sécheresse.
C'est ce qui préfigure ce qui se passera ailleurs en France demain. Donc notre territoire doit devenir un territoire test, un véritable laboratoire dans la reconquête de ces espaces là pour éviter que ça se passe demain ailleurs. Paul Berti, qu'est-ce que vous pensez de ça ?
Puisque vous nous parliez de la de la reconstruction et du travail qui est fait autour de la reconstruction de votre territoire. Est-ce qu'il faut une exception méditerranéenne ? Est-ce que les conséquences du dérèglement climatique sont suffisamment prises en compte ?
Est-ce que la prévention, les moyens de lutte sont suffisants ? Alors, bien entendu, le le sénateur Sébastien Plat a tout à fait raison. Il faut qu'on parte qu'on porte cette spécificité méditerranéenne.
On ne traite pas l'agriculture, la la défense feu de forêt et cetera dans nos dans nos corbières comme on le traite dans Loiré Grande-Bretagne. Mais moi, j'irai même un petit peu plus loin. J'aimerais qu'on retrouve euh la confiance de nos organismes comme l'Adréal, la DDTM et tout et tous ces acronymes qui sont parfois accusateurs et trop souvent suspicieux et punitifs envers nos actions.
Si vous voulez, nous sommes à priori coupables de toute action que l'on mène. Et ça, je vous avoue que les élus et et les habitants commencent à en avoir un petit peu mal. Nous, c'est l'intérêt général qui est notre boussole.
Il faut remettre un petit peu de bon sens. On demande pas une libéralisation à outrance, mais qu'on nous écoute et qu'on revienne à une décentralisation qui s'est jamais faite. Vaste sujet.
Un dernier mot, Sébastien Plotement. Bon, après les organismes d'État appliquent la loi, la responsabilité, c'est le législateur. Donc, moi j'en j'en prends de ma part.
Euh donc j'essaie à chaque fois que nous avons des textes de loi d'adapter à à la spécificité de notre territoire, mais effectivement il faut avoir le droit à la différenciation si on veut vraiment régler les problèmes. Merci beaucoup. Merci Paul Bertier pour votre témoignage mère de coouche dans l'aude.
Merci d'avoir été à nouveau avec nous et merci Sébastien Plat d'avoir été notre invité pendant cette première demi-heure. C. [musique]
Sebastien Pla