The Big Interview: Jordan Bardella
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Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Européens, c'est Jordan Bardella. Bonjour à vous.
Bonjour.
Président du Rassemblement National, on est dans le second tour de ces élections municipales. Vous avez appelé à la mobilisation générale pour faire de ces élections une étape en vue d'une victoire plus grande en 2027. Il n'y a pas un risque à vouloir enjamber cette élection ? Et est-ce que finalement on n'est pas encore loin de la vague bleue, bleue marine ou bleue Bardella, que vous attendiez ?
Le changement, il ne commence pas en 2027. Il va commencer dès dimanche dans les communes françaises. Le Rassemblement National a réalisé une percée très importante lors du premier tour des élections municipales. Nous sommes qualifiés dans des dizaines de communes, dans beaucoup de départements partout en France. Nous avons des chances de victoire. Nous avons dès le premier tour fait élire près de 1300 conseillers municipaux sur toute la France qui seront le fer de lance du changement dans les communes de l'Alpin.
C'est l'ancrage local dont vous manquiez ?
Nos maires ont été réélus dès le premier tour. Ce qui souligne aussi absolument le bilan des maires, Rassemblement National. Et je prends un engagement dimanche dans les communes que nous gagnerons. Il n'y aura pas un centime d'augmentation de la fiscalité parce que trop d'impôts est en train de tuer l'impôt. Nous devons rendre du pouvoir d'achat à la France du travail. Et nous mènerons une lutte acharnée contre l'insécurité qui s'installe dans les grandes villes, dans les villes moyennes, mais aussi de plus en plus à la campagne.
Et donc je suis ce matin venu m'adresser aux Français et les appeler à aller voter parce qu'ils ont entre leurs mains l'avenir de leur commune et donc nécessairement le destin de la France.
Qui sont vos adversaires, Jordan Bardella ? Ce sont les macronistes ? Est-ce que c'est la gauche ? Est-ce que c'est la droite républicaine ? Est-ce que c'est Jean-Luc Mélenchon qui ironise sur vos résultats ? Il estime qu'ils sont en demi-teinte.
Tous ceux qui contribuent à la déconstruction de notre pays. Il est vrai, et on en a beaucoup parlé depuis les résultats du premier tour, que la gauche alliée à l'extrême gauche représente aujourd'hui un danger existentiel pour la démocratie française. Et dans un certain nombre de communes, nous faisons face à des listes de gauche mélanchonisées qui veulent légaliser les squads, qui veulent augmenter les impôts, qui proposent de désarmer les polices municipales, de démanteler les vidéos de caméras de surveillance et qui font peser un climat délétère sur le débat démocratique.
Moi, qu'on soit très clair, je respecterai toujours les Français qui sont en désaccord avec les idées que je prône et ce sera toujours évidemment de leur liberté que de pouvoir se présenter dans une élection en assumant des positions différentes. Mais on voit bien qu'à gauche et à l'extrême gauche, le climat est extrêmement différent. Moi, j'ai grandi à Saint-Denis, j'ai naturellement beaucoup suivi ce qui s'est passé à Saint-Denis où la France insoumise a été élue dès le premier tour. On voit que même le maire sortant socialiste, qui était proche de Benoît Hamon, donc on ne peut pas dire que ce soit la tendance libérale du Parti socialiste, était taxé de raciste et de fasciste.
Donc, ce climat de plus en plus totalitaire, il est extrêmement dangereux. Il est aujourd'hui porté par la gauche. Et c'est vrai que ces alliances du pire entre le Parti socialiste, qui la main sur le cœur depuis des semaines nous expliquaient que plus jamais il n'y aurait d'alliance avec la France insoumise, est en fait dans une situation de dépendance psychologique et politique à l'égard de M. Mélenchon. Et donc, si demain, la gauche républicaine veut retrouver ses valeurs, il faut rompre avec le syndrome de Stockholm qui l'allie aujourd'hui à Jean-Luc.
Et établir un cordon sanitaire avec la France insoumise, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui à gauche ?
Mais ça, c'est de la responsabilité aussi de toutes les formations politiques de gauche. Mais quand on regarde la situation aujourd'hui dans les grandes villes, je pense par exemple à Toulouse, est-ce que demain, on imagine des grandes entreprises françaises, des grands industriels comme Airbus continuaient ses activités dans le berceau de l'aéronautique français, si la France insoumise venait à remporter cette élection dimanche ?
Vous les encouragez à partir, c'est ça ?
Non, j'encourage les Français à se lever, et j'appelle la France du travail, j'appelle les Français patriotes, et j'appelle patriotes tous ceux qui refusent de voir la France mourir, d'aller voter dimanche à Marseille. Il y a un risque existentiel de voir la gauche conserver cette ville, avec évidemment les conséquences que nous connaissons sur le quotidien des Marseillais. Nous pouvons évidemment remporter Marseille, et j'appelle aussi, là encore, à voter pour Franck Alizio, et la liste d'union qu'il soutient, et qu'il porte avec le Rassemblement national, et avec les Républicains qui ont fait le choix de nous rejoindre.
La gauche estime qu'elle forme un front anti-fasciste contre vous. Est-ce que vous êtes un fasciste, Jordan Bardella ? Et qu'est-ce que c'est un fasciste, d'ailleurs ?
Non, mais les fascistes, ce sont eux, madame. Les fascistes, ce sont ceux qui refusent des sensibilités différentes, qui refusent la démocratie. Lorsque Mathilde Panot, la présidente de groupe LFI à l'Assemblée nationale, explique que peu importe ce qu'il se passera en 2027, elle refusera le résultat des élections, c'est ça, authentiquement, le fascisme. Rendez-vous compte que, dès le premier tour dimanche, il y a un certain nombre de communes qui ont, très grande partie des communes françaises, ont pu choisir leur maire.
À Chalons-sur-Saône, par exemple, où le maire LR, je crois, a été réélu dès le premier tour, deux élus de la France insoumise ont accédé à l'opposition, et se trouve aujourd'hui dans le Conseil municipal, dans l'opposition, en raison des résultats de la France insoumise. La première démarche, madame, la toute première démarche, cette semaine, quelques heures même après le résultat du scrutin, de la part de ces deux élus municipaux LFI, a été d'engager une action en justice pour permettre le port du voile, le port du voile dans le Conseil municipal et au sein des assemblées locales.
Ce que le tribunal administratif a rejeté.
Merci la justice de défendre encore les valeurs républicaines et de défendre encore la laïcité. Mais on voit bien là que LFI est dans la roue de toutes les revendications, notamment des fondamentalistes islamistes, et d'une manière plus générale, de tous ceux qui portent atteinte à la cohésion nationale. Et on voit bien que ce parti politique, par les propos anti-police, par les propos anti-France, par les valeurs anti-républicaines qu'il défend, par le rejet de tous qui ne pensent pas comme eux, eh bien ce parti politique, qui réitère aussi des propos antisémites très régulièrement, est aujourd'hui, à mon sens, un danger très important pour notre démocratie.
Jordan de Mardella, est-ce que vous avez effectué un changement stratégique ? Vous lancez un appel aux électeurs de droite. Vous leur dites, rejoignez-nous, unissons-nous fort. Jusqu'à présent, pour Marine Le Pen, c'était ni gauche ni droite. Est-ce que c'est un nouveau cas ? Est-ce que ce sont deux visions différentes de ce que vous voulez faire ? Ou est-ce que c'est peut-être le baiser de la mort pour certains candidats que vous soutenez comme apparaît ?
Nous sommes des patriotes. Et encore une fois, je l'ai dit, j'appelle patriotes tous ceux qui ne veulent pas voir la France disparaître. Nous avons des millions de Français...
Mais Marine Le Pen ne voulait pas. Elle n'est ni gauche ni droite.
Nous avons des millions de Français qui nous accordent aujourd'hui leur confiance. Nous avons des valeurs communes avec ce qui a été pendant très longtemps l'électorat de la droite, l'électorat de l'UMP, l'électorat des Républicains. Et il y a beaucoup d'électeurs de droite qui sont des patriotes sincères, qui sont aujourd'hui orphelins d'un leader, d'une incarnation, d'un projet politique. Et quand on voit le patron des Républicains, M. Retailleau, qui pendant des mois a siégé dans un conseil des ministres entre des macronistes et des socialistes.
Il a donc dirigé la France avec des gens de gauche, avec des centristes, qui ont créé les conditions du déclin et de la faillite économique, migratoire et sécuritaire de notre pays. Refuser toute alliance avec le Rassemblement national et même pire, aller jusqu'à exclure des gens qui, dans le cadre de ce second tour des élections municipales, et je pense à la tête de liste, les Républicains de Reims, qui a décidé, dans l'intérêt de la Commune, de faire alliance avec Anne-Sophie Frigou, la candidate du Rassemblement national, eh bien, il est menacé de sanctions. C'est-à-dire, quand on est à LR, on peut faire alliance avec la gauche.
Quel type de sanctions ? Des sanctions électorales ?
Non, de l'exclu... M. Retailleau a...
Ah oui, l'édileur en question.
... l'exclu du parti politique. D'ailleurs, M. Retailleau, il va bientôt avoir exclu plus de gens des Républicains que d'OQTF lorsqu'il a été ministre de l'Intérieur. Mais on voit bien que tout ça n'est pas sérieux, donc moi, je tends la main et je dis aux électeurs de droite, comme à tous les patriotes, comme à tous ceux qui aiment notre pays et qui n'ont pas envie de voir la France disparaître, qui ne supportent plus la façon dont l'économie française déborde d'impôts, de taxes, d'une logique anti-entreprise qui ne valorise pas le travail d'une politique migratoire toujours plus importante
et d'une politique qui est importante
à venir travailler à nos côtés.
C'est pas l'union des droites que vous revendiquez alors que vous étiez absolument contre jusqu'à présent ?
Mais c'est plus que ça. Écoutez, vous me faites un reproche qui, pardon, n'a pas lieu d'être lorsqu'il y a eu la dissolution de l'Assemblée nationale. Ma première démarche et notre premier acte avec Marine Le Pen a été d'appeler le président des Républicains de l'époque, Éric Ciotti, qui a accepté dans un choix courageux de mettre en œuvre une coalition aux côtés du Rassemblement national. Bien sûr, ça ne veut pas dire qu'on est d'accord surtout tout le temps, mais ça veut dire qu'au-delà des sensibilités qui nous séparent, l'essentiel nous rassemble. Et l'essentiel, c'est l'amour du pays, c'est l'amour de la France.
Et quand je vois la dynamique qui porte Éric Ciotti à Nice, eh bien je me dis qu'il a eu raison de faire ce choix. Et je souhaite aujourd'hui que tous les murs puissent tomber et que tous les patriotes puissent se rassembler. Des patriotes, il y en a à droite et donc je les invite à venir travailler.
Ce qui est donc quand même un changement de stratégie de votre part, qui n'est pas exactement la doctrine du RL jusqu'à présent.
Non, ce n'est pas un changement de stratégie, mais le paysage politique, il évolue. Et c'est vrai que beaucoup d'électeurs du Rassemblement national sont des gens qui pendant très longtemps ont pu aussi voter par exemple pour Nicolas Sarkozy ou pour François Fillon.
Bruno Retailleux, que vous venez d'étrier, vous reproche à vous de faire gagner la gauche contre la droite en maintenant vos candidats au second tour comme à Gap, Brest, Fougères, Alençon, Limoges. Qu'est-ce que vous l'éditez ?
On aura proposé des alliances. Je vous donne un exemple très simple. Vous avez beaucoup parlé ces dernières heures dans les médias de la situation à Roubaix et de la dynamique qui porte M. Guiraud qui est candidat de la France insoumise et qui est en capacité et qui va très certainement gagner la vie le dimanche. Nous avons proposé avec notre candidat Céline Saillat une alliance au candidat des Républicains. Maire sortant, il a refusé cette alliance. Et pourquoi est-ce qu'il le refuse ? Parce qu'à chaque fois qu'un candidat des Républicains souhaite faire alliance avec le RN, il est exclu par la direction de son parti.
Donc, si vous voulez, il y a une déconnexion aujourd'hui terrible entre la direction des Républicains et ce qu'attendent aujourd'hui des électeurs, des sympathisants, des élus, des militants. Donc, moi, je tends la main, je continuerai à tendre la main et par l'intermédiaire notamment du parti de l'UDR d'Éric Ciotti, nous souhaitons faciliter aujourd'hui ces ponts et ces passerelles avec l'électorat qui pendant très longtemps a eu le cœur à droite et qui a surtout le cœur au centre de la France.
Jordan de Bardella, on est sur CNews et sur Europe 1. Il y a aussi un changement de stratégie à Paris. Marine Le Pen appelle à faire barrage contre Emmanuel Grégoire, l'accusant d'avoir une responsabilité dans les scandales de violence contre les élèves dans le périscolaire. Responsabilité intolérable, dit-elle, qui aurait dû conduire au retrait pur et simple de M. Grégoire. Je rappelle que 52 animateurs de la ville de Paris sont suspendus pour des suspicions de violences dont sexuelles sur des enfants. Vous pointez la responsabilité d'Emmanuel Grégoire dans ce scandale de pédocriminalité.
D'abord, cette affaire, elle est extrêmement grave et naturellement, la justice devra faire toute la lumière sur ce qui, je trouve, a été un petit peu passé sous silence ces dernières semaines dans les médias qui agitent naturellement le second tour des élections municipales. Mais au-delà du cas de M. Grégoire, Paris doit sortir du socialisme municipal. Vous dites que c'est un changement de stratégie. En 2020, lors des précédentes élections municipales, Marine Le Pen et le Rassemblement National avaient déjà appelé à faire barrage à Mme Hidalgo et à la gauche.
Aujourd'hui, les héritiers d'Anne Hidalgo qui incarnent pour moi tout ce que le socialisme compte de pire, les embouteillages, les taxes, les impôts, les subventions communautaristes, enfin tous les délires woke incarnés dans l'exécutif municipal et dans la politique ont été portés à Paris. Paris est l'une des plus belles villes du monde.
Elle a été abîmée par plusieurs années de gestion socialiste et c'est vrai qu'entre je dirais un moindre mal et la politique du pire, nous avons effectivement fait le choix d'appeler à un barrage contre la gauche et moi je ne suis pas électeur à Paris, je n'aime pas ces consignes de vote, je pense que les Français sont libres et que les Parisiens sont libres de choisir mais à titre personnel si j'étais électeur à Paris, je ferais évidemment barrage aux héritiers d'Anne Hidalgo.
Donc en votant Rachida Dati, est-ce que ce n'est pas le baiser de la mort en quelque sorte puisque M. Mariani a fait moins de 1,61% dans la ville ?
Non mais il ne faut pas non plus idéaliser ce qu'incarne Mme Dati. Mme Dati, encore 15 jours, était ministre d'Emmanuel Macron. Bon, elle compte sur sa liste beaucoup de personnalités politiques qui sont des macronistes, qui sont des centristes donc on n'est pas aux grandes heures de la droite si je puis me permettre. Mais encore une fois, entre le moindre mal et évidemment poursuivre sur le déclin dans lequel les socialistes ont mis la plus belle ville du monde, et bien effectivement il faut choisir.
Donc encore une fois, les Français et les Parisiens sont libres, mais à titre personnel, partout où il faut faire barrage à la gauche et à l'extrême gauche, et bien il faut utiliser le bulletin de vote qui est en face. C'est ma façon de penser.
Emmanuel Grégoire a aussi accusé Emmanuel Macron en d'être intervenu en faveur du retraite Sarah Knafow de reconquête au second tour, démenti et vigoureux de l'intéressé hier à Bruxelles. Il dénonce un mensonge indigne de M. Grégoire. Vous comprenez que le président descende dans l'arène pour dire « je n'ai jamais appelé au retraite Mme Knafow » ?
Je pense que le président de la République a plus d'un tour dans son sac et ça ne m'étonnerait pas qu'il en ait eu au moins l'intention. Pourquoi ? Parce que le président de la République, quand il dit qu'il se désintéresse du débat politique, c'est évidemment totalement faux. Il s'est naturellement engagé dans cette campagne, très certainement dans les couloirs comme il l'avait fait, vous vous en souvenez, lors des élections européennes ou des élections législatives en négociant notamment des retraites second tour pour empêcher le Rassemblement national d'arriver au pouvoir allant jusqu'à tendre la main au candidat de la France insoumise et de M.
Mélenchon qu'il considérait être comme un parti antisémite et antirépublicain 15 jours avant. Donc, qu'il en ait eu au moins l'intention, je ne crois pas qu'il l'ait fait, mais en tout cas qu'il en ait eu l'intention, je n'en serais pas.
Est-ce que vous saluez Jordan Mardel à la décision de Sarah Knafo de se retirer pour donner une chance à la droite de remporter la mairie de Paris ? Vous aviez dit que son parti Reconquête avait fait beaucoup de mal à la droite. Vous pensez toujours la même chose ou pas ?
Oui, je pense que Reconquête a fait beaucoup de mal à la droite mais comme ils l'ont fait d'ailleurs pendant la campagne présidentielle. Je vous rappelle que si Reconquête pendant la campagne présidentielle, M. Zemmour et Mme Knafo avaient fait ne serait-ce qu'un point de plus, Jean-Luc Mélenchon aurait été au second tour de l'élection présidentielle face à Emmanuel Macron et donc on voit bien là qu'avec 12 points de retard pour Mme Dati au premier tour, la dynamique est incontestablement et factuellement du côté de M. Grégoire.
Maintenant, ça ne préjuge pas de ce qui se passera dimanche et je pense en réalité que la division des voix de la droite, en l'occurrence ici à Paris et plus largement du camp national est très certainement le meilleur cadeau qu'on puisse faire systématiquement à la gauche et à nos adversaires, bien sûr.
Les Français réclament pourtant ces alliances de la droite selon un sondage CSA pour ces news de JDD européens publié hier, 70% des sympathisants de droite sont favorables à des alliances LRN au second tour des municipales.
Oui, c'est ce qui rend d'autant plus incompréhensibles les prises de position de Bruno Retailleau. Encore une fois, moi je prends mes responsabilités. Lorsqu'il y a une dissolution, ma première démarche a été de contacter le patron des Républicains, Éric Ciotti, et de proposer aux Français cette coalition électorale entre le président des LR de l'époque et le Rassemblement national que nous conduisions avec Marine Le Pen. Si c'était à refaire, je le referai sans aucune hésitation. Et encore une fois, regardez Marseille par exemple.
Le fait que Bruno Retailleau refuse totalement de demander à Mme Vassal de se retirer alors que nous avons face à nous, Franck Alizio, peu gagné dimanche, le pire de la gauche, le pire de l'extrême gauche, derrière M. Payan qui accuse aujourd'hui toutes les faillites à Marseille, record de prélèvements obligatoires sur le plan local, record de communautarisme, record d'insécurité, main ouverte à tous les partis d'extrême gauche, même M. Delogu qui va jusqu'à se retirer pour appeler à voter pour lui et soutenir M. Payan. Pardon, mais si j'avais été responsable et si j'avais été à la place de M.
Retailleau, eh bien j'aurais fait en sorte que Mme Vassal à minima se retire, mais en tout cas puisse discuter avec le Rassemblement national et puisse créer ses ponts. Donc je pense que ces choix qui sont des choix profondément incompréhensibles de la part des LR mènera ce parti à sa perte. Et donc moi je ne veux pas que des électeurs patriotes qui pendant très longtemps ont voté pour ce parti politique se retrouvent demain orphelins d'un leader et d'une alternance.
Et donc moi je continuerai évidemment de leur tendre la main parce que je pense que pour gagner il faut l'union, il faut le Rassemblement et c'est précisément ce que fait aujourd'hui le Rassemblement national qui peut non seulement gagner des communes dans 48 heures, mais qui je souhaite gagnera la prochaine élection présidentielle.
Est-ce que vous pensez qu'encore une fois ces municipales préfigurent ce qui va se passer en 2027 et peut-être un affrontement entre votre parti et la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ?
Oui c'est une possibilité. Personne ne peut évidemment prévoir ce qui se passera l'an prochain. En tout cas nous allons travailler pour remporter des communes je le disais dimanche mais aussi pour remporter la prochaine élection présidentielle et législative. Nous sommes aujourd'hui les mieux placés contre cela. Et ça serait votre adversaire
favori M. Mélenchon ?
D'abord ce n'est pas nous qui allons décider de notre adversaire ce sont les français mais on voit bien que les urgences quotidiennes des français ne sont pas traités par le pouvoir. Je vous prends un exemple très concret la question du pouvoir d'achat regardez ce qui est en train de se passer aujourd'hui en Iran.
La fermeture du détroit d'Ormuz peut être prolongée sur plusieurs semaines fait craindre évidemment des risques économiques et notamment des risques énergétiques majeurs et moi je souhaite que non seulement la France dans la région puisse préserver ses intérêts assurer la sécurité de nos ressortissants de nos soldats de nos partenaires et de nos alliés et je veux rendre ce matin aussi un hommage à l'adjudant-chef Arnaud Frion qui a été abattu lors d'une opération dans le Kurdistan irakien et rendre hommage évidemment à tous nos soldats engagés dans la région puis il faut aussi naturellement préserver les intérêts économiques de la France depuis le début de cette guerre le gasoil a pris 37 centimes 20 centimes pour l'essence et nous nous demandons au gouvernement de prendre des mesures sur le plan fiscal d'abaisser les taxes parce qu'évidemment que partir du moment où le prix du pétrole augmente l'assiette taxable va augmenter et il ne serait pas normal et il est incompréhensible que l'État s'enrichisse sur le dos d'une crise en prélèvement plus de 60% des prix des cas Le carburant c'est ce que vient de faire l'Italie vous l'avez vu Mme Méloni a annoncé sur les trois prochaines semaines une baisse de 25 centimes à la pompe pour soulager les familles Le gouvernement dit
le coût qui l'en coûte c'est terminé on ne peut plus les finances de notre pays ne nous permettent plus ce genre de geste parce que ce manque à gagner sur les taxes il faudra bien le récupérer quelque part
Mais ça n'est pas un manque à gagner puisque l'assiette taxable augmente le prix du pétrole augmente on est à 100 dollars le baril ce matin donc à partir du moment où le prix du pétrole augmente vous avez sur le carburant 60% de taxes et vous avez une TVA sur l'ancienne TICPE qu'on appelle maintenant les assises c'est à dire que vous avez une taxe sur les taxes donc si vous baissez par exemple la TVA sur les gains qui ont été faits depuis maintenant près de trois semaines c'est un dollar pour le budget de l'État et vous rendez naturellement au pouvoir d'achat aux Français du pouvoir d'achat par exemple sur l'essence j'ai fait les calculs c'est un quart de la hausse que vous pouvez rendre immédiatement à la pompe pour soulager le pouvoir d'achat de nos compatriotes et puis sur l'énergie moi je l'ai défendu je pense qu'il faut sortir des règles de tarification de les prix au niveau européen parce que le prix de l'électricité
est indexé sur le gaz
parce que les règles européennes nous empêchent de bénéficier des fruits de la production nucléaire nous avons un système énergétique basé sur le nucléaire qui est non seulement décarboné mais qui devrait nous permettre de bénéficier de l'électricité la moins chère d'Europe les règles européennes nous en empêchent et donc si demain je suis à la tête du gouvernement j'irai à Bruxelles pour permettre à la France de récupérer un prix national de l'électricité ça accompagnera la compétitivité de nos entreprises qui en ont bien besoin mais ça fera immédiatement baisser les factures de nos compétences
Encore une question Jordan Bardella sur la posture de guerre défensive adoptée par Emmanuel Macron depuis le début de ce conflit est-ce que vous la comprenez est-ce que c'est la bonne ligne stratégique à choisir ou est-ce que vous aurez préféré un engagement plus clair aux côtés des Américains des Israéliens qui nous ont demandé en tout cas les Américains de les aider pour sécuriser le détroit d'Hormuz
D'abord les objectifs de guerre aujourd'hui sont extrêmement erratiques et beaucoup d'observateurs peinent à comprendre d'abord la finalité de ce conflit Côté américain en tout cas Et quels sont les objectifs Côté israélien c'est clair Côté israélien c'est naturellement compréhensible Israël assure sa sécurité face à un Iran qui veut évidemment sa destruction Du côté américain c'est un petit peu plus flou Est-ce que les Américains veulent un changement de régime ce qui paraît difficile à obtenir sans intervention au sol ou est-ce qu'ils souhaitent évidemment enrayer le programme de développement et d'enrichissement nucléaire iranien Bon face à ça moi je pense que la France doit évidemment préserver ses intérêts je l'ai dit Protéger la France de répercussions économiques et d'un potentiel risque migratoire La première ministre italienne Madame Meloni et la première ministre danoise ont écrit à l'Union européenne en ce sens en demandant un renforcement des contrôles aux frontières Je partage cette demande Maintenant je ne souhaite pas que la France s'engage davantage dans ce conflit On voit bien que les répercussions seront extrêmement importantes et nous devons naturellement protéger nos intérêts dans la région et protéger notamment nos alliés Demain il n'est pas interdit de penser que la France puisse participer à une mission de sécurisation des bateaux C'est la position d'un certain nombre de chefs d'État mais pas avant évidemment que les frappes aient cessé donc pour ça il y a évidemment du travail diplomatique à faire et il faut évidemment protéger nos alliés dans le GOF je pense notamment aux Émirats Arabes Unis sur lesquels nous avons une base militaire avec près de 900 soldats et contribuer aussi à leur sécurité en interceptant des missiles c'est ce que fait la France et je pense que depuis le début de ce conflit la position de la France a été raisonnable et honorable
Merci beaucoup Jordan Barnella c'était votre grande interview sur CNews et sur Europe 1 Bonne journée à tous
Jordan Bardella