"Nous sommes à mille lieux des positions politiques de l'extrême droite", réaffirme Clémentine Autain
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Bonjour à tous, merci d'être avec nous ce matin sur France Info, notre invité Clémentine Autain, bonjour. Bonjour. Députée de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Bonjour Renaud Dely. Bonjour Jérôme Cadet. La France Insoumise va-t-elle participer au grand débat ?
Ben oui, parce que Clémentine Autain, ce grand débat s'est lancé, ça y est, 7 heures d'échange entre Emmanuel Macron et des maires avant-hier, 200 débats programmés dans le courant du week-end. Cette fois-ci, ça y est, le grand débat est donc parti, le mouvement des gilets jaunes, donc c'est fini ?
C'est le Président de la République qui a fait une proposition politique parce qu'il était contraint par le mouvement des gilets jaunes. D'ailleurs, il a tardé parce qu'avant même de remettre en cause la taxe et de la suspendre sur le carburant, alors que le pays était dans une colère déjà très très forte, il lui a fallu trois semaines, et encore on arrive au neuvième acte avant que le Président de la République prenne une initiative qui est l'initiative de ce débat.
Une initiative qui marque donc la fin du mouvement des gilets jaunes ?
Non, ça ne marque pas la fin du mouvement des gilets jaunes, ça marque un moment de prise de considération du Président de la République de la question, mais avec une limite qui est une limite majeure. Et je reprendrai là le mot de l'humoriste Guillaume Meuriste parce que je pense qu'il a bien résumé la situation. Il dit qu'il est temps de discuter tous ensemble de la manière dont nous allons faire comme j'ai prévu.
C'est-à-dire qu'on a un débat qui est très cadré par le Président de la République, où vous avez des questions qui ont été soulevées autour des ronds-points de façon forte, je pense par exemple à l'ISF qui était une question qui revenait sans cesse, puisque la justice sociale, fiscale est au cœur des revendications, et le Président de la République l'exclut, et par contre il nous fait revenir par la fenêtre, par la porte, l'immigration, la laïcité, qui n'étaient pas au cœur des préoccupations des Français.
On entend des reportages ce matin sur France Info, des gens débattent depuis hier et parlent de l'ISF. Ils disent qu'il faut par exemple le rétablir pour certains d'entre eux.
Oui, mais vous avez entendu le Président de la République qui dit que vous pouvez discuter de tout en gros, mais le cap reste inchangé. Et c'est bien là le problème.
On peut discuter de tout.
Ah bah ça, on peut discuter de tout.
On peut discuter de l'ISF, on peut discuter de tous les sujets. D'ailleurs la question lui a été posée aussi.
Oui Renaud Delimé, comment on tranche à la fin ? C'est le Président de la République qui tranche. Il n'y a pas de processus qui permette de retourner au peuple pour dire, voilà, on a eu un débat et vous allez le trancher. Et c'est là toute la supercherie de ce débat. C'est que, évidemment qu'on peut discuter, et je pense que c'est mieux de débattre que de ne pas débattre.
Donc vous souhaitez quand même participer à ce bon débat ?
Non, nous ne participerons pas parce que nous n'avons aucune garantie de la prise en considération de ce qui va s'exprimer.
Vous venez de dire que c'est mieux de débattre que de ne pas débattre ?
Oui, mais on est toujours pour le débat. Nous on débat à l'Assemblée nationale, on y est en débat. Donc vous avez participé au débat ? Non, nous ne participerons pas à ce débat parce que nous ne voulons pas cautionner une entreprise de communication du Président de la République qui consiste à, effectivement, faire un geste parce qu'il est obligé, la crise politique est majeure, donc il fait un geste, mais en même temps il ne donne pas les conditions que le débat, au fond, soit tranché par les Français. Et c'est pourquoi nous nous disons, parce qu'il faut parler des sorties de crise que nous proposons.
Je pense que s'il avait dit, par exemple, très simplement, je reviens sur l'ISF, j'augmente sérieusement les bas salaires, et je reviens sur la question de la CSG. S'il avait dit, bon, on commence déjà par le RIC et une dose de proportionnelle. Je vous propose une solution immédiate.
Vous avez dit d'emblée adopter le programme de la France Insoumise ?
Non, ce n'est pas le programme de la France Insoumise. Ce sont quelques mesures d'urgence qui ont émergé sur les ronds-points et qui, certes, sont dans le programme L'Avenir en Commun, mais ne sont pas tout le projet de la France Insoumise. S'il avait commencé à donner quelques gages pour dire qu'il entendait cette colère forte des Français, qui est une colère qui porte sur la justice, sur la dignité populaire, je pense qu'en effet, les choses auraient pu être différentes.
Alors, après-demain, une certaine page Facebook du mouvement des Gilets jaunes annonce déjà une dixième mobilisation samedi. Donc, vous, vous souhaitez que cette mobilisation ait lieu et qu'elle soit massive ?
Oui, je souhaite que cette mobilisation ait lieu, mais je vais vous dire ce qui me tient vraiment à cœur, c'est l'élargissement du mouvement. Les Gilets jaunes ont cristallisé, je crois, le résultat de 30, voire maintenant 40 ans, de politiques de dérégulation économique, de libéralisme débridé, d'austérité aussi, qui s'abattent du coup sur les services publics. Et donc, il y a une cristallisation autour du Gilet jaune. Mais vous avez remarqué qu'il y a des pans entiers du peuple qui ne sont pas encore en mouvement. Et moi, ce que je souhaite, je vous le dis assez...
Vous pensez jusqu'à quand ? Donc, samedi, ça va être la dixième journée de mobilisation. Il en faudra combien d'après vous ? 15, 20, 30 ?
Je ne peux pas vous dire. D'abord, ce n'est pas moi qui décide. Il ne suffit pas d'appuyer sur un bouton pour qu'on ait des mobilisations. Mais par contre, je vous le dis, ce qui importe maintenant, c'est la convergence avec d'autres secteurs qui ne sont pas encore mobilisés. Et moi, j'appelle les responsables que nous sommes tous, les responsables syndicaux, du mouvement social, plus traditionnel, mais aussi, moi, je suis élue de banlieue populaire et j'ai fait mes voeux pas plus tard qu'avant-hier soir. Et j'appelais aussi à cette mobilisation. Et donc, aujourd'hui, il faut qu'on converge...
Sur quel mot d'ordre ? Samedi, il y a des pages Facebook du mouvement des Gilets jaunes qui appellent à un jour historique pour renverser le gouvernement. C'est ça le mot d'ordre ?
Il faut renverser le gouvernement, mais il faut aussi une sortie, une issue. Il faut qu'il y ait une espérance qui permette qu'on se dise que ce n'est pas simplement qu'on met Macron dehors, c'est qu'on a une solution politique. Et moi, mon obsession, c'est de me dire comment cette solution politique peut être du côté du progrès humain.
Donc il faut renverser le gouvernement par des mobilisations dans la rue ?
La mobilisation sociale est une condition pour faire grandir une espérance de transformation, de changement. Moi, je n'arrête pas d'entendre cette phrase. Il faut que ça change, il faut que ça change. Donc il faut que ça change, je le crois profondément. Et ce dont nous devons débattre, c'est quelle est la société de demain qui n'est plus celle de ce libéralisme économique débridé, aussi d'une conception des droits et libertés qui sont sans arrêt grignotées, parce que le libéralisme économique, il s'accompagne d'un recul des droits, des protections et des libertés publiques, comment on bascule dans un changement.
Il faut une perspective, vous disiez, une alternative, un espoir. Pourquoi ce n'est pas vous ? Pourquoi ce n'est pas la France insoumise ? Quand on regarde les sondages d'intention de vote pour les élections européennes, il y en a encore eu un de l'Institut IFOP hier, on voit que la France insoumise, elle est estimée autour de 9,5%, 10%, la République en marche 23%, le Rassemblement national 21%.
Pourquoi ça ne marche pas ? Je pense que c'est difficile de vous répondre en trois phrases, parce que ce sont des processus au long cours, mais je dirais au moins deux éléments. D'abord, l'extrême droite avait une avance bien antérieure.
Pas aussi grande. Marine Le Pen a fait 21% en point de vue de la présentielle, ils sont toujours dans les sondages autour de 21%. Emmanuel Macron a fait 24%, à peu près au même niveau pour appliquer en marche.
Non, je ne vais pas esquiver votre question.
En revanche, Jean-Luc Mélenchon avait fait le double.
Je n'esquive pas du tout votre question. Je dis qu'il y a quand même un premier élément qui est une avance de Marine Le Pen et de l'extrême droite qui est antérieure au mouvement des Gilets jaunes. Et qui se creuse. Deuxième point, je ne crois pas que la séquence de l'automne ait été très bonne pour la France insoumise à plein d'égards. On a malheureusement eu beaucoup de polémiques, de choses qui ont empêché que notre voix... Par les directs réactions de Jean-Luc Mélenchon lors des perquisitions ? Entre autres, entre autres. Mais je pense que notre voix... Ça vous le payez, vous pensez, aujourd'hui dans les sondages ?
Je pense que notre voix de fond n'est pas toujours clairement identifiée parce que ces derniers temps, nous avons été face à des polémiques diverses et variées. Vous n'êtes pas entendue par les Gilets jaunes. C'est un deuxième élément. Mais il me semble que dans le mouvement des Gilets jaunes, ce qu'on pouvait redouter au démarrage, c'est-à-dire que les thématiques de l'extrême droite soient dominantes, très présentes, en réalité, c'est plutôt des thèmes qui nous sont proches. La question du partage des richesses, la question de la démocratie véritable, qui est au cœur des Gilets jaunes. Et c'est ce qui, moi, me donne un espoir important parce qu'on n'est pas à la fin de l'histoire.
Pour l'instant, on est dans ce moment-là et le rapport de force, il faut prendre conscience de la difficulté de la tâche. Mais je crois que nous avons du grain à moudre et qu'il faut souhaiter agir pour qu'une convergence plus grande des forces qui sont du côté du progrès, du côté de l'égalité, du côté de la justice, du côté de la démocratie et pas de l'autoritarisme et du repli, que ces forces-là convergent et arrivent à tracer ensemble non seulement de la colère dans la rue, mais aussi une espérance dans une solution politique possible pour l'après-Macron.
Clémentine Autain, notre invité ce matin sur France Info. On poursuit cet échange juste après l'info. Il est 9h20. David Doba.
Carlos Ghosn, officiellement lâché par l'État. Bruno Le Maire demande la convocation dans les prochains jours d'un conseil d'administration de Renault. À l'ordre du jour, justement, la nomination du successeur de celui qui est toujours l'actuel PDG, l'État possède 15% du constructeur. Il a le week-end pour préparer sa défense. Alexandre Benalla, attendu lundi, devant la commission d'enquête du Sénat. Hier, Patrick Stroda, directeur du cabinet du chef de l'État, a accusé l'ancien collaborateur d'avoir utilisé un faux pour se procurer l'un de ses passeports. Après le témoignage de la victime présumée hier, le procès de deux policiers accusés de viol au 36 qui les orfèvres se poursuit.
Aujourd'hui, devant la cour d'assises de Paris, audience consacrée aux analyses ADN. Elle a survécu à la motion de censure, de justesse. Theresa May continue désormais ses tractations. La première ministre britannique doit retourner à sa difficile mission, celle de sauver le Brexit. Un nouveau plan doit être présenté dans quelques jours maintenant. Et puis, c'est une des conséquences de l'explosion au gaz qui a coûté la vie à 4 personnes. Samedi dernier, rue de Trévis, à Paris, 9 bâtiments voisins sont temporairement inhabitables. Parmi eux, 3 hôtels, une centaine d'habitants concernés.
La députée Clémentine Autain, députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis, notre invité ce matin sur France Info.
Renaud Delis. Parmi les revendications du mouvement des Gilets jaunes que vous évoquiez à l'instant, Clémentine Autain, il y a notamment le fameux RIC, le référendum initiative citoyenne qu'on retrouve aussi dans le programme de la France Insoumise. Précisément, l'un de vos collègues du groupe La France Insoumise, François Ruffin, le député de la Somme, il a défendu ce RIC lors d'une conférence de presse et il en a parlé en ces termes.
Oh, il n'a pas fleuri par hasard. Il a fleuri parce que des hommes de conviction, nommons-les. Étienne Chouard et ses amis ont semé, ont arrosé depuis des années. Depuis le traité constitutionnel européen de 2005, depuis la trahison de Lisbonne.
Étienne Chouard, il faut rappeler que c'est un enseignant qui a notamment défendu le polémiste antisémite Alain Saurat et volontiers relayés des thèses conspirationnistes. Cette intervention de François Ruffin, elle vous a inspiré un tweet, Clémentine Autain, vous avez dénoncé des dérives rouges-brun. Vous avez dit, sans doute, suis-je trop sensible aux dérives rouges-bruns ? Est-ce que vous pensez que la France insoumise est menacée par une telle dérive ?
J'étais en désaccord avec François Ruffin sur le fait de citer et de valoriser Étienne Chouard pour les raisons suivantes. C'est qu'il faut faire très attention dans un moment qui est singulier. Vous imaginez quand même que ce n'est pas commun pour nous de se retrouver au-dedans des ronds-points dans un mouvement qui est aussi soutenu par l'extrême droite. Moi, je suis pour qu'on soutienne les Gilets jaunes. Je pense qu'on y a toute notre place. Mais on ne peut pas balayer... L'accusation est forte. Pas dérive rouge-brun de François Ruffin. Pas dérive rouge-brun de François Ruffin. Que les choses soient claires.
Sans doute, suis-je trop sensible aux dérives rouges-bruns ? Oui, mais ce n'est pas... Je n'aurais pas pris pour modèle Étienne Chouard.
Voilà. Je n'aurais pas... Mais je ne dis pas que François Ruffin est dans une dérive rouge-brun. Je dis qu'il faut faire attention à ce que nous disons dans le menu détail et au message que nous renvoyons parce que la situation que nous traversons est tout à fait inédite. Elle traduit un essoufflement du mouvement ouvrier. Une panne. Je veux dire, c'est historique ce qui se passe. Vous vous rendez compte ? Même au début du XXIe siècle, les premières grèves, je pense à 95, je pense à 2003, c'était des mouvements dans lesquels les syndicats, les courants communistes, socialistes, historiques, de cette tradition du mouvement ouvrier, quelque part, avaient la main.
Vous voyez ce que je veux dire ? Avaient la main. Là, aujourd'hui, ce qui émerge, c'est du neuf. Et ça nous bouscule. Et moi, je le dis, c'est une bonne chose. C'est une bonne chose qu'on soit bousculé. Mais dans le même temps qu'il faut accompagner les Gilets jaunes, en être, comprendre cette colère, se laisser, évidemment, bousculer par ce qui se passe. Mais ma conviction, c'est qu'il y a un péril qui est international. Vous savez qu'il y a eu Trump, Bolsonaro. Vous connaissez la situation en Europe. Eh bien, moi, je dis que nous devons être extrêmement au clair sur la confrontation nécessaire de vision du monde avec l'extrême droite.
Et donc, il faut faire attention aux références utilisées dans ce mouvement. Est-ce que vous êtes, vous, fascinée par Éric Drouet ?
Non, je ne suis pas non plus fascinée par Éric Drouet. Je l'ai déjà dit, je vous le redis.
Vous comprenez que Jean-Luc Mélenchon soit fasciné par Éric Drouet ?
C'est un terme... Alors, d'abord, Jean-Luc Mélenchon est un Méditerranéen qui souvent utilise des termes qui sont des termes, voilà, qui... Je ne sais pas comment on peut dire, mais bon, moi, je suis peut-être d'un tempérament plus mesuré. Donc, je ne suis pas fascinée par une personnalité. Non, mais c'est la fascination sur une personnalité. Alors, après, on est allé chercher qui était Drouet. Certains ont dit, mais oui, il a voté pour l'extrême droite, puis finalement, non. Donc, vous voyez, tout ça est très complexe. Mais il a relayé
des thèses conspirationnistes, notamment sur le pacte de Marrakech et sur d'autres sujets.
Je ne suis pas fascinée par Éric Drouet. En revanche, je suis très intéressée et par la mobilisation qui est en cours et par notre capacité à contribuer à fédérer le peuple, tout le peuple. Tout le peuple.
Marine Le Pen a expliqué dans une interview à Valeurs Actuelles il y a deux semaines qu'il y avait, au fil de ce mouvement des Gilets jaunes, des convergences qui étaient apparues entre la France insoumise et le Rassemblement national.
Oui, après, elle a dit exactement l'inverse sur France 2. Donc, vous voyez, elle peut dire une chose un jour et puis une autre chose un autre jour. Je crois que c'est assez clair. Quand vous regardez notre programme et que vous regardez le programme de l'extrême droite, on a des visions du monde qui s'opposent sur des sujets, il faut être concret là-dessus. Le partage des richesses n'a jamais été l'affaire de l'extrême droite. Ça ne veut pas dire qu'ils ne peuvent pas avoir un discours social. Mais le partage des richesses réellement n'est pas leur sujet. La question écologique qui chez nous est structurante.
Nous pensons que pour basculer dans le monde nécessaire, suivant, il faut appliquer une transition énergétique pour répondre aussi aux défis climatiques. Vous nous donnez à qui tu es que l'extrême droite se moque littéralement de l'enjeu environnemental.
Sur la question nationale, je vais vous citer ce qu'elle dit exactement.
Liberté et droit et démocratie, vous comprenez que nous sommes à milieu de les propositions politiques de l'extrême droite qui aime beaucoup la Ve République.
Marine Le Pen, dans cet entretien, elle regrette ce que Jean-Luc Mélenchon ait été tenté mais qu'il n'ait pas osé, je la cite, rompre au sein de son mouvement, au sein de la France insoumise avec les gauchistes et les communautaristes. En fait, elle vous vise vous ? Vous êtes celle et ceux qui empêchent Jean-Luc Mélenchon de dériver ?
Je vais vous dire, moi je n'ai pas de problème à être visée par Marine Le Pen et si elle me considère comme une adversaire, fort bien. La réciproque est tout à fait vraie et moi je suis prête à cette confrontation avec l'extrême droite et elle est nécessaire. Donc ça, je n'ai pas du tout de problème avec ça mais j'aimerais bien qu'on n'insulte pas non plus les militants de la France insoumise et de notre famille politique du matin au soir en expliquant que nous serions à ce point dans une bascule prêts à faire des alliances avec ceux qui sont historiquement nos ennemis politiques. Il n'y a aucun risque
d'une situation ou d'une dérive à l'italienne en quelque sorte.
Écoutez, moi je suis ferme là-dessus. Je pense que d'ailleurs l'exemple italien qui n'est pas la première fois que l'Italie nous sert de contre-exemple. Vous vous souvenez il y a eu une époque où tout le monde s'était mis derrière Romano Prodi à gauche en Italie et que le résultat a été que Romano Prodi qui était un libéral a été élu et ensuite ça a été Berlusconi 2. Il se prétendait un rempart à l'extrême droite et au final on n'a plus de gauche et à nouveau Berlusconi qui revient. Premier élément.
Et aujourd'hui nous voyons bien que oui, il faut répondre aux aspirations populaires mais ne pas perdre le fil et la cohérence de ce qu'est un projet d'émancipation humaine qui correspond à notre tradition et à notre histoire. Il faut le dire dans des formes nouvelles il faut chercher du neuf c'est l'évidence mais en même temps je crois que cette cohérence sur le fond et sur la durée est la seule façon que nous ne mourions pas dans des projets et des aventures qui nous emmèneraient du côté du brin et non pas dans une réponse qui permette d'améliorer la vie des gens tout simplement.
dans sa lettre au français dans laquelle Emmanuel Macron brasse l'ensemble des sujets qui peuvent être traités lors de ce grand débat il les brasse de façon très large il a aussi évoqué un thème qui est le thème de l'immigration il a eu la nécessité je le cite de revoir les défaillances de l'intégration voici ce que le président du groupe des députés marcheurs à l'Assemblée nationale Gilles Le Gendre en disait
voilà des années que la question de l'immigration empoisonne le débat public français parce qu'on refuse de le traiter autrement que de manière simpliste et démagogique l'occasion ce grand débat donne l'occasion d'aborder les questions différemment en donnant sur ce sujet aussi la parole aux français ce qui produira forcément des choses
intéressantes C'était Gilles Le Gendre lundi matin sur France Info ça vous choque qu'on parle d'immigration dans ce débat ?
Je ne vois pas le rapport si vous voulez c'est à dire que ce grand débat il arrive suite à la mobilisation des gilets jaunes bon je n'ai pas l'impression que dans les revendications des gilets jaunes la question migratoire était au coeur et quand on voit les rapports de force politique idéologique j'estime que c'est une faute morale du président de la république que d'avoir choisi d'introduire ces questions là d'ailleurs il y a même un débat dans son propre camp et moi je suis amère et triste pour toutes celles et ceux qui ont voté Emmanuel Macron en estimant que c'était un rempart à l'extrême droite et de le voir aujourd'hui jouer avec le feu là-dessus mais vous savez moi j'ai participé à l'Assemblée Nationale au débat sur l'immigration j'ai vu ce qui était dans le texte asile et immigration et je vous assure que c'est une honte vis-à-vis de notre devoir d'humanité et de ce qu'aurait dû être un projet sur ces questions qui réellement s'opposent à l'extrême droite
la députée France Insoumise Clémentine Autain notre invité ce matin sur France Info et les 8h50 le tour de l'info David Doba
le service national universel voulu par Emmanuel Macron testé dès le mois de juin 3000 jeunes volontaires en uniforme 13 départements concernés notamment le Cher la Creuse la Loire Atlantique ou encore le Vaucluse les 15 premiers jours seront dédiés à la cohésion en hébergement collectif et puis les 15 autres à l'engagement individuel les journées commenceront par un salut au drapeau et une marseillaise Emmanuel Macron qui sera par ailleurs cet après-midi à Toulouse il présentera ses voeux aux armées contrairement aux années précédentes ce sera la seule cérémonie du genre pour le chef de l'Etat les passeports d'Alexandre Benalla au coeur des auditions de la commission d'enquête du Sénat hier Patrick Straud directeur de cabinet du chef de l'Etat a accusé l'ancien collaborateur d'avoir utilisé un faux pour se les procurer une version confirmée par Christophe Castaner la crise se poursuit à Marseille l'OM battue hier à Saint-Etienne deux buts à un dans le cadre d'un match en retard de la 17ème journée de Ligue 1 les autres rencontres Monaco-Nice 1 partout 1-0 pour Nîmes Nantes enfin Toulouse et Lyon se sont quittés sur le score de 2 partout et puis fin du premier tour pour le mondial de Hand ce soir les bleus assurés de terminer en tête de leur groupe et donc déjà qualifiés affrontent la Russie le coup d'envoi c'est à 20h30 depuis Berlin
France Info Clémentine Autain député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis notre invité ce matin Renaud Delis
Dans une lettre interne à la France Insoumise il y a un certain nombre de cadres qui ont reproché à Jean-Luc Mélenchon son mode de gouvernance et sa dérive autoritaire à la tête de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon a répondu hier soir sur le plateau
du 20h de France 2 j'ai une façon de diriger qui est que je ne permets pas que les uns ou les autres s'emparent du label et en fassent ce qu'ils veulent moi je ne trouve pas normal quand on est dans un rapport il n'y a pas un parti ou un mouvement qui fait ça quelqu'un qui vous critique peut-il vous représenter en même temps il critique la liste dans laquelle il est on ne peut pas critiquer
Jean-Luc Mélenchon au sein de la France Insoumise
l'enjeu à mon avis c'est que nous ayons à la France Insoumise une nouvelle étape qui nous permette précisément de réguler les conflits qui naissent nécessairement dans tout mouvement dans toute organisation collective et qui permettent aussi de faire respirer le pluralisme politique qui est nécessaire quand on est une force à vocation majoritaire et qui cherche à grandir et à agréger donc de bâtir
une nouvelle démocratie interne
il y a un an je l'avais dit dans une interview à Politis qui d'ailleurs n'avait pas été toujours bien appréciée en haut lieu dans la France Insoumise mais je l'avais dit j'avais posé cet enjeu là je pense que nous avons besoin de trouver de façon nouvelle parce que le mouvement au départ est gazeux il démarre sur la dynamique de la présidentielle et on voit bien en marchant que certes on ne veut pas faire les partis tels qu'ils ont existé au XXe siècle c'est-à-dire retrouver les mêmes formules pyramidales etc.
mais en même temps il faut qu'on avance vers des possibilités d'organisations qui permettent de garantir davantage le pluralisme et de donner de la respiration démocratique et des lieux où les questions se posent moi je suis navrée de voir que Jean-Luc Mélenchon se retrouve dans une interview à France 2 confronté à un tweet à des querelles qui sont des querelles qui ont sans doute une légitimité mais qui sont internes Vous voyez bien qu'il y a un problème Le problème c'est qu'aujourd'hui
à la France insoumise on ne peut pas être insoumis à Jean-Luc Mélenchon
Je pense qu'il faut qu'on traite la question du pluralisme plus grand dans la France insoumise moi je pense que François Coq et vous connaissez peut-être mes désaccords avec François Coq c'est pas celui qui est le plus proche de mes positions à la France insoumise il a sa place dans la France insoumise donc comment on fait pour avancer ensemble sortir de ces débats qui sont maintenant sur la place publique et être capables de le faire vivre en interne là où ce débat doit avoir lieu
Pour revenir au mouvement des gilets jaunes Clémentine Autain le directeur général de la police nationale Eric Morvan a rappelé hier dans une note adressée aux forces de l'ordre les consignes pour un usage mesuré du flashball et des LBD ce qu'on appelle les LBD les lanceurs de balles de défense Eric Morvan dit ceci le tireur ne doit viser exclusivement que le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs est-ce que vous avez confiance dans ce rappel aux forces de l'ordre ?
Je suis en tout cas très très attentive à la façon dont les forces de l'ordre opèrent vis-à-vis des gilets jaunes et des manifestants ils reçoivent des ordres et déjà je veux dire que moi ce qui m'interpelle c'est l'utilisation à tout va de flashball et de ces fameuses grenades que nous sommes les seules les grenades explosives spécifiques dont nous sommes les seules la France à l'utiliser à l'échelle européenne ce qui est assez assez incroyable donc je ne veux pas mettre en cause l'ensemble des policiers la majeure partie fait évidemment son travail très correctement et par ailleurs ils travaillent aussi avec des comment dire des outils qui sont mis à leur disposition par le pouvoir en place
donc le problème ce ne sont pas les policiers mais leur équipement
leur équipement et parfois aussi les messages qui sont envoyés je veux dire on nous parle beaucoup d'appels à la violence de la haine verbale quand on entend Luc Ferry expliquer que ce serait bien qu'ils utilisent leurs pistolets et leurs armes
mais ce n'est pas lui qui donne les consignes et les ordres aux policiers
il y a un climat il y a un climat d'escalade et non de désescalade et je vous le dis franchement 92 blessés du côté des manifestants 5000 gardes à vue c'est absolument considérable je pense qu'on n'a pas vu ça depuis 1968 donc moi j'appelle à la désescalade
y compris les manifestants c'est aussi parce que les forces de l'ordre sont agressées sont attaquées
c'est pour ça que je vous parle d'escalade moi je veux dire qu'on soit en colère très bien de toute part d'ailleurs pas de problème mais que cela se traduise par de la violence physique d'où qu'elle vienne je suis opposée pour des raisons politiques profondes démocratiques et donc voilà mais la question c'est comment on crée un climat qui permet la désescalade et de ce point de vue la responsabilité du gouvernement est engagée
Carlos Ghosn l'ex-PDG de l'Alliance Renault-Nissan est toujours en prison depuis deux mois au Japon et hier le ministre de l'économie Bruno Le Maire a lâché celui qui était toujours PDG de Renault il appelle à un nouveau conseil d'administration de Renault pour mettre en place une direction pérenne
à la bonne heure non ? vous ne trouvez pas ?
vous étiez impatiente
ça me paraît assez raisonnable oui ça me paraît assez raisonnable mais enfin je constate alors je sors un peu de Carlos Ghosn
il est présumé innocent je le rappelle Carlos Ghosn
oui oui mais enfin je pense que pour le climat de l'entreprise vu ce qui lui est reproché le climat aussi qui est lié à certaines de ses déclarations je pense que voilà ça me paraît de bonne augure
le gouvernement l'a protégé trop longtemps
le gouvernement l'a protégé mais le gouvernement aime bien protéger les puissants vous avez remarqué regardez Benalla moi j'ai vu des condamnations pour des gilets jaunes qui sont quand même assez salés et sévères pendant ce temps là monsieur Benalla son coffre fort on ne va pas trop le chercher il est poursuivi des passeports diplomatiques dans tous les sens oui j'ai pas l'impression qu'il a été particulièrement malmené on est venu il n'était pas là on lui a dit on repasse demain pas de problème prenez votre temps monsieur Benalla il n'est toujours pas en garde à vue le sentiment de deux poids deux mesures il faut que le pouvoir en place l'entende est assez insupportable pour des millions de français
Clémentine Autain députée de la France sous-ministre de Seine-Saint-Denis c'est notre invité ce matin merci à vous bonne journée à tous
Clémentine Autain