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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 30 juin 2026 23 min

Canicule, mort de Louis à Narbonne, élection présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de Karim Bouamrane

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonjour Karim Boimbran. Bonjour Madame Lambret. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Merci d'être avec nous sur France Info. Vous êtes le maire de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, depuis 6 ans maintenant, et vous êtes candidat à la présidentielle. Pourquoi ajouter une candidature à gauche ? Pourriez-vous faire à l'échelle du pays ce que vous estimez faire pour votre ville, sur le narcotrafic ou la protection de l'enfance notamment ? Mais d'abord, la canicule, impréparation, inaction, incompétence. Est-ce que vous faites partie de ceux qui font le procès du gouvernement ?

0:28
Bruno Le Maire

Je fais surtout le procès de toutes celles et ceux qui étaient dans le déni, le déni climatique. Là, ce n'est pas une exception à ce qui s'est passé en ce début d'été. On rentre dans le vif du sujet du début du XXIe siècle, où aujourd'hui on ne peut plus continuer à vivre qu'on a continué à vivre, avec cette espèce de déni climatique. Que ce soit sur le plan du bâtimentaire, que ce soit sur le plan de la végétalisation, que ce soit sur le plan des us et coutumes, que ce soit sur le plan du comportement, que ce soit sur le plan des investissements qu'on doit faire en direction des budgets verts. Donc on change de paradigme.

Je fais le procès de toutes celles et ceux qui nous ont précédés depuis les 30 dernières années.

1:01
Présentateur

Mais il y a un gouvernement en place aujourd'hui, depuis quelques années déjà. Est-ce qu'il a été dans le déni lui aussi ? Est-ce qu'il n'a pas fait suffisamment ? Il ne s'est pas préparé suffisamment ?

1:10
Bruno Le Maire

Il était dans le continuum de tout ce qui a caractérisé les 30 dernières années. C'est qu'on se dit, on prie le bon Dieu lorsqu'on est croyant, qu'il n'y ait pas de pic de chaleur. En attendant, ce n'est pas le gouvernement qui va être en capacité de changer tout le bâtimentaire. Moi, en tant que maire, je le vois, une bonne partie des constructions, que ce soit des passoires thermiques ou que ce soit des problèmes d'exposition plein sud, que ce soit des matériaux utilisés, des coudrons noirs, du coudron, du coudron, des baies vitrées. On est encore dans une logique d'urbanisme des années 70 qui n'ont pas compris qu'aujourd'hui, il y a un réchauffement climatique. Donc, il y a ce sujet-là.

Mais le vrai sujet aussi, c'est être en capacité de végétaliser. Pas plus tard qu'il y a un mois, j'étais en Colombie, à Medellin par exemple, ils ont planté 3 millions, ils ont gagné 2 degrés. À Saint-Ouen, j'ai doublé la végétalisation de 16 hectares à 32 hectares. J'ai planté, je suis sur une dynamique de planter 3 000 arbres. C'est comme ça qu'on arrivera à faire un degré. En plantant 3 000 arbres, on va gagner 1 degré, 1 degré et demi pour les 5, 6, 7 prochaines années. Est-ce que vous êtes d'accord avec le Premier ministre pour dire que le système a tenu ? Le système a tenu. Tout dépend de ce qu'on entend par le système a tenu. Les hôpitaux aujourd'hui, c'était limite en rupture.

Les agents de la fonction publique, ils vont être au bord du burn-out. J'attends le bilan. Est-ce que ça va être proche de 2003 où on a touché les 15 000 morts ? Oui, on a un pays qui tient, comme ça a tenu pendant le Covid. Mais est-ce qu'on doit se limiter à sa tenue ? Il faut aujourd'hui changer de paradigme et être dans une logique de... Non pas que ça tienne, mais qu'on change. Et c'est pour ça que, moi, en tant que candidat à la présidence de la République, moi, ce que je recommande, c'est qu'il y ait un minimum minimum de surface végétalisée dans chaque ville urbanisée. On a un taux de logements sociaux minimum dans le cadre de la loi SRU.

3:00
Présentateur

Vous voulez que la loi grave dans le marbre le taux de végétalisation des villes ?

3:04
Bruno Le Maire

Absolument, absolument. Par exemple, à Saint-Ouen, moi, j'ai doublé le nombre d'hectares végétalisés. Il faut qu'on l'impose. On impose, et c'est très bien, dans le cadre d'une démocratie sociale, d'une puissance publique interventionniste, un minimum minimum de logements sociaux dans toutes les villes.

3:21
Présentateur

Vous dites, faisons la même chose avec les arbres.

3:22
Bruno Le Maire

La même chose pour les arbres et la végétalisation.

3:25
Présentateur

La question qui se pose aussi en toile de fond, c'est celle de la responsabilité des villes et la responsabilité de l'État. L'État, les collectivités se sont renvoyées la balle ces derniers jours. Par exemple, sur le sujet des écoles surchauffées, je ne peux pas rénover un bâtiment qui ne m'appartient pas, je ne peux pas poser la clim moi-même. C'est ce que disait le ministre de l'Éducation nationale, qui était à votre place il y a quelques jours sur France Info. Est-ce qu'il se défausse ou est-ce qu'il a raison, c'est à vous, en tant que maire, de rendre les écoles supportables pour les enfants et les profs ?

3:54
Bruno Le Maire

Bravo, monsieur le ministre de l'Éducation. Je ne peux pas remplacer les clims dans les écoles. Mais qui va les payer, les clims ? J'ai la chance à Saint-Ouen, en tant que maire de Saint-Ouen, d'avoir les moyens de mes ambitions et pour réagir, réagir, réagir au regard de l'urgence, être en capacité de mettre des salles rafraîchissantes et de mettre des climatiseurs. Donc, première décision, heureusement que je n'ai pas fermé les écoles. Le premier problème des familles, aucune école a fermé, madame Lambret, mais pourquoi ? Parce que les premières victimes collatérales, c'est toutes celles et ceux qui sont à 3, 4 par chambre. C'est ça, la réalité.

Ensuite, les climatiseurs, il faut pouvoir les acheter. Ensuite, les salles rafraîchissantes, il faut avoir les moyens de pouvoir les acheter. Et ensuite, il faut pouvoir coordonner les piscines ouvertes gratuites. C'est ce que j'ai fait, par exemple, à Saint-Ouen. Mais encore faut-il avoir une piscine. Encore faut-il que les présidents d'intercommunalité, comme c'est le cas dans la ville où j'exerce, le président de la Pleine-Commune, c'est M. Bagayoko, donc avoir la possibilité d'ouvrir les piscines. Moi, j'ai pu ouvrir les piscines jusqu'à 23h30. Encore faut-il avoir la possibilité et les moyens humains d'ouvrir les parcs toute la nuit. C'est ce que j'ai fait.

Donc, c'est très bien de se défausser sur les mers. Mais aujourd'hui...

5:04
Présentateur

Mais les écoles, c'est bien le rôle des mers, non ?

5:06
Bruno Le Maire

Non, les écoles, c'est le rôle... Le bâti, le bâtiment des écoles. Le bâti, c'est le rôle des mers. Donc, un, encore faut-il que les mers aient eu la possibilité d'avoir des constructions en phase avec cette exigence climatique. Ce n'est pas forcément le cas. Je vous donne un exemple. Non, non, en vrai, M. Larouto. Actuellement, j'exerce un rapport de force avec des constructeurs, avec des promoteurs qui ont construit une école, Arita Franklin pour ne pas la citer, avec un déficit climatique, avec un déficit en termes de construction qui nous affecte de 1 million. Donc, c'est une guerre de tous instants. Orientation sud. N'importe quoi. Donc, oui, c'est le rôle des mers.

C'est-à-dire que les collègues construits vers le sud, c'est ça ? Exactement. Donc, oui, c'est le rôle des mers au niveau des bâtis. Mais une fois qu'on a dit ça, il y a une question financière qui se pose. Vous savez, contrairement à l'État, on y reviendra, le maire ne peut pas voter un budget en déficit. Donc, au bout d'un moment, soit on continue à augmenter le fonds vert. Or, le fonds vert a été réduit lors des dernières années.

6:06
Invité

2,4 milliards en 2024 à 837 millions en 2026.

6:09
Bruno Le Maire

Absolument. Donc, c'est bien beau lorsque le ministre de l'Éducation dit oui, je ne suis pas maire. Donc, donnez les maires les moyens de faire en sorte qu'on arrive à répondre aux enjeux climatiques. Moi, j'ai déjà démarré depuis 2020. Je l'évoquais au niveau végétalisation, urbanisation. Et puis, la question des transports, ce n'est pas des prorogatives des maires, c'est des prorogatives des régions.

6:28
Invité

Une pensée particulière, le plus difficile humainement, ce sont les personnes âgées, totalement isolées, qui meurent dans le plus grand silence. Comment avez-vous pris soin à Saint-Ouen ? Et comment allez-vous en prendre soin ? Parce qu'on annonce pour la semaine prochaine, potentiellement, une nouvelle canicule historique.

6:42
Bruno Le Maire

Très bon point. Les personnes âgées, et je rajouterais les SDF, qui sont souvent sur le plan de la protection sociale.

6:48
Invité

C'est plus facile, entre guillemets, les SDF, parce qu'ils sont dans les rues, on les voit. Or, les personnes âgées, souvent, elles sont chez elles, et elles n'ont aucun contact avec personne. Très juste.

6:55
Bruno Le Maire

Et j'ajouterais, les SDF, on les voit, mais c'est compliqué, parce qu'il y a une rupture psychologique qui fait qu'ils refusent souvent les aides. Alors, concernant les personnes âgées, on a monté une hotline, une ligne directe. On a mobilisé notre bailleur social. On a fait ce que j'appelle du dernier maître. On a 6 000 logements sociaux à Saint-Ouen, 3-4 personnes. On a souvent des personnes seules. On a une hotline, 01-49-45-7701. On a mobilisé notre réseau associatif. On a mobilisé notre équipe d'élus. On a un service de protection vieillesse.

7:29
Invité

Vous avez une surmortalité ?

7:30
Bruno Le Maire

Non, on n'a pas de surmortalité. La surmortalité est souvent liée, comme je l'ai dit à Mme Lambret, à une pauvreté endémique. À Saint-Ouen, on a une ville qui s'enrichit. Et surtout, on a une protection sociale relativement forte. Et on a anticipé. On a anticipé, nous, nos personnes âgées, nos personnes qui sont très précarisées. On a un service spécifique qui les suit toute l'année.

7:54
Présentateur

Vous les avez identifiées ? Vous savez combien de personnes âgées il y a à Saint-Ouen et où elles sont ?

8:00
Bruno Le Maire

On les a identifiées. Il y a un suivi avec le docteur Jouab. Il y a un suivi. Et puis surtout, on a mis en place une espèce de parrainage avec les jeunes, ce qu'on appelle le lien intergénérationnel.

8:11
Présentateur

Un grand plan clim, comme propose le Rassemblement National et désormais, Édouard Philippe, est-ce que c'est la solution climatisée au maximum ?

8:18
Bruno Le Maire

Non, la solution, c'est un plan de végétalisation. La solution, c'est travailler avec l'Agence Nationale de Rénovation Urbaine pour faire en sorte que le bâti intègre les nouvelles normes de végétalisation, les normes écologiques.

8:33
Présentateur

Mais en attendant, la végétalisation, c'est bien dehors, mais à l'intérieur, dans les écoles, dans les hôpitaux, vous êtes contre le fait de climatiser les bâtiments ?

8:41
Bruno Le Maire

En attendant, je suis pour la climatisation. En attendant, je suis pour climatiser les EHPAD. En attendant, c'est une question de vie au nord.

8:48
Présentateur

Donc, vous êtes pour la climatisation.

8:49
Bruno Le Maire

Ah non, mais moi, je ne suis pas un ayatollah contre la climatisation. Ça, pour moi, c'est le débat hors sol.

8:55
Présentateur

Parce qu'il y a un débat en ce moment.

8:56
Bruno Le Maire

Mais parce qu'ils sont complètement à l'ouest.

8:58
Présentateur

Monique Barbu, la ministre de l'écologie, a dit qu'elle était horrifiée quand elle entendait ceux qui disaient qu'il fallait mettre de la clim partout, en disant que ce n'est pas ça qu'allait sauver, arrêter les feux de forêt notamment.

9:08
Bruno Le Maire

Non, mais attendez. Moi, je suis en responsabilité, je suis dans le réel. Aujourd'hui, quand vous avez des maisons de retraite, des EHPAD, des hôpitaux, quand vous avez des personnes qui sortent des salles d'opération, vous pensez que c'est le moment de faire un débat philosophique sur la climatisation ? Il faut rafraîchir, il faut mettre des climatiseurs. Ensuite, la question structurelle, systémique. Est-ce que c'est ce qui va nous donner la possibilité de lutter contre le réchauffement climatique, les clims ? Non, ce sont les arbres. C'est les énergies fossiles. C'est avoir une politique énergétique qui répond aux injonctions, aux préconisations du GIEC.

C'est ça ce qui va nous permettre de faire la différence. Changer de mix énergétique.

9:45
Invité

Justement, vous expliquez que le logement est à l'origine d'une très grande partie des inégalités, de la violence et évidemment de la vulnérabilité à la calicule. Si vous ne pouviez faire qu'une seule réforme, quelle serait-elle ?

9:55
Bruno Le Maire

Sur le logement, c'est baisser les prix et on baissera les prix uniquement en baissant le taux de TVA. Aujourd'hui, il est à 20%. Il faut le descendre à 5, 5, 5 et faire en sorte que ce soit un produit de première nécessité. Le point commun de toutes les Françaises et les Français, c'est qu'on a besoin d'un logement.

10:11
Invité

Il faut avoir un logement accessible. Il y a un collectif de militants qui lance pendant une pétition pas de volet, pas de loyer. Il demande que les locataires puissent suspendre le paiement de leur loyer lorsqu'un logement devient inhabitable pendant les canicules, notamment droit au logement. Que pensez-vous de cette initiative ? C'est très bien, mais qui paie ?

10:27
Bruno Le Maire

Il ne paie pas, justement. Au bout d'un moment, aujourd'hui, avec la crise géopolitique, avec la montée des fluides, la montée des prix des matières premières, aujourd'hui, vous avez une bonne partie des personnes qui vivent dans les logements sociaux qui sont en incapacité de payer leurs charges. Donc, qui paie, au bout d'un moment, c'est la puissance publique. Donc, ils sont sympas, les gens du droit au logement, qui sont souvent portés par LFI, mais le principe de réalité, ils ne savent pas ce que c'est. Parce qu'au bout d'un moment, il y a quelqu'un qui paie. Donc, c'est la puissance publique.

Et la puissance publique, qui fait du social, elle ne peut pas être en capacité de dire « C'est gratuit, ce n'est pas possible ». Donc, l'objectif, si on veut avoir du logement social de qualité, c'est des recettes et des dépenses. C'est ça le principe consubstantiel d'une démocratie sociale.

11:06
Présentateur

Et qu'est-ce que vous demandez, juste d'un mot, au gouvernement, aujourd'hui ? Parce que tout à l'heure, vous déploriez que le fonds vert, qui aide les collectivités à s'adapter, est diminué. Mais Sébastien Lecornu, lui, il souligne le fait que depuis 2017, les aides de l'État aux collectivités, pour rénover notamment les écoles, ont dépassé plus de 1 milliard d'euros.

11:23
Bruno Le Maire

Augmenter le fonds vert, il faut le doubler. A chaque fois, dans le cadre des lois du PLF ou du PLFSS, les premières mesures qui sont rabotées, c'est le fonds vert. Deuxième élément, c'est imposer aux architectes, dans tout type de cahiers des charges, le minimum, minimum des enjeux climatiques. Je parle des expositions, je parle du type de matériaux. Ensuite, je vais évoquer, c'est une loi qui impose à toutes les collectivités territoriales, parce que le réchauffement climatique n'est pas territorialisé, il ne s'est mis pas aux villes, il est imposé un minimum minimum de surface végétalisée.

11:58
Présentateur

Avec Karim Bouamran, maire socialiste de Saint-Ouen et candidat à la présidentielle, on va parler de votre candidature à gauche, mais d'abord, le lynchage d'un jeune de 17 ans, Paul.

12:13
Invité

Oui, je vous ai vu crier de joie concernant les résultats du Maroc, mais effectivement, on préfère vous interroger sur le lynchage à mort de ce jeune de 17 ans à Narbonne, qui met tragiquement en lumière les défaillants de l'ASE, de l'aide sociale à l'enfance. Ce jeune, Louis, souffrait de troubles de l'attention, vivait dans un foyer à la demande de son père. Il avait déjà été agressé, avait signalé les faits, mais n'avait pu s'être protégé. Vous voulez faire de la protection de l'enfance une priorité. Est-ce qu'aujourd'hui, l'aide sociale à l'enfance est devenue une machine à broyer nos enfants ?

12:38
Bruno Le Maire

Oui, on a créé de joie, parce qu'il y a un petit peu de joie dans ce monde de bruit, parce qu'effectivement, l'actualité, avec l'affaire de Louis, on a eu la même chose avec Théo, avec l'IAS, on se rend compte que les violences intramineures, c'est 56% d'augmentation. Les raisons sont multifactorielles. Tout d'abord, il faut une intransigeance totale en termes de sanctions. Souvent, il y a le débat, l'excuse de minorité, l'ordonnance de 45. Je pars du principe qu'en tant que candidat à la présidence de la République, l'arsenal juridique est prêt et bien. Donc, il ne faut pas modifier l'excuse de minorité. C'est très bien, d'autant plus que c'est soumis de façon discrétionnaire au magistrat.

Ce n'est pas applicable systématiquement.

13:19
Invité

Pourtant, la mère dit qu'elle veut que ces agresseurs qui ont tué son fils soient jugés comme des adultes. Oui, oui, oui.

13:25
Bruno Le Maire

Mais derrière, on ne met pas en cause l'excuse de minorité.

13:28
Présentateur

L'excuse de minorité permet...

13:30
Bruno Le Maire

L'excuse de minorité permet... C'est divisé par deux, mais ce n'est pas automatique. L'expression de la maman, j'ai beaucoup d'empathie pour la maman. Je veux dire, toutes les semaines en tant que mère, je me déplace pour exprimer des condoléances à des familles qui perdent leurs enfants. C'est dur. L'ASE.

13:52
Présentateur

Juste sur l'excuse de minorité, ce n'est pas automatique, mais c'est quand même exceptionnel. Effectivement, le mineur encourt une peine inférieure de moitié à celle du majeur.

14:00
Bruno Le Maire

C'est moitié, donc peine maximale de 18-20 ans en fonction de l'âge, moins de 16 ans.

14:07
Présentateur

Vous, vous dites que ce principe est un bon principe, priorité à l'éducatif sur le répressif quand il s'agit des mineurs.

14:13
Bruno Le Maire

C'est exactement là que je voulais en venir, absolument. Donc, l'éducatif. Aujourd'hui, vous avez l'ASE, l'aide sociale à l'enfance, 400 000 enfants, il manque à peu près 10%. Lorsqu'on dit les droits de l'enfant, protéger l'enfant, vous avez vu les conditions des gamins de l'aide sociale à l'enfance ? Rupture familiale, rupture affective, rupture sentimentale. On les balade de famille en famille. Vous avez une bonne partie d'entre eux qui sont victimes de violences sexuelles et sexistes. Une bonne partie d'entre eux qui finissent sans domicile fixe avec une violence exacerbée par les réseaux sociaux. Donc, il y a un sujet au niveau de prise de conscience de la violence.

14:57
Présentateur

Mais qu'est-ce qu'on fait ? Parce que tout ça, on le sait depuis longtemps. Le constat sur l'aide sociale à l'enfance, il a d'ailleurs été fait par une socialiste il y a un an dans un rapport assez documenté. Qu'est-ce qui a été fait depuis ? Pourquoi on ne s'occupe pas de l'aide sociale à l'enfance ? Pourquoi ce n'est pas une priorité ?

15:10
Bruno Le Maire

Je vais vous dire, Mme Lambret, pourquoi ce n'est pas une priorité ? Parce qu'aujourd'hui, sanctuariser la parole de l'enfant de violence sexuelle, ce n'est pas du tout la règle dans notre pays. Lorsqu'il y a 160 000 enfants qui se font violer, qui sont victimes de prédateurs, eh bien, la parole de l'enfant n'est pas sanctuarisée. Lorsqu'aujourd'hui, on se dit tiens, il faut raboter sur le budget social. Qui sont les premières victimes de ce rabot ? Ce sont les départements et les villes, donc l'aide sociale à l'enfance. Lorsqu'on parle de problèmes de logement, lorsqu'il manque 500 000 logements, 500 000 logements, 12 millions de mal logés, qui sont les premières victimes collatérales ?

Ce sont les jeunes, et les jeunes précarisés, et des jeunes qui viennent de l'aide sociale à l'enfance. Donc, oui, on le connaît, le constat, mais moi, président, je privilégierais la protection de l'enfance, et ça passe par le logement, ça passe par l'aide sociale à l'enfance, et ça passe par le suivi psychologique d'une bonne partie de ces familles.

16:06
Présentateur

Justement, vous êtes candidat à la présidentielle, vous dites déjà, moi, président, comme François Hollande, pourquoi ajouter votre candidature à une longue liste de candidats ou potentiels candidats à gauche ? Vous vous disiez, on n'est pas assez nombreux ?

16:19
Bruno Le Maire

Parce qu'on est nombreux à soutenir ma candidature, parce qu'on est nombreux à refuser cette bipolarisation institutionnalisée entre Mélenchon d'un côté et Bardella Le Pen de l'autre, parce qu'on est de plus en plus nombreux à se dire, on veut une France humaine, on veut une France forte, parce qu'on est de plus en plus nombreux à se dire, on veut se sentir en sécurité, on veut être protégé, on veut être soigné, 86% de mes endroits. Qui sont vos soutiens,

16:43
Présentateur

Karim Wamran ? Parce qu'on a vu Maud Bréjon, la porte-parole du gouvernement, a rallié Edouard Philippe hier. Vous, qui sont vos soutiens ?

16:50
Bruno Le Maire

Des maires, des maires de province, Plévin, Gagnères, en Picardie, en Seine-Saint-Denis, des députés aussi ou pas ? Donc, des parlementaires, des conseils départementaux. Vous pensez que ça fait le choix,

17:02
Présentateur

face aux autres candidats ou potentiels candidats ?

17:05
Bruno Le Maire

Vous savez, Mme Lambret, il y a en octobre 2024, quand je lance mon mouvement La France humaine est forte, c'est exactement ce qu'on me posait comme question. Il y aura qui dans votre meeting ? Je leur dis, il y aura le peuple. Et parce qu'il y aura du monde, les barons qui me méprisent et qui pour eux, me voir comme président de la République, les bousculent, eh bien, il y avait plus de 4000 personnes. Qui vous méprise ? Qui vous méprise ? Les barons de gauche et les barons socialistes. Olivier Vaughan, François Hollande, vous vous sentez méprisé par eux ?

Quand vous êtes une femme ou quand vous êtes un responsable politique qui est fils d'ouvrier, qui plus est, avec un culte qui est le mien et un phénotype qui est le mien, c'est-à-dire arabe, noir et musulman, ça leur pose problème. Attendez,

17:52
Invité

ça pose un problème à Olivier Vaughan et François Hollande, par exemple, ou Raphaël Gluck-Chemin, que vous soyez, pour reprendre votre expression, musulman. Pour vous, c'est un problème. pose problème

17:58
Bruno Le Maire

à l'establishment structurel des socialistes et d'une partie de la gauche d'intégrer que dans notre pays, on peut avoir une présidente de la République, c'est-à-dire une femme, ou un homme qui est noir, qui est maghrébin et qui est de confession musulmane. C'est très grave. Vous pensez qu'ils sont racistes ? Et je pense que ce sont des conservateurs et qu'ils ont du mal à changer, comme on dirait, pardonnez-moi l'anglicisme, je sais que je vais me faire attraper par la patrouille, mais de mindset parce qu'ils sont empruntés par des réflexes des années 70, 80. Ils aiment bien, ils aiment bien. J'ai gagné, moi. J'ai gagné, j'ai regagné. Et j'ai regagné. À Saint-Ouen.

J'ai gagné à Saint-Ouen, j'ai gagné en Seine-Saint-Denis, j'ai présidé des grands projets, des grands paris, c'est un budget de 6 milliards. J'ai failli être Premier ministre. Ce n'était pas des histoires anecdotiques. Vous avez refusé ? J'ai refusé et les conditions n'étaient pas réunies parce que la gauche, justement, ne soutenait pas.

19:04
Présentateur

Mais aujourd'hui, Karim Boenbram, vous n'êtes pas testé dans les sondages pour le premier tour ?

19:07
Bruno Le Maire

Ça commence à risque. Peut-être aussi qu'il regarde les sondages,

19:10
Présentateur

les intentions de vote ?

19:11
Bruno Le Maire

Alors, c'est exactement le serpent qui se mord à queue. Je ne suis pas sondé, je commence à être sondé. Je ne suis pas sondé, ceux qui sont sondés, qui ne sont pas candidats, sont sondés. Donc, on dit deux. Effectivement, ils sont éventuellement légitimes. Moi, je suis très pragmatique. C'est les soutiens et qu'est-ce que j'ai fait et qu'est-ce que je veux faire. Aujourd'hui, nous sommes de plus en plus majoritaires à vouloir plus de sécurité, plus de santé, plus d'éducation et plus de souveraineté, notamment sur les questions...

19:38
Présentateur

Ça, c'est sur le fond. Mais comment vous faites pour vous imposer ? Il y a un bureau socialiste ce soir, un bureau national du Parti Socialiste. Les membres de ce bureau national dont vous êtes d'ailleurs doivent se mettre d'accord sur un mode de départage, c'est-à-dire une primaire. Vous êtes opposé à cette primaire. Est-ce que vous allez pouvoir continuer à tracer votre route tout seul si les militants du PS votent ce système de primaire ?

20:00
Bruno Le Maire

Mais je ne suis pas tout seul. Je ne suis pas tout seul. Mais je veux dire que... Donc, pas de primaire pour vous-même. Déjà, quand vous êtes maire, trouvez moins des personnes dans le giron socialiste, à l'exception de personnes comme Nicolas Meilleur-Rossignol à qui je transmets toutes mes amitiés au regard de la période qu'il est en train de traverser. C'est-à-dire qu'il avait annoncé une rechute de ce concert. Qui ont été élus, réélus d'une ville de plus de 50 000 habitants en mettant 30 points à l'extrême gauche, à la LFI, qui... Vous avez dit que je ne suis pas sondé. Je commence à être sondé. Mais sur la primaire, vous n'irez pas.

C'est-à-dire qu'il y a un voile des alliés en socialiste. Pour moi, je veux dire ce que c'est.

20:41
Présentateur

Dites-nous, parce que...

20:42
Bruno Le Maire

Sur la primaire. Tactique de boutiquier pour éviter d'attaquer en frontal Jean-Luc Mélenchon et pour s'auto-persuader que le meilleur candidat, c'est Olivier Faure.

20:56
Présentateur

Vous pensez que c'est ça ? En fait, c'est qu'il veut être candidat, c'est ça ?

20:59
Bruno Le Maire

Non, mais c'est que... La primaire de la primaire de la primaire de la primaire de la primaire. Moi, quand je me promène en Bretagne ou dans les Landes, on ne parle pas de primaire. On parle de lutte contre le narcotrafic. Il vous parle de comment

21:12
Invité

vous départager.

21:13
Bruno Le Maire

Il y a tellement

21:14
Invité

quand il est à gauche,

21:14
Bruno Le Maire

il faut bien vous départager. Ce sont les sondages qui vont nous départager. Moi, je suis très pragmatique. On verra.

21:18
Présentateur

Pour l'instant, vous n'avez pas gagné au départage des sondages.

21:21
Bruno Le Maire

Mais attendez. Est-ce qu'aujourd'hui, la France a gagné la Coupe du Monde ? Est-ce qu'aujourd'hui, le Maroc a gagné la Coupe du Monde ? On est en pleine compétition et on verra. On verra à la sortie de l'automne. On verra. On en reparlera. En attendant, je trace, je rassemble, je fédère et je vous rassure, on est de plus en plus nombreux. Vous avez une équipe et vous avez combien de parrainages sur les 500 nécessaires pour être cognitif ? Donc là, on devrait finir les 100 parrainages

21:43
Invité

à la fin de l'été. 100 parrainages sur 500. Oui, à la fin du mois de juillet. Il est 8h57, c'est l'heure de la question qui caricature. Vous avez dénoncé comme une honte une caricature de Charlie Hebdo sur Didier Deschamps. Jusqu'o doit aller, selon vous, la liberté de caricaturer.

21:56
Bruno Le Maire

J'étais le premier à me battre pour Charlie. Je me souviens, c'est une manifestation que j'avais faite avec ma mère et qui avait manifesté pour Charlie. J'étais gamin quand j'avais manifesté pour Salman Rushdie, pour Martin Scorsese, la dernière tentation du Christ. Je suis pour la liberté d'expression, évidemment, mais franchement, un peu de respect, un peu de décence, Didier Deschamps n'a pas encore enterré sa mère. Ce décès, je ne l'ai pas trouvé drôle. Je l'ai trouvé écœurant et ça m'a choqué. Et j'ai une pensée pour Didier Deschamps, j'ai une pensée pour mon ami Guy Stéphan.

Donc, ce tweet, c'est un tweet du cœur et je pense qu'un peu de décence, un peu de respect pendant les périodes de deuil, c'est ce qui caractérise une société humaine, humaniste. Mais ce n'est pas le rôle de Charlie Hebdo, parfois, d'être dans l'outrance ? On peut être dans l'outrance, mais moi, ça ne m'a pas fait rire et franchement, je trouve que c'est blessant et méchant.

22:47
Présentateur

Mais c'est le principe aussi de la liberté d'expression.

22:49
Bruno Le Maire

Oui.

22:49
Présentateur

Merci Karim Boehmran d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Paul. Merci.