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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 10 octobre 2025 26 min

Alexandre Ouizille : « Un quatrième Premier ministre issu du socle commun est inimaginable »

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Bonjour Alexandre, merci d'être avec nous. Vous êtes sénateur socialiste de Loise. On va évidemment longuement revenir sur la crise politique mais d'abord on va regarder trois unees de la presse régionale qu'on a sélectionné.

On les regarde ensemble. D'abord c'est la une de la voie du Nord, une voix porteuse des idéaux de la France et cette photo de Robert Badinter et les mots d'Emmanuel Macron hier soir lors de l'entrée au panthéon de Robert Badinter. La deuxième une c'est celle du bien public.

Un espoir historique pour le proche- Orient. Israël et le Hamas qui ont signé hier la première phase d'un accord sur le CC le feu à Gaza une libération d'otage après de fortes pressions de Donald Trump. Et puis la dernière, c'est celle de la République du centre.

Autre sujet, médecin à la campagne, opération reconquête. Consulter un généraliste dans un délai bref ou prendre rendez-vous chez un spécialiste devient de plus en plus compliqué, d'autant plus dans les zones rurales qui souffrent du manque de professionnels de santé. Quelle lune avez-vous envie de commenter ?

Bon, les troises sont extrêmement importantes et revêtent des enjeux particulièrement euh centraux pour notre pays. C'est vrai que moi, j'étais hier à la cérémonie euh d'hommage à Robert Balentire et en tant que socialiste aussi. Évidemment, je trouve que c'était un hommage absolument sublime, magnifique qui a retracé la vie et les combats euh de Robert Badinter contre la peine de mort en France puis pour l'abolution universelle de la peine de mort contre aussi ce qui a été moins été dit hier. vous savez ces juridictions d'exception notamment cours de sûreté de l'État qu'il a contribué à supprimer pour aussi l'abrogation de la la dépénalisation de l'homosexualité qui était ce vestige honteux de Vichi qui était encore dans nos lois en 1982.

Donc j'ai trouvé que c'était une très belle cérémonie. Un grand républicain des mots très justes du président de la République, je dois dire. J'ai trouvé que le discours aussi revenait sur le combat contre l'antisémitisme dans notre pays qui est toujours vivace et on comparant les années 20 qui étaient les années de naissance de Robert BI et nos années 20 qui sont aussi des années de résurgence de l'antisémitisme dans notre pays.

Et donc j'ai trouvé que c'était en effet vraiment une très belle cérémonie. Emmanuel Macron qui a promis de porter le combat pour l'abolition universelle de la peine de mort et de prolonger ainsi le combat de Robert Badter. C'est vrai que c'est la position du qu d'Osais depuis toujours et de la diplomatie enfin depuis toujours en tout cas depuis euh l'abolition le qu d'Orset et Emmanuel Macron le prolonge est en effet engagé dans ce combat diplomatique de la France pour l'abolition universelle de la peine de mort.

Ouais un mot puisque hier euh la la tombe hein de Robert Badinter euh au cimetière a été profanée. Qu'est-ce que vous avez ressenti en apprenant ça ? Beaucoup de dégoût beaucoup de dégoûts.

Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? En fait il y a des gens qui ça démontre la modernité de son combat. toujours des gens pour rejeter ce ce combat compense humaniste et partager.

C'est sûr que enfin moi je j'ai un père qui a milité dans les combats abolitionnistes et qui me disait toujours avec beaucoup de fierté la peine de mort est morte de sa belle mort mais ça pas été pavé de rose et d'ailleurs c'est un débat qui est toujours vivace dans la société si on va au bout de la vérité en effet c'est quelque chose qui est toujours sulfureux et donc je ne sais pas d'ailleurs les raisons parce que est-ce que c'est pour la peine de mort est-ce que c'estes par enfin je ne sais pas si aujourd'hui les raisons sont connu je crois pas à ma connaissance ou si c'est par antisémitisme on ne sait pas les les raisons de tout ça toujours est-il que évidemment il y a quelque chose de répugnant le jour où la nation Si on rend hommage à Robert Badinter à venir profaner évidemment sa tombe. On va parler de la crise politique et on a appris ce matin qu'Emmanuel Macron avait lancé dans la nuit une invitation au chef de parti qu'il va donc recevoir à 14h30 HOR LFI et Orn. Alors il a lancé à 2h du matin.

Ouis, j'ai le droit de dormir, c'est pour ça que vous voulez. C'est gentil. Voilà.

Donc il est reçoit à 14h30 sauf le RN, sauf la France insoumise. On on imagine que le Parti socialiste va y aller. Qu'attendez-vous de cette rencontre ?

Bah ce qu'on attend, c'est ce que nous disons quand même maintenant depuis un certain nombre de temps, c'est de dire que maintenant il faut il faut il faut il faut changer de moment. Euh il faut un premier ministre de gauche qui sait et qui sait qui saura qu'il n'a pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale et qui est prêt à des compromis et d'abord avec des compromis avec ceux avec lesquels le Front républicain s'est formé. À la vérité, on où en est-on ?

Soit on montre que ce front républicain que nous avons formé peut fonctionner avec un gouvernement de gauche qui passe un accord de non censure avec ceux qui ont fait ce fond républicain. Pour vous c'est la condition un gouvernement de gauche. Soit je finis soit on donne raison à Marine Le Pen à dire que tout ça ne vaut rien que donc vous voyez ce que je veux dire.

Et dans ce cas-là, euh c'est c'est pavé la route de de Marine Le Pen vers l'Élysée. Et évidemment, nous demandons un premier ministre de gauche, enfin quand même, même vous vous le disiez avec une certaine ironie dans la voix tout à l'heure en disant et où où un 4e premier ministre du socle commun, ça semble inimaginable, incompréhensible. J'ajoute que les temps ont changé pour le socle commun.

Quand je vois pardon le vice-président du des Républicains dirait hier soir que il préfère voter qui que lui voterait RN contre la candidate socialiste en Tarnegaron s'il était habitant de la circonscription. Enfin les comment les macronismes peuvent accepter ça ? Il partagent cette idée-là ?

Non, il la partagent pas. Et d'ailleurs, évidemment, il y a des républicains au Sénat, moi que je croise, qui sont choqués ici par la ligne de Bruno Rota. Et donc vous voyez bien que ce socle commun en fait il a plus de les valeurs communes qui pouvaient a priori l'habiter.

On voit qu'elle se délite. Vous vous pourriez trouver des compromis avec le LR où vous dites vu leur position de ces derniers jours, c'est plus possible. Moi je dis que les compromis, il faut d'abord les chercher avec ceux qui ont fait front républicain.

Je l'ai toujours dit comme ça. Après si les LR trouvent que ce qu'on fait est bien, tant mieux parce qu'en fait on est dans cette situation. Mais il y a quand même quelque chose qui a changé.

Pour moi, les LR sont quand même passés de l'autre côté de la barrière avec ce qui s'est passé ces deux derniers jours. Et je crois que c'est un fait politique majeur qui a été trop peu souligné. La déclaration de Bruno Rotaillot puis celle de son vice-président hier, deux points, ça fait une ligne.

Donc je pense que maintenant aussi, moi j'aimerais savoir si ici au Sénat, ailleurs dans le pays, il y a des républicains qui vont prendre la parole pour dire que ils n'acceptent pas ce qui est en train de se passer au sein de leur parti. cette espèce de renversement d'alliance à mot couvert qui est en train d'avoir lieu parce que je crois que c'est important aussi pour la suite qui euh qu'est-ce qui se dessine pour la suite ? Est-ce que cette union des droites que dont les hémouréens rêvent, dont les marillons maréchal rêvent et cetera, est-ce que ils vont ils vont y céder bradant l'héritage gauliste, bradant l'héritage ou est-ce que ce ne sera pas le cas ? et et on voit que la pente est en train de glisser sévèrement et que la dérive est en cours.

Est-ce que cet après-midi, il pourrait sortir un accord sur le fond ? Est-ce que vous pensez que les socialistes, les écologistes et les communistes pourraient se mettre d'accord avec le socle commun, sur la réforme des retraites ? On en parlera plus tard.

Écoutez, moi je pense que d'abord là la question et l'urgence, c'est la nomination d'un premier ministre. Donc pour vous, c'est le qui avant le quoi. C'est-à-dire que si c'est un premier ministre de gauche, ce sera pas la même qui n'est pas de gauche, ce sera pas la même chose.

C'est pas c'est pas le qui est en nous en discuterons en bureau national. Permettez que là, pour l'instant, nous ce que nous revendiquons, c'est le changement. D'accord ?

Donc nous, on essaie de faire coniller deux exigences, la stabilité du pays et le changement. Pour le changement, il faut un premier ministre de gauche. Pour la stabilité, il faut la il faut trouver l'accord de non censure avec ceux qui ont fait fond républicain.

Donc c'est ça que il peut très bien avoir un budget de compromis pas forcément porté par un premier ministre de gauche si vous tombez d'accord sur le budget. Écoutez nous en tout cas on y regardera. On y on y regardera et c'est une décision qu'on devra ensemble parce que si vous voulez la surdité d'Emmanuel Macron à l'aspiration au changement du pays, ce n'est pas non plus un petit sujet.

Donc on y regardera ensemble collectivement entre socialistes en bureau national. Ce qui est sûr, c'est que malgré tout, il y avait eu quelques quelques changements qui étaient importants. La suspension de la réforme de retraite.

Olivier Fort l'a dit, est-ce que c'est un enfumage ou est-ce que il ils y sont prêts ? Le changement de trajectoire budgétaire, ce n'est pas un petit sujet. Ça permet d'éviter beaucoup du musée des horreurs qui avait été présenté par François Berou puisque ça permet de ralentir le rythme de consolidation, d'éviter la crise pour les entreprises, d'éviter la crise aussi du d'une augmentation du chômage par une conciliation trop brutale.

Donc tout ça nous y regardons. Mais est-ce que Sébastien Lecornu a raison quand il dit que à l'issue de ces consultations, il a trouvé qu'il y avait une majorité absolue contre la dissolution ? En fait, moi je je trouve que la formule est rapide.

Euh si c'est pour faire le plan Bro, il y aura dissolution. C'est évident. C'est qu'en fait la il y a une majorité de gens qui sont prêts à travailler mais nous nous avons toujours dit le fond.

Ouais mais ça ça se jouera au parlement. Vous avez piermoscopici le président de la cour des comptes ce matin, il dit dans les délais imparties, c'est impossible de présenter un autre budget que celui qui a été présenté hier au conseil des finances publiques. La copie de base, elle peut pas être différente.

Mais que la copie de base, elle soit que que le texte présenté ce soit une chose. Après, vous savez bien, vous connaissez le le processus parlementaire, il y a des amendements gouvernementaux, puis il y a des amendements tout courts. Les amendements gouvernementaux ne sont soumis à aucun gage, il y a aucun problème constitutionnel.

Donc en fait la question c'est l'accord politique euh et et donc la question c'est pas ce qui a été déposé et analysé par le Haut Conseil des finances publiques. C'est l'accord politique qui que nous pourrons que nous pourrions conduire si nous étions gouvernement sur le budget. C'est ça qui compte.

Et donc ça ça se construit en revanche dans le temps qui vient et jusque dans la discussion parlementaire peut-être. Mais moi je crois que pour le coup il ne peut pas y avoir rien dans une déclaration de politique générale de qui que ce soit. C'estàd que si nous sommes, il faut que nous montrions aussi ce que nous voulons faire.

Enfin, vous voyez ce que je veux dire ? On va pas en s'en tenir à une copie déposée en urgence parce qu'il faut tenir des délais constitutionnels alors qu'il y a une crise ouverte dans le pays depuis une semaine. Il faut aller au fond des dossiers.

L'autre clé du débat, c'est la réforme des retraites. La gauche demande une suspension de la réforme borne qui n'y est elle-même pas opposée mais sans l'accord d'une partie de son camp et encore moins de la droite. C'est votre éclairage.

Quentin Quentin, qu'est-ce qu'une suspension de la réforme des retraites signifierait exactement ? Al déjà rappelé que la réforme portée par Ellisabeth Borne a repoussé l'âge de départ à la retraite depuis le 1er septembre 2023. L'âge légal de départ en France est passé de 62 à 64 ans.

Mais pas pour tout le monde, uniquement pour les personnes nées à partir de 1968. La réforme était progressive pour ne pas être un coup prêt pour les personnes se rapprochant de la fin de leur carrière professionnelle. Ainsi, pour les personnes nées avant 1968, la réforme se faisait par étape.

Les salariés nés en 1962 doivent aller jusqu'à 62 ans et 6 mois partir avec un taux plein. Ce né en 63 jusqu'à 62 ans et 9 mois. Ce n'est à partir de 64, l'âge serait de 63 ans.

S'il devait y avoir une suspension de la réforme borne, on s'arrêterait a priori à cette étape. Suspendre, ça voudrait dire que les personnes nées à partir du 1er janvier 1964 partiraient à 63 ans, expliquait une experte mercredi dans les échos. Selon le syndicat de la CFDT, pas moins de 600000 personnes seraient concernées et pourraient ainsi partir plus tôt.

Attention hein, on a bien dit cela ne suffit pas ce n'it pas un retour en arrière et un retour à l'âge de 62 ans. On s'arrêterait simplement là où la réforme en était. Alors combien coûterait une telle suspension ?

Le coût de ce changement s'élèverait à pas moins de 3 milliards d'euros en 2027, a dit Sébastien Lecnu. La Cour des comptes avait travailler sur une suspension à 63 ans au moment où vous vous rappelez de l'ouverture du conclave. La Cour parlait d'un coût de 13 milliards d'euros par an pour les finances publiques en 2035 avec en fait une double dégradation selon la Cour des comptes sur le régime des retraites à hauteur de 5,8 milliards d'euros.

également une perte additionnelle de recettes publique de 7,2 milliards en raison des carrières plus courtes qui provoquaient donc et bien des recettes fiscales plus faibles. À court terme à plus court terme, un arrêt de la réforme coûterait entre 500 et 600 millions d'euros dès la première année a dit cette semaine le sénateur Alain Milon interrogé par publicsnaat.fr.

FR Alexandre Rousille, on a lu les inquiétudes de la droite de l'échiquet politique he sur les les conséquences sur les finances publiques de cette suspension de la réforme d'ê. Est-ce que vous reconnaissez que cette suspension a des conséquences très lourdes pour les caisses de la sécurité sociale ? B écoutez, en fait déjà revenons à à la réforme borne.

Pourquoi nous nous la contestons ? Nous la contestons parce qu'elle est profondément injuste. Elle fait peser sur tous ceux qui ont commencé à bosser tôt les forces sur les retêtes.

Moi par exemple qui ai fait des études jusqu'à 24 25 ans, 25 + 42 ça fait 67. Donc je suis absolument pas concerné. Tous les cadres sub, tous ceux qui ont fait des études supérieures, il ils sont pas concernés et on faisait porter tout l'effort tout l'effort sur ceux qui ont commencé à bosser tôt avec la mesure d'âge.

Donc nous nous y sommes opposés. Je note quand même au passage que nous demandons notre position à nous, c'est l'abrogation de la réforme borne. Vous voyez, nous on veut revenir à 62 ans mais parce qu'on est prêt à faire un compromis politique, je dire la suspension c'est déjà pour nous un compromis politique.

Donc c'est déjà enfin j'aimerais quand même que les gens le comprennent bien. Vous nuancez déjà votre position en disant suspension et pas abrogation. Non, exactement.

C'est-à-dire que lorsque nous avons la en janvier dernier discuté ce point, la suspension c'était un déjà un point milieu. Donc si vous voulez c'est le premier point. On reporte à 2027 le débat de fond sur ce qu'il faudrait faire avec la fête suspend.

En fait, si vous voulez, il y a quoi ? Il y a le problème d'une réparation démocratique de ce qui s'est passé. Il y a des milliers de gens, des centaines de milliers, des millions de gens qui ont posé des journées de grève et qui ont vu une réforme s'imposer dans la brutalité d'un 493.

Ce débat, je discutais avec euh Frédéric Dami, il était étonné de me dire que c'est une des seules réformes pour laquelle au cours du temps la colère ne faiblit pas, l'opposition ne faiblit pas parce qu'ussi les conditions d'adoption ont compté. Donc ça c'est c'est les raisons politiques. Vous êtes un parti du gouvernement.

Est-ce que vous pouvez financer une telle suspension et à terme une abrogation ? On disait 13 milliards d'euros par an 2035. Mais attendez 3 milliards.

Après la question c'est pas est-ce que le régime de réforme des retraite il faut pas travailler avec les partenaires sociaux, avoir sa pérénité à long terme avec une autre potentielle réforme des retraites. Mais 3 milliards d'euros en 2027, rendez-vous compte, on a vient de dire déjà que la trajectoire a été modifiée. La modification de la trajectoire, c'est 10 milliards d'euros.

Donc il y a la place évidemment évidemment qu'il y a la place pour cette réparation démocratique et la suspension. C'est un choix politique et je reprends les mots du président du groupe socialiste Boris Valot. Il faut que les macronistes comprennent qu'évidemment un compromis ça va leur faire mal.

Il faut qu'il renoncent à une partie de leur politique économique. Non mais c'est pas le scalpe. C'est pas une question de scalpe.

C'est une question que s'ils croient que euh il y a des accords de non censure qui sont possibles d'un côté ou de l'autre sans qu'il y a un changement de politique économique, il se fourvoie complètement. Évidemment qu'il faut un changement de police économique et évidemment que la réforme des retraites qui a été le plus grand l'un des plus grands mouvements sociaux de ce pays depuis très longtemps, elle rentre dans l'équation. Merci Quentin.

On continue évidemment on va voir l'actualité dans nos régions. C'est avec nos partenaires de la presse régionale. On va à Montluon dans l'allié où on retrouve Julien Peppinot, responsable de l'agence de la montagne à Montluon.

Julien, on va parler d'un autre sujet avec vous. Cette semaine, il y a le sommet de l'élevage de Cournon d'Auverne. Il s'achève aujourd'hui et c'est un peu comme le salon de l'agriculture.

C'est un événement qui attire beaucoup de politiques. Oui, effectivement puisque c'est devenu le deuxième événement pour la pour la profession qui attire donc son lot de personnalité politique. Ma question du coup est comment trouver le le bon équilibre entre bah préoccupation des agriculteurs qui ressortent lors de ces ces rendez-vous et puis une actualité nationale qui est celle qu'on connaît et qui est forcément sujet à de nombreuses questions.

Et Julien justement vous avez une question. Oui, tout à fait. c'est comment trouver l'équilibre entre entre l'actualité nationale euh riche et donc bah aussi les questions des agriculteurs qui euh qui surgissent lors de cette occasion.

Oui. Bah peut-être pour pour répondre à Julien. Évidemment que on a on a un sujet, c'estàd que quand vous avez pas de gouvernement, quand vous avez un ministre de l'agriculture démissionnaire, quand le système est largement bloqué, c'est difficile de d'apporter les réponses.

Moi ce que je peux dire, mais c'est une réponse évidemment de portée générale sur ce que nous nous portons, c'est que on peut et on doit demander de la qualité à nos agriculteurs et notamment sur l'élevage, sur les conditions de l'alimentation, mais que en revanche on ne peut le faire qu'en acceptant pas des accords commerciaux internationaux qui les mettent en concurrence avec des gens qui ont des des pratiques que nous ne tolérons pas nous-mêmes. Donc à la vérité et et ça renvoie à des ce qui a pu se passer sur les quotas de bœuf pour le CTA enfin ce qui a pu se passer sur un sur tout un tas de choses que nous avons accepté. À la vérité c'est si nous demandons aux agriculteurs de faire de la qualité nous pourrons pas les mettre en concurrence avec des pays qui n'en font pas.

Ça c'est le fondement nous de ce que nous pensons sur sur les questions agricoles. Mais par exemple sur le Mercosur Emmanuel Macron, il est opposé au traité tel qu'il est prévu à l'heure actuelle. Pourtant, il risque de rentrer en vigueur.

C'est-à-dire que la France, elle perd cette bataille. Mais attendons de enfin s'il est vraiment alors déjà, il était pas opposé. Je vous rappelle le débat que nous avons eu dans les miycles sur ce qui a pu être le le le CTA et cetera et cetera entre les uns et les autres, mais surtout sur le sur le Mercosour, bah s'il y est opposé qu'il fasse ratifier le Parlement que le Parlement est contre.

Mais la Commission européenne aind le texte en deux pour pouvoir échapper justement à cette ratification. bataille et vous avez raison, il y a une bataille qui se met au niveau national et il y a une bataille qui se met au niveau européen. Il y a deux batailles qui se ment en même temps.

Un un dernier mot juste sur la crise politique. Est-ce que vous attendez une prise de parole d'Emmanuel Macron ? Est-ce qu'il doit s'exprimer sur C'est évident quand même.

Je veux dire la Constitution fait du président de la République, c'est l'article 6 de notre constitution, le garant des institutions. Les institutions sont en train de dysfonctionner gravement. Il en est le garant.

Donc évidemment qu'il faut qu'il s'exprime, c'est attendu de lui. Et c'est même honnêtement assez étrange qu'une crise ouverte depuis 70h 72h maintenant, le président ne se soit pas encore exprimé. Donc évidemment qu'il faut que le président de la République s'exprime.

Merci Julien, merci d'avoir été avec nous. La une de la montagne, c'est le sommet de l'élevage. Le cheval prend les reines.

C'est à la une de votre journal. Alexandreisy, ce 10 octobre, c'est la journée mondiale de la santé mentale et ce qui était il y a encore peu de temps un tabou et de moins en moins le burnout chez les élus locaux et c'est l'une des premières à avoir brisé ce tabou de la santé mentale des élus, c'est la mère d'Auberviller, Karine Franklin. Elle s'était mise en retrait pendant plusieurs mois après un burnout. dans l'écoute.

Je pense que c'était en juin euh en juin 2024 où un matin je j'étais plus capable de marcher. J'arrivais plus j'arrivais plus à me lever. Tout paraissait tout paraissait insurmontable que ce soit les petites choses du quotidien.

Et des fois j'arrivais pas j'arrivais plus à venir à la mairie. Enfin c'était c'était c'était trop c'était trop. Puis j'étais dans le déni, enfin j'étais toujours dans le même mécanisme de c'est un coup de mou, je suis fatiguée, euh ça ça va passer et puis euh voilà quand on se repose un petit peu et puis ça repart.

Ben ça repart. Voilà, c'est pas reparti. Voilà, cette interview, elle l'air retrouvée dans le reportage de Jérôme Rabier, mer au bord de la crise de ner.

Il est diffusé cet après-midi à 16h30 sur notre antenne et on va justement poursuivre sur ce sujet. On va en Gironde. Bonjour Stéphane d'Alpera, merci beaucoup d'être avec nous.

Euh vous êtes mère de Saint-Médard en Jal, c'est dans la métropole bordelaise. On vient d'entendre euh la mère d'Aubervilier raconter ce qu'elle a vécu, raconter son burnout. Est-ce que c'est un sentiment euh que vous avez aussi euh euh vécu vous ou des mèes qui euh vous qui vous entourent en Gironde ?

Bah, il y a un sentiment de lassitude, c'est évident. On a plus de 1500 d'émissions de de mer depuis les dernières élections. On a des agressions en forte progression plus 30 % l'an dernier, 3000 agressions et on sent bien que la colère qui existe dans le pays, le malaise qui existe dans le pays et bien il se tourne aussi en partie vers les mères.

Il y a également le phénomène des réseaux sociaux. De plus en plus de mes sont prises à partie en permanence, insulté, calomniés, menacé. Et donc, il est évident que si on ajoute à cela, bah une situation nationale très compliquée, sans visibilité, une réduction forte des moyens des collectivités territoriales suite aux réformes de ces dernières années, la complexité, la lourdeur des procédures auxquelles nous sommes tous les jours confrontés, l'impatience de nos concitoyens.

Bien oui, c'est certain qu'il y a une certaine lassitude. Les études ont montré que 60 % des maires actuellement en fonction avait songé un moment ou un autre à à démissionner. Donc on voit bien que la situation s'est quand même sérieusement aggravée.

Ouais. Je je je vais faire je vous redonne la parole évidemment Stéphane d'Alpera, mais réagir Alexandre à ce que vous venez dire. ce ce ces difficultés croissantes pour les élus locaux, Stéphane Delper Per le disait, il y a la question des réseaux sociaux euh qui aggrave hein la la question euh de la de la santé mentale des élus.

Puis il y a la crise politique, il y a le manque de moyens, il y a les exigences des habitants. Oui, c'est vrai que moi je me balade évidemment, j'ai près de 700 communes dans l'Oise, donc je vois les élus locaux et quand même aussi beaucoup les élus des petites communes. En fait, si vous voulez, qu'est-ce que c'est qu'un maire d'une petite commune ? quelques adjoints, une secrétaire de mairie et la préfecture qui vous envoie des listes de courses à l'infini affaire.

Donc d'ailleurs, c'est aussi pour ça qu'il y a peu d'actifs dans les conseils municipaux. Il y a beaucoup de jeunes retraités qui continuent leur engagement comme cela parce que c'est une telle charge qui qui vient en plus que c'est très difficile à concilier avec la vie. Donc ça, on le voit, on le on le voit, on le voit très nettement.

Donc je pense qu'il y a plein de choses à faire hein du point de vue de de la santé des élus. Il y a aussi peut-être du côté de l'État une forme de une forme de débratisation. Je donne un exemple juste pour pour pour plaisanter mais qui pour moi est significatif.

Lors des dernières élections sénatoriales, des petites communes doivent élire un grand électeur ou parfois trois grands électeurs. Pour élire un grand électeur, il y a eu un document de 120 pages qui a été envoyé par la préfecture alors qu'en fait qu'est-ce que c'est ? C'est un conseil qui se réunit, il lève la main, il dit "Tu peux y aller, tu peux pas." C'est ça la réalité.

Et vous aviez 90 pages de documents pour vous expliquer comment vous envoyez un grand électeur pour voter au sénatorial. C'est un micro exemple, mais c'est un exemple qui est révélateur aussi de l'impression de il faut bien faire. En même temps, pour bien faire, c'est compliqué parce qu'on il y a une surabondance euh aussi qui arrive de de à tout niveau.

Il y a des demandes de subvention à faire avec un nombre très éclaté d'acteurs, donc la région, le département, l'État. Bref, c'est compliqué d'être un élu local aujourd'hui et puis il y a en effet ce qui remonte beaucoup aussi chez nous, c'est parfois la virulence de certains, le fait d'interpeller avec violence des élus sur les réseaux sociaux alors qu'on peut aller voir le maire en mairie, hein, c'est quand même toujours plus sympathique. Donc vous voyez, il y a il y a tout ça en effet qui qui rentre en compte et c'est vrai qu'on le ressent.

Après, il y a quand même beaucoup de gens vaillants et qui adorent leur mandat. Je veux quand même pas non plus noircir le tableau et Stéphane, j'en suis sûr, en éteint. Voilà.

Donc je dire il y a aussi cette joie de l'exercice du mandat de faire des choses, de faire d'ouvrir une école, de refaire une classe de de de voilà, il y a tout ça aussi qui qui est en qui est en ligne de compte pas dans et les maires ils agissent aussi pour pour la santé mentale de leurs habitants. C'est votre cas Stéphane Delpera. Vous en tant que maire, comment vous prenez en compte la santé mentale de vos habitants et quelles actions vous menez pour l'améliorer ?

Bah c'est c'est un problème de de santé publique majeure aujourd'hui. Et en effet, je rejoins Alexandre, on a nous élu beaucoup de satisfaction donc on n'est pas les plus à plaindre mais en revanche je pense aux mers solo, aux horaires décalés, je pense aux aides soignantes, aux infirmières, je pense à tous ceux qui travaillent dans des conditions difficiles aujourd'hui dans leurs entreprises, dans les services publics, les policiers qui sont souvent agressés. Bref, euh il est évident que nous devons prendre en charge cette question.

Il y a malheureusement une explosion des tentatives de suicide chez les jeunes et notamment les jeunes femmes. Moi, j'ai discuté avec l'hôpital de Bordeaux avec lequel nous avons un partenariat. Il y a eu 37 % de hausse des demandes d'hospitalisation depuis le Covid.

Donc nous, on a pris le problème à Brasc. On a un partenariat avec Cynthia Fleury qui est une spécialiste de ces questions sur le prendre soin. On a créé un centre municipal de santé avec des médecins salariés de la ville, une psychologue, une infirmière psychiatrique en soins avancés, un partenariat avec l'hôpital Charles Perince où nous accueillons des psychiatres et des infirmiers.

Et puis un climat de soin dans la ville, c'est aussi une ambiance. Notre société, elle est sous tension, elle est brutalisée en en permanence par le système économique qui impose une pression forte aux salariés dans les entreprises, dans les services publics où les moyens se réduisent et puis une espèce de manque de perspective, d'avenir, de confiance qui fait que les gens sont sont stressés, en colère et ont tendance à multiplier les agressions entre eux. Et donc, il faut vraiment que nous, élus locaux, nous arrivions à faire baisser la tension.

Nous sommes en première ligne mais il faut que l'État nous accompagne. Il y a beaucoup d'annonces de com autour des journées mondiales, des grandes causes nationales, mais la réalité c'est que les moyens de l'État ne sont pas au rendez-vous aujourd'hui et que malheureusement si on entend ce que dit l'ancien gouvernement des missionnaires sur ces questions, ben on n'est pas sorti de l'auberge. Alexandri non mais moi je m'inscris exactement ce qui vient d'être dit si vous voulez à Cler euh dans l'oise nous avons à Clermont de l'oise un grand CH donc en effet un un hôpital qui traite des questions des questions psychiatriques.

Et ce que décrit Stéphane est est très juste. C'est-à-dire qu'il y a quand même globalement une augmentation de la pression, une une fatigue d'être soi lié à une culture d'entreprise qui se durcit. Donc ça tout ça on le constate aussi et et je je je vois que le fait que les les élus locaux s'en saisissent me semble en effet tout à fait déterminant et je savais que Stéphane faisait tout ça et je trouve que c'est extrêmement extrêmement important.

Merci Stéphane d'Alpera, merci pour votre témoignage MPS de Saint-Médangal en Gironde. Merci d'avoir été avec nous. Merci Alexandre pour cette première demi-heure. [Musique]