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interviewBFMTV· 18 juillet 2024 16 min

"Nous ne pouvons pas continuer à lasser les Français": l'interview en intégralité d'Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

8h37 sur RMC BFM TV. Bonjour Olivier Faure. Bonjour Laurent Nommal. Premier secrétaire du Parti Socialiste, député de Sénéma. Oui, c'est le grand jour aujourd'hui, jour d'élection à l'Assemblée Nationale. On connaîtra dans quelques heures le prochain président ou la prochaine présidente de l'Assemblée. C'est le communiste André Chassaigne qui va défendre les couleurs du nouveau Front Populaire. 74 ans, élu sans discontinuer depuis 2002. Pourquoi lui d'ailleurs ? Parce qu'au fond, il y avait un tel niveau de tension, de détestation entre les insoumis et les socialistes que ça ne pouvait être aucun d'entre vous ?

0:35
Olivier Faure

Non, parce qu'André Chassaigne est une personnalité reconnue qui inspire du respect pour toutes et tous, d'ailleurs au-delà de la gauche. Il est un grand parlementaire dont les interventions ont souvent marqué l'histoire du Parlement français. Il est particulièrement apprécié pour ses qualités humaines, sa chaleur, sa faconde. Et donc, il était un très bon candidat. Il s'est imposé par ses qualités propres.

1:00
Présentateur

Donc finalement, c'est plus facile entre les présidents de groupe à l'Assemblée qu'entre les chefs de parti pour désigner un nom ?

1:06
Olivier Faure

Si vous voulez le prendre comme ça, vous pouvez le dire comme ça. La réalité, c'est que le président de l'Assemblée a un rôle, le Premier ministre en a un autre. Et qu'il n'est pas anormal que dans une grande démocratie comme la nôtre, on prenne un peu de temps au démarrage pour ne pas tomber en panne au bout d'un kilomètre. Et donc, moi, je ne suis pas heurté ni choqué par le fait qu'il y a eu des discussions qui sont peut-être apparues trop longues. Et je comprends parfaitement l'impatience parce que moi aussi, je suis impatient.

1:31
Présentateur

On va en parler. Mais aujourd'hui, ces jours d'élection, je le disais à l'Assemblée nationale, c'est un peu qui tout nous pour le nouveau Front populaire. Parce que de deux choses, une, ou bien André Chassaigne devient président de l'Assemblée. Et alors là, on voit mal comment Emmanuel Macron ne pourrait pas appeler l'un d'entre vous à Matignon. Non, par contre, si ce n'est pas le cas, c'est peut-être cet après-midi la fin du nouveau Front populaire.

1:51
Olivier Faure

Non, il n'y aura d'abord pas de fin du nouveau Front populaire parce que quoi qu'il arrive, nous revendiquons une victoire qui est une victoire évidente. Et si d'aventure la droite s'alliait à l'extrême droite pour pouvoir gagner le perchoir, ça dirait une seule chose, c'est que ces gens qui ont été élus ou réélus grâce au Front républicain sont en réalité des imposteurs.

2:12
Présentateur

Non, mais cet après-midi, sérieusement, Olivier Faure, vous y croyez ? Vous croyez sérieusement qu'André Chassaigne peut devenir le président de l'Assemblée ?

2:19
Olivier Faure

Écoutez, au troisième tour, il a une majorité relative. Donc la logique, si elle était suivie, nous sommes les seuls à avoir à la fois un projet commun et à le porter ensemble. Vous pouvez avoir effectivement un rassemblement de gens qui, opportunément, pour bloquer le Front populaire, se retrouvent. Mais sur quelle base ? Sur quel projet ? Sur quelle volonté pour les Français ? Rien. Donc ce serait une forme de hold-up qui serait réalisée. Mais la réalité, c'est que la logique politique voudrait que ce soit quelqu'un du nouveau Front populaire, et en l'occurrence André Chassaigne, qui l'emporte cet après-midi.

2:54
Présentateur

Vous y fiez référence. C'est vrai que ça donne l'impression d'une forme de bazar terrible à gauche. Honnêtement, le lendemain de la dissolution, vous avez mis à peine 4 jours pour vous mettre d'accord sur un cartel électoral, sur un programme commun de 150 mesures. Et là, ça fait 11 jours que vous n'êtes pas capable de vous mettre d'accord sur un non. Mais qu'est-ce qui bloque concrètement ? Pourquoi ce n'est pas possible ?

3:16
Olivier Faure

Mais c'est tout à fait possible. Simplement, moi, sur ce plateau, j'avais le 18 juin dit que je souhaitais que ce soit l'ensemble des parlementaires du nouveau Front populaire qui élisent celui ou celle qui les représentera à Matignon. Et puis, il a été fait un autre choix, celui du consensus, ce qui supposerait que tout le monde soit d'accord. C'est difficile parce que nous avons des approches qui sont parfois différentes et des candidatures qui sont aussi contradictoires, ou en tout cas qui sont concurrentes.

3:45
Présentateur

Quand on a pris acte qu'il n'y a pas de consensus, qu'est-ce qu'on fait ? On vote entre les deux tours des législatives. Vous étiez venu ici même sur ce plateau pour dire si on n'y arrive pas, il faudra voter, c'est le meilleur arbitre. Qu'est-ce que vous attendez pour procéder à un vote ?

3:58
Olivier Faure

Mais c'est ce que je dis ce matin. Je dis que quand on n'arrive pas à avancer, il y a un mode assez simple en démocratie pour départager des candidatures, c'est le vote. Et personne ne devrait avoir peur de la démocratie.

4:10
Présentateur

– Mais en attendant, ça fait 11 jours qu'on attend. Qu'est-ce que vous dites d'ailleurs aux électeurs de gauche ? Pardon, on s'excuse, on est désolé, parce que tout le monde regarde ça quand même avec une forme d'effarement.

4:22
Olivier Faure

– Je l'ai dit, je partage cette impatience, je partage le désir d'aller vite. Mais quand je le répète là encore, une fois qu'on constate qu'il n'y a pas un accord général, voilà, on vote, on passe au vote et ce n'est pas un drame. Moi j'accepte parfaitement le fait majoritaire. – Il aura lieu quand d'ailleurs ce vote ? – Il aura lieu dès que tout le monde sera d'accord sur le vote, mais moi je le dis ce matin. – Parce qu'on n'est pas encore sûr que tout le monde soit d'accord sur le vote.

4:47
Présentateur

En clair, les insoumis, eux, ils ne sont pas favorables.

4:50
Olivier Faure

– Mais je ne sais pas qui est d'accord ou pas d'accord. Je dis ce matin que nous ne pouvons pas continuer à lasser les Françaises et les Français qui nous ont soutenus et qui nous ont fait confiance. Et donc il y a une nécessité maintenant, c'est d'arriver à une solution. Cette solution, elle peut passer tout simplement par un vote parce qu'il n'y a aucun drame à voter. En démocratie, on vote. C'est comme ça qu'on départage des choix qui sont parfois des choix compliqués. Donc très bien, je vois que les communistes se sont rangés à cet avis, que Clémentine Autain, François Rieufin s'y sont rangés aussi. Je vois qu'hier, Olivier Bosancenot a aussi appelé à un vote. Je trouve ça très bien.

Moi, je n'ai pas peur du vote. Je pense que que ma candidate soit élue ou battue, je considère que c'est une façon de respecter les gens que de dire qu'à un moment, on tranche et qu'on fait le choix de la démocratie.

5:37
Présentateur

– Olivier Faure, je voudrais vous faire écouter ce que disait l'une de vos alliées, Marine Tondelier, c'est la chef de file des écologistes. Écoutez.

5:44
Auditeur

– Je suis écœurée, j'en ai marre. Je suis fatiguée parce que ça fait quand même six semaines qu'on y est. Et je suis désolée du spectacle qu'on donne aux Françaises et aux Français, et en particulier à celles et ceux qui nous ont élus. Donc je pense qu'il faut dire maintenant les choses. Notre joie se transformait en honte. Là, il n'y a plus de table de négociation, il faut le dire. Gna gna, Huguette Bellot, gna gna gna, Laurence Tubiana, mais on va se retrouver avec Laurent Wauquiez en fait. Donc si on attend la pureté de la solution qui est idéale pour chacun, on ne la trouvera pas. Il faut une intersection entre les socialistes et les insoumis. Évidemment qu'elle existe.

Sinon, on n'aurait pas réussi à faire un programme commun. Sinon, on n'aurait pas réussi à faire campagne ensemble. Et on n'aurait pas gagné.

6:16
Présentateur

– Elle dit, Olivier Faure, qu'elle est écœurée. François Ruffin a même dit qu'il avait honte, vous aussi, du spectacle qui est donné, pas seulement d'ailleurs aux électeurs de gauche, mais à tous les Français.

6:27
Olivier Faure

– Je trouve toujours curieux d'avoir des gens qui participent à ce débat et qui ensuite font comme s'ils en étaient extérieurs. Donc moi, je suis dans le débat et je ne fais pas semblant de ne pas participer à ce débat. Donc je suis moi-même lassé par la durée que prend cette discussion. Et donc je souhaite que nous puissions maintenant le trancher et arrêter de se cacher là, il y a son petit doigt. En fait, ça dure pourquoi ? Parce qu'on ne tranche pas. Et donc pour trancher, il faut un vote. Et moi, je crois que l'ensemble des parlementaires qui ont été élus, et quand on est élu député, c'est pour faire quoi dans la vie ?

C'est pour pouvoir justement être de ceux qui tranchent, en lieu et place des Français. Parce que nous sommes là pour, sur chaque projet de loi, dire oui, non ou s'abstenir. Donc là, effectivement, c'est le moment de prendre responsabilité, que chacun prenne cette responsabilité. Il y a des candidatures qui ont été posées sur la table. Il n'y en a plus aujourd'hui, à ma connaissance, que deux potentielles. Celle du Get Below, qui s'est retirée, mais qui peut-être pourrait revenir si je comprends ce que certains peuvent dire. Et puis il y a celle de Laurence Subiana. Eh bien, il y a deux candidatures. Soumettons-les au vote.

Et puis ensuite, nous aurons la possibilité de dire que les parlementaires du Nouveau Front Populaire ont fait un choix.

7:38
Présentateur

C'est ce que vous dites ce matin aux Insoumis qui ont quitté la table des négociations. Revenez à la table des négociations. On acte qu'il n'y a pas de consensus. Et on vote sur ces deux candidatures ?

7:48
Olivier Faure

Mais d'abord, ce n'est pas tout à fait vrai qu'il n'y a plus de table, peut-être. Mais enfin, moi, je continue à parler avec les Insoumis. Je continue à parler avec les écologistes, avec les communistes. Le téléphone existe et les rencontres eux-mêmes continuent. Et il n'y a jamais eu d'interruption. Il y a le cinéma autour de cette histoire, où chacun cherche à faire les portes-claques, etc. Ce qui ressemble parfois à un mauvais vote-ville.

8:10
Présentateur

Pardon, ça a quand même été un concours de baltrap. À chaque fois qu'un nom est sorti, ça a été le tir au pigeon. Vous citiez Huguette Bello, Laurence Tubiana. Je ne parle même pas des noms d'oiseaux, voire d'insectes. Sophia Chikirou, une proche de Jean-Luc Mélenchon qui qualifie le hollandisme, les partisans de François Hollande, de punaise de lit. Mais on en est là, franchement. Qu'est-ce que vous lui répondez ? Qu'est-ce que vous avez envie de lui dire ce matin ?

8:34
Olivier Faure

Je n'ai même pas envie de répondre à ce genre de propos. Je n'ai jamais qualifié, pour ma part, quiconque d'un nom d'animal. Ça me paraît totalement inapproprié. Je n'ai pas envie de rentrer moi-même dans ces polémiques qui sont parfaitement inutiles, qui déçoivent tellement de ce que nous sommes. Je souhaite au contraire que nous soyons droits, que nous arrivions à faire les choses et que nous soyons à la hauteur de ce que les Français ont demandé. Et donc que nous puissions maintenant simplement leur dire que nous avons entendu, nous avons réfléchi, ça nous a pris un peu de temps, nous avons posé des candidatures.

Et bien maintenant, on vote et on dit simplement, voilà, celui ou celle qui sera notre Premier ministre dès lors que le Président l'aura entendu, parce qu'il doit l'entendre.

9:19
Présentateur

Franchement, vous avez participé à ces négociations depuis 11 jours. Est-ce qu'il vous arrive de vous dire qu'au fond, les Insoumis n'ont pas tant envie de gouverner que ça ? Qu'au fond, ils font tout pour que ça ne se passe pas comme vous l'aviez imaginé ?

9:33
Olivier Faure

Il y a des approches différentes, parce que c'est vrai que derrière les candidatures, il y a aussi des approches stratégiques. Jean-Luc Mélenchon dit, c'est le programme, tout le programme,

9:42
Présentateur

rien le programme, mais pardon, avec 190 députés, ce ne sera pas tout le programme.

9:47
Olivier Faure

C'est tout le risque d'avoir un discours qui est maximaliste et qui en réalité peut nous conduire à ne rien appliquer du tout. Et donc le débat, il est entre ceux qui effectivement pensent qu'il faut y aller et risquer la censure immédiate, et ceux qui disent non, il faut gouverner, il faut prendre le temps de gouverner et aller chercher tout ce qu'on peut chercher pour les Français. Parce que moi, je ne suis pas de ceux qui disent on va être dans un spectacle où on va dire on aurait pu faire, et voilà, on était censurés. Dommage.

Moi, je suis de ceux qui pensent qu'il faut aller chercher, au contraire, à durer au pouvoir et permettre d'offrir aux Français le plus grand nombre des mesures dont nous avons fait le choix dans ce programme du Nouveau Front Populaire.

10:31
Présentateur

Quand le président de la République, Emmanuel Macron, appelle de ses voeux une coalition qui irait, si j'ai bien compris, de la droite républicaine jusqu'à la gauche sociale-démocrate, Laurent Wauquiez répond coalition non, pacte législatif, d'accord. Vous, vous répondez quoi concrètement au président de la République ? Jamais de l'avis ou discutons-en ?

10:50
Olivier Faure

Mais non, je réponds tout simplement qu'il y a eu un vote. Les Français ont voté. Ils ont sanctionné brutalement et à trois reprises le pouvoir actuel. Et là, le président nous dit « Mais non, je n'ai pas perdu, tout va bien, je suis même conforté ». Non mais, qui se moque-t-il ? Il a demandé lui-même une clarification. Il a appelé les Français à venir voter après une dissolution. Et là, il nous dit en fait « Je n'ai pas vu les résultats. Je n'ai pas compris en fait. Expliquez-moi. » Ou plutôt, je vais moi-même tripatouiller, chercher à monter des coalitions des contraires pour inverser le résultat de l'élection. Mais c'est un déni démocratique considérable. Donc vous nous dites ce matin

11:33
Présentateur

qu'aucun membre du Parti socialiste ou du groupe socialiste n'ira jamais travailler, collaborer d'une manière ou d'une autre avec une majorité qui allierait le Bloc central et éventuellement des Républicains. Ce matin, vous nous dites « Jamais de l'avis ».

11:48
Olivier Faure

Mais oui, je vous le dis parce que tout simplement, je ne vois pas comment on arriverait à une coalition des contraires. Imaginez que je revienne dans ma propre circonscription. Les gens m'ont élu sur une base. Et puis, ils me retrouveraient dans un gouvernement sur une autre base. Ils me diraient « Mais en fait, vous êtes servi de nous, mais vous êtes exactement à l'endroit où on ne vous attendait pas. » Et ils m'ont demandé à moi, ils m'ont donné un mandat, celui d'aller chercher des mesures. Est-ce que vous pensez que dans une coalition comme celle que le chef de l'État appelle le CVE, nous ayons abrogé la réforme des retraites qui a été contestée par 90% des Français ?

La réponse est non. Et moi, qu'est-ce que je veux faire si on va au pouvoir ? Je veux approcher la réforme des retraites, je veux augmenter le SMIC, je veux faire en sorte que les Français retrouvent du pouvoir de vivre qu'ils aient à la fois plus chaque mois, mais pour pouvoir se nouer, pour pouvoir partir en vacances, pour pouvoir donner des loisirs à leurs enfants. Et je veux aussi qu'à la fin, on puisse reconnaître ce qu'on appelle la valeur travail de manière très abstraite. Moi, je veux qu'on donne de la valeur au travail. Et cette valeur, on la donne notamment en reconnaissant un droit à la retraite pour celles et ceux qui ont contribué à enrichir ce pays.

12:56
Présentateur

Si demain, malgré tous vos souhaits, on se retrouve avec un Premier ministre issu des Républicains, un Premier ministre de droite, on cite les noms de Laurent Wauquiez, de Xavier Bertrand, le nouveau Front populaire, vote la censure immédiatement ?

13:10
Olivier Faure

Oui, bien sûr. Mais on ne va quand même pas accepter cette idée complètement loufoque. Vous avez imaginé Laurent Wauquiez, Premier ministre, mais il est celui qui a le groupe parlementaire le plus faible. 45 députés. 45 députés. Et donc, avec 45 députés, on serait Premier ministre. Et quand on en a 200, eh bien là, on devrait considérer qu'on est minoritaire et qu'on n'a même pas cette majorité relative. Ça n'a absolument aucun sens. Sur quelle base Laurent Wauquiez gouvernerait ? Sur la base d'un projet que personne n'a approuvé ? Mais moi, je dis que tout simplement, quand la démocratie parle, il faut la respecter. Je veux de la démocratie partout. J'en veux au sein du Front populaire.

J'en veux aussi au sein de l'Assemblée. Et je voudrais que le président de la République soit aussi le premier à garantir la démocratie. Il est le gardien de nos institutions. Il devrait ne pas être celui qui provoque en permanence le chaos. Il devrait être celui qui nous permet de vivre ensemble. Il est au contraire celui qui crée du désordre. Et c'est triste parce que, évidemment, ça n'est pas la mission qui lui a été confiée.

14:04
Présentateur

Vous faites partie de ceux qui défendent le parlementarisme, comme le cœur du pouvoir va désormais être à l'Assemblée. Et il se trouve que, cette semaine, vous avez envoyé une lettre au patron des partis du Bloc central pour leur dire « barrage anti-RN à l'Assemblée, pas question de leur réserver des postes ». Mais pardon, c'est contraire au parlementarisme. En l'occurrence, c'est contraire à tout l'esprit de nos institutions. Ils ont été élus. Faire barrage au RN dans les urnes, c'est une chose. Faire barrage à leurs élus, c'est faire barrage du coup à leurs électeurs.

14:34
Olivier Faure

– Mais c'est assez simple. On a été élus sur la base d'un barrage républicain. – Mais les élections sont passées.

14:44
Présentateur

Les élections sont passées, maintenant ils ont été élus.

14:47
Olivier Faure

– Mais ils sont élus et ils sont respectés comme élus. Ils votent comme les autres et ils ont le droit à la parole comme les autres. Est-ce qu'on est obligé de donner des responsabilités ? Mais rien n'y oblige. Regardez ce qui se passe au Bundestag. Vous avez l'AFD qui est un parti d'extrême droite désormais puissant. Hélas, ils n'ont aucune vice-présidence. Pourquoi participerions-nous nous-mêmes à leur notabilisation, à une forme de banalisation de l'extrême droite comme si elle était un parti républicain parmi d'autres ? Ça n'est pas le cas. On l'a encore vu dans cette élection où on a débusqué au fur et à mesure un cinquième de leurs candidats. – Marine Le Pen

15:22
Présentateur

dit que c'est vous qui pratiquez la négation de la démocratie.

15:25
Olivier Faure

– Mais en quoi ? On irait quoi que ce soit. On ne dit pas qu'ils n'ont pas le droit à la parole, qu'ils n'ont pas le droit à l'amendement, qu'ils n'ont pas le droit à la proposition noire. On dit simplement que nous ne sommes pas obligés de leur donner une respectabilité qu'ils ne méritent pas. Ils ne sont pas respectables parce qu'ils combattent aujourd'hui les principes même de la République, les valeurs que nous défendons et qui sont affichées partout sur nos écoles, sur nos mairies, etc. C'est liberté, c'est égalité et c'est fraternité.

Est-ce que vous pensez sincèrement qu'un parti qui prône la fin du droit du sol pour revenir au droit du sang qui propose d'aller jusqu'à la préférence nationale ? Est-ce que vous pensez que ce parti est fraternel ? Est-ce que vous pensez que ce parti qui est en permanence dans la discrimination est un parti qui peut représenter les valeurs de la République ? La réponse que je donne ce matin et que vous connaissez, c'est effectivement non.

16:11
Présentateur

Merci Olivier Faure. Il est 8h53 sur RMC et sur BFM TV. C'est parti.

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