Travail, le labeur de vivre : redécouvrez le débat organisé pour l'Université Libé
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 62 %Attaque 27 %Défensif 12 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:43OuverteRéponse directe
Boris Vallot, vous en revenez de l'Assemblée : comment décririez-vous le débat démocratique sur cette réforme ?
- 2:28RelanceRéponse directe
Laurent Berger, pourquoi cette colère soudaine des syndicats sur la réforme des retraites ?
- 9:20OuverteRéponse directe
Dominique Ménard, pouvez-vous synthétiser vos conclusions sur la crise du travail en France ?
- 13:34OuverteRéponse directe
Bernard Friot, votre thèse sur le salaire inconditionnel : expliquez-nous.
- 24:06RelanceRéponse directe
Laurent Berger, sur les grilles de classification : pourquoi ce problème persiste-t-il ?
- 28:09OuverteRéponse directe
Boris Vallot, la gauche a-t-elle abandonné le sujet du travail ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:12Laurent BergerFait
« le travail souffre d'une forme d'impensée dans le débat public dans l'espace politique »
- 6:00Laurent BergerFait
« il y a un attachement à son travail comme outil de reconnaissance comme outil d'émancipation »
- 12:52Dominique MénardChiffre
« 37% des actifs occupés pensent que leur travail est insoutenable »
- 1:02:39Fait
« Il ne faut pas confondre valeur et richesse. »
Temps de parole
- ?99 %
≈ 0,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[Musique]
un travail dans leur vie quel sens a donné à leur travail et je pense que cette réflexion continue à les passionnante elle va durer encore un moment je pense voilà donc pour pour en débattre j'ai autour de moi je vais les présenter dans l'ordre Boris Vallot député PS Laurent Berger patron de la CFDT Dominique MEDA sociologue et Bernard Friot sociologue il y a un micro qui est disponible pour peut-être Sandrine Rousseau qui nous rejoindra si elle est là elle est en pleine en plein rush vous savez qu'à l'Assemblée nationale aujourd'hui ce ce il y avait débat autour de la proposition de loi liotte et je crois que c'est assez chaud en ce moment je Boris Vallot vous en revenez vous pouvez en témoigner c'était assez accablant sur le plan du débat démocratique vous voyez la démocratie a manqué dans la majorité chez les LR de démocratie très bien ça c'est une bonne façon de résumer les choses et Sandrine Rousseau si elle nous rejoint nous en dira un peu davantage vous aurez l'info en direct voilà donc je vais commencer par vous Laurent Berger parce que vous avez été l'homme de ces derniers mois qui a qui a qui a porté qui a porté avec avec votre camarade de la de la CGT vous avez tout à coup on a vu les syndicats liés alors que pendant le premier débat sur la premier projet de réforme des retraites dans le premier mandat d'Emmanuel Macron les syndicats étaient divisés vous vous étiez plutôt en soutien de la réforme des retraites première mouture et là là vous avez tapé du point sur la table on vous a beaucoup entendu on vous a vu très en colère très très énervé très fâché et surtout et c'est pour ça que c'est tout à fait lié à notre débat du jour fustigeant Emmanuel enfin l'exécutif qui a mis cette réforme des retraites tout de suite sur la table dès les premières semaines quasiment d'Emmanuel Macron au pouvoir pour ce deuxième mandat avant de lancer une réflexion justement sur le travail vous ce que votre votre test et qu'il fallait d'abord réfléchir justement à ce que veulent les gens comment ils veulent travailler comment ils voient leur travail dans leur vie dans leur vie propre et ça c'est quelque chose qui vous a mis très en colère le travail et vous pensez qu'il y a un vrai travail de fond justement à faire sur ce sujet oui bonjour à toutes et à tous moi ce que je pense depuis longtemps on se compense à la série longtemps c'est que le travail souffre d'une forme d'impensée dans le débat public dans l'espace politique il est soit résumé à une approche un peu morale vue comme une seule force productive une seule donnée économique parfois il est vu aussi à tort comme seulement un espace de souffrance et de difficultés or le travail est une réalité sociale extrêmement forte qui structure la vie de beaucoup de nos de nos des citoyens des des hommes et des femmes qui qui sont qui la vie quotidienne moi je résume ça souvent en disant quand vous invitez des nouveaux voisins à boire l'apéro chez vous quel est le premier il se passe pas 30 minutes avant qu'on vous demandiez ou que quelqu'un demande mais vous faites quoi dans la vie en général ça illustration bien que ça parle du travail donc le travail il est ça depuis longtemps on est qu'on est dans l'incapacité d'avoir un vrai débat sur le travail que il est souvent caricaturé il est il est maltraité deux sens dans les deux écritures maltraités par ce que on sait pas on sait pas l'appréhender et maltraiter parce qu'on sait pas on parlait non plus et ce qui a été frappant dans cette réforme des retraites c'est pas une réforme des retraites à n'importe quel moment c'est une réforme des retraites à l'issue et une période incroyable qui a essayé cette crise pandémique qui a réinterrogé beaucoup de choses sur le travail qui a pas forcément fait découvrir des multitudes de choses mais qui a quand même révélé des choses qui étaient qui existaient précédemment mais qui était pas appréhendé son propre rapport au travail et l'articulation entre son travail et ça son temps personnel le fait que un paquet de travailleurs était invisibilisé et tout d'un coup on s'est aperçu que hobby ils étaient bien présents et surtout j'ai envie de dire bien présente pour faire fonctionner la société que chacun d'entre nous a aussi faire évoluer ces façons de travailler enfin quand je dis chacun d'entre nous une partie des travailleurs 30% simplement qui peuvent télétravailler alors qu'on en a fait comme si c'était le débat qui concernait tous les travailleurs et travailleuses et notamment ceux et celles qui étaient présents pendant le confinement à leur poste de travail dans des conditions dangereuses dont on connaissait pas les choses donc la première chose qu'il aurait fallu faire c'est de se dire mais il se passe quoi aujourd'hui sur le travail c'est quoi l'aspiration des salariés des travailleurs au-delà des salariés d'ailleurs et nous on avait fait une enquête s'appelait pas long travail qui montrait les choses assez frappantes c'est il y a un attachement à son travail comme outil de reconnaissance comme outil d'émancipation et donc moi je me porte assez en faut avec les discours qui consisteraient à dire que chacun cherche à fuir le travail c'est pas vrai en tout cas c'est pas nous ce qu'on ressent aujourd'hui dans ni dans les adhérents et de la série tennis dans les salariés qui qui nous font confiance mais il y a une volonté de travailler mieux de l'avoir de la prise sur son travail donc une volonté d'autonomie d'avoir une il y a une volonté de pouvoir le réaliser de bonnes conditions le truc le plus frappant dans cette crise pandémique c'est que l'hôpital qui était en grande souffrance avant la seule élément positif que les professionnels de l'hôpital ont dit pendant cette période c'est qu'au moins on leur imposait pas de face de travailler selon telle méthode imposée par circulaire mais qu'ils avaient de la marge d'autonomie et de la Coopération nécessaire absolument nécessaire donc ça ça c'est aspiration là du monde du travail avec des réalités différentes selon les secteurs professionnels elle s'est confronte à une approche du travail qui depuis quelques décennies maintenant réduit à une logique de coût à une logique d'intensification etc et il est frappant de regarder par exemple le nombre de travailleurs qui ont une obligation de faire leur tâche dans une durée limitée prenons comme espace une heure il a triplé dans cette 20 dernières années c'est à dire que donc là où il aurait fallu se réinterroger sur la façon dont on travaille sur la façon dont on a de la maîtrise de son travail de la prise sur son travail on devrait développer des espaces de coopération on devrait développer du dialogue professionnel pour pouvoir négocier l'organisation du travail et bien la logique a été en termes de récompense de cette période dramatique de pandémique ça a été et particulièrement pour aller travailleurs qui ont été le plus présents parce que cette réforme elle touche principalement les travailleurs qu'on qualifie je sais pas ce que ça veut dire mais d'intermédiaire souvent des professions qui sont pas les plus simples ça a été de leur dire deux ans de plus merci au revoir c'est pas étonnant que ça provoque de la colère alors je rappelle pour ceux qui s'intéressent à ce que à vos réflexions que vous venez de publier un livre qui s'appelle du mépris à la colère et c'est sur de la France sur la France au travail et justement dans lequel vous dites bien que le travail est abimé et quand on quand on maltraite le travail en fait c'est les gens qu'on maltraite et c'est ce qui c'est ce qui ressort un petit peu de des derniers mois oui bien sûr quand on quand on nie des réalités de travail quand on parle du travail dans le débat public de la façon dont personne ou trop peu de gens s'y reconnaissent dans la façon dont on considère que le travail c'est un lieu où on laisse son cerveau au vestiaire avant de rentrer et quand on sort on le reprend et entre-temps on peut pas développer qui sont son autonomie son libre arbitre sur un certain nombre de choses etc bah oui on alterait les gens et et si et on Malte même la démocratie en vrai moi on a aussi des expériences positives au travail moi je crois qu'on améliore les conditions de travail au sens très large du terme les espaces de coopération la l'autonomie des salariés quand on les reconnaît financièrement aussi quand on les enfin en terme de salaire quand on les reconnaît en terme de bonne cohésion de travail je pense qu'on on fait plus de bien à la démocratie que quand blablatant tout simplement parce que quand on n'est pas reconnu 7 ou 8 heures de son temps dans dans une journée ça fait pas de de soi des citoyens qui ont vraiment envie de participer positivement aux communs donc je pense que c'est un débat lié au sujet des retraites c'est un débat lié aussi au devenir de notre de notre démocratie alors j'ai pas présenté Franz Durup qui est à côté de moi qui est que les lecteurs de Libé connaissent bien parce que c'est lui qui est grand spécialiste du travail à Libération et donc il y a suivi au jour le jour toute toutes les Lego toutes les la mobilisation sociale de ces derniers mois voilà donc maintenant c'est à lui la parole merci Alexandra non mais peut-être pour approfondir ce que vous disiez je me tourne vers Dominique Médard vous avez publié récemment avec votre console Malaisie un article dans le titre résume bien le contenu à prendre la mesure de la crise du travail en France c'est un article dans lequel vous vous revenez de manière assez complète sur tout un tas d'éléments qui permettent de mesurer le la réalité du rapport au travail des travailleurs voilà ce que vous pouvez un petit peu nous nous synthétiser vos conclusions dans cet article bonjour à tous et tous maman aussi je suis ravie d'être là aujourd'hui alors en gros qu'est-ce que qu'est-ce qu'on montre dans cette article on revient sur sur une vingtaine d'années où on a exploité les enquêtes qui nous parlent du travail les enquêtes sur les valeurs des Européens par exemple ou les enquêtes conditions de travail alors si je résume je dirais que 1 c'est pas vrai que les Français n'aiment pas le travail ne veulent plus travailler son paresseux en fait ils sont très attachés au travail considèrent que le travail est très important et leurs attentes sont très très intenses ils veulent à la fois se réaliser au travail c'est à dire montrer aux autres de quoi ils sont capables mais ils veulent aussi évidemment un bon salaire une bonne ambiance de travail etc très bien mais le paradoxe j'illustre ça avec l'enquête sur les valeurs des Européens en 1999 le paradoxe c'est que à la fois les Français sont parmi les plus attachés au travail et en même temps à l'époque il souhaitait que le travail prenne le moins de place beaucoup moins de place pourquoi deux explications qui sont toujours valables aujourd'hui je pense que moi je suis je pense qu'il faut relativiser la rupture qu'aurait représenter le covid je pense que on a une continuum de monter des explications deux explications d'abord la montée des aspirations à une meilleure conciliation entre vieux professionnels et vie privée et notamment familiale qui s'explique par le fait que on a des jeunes de plus en plus éduqués qui arrivent avec des valeurs en attachement à la famille aussi de plus en plus forte et qui a de plus en plus de femmes dans l'emploi et des femmes qui sont à tous les niveaux d'emploi et donc qui ont et cette aspiration est une meilleure conciliation et bien elle est diffusée dans toute la société il a deuxième explication c'est ce que Laurent Berger a dit c'est les conditions de travail vraiment très très médiocres qu'on a en France et si vous regardez les séries d'enquêtes conditions de travail soit français soit européenne on a la chance d'avoir la vague 2021 des enquêtes sur les conditions de travail en Europe qui nous montrent que la France elle est en queue de peloton et c'est pour ça me semble-t-il que la réforme des retraites est l'âge elle a nié cette crise du travail et en même temps le gouvernement se méprise vraiment dans la figure c'est à dire que la violence de la réaction de la population nous montrer qu'il y a une crise du travail la dernière enquête de la DARES elle dit que 37% des actifs occupés pensent que leur travail est insoutenable c'est-à-dire qu'ils ne pourront pas travailler comme ça jusqu'à leur retraite et ce qui est très intéressant c'est que ça très vert ça traverse les classes sociales c'est un peu plus les femmes que les que les hommes et ça concerne à la fois les ouvriers les employés d'un côté et les cadres de l'autre donc ça veut dire qu'on a quand même une énorme partie de la population qui considère que son travail est insoutenable et je vous disais l'enquête européenne elle elle montre qu'on est les derniers en matière de conditions de travail physique discrimination charges émotionnelle avoir la voix au chapitre pouvoir dire quelque chose sur la manière dont on va faire son travail très faible voix au chapitre les salariés sont pas consultés en France à la différence de ce qui se passe dans les pays du Nord par exemple et si vous prenez un index synthétique de la qualité de l'emploi alors là on est on est près de la Slovaquie je crois c'est à dire qu'on a 40% de nos emplois qui sont dit tendus ça veut dire que face à des exigences élevées vous avez pas les ressources pour pour y faire face voilà donc c'est là dessus que la réforme des retraites c'est assise et c'est ça explique ce retour je lirai de bâtons dans la figure de du gouvernement parce que on a oublié pour aller encore un encore un peu plus loin du coup je me tourne maintenant vers Bernard Friot vous vous travaillez plus particulièrement sur la question du statut l'enjeu du salaire c'est tout l'enjeu de vos travaux en quelque sorte je pense que c'est peut-être intéressant que vous expliquer un petit peu quel est votre votre thèse là-dessus c'est-à-dire en gros si je synthétise mais peut-être mal donc vous me corrigerez mais pour vous la libération du travail passe par un salaire inconditionnel qui permet de qui permet aux travailleurs finalement d'une pièce dépendante du patron est-ce que voilà ce que pour vous c'est un peu ça le le la solution ultime pour sortir de tout ce malaise dans lequel on se trouve à condition de ne pas confondre salaire est revenu en aucun cas revenir à conditionnel ça c'est la le fait de distribuer tout le monde 800 balles ça c'est la c'est le filet de sécurité que la classe dirigeante veut mettre en place pour rendre possible retour au paiement à l'acte qui a été subverti par le syndicalisme au 20e siècle avec le paiement au salaire à la qualification du poste ou à la qualification personnelle et le retour à l'incertitude que crée le paiement à l'acte qui est au cœur du capitalisme capitaliste et le paiement à l'acte suppose qu'il y ait un revenu de base à conditionnel dont je suis un adversaire absolument total parce que précisément il est au service de retour à avant 1910 c'est-à-dire finalement le droit commercial pour réguler les rapports de travail et une réaffirmation du travail indépendant qui est le cœur de l'exploitation capitaliste et donc contre le paiement à l'acte qui est vraiment la forme capitaliste traditionnelle du salaire qui concerne les indépendants bien sûr qu'ils sont payés à l'acte et qui sont entièrement dépendants de leur fournisseurs de leurs clients et de leurs prêteurs en agriculteur exploitant une maîtrise pas son travail c'est totalement c'est c'est le fournisseur d'un trans et l'acheteur de la centrale d'achat de Leclerc c'est le prêteur capitaliste qui qui décide de son travail et contre ce paiement à l'acte qui est au cœur de la logique capitaliste de la rémunération et qui revient aujourd'hui avec l'ubérisation avec tout le travail de plateforme avec la citation être auto-entrepreneur à devenir prestataire lorsqu'on est seigneur de l'entreprise parce qu'on coûte trop cher comme salariés en fait c'est des raid etc le syndicalisme s'est organisé au 20e siècle pour sortir du paiement à l'acte et c'est la grande invention du salaire à la qualification des conventions collectives c'est pas du paiement à l'acte on est payé pour la qualification de son poste et la qualification elle ne mesure pas l'activité qu'on mène puisque dans une branche des postes qui ont des activités très différentes va voir le même niveau de qualification la qualification et l'exprime la contribution à la production de valeur économiques et pas la production de valeur d'usage ça c'est le travail concret mais la qualification et l'exprime notre contribution à la production de valeurs et on a très bien vu la grande conquête qu'il y a eu de mettre en place le salaire à la qualification du poste qu'on appelle l'emploi c'est que pendant le confinement les travailleurs qui avaient un salaire en CDI respectant la convention collective on quoi qu'ils aient fait conservés 84% de leur salaire et heureusement sinon il y aurait eu effondrement de l'activité comme on l'a vu dans les années 30 ou le paiement à l'acte était la norme quant au fonctionnaire là nous sommes dans une dispositif encore plus avancée que le paiement à la qualification du poste de la convention collective les fonctionnaires c'est le cœur de la fonction publique c'est que c'est la personne qui est qualifiée à travers un grade et c'est pour cela que pendant le confinement quoi qu'ils aient fait et certaines en matière de soins en plus travailler qu'avant mais d'autres n'ont pas fait grand-chose parce qu'ils étaient dans la même situation que tout le monde ils ont conservé 100% de leur salaire bien sûr et nous avons aussi et c'est pour cela qu'il y a tel enjeu autour de la retraite depuis 35 ans nous avons en 46 cet acte majeur que pose croisa ministre communiste du travail qui supprime toute mention des cotisations dans le calcul de la pension et qui pose la pension non pas comme la contrepartie de cotisations mais comme le continuation du salaire de référence sur le modèle de la fonction publique et nous avons aujourd'hui parmi les 17 millions de retraités nous en avons plus de la moitié surtout des hommes qui ont une pension supérieure au SMIC et là nous sommes dans un salaire pour la liberté on a inventé le passage du salaire parce que acte de subordination au salaire pour le travail libre c'est pour ça que vous avez un tel acharnement de la classe dirigeante contre le droit au salaire des retraités qu'ils aient différé de leur cotisations ça ça ne dérange personne c'est ce que le patronat va faire des 47 avec la jrco mais qu'ils aient droit du salaire que le salaire soit sorti du carcan de la subordination qu'ils deviennent l'expression de notre liberté au travail ça c'est insupportable la classe dirigeante c'est pour ça que l'article premier de la loi sur les retraites supprime le des régimes de Dave GDF et de la RATP ce qui reste après que ce de des postes et des télécommunications étaient supprimées qui sont précisément des régimes qui comme celui de la fonction publique pose le droit au salaire des retraites et donc cette première conquête on voit bien qu'il est absolument indispensable si nous voulons faire une quelconque rupture écologique tant que nos droits dépendront du contrat de travail que nous passons avec notre entreprise moi j'irai pas faire la morale écologique à ceux qui défendent leur emploi futile de merde dès lors que c'est le support de leur droit ne comptez pas sur moi je le ferai pas en revanche il y a une urgence écologique qui elle impose que nos droits de dépendent pas de notre contrat de travail que nos droits dépendent exclusivement de notre personne or nous avons déjà 17 millions de plus de 18 ans quand on additionne les fonctionnaires la moitié des retraites une pension supérieure au SMIC à un certain nombre d'autres catégories les salariés statuts qui restent etc le tiers des plus de 18 ans un salaire lié à sa personne passons à 100% voilà une proposition qui n'est pas dans la dans finalement dans la dépendance de l'agenda d'adversaire comme le son hélas les positions de la terre syndicale depuis depuis 94 depuis 93 mais nous sommes là dans une proposition alternative qui assume les conquis de la classe ouvrière ce conquis de la dissociation du salaire et du poste du salaire et de l'activité qui attribue le salaire à la personne et puis nous avons une une deuxième nouveauté moi je suis un observateur du salaire et de la Sécu depuis maintenant 50 ans d'observateur admiratif des conquêtes ouvrières en la matière nous avons ce qui se passe dans les années 60 en matière de mise en sécurité sociale de la production du soin 10% du pays B c'est pas un petit truc mais mineur 10% du PIB a été mis en sécurité sociale comment à partir de quoi à partir d'une hausse des salaires vous avez dans les années 60 une hausse des salaires qui n'est pas d'abord une hausse du salaire direct elle existe mais qui est d'abord une hausse du salaire socialisé dans la cotisation et cette hausse du taux de cotisation qui est au cœur de toute la logique 45 64 depuis elle a été abandonnée hélas par les revendications ouvrières mais cette hausse du taux de cotisation additionner en 67 à l'augmentation de l'assiette puisque il y a des plafonnement des cotisations de l'assurance maladie fait que nous avons une masse d'avance monétaire en salaire pas en capital c'est là que nous que nous renversons la logique capitaliste nous partons d'une avance en salaire et un salaire qui est emmener marquer c'est à dire en monnaie qui n'est utilisable qu'auprès de professionnels conventionné c'est ça le gros intérêt c'est que la carte Vitale c'est de la monnaie mais qu'elle ne peut être dépensée complètement un outil énorme pour changer la production en conventionnant des protecteurs nos capitalistes évidemment tous les producteurs alternatifs qu'il s'agit de sortir de la marge qui sont de plus en plus nombreux parce que d'une partie croissante des travailleurs ne supportent plus de produire pour le capital et nous sommes là avec un outil formidable qui montre que nous pouvons passer d'une monnaie qui nous qui pèse sur nous comme un étau le fait d'être payé après avoir posé un acte subordonné le fait d'être endetté auprès de prêteur avant même de commencer à travailler et de voir ensuite les rembourser alors qu'ils sont purement parasitaires nous avons dépassé cet usage mortifère de la monnaie pour un usage libérateur avançons les salaires pour produire il ne faut qu'une seule avance les salaires comme attributs de la personne alors
[Applaudissements]
je voulais je voulais m'adresser à Boris Vallot mais avant j'aimerais quand même vous faire agir en berger sur ce qui vient sur ce qui vient d'être dit dont vous parlez qui est la qui d'un salaire qui est basé sur les qualifications et les compétences c'est tout le drame le fait qu'on est sorti de ça aujourd'hui on est sorti de ça il y a 151 branches sur les 171 que compte notre pays de plus de 5000 salariés qui ont des salaires qui démarrent les rides et donc le problème aujourd'hui enfin le problème syndical de ceux qui ont les mains dans le cambouis pour faire que les choses bougent pour les travailleurs et travailleuses c'est de faire en sorte justement qu'on sorte de cette logique et qu'il n'y ait pas de grille de classification qu'il y a de réelle négociation dans les branches professionnelles de la contrainte et nous on fait des propositions très concrètes d'ailleurs en inter syndicale en disant de dire il y a des aides publiques qui sont versées aux entreprises il faut qu'elle soit conditionnées au fait qu'il n'y ait pas possibilité de commencer sa carrière professionnelle dans un échelon qui certes vous êtes payé au smic mais qui est en dessous du SMIC aujourd'hui la réalité et c'est vrai dans le public aussi un agent de catégorie C de la fonction publique aujourd'hui il est 12 ans au SMIC 12 ans au SMIC il peut franchir les échelons ils peuvent franchir les qualifications il peut faire preuve de compétences il est 12 ans au SMIC et dans 150 branches sur 161 c'est la réalité et ça veut dire quoi ça veut dire que quand on parle de reconnaissance du travail quand on parle de sentiment de respect quand on est un travailleur on le perd vous pouvez faire ce que vous voulez vous êtes de toute façon payer au SMIC alors vous l'êtes la première année évidemment heureusement il y a le filet minimum mais vous l'êtes la deuxième la troisième la quatrième année et donc ça ça dévalorise le travail en soi c'est ça qui est de mon point de vue l'élément fondamental de de la logique salariale aujourd'hui c'est à dire que on a plus de corrélation entre la façon dont on est payé et la compétence la qualification qu'on met qu'on met en exergue et de l'autre l'autre drame je crois c'est que particulièrement dans des métiers féminins on n'a pas la corrélation entre l'importance sociale de la tâche qu'on exerce nous on est l'organisation la plus implantée à domicile dans le nettoyage dans la sécurité privée je peux vous assurer que il y a plein de choses qui fonctionnent pas y compris de venir aujourd'hui ici à scoloc ça fonctionne pas si vous n'avez pas des gens devant qui font la sécurité c'est comme ça c'est comme ça que ça marche il peut rien et bien aujourd'hui on s'est métiers qui sont pour une part des métiers féminins en tout cas c'est les premiers dont j'ai parlé vous n'avez pas de reconnaissance sociale c'est-à-dire vous considérez et là je suis en désaccord que vous faites un métier de merde moi je ne sais pas ce que c'est d'un métier de merde je sais ce que c'est de le faire dans des conditions de merde mais je sais pas pour un salarié ce que ça veut dire d'avoir un métier de merde parce que pour ses salariés que je représente parce que on est organisons très présent dans ces secteurs là ils ont ce sentiment que ils font un métier qui peut être utile socialement il peut être utile pour la société mais qui est malheureusement pas reconnu pas reconnu pour deux raisons la question salariale la question enfin trois raisons la question des conditions de travail dans lesquelles il exerce la question aussi de l'image qui est souvent renvoyée par la société sur ces métiers non quand je parlais d'emploi de merde je parlais par exemple de ce que nous avons ce que nous avons assisté pendant le premier confinement dans l'aéronautique à Toulouse nous avons là un intranet qui pendant le premier confinement s'ouvre et des travailleurs qui disent on va pas indéfiniment envoyer des avions dans le ciel nous avons un outil absolument formidable nous aimons notre métier nous pouvons sortir Toulouse de la monnaie industrie nous pouvons utiliser autrement dès que le confinement est terminé on avait la même chose à l'hôpital avec les soins costus allusion très justement d'ailleurs les les soignantes qui étaient libérés enfin des gestionnaires pendant le premier confinement pendant ce temps-là Martin hirs j’écrivais un bouquin d'ailleurs il est avec ça à faire évidemment je sais pas quoi correspond sur le nénuphar enfin un truc dans ce coup là enfin du Marseille et donc la la la qu'est-ce qui s'est passé en juillet fermeture de latranette etc etc et on revient à la logique absurde d'envoyer des avions dans le ciel à définir pour faire du Toulouse Paris en plus bon et donc la la je ne parle je ne parle jamais de travailleurs de merde alors là excuse-moi mais ça alors Boris Vallot est-ce que est-ce que la gauche vous allez être furieux ce que je vais vous dire mais est-ce que la gauche n'a pas ne s'est pas assez c'est pas assez positionné sur le travail et du coup elle doit donner l'impression que c'était un peu une valeur de droite je me souviens d'Emmanuel Macron il y a pas très longtemps disant pensant s'adressant à ceux qui bossent dur qui travaillent dur je crois que je crois que c'est l'expression qu'il avait employé est-ce que oui c'est ça arrangé est-ce que est-ce que finalement la gauche ça n'a pas laissé un vide ce creuser sur ce sujet qui qui a été comblé par par la droite oui sans doute sans doute et il est important d'en avoir conscience pour précisément désormais réaffirmer la centralité du travail Laurent Berger a dit tout à l'heure au fond nous sommes à bien des égards ce que nous faisons quel est notre travail d'ailleurs qu'il soit rémunéré ou pas ce qu'il y a aussi toute la condition des travailleurs gratuits qui ont une utilité utilité sociale il y a la nécessité de sortir de tous les dilemmes appauvriers ce que c'est une valeur de droite une valeur de gauche il y a pas de valeur de travail s'il n'y a pas de travail de valeur le travail peut être émancipateur il peut j'allais dire réparer comme il peut abîmer quand je dirais pareil vous allez voir ce que sont les territoires zéro chômeurs de longue durée vous voyez même physiquement la transformation de ceux qui sortent de la précarité pour retrouver au fond une place un statut une dignité dans leur propre regard et aussi dans le regard dans le regard des autres c'est aussi évidemment le travail qui abîme je voudrais juste partir des salaires et puis revenir à ce que disait à la fois Dominique Ménard et Laurent Berger des circonstances dans lesquelles il y a cette grève des retraites qui a des causes plus profondes et des conséquences plus durables que la seule question des retraites nous avons un président de la République qui peut parler de travail sans jamais parler de salaire sans jamais parler de salaire il peut parler de prime Macron il peut parler de défiscalisation des socialisation il ne parle jamais de salaire et en effet la question des salaires doit être centrale et la gauche doit s'en saisir elle ne peut pas poser cette question là sans se poser de nulle part à la question de la valeur ajoutée partage de la richesse et de ce qu'est la valeur de comment on la considère sur le premier point je veux dire que on a longtemps eu le discours y compris ou à gauche je le dis sur la question du coût du travail et quand je regarde aujourd'hui la répartition de la richesse créée non pas entre le capital et le travail mais dans la masse salariale globale et que je vois les écarts de rémunération quand je considère après la crise de la covid nous avons applaudi les caissières à 20h avec bien d'autres que le patron de Carrefour continue de gagner 400 fois sous gagne une caissière je dis que ce n'est pas normal et qu'on doit retrouver de la décence commune que nous avons besoin de mieux partager la richesse vous savez que le salaire des 10% de français les moins bien payés augmentaient trois fois et demi moins vite depuis 2008 que les 10% de salariés les mieux payés et encore les 10% de salariés les mieux payés en d'autres choses que le salaire comme rémunération vous avez seulement 0,34% des salariés en France qui gagnent plus de 12 fois le SMIC et c'est le fameux facteur 12 si vous deviez redistribuer bien sûr c'est une fiction toutes ces surémérations vous pourriez augmenter de 233 euros net par mois 20% des salariés les plus modestes alors quand je dis qu'on a un problème de coût du travail je dois vous dire que depuis quelques années mon regard s'est déporté et je le porte moins vers les classes laborieuses pour reprendre un terme consacré mais qui dit quelque chose que vers ces grands patrons et quand je vois y compris moi dans ma circonscription dans les Landes des entreprises du nettoyage qui font le nettoyage dans des grandes entreprises chez Total par exemple et qu'on me dit on peut pas baisser plus les salaires je sais que ça vient rémunérer à la fois la surémération du patron de Total des surdividuides de ces grandes de ces grandes entreprises donc on a besoin de ça ensuite il y a les circonstances quel lien je fais entre ce salaire et les circonstances c'est qu'on avait le sentiment dans cette crise de la covid qui nous a donné bien des leçons même si le gouvernement d'un attiré aucune qu'il avait une forme d'inversion de hiérarchie des valeurs de ce qui comptait pour nous d'une ce qui ne comptait pas de ce que l'on pouvait de ce qui n'est nécessaire est-ce qu'il n'était pas d'une certaine manière la valeur avait changé de camp Rugger Bregman nous en effet un petit peu l'illustration amusante en disant 68 il y a une grève des éboueurs New York premier jour les New York eggle deuxième jour ils trouvent ça peut crado au bout d'une semaine il satisfait le revendication parce qu'on peut pas faire sans les éboueurs l'année suivante 69 il y a la grève des banques et centraux en Irlande et ils ont des revendications salariales ils font grève un jour une semaine un mois six mois finalement tout le monde s'en fout il retourne au boulot d'une certaine manière nous avons aussi éprouvé ça dans cette crise de la covid de qui avons-nous besoin des soignants des aides-soignantes ou des même si j'imagine qu'ils ont pas chômé en télétravail j'allais dire de des gestionnaires de patrimoine et spécialistes en optimisation fiscale mais si je dis ça c'est qu'il y avait quand même dans cette dans cette crise de la covid une espérance dans les échos de nos applaudissements de 20h et qu'il ne sait rien passer du point de vue de hiérarchie d'une certaine manière de cela de la façon dont on apprécie la valeur c'est-à-dire au fond l'utilité sociale et dans la crise des retraites quand je dis que ça a des causes plus profondes c'est évidemment hanter dans les conditions de travail l'organisation du travail même le sens du travail parce que on a pour un certain nombre d'entre nous parfois je me suis mis dedans mais faisons raison on s'est posé la question de savoir qui était les bullshits jobs ces métiers dont un peu inutiles en perte en perte de sens et bien dans cette crise de la covid ils se sont dit finalement on va faire passer à la caisse ce qu'on a applaudis à 20h on va faire payer le quoi qu'il en coûte aux ouvrières de l'agroalimentaire aux caissières aux éboueurs et donc c'est une révolte sociale c'est une révolte du monde du travail de celles et de ceux qui n'ont que leur travail pour vivre et moi aussi j'ai constaté ce rapport ambivalent on a vu dans et Laurent Berger en bien mieux que moi dans les cortèges des manifestations des gens franchement qu'on voyait pas avant qui quittait l'usine le bureau pour quelques heures l'atelier pour quelques heures quelques heures parce qu'il nous est quand même trois heures ben quand on a un petit salaire c'est compliqué et puis retourner au boulot après il y avait en effet j'en ai vu quelques-unes des auxiliaires de vie des aides des aides à domicile des agents de nettoyage qui ne manifestent pas pas beaucoup et ils ont été prises d'un sentiment considérable d'injustice ce pays à certains égards est malade et le mal qu'il arrange c'est l'injustice ont toutes dans toutes ses dimensions ils aiment leur travail et ils nous disent dans cette volonté gouvernementale de les faire travailler de plus en plus on aime et on veut le faire bien on veut qu'il soit émancipateur porteur de sens qui permettent de concilier à la fois notre vie professionnelle dans l'épanouissement et puis une vie familiale une vie de culture de sport de tout ça à la fois et en réalité là où il aurait fallu un changement de modèle on a un exécutif qui n'expire qu'à une chose qui est un retour à la normale et là vous pouvez écrire comme vous voulez la normale où elle apostrophe je reviens juste sur les salaires indécents des grands patrons que vous évoquiez tout à l'heure là je me fais l'avocat du diable le pouvoir politique peut-il peut-il avoir un le moindre levier de pouvoir là dessus c'est des entreprises privées à force de la force de considérer qu'on ne le peut pas et sans doute avons-nous trop souvent considéré que nous nous pouvions pas on a fini par se laisser s'installer des inégalités qui interrogent même nos modèles politiques je vous rappelle que les parlements modernes ont été constitués pour consentir à l'impôt quand le taux d'efforts fiscal de celui qui rentre dans la première tranche de l'impôt sur le revenu supérieur à celui qui dans la dernière tranche je dis qu'il y a un problème quand le niveau du SMIC et ce qu'il est quand d'autres rémunérations sont absolument indécentes je dis que c'est notre commune humanité qui est mise en question et finalement notre capacité à vivre ensemble il y a en effet la nécessité de proclamer si c'est d'imposer la fin de l'égoïsme d'un certain nombre de classes de classe dirigeante et je le dis sans excès avec les responsabilités qui ont été les miennes aux côtés de de personnalité de personnalités politiques oui on peut faire quelque chose la Confédération européenne et syndicats revendique partout en Europe depuis des années des années un écart des rémunérations de 1 à 20 ça veut dire 25000 euros franchement on arrive à jouer debout avec 25000 euros net par mois je pense et donc oui on peut le faire pour avoir une plus juste redistribution voilà oui à Sandrine Rousseau qui vient d'arriver Laurent Berger sur cette histoire du dessin moi je viens de quitter la présidence de la Confédération Européenne des syndicale Boris vient de le rappeler mais on le revendique aussi enfin de toute façon on le revendique partout en Europe il y a on peut on pouvait on l'a on l'a proposé plusieurs fois dans un certain nombre de textes de lois fixer des écarts maximum de rémunération il y avait même une tribune dans Libé il y a maintenant 7-8 ans qui avait été écrite qui était un peu moins ambitieuse que de 1 à 20 mais mais oui ça c'est possible rien ne l'empêche puis il y a une deuxième levier c'est la fiscalité quand on taxera les revenus du capital au même niveau que les revenus du travail voilà on aura on aura commencé à faire œuvril quand on limitera on interdire à les rachats d'actions on aura fait œuvril quand on a voilà donc oui c'est faux de croire que le pouvoir politique ne peut rien c'est plus compliqué sur la question de la négociation salariale de mon point de vue mais sur la question de la limitation des revenus des revenus énormes qui sont ceux d'un certain nombre de dirigeants d'entreprises c'est pas c'est pas si compliqué c'est juste une volonté politique oui mais je devrais quand même contester ce 1 à 20 je conteste ce 1 à 20 parce que la gauche est Inaudi parce que sa proposition de vaut pas le coup nous avons besoin d'une proposition forte qui assume les conquis le conquis du salaire à la qualification personnelle l'avant en salaire à la place de l'avance en capital et qui nous sortent de la hiérarchie des salaires totalement absurde dans laquelle nous sommes le rapport interdécile dans les conventions collectives les mieux payés c'est-à-dire le rapport entre les salaires des 10% les moins payés des 10% les mieux payés et de 1 à 3 dans la fonction publique aussi par le rapport des salaires évidemment effectifs mais des interdéciles passons à un rapport de A3 des salaires si nous sommes à 1700 ou 1800 euros nets par mois le SMIC on va pas légitimer dans un rapport de 1 à 20 un salaire mensuel de 34000 euros enfin c'est un scandale comment voulez-vous susciter comment voulez-vous susciter une adhésion s'installe le problème de la gauche c'est qu'il y a pas d'adhésion à son projet comment voulez-vous susciter une adhésion un projet sur des bases aussi absurdes qu'une échelle des salaires de 1 à 20 1 à 3 personne en dessous de 1800 euros tout le monde a 1800 euros à 18 ans et un salaire maximum de 5000 euros au-delà de 5000 euros par mois que voulez-vous faire en dehors de regarder le monde enfin il y a aucune légitimité
[Musique]
Dominique Médard je vous vois gratter frénétiquement sur votre papier non mais ce que ce que dit Bernard friotz qu'il a dit tout à l'heure sur le fait qu'on ne supportait plus la subordination ça je crois que c'est très important vous avez vu peut-être en ce moment on raconte que les jeunes veulent plus bosser parce que ils ne veulent plus du CDI mais non c'est pas c'est pas qu'ils veulent plus du CDI ils veulent plus des conditions de travail qui accompagnent le CDI et notamment la manière dont la subordination est exercée le plus souvent de manière absolument effrayante donc ça il faut tout à fait le prendre en compte après je propose une alternative après tout ou peut-être un intermédiaire avant d'arriver à la solution de Bernard d'abord non mais d'abord le partage du pouvoir au sein de l'entreprise revoyons radicalement le partage du pouvoir au sein de l'entreprise en donnant aux représentant des actionnaires et aux représentants des salariés exactement le même pouvoir c'est une proposition qu'on fait avec des collègues dans un petit bouquin qui s'appelle le manifeste travail démocratiser des marchandisées dépolluer et l'idée c'est profitons de cette reconversion écologique dans laquelle on doit absolument engager nos sociétés pour créer des emplois plus utiles plus intéressants moins toxiques et d'autre part pour changer profondément le travail à la fois rompre avec la division internationale du travail complètement folle dans laquelle on se trouve en ce moment mais aussi pour revenir à des entreprises qui sont plus ancrées dans leur territoire et pour changer radicalement le mode de gouvernement de cette entreprise en donnant alors ce qu'on propose c'est c'est une idée originellement de ma collègue Isabelle ferreiras une philosophe belge deux chambres une chambre des représentants des apporteurs de capital et une chambre des représentants des apporteurs de travail et on leur donne les mêmes pouvoirs c'est eux qui choisissent le dirigeant c'est eux qui ont un pouvoir de veto l'un sur l'autre et je pense que ça peut être un premier pas vers en effet une autre un autre monde radicalement différent parce que peut-être que la solution de Bernard ne va pas pouvoir la mettre en œuvre immédiatement non mais c'est toujours en invoquant la difficulté de faire un réel pas tu as raison que l'on fait des petits pas de rien du tout qui nous mènent dans des défaites successives ça fait depuis 35 ans donner le même donner le même pouvoir aux deux parties c'est quand même pas un tout petit pas c'est pousser à son terme la co-détermination donc une codétermination qui serait pas comme en Allemagne avec un tiers deux tiers mais vraiment une codétermination je trouve quand même intéressantes on a bien fait de les asseoir côte à côte je pense que c'était une bonne idée Sandrine Rousseau bienvenue merci de nous de nous rejoindre nous pendant que vous y êtes brief et nous rapidement sur ces sur ce qui se passe à l'Assemblée nationale aujourd'hui ce qui se passe à l'Assemblée nationale et on y était avec Boris Vallaud mais qui s'est échappé avant moi de la Commission à faire sociale c'est qu'on étudie le projet de loi la proposition de loi pardon du groupe liote visant à abroger la réforme des retraites qui a été imposée par 49-3 il se trouve que là il s'est passé quelque chose d'assez grave dans la Commission à faire sociale puisque pour éviter d'aller au vote la minorité présidentielle a décidé dans un premier temps d'utiliser tous les articles qui étaient à sa disposition dans le règlement intérieur de l'Assemblée et dans le règlement et dans les articles de la Constitution et d'aller même chercher ceux qui n'ont jamais été utilisés sur la 5ème République pour les sortir de la poussière et tester ce que ça fait dans une assemblée ça à la limite on était encore dans le cadre du règlement de l'Assemblée et de la Constitution mais pour la première fois en fin de matinée ce matin la présidente de l'Assemblée nationale maintenant la main avec la présidente de la commission des affaires sociales ont décidé conjointement de franchir la ligne rouge et d'aller en dehors de ce qui est autorisé par le Règlement de l'Assemblée nationale et de la Constitution et moi je vous le dis c'est un moment qui me semble être assez grave en réalité parce que ce que nous avons observé nous parlementaire de cette commission c'est à quel point nous étions impuissants à contrer ce désir de d'autoritarisme et cette espèce de coup de force permanent de la macronie puisque quand ils sont en dehors des clous du règlement et bien nous n'avons aucun moyen à notre disposition pour contrer cela c'est la raison pour laquelle nous sommes sortis de cette commission toute la nuit pèse pour dire à quel point notre rôle ne servait plus à rien et qu'il fallait en sortir mais j'ai envie de dire tout ça pour qu'un président de ma République ne perde pas la face je voudrais qu'on mesure les implications démocratiques que cela peut avoir merci bonjour de travail non mais bon du coup vous avez pas forcément pu entendre les interventions précédentes mais voilà on a beaucoup parlé des conditions de travail de comment rétablir un peu le bon sens du travail j'ai envie de dire c'est pas forcément la bonne expression mais en tout cas il y a quelque chose qui nous interpelle un peu dans ce qui s'est joué ces derniers mois aussi c'est la façon dont parfois on a parlé du travail dans le débat politique dans le débat médiatique avec parfois des confusions entre emploi et travail enfin voilà je sais pas vous de votre point de vue comment est-ce qu'on peut essayer de redonner de la clarté à ces sujets sachant que je vous interroge là dessus parce que vous-même vous avez eu aussi quand vous avez évoqué voilà la valeur travail plutôt valeur de droite etc des gens qui n'ont peut-être pas voulu comprendre ou voilà en tout cas comment selon vous on peut avoir un débat politique peut-être un peu plus sain sur ces questions là ok ben merci de me donner l'occasion de m'expliquer là-dessus parce que c'est la première fois en fait qu'on me posait la question parce qu'en fait ça encore une fois la France en position latérale de sécurité de parler de droit à la paresse et de valeur de travail mais en fait on m'a jamais donné l'occasion d'expliquer ce que je voulais dire et donc merci de m'en donner l'occasion parce que il me semble que c'est quelque chose d'important y compris dans les débats qui nous a mis aujourd'hui c'est que lorsque l'on est dans une société qui vante le travail comme étant la condition sinequanone sinequanone pardon de son inclusion de l'inclusion des personnes dans la société qui vend le travail comme étant la condition sinequanone d'accès à des droits sociaux et quand on vend le travail comme une espèce de boîte noire à l'intérieur de laquelle on diminue les droits des salariés et les qu'on ne regarde pas les conditions dans lesquelles s'exerce le travail et bien en fait on est dans une société qui perd le sens de ce pourquoi nous donnons des heures dans la journée de notre encore de notre cerveau etc et il me semble que le projet écologiste est un projet profondément d'émancipation d'émancipation hors travail ce qui signifie soit dit en passant que nous ayons des temps hors travail et un projet d'émancipation hors consommation ce qui signifie soit dit en passant que nous devons avoir des temps hors consommation et c'est un projet aussi d'émancipation à l'intérieur de la relation de travail et ça je trouve que aujourd'hui conditionner tous les droits sociaux au fait d'avoir fait des heures sans s'interroger sur les conditions dans lesquelles ces heures sont réalisées sans s'interroger sur la place qu'on les salariés à l'intérieur de l'entreprise et ce pourquoi nous donnons de notre temps et de notre de notre intelligence enfin de notre être et bien c'est nous transformer en des espèces de machines qui nous alliés non progressivement à un système de productiv dont nous perdons aujourd'hui le sens et finalement le covid nous a permis de nous tous et toutes nous poser cette question que nous ayons un emploi que nous aimons ou pas que nous ayons un emploi dans lequel nous sommes fatigués ou pas que nous ayons un emploi qui a du sens ou qui n'en a pas tous et toutes nous nous sommes posés cette question est-ce que ce que je fais est bien pour moi et juste et intéressant et à quoi ça sert et en fait je crois que ce qu'il manque dans le débat sur le travail aujourd'hui c'est à quoi sert ce travail et à quoi sert la richesse créée grâce à ce travail et je ne crois pas pour ma part que le contrat de travail fait que nous ce contrat de subordination dont on pourrait parler des limites d'ailleurs parce que je trouve que précisément la société libérale dans laquelle nous sommes à limiter l'espace du travail salarié vers l'ubérisation et donc vers une l'absence de règles autour du travail mais disons que dans les relations salariées quand nous sommes dans un rapport de subordination nous restons des êtres humains et nous transformer en des espèces de machines productives et compétitives à même de répondre à n'importe quel ordre dès lors que c'est un ordre qui nous est donné par la hiérarchie et bien nous enlève cette capacité d'émancipation et cette capacité de participer aux décisions du travail c'est la raison pour laquelle je pense que le programme de la gauche puisque vous l'interrogiez était à la fois de limiter l'échelle des salaires de manière indéniable mais aussi de remettre de la démocratie à l'intérieur de l'entreprise de donner du sens de ne pas enfermer les gens dans des carrières qui sont trop pourris parce qu'en fait aujourd'hui les emplois les plus compliqués les plus difficiles sont des emplois d'enfermement dont les gens n'arrivent que très difficilement à sortir si ce n'est par l'incapacité physique donc par le handicap en fait ou par la maladie à sortir de ce de ses emplois et donc comment on redonne du sens comment on fait en sorte que parce que ma transition écologique il va y avoir des emplois pas agréables je dire les emplois de démantèlement du nucléaire il va falloir le faire et donc c'est pas c'est pas c'est pas les meilleurs emplois mais comment on fait en sorte que ces emplois n'occupent qu'une place dans la vie des personnes et comment on réinvestit complètement le temps hors travail comme étant un temps d'émancipation citoyenne à part entière et en fait c'est cela le projet écologie c'est pour ça que j'ai revendiqué le droit à la paresse ce qui évidemment a été choquant comme formule mais qui permet de dire aussi qu'il n'y a pas que les cadres ou qu'il n'y a pas que les ronquiers qui peuvent bénéficier de ce droit à la paresse que précisément donner aux emplois les plus précaires ce droit à la paresse à l'intérieur de leurs conditions de travail de leur relation de travail ou à l'extérieur et à l'extérieur est aussi un projet de dignité de respect
[Applaudissements] [Musique]
on va passer la parole à la salle mais avant cela dans là dans quelques minutes je voulais juste vous demander Laurent Berger comment vous voyez la suite pas forcément la vôtre même si je si vous voulez nous en dire deux mots vous êtes le bienvenu mais je sais que vous n'avez pas envie donc je vais pas vous emmerder là-dessus mais la suite dans cette comment recoller tous ces morceaux qui sont qui sont épars comment faire avec tous ces blocages de l'exécutif ce mur ce mur qui est qui est qui est posé devant toutes les aspirations sur le travail comment faire comment refaire société comment recoller tout ça à votre avis avec un peu d'expérience que la mienne je peux vous dire que dans dans nombre d'entreprises d'administration la colère est-elle que ça va pas être totalement simple mais d'abord il y a cette on verra l'évolution suite au débat de ce matin avec évidemment et aux décisions de ce matin qui sont qui n'est pas une bonne nouvelle on va voir comment les choses évoluent mais moi j'ai pas j'ai jamais aimé vendre du rêve la loi malheureusement un certain nombre de décrets sont en écriture sont même en train de passer et une réalité moi j'étais ce matin avec une salariée qui devait finir le premier octobre qui devrait aller au 1er mars et j'entendais déjà peut-être pas dans cette salle mais ailleurs dire six mois on va pas nous prendre la tête bah non parce qu'elle est agent de catégorie c'est dans une collectivité elle en bave elle n'a ras-le-bol et elle voulait partir et sa perspective c'était le 1er octobre donc cette réalité là on a beau essayer de lutter contre encore le si le 6 juin prochain ça fait malheureusement c'est c'est en train de s'appliquer c'est la mobilisation et donc va rester au milieu au milieu du truc c'est ce ressentiment lié à cette réforme des retraites mais au-delà de ça les enjeux qui sont ceux du travail aujourd'hui il faut qu'on s'en saisisse l'enjeu de démocratisation et les phénoménales moi je crois que c'est une espérance autour de ça qui est très forte et il est pas simplement les instances de gouvernance il est le dialogue au sein d'entreprise il est l'espace d'expression pour les salariés enfin c'est pas un truc nouveau genre en gros en 82 l'avait instauré on a on n'a jamais su s'en saisir c'est-à-dire que les travailleurs ils ont pas envie je vous le dis et je suis représentant d'une organisation syndicale qui en compte quelques centaines de milliers ils ont pas envie qu'on parle d'eux à leur place quoi ils ont envie d'avoir de la prise sur les façons dont 8 heures c'est long quoi ou même 7 heures c'est long et donc vous avez envie d'avoir de donc le fait de développer du dialogue professionnel c'est fondamental il y a la question des conditions de travail le salaire c'est fait c'est très important en terme de reconnaissance et très respecté dans son intégrité psychique et physique ça l'est tout autant et aujourd'hui on a une intensification du travail je l'ai dit donc il va falloir se ressaisir de ça comment on s'en sort bah là pour le coup c'est interrogé tout à l'heure il va falloir être assez radical sur l'inversion de logique et la version logique elle est elle est rhétorique passer d'une logique du travail qui serait vu comme simplement une force productive ou un coup pour passer dans un travail à une vision du travail qui est moi je le crois encore je le crois aussi parce que j'ai été conseillé d'insertion professionnelle Boris parlait de territoire zéro chômeurs moi j'ai travaillé au début de ma carrière professionnelle avec des gens qui n'avaient plus d'inspiration c'est à travailler et lorsqu'il faisait regardez les études sur la santé des demandeurs d'emploi qui est beaucoup plus dégradé que la santé de ceux qui sont au travail aujourd'hui et donc l'aspiration elle est de pouvoir travailler bien de pouvoir avoir de pouvoir réaliser la finalité de ce que son travail dans de bonnes conditions d'être connu en terme de salaire comment reste là-dessus c'est avec des choix radicaux on parlait tout à l'heure des écarts de rémunération qu'en est un la question de la gouvernance d'entreprise s'en est un autre la façon dont se fixe les salaires avec la conditionnalité des aides publiques s'en est un autre l'instauration le retour aux commissions santé sécurité au travail dans toutes les entreprises quelle que soit la taille s'en est un autre etc etc donc il y a des propositions maintenant comment elle est fait on les fait entendre il se passe des choses dans les entreprises vous savez on parle un peu du travail au sein général là où il y a des endroits où le rapport de force existe à ce point que ça se passe pas si mal et ça se passe plutôt bien oui on va vous savez le je crois qu'il y a une grande maturité dans la façon dont les choses ont été conduites il y a aussi un point qui est fondamental on s'est dit sur quoi on était d'accord et sur quoi on n'était pas d'accord il faut continuer de le faire il y a beaucoup de points sur lesquels on est d'accord il y a des points sur lesquels on est en désaccord c'est pas grave dans une démocratie de ne pas être d'accord les uns avec les autres et c'est pas grave non plus dans le mouvement syndical de pas toujours être d'accord les uns avec les autres mais oui je pense alors il appartiendra plus tôt à d'autres d'autres d'ailleurs dans les responsables des grandes organisations syndicales de le faire mais je crois que ce sera c'est utile mais à condition d'être clair sur ce qui nous unit et de poursuit les objectifs communs c'est ce qu'on est en train de faire dans cette période la parole est à vous je suppose qu'il y a plein de questions génial il y en a déjà deux devant alors je sais pas qui il y a un micro qui va circuler monsieur et il y a deux questions là déjà devant bonjour à tous moi j'ai une question surtout pour Sandrine Rousseau et et Bernard Friot mais tout le monde peut y répondre j'aimerais savoir comment on peut concilier à la fois un droit à l'appareil et enfin parce que c'est Paul Lafargue dans le droit à l'appareil il me semble que c'était il voulait trois heures de travail par jour donc comment on peut à la fois réduire le temps de travail et diminuer les inégalité et augmenter les salaires pour tous ça m'a l'air d'être beaucoup d'idées mais comment est-ce qu'elles sont applicables comment est-ce qu'on peut mener des politiques publiques qui qui permettent toutes ces idées en même temps merci beaucoup est-ce que vous pouvez en profiter pour passer le micro mais allez-y répondez peut-être et puis ensuite vous ou alors allez-y donc posez votre question comme ça voilà vous vous posiez la question un moment de est-ce que la gauche a oublié de parler de la valeur de travail mais j'ai l'impression aussi qu'ils historiquement la gauche et surtout la gauche qui avait été longtemps fidèle à une tradition plutôt marxiste elle oubliait surtout de pas enfin elle n'oublie pas dire que le travail c'était d'abord de l'exploitation c'est d'abord l'exploitation des travailleurs et du coup ici est-ce qu'on n'est pas plutôt en train de débattre dans quelles conditions on considère qu'aujourd'hui c'est acceptable d'être exploité enfin voilà pour moi le travail c'est d'abord Sandrine Rousseau voulait commencer déjà moi je ne crois pas qu'il faille augmenter les salaires pour tous faut même diminuer les salaires des plus élevés et par ailleurs il faut de donner les moyens donc il faut un salaire que les basses salaires permettent de vivre dignement ce qui est pas tout à fait pareil qu'il faut ramasser l'échelle l'échelle des salaires après la question c'est alors je vais reprendre un peu les propos de Gorce d'andrégorce je sais pas si il y a des aficionados dans la salle mais moi j'aime bien ce qu'il écrit notamment par cette extension de la sphère productive ou ce que polleni parle de quand il parle de désencastrement ce que dit gore c'est qu'en fait le capitalisme progresse et trouve d'autres de nouvelles sources de profit en marchant 10 ans en rendant marchand de plus en plus de choses et il cite l'exemple par exemple du travail domestique qu'on fait faire via une relation marchande on paye une femme de ménage par exemple qui vient faire le ménage pour ne pas avoir ce temps là et il parle de plein d'autres choses comme ça qu'on a en quelque sorte les mouvements d'externalisation sont aussi des mouvements d'externalisation de de l'autonomie c'est-à-dire qu'en fait on devient de plus en plus dépendant d'une relation marchande et moi je trouve que il y a quand même quelque chose de très intéressant dans l'écologie à travailler sur les besoins et la subsistance de quoi on a absolument besoin et qu'est-ce qu'on sort du coup de la relation marchande et en fait c'est en cela que pour moi il y a quelque chose qui est tout à fait tenable entre et la réduction du temps de travail et la diminution de l'échelle des salaires et le fait qu'on s'émancipe dans et hors du travail c'est que on restreint pour la première fois la relation marchande et on diminue son étendue et ça vaut pour pour la nourriture pour l'eau pour plein de choses et je pense que tant que on est dans cette espèce de course folle à acheter de plus en plus et à consommer de plus en plus et cette course folle se fait forcément sur la base des bas salaires c'est à dire que les emplois qui ont été parmi les plus dynamiques ces dernières années et Dominique Ménard c'est quelque chose ce sont les emplois de service à la personne qui ont été qui sont des emplois profondément liés aux inégalités en fait de salaire c'est-à-dire qu'on a transmis et donner le travail qui était le plus difficile à réaliser à des personnes qui sont les plus vulnérables et qui sont les moins payés et je pense qu'il y a quelque chose de l'ordre de la valeur du travail mais de aussi du sens du travail et de ce que l'on fait dans le travail et autant les personnes qui travaillent auprès des personnes âgées sont aujourd'hui sans doute heureuses pour une part de ce qu'elles font mais les conditions dans lesquelles elle exerce et ne sont pas satisfaisants donc en fait on ne peut pas continuer une société comme ça qui est temps de plus en plus la sphère marchande au prix d'une dégradation de plus en plus des conditions de travail donc diminuer la sphère marchande ça permet aussi de financer une partie de la protection sociale nécessaire et de financer une partie de la redistribution dont nous avons besoin et par ailleurs je rappelle que il y a une fiscalité qui est totalement absente de notre système social et ça m'entend que chercheuse j'avais essayé d'esquisser des pistes de ce point de vue là c'est tout ce qui est polluant aujourd'hui coûte moins cher que tout ce qui est respectueux cette fiscalité de la destruction cette fiscalité de la pollution même si je il y a des débats sur le fait que la base va rétrécir la base de fiscalité va rétrécir mais ce signal prix là qui n'existe pas et cette redistribution qui n'existe pas et aussi une source de financement d'un système social que l'on néglige à mon avis absolument dans les analyses économiques aujourd'hui Bernard Friot faux baisser non pas le temps de travail mais le temps consacré à l'activité directement productive pour pouvoir inclure dans le temps de travail le temps de la délibération je reviens à l'exemple de l'aéronautique à Toulouse et du bouillonnement qui a eu pendant le premier confinement sur l'intranet de ADS d'Airbus etc de la tecoère etc et comme le disait très justement Laurent Berger c'est les travailleurs eux ils aiment leur travail donc ils savent ce qu'il doit devenir il n'aime pas ce que le capital fait de leur travail bien sûr mais ils savent ce que ce travail doit devenir il faut partir deux mais ça suppose du temps il faut que le temps de travail inclut le temps de la délibération qu'est-ce qu'on va faire de l'outil aéronautique à Toulouse on va pas le détruire on va pas dans plus l'utiliser encore à faire de l'aéronautique à la con donc il s'agit d'utiliser mais ça suppose un très long travail ça de délibération d'expérimentation pour pour modifier l'outil pour apprendre à l'utiliser autrement tout ça ça doit devenir des temps de travail des temps de délibération de décision qu'est-ce qu'on va implanter comme type d'entreprise à Toulouse pareil il faut des assembler locales qui en délibéré tout cela suppose que les le temps voué à l'activité directement productive diminue mais ça signifie pas diminution du temps de travail dès lors que le travail devient le lieu de la politique donc qui est exclu du travail aujourd'hui il s'agit au contraire ça devait le lieu de la politique parce que c'est le lieu comme l'on dit nous l'avons dit un peu tous qui est un lieu d'expression de notre désir de bien commode contribution bien commun est-ce que une hausse des salaires est possible dans une diminution du temps passé à l'activité productive mais oui bien sûr parce qu'il ne faut pas confondre valeur et richesse qu'il faille diminuer la richesse produite par exemple nous produisons un tiers de produits alimentaires qui sont gaspillés qu'il faille donc diminuer la richesse produite ça ça paraît assez évident mais ça veut pas dire qu'on va diminuer la valeur la valeur c'est c'est ce qui n'est du travail la richesse c'est ce qui naît de la combinaison du travail de la nature la richesse nationale c'est le nombre de je sais pas quoi de tonnes de patates produites de kilomètres SNCF fait dans l'année de Nantes de logiciels que ça c'est la richesse nationale c'est la combinaison de travail et de nature mais ça il faut qu'il diminue dans nos pays à nous en tout cas mais la la valeur le PIB ça se mesure par le travail or nous allons augmenter la valeur parce que si nous voulons passer de l'agrobusiness à une agriculture qui soit bonne pour les mangeurs bonnes pour les producteurs bonnes pour la terre il faut beaucoup plus de travail vivant et non pas l'agriculture sans paysanque la FNSEA et l'Union européenne s'entraînent nous inventer donc là ça va donc on va donc pour pour créer je sais plus quel est toujours entre une pommade industrielle et une pomme produit dans des conditions normales or agrobusiness je crois que c'est un rapport de 1 à 30 en qualité nutritive on va faire 30 fois moins de pommes pour la même qualité nutritive et il faudra plus de travail vivant donc on va augmenter la valeur il y a dans les théories de la décroissance une confusion entre richesse et valeurs qui est dramatique faut sortir de cela la décroissance de la richesse c'est pas la pauvreté pour tous sûrement pas parce que au contraire nous allons sortir logique capitaliste qui est une logique d'élimination du travail vivant est-ce que nous pouvons payer des salaires supplémentaires alors même que nous réduisons la production de richesses oui aussi parce que nous allons tirer les leçons de ce que j'évoquais la constitution de la production de 10% du PIB en matière de production de soins dans les années 60 tel qu'il se fait sur un mode communiste c'est-à-dire sans appel au marché des capitaux rien sans appel aux partenariats publics privés rien du tout un très faible appel au crédit public un petit peu de caisse des pré-consignation pratiquement rien subventions de l'investissement par ce salaire socialisé de l'assurance maladie professionnelle du soin libéré du marché du travail parce que fonctionnaire et soignant libéraux libéré du marché capitaliste du soin parce que passant convention à partir de 61 avec l'Assurance Maladie pour négocier des actes et des tarifs nous avons libéré le travail soignant quand les enquêtes sur le travail souvent les années 70 ce n'est que du bonheur aujourd'hui ça n'égare que du malheur d'accord parce que nous avons avancé du salaire et comment allons-nous avancer du salaire si nous voulons que nous avions que que les 50 millions de plus de 18 ans et tout ça salaire et un salaire moyen qui est le salaire moyen actuel c'est-à-dire 2500 euros net par mois dans une fourchette de 1700 à 5000 euros et bien il faut que nous trouvions 1500 milliards ce qui est d'ailleurs le revenu disponible actuel c'est 1500 milliards mais nous allons les créer si 1500 milliards figurez-vous la création monétaire c'est fait pour ça et nous allons avancer par création monétaire 6500 milliards de salaires et responsabilité ça suppose d'une toute autre école bien sûr qui forme à la responsabilité économique pas à la compétition sur le marché du travail ça évidemment tout autre socialisation de la jeunesse nous allons avec ces salaires attributs de la personne produire les 1500 milliards de valeurs correspondantes on en est parfaitement capable quand au travail exploitation non non et non voilà je réponds non je suis il y a eu des applaudissements à votre intervention je suis en totale des accords avec vous c'est c'est confondre le travail tel que le capitalisme le construit et le travail dans l'absolu la j'ai été très surpris moi comme prof de d'économie puis sociologie du travail devant dans des copies d'étudiants travaillent des galeries une étymologie à la normale ne qui est apparue là il y a une cinquantaine d'années un truc qui veut rien dire du tout c'est entièrement faux l'étymologie de travail c'est pas tripalium du tout c'est le même mot que le Travel anglais c'est se déplacer en franchissant un obstacle typologie magnifique se déplacer en franchissant un obstacle pourquoi est-ce que la bourgeoisie laisse se répandre cette étymologie à la con mais pour que nous naturalisions le travail tel qu'elle nous l'impose et que nous disions le travail je m'en fous la valeur je m'en fous la monnaie je m'en fous je vais faire une société de l'activité dans la transparence une société qui n'existe pas d'accord et qui est une société la démission collective Dominique Médard sur sur ce dernier point moi je pense qu'il y a d'ambivalence et non bivalence de la de la notion de travail c'est une notion aussi qui s'est construite avec différentes significations c'est vrai que le travail peut être générateur de souffrance il est aussi et c'est tout ce que le 19e siècle nous a expliqué avec Marc wiggle il est un outil de puissante transformation de soi-même et du monde et je pense qu'on vit avec toute une série de différentes significations de ce terme de travail et que à nous de faire triompher celle en effet dont parle dont parle bien d'arrio je voulais insister sur un point mais mais tu l'as dit c'est cette idée que si nous nous engageons dans la reconversion écologique de manière sérieuse on va avoir besoin de beaucoup plus de travail beaucoup plus de travail humain beaucoup moins de machines certainement et beaucoup plus de travail humain et que il faudra donc qu'on soit capable de le répartir de répartir cette plus grande quantité de travail sur l'ensemble de la population active et qu'on sait pas très bien si à la fin en effet on aura individuellement une plus grande durée ou une moins grande durée de travail et donc la question décisive ça devient celle de savoir qui décide de la production qui décide de produire ce que nous avons à produire pour satisfaire les besoins essentiels de tous sur l'alination par le travail oui c'est une réalité du capitalisme le plus sauvage mais dans la déclaration 1889 de la CGT il fond du travail la dignité du travailleur évidemment c'est une une friction en permanence et l'émancipation des est un combat est un combat permanent quand vous arrivez je sais plus s'appelle l'OIT maintenant le Bureau international du travail quand vous arrivez vous avez une fresque qui était offert je crois par les syndicats chrétiens et ce sont l'intitulé de ce tableau qui m'était offert Albert Thomas quand il était le président du premier président du Bureau international s'appelle le travail digne je crois le travailleur digne donc évidemment nous ce que l'on défend c'est le travail digne et porteur de sens elle travaille kabyme le travail qui précisément permet de ne pas opposer le loisir et le travail l'un étant la condition de l'autre quand le métal oppose après 36 le marteau pour pouvoir aller en congés payés évidemment que c'est une une conquête sociale et que les deux les deux sont parfaitement sont parfaitement liés juste rebondir et après je vais rester sur ce que je viens de dire Dominique Ménard sur les enjeux à venir il y a des choses vertigineuses chaque GPT c'est un truc dingue parce que finalement c'est toute la base électorale Emmanuel Macron qui remplaçable par chat GPT une mauvaise nouvelle mais je dis ça en plaisantant il y a un enjeu qui est considérable c'est est-ce que nous aurons suffisamment de bras pour la transition écologique finalement de cerveau est de bras et pour cette société de la pleine santé qui est un enjeu un enjeu considérable et je crois que l'Inde de nos l'une des réflexions que nous devons avoir c'est comment on laisse aux machines le travail de machine franchement tant mieux si on dérobotises un certain nombre de travail qu'on confie à des humains moi je j'ai évoqué tout à l'heure les ouvrières de l'agroalimentaire chez moi dans le Sud-Ouest je les vois qui vide les saumons les mains dans la glace pendant des heures sans pouvoir parler à son voisine parce que le bruit c'est ça la réalité du travail rendons aux machines de travail des machines tant mieux rendons aux hommes le travail des hommes et on a besoin de défendre j'allais dire toutes ces femmes du lien c'est Jean Rousseau que je crois qu'il était peut-être qui intervenait je crois dans vos ateliers aujourd'hui qui a fait un très beau bouquin un très beau documentaire c'est ça qu'il faut défendre c'est au fond la revanche sur l'individualisme cette covid on n'a jamais eu autant besoin les uns des autres mais on a besoin tout autant les uns des autres quand les choses vont bien c'est dur la condition pour que ça aille bien donc libérer du travail pour au fond et plus attentif les uns aux autres c'est pas mal [Rires] alors coco à l'américaine ça peut se faire tout de suite si [Rires] donc pour vous c'est pas une c'est pas forcément une mauvaise nouvelle l'émergence de l'intelligence artificielle ça peut permettre de
[Musique]
vertigineux on les mesure pas c'est comme évidemment ça tombe de grande révolution industrielle c'est-à-dire qu'on ne semble prendre la mesure du fait que ce qui pourront être remplacés c'est les professions c'est les professions intellectuelles en tout cas pour une évidemment pour pour une part il faut qu'il y a une éthique des sciences en toute chose et en matière d'intelligence artificielle comment tout autre mais faut-il s'en inquiéter il faut le réguler le renverger l'intelligence artificielle c'est un truc qui vous qui vous préoccupe il y a rien qui est possible sans qu'il y ait derrière un homme ou une femme qui qui qui le construisent donc moi je pense qu'il faut le réguler mais il faut quand même s'en méfier terriblement oublions pas qu'aujourd'hui nombre de travailleurs pas tous salariés d'ailleurs sont gérés simplement par des algorithmes et que le management algorithmique c'est pas une formule c'est une réalité dans beaucoup d'endroits il d'aller dans quelques entrepôts de logistique pour s'apercevoir de cela et qu'au moins la technique non régulée comme contrairement à ce que fait comme le dit Boris peut créer moi juste je veux revenir sur un truc c'est le travail c'est pas systématiquement l'exploitation des travailleurs les deux plus grandes organisations syndicales de ce pays moi vous savez on a parlé de la CES qui avait peut-être fait une erreur en parlant de je crois pas d'ailleurs de l'imitation des rémunérations etc c'est 48 millions de travailleurs organisés en Europe en France les deux plus grandes organisations à chacune individuellement c'est plus d'adhérents que tous les partis politiques confondus de ce pays et que toutes les organisations collectives de ce pays dis pas ça pour provoquer je dis ça pour dire que on ne peut pas parler du travail sans les travailleurs et que moi je me suis astreint et c'est pour ça que j'ai écrit comme ça allez les voir aller voir toutes les semaines et j'ai eu un enseigne un souvenir douloureux d'une des rencontres c'est quand je suis arrivé dans une entreprise avec une assemblée de salariés pas adhérent etc et j'ai dit bon ici c'est quoi les problèmes et comment m'a répondu pourquoi tu veux qu'on parle de tes de nos problèmes et pourquoi tu veux pas qu'on parle d'abord de notre travail et donc la question de la dignité la question de la reconnaissance et ben ça moi je le dis puisque c'est le débat et puis je peux me permettre maintenant à trois semaines de me barrer je pense que si la gauche si la gauche ne reprend pas par ce bout de la dignité des travailleurs de leur réalité concrète d'un travail qui abîme parfois mais qui rend heureux on nous des amitiés on tombe amoureux ou on peut également la preuve où on peut également là vraiment sur mais on peut également où on peut également se réaliser et fier de ce qu'on fait vous savez moi je le dis aussi la première expérience c'est celle de mon père au travail quand le bateau short et des Chantiers de l'Atlantique on avait le sentiment à tort ou à raison ça dépendait des fois ce qu'il était quand même assez militant donc pas toujours à son poste de travail mais que il y avait une partie de son travail qui partait avec il y avait une forme de fierté ouvrière si on remet pas cette question de la fierté ouvrière au centre je pense que la gauche elle va passer à côté du débat du travail je lui dis comme je le pense si on parle pas des travailleurs les travailleurs ils iront voir ailleurs une dernière question peut-être oui on parle de fierté des ouvriers mais du temps où votre papa sortait des chantiers navales j'imagine que il y avait un dialogue social qui avait des organisations collectives qu'il y avait un temps de travail qui était plus encadrées c'est la période où il revenait beaucoup plus abîmé du travail physiquement que ce qu'elle est réalité parce que depuis on a obtenu un certain nombre d'équipements de protection individuels et de garantie en termes d'organisation travail c'était la période où on appelait ça les Trente Glorieuses ou les femmes étaient à la maison elles étaient pas oui vous savez c'était la période où pour produire c'est ta période où pour produire on tirait sur l'environnement comme des bêtes sans aucune considération pour le respect de l'environnement etc c'était pas l'étrangle glorieuses c'était pas glorieux c'était aussi un moment d'exploitation pour le travail c'était un moment où certes au niveau salarial on est arrivé à négocier parce il y avait peu de chômage mais c'était un pro c'était pas les périodes magiques du dialogue social ah mais j'ai pas dit que c'était les périodes magiques je dis juste que il y avait une organisation sociale qui permettait cette fierté ouvrière et qu'en fait aujourd'hui on a tellement déconsidérer le dialogue social l'encadrement du travail le droit du travail et même le sens du travail on a tellement poussé loin l'ubérisation la chaîne la tension vis-à-vis de des salariés qui sont en première ligne vis-à-vis des clients on a tellement tendu la relation de travail qu'en fait aujourd'hui cette cette fierté ouvrière elle ne peut plus être parce que la relation de travail n'est pas la même et en effet cette fierté ouvrière elle se nourrissait aussi d'une structure sociale ou en effet les femmes étaient au foyer ou en effet on allait chercher les ressources naturelles pas chères etc et donc il y a une espèce de nostalgie aussi je trouve d'aller chercher l'ancienneté d'une relation de travail qui aujourd'hui ne peut plus exister c'est pour ça que je pense que le futur de la relation mon travail c'est aussi une forme de redonner une autonomie aux salariés ce qui n'était pas le cas des trentes glorieuses qui n'étaient pas le cas du monde ouvrier fordiste était Lorient vous avez raison mais mais juste pour aller là-dessus c'est que c'était aussi la période où la gauche la gauche avait des travailleurs en son sein je suis désolé de le dire comme ça ou la gauche avait des ouvriers dans ses responsables ou la gauche avait dans ces sections locales etc des gens qui exercent ces fonctions là aujourd'hui la fierté ouvrière elle continue d'exister on a parlé de l'agroalimentaire je peux vous raconter quelques visites d'abattoirs dans les conditions assez difficiles mais où la fierté ouvrière elle existe encore le seul problème c'est qu'il faut aller la chercher il faut pas laisser d'autres exploiter la question du travail en la rendant comme une valeur morale ce qu'elle n'est pas mais en lui donnant de la valeur et de la reconnaissance et de la dignité et moi je crois mais je le dis en étant un peu bientôt extérieur je crois que c'est ça l'enjeu de ce qui va se poser dans les dans les prochaines années pour la gauche c'est vraiment dommage qu'on doit bientôt se quitter parce que ça commence à devenir amusant [Rires] une petite dernière à une je vois plusieurs mains qui se lèvent ah bon allez-y monsieur mais est-ce que vous avez un micro attendez il faut un micro impérativement où est le micro s'il vous plaît c'est un travail collectif cette question merci bonjour à toutes bonjour à tous alors moi je suis étudiant en socio-anthropologie et un des premiers trucs qu'on nous dit en fait on nous fait lire des gens formidables comme Roland Bart Michel Foucault des trucs incroyables et on nous dit la linguistique c'est important les mots qu'on utilise ont un sens parce qu'ils ont été déterminés socialement et à ce titre là donc j'ai une question très courte qui s'adresse particulièrement à Monsieur berger et Monsieur Friot je serais curieux d'entendre votre conception là-dessus une distinction qui n'a pas été faite et qui est relativement ambigu entre deux termes bien précis quelle est la différence entre l'emploi et le travail merci Laurent Berger d'abord moi je dis aussi c'est trop longtemps le syndicaliste c'est désintéressé du travail parce que on a été préoccupé par les caissons d'emploi moi je le dis je viens d'une région où il y avait 18% de chômage quand je me suis j'ai commencé à m'engager syndicalement on était omnibulé par le fait de pas perdre son travail ou dans son emploi pardon ou de retrouver le travail c'est l'acte de réalisation d'une tâche d'une d'une finalité intellectuelle ou manuelle des deux souvent parce qu'on fait pas de manuel si on fait pas de l'intellectuel non plus contrairement à ce qui se répand ici ou là et donc c'est pas la question du contrat du statut etc c'est la question de la face de de l'acte qu'on réalise et de la et de la reconnaissance qu'on a qu'on en tire les conditions dans lesquelles on le fait etc et donc en tout cas syndicalement et moi je suis pas intellectuel je suis un praticien syndicaliste syndicalement on a trop longtemps agi sur les questions d'emploi ce qui a amené les logiques de baisse de coût du travail etc pour que les logiques d'emploi est-ce que n'a pas été sans résultat moi aujourd'hui l'endroit d'où je viens à Saint-Nazaire il y a un taux de chômage qui est autour de 6% il était je le rappelle 18% quand j'y étais conseillé d'insertion professionnelle c'est à peu près exactement la même ambiance dans la ville si vous voulez mon avis mais on a oublié ce qui est là on a oublié on a oublié de parler du travail et donc il fait moi je suis d'une génération du chômage de masse ou si tu avais un boulot c'était déjà pas mal mais on oubliait de parler de les conditions dans lesquelles on l'exercer la reconnaissance salariale mais pas que les conditions de travail la finalité etc et c'est ça encore je crois la différence c'est que il faut qu'on parle du travail et pas simplement de l'emploi parce que par exemple la gauche c'est 20 dernières années elle a pas oublié de parler de l'emploi pas toujours tout réussi mais elle a pas oublié de parler de l'emploi mais on a oublié de parler du travail c'est vous pouvez pas vous adresser à des citoyens à des moments donnés et avoir le sentiment que vous n'y ait une réalité qui est à peu près la moitié enfin pas la moitié mais un tiers de leur journée et donc c'est le travail c'est la façon dont on vit le moment où on est dans un lien de subordination pour en parler pendant longtemps mais où on est pour autant un citoyen une personne qui mérite d'être considérée et respecté Bernard Friot c'est vous qui aurait le mot de la femme je vous dis juste que on est déjà en retard d'une minute donc si vous pouviez l'emploi est une conquête c'est une conquête sur le paiement à l'acte je vous renvoie ce très grand ouvrage qui s'appelle l'institution du travail de Claude diedry sur cette sociologue du droit du travail qui analyse des son évolution depuis la Révolution française et qui montre comment le code du travail de 1910 c'est l'obligation pour les capitalistes de devenir employeur un capitalisme ne veut jamais être employeur parce que la valorisation de son capital elle se fait à l'échelle mondiale à la nanoseconde si l'anglut son capital sur un territoire avec une entre une une production donnée un collectif donné il met en difficulté la version de son capital et donc et puis il aime bien que les relations de travail soient se jouent dans la fiction de l'égalité des parties du droit commercial c'est pour ça que vous avez le retour avant 1910 Hubert tout ça c'est le retour avant 1910 donc l'emploi c'est-à-dire l'obligation pour les capitalistes de ne plus être des donneurs d'ordre qui achètent de l'ouvrage fait mais des employeurs cette progrès dans le cadre duquel des parce qu'il y avait reconnaissances de la subordination des trois d'états de droits ont été conquis qu'il ne s'agit pas de voir disparaître la distinction entre temps de travail et temps de mon travail c'est santé au travail IRP enfin des tas de le contrat de travail était l'occasion l'emploi donc de conquérir des droits très importants cela dit ça a été dépassé ça a été dépassé parce que j'ai surtout travaillé le devenir des conventions collectives et celui de la fonction publique au cours du 20e siècle c'est un peu l'objet de mon travail de la sécurité sociale c'était de passer par ce que le la CGT en particulier avait conscience nous sommes avant guerre avant la seconde guerre avait conscience que ce n'est pas nous qui décidons du poste de travail et tant que c'est le poste de travail qui est le support des droits il y a quelque chose qu'il faut continuer à conquérir et c'est pour ça que toute l'ambition de la CGT et ça se manifeste particulièrement le score lorsque les communistes sont sur un certain nombre de de postes ministériels à la fonction publique à la production industrielle au travail en 46 c'était de faire passer la qualification du poste à la personne que ce soit la personne qui soit qualifiée et non pas le poste et qu'on aille donc au delà de l'emploi et l'au-delà de l'emploi c'est ce qu'il faut maintenant que nous conquérions pour tous évidemment le travail le travail c'est c'est ce qui exprime je vais dire des choses qui sont peut-être pas bien dites je suis encore un peu mal puissant sur la question mais je me lance c'est ce qui exprime notre notre vocation de Jean rumin nous avons avec le reste du vivant et de la nature nous avons eu un rapport de de surplombs totalement absurde qui nous mène à l'impasse écologique et anthropologique absolue dans laquelle nous sommes aujourd'hui mais reconnaître que nous sommes une espèce vivante parmi d'autres ne nie pas le fait que nous avons un rapport réflexif au reste du vivant à la nature sans commune mesure avec quelques espèces vivantes que ce soit et que nous avons une responsabilité c'est ça le travail
[Musique]
on va donc terminer sur ce beau mot de responsabilité et le moqueur du communisme la responsabilité au travail voilà et sachez que les ouvrages de nos débatteurs sont disponibles à les librairie le bonheur qui est à l'extérieur et voilà merci à tous d'avoir été si nombreux ne ratez pas tout à l'heure le premier débat public des quatre leaders de la nupcesse et voilà à très vite merci
[Applaudissements] [Musique] [Musique]