Marine Le Pen aux anti-masques : "Je leur dis qu’il faut respecter ces consignes"
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Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin dans le grand entretien du 7-9 la présidente du Rassemblement National, députée du Pas-de-Calais. Question, réaction au 01 45 24 7000 sur les réseaux sociaux et l'application mobile de France Inter. Vous savez vous servir de tous ces outils. Marine Le Pen, bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro ce matin. Vous avez fait votre rentrée politique dimanche dernier à Fréjus avec un discours très offensif sur la sécurité. On va en parler dans quelques instants. On commence par la situation sanitaire.
Olivier Véran a ce micro hier jugé la situation épidémique préoccupante avec la hausse des contaminations et désormais aussi celle des hospitalisations. Depuis la rentrée, un certain nombre de mesures ont été adoptées comme le masque généralisé à partir de 11 ans à l'école ou encore le masque partout dans les rues de certaines villes. D'autres mesures, nous disait Olivier Véran, seront annoncées vendredi après le Conseil de défense. De manière générale et donc pour commencer, Marine Le Pen, diriez-vous qu'en cette rentrée, le gouvernement est en ordre de bataille pour faire face à l'épidémie ?
C'est-à-dire que le gouvernement se retrouve confronté à une difficulté qui consiste à rattraper le temps perdu. C'est-à-dire qu'il a toujours un temps de retard sur les erreurs qui ont été commises dès le début de la crise sanitaire. L'absence totale de masques, l'absence totale de tests et c'est vrai que de fait la situation est plus compliquée. Moi, ce que je constate, si vous voulez, permettez-moi d'en parler parce que ça fait très longtemps que j'en parle et que je vois que rien n'est réglé dans ce domaine, c'est tout de même la difficulté des frontières. On est manifestement dans une circulation du virus qui n'est pas terminée et même qui est peut-être en reprise.
Et je note que les frontières françaises qui n'ont jamais été fermées ne font toujours pas l'objet de contrôles sérieux comme le sont les frontières d'autres pays en Europe. Il n'y a pas d'exigence de test, il y a des questionnaires qui ne sont remis à personne et parfois qui partent à la poubelle. Or, je note qu'il y a à peu près 15 jours, 3 semaines de cela, quand les premières alertes sont arrivées, elles sont arrivées d'hôpitaux parisiens qui ont dit attention, la majorité des gens qui entrent en hospitalisation aujourd'hui sont des gens qui viennent ou qui reviennent de l'étranger, c'est-à-dire de zones où le virus est peut-être moins contrôlé.
Donc, il est encore temps de prendre des mesures. Sur les frontières, vous demandez quoi ? Fermeture brutale de toutes les frontières, vous demandez quoi précisément ? Je demande à ce que dans les 72 heures qui précèdent un voyage en France, il y ait un test qui soit effectué, que des pays dans lesquels on sait que les tests ne sont pas fiables ou sont effectués de manière folklorique, eh bien le test soit fait sur le territoire national français. Et je demande qu'il y ait des prises de température à la sortie des avions. C'est prévu. Oui, c'est prévu, mais c'est prévu, ça fait 6 mois qu'on est en crise sanitaire. Vous voyez, c'est prévu quand ?
C'est prévu là déjà, moi je suis sortie de l'avion, on m'a pris ma température. Ah, écoutez, il y a toute une série d'autres passagers qui, eux, sont sortis, n'ont vu personne. Alors peut-être que ça dépend des heures, mais c'est possible. Le gouvernement a donc décidé de généraliser le masque à l'école, en entreprise et dans les grandes villes. Que dites-vous aux anti-masques qui pensent que c'est inutile, anxiogène et liberticide ? Vous leur dites qu'ils ont tort, qu'ils sont irresponsables ou vous comprenez leur position ? Non, je leur dis que je pense qu'il faut respecter ces consignes.
Je pense qu'en l'absence d'autres mesures, en l'absence de vaccins, le port du masque est un des seuls éléments qui permettent d'éviter une aggravation, une augmentation de la contamination.
L'idée du gouvernement, c'est aussi de raccourcir la quarantaine de 14 jours à 7 jours. Car la contagiosité diminue de manière très importante après 5 jours, disait Olivier Véran hier à ce micro. La quatorzaine, par ailleurs, est mal respectée. Le gouvernement a-t-il raison, selon vous, de réduire cette voilure ?
Ça, c'est un propos de médecin. Je pense que les médecins, aujourd'hui, ont constaté qu'effectivement, c'est dans les 7 jours que se déclare manifestement la positivité au virus. Donc, je ne vois pas d'inconvénient à ce qu'on adapte, encore une fois, ces règles aux nouvelles connaissances médicales. Ça me paraît aller plutôt dans le bon sens. Mais vous savez, toutes les règles qu'on met en œuvre sont des règles que chacun cherche à respecter. Les Français, je crois, ont été très respectueux de ces règles-là. La seule chose qu'on demande, c'est qu'elles ne soient pas irrationnelles et qu'on les fasse respecter avec mesure.
Moi, j'ai vu un certain nombre d'images qui m'apparaissaient sans commune mesure.
Le canard enchaîné, Marine Le Pen, dit que vous avez organisé le 5 septembre à Fréjus un gala avec une centaine de cadres du Rassemblement National. C'était dans un restaurant et toujours, selon le canard, personne n'était masqué. Alors, est-ce que les gestes barrières ne sont pas respectés au RN quand vous êtes dans l'intimité ?
Ce n'est pas une question d'intimité, c'est une question qu'on était effectivement au restaurant. Et comme tous les gens au restaurant, on ne porte pas le masque quand on est au restaurant.
Donc, pour vous, c'est...
Voilà, c'est nous, on respecte encore une fois. On a respecté strictement les consignes. Le meeting s'est déroulé avec une place entre chaque personne, masqué. Mais quand on est au restaurant, qu'on mange et qu'on s'hydrate, on ne met pas de masque. C'est la même chose dans les trains, c'est la même chose dans beaucoup d'endroits. Alors, peut-être, d'ailleurs, est-ce problématique ? Mais en l'occurrence, on ne va pas au-delà. Dernière question, vous avez téléchargé l'application StopCovid. Non. Pourquoi ?
Parce que, très objectivement, je n'ai pas une certitude sur la manière dont sont traitées les données et sur la confidentialité de ces données dans le traitement et l'utilisation qui pourra en être faite. Jeudi dernier, le gouvernement a annoncé le plan de relance de 100 milliards d'euros, 70 mesures, un plan qui mêle la baisse de la fiscalité pour les entreprises et des investissements à long terme, notamment dans la transition écologique. 100 milliards d'euros, c'est colossal. Est-ce à la hauteur de la crise, Marine Le Pen ? Le problème n'est pas le montant global de l'enveloppe. Le problème est, je crois, la manière dont on l'utilise.
Nous sommes confrontés à une crise qui, semble-t-il, va être catastrophique. J'ai vu qu'on avait réévalué le nombre hier des emplois détruits au premier semestre. On est passé de 617 000 à 715 000 emplois détruits. C'est vraiment une situation dramatique. Face à cela, il me semble qu'il y avait des priorités. Ces priorités, mes priorités, ne sont pas les mêmes que celles du gouvernement. Moi, ma priorité, me semblait-il, c'était les TPE-PME. D'abord parce que ce sont elles qui sont le vivier d'emplois dans notre pays, mais le vivier d'emplois particulièrement, il faut bien le dire, dans les territoires. Les territoires chèrent au cœur de M. Castex.
Elles vont recevoir des aides, elles vont bénéficier des baisses d'impôts. Et surtout, François Asselin de la CPME, qui représente les petites et moyennes entreprises, estime que ce plan est une avancée majeure qui contribuera au renforcement de la compétitivité des PME. Et les PME-TPME... Non, il me semble encore une fois que ce plan va plutôt au bénéfice des grands groupes, comme souvent d'ailleurs avec Emmanuel Macron. Les TPE-PME reçoivent 3 milliards. 3 milliards sur 100 milliards, c'est 3%.
Excusez-moi, mais je ne pense pas que ce soit à la hauteur de ce qu'on doit faire pour protéger les TPE-PME et qui, pour le coup, sont en première ligne de la crise, qui ont eu un arrêt total d'activité durant le confinement, qui ont des problèmes de trésorerie, qui sont des problèmes de trésorerie majeurs. On n'entend toujours pas parler véritablement de suppression du paiement des charges. On est toujours sur un report. On a mis en place des PGE, mais dont on s'aperçoit pour beaucoup d'entreprises qu'au bout d'un an, les taux d'intérêt qui leur sont réclamés sont importants.
Les prêts garantis par l'État.
Les prêts garantis par l'État. Donc, voilà, on a une baisse, c'est vrai, d'un certain nombre d'impôts sur le travail, d'impositions sur le travail, mais qui, en réalité, sont sur 2 ans. Donc, les sommes ne sont pas si spectaculaires que ça. 10 milliards cette année, 10 milliards l'année prochaine, ce n'est pas spectaculaire de baisse d'impôt. En tout cas, les chefs d'entreprise, de manière générale, sont plutôt cotants. Oui, enfin, ils se contentent de peu. Alors, parce que moi, il me semble que pour les TPE-PME, on aurait dû faire beaucoup plus. À mon avis, c'était absolument l'essentiel. De la même manière, si vous voulez, sur les relocalisations, qui est un sujet dont M. Castex et M.
Macron ont énormément parlé, des relocalisations depuis la crise sanitaire. On s'aperçoit qu'il n'y a véritablement qu'un milliard sur 100 milliards, donc 1%, qui est accordé aux relocalisations. Mais c'est vrai qu'ils n'ont pas changé leur vision du modèle économique ultra-libéral. Ils continuent à voter des accords de libre-échange à l'Union, au Parlement européen, alors même qu'il me semble que les relocalisations sont un des éléments essentiels de l'économie de demain. Marine Le Pen, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui dit « la France est malade de son insécurité » et parle de l'ensauvagement d'une partie de la société. Vous criez au plagiat ou vous applaudissez ?
Non, non, mais je ne crie pas au plagiat. Vous savez, j'ai une longue expérience en matière politique. Je connais très bien la technique qui consiste à avoir les mêmes mots que l'opposition. Le problème, c'est que les actes ne suivent pas. Moi, si les actes suivaient, je m'en réjouirais. Mais en réalité, on ne voit aucun acte pour faire face à cette aggravation spectaculaire de l'insécurité et surtout à cette aggravation spectaculaire de la violence. Parce que c'est ça sur lequel il faut se pencher. Il y a un profond mouvement de retour à la violence physique. C'est ce que dit aussi Maurice Berger, qui est un pédopsychiatre spécialiste de la violence des jeunes.
Or, il me semble que, comme lui, que l'intégrité corporelle doit être défendue avec plus de fermeté qu'elle ne l'est aujourd'hui. Il donne un exemple, et je le donne à ceux qui nous écoutent. C'est vrai qu'une ITT, une interruption temporaire de travail de moins de 8 jours suite à des coups et blessures, c'est uniquement une contravention de la cinquième catégorie. C'est très peu, ce n'est pas suffisant. Il faut que l'intégrité physique, aujourd'hui, fasse l'objet d'une véritable défense. Vous dites qu'il n'y a rien. Il y a quand même beaucoup d'annonces. Il y a un séminaire sur la sécurité, aujourd'hui. Il va y avoir un projet de loi contre le séparatisme, on va en parler.
La lutte contre le trafic de stupéfiants au sommet des urgences, dit Gérald Darmanin. L'amende forfaiteur de 200 euros généralisée en France pour tous les usagers de drogue, même le fumeur de cannabis. Il y a déjà eu 200 verbalisations depuis le 1er septembre. Est-ce que ça va dans le bon sens, ça ? Ça, c'est le début de la dépénalisation, excusez-moi. Pourquoi ? Parce qu'on vient de contraventionnaliser la consommation de drogue. Avant, c'était un délit. Donc, on ne peut pas nous dire qu'il y a une grande avancée dans la fermeté, dans la lutte contre la drogue, alors même que les sanctions qui sont mises en œuvre sont très inférieures à celles qui existaient avant.
Donc, petit à petit, après tout, fumer dans la rue du cannabis ou se droguer sera équivalent à ne pas porter le masque. Moi, je pense qu'il y a un problème de hiérarchie des normes.
L'augmentation du budget de la justice sera de 6% l'an prochain. Il va y avoir la création de 250 postes pour la justice dès cette année, 550 de plus l'an prochain, greffier magistrat. Là, est-ce que vous saluez une bonne nouvelle ?
Ah oui, ça va dans le bon sens. Il faut absolument donner des moyens, évidemment, à la justice. Mais, encore une fois, le problème derrière les moyens, c'est un peu comme pour la police, si vous voulez, la justice. Le problème au-delà des moyens, c'est les ordres qui sont donnés. Or, avec un ministre de la justice comme M. Dupond-Moretti, dont la vision est probablement idéologique pire que celle de Mme Taubira... Pourquoi pire que Mme Taubira ? Parce qu'il considère que la prison ne doit être utilisée qu'en dernier recours. Moi, je considère que c'est une erreur. Il est dans cette vision de la culture de l'excuse, de l'alternative à la prison.
Je suis désolée de rappeler que l'alternative à la prison pour un criminel, ça s'appelle la liberté. Et moi, je ne suis pas pour laisser les criminels et les délinquants en liberté, parce que moi, je suis attachée à la protection de la société, et notamment à la protection de la victime. Vous avez affirmé... On l'a vu, pardon, dans un fait que je ne veux même pas appeler divers, parce que je trouve que c'est une manière de les minimiser. Une jeune fille de 15 ans qui a été violée et assassinée, alors même que son violeur et son assassin avaient déjà été condamnés pour des multiples viols et tentatives.
Marine Le Pen, quand vous affirmez à Fréjus que plus de 10 000 délinquants et criminels ont été libérés pendant le confinement, c'est faux ? Non, ce n'est pas faux. Aucun criminel n'a pu sortir plus tôt. Aucun criminel... Les libérations anticipées à cause du Covid concernaient des détenus en fin de peine ou des détentions provisoires, à l'exception des cas graves. Le ministère de la Justice dit clairement aucun criminel n'a été sorti de prison par anticipation au moment du confinement. Non, c'est faux. Donc parce que le ministère vous le dit, vous me dites, vous c'est faux. Donc vous êtes convaincu de ce que vous dit le ministère ? Donc le ministère ment.
Mais c'est une question que vous devriez vous poser en tout cas comme journaliste. Parce que je vous pose à vous. Non, non, vous ne m'avez pas dit ça. Vous m'avez dit c'est faux. Ça veut dire que comme journaliste du service public, vous reproduisez le propos du ministère sans même vous interroger pour savoir si ce ne serait pas un mensonge. Il me semble, moi, qu'il y en a un qui a été libéré. En tout cas, c'est celui qui a été complice par fourniture de moyens dans les attentats. Donc ça, c'est un crime. Donc il a été libéré. C'est un criminel pourtant. Vous voyez ? Donc il y a un moment donné, il faut faire attention à ce que dit le ministère. Il a été libéré par anticipation ?
Mais c'est un criminel. Il a été libéré. C'est un criminel qui a donc été libéré. Il a fini sa peine ou par anticipation à cause du Covid ? Je dis donc bien, non, mais il est évident que madame, s'il avait terminé sa peine, je n'en aurais pas parlé. Donc il y a, oui, des délinquants et des criminels qui ont été libérés. Et d'ailleurs, ça participe de l'aggravation très importante de la délinquance et de la criminalité auxquelles on a assisté cet été. Les mêmes causes entraînent les mêmes effets. Quand on libère des milliers de délinquants et de criminels, eh bien, une grande partie d'entre récidives.
Et donc, vous ne croyez pas plus aux chiffres d'Éric Dupond-Moretti sur la délinquance des mineurs ? Stable, dit-il, sur 10 ans. Proportion des mineurs délinquants qui diminue même de 16 à 14% ces dernières années. Ces chiffres-là, officiels, que donne le garde des Sceaux ? Vous les contestez ?
Moi, j'ai entendu l'audition à la commission des lois du Sénat. Je crois que c'était au mois de juillet de Rémi Heinz, qui est procureur de la République de Paris, qui disait que la section des mineurs du parquet de Paris gère une masse et un flux considérable. 13 000 gardes à vue, 4 333 mineurs défaites en 2019. Ce chiffre, dit-il, lui-même a doublé en moins de 5 ans. Voilà. C'est ça, la réalité. Maintenant, on peut toujours, encore une fois, magouiller, triturer les statistiques. C'est ce que fait le ministère de la Justice ? Bien sûr, il y a un problème parce que c'est un déni. On est confronté à un déni idéologique de la réalité de ce que vivent les Français.
Comment voulez-vous attendre de gens qui sont dans le déni, une prise de conscience, une licidité qui les pousse à l'action ? Et quand Darmanin parle, vous avez l'impression qu'il est dans le déni ? Quand Gérald Darmanin parle d'en sauvagement, dit que la sécurité va être sa priorité, vous avez l'impression qu'il ne voit pas qu'il y a un problème ? C'est bien, mais il y a un séminaire gouvernemental. Ça va peut-être permettre qu'ils se mettent d'accord entre eux. C'est-à-dire que le ministre de l'Intérieur et le ministre de la Justice se mettent sur la même ligne. Parce que pour l'instant, c'est le problème.
Sauf que, encore une fois, les victimes de cette inconsistence, de ces contradictions entre différents ministres, ce sont les Français qui subissent, eux, de plein foie à l'insécurité. Projet de loi contre le séparatisme au sein de la République qui doit être présenté d'ici la fin de l'année au Conseil des ministres, il imposera, on le sait déjà, on connaît déjà quelques bribes, il imposera aux associations subventionnées par l'État de signer une charte de la laïcité et interdira les certificats de virginité. Ce sont les premières mesures annoncées, ce n'est pas l'ensemble du projet de loi. Est-ce que ça va dans le bon sens ? Je crois que c'est tout à fait insuffisant.
Permettez-moi, enfin, depuis que je fais de la politique, des chartes collées contre les murs, des lycées, des hôpitaux, pour rappeler la laïcité, j'en ai vu passer des dizaines et des dizaines, ça n'est pas suffisant. Il y a des mosquées salafistes dans notre pays, il faut les fermer. Il y en a cinq qui ont été fermées, ce n'est pas suffisant. Il y en a une centaine. Il y a une constitution dans notre pays qui impose la laïcité. Lorsqu'il y a des violations, on n'a pas besoin d'une charte supplémentaire à la constitution française tout de même. Il suffit d'engager les mesures, d'engager les procédures, y compris administratives, pour y faire face. Il n'y a pas de réponse.
Et on voit qu'on a, enfin, le sentiment qu'on a, c'est qu'on cherche à gagner du temps. Le problème, c'est que ce temps, les fondamentalistes islamistes le mettent à profit pour recruter. Et on voit les conséquences de cette diffusion de cette pensée islamiste auprès, notamment, des jeunes musulmans. Moi, j'ai été très frappée et très inquiète, je ne vous le cache pas, des résultats de ce sondage IFOP qui est paru il y a quelques jours, sur le nombre de gens, presque la moitié, 47% des jeunes musulmans, qui considèrent que l'islam est incompatible avec la République. Et 75% d'entre eux pensent que les valeurs religieuses sont supérieures aux valeurs de la République.
C'est tout de même quelque chose d'extrêmement inquiétant. Il ne me semble pas qu'une charte soit évidemment à la hauteur pour répondre à cela.
Ouvrons le débat avec les auditeurs de France Inter. Au standard Michel, que je salue, soyez le bienvenu sur Inter.
Bonjour, bonjour France Inter. Bonjour Madame Le Pen.
Bonjour Monsieur.
J'ai écouté votre discours de culture à votre université d'été, la dimanche dernier, et j'ai été surpris par une inscription qu'il y avait écrite sur votre pupitre, « Français, réveillez-vous ». Il y a 20 ans que je suis à la rete, je suis passionné d'histoire, ancienne comme contemporaine, et ça a fait un flash. Je me dis que ça ressemble exactement à « Deutschland, Hervar ». C'était un slogan très important en 1930, 1931, 1932. Alors est-ce qu'il y a un rapport ? Alors la question, qui fait allusion clairement à la montée du nazisme, ma question est très simple.
Est-ce que c'est une coïncidence et que vous ignorez ce détail du jeu de mots qui a fait fureur, ou bien l'avez-vous choisi en toute connaissance de cause et l'assumez-vous telle qu'elle ?
Merci Michel pour cette question. Marine Le Pen vous répond.
Monsieur, votre question est très orientée évidemment. Comment voulez-vous imaginer une demi-seconde que je puisse faire référence au nazisme ? Une simple expression telle que celle-là qui appelle les Français à prendre conscience de la situation, de la gravité de la crise économique et de la gravité de la crise sociale et sécuritaire. Français, réveillez-vous si quelqu'un l'a utilisé et particulièrement l'épouvantable Adolphe Hitler. Évidemment, ça n'est en aucunement une référence. Je note d'ailleurs, monsieur, qu'on avait fait le même procès à monsieur Macron lorsqu'il avait créé son mouvement « En marche » puisque « En marche » était un slogan pétainiste.
Bon, il ne me semble pas qu'Emmanuel Macron souhaitait là rendre quelque hommage que ce soit au Maréchal Pétain. Quand vous dites « Français, réveillez-vous Marine Le Pen à Fréjus », le message est adressé à qui ? À vos électeurs qui ne sont pas venus voter au municipal ? À vos militants qui sont de moins en moins présents sur le terrain ? Qui doit se réveiller ? Oui, la grande différence qui existe entre le Rassemblement National et les autres formations politiques, je m'en suis rendu compte d'ailleurs, c'est que la gauche parle à la gauche en permanence, la droite parle à la droite. Eh bien, nous, nous parlons à tout le monde, nous parlons à tous les Français.
Donc, Français, réveillez-vous, c'est à tous les Français que je parle. Je leur dis, vous êtes les seuls à détenir le pouvoir en démocratie. Il faut que vous usiez de ce pouvoir. Alors oui, évidemment, ça passe aussi par le fait d'aller voter, car si vous ne vous défendez pas vous-même, personne ne viendra vous défendre. Or, la situation, encore une fois, ne cesse de s'aggraver. Elle prend une importance qui, aujourd'hui, nous met en danger, y compris physique. Il faut réagir, c'est maintenant qu'il faut le faire. Les municipales n'ont pas été un succès, mis à part Perpignan, pour le RN. Vous avez perdu près de la moitié de vos conseillers municipaux.
Dans six mois ont lieu les élections départementales et régionales. Vous n'en avez même pas parlé pendant ce discours. Pourquoi ? Vous enjambez ces deux élections ? Non, absolument. Vous n'intéresse pas ? Non, absolument pas. Nous allons entrer en campagne dans les semaines qui viennent, aux départementales et aux régionales, et nous ferons campagne. Et c'est faux, j'en ai parlé, madame, j'en ai parlé presque la moitié de mon discours, mais ça n'a pas intéressé manifestement les journalistes. J'ai passé la moitié quasiment de mon discours à évoquer le localisme, à expliquer que face aux globalistes qui sont représentés par Emmanuel Macron et LR, il y a les localistes que nous représentons.
Le localisme territorial, le localisme financier, le localisme économique, le localisme en termes de renouveau des infrastructures, de nos villes moyennes et de nos campagnes. C'est sur cette base du localisme que nous allons mener campagne aux départementales et aux régionales, et particulièrement au moment où le monde est arrêté à cause du Covid. J'ai eu l'occasion d'expliquer une chose très simple, avec le contraire de la mobilité, qui est l'ADN du mondialisme. Le contraire de la mobilité, ce n'est pas l'immobilité, c'est la proximité. Face à l'hyper-mobilité imposée à certains, nous, nous sommes les tenants de la proximité.
Défendre le localisme, pourquoi vous n'y allez pas dans les Hauts-de-France ? Vous n'êtes plus candidate pour la régionale dans les Hauts-de-France. Je ne peux pas être candidate à tout. Nous avons des cadres de très grande valeur, très compétents, qui sont susceptibles de tirer les listes aux élections régionales. Nous n'avons plus de candidats qu'il n'y a de place à pourvoir, et je m'en réjouis parce que c'est une démonstration de dynamisme. Donc, nous ferons confiance à nos cadres, à nos élus, pour mener ces batailles. Mais bien sûr, je participerai largement à cette campagne des régionales, comme présidente du Rassemblement National.
Marine Le Pen, vous avez vraiment envie d'être présidente de la République. Certains dans votre parti en doutent. Oui, ils ont tort. Ils ont tort. J'ai vraiment envie de régler les problèmes auxquels sont confrontés mes compatriotes, parce que leur souffrance me fait souffrir. Et vous allez quitter le Rassemblement National ? Vous aviez dit que vous y réfléchissez, vous présentez sans étiquette. L'idée n'est pas de quitter le Rassemblement National. Est-ce que c'est un boulet d'avoir le Rassemblement National sur les affiches ? Non, pas du tout. La réflexion, elle est la suivante.
Est-ce qu'on peut être candidat de tous les Français et s'adresser à tous les Français, tout en étant encore à la tête d'un parti, c'est-à-dire dans une position partisane ? Je mène cette réflexion. Elle n'est pas aboutie encore. Pas encore.
Merci. La, pour l'instant, présidente du Rassemblement National était donc au micro... Qui n'a pas démissionné ce matin. ... pas encore au micro d'Inter ce matin, députée également du Pas-de-Calais. Merci Marine Le Pen. Merci à vous.
Marine Le Pen