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Podcast / conversationyoutube.com· 23 septembre 2026 22 minComplaisantActualité / polémiqueNumériqueCulture, médias & sport

Livre soupçonné d’être écrit par IA : "Bientôt, on n’aura plus ce débat" (François Saltiel)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Comment a-t-on su que le livre comportait des passages en IA ?

  • 2:43OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce détecteur est fiable ?

  • 4:48OuverteRéponse directe

    Comment fonctionne le label 100% humain ?

  • 6:10OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce label est juridiquement contraignant ?

  • 7:33OuverteRéponse directe

    Quels autres livres ont déjà été concernés par des polémiques similaires ?

  • 8:12RelanceRéponse partielle

    Est-ce que l'expert croit l'auteur quand il dit n'avoir pas utilisé l'IA ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:43Chiffre
    « le détecteur nous a dit qu'il y avait 100 % d'IA dans tous ces extraits »
  • 12:45Fait
    « c'est oui bien sûr complètement. Non non c'est effectivement ce sont des énormes secousses qui viennent »

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Une écriture rude et brûlante, une langue qui claque comme un fouet, disent les critiques, un texte puissant, ça c'est ce que dit le romancier Gaël Faye. Mais si tout pour si pour tout cela, pardon, on devait remercier l'intelligence artificielle et non pas un auteur, non pas un écrivain. Nombreuses questions donc autour du livre C'était ça ou mourir de l'écrivain Telison Aurélien, un livre qui a remporté le prix Fnac, en lice pour le prix Femina, en lice également pour le Goncourt. L'écrivain est président justement de l'Académie Goncourt, Philippe Claudel était cet après-midi sur France Info, il invite à la prudence et rappelle néanmoins le pacte entre auteur et lecteur. On l'écoute. Quand j'achète un livre, je vois un nom sur une couverture, j'achète un livre

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qui a été écrit par cet être humain qui porte ce nom. Et je lui fais confiance. À partir du moment où [grognement] d'une quelconque façon on essaierait de me tromper en ayant utilisé partiellement ou totalement une intelligence artificielle, je pense que le travail de l'éditeur, c'est justement de discriminer ces textes et de permettre sur la couverture de mentionner que ce texte a été écrit tout ou partie par l'IA ou tout ou partie par par un être humain. Voilà, est-ce que mentionner le taux d'IA dans un livre peut être une peut être une ? On va ouvrir le débat. Avant cela, je salue, il vient de nous rejoindre, François Saltiel, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste spécialiste du numérique et vous produisez à France Culture notamment l'émission Un monde

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connecté. D'abord et avant donc de d'évoquer tout cela, le débat sur sur l'intelligence artificielle dans la littérature, revenons quand même sur les faits avec vous Raphaël Ben Abdel Moumen. Donc les Comment a-t-on su finalement que ce que ce livre comportait des passages en intelligence ? C'est grâce à un détecteur qui s'appelle Pangram, c'est ? Expliquez-nous comment comment ça fonctionne. C'est un site internet en apparence tout simple. Tout le monde peut y accéder, il suffit de rentrer 50 mots ou plus. Ensuite le détecteur d'IA analyse les données qu'on lui a entrées, il compare par exemple avec des petits mots qui reviennent souvent quand on génère un texte par intelligence artificielle puis il sort

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un résultat sous forme de pourcentage qui indique la part d'IA dans ce texte. Alors vous avez essayé donc pour pour ce livre en particulier, qu'est-ce que qu'est-ce que vous avez qu'est-ce que vous avez ? Quel passage avez-vous pris et qu'est-ce que ça a ? Alors avec la cellule vrai ou faux France Info, on a mis plusieurs passages des courts, des longs, des scènes de description aussi des dialogues. Le style de Telisson Aurélien est un peu particulier atypique, c'est un style créolisé donc il utilise bien un style un peu musical, un peu chantant, il fait beaucoup de figures de style. Et donc on a soumis ces extraits là au détecteur exactement et à chaque fois le détecteur nous a dit

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qu'il y avait 100 % d'IA dans tous ces extraits. Bon, la question évidemment qu'on se pose aussi c'est est-ce que ce détecteur est ? J'ai vu qu'il existait aussi d'autres détecteurs. Oui exactement, il y a plein de détecteurs qu'on trouve très facilement sur Internet. Nous pourquoi est-ce qu'on a pris ? Parce que ce détecteur c'est celui qui est utilisé dans le tweet d'origine qui lance cette polémique et aussi parce que c'est le plus fiable du marché, ça c'est pas que ce site-là qui le dit, ce sont aussi deux études, une américaine, une belge qui nous disent que en fait ce détecteur fait très peu d'erreurs. Donc parfois il il ne détecte pas toujours l'IA quand c'est vraiment de l'IA mais quand c'est de l'humain, il dit très rarement que c'est de l'IA, il y a très peu de faux

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positifs en fait. D'accord, bon ben écoutez, voilà qui voilà qui est clair et voilà qui je vais commencer avec vous peut-être Emma Soudain peut surprendre quand je lisais alors c'est pas du sadisme mais je lisais les les critiques littéraires effectivement sur sur ces sur ce livre qui sont quand même assez bonnes la plupart du temps, ça veut dire que là on est dans un on arrive quand même déjà dans un monde où potentiellement même quelqu'un qui connaît par cœur parfaitement la littérature peut se faire avoir sans aucune difficulté. Alors oui pour le coup on peut rien prouver mais effectivement en tout cas moi je le trouve surtout que ça montre qu'on est rentré dans une aire du soupçon et que le le soupçon en tout cas effectivement peut être peut être partout et donc moi ce que j'ai

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voilà ce qu'on a voulu aux éditions de l'Observatoire en créant euh du coup en fait nous ça fait vraiment plusieurs mois qu'on est sur cette initiative pour le coup là le timing euh est assez fou mais ce ce label ça fait des mois que vous donc le label qui s'appelle 100 % humain c'est ça le label label c'est euh en fait Abel Abel Quentin qui est un auteur très important au catalogue était en train d'écrire son nouveau roman et puis il a eu cette cette envie absolue et cette nécessité d'écrire sur euh contre l'intelligence euh artificielle générative et donc il a écrit un réquisitoire qui s'appelle Sanctuaire Sanctuaire au pluriel euh voilà mené de main de maître et d'un texte euh qui euh vraiment vise à boycotter l'intelligence artificielle générative à résister contre. [grognement]

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J'ai travaillé avec Abel Quentin, on a beaucoup réfléchi et puis moi je me disais effectivement moi j'étais complètement dans sa ligne et puis je me suis dit qu'est-ce que je peux voilà qu'est-ce qu'on peut en tant que maison d'édition euh pour être un lieu de résistance face à ça qu'est-ce qu'on peut ? Et effectivement l'idée euh de faire naître un label qu'on intitulerait label Sanctuaire dans la filiation dans la continuité de ce qu'a écrit euh Abel Quentin nous est apparue euh complètement voilà cohérente et absolument légitime. Donc concrètement est-ce que vous utilisez le type de de détecteur dont dont parlait Raphaël et Ben Abdel ? Comment ça ? Parce que on arrive pas toujours à à le voir la preuve on se on se beaucoup de gens s'y sont laissés prendre il y a le livre il a été

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énormément vendu et très positivement critiqué. Ouais. Bien sûr. Alors moi vraiment ce que j'ai pour pour ce label ce que je je voudrais désamorcer d'emblée euh l'ère du soupçon et justement en fait euh faire euh mettre une clause au contrat et que ce soit à l'origine d'une discussion, je veux dire dès que le dès que je m'enthousiasme pour un manuscrit, dès que j'aime un texte, dès que j'ai envie que ce texte soit publié, dès que je rencontre l'auteur, dès que je rencontre l'autrice, je veux qu'on ait cette discussion autour de l'intelligence artificielle générative. intéressant, d'accord. Donc c'est un pacte moral. Et c'est un pacte moral qui engage Oui. Donc je sais, je veux dire c'est pas juridiquement, c'est pas contraignant, c'est que c'est une clause

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qui existe au contrat, mais je sais qu'on peut pas faire, voilà, grand-chose sur cette clause-là, mais pour moi, en fait, la relation euh de l'auteur à son éditeur, à son éditrice est tellement importante et tellement un pacte de confiance que à partir du moment où moi l'auteur en face ou l'autrice me dit qu'elle n'a pas eu recours à l'IA, donc moi j'ai fait la clause, c'est recours à l'IA générative euh dans la composition, dans la rumination et dans l'écriture de l'ouvrage. Donc c'est ces trois phases. D'accord. Voilà. Donc c'est à la fois pas de plan, pas de composition faite par l'IA, l'intelligence artificielle générative, euh pas euh d'aller chercher des idées qui pourraient euh caractériser tel tel tel personnage, voilà, tel semaine. très radical en fait euh comme position.

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Ah ben, pour le coup, je pense que on est dans une ère où il faut aussi une radicalité euh pour défendre justement, moi, le 100 % humain et effectivement ce label sanctuaire. Un mot peut-être, Raphaël Benabdelmoumen, euh sur ces livres euh qui ont aussi déjà fait polémique parce qu'écrits par l'IA. Il y en a il y en a déjà, bien avant euh bien avant celui dont on parle aujourd'hui, hein. Oui, parce que le détecteur est passé par beaucoup de livres déjà. Euh aux États-Unis notamment, il y a l'affaire "Shay Girl", c'est un roman qui avait aussi énormément de succès, hein, comme celui de Telisson Aurélien. Les lecteurs ont identifié des traces d'IA et c'est le co-fondateur donc de Pangram, le détecteur dont on parlait, qui a testé le manuscrit, verdict 78 % d'IA d'après

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le détecteur. L'autrice [raclement de gorge] au début a démenti, ensuite elle a reconnu à demi-mots avoir utilisé de l'IA. Alors, vous vouliez réagir, je crois, François Saltiel, euh vous c'est vous êtes vraiment du côté nouvelle technologie il y a peut-être à ce qui était dit sur ce label. Oui parce que finalement on en revient à la question de la confiance puisque même si on va mettre des clauses dans un contrat, ça va être très compliqué vous êtes pas derrière un écrivain lorsqu'il écrit donc on en revient finalement au pacte de confiance. Si on en croit les propos de l'auteur en question lui il dit je n'ai pas du tout utiliser un des outils d'intelligence artificielle quel intérêt j'aurais eu moi moi qui a de réécrire moi qui a de réécrire. Est-ce que l'expert d'ailleurs au

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passage est-ce que l'expert le croit l'expert que vous ? Moi je me méfie toujours en fait des outils qui sont pas fiables à 100 % vous l'avez bien rappelé c'est sans doute un outil qui est un des meilleurs du marché mais il n'est pas fiable à 100 % je me méfie aussi de manière générale des accusations qui viennent de compte anonyme ça s'appelle balance ton Claude c'était suivi par une quelques dizaines de personnes c'est pas grand-chose aujourd'hui c'est beaucoup suivi ça a été Mais on l'a fait on a fait le test à France Info. Bien sûr on a fait le test ça a été aussi beaucoup relayé par certaines personnalités de d'extrême droite qui ont pu y voir aussi un un intérêt donc voyez il y a une dénonciation anonyme il y a un outil qui est pas fiable à 100 % il y a quand

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même des critiques littéraires qui étaient unanimes sur le fait que cet ouvrage était merveilleux qui aujourd'hui sont beaucoup à dire oh mais je l'avais vu donc toujours compliqué donc la question que vous posez sur le label est hyper intéressante mais on en revient encore une fois à la question de confiance que je pense qu'un auteur pourra de toute façon à côté utiliser l'intelligence artificielle pour structurer ses idées pour penser des choses et ça on ne pourra jamais le savoir donc c'est le pacte de confiance qui se joue et puis vous avez spécifié les différentes manières d'utiliser l'IA je pense qu'il faut aussi distinguer cela. On peut faut pas que les téléspectateurs pensent ou les auditeurs pensent que il suffit de faire un prompt qu'on appuie sur OK

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et qu'on a un concours qui sort en 300 pages. C'est intéressant on va revenir quand on fait on a un prompt c'est les les ordres qu'on donne à l'intelligence artificielle on le fait tous quand on utilise en fait mais de façon beaucoup plus simple peut-être un mot là-dessus euh peut-être Tiphaine Samoyault, est-ce que le la confiance euh dire finalement à l'auteur "Bon, vous respectez ce pacte qu'on a entre nous." Mais d'ailleurs, c'est aussi un petit peu ce que disait Philippe Claudel. Est-ce que vraiment ça peut s'envisager quand même ou est-ce qu'à un moment donné, il va pas falloir aller euh non pas dans le flicage, mais en tout cas peut-être un poil plus ? Alors, euh plusieurs choses. Euh d'abord, il me semble que il va falloir évidemment mettre en place des

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procédures un peu de régulation euh de cette extension considérable de l'IA et des profondes mutations qu'elle fait subir à toutes nos activités et au premier chef l'écriture bien sûr. Mais pouvoir garantir du 100 % humain aujourd'hui quand on sait qu'il suffit qu'on ouvre notre ordinateur pour qu'on soit immédiatement euh en communication même si on ne le souhaite pas avec l'IA, ça me paraît euh absolument invraisemblable. Donc, je pense qu'il faut qu'on réfléchisse aussi avant d'accuser un écrivain sans complètement de preuves hein puisque euh nous ne sommes pas en mesure non plus d'évaluer les compétences de l'IA euh dans sa manière de s'évaluer elle-même. C'est quand même assez fou qu'elle invente elle-même ses outils euh de de pour pour

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pour accuser euh ce qu'elle produit euh elle-même. Donc, ça c'est c'est vraiment incroyable. Euh ce n'est pas pour le moment, ce n'est pas un délit juridique de recourir à l'IA et euh tout le monde le fait dans dans ses métiers et c'est pas du tout la même chose que du plagiat parce que le plagiat, c'est un délit juridique parce que on vole un énoncé qui appartient à quelqu'un. de Michel Houellebecq avec Wikipédia enfin on on emprunte ou on vole ou on rapte un énoncé qui appartient à quelqu'un et donc quelqu'un est l'auteur ou l'autrice. Aujourd'hui, on ne sait pas à qui appartiennent les énoncés de l'IA. Et donc, ça peut être un problème moral, mais ça n'est pas encore un délit juridique. Donc, euh je trouve bizarre qu'on parle d'accusation et et euh et je

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pense qu'il est le bouc émissaire euh actuellement d'une très profonde inquiétude hein qui nous assaille tous et qui euh et qui et qui si c'est et que cette histoire devait arriver. C'est intéressant ce que vous dites aussi. Est-ce qu'il y a pas un vertige aussi là en ce moment même au sein du monde du livre ? Absolument. Absolument parce que cette histoire devait arriver et elle serait elle aurait pu arriver avec avec un autre auteur tout le monde passe nous on le fait par exemple aussi dans l'enseignement, c'est-à-dire que ce ce logiciel on l'utilise pour pour les travaux universitaires toutes les revues scientifiques elles l'utilisent pour essayer d'évaluer qui écrit quoi aujourd'hui c'est-à-dire que on est dans un énorme trouble et on voudrait que la littérature et et

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peut-être qu'elle peut l'être mais à quel prix et sous quelles conditions ça va être très compliqué soit un peu le rempart face à ce vertige où c'est devenu une prothèse incroyable qui qui qui dont on va dépendre de plus en plus pour écrire pour parler et à tous les niveaux de notre de notre existence. Est-ce que on va peut-être pas aller dans le secret industriel Emma Soudain mais est-ce que dans les les maisons d'édition les personnes que vous fréquentez il y a cette inquiétude aujourd'hui de se dire demain comment ça va se passer comment on va est-ce qu'on va pas aller vers autre chose avec y compris des des livres qui sont presque intégralement écrit comme ça comment vont vivre nos auteurs enfin c'est j'imagine qu'il y a quand même quelque chose qui est de

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l'ordre d'un peu de la révolution là euh Ah bien sûr oui c'est oui bien sûr complètement. Non non c'est effectivement ce sont des énormes secousses qui viennent qui viennent d'arriver et effectivement c'est assez vertigineux euh surtout ce que ça soulève aussi en terme en terme de questions de questionnement éthique sur qu'est-ce que qu'est-ce que la création qu'est-ce que la littérature bien sûr que ça soulève tout un tas de questions et qu'on est très inquiets. Ben moi je moi je suis un peu moins spécialiste que mes camarades mais quand même pour moi l'IA c'est quand même l'inverse d'un livre. L'IA c'est quand même c'est c'est c'est une synthèse c'est une reprise une synthèse une espèce de Gloomy Boulga de ce qui a été dit ce qui a été lu ce qui a été digéré

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et un livre c'est vraiment une création. Et oui. Et effectivement, par essence, l'IA est pas créatrice. Et donc, je trouvais ça extrêmement troublant. Effectivement, on comprend que la littérature soit théoriquement, ça devrait être le dernier rempart contre l'IA. C'est vrai que Autant on comprend que dans la la recherche scientifique, c'est on le le l'IA permet de de de de mélanger, de faire de des des liens et de avec avec des recherches dans tous les sens, autant pour la création littéraire, ça sort du cerveau d'une personne qui est une personne unique, singulière, qui a une pensée singulière, qui a une écriture singulière. Alors, pardonnez-moi, c'est là où le débat devient presque encore plus vertigineux parce que c'est effectivement et nous journalistes,

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quand on utilise l'intelligence artificielle, ça peut être pour avoir des des compilations de données sur tel ou tel sujet et cetera. Vous avez tout à fait raison. Mais là, on en arrive possiblement François Saltiel à quelque chose où ça dit pas d'une substitution au cerveau humain, mais quand on parle de l'écriture, on écrit parce que d'autres ont écrit, bah l'IA se met faire ça en fait. Bah, il y a il y a plusieurs choses qui ont été dites effectivement, il y a la galerie de la délégation cognitive, hein, c'est-à-dire qu'on va s'en remettre à une machine pour écrire. Après, peut-être pour nuancer un un petit peu, je le disais tout à l'heure, il y a des artistes qui travaillent justement avec l'IA, qui le reconnaissent, hein. La question c'est de le reconnaître ou pas le reconnaître,

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hein. Je pense que le le débat, il est vraiment là. Si l'auteur avait dit "Je me suis aidé dans un dans d'un outil d'IA", alors ça aurait été intéressant de voir si la réception du public aurait été différente parce que certains se seraient dit "Je refuse d'être ému par un texte qui en partie a été co-fabriqué par une machine." Peut-être d'autres auraient dit peu importe. Moi, j'ai été ému que ça soit été fait par une IA avec une IA un tout petit peu à 10 %, à 30 %, à 40 %. Ce qui compte, c'est ce que j'ai ressenti. Ça, ça pose des vraies questions. Mais ce qui se joue ici, c'est aussi la question d'auteur parce que ce débat-là, comme vous le disiez, il aurait pu arriver avant. Je pense que peut-être que dans un an, on l'aura plus parce que ces outils seront tellement rentrés, entre

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guillemets, dans notre quotidien, même si je vois tout à fait la la la démarche de certifier quelque chose qui serait sans 100 humain. Maintenant, cette intelligence artificielle euh elle peut aussi être une aide. Alors, je vais pas faire une comparaison avec un éditeur et une éditrice qui est un conseil et cetera, mais lorsqu'on l'utilise comme une sorte de ping-pong en disant "Qu'est-ce que tu penses de ? Est-ce que tu penses que je devrais aller ?" Euh euh il y a il y a beaucoup de de créatifs par exemple qui utilisent les outils d'intelligence artificielle pour faire exactement l'inverse de ce que l'IA propose parce que l'IA propose ? Du prédictif. Mais le la comment dire la la marche entre les deux, elle peut enfin la la la la frontière entre les deux peut être très vite franchie.

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Tout à fait. Et et ça va être très dur de le savoir. Si vous êtes en conversation avec une IA pour essayer de comprendre comment vous devez terminer euh je sais pas une séquence et que comme je vous le disais vous faites l'inverse de ce que l'IA vous propose, ce que l'IA prédit finalement ce qu'il y a de plus attendu. Et bah c'est une aide aussi. C'est une aide, mais sauf que c'est une aide qui sera jamais visible. Stephen Samoyau. Oui, je voudrais aussi euh revenir sur l'idée que un texte littéraire c'est une création absolument singulière, absolument autonome. Euh les textes sont aussi écrits avec toutes les nappes de discours qui circulent, toute la rumeur du monde, tous ces discours-là. Euh on n'est pas dans une absolue différence de du langage Ce que vous voulez dire, pardonnez-moi,

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c'est qu'il y a pas une pureté d'un de quelqu'un qui écrit avec un texte qui lui sortirait uniquement de sa tête. elle est elle est sans intérêt parce que justement la force de la littérature c'est d'arriver à articuler ou à donner une une une forme à des langages qui sont un peu partout et et donc l'IA elle elle elle a aussi tout elle elle prend aussi tous ces langages. Et je suis pas certaine qu'elle soit absolument créative. Je je pense quand même que cette histoire révèle quelque chose parce que en musique ou en dans les arts plastiques et cetera, ça fait longtemps que les artistes utilisent l'IA. Et on est beaucoup moins choqué. Là, ce qui ce qui nous touche par rapport à la littérature, c'est que l'IA menace véritablement la littérature telle qu'elle s'écrit euh jusqu'à aujourd'hui.

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Elle menace dans son processus, dans sa lenteur, dans son travail. Et euh et je crois que c'est très en effet très inquiétant et il faut que il faut qu'on s'interroge mais pas qu'on accuse immédiatement. Il y a il y a quand même bon ça a été quand même assez violent. Je trouve qu'il y a une grande violence symbolique qui est faite à cet auteur aujourd'hui et je voudrais le dire sur ce plateau parce que voilà, il vient quand même d'une double périphérie. On s'est pas attaqué au grand mastodonte de la littérature française. [raclement de gorge] On rappelle qu'il vient d'Haïti et du Canada, voilà donc On n'a pas de preuve et en plus on n'a pas de preuve. Là-dessus, il y a un autre point que je trouve troublant, c'est qu'effectivement on peut se dire que quand il y a un grand bassin d'auteurs,

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je veux dire des auteurs français de métropole, à la limite on peut se dire que l'IA fait le mix entre tout ça et arrive à produire quelque chose. Là, il se trouve que on dit que c'est c'est une autre une littérature caribéenne écrite par quelqu'un qui habite au Canada donc le bassin versant si j'ose dire de dans lequel l'IA peut puiser est quand même beaucoup plus restreint donc je trouve ça très troublant. en plus avec quand même des des témoignages qu'il a recueillis de toute évidence. Donc en fait c'est là peut-être c'est peut-être même d'ailleurs Pour vous et Massoudin, cette question des témoignages qu'il a recueillis effectivement peut-être aidé de l'IA pour l'écriture mais au fond il y a quand même tout un travail humain qui a été produit derrière. Alors

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vraiment moi je pour le coup je je sais pas comment je sais pas comment il a comment il a travaillé et je pense que la matière en tout cas de pour le coup chaque chaque auteur pas d'aller récolter la matière pour vous. Bah si mais la matière il je dirais il peut la transformer lui-même. Donc là pour le coup en l'occurrence moi je encore une fois je veux pas du tout rentrer dans cette polémique et Oui oui j'entends parfaitement. chaque auteur pour le coup n'a pas besoin de faire appel à un outil et voilà pour moi là ça serait vraiment une défaite de la pensée. Question rapide pour les pour les uns et les autres, les prix littéraires évidemment ça commence et cetera. Comment comment on fait ? Est-ce que potentiellement on met donc en place c'était un peu la la question qu'on se

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posait au début peut-être avec vous Tiphaine Samoyault des des outils peut-être pour essayer de surveiller, de voir où est-ce que finalement on dit "Bon bah demain ça va faire partie intégrante de la création et donc on même bah oui, s'il y a un livre a prix concours, le prix Femina alors qu'il y a un peu d'IA dedans, bah c'est comme ça." Euh je ne sais pas, je peux pas vous dire parce que là on est un peu dans ma prédiction parce que tout nous arrive en même temps euh euh y compris euh cette cette polémique sur sur un livre considéré comme littéraire et en lice pour les prix littéraires alors qu'on sait très bien qu'il y a déjà des livres qui sont écrits par l'IA qu'on est confronté à ça tous les jours. Il faut se rendre compte que l'IA produit euh des quantités de textes qui sont

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invraisemblables. Il produit presque chaque jour plus de textes que l'humanité n'en a produit euh jusqu'à aujourd'hui. Et donc euh on peut pas simplement euh dire "Bah l'IA on n'en veut pas." puisque en fait elle est là. Et donc on va devoir trouver euh des manières de faire avec, des manières éthiques euh de faire avec euh dans la production euh mais la littérature va certainement changer. Hmm. François Saltiel. Si dans l'histoire des technologies, on sait bien que peu importe les techniques qu'on pourrait trouver pour essayer de démasquer tel ou tel tel ou tel écrit, elles seront contournées. Tout est toujours contournable. Surtout quand on n'a pas encore la garantie euh d'officialiser 100 % quelque chose. Donc moi ce que juste un simple petit rebond

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qui m'amuse pour reprendre ce que vous disiez dans cette histoire-là, c'est qu'on a quand même une intelligence artificielle qui fonctionne sur un grand braquage. Je veux dire ces ces ces assistants commerciaux, ils marchent sur un vol massif des données de vos auteurs, des auteurs, des artistes, de tout le monde. Et là on a une même IA euh enfin c'est une autre intelligence artificielle qui se permet de discréditer discréditer en fait un auteur, de démonétiser euh un auteur sous prétexte que cet auteur aurait volé quelque chose que l'intelligence artificielle elle-même a produit. Vous voyez, je pense qu'en fait cette question elle est passionnante, elle pose des questions euh euh philosophiques vertigineuses. On en est qu'au début mais je crois peut-être

20:59

encore une fois que dans un an ce débat sera dépassé. Emma Sodain, est-ce que pardonnez-moi, pourquoi il sera ? Bah il sera dépassé parce que là on on est face à cette nouveauté euh d'avoir ces outils, on essaie d'apporter des réponses pour essayer de détecter il y a pas il y a. Je pense qu'à un moment donné ces IA vont tellement rentrer dans nos vies et ça sera tellement difficile d'arriver à pointer du doigt tel ou tel IA que je pense qu'il faudra d'une certaine manière faire avec même si on pourra toujours trouver des auteurs ou des journalistes qui diront ou des chroniqueurs ou qui diront voilà cette chronique je l'ai écrite 100 % moi-même et cetera. Et Massoud je vois que vous faisiez non de la tête ce qui peut s'entendre. c'est parce que ça me terrifie. Je fais

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non de la [rires] tête. Oui mais il y a il y a ça pardonnez-moi vous avez l'honnêteté de le dire il y a quand même ce sujet-là aussi. Ah bah bien sûr oui oui complètement. [grognement] Non non et moi j'ai envie de croire en tout cas pour le coup voilà aux éditions de l'Observatoire que la littérature devienne sanctuaire dans une maison d'édition ou en littérature grosso modo on publie 10 12 textes par an. Ça j'ai envie de croire que c'est possible et qu'effectivement parce que là pour le coup Telizane était attaquée à posteriori. Hmm. Si je sais pas mais si là à l'heure du à l'heure du soupçon il avait eu la question au moment de la signature du contrat est-ce que tu m'assures voilà moi je pour le coup je veux vraiment que dans mon endroit ce soit absolument 100

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% humain et que donc peut-être que la discussion aurait été aussi peut-être que les choses auraient été différentes. En tout cas moi j'ai envie de j'ai envie de croire à ça. Bon.