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Discours / meetingNathalie Arthaud· 7 octobre 2024 4 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleRetraitesSanté

Dette : les travailleurs n'ont pas à payer un centime !

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Nathalie Arthaud

En grand serviteur de la bourgeoisie, le premier ministre Barnier s'est fixé une mission : restaurer les comptes publics sur le dos des classes populaires en imposant une des pires cures d'austérité. Depuis sa nomination, il ne cesse de répéter qu'avec une dette de plus de 3100 milliards d'euros, le pays est dans une situation « catastrophique », « insupportable ». Mais pour les milliardaires, tels que Bernard Arnault, la famille Hermès ou la famille Bettencourt, ça va très bien, merci pour eux ! Alors que la dette publique a augmenté de 1000 milliards depuis 2017, la richesse des 500 plus grandes fortunes a plus que doublé. Et ce n'est pas un hasard ! Ce sont les vases communiquants.

Les caisses publiques se vident pour remplir celles des grandes trusts et de la grande bourgeoisie. Et ce n'est pas d'hier. Depuis toujours, cette grande bourgeoisie considère les caisses de l'État comme les siennes. Elle demande des exonérations de cotisations, elle les obtient, elle veut de l'argent pour investir, pour la recherche, elle l'obtient. Un exemple : le groupe Accor, associé à LVMH, fait construire un navire grand luxe par les chantiers de l'Atlantique. Eh bien parce que ledit navire aura trois voiles, ce projet a obtenu 31 millions d'argent public au nom de la décarbonation, bien sûr.

Un autre exemple : la gigafactory ACC, qui s'est installée dans le Pas-de-Calais, et qui est une alliance entre Stellantis, Mercedes et TotalEnergies, a obtenu une aide de l'État de 1,3 milliard pour fabriquer des batteries. Comme si ces trois mastodontes, qui ensemble réalisent plus de 50 milliards de profits, avaient besoin de cet argent. Alors que cet argent, il manque cruellement dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les transports publics. Droite, gauche et extrême-droite dénoncent la politique de Macron qui a fait exploser la dette.

Mais les mêmes, quand ils dirigent des régions, quand ils dirigent des départements, des villes, ce sont les premiers à se mettre à genoux devant ceux qu'ils appellent les investisseurs et à leur faire des ponts d'or. Quitte à s'endetter pour le plus grand bonheur des financiers, qui sont les premiers profiteurs de cette dette, parce que ce sont eux qui encaissent près de 50 milliards d'intérêts par an. Alors plutôt que parler de dette, il faut parler de pillage des caisses publiques par une poignée de privilégiés avec la complicité de politiciens de tous les bords. Eh bien il faut dire : qu'ils remboursent !

Le gouvernement fait mine de mettre à contribution les plus riches au travers d'une taxation exceptionnelle. Il en attend quelque 20 milliards. Mais en réalité, c'est un pourboire au regard des sommes colossales qui s'amassent entre les mains de cette grande bourgeoisie. Et surtout, la grande bourgeoisie est à 100% responsable du déficit de l'État. Eh bien c'est à elle d'en payer la note jusqu'au dernier centime. Il faut refuser tout nouveau recul, que ce soit le gel des pensions des retraités, que ce soit une augmentation de l'électricité, des coupes dans la sécurité sociale ou dans tous les services utiles à la population. 2 millions de retraités vivent déjà sous le seuil de pauvreté.

Des millions de jeunes et de moins jeunes, sans mutuelle, renoncent déjà à consulter un médecin. Le manque de personnel dans les hôpitaux et dans l'éducation est déjà dramatique. Des infrastructures sont déjà laissées à l'abandon, et il faudrait accepter que ce soit pire demain alors que l'argent dégouline au sommet de la société ? L'argent existe, il faut aller le chercher dans les caisses de la grande bourgeoisie, et cela ne se fera pas au travers des empoignades démagogiques à l'Assemblée nationale. Seuls les travailleurs peuvent faire dérailler cette politique de pillage de la grande bourgeoisie en retrouvant conscience de leurs intérêts et de leur force collective.