Gilbert Collard : «La justice est devenue un instrument de règlement de compte»
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
7h42, on est en direct avec Gilbert Collard. Bonjour Gilbert Collard. Oui, bonjour.
Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous. La cour d'appel de Paris va dire cet après-midi.
Si Marine Le Pen, donnée favorite de la présidentielle va pouvoir ou pas se se présenter. Elle va rendre son arrêt la cour d'appel en tout cas dans l'affaire des assistants parlementaires. Dans quel état d'esprit êtes-vous ce matin ?
Comment est-ce que vous abordez cette journée déjà ? Gilbert Collard, vous qui est un avocat et qui connaissez Marine Le Pen très bien et comment vous abordez cette journée ? Écoutez, je pense beaucoup à Marine Le Pen et tous les électeurs qui espèrent qu'elle sera candidate et si elle devait être déclarée inéligible, [raclement de gorge] les juges commettraient une erreur de justice véritablement.
Et déjà que la relation entre le justiciable et sa justice n'est pas bonne, elle ne ferait que cette aggraver cette relation. Bon et je rappelle quand même que le Conseil constitutionnel le 28 mars 2025 a demandé au juges de préserver la liberté de l'électeur. Préserver la liberté de l'électeur.
Un signal a été envoyé au juges de la cour d'appel. signale que les juges de première instance dans leur jugement furieux ne reste pas. Donc on peut espérer.
Moi, je crois qu'il n'y aura pas d'inéligibilité parce que le conseil constitutionnel a été très clair dans le signal qu'il a envoyé. On ne doit pas porter atteinte à la liberté de l'électeur. Or, si des juges, trois juges, quelle que soit leur qualité, ce n'est pas quand même le suffrage universel, avait par le pouvoir que le parlement hélas leur a donné le moyen de gommer, d'effacer, d'éliminer une candidate aussi portée par les électeurs, ça serait une ampliant démocratique, une guillotine démocratique.
On je veux dire que on ne peut pas l'accepter. Il y a que le peuple qui peut défaire ce qu'il a fait. Alors Gilbert Colard, si je vous suis, il faut revenir sur dans la loi en fait arrê en finir avec les peines d'inéligibilité, c'est ça ?
Et et et ne faire que condamner des personnes à des à des peines et en finir avec la peine d'inéligibilité. et ensuite sont les Français qui décident qui veulent pour qui ils veulent voter. On doit pouvoir quand un individu est effroyable le déclarer bien sûr inéligible.
Mais à ce moment-là, c'est du ressort d'une d'une juridiction particulière. Ça pourrait être le Conseil constitutionnel ou ça pourrait être une commission particulière de l'Assemblée et du Sénat avec une composition aussi populaire. Il faut que le peuple est le dernier mot toujours.
Vous comprenez ? Aujourd'hui, on vit dans une technobureaucratie qui a complètement dépossédé de l'Europe notamment le peuple. Rendez-vous compte, Louis Agot, réélu au premier tour, réélu au premier tour euh pour des têtes inéligibles, dire au peuple euh on a rien à [toux] de ce que vous pouvez penser et voter.
Je veux dire, ce serait une gravité considérable sur le plan politique, sur le plan démocratique et sur le plan historique. Or, les juges commettraient vraiment une erreur de justice et il ne ferait qu'aggraver le malaise qui existe entre l'opinion publique et la justice et ça serait perçu d'une manière dramatique. Gilbert Collard, si vous deviez conseiller Marine Le Pen, qu'est-ce que vous le qu'est-ce que vous lui conseilleriez ?
Si bon si elle est relaxée, elle est relaxée. Si elle a elle est condamnée à moins de à moins de 2 ans, elle peut être elle peut être 2 ans et moins de 2 ans, elle peut être candidate. Au-delà, elle pourra pas.
Si elle venait à être condamnée, est-ce que vous lui conseilleriez d'aller en en cassation, d'aller plus loin, de continuer à se battre ? Bien sûr de ne moi je de s connaissant le caractère de Marine, je ne la vois pas battre en retraite ni prendre sa retraite. Donc bien évidemment, elle fera un pourvant en cassation et elle va devenir si elle est condamnée à la statue du commandeur.
Elle ils ne se rendent pas compte de ce qu'ils font en voulant l'éliminer quoi. Ils vont lui donner une présence de souffrance, une présence d'injustice qui a toujours dans toute notre histoire mobilisé les les Français. Mais je vous garantis que j'ai bon espoir.
Moi, je connais les cours d'appel. Euh très souvent, on a affaire à des magistrats beaucoup plus murs, beaucoup plus sages, euh qui ont une une expérience et qui ne sombrent pas souvent dans la fureur des premiers juges. Ce premier jugement est un scandale.
Il a été analysé de tous les côtés. Tous les commentateurs l'ont dit. Bon, enfin quand même, on est sur la base d'un texte qui a été euh étendu par la jurisprudence.
On on n'est pas sur le texte de loi euh on est sur une interprétation jurisprudentielle. On est sur des faits qui consistent finalement en une attribution de fonds. Euh c'est une discussion sur l'attribution des fonds.
Il n'y a pas d'enrichissement personnel. Tous les partis politiques ont pratiqué ce qu'on reproche à Marine Le Pen. Berou a été relaxé au bénéfice de l'absence d'intention.
Vous voyez rien du tout en fait. Enfin quand même. Je veux dire c'est c'est absolument incroyable.
Ouais. L'affaire remonte à plus de 10 ans. Qu'est-ce qu'il aurait fallu faire pour éviter d'en arriver là aujourd'hui ?
Malheureusement, on ne pouvait rien faire dans la mesure où il y a une il y a une entente quoi je veux dire du point de vue de l'Union européenne et des autorités administratives et politiques de l'Union européenne pour utiliser le fusil judiciaire. Maintenant, je veux dire la Calafov judiciaire, on la voit sortir à l'occasion de toutes les élections quoi. Bon, c'est c'est c'est c'est ce qu'on appelle une sillonnade du reste venue et une expression qui est entrée dans le vocabulaire.
Là, elle ne peut subir en espérant qu'elle rencontrera des juges. Voilà, des juges sereins, des juges capables de peser le droit. Bon, il s'agit pas de dire que tout est bien, on comprend.
Bon euh mais c'est on condamne une pratique qui a été pratiquée pendant des années et des années sans que jamais on ne disent rien à savoir une décision d'attribution de fonds à des assistants parlementaires. C'est la discussion, elle porte finalement sur la la la volonté de l'attribution des fonds. Bon, c'est d'une décision administrative finalement. et on en a fait [raclement de gorge] une affaire pénale tout simplement parce qu'on on a voulu éliminer judiciairement.
Moi, je suis effaré de voir à quel point la justice est devenue un instrument de règlement de compte quoi. C'est croyable quand on aime la justice, quand on aime les juges de voir qu'ils ont pu sombrer certains pas tous, faut bien le dire, certains pas tous dans une espèce de processus de guillotine idéologique judiciaire. C'est très angoissant, très inquiétant.
Merci beaucoup Gilbert Collard. Ah.
Gilbert Collard