Maestro(s), de père en fils - Pierre Arditi et Yvan Attal - C à Vous - 30/11/2022
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Chapitres
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Questions et réponses
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Impossible quand on pense à un chef d'orchestre de cinéma de ne pas penser à Louis de Funès dans La Grande Vadrouille.
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Mais il y a un petit peu le côté irascible aussi.
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Mais diriger un orchestre, c'est une expérience extraordinaire.
- 2:32OuverteRéponse directe
Pour apprendre les bons gestes, la bonne mécanique, vous avez travaillé avec des coachs.
- 2:42OuverteRéponse directe
Et pour tourner vos scènes, vous aviez chacun un chef d'orchestre en miroir ?
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Enfant, vous imitiez les chefs d'orchestre, Pierre.
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Impossible quand on pense à un chef d'orchestre de cinéma de ne pas penser à Louis de Funès dans la grande vadrouille.
Il est en bas. C'est 7. Oui, il est en bas. Si vous faites à la lana, c'est moi-même. Qui c'est qui a fait ça ? C'est moi-même. Et où vous croyez-vous ? Elle ouvrira, vous l'êtes. C'est drôle, alors sortez-le. Alors tout le monde, sortez-le tous, je ne veux personne pendant que je répète. Tout le monde sort. Vous les musiciens rappellent. Vous les fleuristes un peu dans le bruit, s'il vous plaît.
En fait, tu te fais la coupe de cheveux de l'an dernier dans le film. Mais il y a un petit peu le côté irascible aussi.
Irrascible dans le personnage, vous voulez dire ?
Quand il engueule tout le monde parce qu'ils font le malheur de dire du bien de son fils. Quand il dit, mais non, taisez-vous, arrêtez-vous, stop, c'est nul. Il y avait un petit côté Louis de Funès. Enfin, Louis de Funès dans La Grande Vadrouille.
Oui, enfin, si vous voulez, oui.
Ou Pierre Arditi.
Non, non, non, mais je n'ai pas copié Louis de Funès. Je l'adore, c'est mon idole. Ce n'est pas le problème, mais... Non, non, le personnage, il est... Enfin, c'est autrement... C'est moins marrant, quand même.
Oui, oui, c'est moins marrant.
Le fond est moins marrant, c'est quand même... Il y a quelque chose là-dedans, effectivement, qui le perturbe. Et quand on lui propose au téléphone, tout s'efface. D'ailleurs, c'est assez... Enfin, je crois que c'est pas mal quand il... Quand, d'un coup, la voix se déchire et... Parce que quelque chose... La chose à laquelle il rêvait semble lui arriver. Voilà. Donc, moi, je veux bien que vous parliez de Louis de Funès, mais je suis emmerdé parce que, quand même, il me semblait que... Je l'adore. C'est un personnage qui ne peut pas s'apparenter à cette tessiture-là, à ce moment-là. Mais c'est pas grave, hein.
Mais vous avez remarqué, vous.
Anne-Elisabeth, je l'adore. Elle est merveilleuse. Non, mais c'est pas grave. J'ai regardé avec lui. Comment ? En fait. Non, pas du tout. Elle n'a regardé que toi. Elle n'a regardé que toi. Elle n'a regardé que toi. Mais mon modèle, c'était de Funès.
C'est vrai ? Oui. Mais diriger un orchestre, c'est une expérience extraordinaire. Vous comparez ça, d'ailleurs, au fait d'enfourcher une moto et de donner un coup d'accélérateur.
Moi, je me suis retrouvé en face de 50 musiciens et que tout d'un coup, bam, on les entend partir tous d'un coup. On n'a jamais l'occasion d'avoir 50 musiciens devant soi. Quand les cuivres, les corps, tout le monde part en même temps, on a un sentiment de puissance totale.
Pour apprendre les bons gestes, la bonne mécanique, vous avez travaillé avec des coachs. Et pour tourner vos scènes, vous aviez chacun un chef d'orchestre en miroir ?
Oui.
Merci, Yvan. Vous êtes dans mon camp, ce soir.
Mais non, ce n'est pas ça. Bien sûr.
Yvan ?
Oui. Non, non, on avait... En fait, quand on a commencé à travailler, à répéter, on s'est rendu compte qu'il fallait un an, deux ans, trois ans de travail. C'est franchement très, très difficile, déjà, de faire... C'est la première fois de ma vie que j'y arrive. Oui, parce qu'il faut dissocier la main droite de la main gauche. Absolument. La main droite, c'est la baguette, la main gauche, celle du cœur. C'est impossible de réussir quand même à coordonner tout ça. Ensuite, en plus, un chef d'orchestre a un temps d'avance sur l'orchestre. Donc, quand on écoute la musique, on a envie de taper au rythme de la musique. Et il faut avoir un temps d'avance. Donc, c'est franchement difficile.
Donc, on a fait un travail avec des chefs d'orchestre qui nous ont coachés, qui nous ont expliqué les rudiments de... Mais c'était impossible de devenir techniquement chef d'orchestre. Et c'était très, très amusant d'avoir un chef d'orchestre pendant qu'on dirigeait l'orchestre qui, lui, dirigeait vraiment. Et on faisait vraiment les singes comme un miroir. Ça veut dire, on mimait ce chef d'orchestre-là. C'est pour ça que les gestes paraissent...
Ultra crédibles. A priori crédibles.
Ils sont relativement crédibles, oui. Ah oui, très crédibles.
Enfant, vous imitiez les chefs d'orchestre, Pierre.
Oui, parce que j'étais issu d'une famille de gens qui aimaient la musique classique. Et alors, enfant, vers 10 ans, comme ça, le dimanche, je mettais sur le Tépaz qui rayait tous les vinyles, Mozart, comme ça. J'ouvrais la fenêtre. J'ouvrais les martyrs au quatrième étage et je commençais à diriger comme ça. Et je regardais, en faisant hurler le truc, si par hasard, les jeunes filles qui passaient en contrebas me regardaient en se disant, mais ce type est admirable. C'est Mozart, il est beau.
Vos parents étaient persuadés d'avoir donné...
Mes parents étaient persuadés d'avoir mis Mozart au monde parce que j'avais... L'oreille. Je reproduisais, à vous dirais-je, maman de Mozart d'oreille, avec les mains désympathisées, comme on dit. Mais bon, j'ai pas grand-chose. Enfin bon, c'était pas mal, ça voulait dire que j'avais une bonne oreille. Alors, ils ont fait venir un ami à nous, de la famille qui j'en casse à dessus, qui était le fils de Robert. Et moi, j'ai dit, Jean, est-ce que tu peux venir ? Oui, je suis toujours venu. J'ai fait ça, moi, comme ça. Mes parents se sont retournés vers... Jean, ils m'ont dit, alors ? Alors... Et Jean a dit, oui, bon, c'est pas bien. Il va fallu donner la preuve de solfège. D'accord.
Voilà, on m'a donné la preuve de solfège. Les doigts comme des petits marteaux. J'ai fermé le cas. Et comme des cons, que j'aime passionnément, mes parents m'ont laissé faire cette connerie de ne pas continuer à faire de piano. Et c'est une véritable connerie. Mais il a eu la même chose. Mais on regrette tous, non ? C'est une connerie de ne pas faire de mieux. Donc, je me suis juré que j'allais me racheter un piano. Parce que même à mon âge, eh bien, on peut peut-être encore se faire plaisir avec ça. Quelques, trois, quatre ans, on peut s'amuser pour soi. Il n'est pas plus question de devenir un concertiste. Voilà.
C'est comme ça. On a parlé tout à l'heure des rapports père-fils qui sont au cœur de ce film. De la façon dont ça nous renvoie chacun d'entre nous. À nous-mêmes. À notre histoire personnelle, au rapport qu'on a avec son père. Vous l'évoquiez tout à l'heure, Pierre Arditi, avec le regard que vous portez sur votre père, Georges, dont vous avez dit qu'il était un phare de votre vie. Ça a donné à l'équipe de C'est à vous d'aller chercher une archive que je ne connaissais pas, que j'ai découvert tout à l'heure, qui est particulièrement émouvante. Avec mon père ? Oui. C'est un midi sur Antenne 2, un journal d'Antenne 2. Vous présentiez, face à Noël, ma mère, qu'on va voir, peu importe. Voilà.
Quelques œuvres de votre père. Mon père. De votre père.
On va regarder. C'est un simple œil qui fait tout un pan de mur. En fait, ce qui est derrière lui est faux, est vrai, puisqu'il a pris ses rêves pour des réalités, comme disait Lénine. Alors, il a beaucoup évolué. Il est passé de ce type de grande toile figurative à des choses peintes différemment. Enfin, c'est difficile de parler de peinture aussi vite et j'en parle pas bien, moi. Mais c'est vrai qu'on a... Enfin, moi, j'ai baigné dans cet univers comme ça de création et c'est resté un endroit magique. Ah oui. Ça fait bobo, ça. Ah bah, je ne le... Enfin, je me souviens, je m'en souviens, oui. Oui, oui, il y a longtemps.
Est-ce qu'on ressent ce qui ressort de cette séquence, c'est de la fierté ? De mon père ? Oui.
Ah oui.
Oui.
Oui, y compris quand j'ai décidé effectivement de prendre un peu la tangente comme ça. Il m'a appris l'essentiel, mon père. Il m'a appris que ce n'était pas grave d'avoir un duffel coat quand les parents de mes petits copains étaient en costume trois pièces avec un machin comme ça. Mon père ne ressemblait pas aux autres. Vous savez, quand les enfants voient des parents, leurs parents qui ne ressemblent pas aux autres, ça ne leur plaît pas. Ça leur fout la trouille. Mon père m'a expliqué que l'essentiel n'était pas là, que c'était ailleurs, que ça se passait. Tout à fait. Il n'y a jamais eu d'argent chez moi. Il y a toujours eu tout le reste. Donc j'ai été admirablement élevé.
Admirablement élevé. À un moment donné, c'est un peu comme ça, parce que politiquement, je n'étais moins d'accord. Parce qu'il m'a envoyé un jour une lettre qui est à gras, qui est punaisée devant mon bureau, que je vois tous les jours, où il était marqué « Mon fils, que deviens-tu ? » On te voit là. On te voit là. On te voit là. Tu cours là. Tu fais ci. Tu fais une émission de variété. Pourquoi pas un truc de strip-tease, un machin comme ça. Tu fais du teintre, mais finalement, tu l'arrêtes. La lettre était terrible. D'ailleurs, je suis à la limite. Vous n'avez pas les archives du strip-tease ? Non, elles n'ont pas eu lieu. Et cette lettre, je la garde parce qu'il avait raison.
Je me perdais. Donc mon père m'a appris à avoir le courage de ne pas trop me perdre. Ce que j'ai fini par faire grâce à lui. Salut.
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