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interviewFrance Inter — L'invité du week-end· 29 décembre 2023 25 min

Si le RN arrive au pouvoir, "l’ordre sera donné de régulariser zéro sans-papiers", assure Laurent Jacobelli

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Présentateur

France Inter, Amélie Perrier.

0:05
Laurent Jacobelli

Il est le groupe qui a peut-être été le plus scruté à l'Assemblée Nationale ces dernières semaines pour la loi immigration. Il est le favori aux prochaines élections européennes en juin prochain. Le Rassemblement National dont nous recevons aujourd'hui le porte-parole Laurent Jacobelli. Bonjour. Bonjour. Vous êtes député de Moselle et après nos questions à Yael Gozé et moi-même, vous répondrez aux auditeurs. Appelez-nous dès maintenant au 01 45 24 7000. Mais d'abord une question de démographie. L'INSEE a publié hier le recensement de la France. Nous étions 67 408 000 à vivre dans le pays en 2021. La croissance démographique ralentit par rapport au début des années 2010.

Ne va-t-on pas avoir besoin finalement d'une main-d'oeuvre étrangère ?

0:46
Présentateur

Écoutez, c'est un raccourci qu'on entend souvent. Qu'on entend souvent d'ailleurs du côté de l'Union Européenne. Les Français ne sont plus capables de faire des enfants, alors on va importer de la main-d'oeuvre. C'est assez terrible de ne plus croire en son destin à ce point-là. Effectivement, on a un des taux de natalité les plus faibles depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vous savez, il y a une solution plus simple, c'est de relancer la natalité, encourager la natalité au Rassemblement National. Nous avons un programme pour ça, nous avons fait des propositions très concrètes. Je vous donne un exemple.

Quand un jeune couple veut s'installer, acheter un appartement pour avoir des enfants, l'État pourrait lui prêter 100 000 euros qui seraient à taux zéro, remboursables évidemment, sauf si le couple atteint trois enfants, auquel cas il n'aurait pas à rembourser. Parce qu'on mesure quelque chose d'étonnant. En moyenne, une femme française a 1,8 enfants. C'est une moyenne, évidemment, il n'y a pas 0,8 enfants, ça paraît bizarre. Mais le désir d'enfant est de 2,3. Et donc, il y a un écart entre le nombre d'enfants que les familles françaises voudraient avoir et les enfants qu'ils ont réellement. Il faut donc les inciter, les encourager, les accompagner, plutôt que d'imaginer importer des bébés.

1:46
Laurent Jacobelli

Faire des bébés aujourd'hui, ils ne travailleront que dans 20-25 ans. Alors, qu'est-ce qu'on fait dans les 5-10 prochaines années ?

1:51
Présentateur

L'avenir se prépare aujourd'hui, et je suis content de vous l'entendre dire, mais quel avenir ? Quelle défense de notre civilisation, de notre nation, de notre culture ? Ça pose une question quand on voit que le taux de fécondité, le mot est terrible d'ailleurs, est deux fois supérieur dans les populations venues d'Afrique du Nord. On voit aujourd'hui qu'un tiers des enfants nés en France ont au moins, au moins, un des deux parents étrangers. Et donc, plutôt que d'avoir une immigration de peuplement, plutôt que d'avoir finalement à laisser notre civilisation s'effriter, eh bien, reprenons le contrôle et aidons les familles françaises à avoir des enfants quand elles veulent en avoir.

2:31
Invité

Mais Laurent Jacobelli, c'est Giorgia Meloni en Italie qui ouvre 450 000 titres de séjour aux travailleurs étrangers. C'est le MEDEF ici qui dit qu'on aura besoin de près de 4 millions de salariés étrangers d'ici à 2050.

2:44
Présentateur

Alors, si on a besoin de 4 millions de salariés, j'ai un indice pour le MEDEF, il y a en France 5,4 millions de chômeurs, qu'ils soient d'ailleurs français ou étrangers, en situation régulière et capables de travailler. Madame Meloni, quant à elle, je ne suis pas son porte-parole, il ne faut pas se laisser avoir par mon nom de famille, Jacobelli, je suis bien député français.

2:59
Invité

Non, je ne dis pas ça, mais vous avez un allié dans la coalition, en la personne de Matteo Salvini, c'est votre allié au Parlement européen.

3:05
Présentateur

Moi, je veux bien qu'on parle de l'immigration de travail. D'abord, il faut arrêter de mentir aux Français. L'immigration de travail, aujourd'hui, parmi les 317 000 titres de séjour qui ont été accordés en 2022, c'est seulement 15%. Le taux de chômage chez les étrangers est le double du taux de chômage chez les Français. Pour prendre un exemple, dans la population étrangère, les Algériens, 41% des Algériens vivant en France sont soit chômeurs, soit inactifs. Alors, arrêtons de faire croire aux Français que le demi-million de migrants qui arrivent chaque année dans notre territoire viennent pour travailler. Tout cela est faux.

Certains patrons s'en servent, effectivement, pour tirer les salaires vers le bas, en imaginant qu'une population étrangère sera plus malléable et acceptera des conditions plus difficiles. Mais il y a une solution... Mais pas seulement, par exemple, l'hôpital.

3:50
Laurent Jacobelli

L'hôpital ne fonctionne aujourd'hui qu'avec des médecins étrangers, avec des soignants étrangers. Ça ne fonctionne déjà pas très bien si on enlève les soignants étrangers. Qu'est-ce que ça va devenir ?

3:58
Présentateur

Oui, c'est le constat d'un échec. Vous avez raison sur le numerus clausus, puis la fin du numerus clausus mal géré. Il faut des médecins français. Il y a beaucoup de jeunes aujourd'hui qui renoncent, d'ailleurs, à faire leurs études de médecine en France, vont les faire dans les pays de l'Est et reviennent travailler ensuite en France. Ça montre bien une aberration du système. Vous savez, il y a aujourd'hui une immigration de travail légale. Ça existe. Et je vous l'ai dit, c'est 15%. Il ne faut pas tout confondre. Et d'ailleurs, le gouvernement essaye de nous faire passer des vessies pour des lanternes en nous parlant de régularisation des sans-papiers qui travaillent.

C'est faire croire qu'il n'y a pas d'une immigration de travail légale. Il y en a une. Il faut évidemment viser à ce qu'elle tende vers zéro et autoriser toutes les régularisations de sans-papiers, ce qu'a essayé de faire passer le gouvernement à un moment.

4:40
Invité

Laurent Jacobelli, on a du mal à vous suivre parce que vous avez voté une loi immigration qui contient en son sein la régularisation dans les métiers en tension avec un préfet qui peut décider à sa main de régulariser ou pas. On parle de 7 à 10 000 régularisations par an. Et vous nous dites qu'il ne faut pas faire ça ?

4:57
Présentateur

Vous avez voté ça ? Je vais vous répondre. C'était effectivement une ligne rouge. Nous avons changé d'avis et nous avons voté cette loi. Pourquoi ? C'est Jordan Bardella

5:06
Laurent Jacobelli

qui l'avait dit sur notre antenne le matin même « Je ne voterai pas cette loi s'il y a des régularisations. Le soir, vous votez cette loi. »

5:12
Présentateur

Et je vais vous expliquer pourquoi. Il y a deux raisons. D'abord, en commission mixte paritaire, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais dans les négociations qui ont eu lieu entre le matin et le vote de cette loi, il y a eu quelque chose qui a été un durcissement des conditions. Et puis, c'est maintenant au préfet de décider. Et donc, nous, ça nous donne une porte de sortie. C'est-à-dire qu'en 2027, quand Marine Le Pen, je l'espère, arrivera au pouvoir, l'ordre sera donné au préfet de régulariser zéro. Ah, donc vous changerez l'esprit de la loi même. Et donc, la loi... Vous avez voté une loi

5:39
Invité

d'où vous changerez l'esprit en 2027 si vous êtes nélo. Nous avons voté une loi... Laurent Jocoblis, soyez cohérent.

5:43
Présentateur

Je vais être cohérent, je vais vous répondre. Nous avons voté une loi qui nous permet, qui nous paraît en tout cas être un tout petit pas dans la bonne direction, d'une manière générale, et qui nous donne les outils demain de faire en sorte qu'il n'y ait plus de régularisation dans notre pays. Et donc... C'est dur à six ventes. Et donc, non, c'est assez clair, je crois. C'est très clair. Demain, Marine Le Pen au pouvoir, l'ordre sera donné au préfet de régulariser zéro sans papier. Ça me paraît être très clair, très simple, et correspondre à l'attente des Français.

6:10
Laurent Jacobelli

Ce qu'on a du mal à suivre également, c'est votre rapport au Conseil constitutionnel. Puisque cette loi, on le sait, elle va a priori être retoquée, en tout cas en partie. Il y a des articles qui posent question au niveau de la constitutionnalité. On vote quand même une loi, même si on sait qu'elle n'est pas constitutionnelle ?

6:27
Présentateur

Écoutez, je pense que vous devriez poser la question plutôt au gouvernement. Comment un ministre de l'Intérieur peut venir à l'Assemblée nationale défendre une loi dont il dit lui-même que le Conseil constitutionnel va retoquer un certain nombre d'articles ? Mais vous, vous êtes d'hypocrisie,

6:39
Laurent Jacobelli

vous l'avez voté.

6:39
Présentateur

C'est toute l'hypocrisie. Je n'allais pas la voter, alors. C'est toute l'hypocrisie.

6:42
Laurent Jacobelli

Vous n'étiez pas obligé de la voter.

6:43
Présentateur

Je vais me permettre de terminer ma phrase, mais je vais vous répondre, vous n'en faites pas. C'est toute l'hypocrisie de ce gouvernement qui a voulu faire plaisir à la droite, tout ce qu'il en reste en faisant une loi dure et à la gauche en disant à la gauche en même temps mais vous n'en faites pas, on va la voter mais au final on va régulariser tout un tas de monde et puis on n'appliquera pas les mesures sévères. Moi, ce que je dis et ce que nous disons au Rassemblement national, c'est simple. Maintenant, il faut sortir de ça. Les Français, deux tiers à 80% des Français veulent sortir de l'immigration subie et submersive que nous vivons. Ils ne veulent plus de régularisation.

Ils veulent un durcissement des retours au pays des étrangers délinquants et criminels. Nous sommes évidemment par un appel au peuple, par un référendum où on leur propose la loi proposée par Marine Le Pen. Les Français doivent décider oui ou non et s'ils décident que c'est leur vision du contrôle de l'immigration, il faut le constitutionnaliser.

7:32
Invité

Et si le Conseil constitutionnel en janvier retoque un tiers, la moitié de la loi, vous direz quoi ?

7:38
Présentateur

On dira aux Français courage. Courage parce qu'il y a encore deux échappatoires. La première, c'est l'élection européenne avec la liste conduite par Jordan Bardella pour faire qu'à l'Union européenne, au Parlement européen, il y ait une majorité de patriotes, de souverainistes qui veulent défendre des visions nationales du contrôle de l'immigration et la deuxième porte de sortie et d'espoir surtout, c'est 2027 avec l'élection présidentielle mais très clairement. C'est un juge suprême ou une cour politique pour vous, le Conseil constitutionnel ?

Non mais je pense qu'on peut parfois critiquer certaines de ces décisions et c'est d'ailleurs le libre débat démocratique, le Conseil constitutionnel il est là pour vérifier le respect de la Constitution. C'est pour ça que nous voulons que la question migratoire soit intégrée dans la Constitution pour que le fait que les Français aient le contrôle de savoir qui rentre et surtout qui sort de notre territoire soit gravé dans le marbre de la Constitution.

Si on ne fait pas ça, on ne fera rien et pour être très honnête, la procédure, j'allais dire, du gouvernement qui est de faire voter une loi pour ensuite la détricoter montre bien tout le machiavélisme de ce président de la République qui n'a aucune conviction et qui fonctionne simplement par coûts électoraux et marketing.

8:41
Laurent Jacobelli

Vous ne répondez pas Laurent Jacobelli, c'est un obstacle, c'est un problème la Constitution aujourd'hui pour votre programme au Rassemblement National ?

8:47
Présentateur

Alors, vous savez, moi je suis gaulliste, je crois beaucoup en la Ve République et en sa Constitution. Non, ce n'est pas un problème, c'est un outil la Constitution qui évolue, elle a beaucoup évolué d'ailleurs, et elle risque d'évoluer encore. Et c'est un garde-fou et c'est, j'allais dire, le livre de référence de notre démocratie et de notre République seulement à les pages de ce livre

9:05
Invité

peuvent être encore écrites. Donc vous ne critiquerez pas si jamais la loi est en grande partie

9:10
Présentateur

reçoitée. Mais si les décisions sont justifiées et expliquées, je ne vois pas pourquoi nous le critiquerions. Ce qu'on peut critiquer, c'est le fait que la loi sur l'immigration ne soit pas appliquée demain parce qu'elle a été mal ficelée. Et c'est pour ça que je dis aux Français qui nous écoutent, rassurez-vous, ce n'est pas pour ça qu'il n'y a pas de solution et nous le répétons et c'est ce que propose Marine Le Pen, il faut constitutionnaliser notre vision de l'immigration, de contrôle de l'immigration et à partir de ce moment-là, le Conseil constitutionnel respecter notre vision.

9:39
Invité

Est-ce que la France est la bonne échelle pour réguler l'immigration, ce qui est votre souhait ? On a vu que les 27 avaient réussi, après 7 ans de négociations la semaine dernière, à se mettre d'accord pour adopter le pacte Asile-Immigration qui met des centres de filtrage, j'utilise le terme entre guillemets, des demandeurs d'asile aux frontières de l'Union, aux frontières extérieures de l'Union. Est-ce que ce n'est pas à cette échelle-là qu'il faut travailler ? Vous savez, ce qu'il faut,

10:04
Présentateur

c'est arrêter le chaos, pas gérer le chaos. Or, ce pacte Asile-Immigration, ça propose quoi ? Il ne dit pas, finalement, on va arrêter les flux migratoires. Il dit simplement, on va faire en sorte que ce soit mieux organisé. Et puis, on obligera, d'une manière ou d'une autre, les pays... Non. Pourquoi ? Non, mais c'est même un recul, je vais vous dire, parce que dans ce texte, il est dit clairement que la France devra accepter des migrants, qu'elle le veuille ou non, et si elle ne l'accepte pas, elle paiera.

10:28
Laurent Jacobelli

Une solidarité entre les Etats membres.

10:29
Présentateur

Oui, une solidarité financière, comme d'habitude. Je vous rappelle qu'on donne déjà en net 10 milliards d'euros à la politique européenne.

10:35
Invité

En fait, vous préférez que ça ne marche pas à 27 pour justifier votre campagne des Européens ?

10:39
Présentateur

Pas du tout. Nous, nous préférons que la politique migratoire soit gérée par les pays. Quand, il y a quelques années, l'Allemagne a décidé d'accueillir 800 000 migrants, c'était son choix souverain de nation allemande. Sauf qu'il ne vous aura pas échappé qu'il n'y a plus de frontières entre l'Allemagne et la France, que la France est très généreuse, et que ces migrants qui ne trouvaient pas de travail en Allemagne, c'est-à-dire ceux qui n'étaient pas ingénieurs, chercheurs ou ouvriers spécialisés, venaient toucher les aides sociales en France. Tant qu'il n'y aura pas de contrôle aux frontières, et notamment aux frontières nationales, il y aura un problème migratoire.

Nous, nous sommes pour un double contrôle. Le contrôle, évidemment, aux frontières européennes, puis ensuite, un contrôle aux frontières nationales. Ça veut dire une réforme de Schengen. Quand on est citoyen de la zone Schengen, on peut, évidemment, circuler librement. Quand on est étranger, accepté dans un pays de la zone Schengen, alors il faudra montrer ses papiers avant d'arriver en France.

11:28
Laurent Jacobelli

Puisqu'on parle de l'Europe, Jacques Delors est mort cette semaine, mercredi, à l'âge de 98 ans. La classe politique lui a rendu hommage dans sa quasi-intégralité de Jean-Luc Mélenchon à Éric Ciotti, pas le rassemblement national.

11:40
Présentateur

Écoutez, je pense que... Pas un mot, rien. Rien de rien.

11:43
Laurent Jacobelli

Ni de Marine Le Pen, ni de Jordan Bardella.

11:45
Présentateur

Jacques Delors a marqué la vie politique française. Il y a, évidemment, comme à chaque fois qu'un décideur ou même simplement un être humain décède. Il y a beaucoup de peine pour ses proches, pour ceux qui partageaient ses idées. Mais il est vrai que Jacques Delors représentait une vision de l'Europe à tendance fédéraliste que nous combattons. Jacques Delors, c'est Maastricht. Jacques Delors, c'est...

12:02
Laurent Jacobelli

C'est aussi l'euro qu'aujourd'hui vous acceptez.

12:04
Présentateur

Que nous acceptons aujourd'hui. Mais c'est finalement ce libre-échange devenu fou qui mène au mondialisme, qui fait qu'en France on a désindustrialisé, qui fait qu'en France on a perdu des emplois, qui fait qu'aujourd'hui l'être humain est interchangeable et qu'on préfère produire en Chine pas cher, quitte à polluer d'ailleurs, plutôt qu'en France et à créer de l'emploi.

12:21
Invité

Mais c'est aussi la PAC, la politique agricole commune, c'est aussi Erasmus. Oui, parlons-en de la PAC aujourd'hui. Erasmus. Oui, oui, Erasmus.

12:27
Présentateur

Ok. Tout ne peut pas être négatif dans un bilan. En revanche, on peut parler de la politique agricole commune. Aujourd'hui en France, un tiers des exploitations sont menacées de fermeture. Aujourd'hui, on signe des accords avec des pays étrangers pour la libre importation de produits, notamment d'Amérique du Sud, mais pas seulement. Des produits qui ne respectent pas les mêmes normes que nous en matière sanitaire, en matière sociale, alors que l'Union européenne écrase de normes nos agriculteurs. Vous savez le problème de cette Union européenne ? C'est qu'elle est trop présente là où on devrait nous laisser faire, c'est-à-dire les normes, les directives, les restrictions.

Elle est complètement absente de là où elle pourrait être utile. Où est aujourd'hui l'Union européenne sur l'intelligence artificielle ? Où est aujourd'hui l'Union européenne sur les technologies médicales de pointe ? Sur un certain nombre de secteurs où on se fait griller la priorité tantôt par les Etats-Unis, tantôt par la Chine, elle est complètement absente pour créer une industrie, une recherche, là où nous serions plus forts tous ensemble. En revanche, lorsqu'il s'agit d'enquiquiner les pays, d'enquiquiner les Français dans leur vie quotidienne, là, elle est très présente, trop présente, asphyxiante.

C'est une autre vision de l'Europe que nous avons avec Jordan Bardella et je le répète, vivement le 9 juin. Pourquoi vivement le 9 juin ? Parce qu'il y a un espoir d'une Europe qui soit enfin utile et qui ne soit plus castratrice.

13:35
Laurent Jacobelli

Alors justement, ces élections européennes, on est à 6 mois. L'objectif c'est quoi ? Vous êtes très haut dans les sondages, vous êtes en première position autour de 27%, largement devant le parti présidentiel. L'objectif c'est quoi ?

13:47
Présentateur

L'objectif c'est évidemment d'arriver en tête. Vous savez, il y a deux objectifs. D'abord, ce sont des élections que nous qualifions de mi-mandat. C'est la dernière sortie sur l'autoroute avant la présidentielle. C'est la dernière fois qu'on aura l'occasion lors d'élections nationales de dire au président de la République votre politique, ça suffit. Votre politique de fiscalité délirante, ça suffit. Votre politique d'immigration, ça suffit. Votre politique de casse sociale, ça suffit. Et puis, c'est aussi l'espoir d'avoir au Parlement européen une majorité de souverainistes et de patriotes avec d'autres partis en Union européenne. Pourquoi ?

Pour changer justement les axes de cette politique européenne. Arrêter de vouloir absolument ouvrir la porte aux migrants. Arrêter de vouloir en permanence tout contrôler, tout taxer, tout surveiller. Mais au contraire, laisser les pays libres d'entreprendre, de travailler et travaillons ensemble pour créer les industries de demain. Ça, ce serait une Europe beaucoup plus intelligente.

14:39
Laurent Jacobelli

Justement, tout près de vous, sur l'échiquier politique, il y a Marion Maréchal-Le Pen qui conduira la liste reconquête. Elle vous tend les bras, elle vous dit faisons alliance, elle est crédité du 8% des voix. Jordan Bardella, à priori, n'en veut pas pour l'instant.

14:52
Présentateur

Ils ont décidé, Reconquête, de créer une liste et c'est leur choix, c'est leur droit. D'ailleurs, c'est la beauté de la démocratie dans une élection, notamment à la proportionnelle. Chacun tente sa chance.

15:01
Laurent Jacobelli

Mais pour ne pas faire alliance ?

15:02
Présentateur

Il se trouve qu'on a un certain nombre de points de désaccord. Lesquels ? La réforme des retraites, par exemple, en France, a été une des ultimes secousses d'un séisme européen qui nous demandait de changer notre système de retraite. Eh bien, il se trouve que Reconquête et pour cette réforme de retraite, il veut même une réforme de retraite plus dure. Or, nous, nous sommes tout à fait contre. Donc, quand on n'est pas complètement en phase, notamment sur des sujets qui viennent de l'Europe, il n'est pas complètement illogique qu'on fasse des listes séparées. En revanche, Jordan Bardella a toujours été très clair.

Nous appelons tous les électeurs, sincèrement patriotes, à se réunir autour de la liste qui a le plus de chances de gagner, c'est-à-dire celle de Jordan Bardella. Parce que, je le rappelle, c'est une liste à la proportionnelle où il faut au moins 5% des voix pour avoir des élus. Et donc, il y a une probabilité assez forte que des électeurs qui iraient sur des listes plus petites en voulant défendre une France souveraine, eh bien, voient leur voix perdue, ne pas donner, finalement, de députés. Voter pour Jordan Bardella, c'est la garantie d'avoir des députés et peut-être demain une majorité au Parlement.

16:01
Invité

Mais est-ce que vous et Jordan Bardella, vous êtes toujours partisans d'une union des droites ?

16:06
Présentateur

Alors, je ne crois pas que nous l'ayons été parce que l'union des droites, excusez-moi, mais on vise plus loin, nous, on veut l'union des Français. Voilà. De tous les Français. Le problème des politiques qui nous gouvernent depuis longtemps, c'est de faire des unions partielles, des unions parcellaires, c'est-à-dire où certains gouvernent malgré les autres. Nous, nous voulons gouverner pour tous les Français. Et donc, c'est une union générale de la France. Marine Le Pen l'a dit, d'ailleurs, si elle arrive à la présidence de la République en 2027, elle fera un gouvernement d'union nationale.

Parce qu'il y a des bonnes idées partout, il y a des gens intelligents partout et qu'il y a des patriotes sincères partout. Donc, on a une vision un peu plus large que l'union des droites.

16:42
Invité

Et une autre figure, un autre penseur de la politique qui est décédé cette semaine, c'est Patrick Buisson, qui justement est un des théoriciens des théories des droites. Ce n'était pas votre test de thé ?

16:49
Présentateur

Il a écrit des choses très intéressantes. Il avait un certain nombre de diagnostics et même de propositions très intéressantes. Je pense qu'il faut relire ce qu'il a écrit maintenant. Oui, il a dit aussi

16:59
Invité

que le non-le-peine serait un handicap insurmontable. La stratégie de la cravate à l'Assemblée pourrait bien se terminer en nœud coulant pour les députés ARN, écrivait-il.

17:07
Présentateur

Oui, on voit là son sens de la plume mais vous comprenez bien que je ne partage pas son opinion et je crois que les Français non plus d'ailleurs parce que Marine Le Pen est là selon les sondages première, deuxième ou troisième personnalité politique préférée des Français comme Jordan Bardella d'ailleurs aussi et je pense que le lien entre Marine Le Pen et les Français il existe au-delà du nom de famille. Il existe pourquoi ? Parce que Marine elle défend les idées que veulent voir appliquer les Français et parce que je pense qu'elle a un vrai sentiment d'empathie envers les Français. Elle les comprend, elle les aime sincèrement. Quelle différence avec notre président de la République ?

Vous savez, il vaut mieux s'appeler Le Pen et avoir le sens de l'intérêt général que de s'appeler Macron et de défendre simplement les intérêts d'une clique. Et Bardella 2027 c'est vraiment exclu ? Écoutez, Marine Le Pen est la candidate naturelle de notre camp. Elle a prononcé le vœu de voir Jordan Bardella Premier ministre si elle était élue. Je crois que Jordan appelle à une candidature de Marine Le Pen. Tout est très clair. Et vous,

18:00
Invité

vous pourriez soutenir une candidature Bardella 2027 ?

18:03
Présentateur

Moi, personnellement, je soutiens la candidature de Marine Le Pen qui, je crois, a le programme qui correspond aux attentes des Français. Vous savez, Marine Le Pen, elle a fait les bons diagnostics bien avant les autres. Tiens, parlons de priorité nationale par exemple qui se retrouve dans la loi immigration proposée par le gouvernement. Pendant des décennies, Marine Le Pen elle-même, elle a subi des monceaux d'injures. On l'a traité de tous les noms parce qu'elle osait prononcer le mot de priorité nationale. Aujourd'hui, c'est reconnu comme une évidence. Le lien entre insécurité et immigration, montrait cette évidence. Eh bien, aujourd'hui, tout le monde le reconnaît.

Marine Le Pen, elle a été précurseur, elle a été lanceur d'alerte, elle a des propositions concrètes, applicables, qui s'appliquent d'ailleurs dans beaucoup de pays du monde. Et étape après étape, on s'aperçoit que, non seulement ce qu'elle dit n'est pas déraisonnable, mais au contraire, ce sont des solutions de bon sens. Donc, c'est la candidate naturelle de notre mouvement de pensée.

18:50
Laurent Jacobelli

Laurent Jacobelli, je vous propose d'aller au Standard, retrouver Alain. Bonjour Alain.

18:55
Auditeur

Oui, bonjour. Alors, je vais faire une critique assez sévère, bien que je partage beaucoup d'idées du Rassemblement national. Mes critiques sont argumentées. Alors d'abord, je ne vais pas vous critiquer sans donner mon nom. Je vous ai écrit sur vos adresses parlementaires, l'aidealain.gmail.com. Mon souci, c'est non pas l'immigration, non pas l'insécurité, et vous participez à la Commission des finances, c'est le fromage, l'inflation et la dette de la France. Et notamment, les dettes de la France, c'est la dette des régimes, maladie, vieillesse, chômage.

Tout cela oblige la direction du Trésor sous la politique de Bruno Le Maire de créer des titres de la dette et d'emprunter sur les marchés financiers, ce qui est extrêmement dangereux pour la Banque Centrale Européenne. Alors, ce problème de la dette, il est essentiel pour moi, il est apolitique. J'ai écrit à Edwige, qui était la représentante du Rassemblement national, pas de réponse. Je trouve ça lamentable que vos équipes parlementaires qui siègent pour la Commission des finances ne donnent pas de réponse.

19:55
Laurent Jacobelli

On va vous poser la question sur les problèmes de chômage et de dette.

19:58
Présentateur

Bonjour Alain. Alors, écoutez, je ne crois pas avoir reçu de message de votre part et je ne suis à titre personnel pas à la Commission de finances, mais ce n'est pas grave. Je vais quand même pouvoir essayer de vous répondre. C'est vrai qu'on a une dette record à 3 000 milliards. Ce qui est terrible, c'est que d'ici 4 à 5 ans, le remboursement de la dette sera le premier poste de dépense de l'État. C'est terrible parce que notre dette, une partie de notre dette est indexée sur l'inflation. C'est-à-dire que plus la France va mal, plus on doit payer cher en intérêt.

C'est une situation complètement aberrante sur laquelle il faudrait revenir et qui est clairement due à la mauvaise gestion de Bruno Le Maire. Cette dette, elle est due à des dépenses de l'État indues, mal contrôlées. C'est-à-dire qu'on demande au même moment aux Français de faire des efforts. On les soumet à une pression fiscale qui est record dans le monde occidental avec pratiquement 50% du PIB qui est ponctionné par la fiscalité. Pour faire quoi ? Pour réduire finalement notre système sanitaire. On le voit bien...

20:50
Invité

Ça, c'est votre diagnostic, mais vous feriez quoi pour limiter cette dette ?

20:53
Présentateur

Très simplement, il faut moins dépenser. Là où il ne faut pas dépenser. Le coût de l'immigration, 54 milliards par an, par exemple. 54 milliards par an, on donne 1,2 milliard à la santé gratuite pour les migrants clandestins au moment où on ferme 6700 lits d'hôpitaux. C'est-à-dire qu'on dépense plus pour moins de services. Il faut faire exactement l'inverse. Ça veut dire une réforme structurelle et puis on ne pourra pas relancer notre pays et finalement réduire les dettes si on ne relance pas l'activité.

Et c'est pour ça que nous voulons relocaliser l'économie aujourd'hui dans notre pays, réindustrialiser, créer aujourd'hui une espèce de norme fiscale à l'entrée de nos frontières qui fait que quand on produit dans un pays sans respecter les mêmes normes sociales ou environnementales que la France, on paye une taxe pour remettre à niveau. Ce qui permettra d'éviter les délocalisations, de maintenir l'emploi en France et on sait bien que l'emploi donnera demain une contribution aux caisses sociales que Alain, votre auditeur, évoquait.

21:47
Laurent Jacobelli

Un autre grand dossier des mois à venir, c'est la loi sur la fin de vie. Quelle est la position du Rassemblement National sur cette question extrêmement délicate ?

21:54
Présentateur

Alors en fait, c'est un sujet de société et vous savez que dans ces cas-là, chacun de nos députés a sa libre conscience. C'est une question de société effectivement parce que beaucoup de familles vivent douloureusement une fin de vie en souffrance de leurs proches. Je pense que cette question-là cache un autre problème si vous me permettez de le dire. c'est le problème des soins palliatifs en France. Il y a 26 départements qui aujourd'hui ne sont pas équipés de lits de soins palliatifs. En France, il y a pour 100 000 habitants 2,4 lits de soins palliatifs. Il faut le savoir que c'est 10 lits au Québec. C'est 4,5 au Royaume-Uni.

Donc les soins palliatifs, c'est ce qui permet sous forme de sédation ou d'autres soins d'avoir une fin de vie sans douleur en attendant malheureusement le dernier jour. Comme il n'y a pas ces soins-là aujourd'hui en France, comme on est sous-équipé, comme on sous-investit dans ce domaine-là, alors se pose pour un certain nombre de familles la question de l'interruption volontaire de la vie. Mais je pense que si on réglait déjà ce problème des soins palliatifs... Vous fuyez la question en fait ? Non, je ne la fuis pas parce que je pense que la question elle est la suite finalement de ce problème.

Nous, nous pensons que la loi Claes-Léonetti, je vous réponds, la loi Claes-Léonetti qui est aujourd'hui en vigueur répond assez bien au problème si on règle ce problème des soins palliatifs.

23:08
Invité

Donc vous voteriez plutôt contre ? On n'y touche pas alors.

23:11
Présentateur

Alors, voyons le texte, c'est compliqué de faire un peu d'anticipation. Et comme, je le répète, sur ces questions-là qui sont des questions qui touchent à l'intime, qui touchent aux convictions, qui touchent à la philosophie, il est très probable que nos députés auront la liberté de vote. Mais je le répète, ne fuyons pas le vrai problème qui est le manque d'investissement dans les soins palliatifs.

23:30
Invité

Le 13 octobre dernier, Laurent Jacobelli, en marge d'une visite ministérielle d'Olivier Véran à Hayange, en Moselle, vous insultiez, et c'était filmé par le républicain Lorrain, votre collègue députée Renaissance, Belkir Belada, dans le traitant de Racaille. Vous êtes fier ?

23:44
Présentateur

Écoutez, c'était une querelle entre deux personnes. Je vais vous raconter l'histoire puisque ça vous intéresse, je ne suis pas sûr que ça intéresse tous les gens.

23:50
Invité

Mais vous avez des regrets ou pas ?

23:51
Présentateur

Écoutez, je pense que c'était malhabile. Est-ce que j'avais envie de...

23:56
Laurent Jacobelli

Il fallait bien qu'il se fasse connaître.

24:02
Présentateur

Mais si vous voulez, il est venu en support de M. Véran.

24:04
Laurent Jacobelli

Vous le faites de Racaille quand même.

24:05
Présentateur

Oui, d'accord. Vous savez, ce n'est même pas reconnu comme étant une insulte dans le dictionnaire. Et bon, voilà. Vous savez, le président Sarkozy l'avait fait bien avant moi. Ce n'est pas ma référence, mais enfin, il faut le dire. Excusez-moi, on peut quand même s'interroger sur les visites de M. Véran qui vient chauffer les élus du Rassemblement ancienal dans nos villes, dans les villes. Il fait le tour. Il le fait de manière parfois arrogante, insultante, méprisante et pour les élus et pour les électeurs au frais du contribuable. Il se trouve que le député que vous avez évoqué accompagnait le ministre qu'il a été odieux pendant toute la visite, poussant les uns, insultant les autres.

Et puis, il se trouve qu'il y a au bout d'une heure et demie, effectivement, un moment où il y a eu recadrage. Ce recadrage a été, on va dire, avec une complicité certaine filmé par un média local. Bon, écoutez, je pense que ça ne va pas plus loin que ça. Si vous voulez par là me faire dire que je suis un être humain, je le suis et que je défendrai toujours nos électeurs et nos convictions, c'est clair, je ne nous laisserai pas malmener, ne serait-ce que par un ministre ou par son député.

25:02
Laurent Jacobelli

Il a porté plainte, on verra ce que la justice en dit. Merci beaucoup, Laurent Jacobéli, député RN de Moselle et porte-parole du Rassemblement National. Merci d'avoir été au micro de France Inter. Bonne journée.