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Discours / meetingyoutube.com· 11 avril 2025 8 minAutoproduitPortrait personnelCulture, médias & sport

Discours d'Anne Hidalgo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Temps de parole

  • Anne Hidalgo100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Anne Hidalgo

Une très belle journée, pas simplement parce que le soleil est là, mais parce que Paris a rendez-vous avec Jim Morrison. Et ce moment est un moment très particulier. C'est vrai que donner le nom d'une personnalité à un lieu de Paris et ici à une passerelle, ça n'est pas anodin. Cela signifie quelque chose. Cela signifie quelque chose de l'empreinte qui est celle de l'artiste en l'occurrence de Jim Morrison, de l'empreinte qu'il a laissé à Paris qu'il laissera, mais aussi de ce qu'il apporte à Paris lui-même. Ce qu'il a apporté en révélant aussi une part de Paris. J'ai connu Jim Morrison, pas personnellement, mais dans ces chansons très tôt. J'étais une jeune très adolescente.

Je devais avoir une dizaine d'années et j'ai immédiatement été sensible à deux voix qui m'ont accompagné toute ma vie et qui pour moi restent les marques les plus profondes de ce qu'est le rock and roll pour moi et je ne prétendrais absolument pas être une spécialiste mais il y a deux voix qui continuent de m'inspirer c'est celle de Jim Morrison et aussi celle de Jenny SP Pourquoi la voix de Jim Morrison m'a touché à une époque où je devais avoir une toute petite dizaine d'années où je l'entendais à la radio pas du tout sur un matériel qui permette d'avoir toutes les subtilités des enregistrements ou même toutes les nuances de la voix à une époque où je ne comprenais absolument pas ce qu'il racontait.

Mais pourtant ça m'a touché. Ce qui m'a touché, c'est d'abord la voix et bien sûr ces sons, ces sonorités qui étaient très présente dans sa musique et dans la musique des Dors et qui c'est vrai sans le dire ouvrait des portes. Ouvrait des portes vers des mondes qui n'étaient pas connus parce que il les explorait, il prenait des risques et il nous entraîai. On n'avait pas l'impression de partir de rien, c'est-à-dire de quelque chose de totalement inconnu, mais on allait vers quelque chose d'inconnu dans lequel ensuite on se sentait bien. En tous les cas, c'est l'impression que j'ai eu dès le début, dès que j'ai écouté à cet âge assez jeune ces chansons et cette voix.

Et puis il y avait la beauté de Jim Morrison. C'est un personnage qui était tellement beau, tellement parfait dans sa beauté et dans son énergie qu'il ne pouvait que nous donner envie de comprendre et d'aller plus loin. Je pense que ce qui m'a touché alors que je ne comprenais pas les paroles, c'est aussi le message qui était très clair, le message de liberté à un moment où effectivement toute une génération essayait de conquérir sa liberté, de tourner le dos à la guerre, à la guerre du Vietnam, de montrer qu'il y avait un autre chemin pour vivre que la poésie, que l'art, que la chanson, que la musique, que être ensemble, partager les groupes ensemble pouvait sans doute changer le monde.

monde et ce message là était un message universel. En tous les cas, la petite fille que j'étais entendait ce message universel. Il y a un autre monde possible, un autre chemin possible dans lequel la poésie, le rêve, l'utopie, la beauté ont toute leur place contre ce monde qui était imposé à cette génération qui était un monde dans lequel seul une forme de performance et la guerre avaient leur place. Ce message- là, on l'entendait même si on ne comprenait pas les paroles. Et je crois que ce message- là, il est non seulement universel, mais aussi intemporel. C'est aussi ce message et cette voix et cette façon de décrire son monde et de décrire le monde souhaité qu'avait James Choping.

Alors Jim Morrison était tout cela pour moi et après bien sûr après j'ai compris j'ai compris les paroles. J'ai compris d'une autre façon plus précise son message et sa vie aussi puisqu'il a été arraché. Il s'est arraché à nous comme cette ce club dont vous avez parlé des 27 dans lequel figurait aussi Jenny Sting. Jim Morrison c'est tout cela. Et que nous dit-il aujourd'hui ? Et bien il nous dit la même chose puisque ce message est intemporel. Il nous dit d'abord et c'est sans doute ce que j'aurais aimé échanger avec lui si j'avais eu l'occasion d'aller m'asseoir à ses côtés.

Il nous dit quelque chose de Paris que nous savons, que nous connaissons, que nous essayons bien sûr d'interpréter et de valoriser nous les élus et et les Parisiennes et les Parisiens. Mais il nous dit quelque chose de Paris avec une très grande force que cette ville est un fare, est un lieu de liberté dans le monde. L'a toujours été encore aujourd'hui. Ça a toujours été pour des artistes ou pour des intellectuels ou pour des femmes et des hommes tout simplement qui cherchaient à vivre librement et à s'extraire de cette volonté de contraindre leur vie à un schéma, un modèle, à un seul dessin.

C'est sans doute ce qu'il nous a appris sur Paris, mais qu'il nous dirait avec ses mots et avec sa poésie et qui nous permettrait peut-être de le partager encore mieux avec parfois celles et ceux qui ne comprennent pas Paris, qui ont peur de Paris ou même qui cela arrive qui n'aime pas ou qui n'aiment plus Paris.

Je pense que Jim Morrison leur aurait dit aimer Paris parce que aimer Paris c'est aimer la liberté, c'est aimer les artiste, c'est aimer cet imaginaire dans lequel il nous entraîne et qui nous permet de vivre, qui nous permet de supporter notre condition de mortel, eux qui ne l'ont pas supporté puisque sa mort est aussi finalement le résultat du fait qu'il n'a pas supporté sa condition de mortel. Mais à Paris et par son œuvre, par ce qu'il était, il est devenu immortel. C'est aussi ce que nous disons aujourd'hui ici. C'est aussi croire croire dans cette capacité de ne jamais se sentir contraint, de ne jamais se sentir obligé à quelque chose qui n'est pas nous.

C'est aussi ce message de Tim Morison et de Paris que nous entendons aujourd'hui et que nous gravons ici dans cette passerelle, dans cet endroit qu'il aimait, dans ce coin de Paris qu'il fréquentait, à proximité de ce Paris révolutionnaire, de ce par de la Bastie, de ce paris des idées, au bord de ce fleuve, du canal et du fleuve qui nous entraîne vers d'autres horizons. Alors aujourd'hui est une très belle journée parce que oui, ce rendez-vous avec Jim Morrison a été honoré ici à Paris pour notre plus grand bonheur. Merci à vous. Merci. Ah.