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interviewRMC — Face à Face (sur Podcast)· 3 février 2022 20 min

L'interview : Élisabeth Borne - 03/02

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Bonjour Elisabeth Borne. Merci de répondre à mes questions sur RMC et BFM TV. Il est 8h33, vous êtes la ministre du Travail. J'ai beaucoup de questions à vous poser ce matin, très concrètes pour nous tous sur le télétravail, sur le salaire, sur l'apprentissage, sur le temps de travail. Avec d'avoir cette première question, et si on était en week-end ce soir, pourquoi pas ?

0:31
Élisabeth Borne

Écoutez, c'est effectivement le débat sur la semaine de 4 jours. Moi je pense que dans certaines entreprises, il peut y avoir des négociations pour mettre en place une semaine de 4 jours. Mais je pense qu'on ne peut pas du tout imposer une telle mesure. Et je pense qu'il faut arrêter de raconter n'importe quoi aux Français. Vous voyez, certains candidats vous disent on va augmenter les salaires de 10% pour faire ensuite marche arrière. Et de la même façon, laissez croire.

0:53
Présentateur

Là c'est d'abord Yannick Jadot qui a proposé cette réduction du temps de travail. Alors avec plusieurs modalités possibles. Soit ce serait les 32 heures, soit ce serait les 35 heures sur 4 jours. Soit même carrément l'idée qu'on travaille 4 ans et puis on a ensuite une cinquième année qui soit une sorte d'année bonus. Sauf qu'il y a aussi le patron de Total qui dit pourquoi pas.

1:13
Élisabeth Borne

Non, non, mais je pense que ça peut se discuter dans certaines entreprises. Je pense que c'est la bonne échelle à laquelle on peut avoir des négociations sur des mesures de ce type-là. Mais je ne pense pas que ça puisse être une mesure générale. Parce que vous voyez, soit il s'agit de faire en 4 jours ce qu'on faisait en 5 jours et ça peut être aussi beaucoup de stress pour les salariés. Donc on ne peut pas l'imposer. Soit on ne va pas laisser croire aux gens qu'on peut travailler moins sans avoir un impact sur le pouvoir d'achat. Et je pense qu'aujourd'hui, ce que les Français nous disent, c'est que leur préoccupation c'est plutôt le pouvoir d'achat.

1:43
Présentateur

Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que vous n'y êtes pas favorable. Vous ne ferez rien en tout cas pour le favoriser.

1:46
Élisabeth Borne

Je pense que ce n'est pas une mesure qu'on décide d'en haut qui s'imposerait à toutes les entreprises. Ensuite, si des entreprises veulent avoir des discussions, comme Total, vous l'avez dit, veulent en avoir une, écoutez, qu'ils le fassent. Mais allez-vous les encourager ? Si vous diriez au patron de Total, si vous voulez aller devant vous, au fond, allez-y. Je pense que c'est un choix de l'entreprise. Moi, je vous dis de manière générale, ça peut poser des questions à la fois de pression sur le rythme de travail s'il s'agit de faire en 4 jours ce qu'on faisait en 5 jours. Et ça peut poser des problèmes de pouvoir d'achat.

C'est ce qu'on avait vu, vous savez, après les 35 heures à la fin des années 90, tout le début des années 2000, les salaires ont augmenté moins vite. Et je pense que ce n'est pas ce que souhaitent la majorité des Français.

2:27
Présentateur

Mais Elisabeth Borne, il y a certains pays qui carrément tentent l'expérience. L'Espagne, elle teste la semaine de 4 jours dans une région. Vous ne voudriez pas tester ça ?

2:36
Élisabeth Borne

Je vous dis, moi, c'est des choix d'entreprise. Et de façon générale, c'est clair qu'en France, on est un des pays où on travaille le moins sur l'année, le moins tout au long de la vie. Ça pose des enjeux de compétitivité. Et à la fin, ma priorité, c'est qu'on crée de l'emploi et qu'un maximum de Français est un emploi.

2:54
Présentateur

Il y a un patron qui l'a mis en place, c'est Laurent de la Clergerie. Avec son entreprise, il a 1000 employés, LDLC. Il reste hyper compétitif. Et il dit surtout qu'il y a beaucoup, beaucoup moins de congés maladies, d'arrêts maladies dans son entreprise. Donc finalement, ça permettrait peut-être justement d'arriver en bonne santé à la retraite.

3:10
Élisabeth Borne

Je pense qu'il y a des entreprises dans lesquelles ça peut se mettre en place. Mais je vous dis, ce n'est pas le rôle de l'État. Et en tout cas, moi, je ne préconise pas du tout qu'on impose une telle règle à toutes les entreprises.

3:20
Présentateur

Elisabeth Bande, ce matin, à propos de la campagne et des propositions des uns et des autres, c'est dans le journal Le Parisien, vous dites, « Objectivement, je trouve qu'il y a peu d'idées ». Je vous ai trouvé un peu gonflé de dire ça. Elles sont où les idées d'Emmanuel Macron ?

3:31
Élisabeth Borne

Non, attendez, je parlais des jeunes. Et quand on regarde les propositions des candidats sur le travail, sur les jeunes, pour les jeunes, vous voyez, moi, j'entends Marine Le Pen qui nous dit « On va exonérer d'impôts sur le revenu les jeunes de moins de 30 ans ». C'est un peu curieux, parce que vous voyez, ça veut dire que ceux qui s'en sont sortis, qui ont des bons revenus, on les aide. Les autres, qui n'ont pas encore trouvé un travail... Oui, mais vous dites,

3:51
Présentateur

« Je trouve qu'il y a peu d'idées ». Ça, au moins, c'est une idée. Alors, vous n'êtes peut-être pas d'accord. Mais enfin, c'est quand même un petit peu créatif. Vous inventez quoi, vous ?

3:56
Élisabeth Borne

C'est le contraire de l'égalité des chances, vous voyez. Alors, nous, on met en place... D'abord, on a beaucoup agi pour l'emploi des jeunes. Et ça a été notre priorité tout au long du quinquennat, a fortiori dans la crise. Vous voyez, on a lancé un plan « Un jeune, une solution » à l'été 2020, parce qu'on voulait éviter à tout prix ce qui s'était passé après la crise de 2008-2009. On avait eu une explosion du chômage des jeunes. Plus de 30% d'augmentation du chômage des jeunes. Donc, ce plan, c'est une véritable révolution dans l'accompagnement des jeunes, avec une réponse pour chaque jeune.

Ça a été 4 millions de jeunes qui ont pu bénéficier d'une des solutions du plan « Un jeune, une solution ». Et aujourd'hui, on a le taux de chômage des jeunes le plus bas depuis 2008. Et il n'y a jamais eu une telle part des jeunes qui travaillent qu'aujourd'hui. Vous allez prolonger ce système ? Alors, on veut continuer à accompagner les jeunes pour permettre à chacun d'accéder au plus vite dans l'emploi. On sait que la France est mal positionnée, vous voyez, historiquement, sur l'emploi des jeunes, qu'on a beaucoup de jeunes qui ne sont ni en emploi ni en formation. Donc, on va lancer le 1er mars, donc dans moins d'un mois, le contrat d'engagement jeune pour aider ceux...

5:01
Présentateur

Donc, vous allez pérenniser l'aide des jeunes à trouver un emploi ? Absolument.

5:05
Élisabeth Borne

Notre objectif, c'est vraiment de sortir de la situation qu'on vit dans notre pays depuis des décennies où c'est une galère pour beaucoup de jeunes pour accéder à l'emploi. Et donc, on veut accompagner ceux qui, malgré la bonne conjoncture économique, ne trouveront pas un emploi, les aider d'abord à découvrir des métiers, donc être en entreprise.

5:23
Présentateur

Donc, ça, c'est autre chose qu'un jeune à l'emploi ?

5:26
Élisabeth Borne

C'est la continuité d'un jeune, une solution, avec vraiment un focus maintenant pour les jeunes qui, malgré la très bonne conjoncture économique, ne trouveront pas seul un emploi. Donc, c'est un accompagnement intensif, 15 à 20 heures par semaine. Je vous dis beaucoup d'immersion. À partir du 1er mars. À partir du 1er mars. Beaucoup d'immersion en entreprise. L'objectif, c'est qu'ils trouvent au plus vite un emploi. Et pour ceux qui en ont besoin, qui ont un frein financier, des difficultés financières, ça sera aussi une aide de 500 euros par mois.

5:55
Présentateur

Vous avez dit le mot « révolution ». Mais précisément, c'était le mot d'Emmanuel Macron. Il avait d'ailleurs publié un livre lors de la dernière campagne présidentielle qui s'appelait « Révolution ». Est-ce que vous avez des révolutions à nous proposer pour les 5 ans qui viennent ?

6:08
Élisabeth Borne

Écoutez, je pense que le président de la République le dira le moment venu. On a fait des transformations très profondes. Vous voyez, par exemple, l'apprentissage, dont on a présenté les chiffres hier. On a totalement transformé l'apprentissage.

6:19
Présentateur

Vous avez bien compris que là, vous me parlez du passé. Moi, je vous parle de l'avenir. Parce qu'on est en pleine campagne, qu'on a bien compris qu'Emmanuel Macron a été candidat à sa réélection. Donc, il va bien falloir qu'à un moment, vous ayez des propositions que vous donniez envie aux Français d'avancer 5 ans de plus. Oui, mais je pense que

6:32
Élisabeth Borne

le moment venu, je pense qu'Emmanuel Macron dira s'il est candidat et les propositions qu'il souhaite porter.

6:39
Présentateur

Donc, sur le travail, pour l'instant, vous travaillez un peu, vous planchez là-dessus ?

6:42
Élisabeth Borne

Moi, je vous dis de continuer à accompagner tous les jeunes pour qu'on sorte de cette difficulté structurelle de notre pays qui est stressante pour les jeunes et pour les parents de ces difficultés pour entrer dans la vie professionnelle, de s'assurer que les jeunes, on les prépare à un métier qui peuvent y accéder le plus vite possible. C'est des enjeux que moi, je continuerai à porter.

7:04
Présentateur

Avant de parler du télétravail, je voudrais justement qu'on dise un mot sur l'apprentissage puisque vous nous parlez des jeunes, il y a un jeune, une solution et puis il y a la question de l'apprentissage. L'apprentissage, ça marche bien. Franchement, là, c'est une de vos fiertés dans le bilan mais ça marche bien aussi parce que c'est quand même très aidé aujourd'hui, l'apprentissage. Est-ce que vous allez maintenir les aides aux entreprises qui emploient des apprentis ?

7:23
Élisabeth Borne

Alors, on peut dire déjà qu'effectivement, 2021, c'est une nouvelle année historique avec près de 720 000 jeunes qui ont signé un contrat d'apprentissage. Je rappelle qu'en 2017, on était à moins de 300 000 et c'est une très bonne nouvelle pour les jeunes parce que quand on signe un contrat d'apprentissage, donc on se forme en entreprise, donc on est en train aussi d'acquérir une expérience professionnelle. La formation, elle est gratuite et en plus, on est rémunéré, on découvre le monde de l'entreprise et donc c'est très souvent à la clé un job. Effectivement, c'est un très bon résultat.

7:57
Présentateur

Les entreprises, elles touchent entre 5 000 et 8 000 euros d'aide par apprenti. Donc pour l'instant, c'est quand même sous perfusion très largement. Si vous enlevez la perfusion, vous n'avez pas peur que tous ces cours...

8:04
Élisabeth Borne

On a absolument voulu effectivement que dans la crise et en sortie de crise, les entreprises ne renoncent pas à embaucher un apprenti et elles se sont toutes mobilisées et moi je voudrais le saluer parce que je vous dis, c'est vraiment une très bonne nouvelle pour les jeunes, c'est une voie d'excellence pour trouver un métier. Ensuite, on a prolongé les aides jusqu'au 30 juin et ma conviction, c'est qu'il ne faut surtout pas casser cette dynamique. Donc ça veut dire qu'au-delà du 30 juin, vous pourriez à nouveau prolonger les aides. Moi je vous dis, on fera tout pour continuer à soutenir l'apprentissage, c'est la meilleure façon de se former et d'entrer dans la vie professionnelle.

8:37
Présentateur

Une question sur les jeunes justement dans la vie professionnelle, il y a plusieurs personnes qui m'ont appelée au 32 16 sur RMC qui sont des formateurs qui disent on a un gros problème avec les bacs pro parce que les jeunes qui parfois ne sont pas vaccinés sont souvent du coup refoulés des entreprises qui demandent quand même à ce qu'ils soient vaccinés. Est-ce que ça veut dire que ces jeunes qui ne sont pas vaccinés et qui donc parfois ne peuvent pas travailler en entreprise vont se retrouver à ne pas avoir leur bac pro validé ?

9:03
Élisabeth Borne

Alors attendez, c'est un peu surprenant parce qu'il n'y a pas d'obligation vaccinale en entreprise. Non mais il y a un certain nombre

9:07
Présentateur

d'entreprises où il y a un contact.

9:08
Élisabeth Borne

Et normalement il y a un secret médical. Il y a quand même un contact, non.

9:11
Présentateur

Quand il y a un contact avec le public, il faut être vacciné et les jeunes parfois refusent de le faire.

9:16
Élisabeth Borne

Il y a quelques métiers dans lesquels dans l'hôtellerie-restauration notamment. Quand on exige un pass vaccinal des clients, alors les salariés doivent être effectivement vaccinés. Moi je pense que l'essentiel des métiers en France, c'est à peu près 2 millions de salariés sur l'ensemble des salariés qui aujourd'hui doivent avoir un pass vaccinal. Donc il y a beaucoup d'autres voies et y compris dans l'hôtellerie et dans la restauration. Il y a des métiers, par exemple les métiers de cuisinier, où vous n'avez pas besoin d'avoir un pass vaccinal aujourd'hui.

9:48
Présentateur

Mais pour ces jeunes-là qui parfois du coup ne font pas leur stage, le bac pro va leur être tout simplement refusé.

9:55
Élisabeth Borne

Moi je ne peux qu'inciter les jeunes et les moins jeunes qui ne se sont pas encore fait vacciner à le faire.

10:00
Présentateur

Alors justement, vaccin, télétravail, alors on peut espérer et on va croiser les doigts que tout ça commence à être derrière nous. C'est ce que disait le ministre de la Santé hier soir sur BFM TV. Le télétravail en tout cas obligatoire est derrière nous puisque depuis hier il n'est plus obligatoire, il est simplement recommandé. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça veut dire recommander sur combien de jours avec quelle incitation ?

10:20
Élisabeth Borne

Alors précisément puisque ça n'est plus une obligation, ce choix, combien de jours par exemple, ça se fait dans l'entreprise, dans le dialogue entre l'employeur et les représentants des salariés. Il y a beaucoup d'entreprises qui ont signé des accords sur le télétravail. C'est le moment d'appliquer ces accords, de décider le cas échéant d'aller un peu plus loin parce que l'épidémie n'est pas complètement derrière nous et donc c'est une mesure dont on sait qu'elle peut ralentir la diffusion du virus. Ça reste une très bonne mesure mais moi je souhaite que ce soit discuté au sein des entreprises pour trouver le bon équilibre.

10:52
Présentateur

Donc là maintenant vous leur laissez la main en quelque sorte ?

10:53
Élisabeth Borne

On laisse la main, on rend la main aux entreprises. C'était une demande très forte, notamment des organisations patronales. Le dialogue, il doit se passer dans l'entreprise.

11:02
Présentateur

Et que fait l'État employeur pour le coup ? Est-ce que dans les entreprises publiques, ce sera pareil en fait à chaque département de décider ou est-ce que vous allez fixer des règles ?

11:11
Élisabeth Borne

Alors vous savez qu'il y a un accord justement sur le télétravail dans la fonction publique, en tout cas pour ce qui relève de l'État qui prévoit deux jours de télétravail et on va se remettre sur cette norme de deux jours de télétravail. Quel est le bilan du point de vue du respect du télétravail ?

11:25
Présentateur

Vous aviez promis qu'il y aurait plus de contrôles. Est-ce que les contrôles ont été fructueux ? Est-ce que vous vous êtes rendu compte que tout le monde respectait ? Combien d'amendes ont été imposées ? Quelle est la réalité du télétravail en France ?

11:36
Élisabeth Borne

Alors écoutez, moi j'ai pu constater dans la dernière enquête qu'on a faite, j'avais, quand on a prolongé le télétravail pour une dizaine de jours au-delà des trois semaines qui avaient été annoncées initialement, j'avais demandé un dernier effort, un dernier coup de collier si je peux dire et ça a été entendu. On est en moyenne à 65% des salariés qui peuvent facilement télétravailler qui l'ont fait, 75% en Ile-de-France donc c'était 5 points de plus que début janvier. Donc cet appel, il a été entendu et de façon générale, les entreprises ont respecté ces obligations.

12:10
Présentateur

Combien de contrôles ? Combien d'entreprises sanctionnées ?

12:12
Élisabeth Borne

Alors 5 000 contrôles par mois et on a des mises en demeure qui sont en cours, il n'y a pas encore de sanctions. Quand on fait une mise en demeure, on voit que beaucoup d'entreprises se remettent à respecter les règles.

12:22
Présentateur

Il n'y a pas eu d'amende finalement ? C'était une menace d'amende mais les amendes finalement n'ont pas eu

12:26
Élisabeth Borne

à être imposées. Il y a un délai, vous savez, je vais insister quand on a présenté la mesure sur le fait que ça ne vient pas du jour au lendemain, qu'on laisse à l'entreprise le temps, le cas échéant de se remettre en conformité avec les règles mais ces contrôles et ces éventuelles sanctions ne concernent pas que le télétravail. Vous savez que les autres règles, le port du masque en entreprise quand on est dans des espaces partagés et fermés ou le fait de respecter des distances, le fait de désinfecter les outils de travail partagés, ça reste des obligations et on va donc continuer les contrôles sur le respect du protocole sanitaire en entreprise. Il y a une question

13:01
Présentateur

qui concerne beaucoup de ceux qui nous écoutent et surtout à Sarcy à 8h45 lors de l'école, c'est quand même la question des écoles et des classes parfois fermées ou de l'enfant qui est malade. Est-ce que vous allez continuer à rémunérer les parents qui sont contraints de rester chez eux ou est-ce qu'il faut qu'ils se mettent au télétravail et qu'ils arrivent à jongler entre enfants et boulot ?

13:19
Élisabeth Borne

Alors les règles ne changent pas. Si votre enfant effectivement est positif au Covid et qu'il reste chez vous, vous êtes indemnisé avec des arrêts maladie, vous avez un arrêt maladie, vous êtes indemnisé et ça, ça va continuer. Parfois dans les entreprises, il peut y avoir un accord entre l'employeur et le salarié pour qu'ils puissent travailler. Ça dépend évidemment de l'âge de l'enfant. Parfois c'est possible, parfois ça ne l'est pas. Quand ça ne l'est pas, le salarié peut toucher des métiers maladies. Ça c'est quand votre enfant

13:44
Présentateur

est positif. Si c'est la maîtresse qui est positive et la classe qui est fermée et l'enfant qui est à la maison, est-ce qu'il y a une solution ?

13:50
Élisabeth Borne

Alors on avait mis en place quand on a des classes fermées une réponse avec l'activité partielle et ça, ça reste aussi valable. L'activité partielle peut vous prendre en charge.

13:59
Présentateur

Pas de date de fin là-dessus. Pour l'instant, vous continuez ces aides.

14:02
Élisabeth Borne

On a prolongé toutes les mesures et notamment tout l'accompagnement par l'activité partielle pris en charge à 100% quand on a ce type de situation ou des restrictions qui existent encore. Je pense par exemple aux discothèques qui restent fermées jusqu'à mi-février. Encore peu de temps. Ça peut noter dans leur agenda la date du 16. On est très attentifs à avoir toujours des dispositifs d'accompagnement tant qu'il y a des contraintes pour les entreprises et pour les salariés.

14:23
Présentateur

Elisabeth Borne, je voudrais qu'on parle salaire. On en parle beaucoup de la question du pouvoir d'achat. L'une des clés, c'est quand même de gagner plus. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Vous aviez demandé aux patrons des différents secteurs de jouer le jeu, de rémunérer davantage. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pouvez dresser un premier bilan ?

14:41
Élisabeth Borne

Alors effectivement, moi je l'avais dit, ce n'est pas acceptable que dans un certain nombre de secteurs, les grilles de rémunération aient des premiers niveaux qui soient en dessous du SMIC. Alors évidemment, le SMIC s'impose et donc les salariés sont bien payés au SMIC. Mais ça veut dire que quand vous avez parfois cinq niveaux de la grille salariale ou plus, on a des exemples où on a douze niveaux de la grille salariale qui sont sous le SMIC, ça veut dire que pendant des années, vous ne progressez pas. Et c'est effectivement très décourageant pour les salariés. Donc moi j'avais demandé à ces branches, à ces secteurs d'engager des discussions.

il y a sur 40 secteurs avec lesquels on avait engagé ces discussions et on leur avait demandé d'accélérer leurs négociations, il y en a une quinzaine qui représentent deux millions de salariés. 16 branches qui sont en non-conformité

15:31
Présentateur

parce que leurs minimas sociaux sont en effet inférieurs au SMIC, leurs minimas salariés.

15:35
Élisabeth Borne

Alors c'est celles qui étaient en dessous avant le 1er octobre. On a des négociations qui se sont bien passées, par exemple, dans les hôtels, cafés, restaurants, où on a une revalorisation de la grille salariale de 16% en moyenne. Donc là vous dites bravo pour le coup. Je pense que c'est très bien et puis des discussions vont se poursuivre aussi sur l'organisation du travail, les conditions de travail. Donc moi j'appelle toutes les branches à avoir ce type de discussion. Pour celles qui n'ont pas encore conclu, on va suivre très attentivement ce qui se passe.

16:04
Présentateur

Est-ce que vous pourriez vous dire à un moment qu'on va carrément dans ces cas-là les sanctionner, ces branches ?

16:11
Élisabeth Borne

Écoutez, moi je pense qu'on...

16:12
Présentateur

Vous pensez à la coiffure par exemple, j'imagine ?

16:14
Élisabeth Borne

Alors le secteur de la coiffure, effectivement, il n'y a aucune discussion. Je pense qu'il faut vraiment que les organisations patronales réfléchissent aussi à l'attractivité de leur métier, à l'image qu'ils donnent de leur profession en refusant d'avoir des propositions de revalorisation salariale dans ces métiers. Aujourd'hui, un coiffeur qui commence, il est payé en dessous du SMIC.

16:33
Présentateur

Il est payé 1534 euros brut contre un SMIC à 1603 euros brut.

16:39
Élisabeth Borne

Le SMIC est garanti, donc il a bien le SMIC, mais par contre, ça veut dire, vous voyez, que vous pouvez avoir travaillé 5 ans, vous êtes toujours payé au SMIC, voire 10 ans, vous êtes toujours payé au SMIC. Donc après ça, quand on a effectivement des coiffeurs qui nous disent qu'on n'arrive pas à recruter, écoutez, c'est bien normal. Il faut effectivement donner des signes sur la considération qu'on porte aux salariés et je les invite à nouveau à engager des discussions pour revaloriser leur grille.

17:05
Présentateur

Mais pourquoi est-ce que, au fond, vous ne remonteriez pas tout vers le haut avec une augmentation nette du SMIC ? Quand vous voyez que l'Allemagne augmente de 25% le SMIC, l'Allemagne, c'est quand même, franchement,

17:14
Élisabeth Borne

plutôt un parent vertueux. Alors, on ne partait pas du même niveau, vous voyez, je pense que...

17:17
Présentateur

Oui, mais là, ils vont être devant nous.

17:19
Élisabeth Borne

Au global, vous savez, on a pris beaucoup de mesures dans le quinquennat pour améliorer le pouvoir d'achat des classes moyennes et spécifiquement des salariés qui sont payés au SMIC. On a notamment étendu et augmenté la prime d'activité. Et donc, je peux vous assurer que le revenu au niveau du SMIC en France, il reste supérieur à ce qu'on aura en Allemagne après cette augmentation.

17:40
Présentateur

Vous voulez vous impliquer un peu quand même dans la campagne, Isabelle Borne ?

17:42
Élisabeth Borne

D'abord, j'ai très envie de défendre le bilan. Le bilan qu'on a dans le domaine de l'emploi où on a un taux de chômage qui est au plus bas depuis près de 15 ans.

17:54
Présentateur

Mais c'est le cas dans toute l'Europe quand même. À un moment, il faut aussi dézoomer et regarder ailleurs. Vous savez,

17:59
Élisabeth Borne

quand on a 500 000 demandeurs d'emploi sans aucune activité de moins entre décembre 2020 et décembre 2021, il n'y a pas grand monde qui nous prédisait d'avoir une telle situation sur l'emploi. Quand on a un taux d'emploi, c'est-à-dire la part des Français qui ont un travail qui est au plus haut depuis 1975, écoutez, je pense que ça montre qu'on a bien su protéger l'économie, la faire repartir et que c'est une très bonne nouvelle que chacun puisse trouver un emploi.

18:24
Présentateur

Quand vous entendez qu'il y a 135 milliards d'euros, un méga profit pour les entreprises du CAC 40, vous vous dites que c'est une très bonne nouvelle ou est-ce que c'est le signe d'une inégalité face aux revenus en France ?

18:34
Élisabeth Borne

On recommande très fortement d'avoir des accords dans les entreprises pour partager la richesse qui est produite. C'est notamment ce qu'on a pu faire avec la loi Pacte pour encourager l'intéressement, la participation. Vous recommandez. On a donné tous les outils et je pense que les entreprises elles sont bien conscientes qu'il faut aussi motiver les salariés à avoir des bonnes rémunérations, des perspectives de progression professionnelle. Mais s'ils ne le font pas ?

19:00
Présentateur

Mais s'ils ne vous écoutent pas ?

19:01
Élisabeth Borne

Pas tant pis quoi. Non, écoutez, je pense que vous voyez on a montré qu'on était assez insistants avec les branches qui n'entendaient pas, les secteurs qui n'entendaient pas la nécessité de revaloriser leurs salaires. Ils l'ont fait aussi

19:12
Présentateur

parce qu'ils n'arrivaient plus à embaucher. Vous savez,

19:15
Élisabeth Borne

je pense que c'est effectivement ce que vous dites et parfaitement exact. Quand on fait baisser le chômage, on met aussi les salariés en situation de mieux négocier les salaires. Sauf que là,

19:24
Présentateur

les entreprises du CAC 40 avec leurs 135 milliards, vous aurez voulu leur dire allez, je vous recommande ?

19:29
Élisabeth Borne

Non, mais je pense que, moi je vous dis, on a des tensions de recrutement aujourd'hui et je pense qu'il y a beaucoup d'entreprises qui sont en train de mener des négociations salariales en étant conscient qu'il faut fidéliser les salariés, qu'il y a aussi des emplois ailleurs et que si on ne donne pas effectivement des augmentations salariales, si on ne travaille pas sur les conditions de travail, les salariés peuvent choisir d'aller ailleurs. Et finalement, peut-être que c'est pour ça que Total est pour

19:51
Présentateur

la semaine à 4 jours.

19:53
Élisabeth Borne

C'est aussi une autre façon de jouer sur les conditions de travail des salariés.

19:56
Présentateur

Merci Elisabeth Borne d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV, ministre du Travail. Il est 8h53.