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interviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 16 décembre 2025 6 minAutoproduit

Alerte ! L’agriculture est notre affaire à tous !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Une fois de plus, je prends ce moyen direct pour attirer l'attention sur ce qui se joue ces jours-ci dans le monde agricole français pour notre pays tout entier. Nous sommes placés devant un défi sans précédent. Notre agriculture, déjà abîmée, risque désormais d'être engloutie.

En cause la gestion gouvernementale hasardeuse d'une nouvelle crise sanitaire d'une part et d'autre part. La mise en place décidée jeudi d'un désastreux traité agricole de libre échange, le traité avec quatre pays sud-américains, le mercour. Oui, encore une fois une crise sanitaire agricole.

Elle s'aime détresse et colère dans l'élevage beau vin. Tout le cheptel est menacé par une épidémie constatée pourtant depuis l'été dernier. Les alertes, les propositions ont été faites pour affronter la situation.

Rien n'y a fait. Le gouvernement ne propose que l'abattage générale du troupeau quand une bête est contaminée. C'est parce qu'il n'y a pas accès de vaccin disponible.

À qui la faute ? Pourquoi les centres de production ne sont-ils plus présents dans notre pays ? Le même manque a déjà été constaté dans les crises précédentes, celle des moutons et pour la volaille pour la 5è fois foudroyé par une épidémie de grippe avière.

Des millions d'animaux ont été sacrifiés sans que rien de plus ne soit fait. Les bovins non plus ne sont pas des objets interchangeables. Ce sont des êtres vivants dont l'élevage et la sélection et le résultat de milliers d'heures de travail humain.

Cette situation montre la faillite d'un système. Pour la première fois cette année, la France est importatrice nette de produits agricoles. C'est la première fois depuis 60 ans.

Quelques branches prospères, le reste meurt sous yeux. Après l'industrie, laisserons-nous périr l'agriculture paysane de notre pays. Cette profession connaît déjà le taux de suicide le plus élevé de toutes, plus d'un cas par jour.

L'alerte est maximale. Si nous voulons pour demain un autre modèle agricole à la place de celui qui est en échec aujourd'hui, nous avons un besoin crucial des personnes qualifiées, femmes et hommes, du métier qui nous appelle à l'aide aujourd'hui. Mettons-nous à leur service pour aider leur mobilisation.

Les élus insoumis sont présents sur le terrain et à l'assemblée face au gouvernement. Mais chacun d'entre nous dans les régions concernées peut se mettre à la disposition des actions en cours. Autre point crucial sur lequel je veux maintenant attirer votre attention, peut-être le plus grave, le Conseil européen des chefs d'État et de gouvernement s'apprête jeudi à adopter et mettre en œuvre le traité agricole Mercosour.

Il conduira à l'abîme de très larges secteurs de l'agriculture paysane de notre pays. Ce traité unirait dans un marché unique ouvert les produits agricoles-européens et ceux des pays du sud du continent américain qui ne sont pourtant pas abstreints aux mêmes normes sanitaires que les nôtres. Ce traité a pu avancer du fait des exitations et tergiversations des gouvernements français successifs.

Ils ont chacun misé sur un modèle agricole, chimique et industriel tourné vers le marché mondial. Cela plutôt que vers les besoins agricoles de notre pays, que ces besoins concernent l'alimentation humaine ou animale ou les matières premières à cultiver pour d'autres activités comme le textile par exemple. Face à ce traité, la France, j'ai bien dit la France s'est exprimée sans aucune ambiguïté.

Elle a dit non, elle l' dit à l'unanimité. Ceci par un vote de l'Assemblée nationale où tous les députés, sans aucune exception, ont adopté une résolution condamnant ce traité. Ce texte refuse aussi tout prétexte de clause, de sauvegarde et autres conditions pour l'accepter car nous avons vu dans le passé quelle l'heure c'était là.

Quand notre pays n'est plus capable de vérifier le contenu que d'un conteneur sur 1000 dans ses ports, on comprend l'impossibilité de vérifier des millions de carcasses ou de tonnes de produits végétaux. La résolution de l'Assemblée nationale française contre le Mercosour était certes proposée par les insoumis, mais le vote unanime par le Parlement fait d'elle une décision de la France sans aucune appropriation partisane. Dès lors, le devoir des autorités françaises est de voter contre l'adoption du Mercosour au Conseil européen. ne pourrait accepter que le vote de l'Assemblée nationale française soit considéré comme rien.

Comment pourrions-nous nous voir imposer de force une décision aussi destructrice pour notre agriculture que les semercosour ? Le président français doit s'y tenir et dire non. Il y va de notre souveraineté alimentaire, de la santé publique, de l'aménagement de notre territoire.

En superposant leurs conséquences, la crise de l'élevage et celle du mercour montre à la France urbaine l'importance de la souveraineté agricole de notre pays. La solidité de l'agriculture dans notre pays est une affaire commune en ville et en zone rurale. Elle nous implique tous.

C'est notre tour de tous nous mobiliser pour la défendre. M.

Alerte ! L’agriculture est notre affaire à tous ! — Emmanuel Macron · Pourquijevote