Le pape Léon XIV en Lorraine : "Un engouement populaire mais aussi médiatique" tempère Anthony Feneuil
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Questions et réponses
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- 0:20OuverteRéponse partielle
Cette visite papale suscite un engouement populaire considérable. Est-ce une surprise pour vous ?
- 0:55OuverteRéponse partielle
Plus de 3 millions de personnes ont regardé vendredi soir sur France 2 ce moment historique. Est-ce un miroir déformant ou cela illustre un retour des jeunes vers la foi ?
- 1:55OuverteRéponse directe
On a l'impression qu'avec le pape Léon XIV, c'est bien différent sur la forme et sur le fond par rapport au pape François. Qu'en pensez-vous ?
- 2:55OuverteRéponse directe
Le pape a eu des propos très forts sur la fin de vie en critiquant les nouvelles lois bioéthiques. Est-ce habituel chez les papes ces dernières décennies ?
- 4:13OuverteRéponse directe
Pourquoi le pape est-il venu à Metz en Moselle et pas ailleurs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:55PrésentateurChiffre
« Plus de 3 millions de personnes, Anthony Feneuil, ont notamment regardé vendredi soir sur France 2 ce moment historique. »
- 1:03PrésentateurChiffre
« Et c'est 100 000 jeunes de 18 à 35 ans joyeux, fiers, massés au Stade de France de voir sa sainteté. »
- 4:22PrésentateurFait
« Metz, la Moselle, comme en Alsace, c'est encore l'État qui paye les prêtres avec le fameux concordat. »
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Le
réveil 100% local, ici matin. 8h moins le quart, l'invité d'ici matin, c'est Anthony Feneuil, enseignant à l'Université de Lorraine, historien, spécialiste de la religion catholique avec vous, Mathieu Barbier. Anthony Feneuil, bonjour.
Oui,
bonjour. Merci d'être en direct avec nous ce matin. Cette visite papale suscite un engouement populaire considérable. Est-ce une surprise pour vous
?
Alors, est-ce qu'elle suscite un engouement considérable ? Il faut quand même relativiser un petit peu l'engouement. Il y avait un sondage de La Croix il
y
a quelques jours qui disait que 21% des Français se sentaient concernés par la visite. Alors, c'est beaucoup, c'est plus que
peut
-être la plupart des événements religieux dont on entend parler. Mais ce n
'est
pas non plus massif compte tenu du nombre, disons, de catholiques sociologiques habituellement en France. Donc, c'est quand même surtout un engouement médiatique.
En
tout cas,
plus de 3 millions de personnes, Anthony Feneuil, ont notamment regardé vendredi soir sur France 2 ce moment historique. Et c'est 100 000 jeunes de 18 à 35 ans joyeux, fiers, massés au Stade de France de voir sa sainteté. Est-ce un miroir déformant, vous le confirmez, ou cela illustre un retour des jeunes vers la foi
? C
'est ni l'un ni l'autre,
je
dirais.
C
'est déformant dans le sens où, évidemment, 100 000 personnes, même 100 000 personnes, ce n
'est
pas grand-chose sur la population française. Mais c'est aussi, il faut bien voir que, disons, les métamorphoses que connaissent les religions aujourd'hui, et le catholicisme en particulier, ce n
'est
pas seulement un déclin, mais c'est aussi un changement de forme. Et donc, dans ce changement de forme, il y a peut-être une volonté pour certains catholiques de se rendre plus visibles, plus actifs dans la société. Et donc, je crois que ça témoigne de ça aussi, ce qu
'on
voit, ce qu'on constate.
On parle un peu du pape Léon XIV. Si vous voulez bien, on se souvient de son prédécesseur, le pape François, qui avait fait la leçon, notamment à l'Europe, sur le sort des migrants. On a l'impression qu'avec le pape Léon XIV, c'est bien différent sur la forme et sur le fond. Alors, il a fait passer des messages, on va y revenir, mais il semble plus fédérateur que censeur.
Alors, sur la forme, oui, indéniablement, c'est différent. Sur le fond, je ne suis pas sûr qu'il y ait tant de différences que ça, en fait. Simplement, c'est vrai qu'il dit les choses de manière un peu moins peut-être spectaculaire. Et puis, il ne
faut
pas oublier que le pape, et la raison aussi de sa visibilité et de ce que vous appelez l'engouement, c'est que le pape, ce n
'est
pas un homme politique, c'est-à-dire qu'il est là pour incarner quelque chose, pour montrer, pour rendre visible l'existence du catholicisme en France, et puis de manière générale dans le monde. Mais il n'est pas là pour porter un message politique, et je pense que c'est parce qu'il ne le porte pas que les gens peuvent s'y reconnaître.
En tout cas, hier à Lourdes, le pape a eu des propos très forts sur la fin de vie, ou le début de la vie, en critiquant les nouvelles lois bioéthiques, s'immiscer dans la politique dans laquelle il s'est immiscer hier. Est-ce habituel chez les papes qui se sont succédés ces dernières décennies, vous, en tant qu'historien
?
Alors, je ne
suis
pas sérieux,
je
suis théologien, mais peu importe. C'est habituel que le pape, en répétant finalement ce qu'il considère être la doctrine catholique, forcément, ce n
'est
pas qu'il s'immisce dans la politique, c'est qu'il y
a
des conséquences politiques à la doctrine catholique. Donc là, ces positions qu'il a sur la fin de vie, en fait, là aussi, ce n
'est
pas une position ni nouvelle, ni spécialement originale. Il ne fait que répéter, finalement, ce que c'est que la doctrine catholique. Maintenant, la doctrine catholique telle qu'elle est portée par Rome, maintenant, il n'est pas rentré dans les discussions politiques à proprement parler, en disant qu'il faut voter pour un tel plutôt que tel autre. C'est un des éléments de la doctrine qui a une portée, disons, même pas politique, mais plus exactement sociale. C'est-à-dire, voilà, il y a dans la doctrine chrétienne, dans la doctrine catholique, des éléments qui sont liés à la vie ensemble, à la vie en société.
En tout cas, Anthony Yiffeno, il est venu du pape à Metz, en Moselle, et pas anodine, puisqu'on ne le sait peut-être pas. En tout cas, beaucoup d'entre nous ne le savent pas, mais Metz, la Moselle, comme en Alsace, c'est encore l'État qui paye les prêtres avec le fameux concordat.
Oui, il
y a en Moselle une manière différente de vivre la laïcité, parce qu'il y a, ce sont quand même des départements laïcs, les départements de l'Alsace et de la Moselle. Mais c'est vrai qu'il y
a
un rapport peut-être différent aux religions et au catholicisme en particulier. Et je pense, pour avoir vu un peu comment s'est passée la préparation de la visite papale, que globalement, c'est quand même un rapport qui est plus apaisé, je dirais, à la question religieuse que dans le reste du territoire.
Merci en tout cas de nous avoir éclairé un peu sur cette visite papale, vous qui êtes théologien et enseignant à l'Université de Lorraine, spécialiste de la religion catholique, Anthony Feneuil. Bonne journée à vous. Merci
à vous
aussi. Merci à tous les deux. 7h52, merci Mathieu Barbie, à tout de suite d'ailleurs.