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InterviewRadio J — L'interview politique· 7 mars 2025 13 minComplaisantActualité / polémiqueEurope & internationalDéfenseÉconomie & entreprisesTravail & emploi

Maud Brégeon - Le Barbier du matin du 07/03/25

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:19OuverteRéponse directe

    Comment vous prenez cette nouvelle saillie de Vladimir Poutine ?

  • 0:22ComplaisanteRéponse directe

    Je veux d'abord retenir la soirée d'hier soir : l'UE s'accorde sur 800 milliards pour la défense.

  • 6:44OuverteRéponse directe

    Comment financer ces 800 milliards ? Livret départ ou livret A ?

  • 7:11OuverteRéponse directe

    On est à 6% de déficit, comment faire des économies supplémentaires ?

  • 8:40OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on pourrait demander aux Français de travailler plus ?

  • 9:52OuverteRéponse directe

    Faut-il saisir les 209 milliards d'avoirs russes gelés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:31Invité politiqueChiffre
    « 800 milliards, c'est pas rien. »
  • 5:01PrésentateurChiffre
    « le président de la République parle d'environ 1000 blessés et morts par jour. »
  • 5:15Invité politiqueFait
    « Nous étendons cette protection à nos alliés européens. »
  • 6:33Invité politiqueFait
    « des dépenses qui ne seront pas comptées dans leur déficit, les fameux 3%. »
  • 7:21PrésentateurChiffre
    « On vise 5,4. »
  • 9:55Invité politiqueChiffre
    « les 209 milliards d'avoirs qui viennent de l'État russe, qui sont en Europe, qu'on a gelés et les dépensés. »
  • 10:24PrésentateurChiffre
    « le chiffre de 30 milliards d'euros pour cette année au titre des intérêts de ces avoirs. »

Temps de parole

  • Présentateur85 %
  • Maud Bregeon15 %

3,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:07
Maud Bregeon

Maud Bréjon, bonjour. Bonjour. L'Europe avance, mais dans une ambiance un peu d'inquiétude et de tension avec Moscou. Hier, Vladimir Poutine a comparé Macron à Napoléon. Il a dit voilà, ils veulent jouer à Napoléon, ça s'est mal terminé. Comment vous prenez cette nouvelle saillie de Vladimir Poutine ?

0:22
Présentateur

Moi, ce que je veux d'abord retenir de la soirée d'hier soir, et je voudrais qu'on commence par ça, c'est que l'Union Européenne s'accorde aujourd'hui.

0:31
Maud Bregeon

On va en parler, 800 milliards, c'est pas rien.

0:33
Présentateur

S'accorde sur le fond, avec les 800 milliards pour la défense, pour le développement de nouveaux matériels stratégiques, et s'accorde sur le message, le double message qu'elle envoie à Vladimir Poutine et à Donald Trump. On a longtemps attendu, et notamment au sein de ma famille politique, ce réveil européen. On a souvent alarmé, le président de la République a été la tête de pont de ceux qui ont défendu une Europe puissante, souveraine et indépendante. Et enfin, alors certains diront, malheureusement, il aura fallu une crise et une guerre absolument dramatique, mais enfin, nous y sommes.

Nous sommes à un tournant, le monde est à un tournant, mais je crois qu'on peut être fier parce que l'Europe est à la hauteur. C'est peut-être ça qui a effrayé Vladimir Poutine, en tout cas qui l'oblige à sortir. C'est peut-être ça, le président de la République lui a d'ailleurs très bien répondu. Il a dit on l'a piqué, on l'a démasqué. En disant qu'on avait démasqué son jeu, je crois.

En tout cas, il a face à lui, peut-être ne s'y attendait-il pas, une Union européenne, une Europe même, puisque j'inclus le UK, qui a la hauteur de la situation et qui lui répond d'égal à égal, qui prend la mesure des décisions qu'elle doit prendre et qu'elle doit assumer, au-delà des décisions de Donald Trump et au-delà de l'attitude, est certes extrêmement offensif de Vladimir Poutine, mais enfin, comment sommes-nous encore surpris des mots qu'il peut utiliser quand on voit les actes qui sont les siens depuis près de 4 ans maintenant,

2:07
Maud Bregeon

le début de la guerre en Ukraine, 3 ans, pardon, ou 11 ans depuis 2014, et la climée. L'Europe unie, presque, parce qu'il manque quand même la signature d'Orban de la Hongrie. Ils sont d'accord sur le plan de défense européen, mais ils n'ont pas signé, ils ne sont pas d'accord sur le soutien à l'Ukraine.

2:24
Présentateur

Il y a encore du chemin, mais enfin, quel pas de géant on a fait, quel pas de géant. Là où certains se cherchaient encore peut-être, je pense, à l'Italie dans leurs relations un peu plus ambiguës avec les Etats-Unis que nous. La Slovaquie. La Slovaquie. J'ai vu hier une Européenne et une Europe essentiellement alignées, encore une fois, 800 milliards d'euros, une méthode partagée, un objectif partagé, un message partagé. On est enfin au rendez-vous. Peut-être, peut-être un peu tard, il faut le dire.

Et je voudrais, moi, redire à ce micro, encore une fois, pas pour être dans la flagornerie, mais qu'on a la chance en France d'avoir un président de la République qui, aujourd'hui, a la légitimité pour porter ce message d'unité, encore une fois, de souveraineté, parce qu'il a été, depuis 2017, maintenant, sur ces sujets, précurseur. Le discours de la Sorbonne. Il a été la locomotive de l'Union européenne. Et je crois qu'il a posé les jalons qui nous permettent, aujourd'hui, d'être là, d'en arriver là, et d'être à la hauteur. Et Dieu sait que ce n'était pas facile.

On nous a souvent dit, y compris dans le débat français, qu'on se trompait de route, que l'Union européenne n'était pas la bonne voie, qu'au fond, ça, c'était presque, parfois, des solutions du passé. On a fait face à beaucoup d'euroscepticisme pendant les campagnes, lors des élections européennes, mais également lors des campagnes nationales, je pense notamment aux campagnes présidentielles. Et on voit, aujourd'hui, que c'était la seule solution et la seule voie à suivre, et qu'elle était, en fait, face aux grandes crises internationales, absolument vitale.

4:10
Maud Bregeon

Aujourd'hui, le reproche fait au président de la République, c'est de dramatiser à l'excès, de faire peur aux Français, d'être un va-t'en-guerre.

4:16
Présentateur

Mais ça fait des années qu'on reproche, depuis le début de la guerre en Ukraine, avant même le début de la guerre en Ukraine, qu'on reproche au président de la République de dramatiser. Je constate que tout ce sur quoi il a alarmé s'est malheureusement produit. Combien nous ont expliqué que jamais, jamais, Vladimir Poutine n'envahirait l'Ukraine en 2020, 2021 ? Et ça s'est passé, la crise de l'OTAN aussi. Donc, on peut faire la liste de tout ce sur quoi le président de la République a alarmé, et qui s'est passé, ça justifie le discours qu'elle sient aujourd'hui. Et puis, enfin, prenons conscience de la situation, de ce qui est en train de se passer.

On le redit beaucoup, mais ce n'est pas uniquement la sécurité de l'Ukraine, même si elle est très importante, qui est en jeu. C'est, le président de la République parle d'environ 1000 blessés et morts par jour. Et puis, c'est la sécurité de l'Europe. C'est notre sécurité.

5:10
Maud Bregeon

Cette sécurité de l'Europe, c'est aussi le parapluie nucléaire français. Le président est clair maintenant. Nous étendons cette protection à nos alliés européens. Certains lui reprochent de dire cela.

5:21
Présentateur

Nous ouvrons ce débat. Nous ouvrons ce débat à l'appel historique, pour reprendre ce mot du futur chancelier allemand. Je crois que l'Europe est mature aujourd'hui pour avoir ce débat. Le président de la République n'a pas dessiné le point d'arrivée. Il n'a pas apporté les conclusions avant que ce débat se tienne. Et c'est aussi un débat, c'est bien légitime, qu'il faudra qu'on puisse avoir au sein de notre communauté nationale, et notamment à l'Assemblée et au Sénat. Ça prendra du temps. Il n'y a pas, encore une fois, de point d'arrivée défini.

Mais on voit bien que face aux États-Unis, qui se dirigent vers un repli nationaliste, si l'Europe doit prendre son destin en main, ça nécessite aussi d'ouvrir ces portes-là et d'accepter de poser ces questions-là. Parce que si la France ne le fait pas, un certain nombre de pays de l'Union européenne resteront dépendants du parapluie américain. Il faut quand même le rappeler.

6:27
Maud Bregeon

Et ça n'avancera pas. Les 800 milliards de plans européens, c'est en partie une autorisation de dépense pour chaque État, des dépenses qui ne seront pas comptées dans leur déficit, les fameux 3%.

6:37
Présentateur

Ce qui a été demandé par le président de la République.

6:39
Maud Bregeon

Depuis très longtemps. Mais il va falloir donc que nous, nous investissions en France. Comment faire ? Certains disent qu'il faut créer un livret départ, une spéciale défense. D'autres disent non, il faut prendre le livret A et puis le rerouter vers les industries de la défense. Quelle est votre vision ?

6:52
Présentateur

Toutes les solutions et les deux solutions que vous avez apportées. Sébastien Lecornu parlait notamment de ses investissements sur un livret dédié à la défense. Et je trouve que c'est une approche patriotique qui, moi, me convient très bien. Ils en parlaient chez vos confrères de France Inter, je crois, hier matin. En revanche, on va se dire les choses. On est dans une situation budgétaire, financière extrêmement contrainte. On a terminé l'année passée à plus de 6% de déficit.

7:21
Maud Bregeon

On vise 5,4.

7:22
Présentateur

On vise 5,4. Il va falloir freiner encore les défenses. Et là où on essaie, avec des difficultés, de faire des économies supplémentaires, on voit quel point le budget qu'on a finalement réussi à passer a été un chemin de croix. On va devoir faire des efforts supplémentaires et faire des économies supplémentaires. Ça va nécessiter un petit peu de courage et de responsabilité collective au sein de la classe politique française. Quand Emmanuel Macron dit lors de son allocution « j'ai besoin de vous », il le dit indéniablement aux Français.

7:57
Maud Bregeon

Mais aussi aux élus.

7:58
Présentateur

Mais aussi aux élus. Parce qu'in fine, c'est l'Assemblée et le Sénat qui votent les budgets. Et bien sûr que les grands responsables politiques auront leur mot à dire là-dedans. Il va falloir faire des sacrifices, donc. Il va falloir accepter de faire des efforts. Et moi, j'ai beaucoup entendu depuis des mois, si ce n'est des années maintenant, un certain nombre de responsables politiques nous dire qu'il fallait réduire la dépense publique. Bien, je suis complètement d'accord avec eux. Mais s'opposer à toute forme de proposition crédible de réduction de la dépense.

Là, si on veut réellement avancer pour aider l'Ukraine et donc apporter des moyens supplémentaires, il va falloir être capable de faire des réformes et de faire des réductions budgétaires dans un certain nombre de ministères.

8:40
Maud Bregeon

Et est-ce qu'on pourrait demander aux Français de travailler plus ? De passer de 35 à 37 heures, par exemple, pour que la création de richesses soit favorisée ?

8:48
Présentateur

Je pense que c'est une question qui se posera indépendamment de la situation ukrainienne. Ma conviction, c'est que nous allons devoir travailler plus en France dans les années à venir, eu égard à la démographie, à la situation démographique qu'on connaît. On a déjà mené un certain nombre de réformes depuis plusieurs années. Avec le président de la République, la réforme des retraites est une réforme qui amène à travailler davantage. La réforme de l'assurance chômage, je pense à la réforme du RSA également. Et on va devoir continuer dans cette voie-là.

On doit le faire, non pas par plaisir, parce que j'entends bien que ce discours-là, il ne sonne pas toujours bien à l'oreille quand on l'entend au premier abord. Mais parce que si on veut tenir nos investissements, et pas uniquement pour l'Ukraine, pour le service public par exemple, si on veut continuer à financer nos services publics, je pense à l'école et à la santé, si on veut continuer à payer les retraites de nos aînés, on va devoir faire ces efforts-là.

9:49
Maud Bregeon

Autre financement possible, saisir les avoirs russes, notamment les 209 milliards d'avoirs qui viennent de l'État russe, qui sont en Europe, qu'on a gelés et les dépensés. Alors, Gabriel Attal est pour, le ministre de l'Économie, Éric Lombard, est contre. Et vous ?

10:03
Présentateur

C'est une proposition qui est nécessairement séduisante, quand on l'entend au premier abord. Bien sûr que ces avoirs russes devraient pouvoir permettre de payer les efforts de soutien à l'Ukraine. Je commencerais par dire qu'on utilise déjà les intérêts de ces avoirs. Et le Président de la République évoquait hier le chiffre de 30 milliards d'euros pour cette année au titre des intérêts de ces avoirs. J'entends aussi, et je concède humblement ne pas être spécialiste, mais un certain nombre de voix. Éric Lombard en fait partie. Sébastien Lecornu émettait également des réserves hier sur France Inter.

Un certain nombre de voix qui disent que la saisie de ces avoirs pourrait déstabiliser économiquement la zone euro.

10:53
Maud Bregeon

C'est-à-dire que les autres investisseurs ne viendraient plus en disant qu'on risque de se faire saisir un jour.

10:56
Présentateur

Poser également un certain nombre de questions de droit. Et donc tout ça pourrait avoir des répercussions et des effets de bord qu'on ne maîtrise pas au premier regard. Donc bon, moi je n'ai pas d'opposition de principe. Je pense que c'est une réflexion de bon sens. Peut-être qu'il faut prendre un petit peu de temps pour exposer les choses.

11:19
Maud Bregeon

Est-ce qu'il faut rétablir un service national sous une certaine forme ? La Belgique y songe.

11:23
Présentateur

Pourquoi faire précisément ? Je crois que le service militaire tel que l'ont vécu nos parents, enfin mes parents en tout cas,

11:33
Maud Bregeon

et moi, c'est fini, c'est plus l'armée dont on a besoin.

11:36
Présentateur

Il n'est plus l'armée dont on a besoin, il n'est plus le modèle qui est approprié au regard de la situation aujourd'hui. En revanche, je suis extrêmement favorable à aller vers la proposition de Sébastien Lecornu qui tend à augmenter le nombre de réservistes. Je pense que ça va dans le sens de l'élan patriotique voulu par le président de la République. Je pense que c'est extrêmement formateur pour les hommes et les femmes qui participeront à ce service, encore une fois, bénévole, en parallèle de leurs études, en parallèle de leur temps de travail. Le système doit aussi s'organiser pour permettre aux Français de le faire.

Je pense notamment à lorsqu'on est en entreprise, on doit pouvoir avoir du temps qui se dégage pour ça. Mais c'est des modèles de formation d'ailleurs continue qui, à mon avis, sont extrêmement intéressantes et positivement accueillies au sein de la population française.

12:29
Maud Bregeon

Un dernier mot pour finir sur autre chose, le cas Rima Hassan. Certains élus de la majorité et de la droite veulent la déchoire de sa nationalité si elle était condamnée pour apologie du terrorisme.

12:38
Présentateur

Vous partagez ce désir ? Je crains que malheureusement ce soit juridiquement extrêmement compliqué puisque Rima Hassan n'a pas de double nationalité et que, vous le savez bien, dans le droit, on ne crée pas des apatrides. Une fois qu'on a dit ça, Rima Hassan a une liste de plusieurs dizaines de condamnations possibles. Donc, c'est à la justice de faire son travail. Il faudrait ensuite en revenir à l'origine. Comment Rima Hassan est arrivée là ? Elle a été malheureusement élue parce que Jean-Luc Mélenchon l'a permis.

13:07
Maud Bregeon

Bonne vrai jour, merci. Bonne journée.

Maud Brégeon - Le Barbier du matin du 07/03/25 — Maud Bregeon · Pourquijevote