Affaires intérieures : déclaration conjointe des ministres Gérald Darmanin et Nancy Faeser.
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[INAUDIBLE] Conseil des ministres et, comme il est de tradition, le président de la République a donc invité un membre du gouvernement allemand pour pouvoir assister au Conseil des ministres et souligner le travail très important que nous avons en commun, notamment dans les domaines migratoire et de sécurité au niveau européen, mais aussi au niveau des sports, puisque madame la Ministre Nancy Faeser est également ministre en charge des grands événements sportifs. La Coupe d'Europe de football, qui se déroulera en Allemagne cet été et dont la finale se déroulera le 14 juillet, et le lien avec le travail de sécurité que nous avons en commun sur les Jeux Olympiques est évidemment particulièrement précieux pour la France. Je tiens d'abord à remercier Nancy Faeser, non seulement d'avoir assisté à ce Conseil des ministres, mais du travail que nous menons en commun entre la France et l'Allemagne depuis bientôt 4 ans pour faire avancer les dossiers migratoires européens.
Je veux d'abord dire que ce lien unique entre la France et l'Allemagne, qui a toujours porté la même position dans les conseils des ministres formels et informels de l'Intérieur, marque l'efficacité d'un sujet qui est pourtant difficile et qui n'est pas une compétence première de l'Union européenne, à savoir évidemment l'immigration. En effet, l'Allemagne a toujours soutenu ce qu'a proposé la France lors de la présidence française de l'Union européenne voilà maintenant quasiment 3 ans, c'est-à-dire l'adoption du pacte migratoire et ses 8 directives et règlements qui, je l'espère, seront adoptés dans quelques jours au Parlement européen. L'Allemagne nous y a aidé de plusieurs manières.
D'abord, en soutenant évidemment la présidence française, mais aussi en créant le groupe de Berlin qui nous a permis, avec les pays qui sont les plus concernés, un travail peut-être en Chambre, avant de le faire adopter par l'ensemble de nos collègues puis par la Commission et maintenant par le Parlement européen. Cela faisait plus de 10 ans que l'Europe ne s'était pas mise d'accord sur un texte migratoire. Ces 8 directives et règlements nous aident énormément pour maîtriser cette situation.
D'abord, avec la tenue de nos frontières extérieures, l'asile à la frontière extérieure, la fiction de nos entrées juridiques, c'est-à-dire que les étrangers qui arriveront sur notre sol seront physiquement mais pas juridiquement en Europe, ce qui nous permet de renvoyer plus rapidement les personnes qui détournent le droit d'asile. Ces procédures aux frontières nous permettent notamment l'enregistrement systématique des étrangers arrivant sur le sol européen, ce qu'on appelle le fichier Eurodac. Ce fichier Eurodac, qui est l'enregistrement et la prise d'empreintes de l'ensemble des personnes arrivant en Europe, sera complété, à partir de la fin d'année, par ce qu'on appelle ETIAS, un système d'information entre toutes les polices européennes pour connaître l'identification de toute personne sur le sol européen.
Aujourd'hui, lorsque quelqu'un arrive par l'Italie ou par l'Espagne, lorsque la France ou l'Allemagne contrôle ces personnes, elles doivent refaire le processus d'identité, distinguer le mineur du majeur et connaître la personne et son statut administratif. Demain, tout cela sera réglé par le travail que nous avons mené en commun. Avec l'Allemagne, nous avons aussi porté une grande simplification de ce qu'on appelle le régime Dublin.
Lorsque les gens arrivent dans un pays pour demander l'asile de première entrée, ils peuvent ensuite aller dans un autre pays européen. Ce pays européen doit renvoyer cette personne dans le premier pays d'entrée. Ça a été effectivement imaginé dans ce qu'on appelle le règlement Dublin, mais c'était fort complexe.
À part le fait que nous nous entendions bien entre la France et l'Allemagne, on peut dire que le règlement Dublin fonctionnait très mal puisqu'aujourd'hui, par exemple, 40 % des demandeurs d'asile qui sont en France sont des demandeurs d'asile qui ne sont pas arrivés directement en France pour demander l'asile, mais qui sont passés par d'autres pays européens. La simplification drastique de Dublin avec la simple notification. Il suffira simplement, pour un État, de dire qu'on renvoie une personne pour pouvoir la renvoyer, sans organiser un monstre technocratique qui empêche d'être efficace.
C'est aussi une grande avancée de ce pacte migratoire. Enfin, bien sûr, la solidarité, en échange du contrôle d'asile à la frontière, en échange bien évidemment du travail de rétention, et en échange aussi de l'enregistrement fait par les pays de première entrée. Les pays de seconde entrée, si j'ose dire, les pays qui sont les pays les plus accueillants en matière migratoire, notamment en demandes d'asile, l'Allemagne en premier et la France en second, se sont engagés à un système de solidarité avec les pays dits du Sud, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et Malte par exemple, sur lequel nous avons pu travailler.
Donc c'est vraiment un point important qui a été fait en Conseil des ministres sur ce sujet, qui nous a occupés pendant plus de 3 ans et qui sera concrétisé au mois d'avril par le Parlement européen. Ce seront sans doute le dernier ou les derniers grands textes que votera le Parlement européen avant les élections du 9 juin prochain. Enfin, je voudrais terminer en remerciant nos amis allemands, encore une fois, sur le travail que nous faisons en commun sur la sécurisation des Jeux Olympiques, puisque l'Allemagne envoie des centaines de policiers et d'agents techniques pour nous aider à organiser, vous l'avez vu, le plus grand événement mondial, et notamment la cérémonie d'ouverture.
Ce sera l'occasion, bien évidemment, de pouvoir accueillir le Chancelier et madame la Ministre, et de continuer notre travail commun, en remerciant Nancy pour son soutien amical et politique depuis le début de notre coopération au ministère de l'Intérieur. Merci. Mesdames et Messieurs.
Tout d'abord, je tiens à remercier mon ami français et le président de la République, Gérald Darmanin et Emmanuel Macron, qui m'ont permis d'intervenir aujourd'hui en Conseil des ministres. Je dois vous dire que j'étais extrêmement honorée car c'est l'expression d'une amitié franco-allemande très forte. La France et l'Allemagne travaillent de façon étroite et en toute confiance.
Gérald Darmanin et moi le montrons, et je tiens à remercier mon collègue de son aide lors de la lutte contre la criminalité organisée et le terrorisme, dans le cadre de la mise en œuvre de la politique pour lutter contre l'immigration irrégulière. Je dois vous dire que le moteur franco-allemand fonctionne de façon optimale car il permet de faire avancer un grand nombre de dossiers européens. Sans accord franco-allemand, le système d'asile européen n'aurait pas pu aboutir.
Nous avons réussi à éviter une scission de l'Europe qui aurait été dangereuse, et c'est absolument fondamental pour repousser tous les extrêmes qui veulent diviser nos sociétés. Nous continuons à vouloir accueillir les gens qui viennent de régions en guerre et qui pourraient être tués ou torturés. Mais aujourd'hui, nous avons plusieurs piliers sur lesquels nous pouvons compter dans l'Europe.
Une répartition obligatoire des migrants dans l'Europe nous paraît être une bonne chose. Nous voulons également limiter l'immigration irrégulière en organisant une rétention aux frontières pour contrôler les migrants. Si les demandeurs d'asile n'ont que très peu de chances de voir leur dossier aboutir, ils pourront le savoir avant les frontières, ce qui permettra à la politique d'être plus efficace.
Les solutions nationales ne servent à rien, ce sont les solutions européennes qui doivent s'imposer. Nous nous félicitons que la France et l'Allemagne aient réussi à ce que ce pacte puisse voir le jour. Fin avril, le Parlement adoptera ce pacte, et nous pourrons passer très rapidement à la mise en œuvre des mesures.
Merci encore. Mais je voudrais ajouter un point. Je suis très reconnaissante à Gérald Darmanin de son soutien pour la lutte contre la criminalité organisée, que nous allons approfondir.
Nous avons des guerres de cartels, nous l'avons vu aux Pays-Bas et en Belgique. Il y a des victimes et nous voulons éviter que cela ne se propage à nos pays. La France est un pays fondateur de l'initiative commune de lutte contre la criminalité organisée, et l'Allemagne a rejoint cette coalition l'an dernier, ce qui permettra d'améliorer le niveau de sécurité dans nos pays.
Le 7 mai, nous allons organiser une conférence à Hambourg avec la France, l'Espagne, l'Italie, la Belgique et les Pays-Bas, et nous avons également invité nos partenaires d'Amérique latine. Nous devons sécuriser nos ports et coopérer pour lutter contre les importations de cocaïne en provenance d'Amérique latine en Europe. Nous avons déjà parlé avec nos collègues.
Il faut aujourd'hui que nous puissions pister les trafiquants et que nous trouvions où ils cachent leurs ressources financières et autres. Je suis également responsable des sports, Gérald Darmanin l'a dit, et nous allons vivre un été absolument sensationnel pour le sport. Tout d'abord, l'Euro 2024 qui va commencer le 14 juin en Allemagne et ensuite, les Jeux Olympiques à Paris.
Mon collègue a déjà dit que, tant pour la Coupe de foot en Allemagne que pour les Jeux Olympiques, nous allons intervenir dans le cadre d'unités de police et d'équipes communes. D'ailleurs, nous avons déjà une coopération entre nos forces de police, mais celle-ci va être étendue pour ces deux grandes manifestations. Nous allons travailler de façon intense et étroite.
Donc merci encore, et merci à nos amis français pour leurs témoignages d'amitié. Merci encore, cher Gérald. Merci beaucoup.
Merci.
Gérald Darmanin