Orthodoxie et géopolitique / Netanyahu sous pression / Grève générale ? | 28 minutes | ARTE
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
[Musique] Bonsoir à tous, il est l'heure d'une nouvelle émission de 28 minutes. Émission particulièrement recommandée pour sa fraîcheur en période de canicule. Et regardez qui est là, la belle équipe de 28 minutes.
Bonsoir à vous chers amis. Bonjour Mathieu. Et ce soir, on a décidé de ne pas choisir puisque deux actualités sont au sommaire.
La première concerne le plan de contrôle de Gaza présenté par Benjamin Netaniaou. La communauté internationale s'inquiète et nombreux sont les pays à condamner les propos du premier ministre israélien. La France condamne dans les termes les plus forts le plan du gouvernement israélien d'étendre ses opérations militaires pour prendre le contrôle de la ville de Gaza.
Alors Netaniaou peut-il réaliser son plan malgré les condamnations qu'il suscit dans le monde entier mais également en Israël ? solution pour mettre fin au conflit et stopper l'escalade meurtrière. L'autre actualité, c'est la confirmation de la suppression de deux jours férier par François Berou afin de faire des économies pour le budget 2026.
De quoi attiser un peu plus la colère des syndicats qui ont prévu des rassemblements unitaires en septembre. Le gouvernement peut-il encore s'éviter une rentrée sur les charbons ardents ? Que pensez de cet appel à tout bloqué le 10 septembre prochain ?
Nous en débattrons. En fin d'émission, nous retrouverons ceux qui au manège 28 minutes attrapent toujours la queue des chroniques et il a un tour gratuit dès le lendemain. C'est fort quand même.
Bonsoir Quentin Armand Théophil Cossin. Bonsoir. Alors au programme ce soir Quentin et bien je vous emmène en Corée du Nord à la rencontre de la très mystérieuse J.
La fille du dictateur Kim Jong Un a seulement 12 ans et son père la prépare déjà à prendre sa succession. Et vous Théophile, connaissez-vous le point commun entre la pétanque, l'apnée et la danse latine ? Toutes ces disciplines sont représentées aux jeux mondiaux qui se tiennent en ce moment en Chine.
Un événement sportif qui ressemble de près aux Jeux Olympiques, les Jeux mondiaux. Je vous raconte comment ça marche. Et ben on vous retrouve en fin d'émission car avant ça, nous allons partir à l'est, un peu au sud et aussi à l'ouest.
Enfin bref, en fait un peu partout hein. Quand on parle de la religion orthodoxe, on a souvent tendance à la cantonner à l'Europe centrale jusqu'aux portes de l'Asie. Mais c'est un peu plus que ça.
Une religion au cœur de l'actuelle guerre en Ukraine, géopolitique de l'orthodoxie. un livre signé Jean-Arnaud Derins et il vient nous en parler tout de suite dans 28 minutes. [Musique] Bonsoir Jean-Arnaud Desins.
Bonsoir. Alors vous êtes historien, rédacteur en chef du courrier des Balcons. Vous publiez ce livre géopolitique de l'orthodoxie de Byzance à la guerre en Ukraine aux éditions Talandier essai.
Je vous présente l'équipe de 28 minutes. Bonsoir Roussell. Bonsoir Jean-Mthieu.
Bonsoir Nchas Ryou. Bonsoir. Alors euh il est vrai Jean-Arnaud des quand on parle de la religion orthodoxe ou donc de l'orthodoxie parce que c'est le terme qu'on va employer ce soir, on pense au monde slave et en fait on se rend compte en lisant votre livre que c'est beaucoup beaucoup plus large que ça.
Il y a au moins historiquement tout d'abord une orthodoxie grecque. Je dirais que la première langue de l'orthodoxie c'est bien évidemment le grec, le grec des des évangiles, le grec de Byzance. Et puis il y a aussi celle qu'il faut le troisème pilier qu'il ne faut jamais oublier qui est une orthodoxie de langue arabe qui compte toujours aujourd'hui un nombre négligeable de fidèles.
Même si bien évidemment les gros bataillons se trouvent effectivement en Russie et plus largement dans le monde slave. Ça c'est qu'une réalité incontestable. Voilà.
Et on en trouve même aux États-Unis et on va en parler justement de cette communauté aux États-Unis dans un instant. Exactement. Mais vous êtes ici Jean-Arnaud Desin parce que vous avez figurez-vous le profil idéal et oui pour découvrir pour nous faire découvrir la religion orthodoxe et c'est ce qu'on va voir tout de suite avec Olivier Boucreux. [Musique] Jean-Arnaud Desins, vous êtes spécialiste des Balkans.
Vous fréquentez depuis 30 ans les monastères orthodoxes et les coulisses du pouvoir. Pour décrypter comment cette foi pèse aujourd'hui dans les tensions internationales, vous l'auteur de géopolitique de l'orthodoxie, vous avez le profil idéal. La guerre en Ukraine a creusé une fracture profonde entre le patriarcat de Moscou et celui de Constantinople.
La Russie utilise son église comme instrument d'influence jusque dans les Balans et en Afrique. Bref, le monde est en désordre et l'orthodoxie dans la tourmente. La guerre est une activité frivole, criminelle et stupide.
Mais ce que je trouve très étonnant aujourd'hui, c'est qu'on parle très peu de paix. Ce lien entre religieux et politique, vous l'explorez depuis longtemps sur le terrain. Naissance au Royaume-Uni, enfance en France, vous tombez tôt dans les langues et l'histoire.
Le russe d'abord puis le serboate découvert à 19 ans lors d'un voyage en Yougoslavie. C'est pour cette région qui sombre dans la guerre que vous vous engagez plus tard. Mouvement anti-guerre et solidarité avec la Bosnie.
Très Brenitza, c'est le seul massacre considéré comme un génocide, juridiquement considéré comme un génocide dans tout le processus des guerres. En 1998, vous vous installez au Montenegro et fondez le courrier des Balkans, portail francophone sur l'Europe du Sud-Est. Reporter de terrain, vous explorez autant les coulisses des chancelleries que les villages reculés.
Vous observez une orthodoxie, parfois refuge spirituel, parfois outil de pouvoir. Hauteur de balcon, la mosaïque brisée et de voyage au pays des Goranis. Vous décrivez dans Géopolitique de l'orthodoxie une confession de 200 à 300 millions de fidèles éclatés en église indépendant souvent proche des gouvernements.
Puie le patriarcat de Kiril relabie, Roumanie ou Bulgarie, d'autres églises pèsent sur les choix politiques tout en affirmant leur autonomie. Votre parcours et vos enquêtes donnent des clés pour lire notre époque. Comme vous le résumez, comprendre l'orthodoxie, c'est comprendre une part du monde d'aujourd'hui. [Musique] Voilà Jean-Arnaudin, votre livre géopolitique de l'orthodoxie.
Et c'est intéressant parce que on se rend compte avec ça que la religion orthodoxe est véritablement revenue presque dans nos mémoires avec la guerre en Ukraine. Pas tout à fait. On en parlait tout de même déjà beaucoup durant les guerres des Balcons.
L'église orthodoxe serbe a joué un rôle très important et assurément aussi très contestable. Je veux dire récemment. Voilà.
Récemment, voilà, récemment, c'est vrai qu'elle est revenue quand même au devant de la scène avec cette invasion russe en Ukraine. Bien évidemment, bien évidemment, puisqu'elle a été très largement mise en avant, je dirais, par les discours de propagande du Kremelin. Et puis aussi du côté pour le coup, du côté occidental, il y a toujours une sorte de fixation un petit peu pas forcément toujours très constructive sur l'orthodoxie où on cherche finalement une forme d'exotisme qui permettrait de comprendre ces gens tellement différents.
Et c'est aussi par rapport à à cela en réaction à cela que j'aiécris ce livre pour tendre le coup à quelques stéréotypes, quelques clichés et pour comprendre surtout que si l'orthodoxie est effectivement une histoire très différente de celle de pays de tradition catholique comme la France, c'est aussi une histoire tout à fait intelligible. C'est des phénomènes des réalités qui peuvent se comprendre qui se comprennent par un détour historique bien évidemment comme souvent c'est travers d'historien mais surtout en analysant les choses telles qu'ell se présentent aujourd'hui. Vous expliquez dans votre livre que cette guerre en Russie Ukraine touche en fait tout le monde orthodoxe ?
Bien évidemment, parce que aujourd'hui il y a une situation de cazichisme qui oppose d'un côté le patriarcat de Moscou, de l'autre le patriarcat écuménique de Constantinople, c'est-à-dire la plus haute autorité morale de l'orthodoxie, même si ce patriarche de Constantinob n'est pas du tout l'équivalent du pape pour les catholiques parce qu'il n'a pas de pouvoir, très peu de moyens et très peu de fidèles derrière lui. C'est un peu le général couvert d'honneur mais sans armée. Et il y a donc ces deux patriarcats qui ont des positions tout à fait opposées sur la reconnaissance les modalités de reconnaissance d'une éventuelle église orthodoxe d'Ukraine et toutes les églises du monde sont mises au décis de prendre position même si en réalité la quasi totalité de ces églises refuse de prendre position et essaie de conserver des bonnes des bonnes relations tant avec Moscou qu'avec Constantinop.
Par exemple, juste une question toute simple de géopolitique, la Grèce, vous en avez parlé, on connaît très bien en France, la Grèce pays orthodoxe, forcément aujourd'hui, quelle est cette position sur la guerre en Ukraine ? Alors, de l'église, ils choisissent Moscou ou ils choisissent Pief ? Il y a d'une part le gouvernement grec, ça c'est un autre problème.
Mais l'église l'église essaie de conserver elle aussi des bonnes relations avec les deux patriarcat, même si l'église grec alors quand on parle de l'église, c'est un tout petit peu compliqué parce que la technicité disons de l'organisation des églises mais en tout cas l'archevêché d'Athè est une des églises les plus proches du patriarcal cuminique de Constantinople. Néanmoins l'église grec ou l'église de Chypre également veille à surtout ne pas rompre les relations avec Moscou. Allez Natach, on va voir avec vous.
On va partir à la rencontre d'un homme, le chef de l'église orthodoxe russe, le patriarche Kiril. C'est une personnalité très controversée. Puis vous en faites le portrait également dans votre ouvrage Jean-Arnaud Derin, ce chef religieux est largement décrié dans la presse internationale.
Il y a peu de doute sur le fait qu'il était en contact avec le KGB le dans le cadre de ses fonctions dans les années 70. en Occident, on l'a souvent caricaturé pour sa relation avec l'argent, son goût pour les montres de luxe. Vous nuancez la fortune qu'on lui prête, elle serait plus proche d'un haut fonctionnaire de Provence que d'un oligarque.
Mais ce qui a le plus choqué, c'est que dès le premier jour de la guerre en Ukraine, le patriarche Kiril a apporté son soutien à Vladimir Poutine et a béni cette invasion plutôt que d'appeler à la paix et à la réconciliation entre les peuples. Cette guerre est pour lui, je vous cite, une guerre contre le mondialisme incarnée par l'Occident pour défendre les valeurs chrétiennes fondamentales et sauver si l'humanité toute entière. Selon vous, Jean-Arnaud Derin, c'est c'est pour ça aussi cette proximité entre la religion et le militaire ?
Alors, je pense qu'il y a un problème d'une relation toxique entre la religion orthodoxe et le pouvoir. Et ça, c'est vrai pour le coup de tous les pays orthodoxes. C'est vrai en Grèce, c'est vrai en Serbie et c'est vrai bien évidemment en Russie.
Euh ce que j'explique dans le dans le livre, c'est notamment le fait mais bien sûr Kiril avait des relations avec le KGB, mais comme tous les digitaires orthodoxes de l'époque, absolument tous, vous imaginez bien qu'à l'époque soviétique quand l'église a retrouvé un petit peu de liberté, notamment de liberté diplomatique, les évêques qui voyageaient et notamment Kiril qui était le chef du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou ne pouvait pas être laissé sans relation avec le KGB. C'est juste une évidence. Donc c'est même pas la peine, je dirais finalement, de le commenter.
Lui-même ne fait pas de commentaire sur le sujet. Par contre, le cœur du problème, c'est cette relation toxique au pouvoir. Et là, effectivement, plus encore, je pense que l'argent, même s'il ne faut pas oublier que dans tous les pays post-socialistes, toutes les églises orthodoxes se sont vu restituer d'énormes biens, d'énormes possessions immobilières.
C'est vrai, en Russie comme en Serbie, en Roumanie ou en Bulgarie. Ce qui explique que ces églises sont devenues de fait dépendantes des pouvoirs politiques qui leuront restitué ces biens-là. Donc l'Église orthodoxe russe, oui, elle est dans une relation toxique avec le pouvoir alors qu'elle ne jouit pas forcément d'une audience beaucoup plus large aujourd'hui dans la société russe que mettons au moment de la chute de l'Union soviétique.
Là c'est un petit peu compliqué mais il y a quand même des enquêtes d'opinion un peu convergentes qui semblent l'indiquer. Et puis surtout cette église, je pense qu'il faut prendre au mot ce que dit Kiril, ce que dit le patriarche est tout à fait soutient une guerre contre des valeurs occidentales. Je dirais presque en regrettant que c'est lieu sur le territoire de l'Ukraine.
Ouais, bien sûr. Un mot tout de même parce que cette semaine, il va y avoir une rencontre assez inédite. Donc entre Vladimir Poutine et Donald Trump, ça sera vendredi, ça se déroulera en Alaska, un ancien territoire vendu donc par la Russie au 19e siècle aux États-Unis où la communauté orthodoxe reste très présente.
Alors oui, ça ça fait partie là pour le coup. Là, vous ouvrez un sujet extrêmement technique qui suit des diasporaires technique. Mais on sait on sait que aujourd'hui c'est là où sur le territoire américain, il y a énormément d'églises orthodoxes.
Donc on imagine le choix aussi. Oui, mais si vous voulez, il y a énormément d'orthodoxes aux États-Unis parce qu'il y a énormément de diaspora venu de des différents pays orthodoxes. Vous avez des Grecs, des Serbes, des Roumains et cetera.
Par contre, ce qui est vrai, c'est qu'historiquement les premières églises sont effectivement nées en Alaska parce que l'Alaska était russe et puis ensuite il y a eu des des des immigrants russes qui sont arrivés à New York ou dans d'autres endroits et qui ont donc créé leurs églises. Mais l'église orthodoxe albanaise est aussi née quelque part, elle aussi à New York. À New York.
Oui, c'est ça. D'accord. On voit les frontières de l'orthodoxie dépassent physiquement celle de la Russie.
Est-ce que vous parliez de relation toxique ? Vous parliez est-ce que finalement ça peut être un outil, une arme cette religion pour Poutine pour étendre toujours sa zone d'influence ? Alors là, il y a Oui, vous avez raison.
Il y a une chose très simple. Vous avez deux églises qui sont dans la même situation. C'est les deux églises orthodoxes d'anciennes fédération.
L'église orthodoxe russe avait compétence sur tous les orthodoxes de l'Union soviétique. L'église orthodoxe serbe avait compétence sur tous les orthodoxes de l'ancienne Yougoslavie. Donc également ceux de Boston Zegovines, ceux du Montenegro, ceux du Kosovo et cetera.
Et lorsque ces fédérations ont disparu, ces églises se sont crues investis d'une mission de dernier garant d'une identité nationale, russe ou serbe, dépassant bien évidemment les frontières de la Serbie ou de la Russie. Pour prendre des cas qui sont pas tellement problématiques dans le à propos de la Russie, vous avez aujourd'hui 4 millions d'orthodoxes au Kazarstan qui sont de langue russe et qui sont bien sûr fidèle de l'église orthodoxe russe. Après, vous avez des cas beaucoup plus conflictuels, beaucoup plus compliqués comme en Ukraine mais aussi en Biélorussie ou en Moldavie.
On voit que le sujet est extrêmement vaste et beaucoup plus vaste parfois qu'on le pense même. Merci beaucoup en tout cas Jean- Noël des Reins d'avoir juste entrouvert ce voile justement sur ce monde que l'on connaît parfois et souvent mal en France. géopolitique de l'orthodoxie de Byzance à la guerre en Ukraine.
C'est publié chez Talandier essai. Merci beaucoup d'être passé ce soir par le plateau de 28 minutes. Allez, passons à notre débat.
Alors, ce soir, on a choisi de ne pas choisir hein. Trois invités nous rejoignent pour échanger autour de deux actualités. On va parler de la rentrée sociale soit aux tensions qui se profileent en France.
Mais pour démarrer, nous allons évoquer bien la colère qui gronde contre Benjamin Netaniaahu et son plan d'occupation de Gaza. S'agit-il, comme le dit le Premier ministre israélien, de mettre fin à la guerre ou au contraire d'engager un nouveau cycle de violence ? Nous en débattons juste après la mise au point d'Amira Swedem. [Musique] Une émission de télévision israélienne interrompue en plein direct par un groupe d'opposants à la guerre à Gaza.
Depuis que Benjamin Netaniaou a annoncé sa cheminée vers une occupation totale de l'enclave palestinienne, la colère monte en Israël. C'est particulièrement le cas chez les familles des otages. Si vous envahissez des parties de Gaza et que les otages encore vivants sont tués, nous vous poursuivrons dans les rues, dans les urnes, partout et tout le temps.
Des inquiétudes pour les vies des otages israéliens mais aussi pour la population palestinienne. À l'international aussi, les condamnations se multiplient. Le plan Netaniau prévoit de déplacer les centaines de milliers d'habitants de Gazaville.
Emmanuel Macron a dénoncé, je cite, un désastre annoncé d'une gravité sans précédent. Même l'Allemagne, un des principaux alliés d'Israël, a décidé de prendre des mesures. Le cabinet israélien a pris une décision qui nous a surpris.
Une réponse a été apportée. Cesser de fournir des armes dans le cadre de ce conflit. Face à la Fronde, Benjamin etou par ailleurs, toujours sous mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crime de guerre et crime contre l'humanité, a donc tenté de se justifier.
Gaza sera démilitarisé. Israël aura la responsabilité principale de la sécurité. Une administration civile sera établie à Gaza qui cherchera à vivre en paix avec Israël.
Des propos tièdes pour certains à l'image de Bezalel Smotrich, ministre des finances et leader du parti religieux. Partisane d'une colonisation totale et rapide de Gaza qu'elle veut voir vider de sa population, l'extrême droite israélienne a menacé à plusieurs reprises de faire tomber Benjamin Netano. Alors, le Premier ministre israélien peut-il résister aux pressions contradictoires ?
L'appel à la grève générale de dimanche en Israël sera-il suivi ? Netahuou ! est-il en surcis ?
Et pour en débat de ce soir, nous recevons Isabelle Duran. Bonsoir. Bonsoir.
Vous êtes experte droit au développement au Conseil des droits de l'homme. Vous avez été vice première ministre de Belgique, également vice-présidente du Parlement européen et votre livre À l'impossible ils étaient tenus chronique d'une solidarité face au Covid-19 est paru aux éditions Etopia Luc Pire. À vos côtés, Gill Grissani, bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes directeur de la revue le Grand Continent. L'ouvrage collectif du grand continent intitulé portrait d'un monde cassé l'Europe dans l'année des grandes élections et par chez Galimar et puis Julie Gradiani, bonsoir.
Bonsoir Jean-Mthieu, vous êtes essayée. On l'a vu hein dans la mise au point d'Amirasem à l'instant le plan de pour Gaza de de Benjamin Tagalou pour contrôler Gaza fait l'unanimité contre lui aussi bien d'ailleurs sur le plan international que national. Pourquoi est-ce que Benjamin Nataniaou persiste Isabelle Duran ?
Ben évidemment qu'il persiste parce que parce qu'il est menacé de toutes parts et que sa survie sa survie, il la tient uniquement de ce poste de de ministre de premier ministre et de cette guerre à Gaza dont il a parlé d'une guerre totale, d'une victoire totale. On sait pas très bien où est la victoire totale. Il essaie maintenant dans sa communication, vu toutes les oppositions qui qui viennent de partout, de le présenter comme quelque chose de plus soft.
Ce sera pas une colonisation, mais enfin, il y aura quand même une position prépondérante pour la sécurité pour Israël. pas tout il dit qu'il va déplacer les populations mais elle pourra aller dans des corridorses sécurisés grâce à la fondation humanitaire. Bon franchement et qui croit chez les Palestiniens après 2 années de désastre et donc oui, je pense que sa seule survie corruption problème que peut-il faire d'autre qu'être premier ministre ? une fuite en avant qui est évidemment terriblement préjudiciaire mais l'Assemblée générale des Nations- Unies, la reconnaissance de la Palestine peut-être par la France et par d'autres pays pourrait amener à d'autres développements peut-être bouger Julie Gradien, on a vu en effet des ministres d'extrême droit de sa coalition critiquer hein là le plan de Benjamin Tago parce que eux souhaiteraient et bien tout simplement qu'Israël en fait s'implante colonise en fait la la bande de Gaza.
Ça veut dire qu'on là on est vraiment que dans une histoire politique. Non, on n'est pas que dans une histoire politique puisque cette histoire politique se déroule d'ailleurs à différents niveaux. Il y a la situation interne que vous venez d'évoquer et là euh on sait bien qu'il est euh ramené sur son extrême droite euh par les partis membres de sa coalition.
C'est à la fois ce qui le fragilise aux yeux de l'opinion internationale, mais c'est aussi en dépit de la protestation de l'opinion publique ce qui la rime au pouvoir euh au plan du gouvernement lui-même. Même situation paradoxale sur le plan géopolitique, l'opposition de plus en plus large manifestée par l'organisation des États-Unis et beaucoup d'autres pays. Dans l'autre sens, elle est contrebalancée par les États-Unis qui reste son plus son le plus important et le plus efficace et le plus puissant.
Donc dans les deux cas, ça tangue mais il reste quand même fermement sur ses apples. Gilan, il se passe quoi si jamais euh le premier ministre israélien est lâché par l'extrême droite ? B, je pense que la question se pose se pose pas vraiment dans cees sens là.
Se pose plutôt dans le sens de Netaniao a eu a géré un échec stratégique majeur qui est le 7 octobre qui est un chèque d'intelligence, d'anticipation, de compréhension en fait de la menace. Et depuis en réalité d'une façon assez systématique, il accumule des victoires stratégiques. Et c'est là qu'en fait on se retrouve, c'est très difficile à dire, c'est très compliqué aussi à observer face à la violence, à la destruction.
En fait, en réalité, on a aujourd'hui un chef de gouvernement qui a accumulé un charisme qui vient du fait qu'il a gagné contre différents adversaires ennemis du Esbola jusqu'au Hamass. Aujourd'hui même, en fait, on remet en question le changement de régime en Iran. Donc en fait, on se retrouve aujourd'hui face à un nouveau Moyen-Orient.
C'était le rêve des néoconservateurs américains du début des années 2000 qui est incarné par son projet qui est un projet radical qui a soutenu donc par l'extrême droite et que c'est par cela qu'il arrive aujourd'er avec une chose ne pas être d'accord. Oui, enfin je à la fois je comprends l'analyse globale, mais en même temps euh euh malgré tout, il a l'Arabie Saoudite, par exemple a mis en cause son plan de de de colonisation de Gaza, de colonisation totale. On peut pas dire que c'est vrai que le monde arabe a été assez discret pendant toute la période, les deux années qui viennent de s'écouler, mais je suis pas sûr qu'ils vont rester, je dirais, silencieux.
Euh 20 pays arabes semble-t-il. Bon, évidemment, sont les voisins donc c'est facile l'Égypte, la Jordanie forcément qu'ils ont pas envie de voir arriver les réfugiés mais d'autres pays du qui pèsent dans le monde arabe prennent position contre son plan. Euh je crois quand même que qu'il est assez fragilisé.
Moi, si jamais il devait perdre son siège de premier ministre, la question c'est plutôt qu'est-ce qui va se passer en Israël ? Je pense que l'extrême droite continuera de l'emporter parce que la population est une population apeurée, traumatisée par le 7 octobre d'une façon terrible et donc je suis pas sûr que ça donnerait un grand changement. Et ce plan de Netaniaou d'occuper Gaza juger aujourd'hui trop risqué, trop trop insupportable hein pour ces familles des otages israéliens.
Ils étaient étaient très nombreux ces familles samedi dernier dans les rues de Tel Aviv pour demander la l'arrêt, la fin de la guerre. Euh cette maman dont le fils est toujours détenu dans les tunnels du Hamas a même lancé un appel à la grève générale pour dimanche prochain. [Musique] On sait aujourd'h est relayé par des universitaires par l'opposition politique aussi.
Est-ce qu'il peut avoir une une portée cet appel à la grève de dimanche ? Ah, c'est c'est un appel qui prend au trip he parce que ça point du do en fait la logique perverse de la prise d'otage. Quand l'otage est pris, la seule chance de le libérer au début mais au début seulement c'est d'attaquer pour ménager les conditions d'un cesser le feu en contrepartie de la libération des otages.
Mais plus on s'approche de la fin début de guerre et plus le Hamas est le dos au mur et plus on sait bien que les chances de survie de ces mêmes otages s'amenuisent. Donc c'est un vrai dilemme pour ces familles et c'est un vrai dilemme pour la population d'Israël en général. Maintenant le troisème paradoxe pour rebondir sur ce que vous disiez, c'est que en fait quand vous prenez les buts de guerre tels qu'ils sont formulés par Emmanuel Macron et la communauté internationale dans la verbalisation, on est assez proche de ce que dit Benjamin Netaniaou.
Sécuriser Gaza, c'est-à-dire désarmer le Hamas, protéger les populations civiles et rétablir une gouvernance palestinienne. Pourquoi lui quand il le dit, ça provoque une levée de bouclier ? D'abord parce queil y a le soupçon d'insincérité que vous avez évoqué.
On se dit oui, il dit ça mais en fait il est poussé sur son extrême droite et parce qu'il a incarné depuis bientôt 2 ans euh une lutte extrêmement dure dont le peuple palestinien paye le prix. Donc il est comme délégitimé à à accomplir ces buts de guerre qui pourtant sont assez partagés quand même sur le plan international. Isabelle Durant en enfin quand même en Europe, on assiste à un changement de ton avec les dernières prises d'opposition de de l'Allemagne.
Qu'est-ce que ça présage ? Mais c'était évidemment un un pivot dans dans la discussion européenne qui a été assez assez je dirais très très euh low low profile. Rappons juste que Frédéric Merch le chancelier a dit qu'il ne livrerait plus d'armes à Israël.
Ce n'est que ça fo ce n'est que ça mais ce n'est pas rien. C'est même extrêmement important. Euh c'est même déterminant je dirais dans dans le basculement au sein des au sein des Européens.
Il y a d'ailleurs dans les pays européens les pays de l'Union européenne des pays qui ont reconnu la Palestine déjà depuis plus longtemps comme l'Espagne, l'Irlande et d'autres. Et donc ça peut amener à une position européenne un peu différente. Bon après la position européenne sur sur ce conflit elle reste malgré tout symbole nécessairement détermin on voit en effet l'Allemagne qui est en train de changer de ton Emmanuel Macron qui parle du plan de Benjamin Taniaou comme un futur désastre.
On voit une Europe qui est en train de se mobiliser voilà qui qui me parle aujourd'hui différemment à Israël mais pourtant les accords commerciaux sont toujours là avec Israël. Il y a pas véritablement d'acteu. C'est tout le problème en fait.
On n pas de coordination. Il y a des initiatives qui sont prises qui ne sont pas coordonnées pour le moment. un parti aussi parce que c'est très difficile comme sujet et en même temps c'est très dramatique et tragique parce que en fait on parle quand même de la Méditerranée, on parle quand même du de la mer qui est une merde qui est partagé aussi par les Européens et l'idée qu'au fond les Européens ne pas s'enquiéter pas assez ensuciés et que le sceptre de la décision reste entre les mains de Donald Trump et des États-Unis en fait montre d'une manière assez forte jusqu'à quel point nous sommes toujours dans une position totalement de dépendance et c'est là qui doit se jouer à mon avis une séquence qui est commune mais qui est très difficile et de articuler le franc ukrainien au franc israélien.
Et c'est là que on est en train de échouer, il faut le dire d'une façon très très réaliste. On n' pas réussi à mener de franc ces ces deux ces deux batailles sur nos valeurs et c'est là qu'aujourd'hui on va sans doute payer les conséquences. Je vais gratager rapidement le soutien inconditionnel des États-Unis, ça peut durer longtemps, c'est pour toujours ça ça durera.
C'est si on donne le prix Nobel de la paix. Non, non, l'initiative à laquelle je crois davantage en efficacité, c'est ces voix qui s'élèvent pour la reconnaissance d'un état palestinien. Mais attention, parce que ça oblige à poser sur la table le sujet des frontières de cet état palestinien et c'est une guerre qui ne se réglera qu'avec un crayon à papier.
Bien sûr, c'est ça le problème. Allez, merci à vous trois. On va passer, on va revenir en France, on va passer à notre deuxième débat.
Et Hélène, on va le voir après la confirmation de la suppression de 2 jours fériers par François Berou, on peut penser hein, voilà, en ayant le sens de la synthèse que la rentrée sera chaude pour le gouvernement. Suppression de jours fériers, nouvelle réforme de l'assurance chômage. Les syndicats ont reçu les lettres de cadrage ce weekend et la pilule ne passe pas face à la colère qui monte.
Le Premier ministre a donc choisi de défendre sa mesure sur sa chaîne YouTube. J'ai proposé l'idée controversée qui a fait beaucoup de commentaires de restreindre le nombre des jours fériers. Je sais bien que ça a suscité beaucoup de commentaires et beaucoup d'oppositions, mais en vérité, si c'est un effort de cet ordre qui permet de sortir euh des difficultés qu'on rencontre ou qui nous aide à sortir des difficultés qu'on rencontre, je trouve que c'est un effort acceptable.
Supprimer de jours fériers, ça va rapporter 4 milliards, un peu plus de 4 milliards d'euros, mais l'argument ne convain pas. Prochain rendez-vous 1er septembre, les syndicats vont se réunir pour décider de la suite. On sait déjà qu'il y a un préavis de grève qui a été déposé et puis par ailleurs que les pharmaciens, les taxis, la les hôpitaux de Paris aussi ont déjà prévu des mobilisations.
Le mois de septembre, Gill Gressani, s'annonce bien chaud là pour François Bairrou. Mais c'est un peu étonnant parce qu'en fait, on a l'impression que depuis un peu longtemps, il y a pas trop de mobilisation intense en France. Et en fait, en réalité, quand on regarde l'histoire des de quinquena euh Macron, euh en fait, on est quelque chose qui caractérise cette période, c'est aussi des mouvements souvent imprévus dans lequel des géographies très différentes s'embrasent.
On a les gilets jaunes avec les ronds-points, les espaces périphériques, on a les réforms, les les mouvements sociaux contre les les réformes de retraite, c'est plutôt les lieux classiques de la mobilisation. On a les mouvements contre des binlieu contre Naël. Donc on a vraiment les les agriculteurs, on a différentes Frances qui se mobilisent.
Et ce qui me frappe à moi, c'est qu'au fond, on se retrouve dans une espèce de spirale de mauvais engrenage dans lequel on a les institutions qui sont plutôt censées canaliser, utiliser, mettre en musique la le conflit social et la polémique et la conflictualité qui ne sont pas capables de faire cela et qui en réalité font l'inverse. C'est une espèce de spirale dans lequel les institutions créent des crises politiques qui par la suite deviennent des crises sociales et qui s'enlisent. Et c'est pour ça qu'aujourd'hui on se retrouve je pense face à cet impass là c'est qu'on voit bien qu'il y a des choses à faire mais on sait pas comment les faire.
Comment les faire ? C'est ça. Gra pourquoi finalement on le voit encore François Berou là qui fait le service à près vente même au cœur de l'été de cette fameuse piste de réflexion des jours fériers.
Pourquoi ça cristallise autant cette suppression des jours fériers ? Mais sans doute parce que c'est incompréhensible. Je ne crois pas du tout qu'on va économiser 4,5 milliards en supprimant de jours fériers.
Montrez-moi les calculs. C'est Non mais c'est absurde. Je ces jours fériers sont payés par les euh enfin aux salariés.
Donc le fait qu'il travaille sans être payé davantage, enfin vraiment si si quelqu'un sur ce plateau a compris, je veux bien. Mais ça n'a ni que ni tête et ça sent plutôt l'artifice politicien euh pour trouver quelque chose à dire par-ci par-là. Mais oui, c'est très maladroit parce que tous les ans ça recommence.
Vous aurez remarqué, c'est les mêmes chiffres. L'année dernière, il fallait aussi trouver 60 milliards d'économies dans la V1 du budget qui sont devenus 50 milliards, qui sont d'ailleurs pas 60 milliards d'économies à trouver parce que vous en retraitez 20 milliards qui sont simplement les recettes qui augmentent du fait de l'inflation. Donc en plus, on fait croire aux français qu'il faut se serrer la ceinture à hauteur de 60 milliard alors que déjà vous en retranché la moitié.
Donc enfin, on voudrait rendre les Français fou furion, on s'y prendra pas autrement. Isabelle Durant vous votre point de vue justement outrevre de voir encore ces français qui s'arqueboutent sur voilà cette caricature alors c'est des Français qui sarqueboutent sur leur défense de jour férier mais enfin je je je suis assez d'accord que c'est difficile de croire que ces quelques jours fériers vont changer complètement la donne. Par contre cette annonce elle vient après tout le reste.
Les retraites la la fluidité du marché du travail enfin il y a une série de mesures annoncées qui sont déjà problématiques. Vous voyez que ça cristallise moins. On en parle moins, c'est pas c'est jours fériers, parle, l'année blanche et cetera, on parle vraiment des jours fériers.
Oui, mais on en parle pas parce que c'est c'est la goutte qui fait des bords d'élevas, même si à la limite c'est peu significatif du point de vue de la recette budgétaire. Et donc, je suis assez d'accord aussi que qu'il y a une série d'autres données qui nourrissent cette colère. Elle est elle est multiple.
On a aussi la loi la loi du plomb. Est-ce que quelque chose va se passer ou pas ? Et jusqu'où après l'arrêt de la Cour constitutionnelle ?
Donc on a un espèce de climat démocratique qui est très très compliqué et par ailleurs des institutions et des élus qui sont incapables vu la crise politique de trouver puisqu'il y a une menace de censure. Donc je sais pas combien il va s'en sortir pour le moment. Il essaie de gagner du temps jusqu'octobre.
Bon on verra si si quelque chose se passe d'ici là mais en tout cas c'est clair qu'il y a une grande colère et en Belgique je peux vous dire que c'est un peu identique. On est dans un gouvernement de même nature avec le même type de réforme et la rentrée sociale sera aussi chaude aussi. Oui, c'est ça.
Alors, on va le voir justement. Vous avez parlé d'octobre, mais ça pourrait peut-être se passer avant Natacha puisque il y a un mouvement qui appelle un blocage total du pays. Le 10 septembre, cet appel à la mobilisation vient des réseaux sociaux.
Mais alors ça vient d'où exactement ? C'est vrai que ce mouvement viral à première vue paraît un peu nébuleux. Has#tag 10 septembre et de plus en plus partagé sur les réseaux.
L'initiative apparaît sans partie affiliée, sans syndicat, sans leader. La toute première mention d'un blocage a eu lieu dès le 21 mai sur un canal Telegram Les essentiels, un groupe d'extrême droite plutôt confidentiel, présent aussi sur TikTok et qui fait la promotion des racines chrétiennes de la France ou encore du Frexit. Mais c'est quelques jours après l'allocution de François Beirou qu'un blog apparaît mobilisation 10 septembre ainsi que le canal télégramlo tout.
Le cri de ralliment a leur pris un peu plus d'ampleur. Alors aussi en même temps derrière ce mot d'ordre, c'est un peu un fourtout hein. Oui.
C'estd qu'on a des couleurs politiques des sensibilité d'extrême droite, de gauche, de radical gauche, même des royalistes. Le gouvernement surveille d'un œil ce mouvement avec en souvenir le mouvement des gilets jaunes. Même si les forces de l'ordre disent ne pas être inquiètes pour l'instant, il reste à savoir en quelle forme prendra cette contestation.
Certains appellent au boycott à la consommation, d'autres à l'occupation des mairies, des préfectures ou des raffineries. Les modes d'action ne sont pas encore définis mais il nous reste quand même encore un mois. Gill Grésani, est-ce que cette comparaison avec les gilets jaunes tient la route ?
Parce qu'on a là quand même un mouvement qui est apolitique, spontané. Est-ce que la comp la comparaison est-elle viable ? En fait, je pense que évidemment, il faudrir ce que ça ça donne concrètement, mais ce qu'on voit effectivement comme élément de langage qui sont mises en avant comme construction d'un récit, d'un discours, en fait, c'est assez cohérent avec la manière dans lequelle et dans le moment dans lequel nous nous retrouvons.
Parce que d'un côté, on est aujourd'hui face qui attend euh attend quoi ? Attends les présidentiels parce que c'est là que ça se joue et donc au fond les idées sont pas sur la table, le combat n'a pas commencé, tout le monde est crispé, arrêté et donc ça dégage évidemment dans la société des demandes qui sont très fortes parce que tout le monde voit que on vit dans un monde qui change, qui bouge et on sait pas très bien comment y faire sens et donc ça exprime au-delà de l'institution ces espèce de colère et en même temps et de l'autre côté on peut aussi se demander s'il y a pas une question encore une fois très profonde du fait que l'organisation institutionnelle française ne laisse pas ses déplaces pour déposer conditionnement comme celui-là. Et c'est là que peut-être on se trouve aujourd'hui dans une vraie impasse qui n'est pas que française d'ailleurs mais qui en France est surreprésenté par le mode majoritaire présidentiel.
Euh au fond, on a beaucoup de mal à récupérer les obstentionnistes, à faire de la politique dans la société parce que les partis de masse sont disparus, parce que les réseaux sociaux, parce qu'il y a plein de raisons. Et donc, on se retrouve aujourd'hui avec quelque chose qui n'est pas du tout organisé et beaucoup plus fluide où euh tout des convergences inattendues peuvent se passer où la demande structure l'offre beaucoup plus que l'inverse. La la crise démocratique en quelque sorte, Julie Gradiani, est-ce queon peut imaginer un petit peu comme au moment des gilets jaunes que ce 10 septembre se passe des structures traditionnelles, les syndicats, les politiques ?
Alors, c'est déjà arrivé, hein. En fait, euh on avait eu en 2007 euh le Vafan Coulodet, si vous vous rappelez, hein, ne m'obligez pas à traduire. Euh, qui a procédait vraiment de la même inspiration et qui n'a pas eu ou assez peu de débouché politiques, si ce n'est propulsé le mouvement 5 étoiles, mais qui après a commencé à décliner.
Donc euh la difficulté quand même, c'est celle du relais par les institutions parce que ce qui fait la force de ces mouvements au début, c'est le caractère éruptif, c'est le côté hors système. Euh ne travaillons pas, nous produisons pas, nous consommons pas. En fait, c'est très malin parce que c'est une manière détournée de dire "Ne payons pas des impôts, ne mettons pas du carburant dans la logique de ce système." Mais c'est interdit d'inciter à ne pas payer ses impôts.
En revanche, c'est pas interdit d'inciter à ne pas travailler, à ne pas consommer, à ne pas produire. Mais ça va au-delà qu' un contournement de l'interdiction. C'est c'est vraiment sortons de ce système qui fait de nous contre notre gré de bons petits citoyens dont on la laine sur le dos.
En fait, c'est ça l'idée. Le problème c'est qu'après il faut que ce soit relayé sur un plan institutionnel. Les gilets jaunes n'ont jamais voulu se doter de porte-parole.
Dès que quelqu'un voulait s'exprimer pour leur compte, il était aussitôt décrédibilisé par ses pères qui considéraient qu'il se compromettait avec le système dès qu'on négociait. Donc c'est à la fois la force de ces mouvements sur le moment et c'est c'est leur côté très exutoire et en même temps c'est leur faiblesse, c'est qu'après ça s'ffiloche. On voit aussi Isabelle Duran, c'est que dedans il y a un parti aussi qui euh se appelle finalement à être contre les propositions de François Berou mais qui n'appelle pas à manifester qui est le rassemblement euh national pour se notabiliser comme on le dit.
C'est-à-dire que c'est encore lui qui pourrait tirer et bien les fruits de cette mobilisation, cette colère sociale. Euh, il pourrait en tout cas jusqu'à présent le le le Rassemblement national a réussi en effet à se à se montrer je dirais beaucoup plus acceptable et et les les scores les scores l'ont démontré aux dernières élections. Mais ce qui est inquiétant et pour revenir là-dessus, je crois que le rapport entre les partis politiques, y compris d'ailleurs le Rassemblée nationale et les autres partis politiques démocratiques et ces mouvements, c'est extrêmement compliqué parce que comment en effet être derrière ce mouvement un peu comment je dirais quand on ne voit pas très clairement quel est l'objectif à part exprimer des colères, comment est-ce qu'on traduit ça dans quelque chose ?
Comment est-ce qu'on parvient à éviter la récupération politique qui est juste ce que ces mouvements veulent à tout prix éviter ? Et donc je il y a là une relation nouvelle à établir entre des partis politiques représentatifs et des mouvements un peu spontanés, pas très structuré. Et si on vient aux gilets jaunes, les gilets jaunes, rappelez-vous, non seulement ils avaient pas de chef, mais on a fait après ça une grande convention citoyenne sur ces questions dont on a rien fait.
Et donc là aussi, je veux dire qu'on peut pas à moment donné à partir d'un mouvement essayer d'en tirer quelque chose même s'il y a pas de chef ou pas d'interlocuteur et puis après ne rien en faire. Gill Gressani, les jours de François Bairou sont comptés. Je pense que ça fait partie de de la de la question depuis le début compter hein à mon avis en fait on pourrait dire que c'est une règle universelle et que tout le monde se trouve dans la situation.
Par contre être premier ministre à la fin d'un cycle c'est plus c'est plus c'est plus urgent que pour les autres. Mais premier ministre, vous savez en général on dit c'est l'enfer de Mat vous savez en France ça aussi moi je pense il a voulu il a tellement voulu mais je pense qu'il y a un sujet effectivement qui est vraiment essentiel pour pour la démocratie française et pour l'Europe c'est un sujet très grave c'est qu'en fait on peut pas imaginer qu'on arrête tout pendant 2 ans en attendant les présidentiels. Et c'est là aussi qu'on se retrouve avec un problème systémique, c'est que l'idée qu'au fond la vie politique soit à ce point déterminé, surdéterminé par un vote, par un homme, par un moment, ça ne marche pas quand il y a plus de parti, quand il y a plus de sélection, plus de médiation.
Et ça crée cette espèce d'opposition constante entre un leader qui peut être plus ou moins inscrit dans la société, de l'autre côté les autres, les la population. Et ça c'est une chose qui doit trouver la une solution à terme où le risque très concret effectivement c'est une nouvelle explosion d'une nouvelle géographie jusqu'à la prochaine 10 solutions possibles hein à partir de maintenant. Et rapport que la prochaine élection présidentielle c'est en 2027 hein.
Donc on a encore un tout petit peu de temps. En tout cas merci à vous trois d'être venus débattre ce soir dans 28 minutes. À suivre Quentin Darm est au filossa avec qui et bien nous nous intéresserons.
Figurez-vous à la fille de Kim Jongoun et oui de plus en plus présente au côté de son petit papounet dictateur avant de partir en Chine où se déroulent des Jeux Olympiques alternatifs et on verra justement comment ça s'organise. Mais avant cela, rejoignons Victor Deivert, le jardinier du grand domaine de la culture générale. l'aime butiner dans ses buissons et nous ramène quelques pistilles afin qu'une nouvelle fois ce soir et bien vous dînerez moins bête.
Faut-il être lait pour être drôle ? La question vous paraît farfelue et pourtant au Moyen-Âge, pour égayer leur journée, nos souverains s'entourent de ménestrelles, de baladins et de jongleurs. Mais l'idée d'un boutrain à demeure fait son chemin.
Au 14e siècle, le fou du roi devient une institution. Qui choisit-on pour cette fonction si particulière ? Souvent des êtres à la complexion diforme, nous dit l'histoire, car la leader fascine dans les cours princies, on apprécie tellement les anomalies physiques qu'on collectionne les nains et les monstres comme des trophées exotiques.
On se les échange même entre nobles comme des cadeaux de prix. Le fou idéal doit surprendre, choqué voire effrayer. Sa marginalité est accentuée par l'accoutrement qu'on lui impose, costume jaune et vert, bonnet agrelot, oreille d'â ou de chien.
Plus il est grotesque, plus il amuse. Son apparence doit trancher avec la beauté et l'élégance des courtisans. Mais voilà qu'au 16e siècle, un changement s'opère.
Lorsqu'on découvre que la place est particulièrement enviable, le fou étant richement vêtu, couvert d'argent et de cadeaux, certains villages font figure d'élevage de fou. La leader devient alors un atout professionnel qui se travaille. Des médecins, des apothicaires, voire des gentils hommes ont adopté le bonnet à grelot pour tenter de décrocher le poste. [Musique] Voilà comment au fur et à mesure du temps, l'esprit va primer sur la diffé.
Prenons l'exemple de Brusquet. Ce chirurgien si nul qu'il aurait tué plus de soldats en 8 jours que l'ennemi en 8 mois. Condamné à mort pour sa médiocrité médicale, il est sauvé par le futur Henri II.
Rien n'indique qu'il était particulièrement léit, mais sa capacité à organiser des canulars mémorables au dépend des puissants, y compris des vols et escroqueries qu'il maquille en blague, suffit à séduire le roi. Si bien qu'aujourd'hui, nos comiques les plus célèbres n'ont plus besoin d'être la pour nous faire rire. Voilà. vousz moins bête. [Musique] Et bien une nouvelle fois, on a appris des choses.
Merci beaucoup Victor de Kiver. Allez, il est temps de les retrouver Quentin d'Armon et Théophile Cossa. On commence avec vous Quentin et vous nous emmenez ce soir en Corée du Nord.
Alors, c'est une destination, on va le dire, assez originale hein, pour les vacances, mais vous vous allez nous parler d'une jeune fille qui apparaît de plus en plus souvent sur les photos officielles. Oui, son nom est Kim Ju e. Elle a environ 12 ans et son existence à l'image de son pays est enveloppée d'un épais mystère.
On apprend son nom en 2013 grâce à la star du basket américain Denis Rodman, venu rendre visite à son ami dictateur Kim Jong Un, le chef suprême du régime. Alors, selon les services de renseignement sud-coréen, Kim Jongun est le père de trois enfants. Ju et serait celle du milieu.
Personne n'a jamais vu. Les deux autres. 9 ans plus tard, elle apparaît pour la première fois au côté de son père.
Une petite balade pleine de complicité sur le pas de tir d'un missile intercontinental. La scène laisse évidemment perplexe. Depuis, c'est pas compliqué de jouer et de toutes les sorties officielles.
Alors, essentiellement composé de cérémonies militaires ou de visites d'usine. Fin juin, elle assiste même à un spectacle donné par des artistes russes et nord-coréens au grand théâtre de Pyong Yangyang, toujours bien placé et très visible sur les photos de la propagande. Alors, quel est l'objectif en fait de toutes ces mises en scène ?
Et ben, c'est une vraie question et les experts s'interrogent. Pour les services de renseignement sud-coréen, c'est bien la preuve que Kim Jong Hun, qui a seulement 41 ans n'est pas au mieux de sa forme. Il souffrirait d'hypertension artérielle, de diabète, tout cela en plus d'une consommation excessive de tabac et d'alcool.
Sa fille serait donc en train d'être préparée en fait pour prendre la succession de la dynastie. Une hypothèse renforcée par l'utilisation des mots employés par l'agence de presse d'État. Depuis plusieurs mois, elle est désignée comme Yangdo.
Ça veut dire guide généralement réservé au haut- dirigeants ou successeurs du régime. À moins à moins qu'en fait tout cela ne soit qu'un écran de fumée, une simple manœuvre pour présenter le dirigeant nord-coréen comme un bon père de famille prêt à désigner une jeune femme à la tête du pays. Selon le spécialiste Yang Mjin, il est possible que J soit juste utilisé et que le fils aîné de Kim soit en train de préparer à la succession à Hiclo.
En tout cas, on le voit, le culte de la personnalité est absolument bah indémodable, hein, au sein de l'unique dynastie communiste au monde. Oui, Kim Jong Un a interdit à ses concitoyennes de porter le même prénom que sa fille, bien-aimée. Mais ça n'est pas tout.
Il est également illégal d'imiter sa coiffure, dite coiffure du coq, vous savez, c'est celle qui donne un peu de volume au-dessus du front. Alors, en cas de désobéissance, attention, les Nord-Coréennes risquent 3 à 6 mois de travaux forcés ou bien de rééducation en prison. Alors, on imagine bien qu'il ne s'agit pas d'un atelier de relooking.
Euh bref, il ne peut y avoir qu'une étoile du matin qui brille en Corée du Nord. C'est le surnom de Joci beaucoup en tout cas euh Quentin. Allez avec vous euh et bien Théophile, on part cette fois-ci nous en Chine où se tiennent en ce moment les Worldam, les jeux mondiaux.
Alors c'est un grand événement sportif international même multisport un peu comme les JIO ou press. Vous allez nous expliquer et déjà alors comment ça marche justement. Et oui, c'est pour ça que je vous en parle Jean-Mthieu, je sais parce que vous êtes nostalgique.
On est tous nostalgiques des Jo. Et ben ça tombe bien, les jeux mondiaux vont pouvoir nous consoler. Ça se passe à Shengdou dans le centre de la Chine.
C'est jusqu'au 17 août et il faut bien le dire, c'est World Games, ça ressemble beaucoup aux Jeux Olympiques. Déjà, c'est tous les 4 ans, on en est à la 12e édition. À chaque fois dans un pays différent, il y a une cérémonie d'ouverture, une cérémonie de clôture, un relais de la flamme et puis surtout 4000 athlètes, plus de 110 nations représentées, 34 sports différents et c'est là que ça devient intéressant.
Ce ne sont que des disciplines qui ne sont pas au JO. Alors, il y a des sports qui sont déjà assez connus he comme le karaté ou le jjits dessus, mais il y a aussi des sports, on va dire inattendus, voire même un peu niche. trampoline synchronisé, kayak polo, c'est du water polo mais en kayak euh roller, aéroic, wakebard, apné, danse latine mais aussi euh euh billard ou pétan qu'on adore.
Euh mais attention, on rigole pas, c'est très sérieux. Certaines disciplines des Jeux mondiaux feront même leur début au JOI à Los Angeles en 2028. Lesquels ?
Alors, le baseball softball, le squash ou le jeu de cross ? En fait, il y a pas mal de sports comme ça qui ont d'abord été aux jeux mondiaux avant de devenir des sports olympiques. Le rugby A7, l'escalade, le taekwendo.
Et puis aussi d'anciens sports olympiques qui ne sont plus au programme des JOIOS mais qu'on peut maintenant retrouver aux jeux mondiaux. Le tir à la corde par exemple. Ah oui, d'accord.
Toujours pas le kem par contre, ça c'est terrible. Voilà. Alors Théophé, est-ce qu'il y a des athlètes quand même français ?
Bah bien sûr, 128 athlètes cette année présents dans 22 sports. La France est pour l'instant 7e au classement des médailles. Allez les bleus hein, c'est bien parti. médaille d'or en karaté, en jujitsu, en sauvetage sportif.
C'est un 100 m mannequin avec des palmes. Euh et Victor Cro, notre porte drapeau français vient de remporter le titre en squash. Et puis on a une Ouais.
Et puis on a une pensée aussi pour l'Italie qui vient de perdre un de ses athlètes décédés après un malaise lors de l'épreuve de course d'orientation. Voilà, toutes ces rencontres, vous pouvez les suivre sur le site olympics.com.
C'est le site officiel des Jeux Olympiques. Preuve que les Jeux mondiaux et les JO sont très proches. Pourtant les World Games ne sont pas organisés par le comité international olympique mais le CO met les moyens pour promouvoir l'événement.
D'ailleurs, certains rêveraient même de voir ces jeux se transformer un jour en jeux Olympique de printemps. On bah moi je trouve que c'est une très bonne idée. Comme ça on pourrait les accueillir à Paris et puis nous bah on revirait les GO.
Et voilà et soyez notre nostalgie. Merci beaucoup à vous. Merci mes amis.
Un petit salut avant de partir à Valérie Amarou, productrice de 28 minutes l'été. Un merci encore à elle pour son travail et son écoute. Elle a toujours amené le bateau au Bonort, hein, finalement c'est le principal.
En tout cas, merci elle et belle fin d'été. À suivre sur soirée Doc 1942, l'année où la guerre est devenue mondiale. Série documentaire qui vous tiendra en haleine en vous plaçant du côté des combattants comme de ceux qui ont cherché un refuge, une vraie fresque à découvrir.
Nous, on se retrouve bien sûr demain à 20h05 pour un nouveau numéro de 28 minutes. Tchus. [Musique] [Musique] [Musique]
François Bayrou