Gaëtan Dussausaye : "La seule solution c’est la dissolution !" (France info)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 45 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:49OuverteRéponse directe
Mais retourner aux urnes, pourquoi ? Pour des législatives ou pour une présidentielle anticipée ?
- 1:09OuverteRéponse directe
La question, c'est qu'est-ce que vous souhaitez ?
- 1:33OuverteRéponse directe
Philippe Gosselin, vous avez entendu ce qu'il vient de se dire en plateau. La gauche qui dit « nous, on est prêts à une cohabitation » et le Rassemblement national, qui dit « nous, on veut une dissolution ». Vous, vous souhaitez quoi chez les LR ?
- 2:12RelanceRéponse directe
Vous voyez bien que le gouvernement d'Union nationale...
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Il y a qui dans ce gouvernement d'Union nationale, selon vous ?
- 4:56RelanceRéponse directe
Gaëtan Dussossé, vous vous excluriez de vous-même d'un gouvernement d'Union nationale qui l'appelle de ses voeux, Philippe Gosselin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:05Invité politiqueFait
« Vous savez que le Rassemblement National l'a fait à deux reprises depuis la nomination de M. Sébastien Lecornu. »
- 0:28Invité politiqueFait
« quand on est face à une crise comme ça, il faut en effet retourner aux urnes. »
- 0:31Invité politiqueFait
« chaque jour où on ne retourne pas devant les Français, on ne redonne pas le pouvoir aux Français de décider souverainement »
- 1:10Invité politiquePromesse
« Nous, ce que nous voulons, c'est une dissolution. »
- 1:22Invité politiquePromesse
« la possibilité de donner un an d'avance à l'alternance avec des mesures fermes. »
- 1:33InvitéFait
« La gauche qui dit « nous, on est prêts à une cohabitation » »
- 1:44InvitéFait
« La version importe peu. Ce qui importe, c'est comment on arrive à résoudre cette crise. »
- 2:02InvitéFait
« Moi, j'entends cohabitation, pourquoi pas ? »
- 2:16InvitéPromesse
« Je crois que l'heure est venue d'un gouvernement d'union nationale »
- 3:21InvitéFait
« il porte la responsabilité de ce chaos, ça c'est clair, pour différentes raisons. »
- 3:35InvitéFait
« une élection présidentielle anticipée dans des aînés de 20 à 35 jours, c'est ce que prévoit la Constitution. »
- 5:10Invité politiqueFait
« il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, parce que, je le rappelle, le Bloc central et l'extrême-gauche ont fait alliance »
- 5:37Invité politiqueFait
« Le fonctionnement de la Ve République veut que, lorsqu'on est dans une situation de blocage et lorsqu'il n'y a pas de majorité, la règle, c'est qu'on retourne devant les Français. »
- 15:27Invité politiquePromesse
« On demandera au ministre de l'Économie de baisser la TVA de 20 à 5,5% sur l'intégralité des énergies »
Temps de parole
- Invité30 %
- Invité 225 %
- Gaëtan Dussausaye24 %
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- Présentateur6 %
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Je ne pense pas que le Premier ministre s'attende d'ailleurs à ce que l'on réponde favorablement à son invitation. Vous savez que le Rassemblement National l'a fait à deux reprises depuis la nomination de M. Sébastien Lecornu. Et les échanges que nous avons eus, a priori, n'ont permis d'arriver qu'aux résultats que l'on connaît aujourd'hui. En réalité, la comédie n'a que trop duré. Et le président de la République ne peut pas indéfiniment continuer, comme il le fait maintenant, à essayer de contourner les règles et le fonctionnement naturel de nos institutions quand on est face à une crise comme ça, il faut en effet retourner aux urnes.
Et chaque jour où on ne retourne pas devant les Français, on ne redonne pas le pouvoir aux Français de décider souverainement parce que le seul chef qu'il y a dans ce pays, c'est le peuple français, c'est un jour de perdu. Pas un jour de perdu simplement pour les travaux parlementaires. C'est un jour de perdu pour nos entreprises, un jour de perdu pour nos familles, un jour de perdu pour le pouvoir d'achat des Français. C'est là-dessus qu'il faut agir le plus vite possible.
Mais retourner aux urnes, pourquoi ? Pour de législatives ou pour une présidentielle anticipée, comme l'appelle ce matin de ses voeux Édouard Philippe ?
Vous savez, on a souvent répété « il n'est pas De Gaulle qui veut ». Et on sent bien de la part, de la manière dont Emmanuel Macron exerce le pouvoir maintenant depuis 8 ans, qu'on n'imagine pas qu'il prendra cette décision à la fois sage et respectueuse du peuple français.
La question, c'est qu'est-ce que vous souhaitez ?
Nous, ce que nous voulons, c'est une dissolution. Parce qu'aujourd'hui, on a la possibilité, et on a d'ailleurs totalement confiance dans la sagesse du peuple français, la possibilité de donner un an d'avance à l'alternance avec des mesures fermes. Jordan Bardella les a rappelés d'ailleurs ce matin à un autre micro, qui nous permettront d'avancer et de prendre de l'avance pour ne pas rester comme cela dans l'immobilisme, qui a été provoqué d'ailleurs par les alliances entre M. Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron il y a maintenant un an.
Philippe Gosselin, vous avez entendu ce qu'il vient de se dire en plateau. La gauche qui dit « nous, on est prêts à une cohabitation » et le Rassemblement national, qui dit « nous, on veut une dissolution ». Vous, vous souhaitez quoi chez les LR ? Écoutez, d'abord, chez les LR, la discussion se poursuit et les échanges se font avec le Premier ministre sortant ou préfigurateur, je ne sais pas comment l'appeler, mais en réalité, la version importe peu. Ce qui importe, c'est comment on arrive à résoudre cette crise. Moi, j'entends cohabitation, pourquoi pas ? Vous savez que Bruno Retailleau la revendique aussi, cette possibilité. J'entends la gauche la revendiquer.
Moi, je vais vous faire part d'un sentiment réellement plutôt personnel. Je crois que l'heure est venue d'un gouvernement d'union nationale qui se mettrait d'accord sur quelques grandes lignes. Nous serions davantage sur de la gestion et de l'administration plus que la préparation de l'avenir, mais au moins, ça permettrait pendant quelques temps de poser sur quelques grandes lignes. On ne va pas faire un inventaire et un catalogue à la prévère. On sait très bien que les forces en présence ne le permettraient pas et on sait très bien que la durée serait de toute façon limitée. Et je crois qu'après avoir éliminé un peu toutes les autres solutions, c'est la seule qui soit à peu près tenable.
Et j'élimine la dissolution. Je le dis franchement, il n'y a pas d'attente de nos concitoyens nécessairement d'une dissolution aujourd'hui. En tout cas, quand on voit l'état de l'opinion, je termine en quelques mots, quand on voit l'état de l'opinion, on voit bien qu'en réalité, il y a des risques forts de retrouver la fracturation telle qu'elle existe aujourd'hui ou depuis la funeste dissolution. Et puis, autre point, et c'est le dernier à ce stade, sur la démission du président de la République, oui, il porte la responsabilité de ce chaos, ça c'est clair, pour différentes raisons. On attend qu'en tant qu'arbitre, il prenne effectivement ses responsabilités.
Mais une élection présidentielle anticipée dans des aînés de 20 à 35 jours, c'est ce que prévoit la Constitution. Je ne suis pas sûr que dans une telle précipitation, en réalité, on y verrait plus clair. Et il faudrait de toute façon, après, une autre dissolution pour arriver, le cas échéant, à avoir une majorité. Je voudrais une précision, Philippe Gosselin. Vous voyez bien que le gouvernement d'Union nationale... Pardonnez-moi, non, pardonnez-moi, Philippe Gosselin, simplement. Vous avez proposé ce gouvernement d'Union nationale. Pour pouvoir faire réagir nos invités socialistes et du Rassemblement national, j'aimerais rapidement de votre part, s'il vous plaît, une précision.
Il y a qui dans ce gouvernement d'Union nationale, selon vous ? Il y a des socialistes ? Il y a des LR ? Il y a des Renaissance ? Il y a du RN ? Toutes celles et tous ceux qui ont à cœur l'intérêt supérieur de la France. Autrement dit, pas d'exclusives. Ce n'est pas à nous de distribuer les bons ou les mauvais points. S'il devait y avoir une représentation très diverse des différents mouvements politiques, alors, chiche. Maintenant, on voit bien que certains s'excluront d'eux-mêmes. Je pense aux insoumis qui veulent la destitution du chef de l'État. Ce n'est pas ce que je propose.
Peut-être que le RN lui-même s'exclurait, puisqu'il demande des élections législatives anticipées, mais je crois qu'il ne faut pas avoir d'exclusif. Aujourd'hui, on en est là. Aujourd'hui, on en est là. Gaëtan Dussossé, vous vous excluriez de vous-même d'un gouvernement d'Union nationale qui l'appelle de ses voeux, Philippe Gosselin ?
Non, mais à un moment donné, il faut arrêter de tordre le truc dans tous les sens. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, parce que, je le rappelle, le Bloc central et l'extrême-gauche ont fait alliance pour refuser la seule alternance qui était possible il y a un an, qui était une majorité, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. Mais il n'y en aura peut-être pas plus avec une nouvelle édition. Gosselin, et j'en comprends bien d'ailleurs les représentants du Parti Socialiste. Mais en réalité, la seule chose qui vous motive actuellement, c'est de savoir combien de postes vous allez réussir à obtenir au sein du gouvernement.
Il y a un moment donné, on voit bien, vous n'avez peur que d'une chose, c'est de retourner au risque de perdre vos places. Je vous rappelle que vous avez été battus la dernière fois. Le fonctionnement de la Ve République veut que, lorsqu'on est dans une situation de blocage et lorsqu'il n'y a pas de majorité, la règle, c'est qu'on retourne devant les Français. Vous ne devriez pas avoir peur, comme grand-nouveau démocrate que vous êtes. Non, on n'a absolument pas peur. Je vous rappelle que l'an dernier, vous avez été battus.
En fait, ce que vous oubliez de dire, c'est que l'an dernier, vous avez été battus. Les Français n'ont pas voulu. Les Français, ils sont assez grands pour savoir. Ils n'ont pas besoin de magouilles. Ils n'ont pas besoin de vous pour savoir ce qu'ils doivent voter. L'an dernier, ils n'ont pas voté pour vous. Ils vous ont barré la route. Ils n'ont pas voulu que vous accédiez au pouvoir. La logique aurait voulu qu'Emmanuel Macron propose, parce qu'il était minoritaire dans ce pays et minoritaire à l'Assemblée, aux coalitions parties arrivent en tête de gouverner. Je note que M. Bardella et le Rassemblement National ont refusé de gouverner. C'est son choix. Et franchement, il est respectable.
Le résultat de ces accords, c'est de l'instabilité. Vous en êtes les responsables. En revanche, la gauche, elle, parce qu'elle a l'intérêt supérieur du pays. J'entendais M. Gosselin parler d'intérêt supérieur du pays. Je le rappelle que son parti est dirigé par M. Retailleau, qui a fait à lui tout seul couler un gouvernement il y a deux jours, parce qu'il n'était pas content qu'un ancien collègue revienne au gouvernement, en l'occurrence M. Le Maire. Donc quand on parle d'intérêt supérieur du pays, j'aimerais bien qu'on soit sérieux deux minutes. Nous, on est bien conscients que si on devait demain retourner au pouvoir, ce ne serait pas le PS tout seul qui reviendra au pouvoir.
Ce serait en réalité le Parlement. Ce serait le Parlement qui devrait décider, point par point, ligne par ligne du budget, ce que serait un budget pour ce pays. On partira de nos propositions, parce que je vous rappelle qu'on a fait des propositions il y a un mois, pour réduire les déficits, soulager le pouvoir d'achat de ceux qui bossent, et relancer l'investissement. Là-dessus, vous savez, on sait très bien que, contre un masque disait Jean-Luc Mélenchon, qui avait tort, ce ne sera pas le programme du PS, rien que le programme du PS, tout le programme du PS. Bien sûr qu'au Parlement, il faudra savoir faire des compromis.
Mais aujourd'hui, c'est indispensable, si on veut faire avancer ce pays. Vous parlez d'une dissolution, vous parlez d'une démission, mais est-ce que vous croyez une seule seconde qu'une dissolution demain donnerait des résultats radicalement différents ? Moi, je vous le dis, vous serez battus de la même façon, et on en reviendra au même point. Et la différence entre vous et moi, c'est que moi, je sais qu'aujourd'hui, on doit faire avancer le pays, pas dans un mois, pas dans six mois. Aujourd'hui. Gaët en du social, sur la question de demain, une dissolution pourrait-elle donner ou pas un résultat différent ? C'est vrai que la question, elle se pose.
Qu'est-ce qui a changé, finalement, depuis la première dissolution, qui vous fait croire que ça peut être différent, cette fois-ci ?
Parce que nous, nous avons complètement confiance dans le peuple français. Et c'est la principale différence qu'il y a entre le Rassemblement National et l'intégralité des partis politiques, qui n'ont plus du tout confiance dans la sagesse du peuple français. Les Français, ils voient bien ce qu'il se passe depuis un an. Parce que tous ces vieux partis de l'ancien monde ont voulu passer des accords, des petites tambouilles, des magouilles de boutiquiers, à se dire « tiens, je te donne ta place, je me retire ici », etc. On l'avait dit à l'époque. Empêchez le Rassemblement National d'avoir une majorité. Ça fait partie du débat démocratique, il n'y a pas de problème.
Mais vous mettez quel projet ensuite en face ? Vous mettez quel accord ensuite en face ? On avait dit l'absence d'une majorité pour le Rassemblement National et ses alliés. C'est tout simplement le résultat de l'inertie et de l'immobilisme. Et ça fait un an qu'on est là-dedans. Je pense que les Français, aujourd'hui, voient très bien où est le problème. Et on sait pertinemment, et c'est le message qu'on adresse aux Français, il faut repartir en campagne dès aujourd'hui. Et il faut cette fois-ci donner une majorité absolue au Rassemblement National avec Jordan Bardella pour que l'on puisse justement avancer et avoir un an d'avance pour l'alternance.
Philippe Gosselin, sur ce qui vient d'être dit en plateau, et notamment ces vieux partis qui font des magouilles, accusation du Rassemblement National, qu'est-ce que vous répondez ? Écoutez, je crois qu'on n'a pas de leçons à recevoir de la part du RN qui finit par être un vieux parti, lui aussi. Certes, il n'a pas encore exercé le pouvoir législatif ou exécutif au plus haut sommet de l'État. Mais on ne peut pas dire qu'aujourd'hui, le Rassemblement National soit totalement hors de la petite tambouille politique. Donc ces leçons de main propre, je crois, qui peuvent se les garder.
Vous savez, nos concitoyens ont eu le choix, un choix clair il y a un an, entre donner la majorité au RN ou faire autrement. Ils ont fait autrement. Et en réalité, quand vous regardez les sondages aujourd'hui, vous voyez bien que le pays est fracturé. Moi, je pense réellement et très sincèrement qu'il est vraisemblable que le RN serait en tête, oui, d'une dissolution, enfin en tout cas d'élections qui suivraient une dissolution. Mais pour autant, il n'aurait pas la majorité. Il serait en incapacité de gouverner. Donc en réalité, la tripartition, cette fracturation de la société, elle est là.
Et je pense qu'aujourd'hui, compte tenu de l'état d'esprit du pays, il serait préférable d'avoir un gouvernement d'Union Nationale. Maintenant, pas de leçons à recevoir. Vous savez, c'est de Gaulle qui lui-même se soumettait ou se démettait. Il s'est démis. Il a fait appel au peuple. Mais on n'était pas dans le même contexte, d'une part. On n'est pas avec un général de Gaulle et un successeur qui aujourd'hui pourrait s'imposer. Donc je crois qu'on est dans une crise totalement différente qui suppose, oui, des approches différentes.
Et moi, je renouvelle cet appel à un gouvernement d'Union Nationale qui serait proche sans doute d'un gouvernement technique où on n'attendrait pas des réformes de fond parce qu'elles ne seraient pas votables compte tenu de l'état du pays, mais qui permettrait au moins, c'est peut-être naïf, mais comme le reste ne fonctionne pas davantage, qui permettrait peut-être de se poser un peu. Parce que j'entends le PS. Le PS nous dit aujourd'hui, confiez-nous le pouvoir. Ça ne sera pas tout le programme du PS, mais on partira sur le programme de la gauche. Mais non, justement, c'est un programme dont nos concitoyens ne veulent pas. On peut nous dire que le NPS...
Non, monsieur Gossard, je ne peux pas vous laisser dire ça. On a testé toutes nos propositions. On peut nous dire que le NPS est axé en tête, mais le NPS représente un tiers et pas plus. Philippe Gossard, on va laisser Rémi Branco, s'il vous plaît. Laisse Rémi Branco répondre. Avec le respect que j'ai pour vous et votre analyse, vous ne pouvez pas dire que les propositions du PS aujourd'hui ne sont pas populaires. Une majorité de Français est favorable à la taxation des hauts patrimoines et des hauts revenus. Une majorité de Français est opposée à la réforme actuelle des retraites à laquelle vous êtes favorable.
Une majorité des Français, et pour qu'on soulage le pouvoir d'achat, en baissant la CSG, notamment sur les mamans solos qui gagneraient 900 euros par mois dès demain si on arrivait au pouvoir. Je vous le dis, une majorité des Français aujourd'hui seraient d'accord avec le compromis que nous proposons. Maintenant, on a de la modestie et de l'humilité par rapport à ça. On sait qu'aujourd'hui, on n'a pas la majorité à nous tout seuls, et vous avez raison de le dire. Maintenant, il va falloir comprendre une chose, et le Président en particulier, c'est qu'il n'y aura de la stabilité que s'il y a du changement.
Si c'est de la stabilité pour de la stabilité, reprendre les mêmes depuis un an, les remettre et les mélanger avec d'autres, ça ne marchera pas. Il faut changer de pied, changer de base de départ programmatique. Nous, on propose celle que je viens de vous donner, et ensuite discuter. Et ce sera à vous aussi, M. Gosselin, à vos députés de LR et de droite, d'accepter à un moment qu'on parte d'une autre base et qu'on trouve des compromis. C'est ce qu'on propose. Pour l'instant, on ne l'a pas essayé. M. Macron se refuse à cohabiter avec une gauche de gouvernement. Il est encore temps. Il a encore 48 heures pour le faire.
Mais pardonnez-moi, et avant de vous donner la parole, Philippe Gosselin et Gaëtan Dussaucet, Rémi Branco, comment vous comptez convaincre, par exemple, les LR, par exemple, le Renaissance, le Modem, de vous suivre ? Parce qu'il y a eu des discussions pendant trois semaines. Chacun est resté campé sur ses positions, dans tous les camps. Attendez, nous, on a proposé, par exemple, la taxe Zuckman, avec un rendement à se compter de 20 milliards. Si le Premier ministre était venu nous voir, en nous disant, écoutez, on est d'accord pour taxer les plus hauts revenus et les plus hauts patrimoines, mais par contre, on n'ira pas jusqu'à 20 milliards.
Mais proposer 1,5 milliard, vous voyez la différence entre 1,5 milliard et 20 milliards ? C'est-à-dire qu'il n'y a aucune tentative de compromis. Nous, il va de soi que si on devait demain assumer les responsabilités, on irait trouver des compromis. Peut-être que certains, à gauche, à l'extrême gauche, trouveraient que c'est de la compromission. On a l'habitude d'entendre ça. Ben nous, on assumera d'aller vers du compromis et on assumera d'obtenir des avancées pour les Français. Aujourd'hui, les Français qui nous regardent, Qu'est-ce que vous seriez prêt à donner au LR, par exemple, pour qu'il soit d'accord avec vous et que vous puissiez avancer dans la main ? Donnez-nous un exemple.
En réalité, je vais vous prendre un exemple. On sait que sur la réforme des retraites, par exemple, LR sera en désaccord. Il se peut que le bloc central soit d'accord avec ce point-là. C'est-à-dire que sur la question des retraites, il y aura peut-être une majorité. Sur la question de la taxe d'Ukman, il y aura peut-être une majorité différente. Point par point, nous verrons avec le Parlement tous les partis qui sont prêts à nous suivre ou pas.
Et je vous le dis, je n'imagine pas une seule seconde que la gauche de la gauche censure un gouvernement qui fasse avancer le pouvoir d'achat, qui revienne sur la réforme des retraites ou qui aille chercher des revenus chez les plus hauts patrimoines de France. Je pense qu'on arrivera à trouver ces compromis ou d'où moins il faut l'essayer. Sinon, effectivement, c'est la dernière chance avant le chaos. Les écologistes et la France insoumise qui appellent ce matin toute la gauche à agir ensemble pour un programme de rupture par ailleurs et pour compléter et ajouter à ce que vous dites. Philippe Gosselin, j'aimerais vous entendre là-dessus.
Ensuite, Gaëtan Dussault, c'est à l'aise-y, Philippe Gosselin. – Très clairement, moi, je vois mal comment l'ensemble de la gauche peut proposer un programme commun et comment ce programme pourrait être acceptable par l'autre partie de l'hémicycle. Soyons clairs, aujourd'hui, les insoumis maintiennent la pression. On voit bien d'ailleurs les invectives à l'égard du Parti socialiste ou des écolos. Donc, tout le temps qu'il n'y aura pas une rupture franche de cette gauche qu'on attend parfois social-démocrate. Allez, j'aurais tendance à dire, entre guillemets, je le dis avec beaucoup de précaution, d'une gauche intelligente et de gouvernement, je crois qu'il n'y a aucune passerelle possible.
Donc, il faudra, pour arriver à avoir être entendu, le Parti socialiste ne participe pas à la réunion avec les insoumis. Pour que le téléspecteur soit bien informé, ne maintenez pas l'ambiguïté qui n'existe pas. Aujourd'hui, le Parti socialiste ne participe pas à la réunion avec les insoumis, ni participera pas cet après-midi, ni demain, ni après-demain. Donc, les choses sont très bien aujourd'hui. Je l'entends bien. Il y a encore des gages à donner. Je peux vous dire qu'ils sont attendus de pied ferme. Gaëtan Dussault, j'aimerais aussi vous entendre parce que vous nous disiez tout à l'heure, pour nous, la solution, c'est la dissolution et que le Rassemblement national arrive au pouvoir.
Si demain, vous êtes au pouvoir, quelle négociation vous allez entamer ? Est-ce que vous allez négocier déjà avec d'autres partis ou juste imposer ce qui sont vos lignes rouges, notamment la question de la sécurité, l'immigration ou encore sur l'Europe, que vous avez répétée ces dernières semaines ?
Non, mais demain, si nous sommes au pouvoir, évidemment, nous appliquerons notre programme. Et c'est pour ça que nous avons évidemment l'ambition et les Français avec nous...
Votre programme et rien d'autre, sans aucune négociation.
...d'avoir une majorité absolue. Demain, c'est pour ça que nous voulons retourner aux urnes pour donner à l'Assemblée nationale une majorité absolue qui est capable d'appliquer des mesures. Jean-Denis Bardella l'a rappelé d'ailleurs ce matin. On demandera au ministre de l'Économie de baisser la TVA de 20 à 5,5% sur l'intégralité des énergies pour pouvoir baisser la facture énergétique des Français. On demandera au ministre de l'Intérieur d'envoyer une circulaire pour refuser toute régularisation possible de clandestins. Bref, nous aurons un programme pour agir et donner justement un an d'avance à l'alternance.
Mais vous voyez là le spectacle auquel on insiste maintenant depuis une vingtaine de minutes sur ce plateau. C'est justement ce dont les Français ne supportent plus. Cette espèce de tambouille où on discute, on veut ci, on veut faire ça, ça fait 15 mois qu'on voit qu'en réalité, on est bloqué dans un immobilisme législatif où plus rien ne se fait. Aucune grande réforme structurelle est attendue et plébiscitée par la majorité des Français n'est mise en place. Et même pire que ça, quand on entend il faut faire des compromis, il faut faire des compromis.
Mais c'est bien l'intégralité de la gauche et y compris le Parti Socialiste qui avait refusé de voter l'abrogation de la réforme des retraites qui a été proposée par le Rassemblement National le 31 d'octobre 2024, jour de sa niche parlementaire. Là, vous retombez dans de la tambouille. Les preuves, à un moment donné, il faut des actes. Les discours, c'est bien beau, mais à un moment donné, si vous ne faites pas les actes au bout de vos discours,
plus personne ne vous a la conférence en vous. Les actes, ce sera justement demain. Si Emmanuel Macron nous propose de gouverner, on verra bien les actes. Parce que la suspension, voire l'abrogation de la réforme des retraites, elle sera sur la table. À vous, demain, de prendre vos responsabilités. Sur la taxe du QMAD, allez chercher des bénéfices chez les plus hauts revenus pour ne pas que ce soit les autres Français qui trinquent. On verra si vous nous suivrez. Sur la baisse de la CSG, on verra si vous nous suivrez. Mais nous, en tout cas, on a un budget qui est prêt. Votre baisse de la taxe de la TVA de 20 à 5%, moi, je ne sais pas trop comment vous la financez.
C'est 10 milliards d'euros, il y a 18 milliards d'euros. On verra comment vous irez les trouver. Messieurs, attendez, on va, s'il vous plaît, ajouter à cette discussion et à ce débat une information puisqu'un communiqué de Matignon vient à l'instant de tomber dans les boîtes mail de tous les journalistes. Et on va aussi en parler avec Martin Baumeur qui est à Matignon et qui suit ce qui se passe. Martin, que nous dit ce communiqué de Matignon ?
Oui, c'est un communiqué qui fait un point après la réunion de ce matin, vous savez, où une partie du bloc central, en tout cas ceux qui souhaitaient de nouveau se définir dans le bloc central, étaient reçus. Matignon vient donc de publier ce sur quoi les participants, les quelques participants s'étaient mis d'accord. Deux points sur lesquels ils ont décidé de concentrer leurs efforts pour les négociations des 48 heures qui ont suivi la demande du président de la République pour la plateforme commune. Le premier point, c'est évidemment le budget de l'État. Il faut adopter un budget de l'État, un budget de la sécurité sociale.
Et le deuxième, c'est l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. Tous, ajoute Matignon, sont tombés d'accord sur la nécessité de se mettre d'accord assez rapidement sur ces deux points. Ensuite, un échange s'est poursuivi, ajoute Matignon, entre les participants sur l'urgence budgétaire et ce sur quoi le socle commun, en tout cas ce qu'il reste du socle commun, pourrait discuter et se mettre d'accord avec les oppositions. Et enfin, ça c'est une information qui va rythmer, on va dire, l'après-midi et la journée de demain pour notamment les journalistes politiques.
Et ce que la politique intéresse, c'est que cet après-midi et demain, Sébastien Lecornu recevra à Matignon les forces politiques et syndicales, notamment donc les forces politiques des oppositions.
Merci beaucoup Martin, Philippe Gosselin. On va vous faire réagir dans un instant, mais avant, messieurs, vous allez être conviés, invités, vous faites partie des forces politiques. À Matignon, je vous repose la question du début, évidemment, est-ce que vous irez, oui ou non, négocier pendant ces prochaines heures avec le Premier ministre ? Nous, on ira comme toujours écouter ce que... Alors le Premier ministre, je ne sais pas s'il faut l'appeler des démissionnaires, Premier ministre des démissionnaires, à nous dire et voir ce qu'il entend de ce qu'on lui propose. Mais malheureusement, aujourd'hui, la solution, elle n'est pas à Matignon avec M. Lecornu, elle est à l'Élysée.
C'est au Président de la République de faire des choix et enfin d'accepter une cohabitation. Bien sûr qu'on ira discuter... Mais c'est le Président qui missionne le Premier ministre des démissionnaires. Mais ça fait trois semaines, ça fait un mois qu'on attend que le Premier ministre, ex-Préministe maintenant démissionnaire, propose des avancées, des compromis, qu'il ne les fait pas. Donc aujourd'hui, on viendra, bien sûr, mais avec honnêtement très peu d'illusions. C'est au Président de la République, aujourd'hui, d'acter qu'il faut un changement et qu'il n'aura de la stabilité que s'il accepte le changement. Est-ce que vous retournerez à Matignon négocier le RNG à étant du saucer ?
Non, encore une fois, il faut que le cirque se termine à un moment donné et qu'on retourne devant les seuls et le seul chef de ce pays, encore une fois... Vous n'irez pas à Matignon ? Il y a un moment donné, si vous voulez, l'immobilisme qu'on se tape maintenant depuis 15 mois, ça pénalise non pas les parlementaires, ça pénalise concrètement les familles, les jeunes qui veulent rentrer sur le marché du travail, les entreprises qui veulent relancer la croissance et relancer la productivité, les personnes âgées qui voudraient pouvoir transmettre plus facilement...
Donc vous dites dissolution, pas de négociation.
Il faut qu'on agisse, il faut que maintenant on fasse quelque chose. Le monde, il avance.
Donc vous dites dissolution, mais plus de négociation.
Il faut qu'on y aille maintenant. Donc on retourne aux urnes, on donne une majorité au pays et on donne un cap clair au pays.
Gaëtan Dussausaye