Rachida Dati au gouvernement, rapport sur l'école Stanislas, IVG dans la Constitution... Le "8h30 franceinfo" de François-Xavier Bellamy
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour François-Xavier Bellamy, hier Emmanuel Macron était avec Rachida Dati à Clichy-sous-Bois en Seine-Saint-Denis pour un premier déplacement culture, l'image se voulait évidemment très symbolique, est-ce que vous voyez en Rachida Dati une bonne ambassadrice de la culture populaire ?
Honnêtement on verra d'abord les résultats, ce qui compte pour nous c'est l'action, on l'a déjà suffisamment dit, on va pas commenter indéfiniment un casting, je crois que personne n'attendait Rachida Dati à la culture parce que personne ne savait qu'elle avait un intérêt pour les questions culturelles, ce n'est pas du tout juger une personne que de regarder son bilan et son action passée, elle s'est engagée sur beaucoup de sujets, mais je crois jamais vraiment sur les questions de culture, maintenant on verra ce qui sortira de ce mandat, tout le monde peut constater en tous les cas que manifestement ça n'est pas pour la culture qu'elle a été nommée au ministère de la culture, mais plutôt pour faire un coup politique destiné à affaiblir une famille politique précise, la nôtre, qu'on ne s'inquiète pas nous nous en relèverons, et c'était aussi certainement pour madame Dati d'abord l'occasion de préparer puisqu'elle a annoncé quasiment le lendemain de sa nomination, sa future candidature à la mairie de Paris, je crois que tout ça n'est pas une manière de prendre le monde de la culture très au sérieux.
Vous ne voyez même pas aucun symbole d'émancipation autour de la culture, avec sa trajectoire, son identité, sa personnalité ?
Encore une fois, on regardera l'action, on regardera les résultats, c'est la seule chose qui compte.
Vous dites que vous en remettrez, mais est-ce que vous reconnaissez que c'est une perte pour vous ce départ de Rachida Dati ?
C'est surtout un coup dur porté à la vie démocratique en France, parce que je crois que les gens qui nous écoutent, ils ont envie d'avoir un paysage politique qui soit clair, avec des gens qui prennent des engagements, qui tiennent parole, qui sont constants, qui ne changent pas de cap selon le sens du vent. Et au fond, on voit qu'Emmanuel Macron, derrière la promesse du « en même temps », aura donné une forme de justification à des comportements politiques qui sont en fait affligeants, n'ayant pas peur de le dire, que quelqu'un se contredise au point d'avoir traité toute la Macronie d'être un amas de traîtres et puis de les rejoindre aujourd'hui, que quelqu'un finalement change de camp.
Vous voyez, qu'est-ce qu'on dirait d'un footballeur qui change de maillot au milieu du match parce que son équipe n'est pas favorite de la rencontre ? Il y a des transferts dans le football, en politique aussi.
C'est peut-être le signe que les Républicains ne sont pas assez attractifs, non ?
Aujourd'hui, c'est certain que notre famille politique traverse une crise, on ne va pas faire semblant de ne pas le voir, mais c'est toute notre vie démocratique qui traverse une crise. Et cette crise, elle vient, je le redis, de la confusion permanente installée par cette politique de casting qui ne répond pas du tout aux problèmes des Français. Regardez, ça fait... Regardons-nous tous ensemble, quand même. On va développer, François-Gavier Mélenchon. Ça fait une semaine qu'on est en train de parler de ce gouvernement d'affichage et de communication. Où est la réalité ? Où est la réalité de la vie des gens ?
Alors, la réalité, ce sont des annonces notamment faites mardi soir par Emmanuel Macron, qui a parlé, par exemple, de rendre le théâtre obligatoire, de rendre le théâtre obligatoire. Il a parlé de la généralisation de l'uniforme, du service national universel en seconde, de l'apprentissage de la Marseillaise en primaire, de cérémonie, de remise de diplôme. J'essaie d'être un peu exhaustif. Ce sont des annonces qui vont dans un sens qui pourrait vous plaire ?
La réalité, c'est pas ça, en fait. La réalité, c'est qu'en France, aujourd'hui, à 18 ans, un jeune sur cinq ne sait pas lire le français. La réalité, c'est que nos élèves sont les derniers d'Europe en mathématiques. La réalité, c'est qu'on a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE. C'est ça, la réalité, que vivent les gens. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, vous avez des établissements scolaires où la violence se multiplie au point que des professeurs, dans le pire des cas, ont été assassinés en France parce qu'ils avaient osé faire court.
Mais vous avez aussi, tous les jours, des professeurs qui vivent la menace, l'intimidation, des élèves qui vivent la montée de ces tensions, de ces violences qui traversent notre pays. C'est ce gamin de 14 ans tué à Saint-Denis. Avant-hier, c'est ça, la réalité du pays.
Et dans ce cas, l'uniforme de la Marseillaise, c'est solennel, ça peut permettre de restaurer l'autorité ou pas ?
C'est très bien les cours de théâtre obligatoire. Ça va dans le bon sens ? Mais notre problème à nous, c'est d'apprendre à lire à nos élèves. C'est de leur apprendre à compter. C'est de leur transmettre les savoirs les plus fondamentaux. Et donc, organiser des remises de diplômes, c'est super, il n'y a aucun problème. Mais le sujet essentiel est là où les professeurs attendent enfin un cap clair, enfin un peu de continuité. Enfin des ministres qui s'intéressent vraiment à leur travail et qui soient vraiment là dans la durée pour pouvoir reconstruire l'école. Les professeurs et les élèves et les familles de ce pays attendent qu'on revienne à l'essentiel.
Comment est-ce qu'on va réussir à reconstruire une école qui transmette les savoirs fondamentaux ?
Et quelle serait la première mesure à prendre selon vous ?
Les premières mesures à prendre, c'est d'abord de mieux former les professeurs, de mieux accompagner les professeurs, de mieux rémunérer les professeurs pour rendre le métier plus attractif. Tous les systèmes scolaires qui fonctionnent en Europe sont les systèmes qui ont le plus investi sur la qualité de l'enseignement, sur la qualité des professeurs. Aujourd'hui, on a des professeurs qui sont abandonnés. C'est le fameux pas de vague devant les difficultés qu'ils rencontrent. On a des professeurs qui sont trop mal payés malgré les revalorisations récentes qui étaient nécessaires mais qui sont encore trop faibles. On a des professeurs qui sont souvent d'une certaine manière laissés.
Je le vois avec, je l'ai vécu moi-même comme professeur dans l'enseignement public. Je le vois avec mes propres élèves qui sont devenus professeurs, qui ont embrassé ce métier magnifique, mais qui sont envoyés dans les établissements les plus difficiles au début de leur carrière sans avoir été vraiment préparés à ce que, aujourd'hui, l'enseignement exige de la part d'un jeune professeur. Donc, tout ce travail-là, mais encore une fois, il faudrait développer longtemps. Et surtout, il faut qu'on arrête de disperser l'école.
Quand vous dites, on va faire du théâtre obligatoire, quand vous dites, on va faire du sport tous les jours, quand vous dites, on va faire plus d'heures d'éducation civique, tout ça, c'est très bien, encore une fois, mais le temps d'apprentissage d'un élève, il n'est pas indéfiniment extensible. Le temps de travail des professeurs, il n'est pas indéfiniment extensible. Et donc, la question, c'est de se concentrer sur les savoirs fondamentaux. Moi, ça fait des années que je le dis. C'est une des propositions que j'ai lancées dans le débat depuis longtemps. Il faut qu'on consacre la moitié de tout l'enseignement primaire à la lecture, à l'écriture et au calcul.
On a bien entendu votre message. Amélie Goudéa Castérat, la ministre de l'Éducation, c'est la bonne personne au bon endroit pour faire évoluer les choses ?
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce gouvernement qui prétendait prendre l'école au sérieux, ce Premier ministre qui disait qu'il emmenait la cause de l'école dans son cœur, la première décision qu'il a prise aura été de rattacher le ministère de l'Éducation nationale à la ministre des Sports, qui continue de s'occuper des sports et des Jeux olympiques dans une année dont on voit bien à quel point cette question va être, évidemment, cruciale et prenante. C'est, encore une fois, un signal très étonnant. Je crois que l'école a besoin de temps, elle a besoin de durée. Le Premier ministre a été ministre de l'Éducation nationale pendant 4 mois et demi.
Il semble que ça suffise à constituer un magnifique bilan. Le fait est qu'aujourd'hui, on a besoin d'enfin un peu de sérieux. Et je ne reproche pas Amélie ou Déa Castérat de s'engager sur ce sujet. Mais là encore, le moins qu'on puisse dire, c'est que... Au fond, ça me fait penser à ce mot de Beaumarchais dans le mariage de Figaro. Il fallait un calculateur, ce fut un danseur qui l'obtint. C'est-à-dire qu'on aurait besoin de gens qui connaissent un peu la cause de l'école, qui connaissent un peu l'enseignement, qui connaissent un peu l'éducation nationale. Amélie ou Déa Castérat, je ne sais pas par quel moment dans son parcours elle a pu acquérir une compétence sur ce sujet.
Et malheureusement, les maladresses qu'elle a commises, les fautes même qu'elle a commises dès le début de sa mission, montrent bien à quel point, à un moment, quand vous dites à votre majorité, à votre gouvernement, comme le faisait Emmanuel Macron, soyez fiers d'être des amateurs, à la fin, il y a des conséquences. Et ces conséquences, c'est les Français qui les payent.
On va continuer à parler de l'école dans un instant. François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains, par ailleurs professeur de philosophie. On vous retrouve dans un instant, juste après le fil info de Damien Mestra à 8h40.
La Corée du Nord a sur ce matin à voir testé un système d'armement nucléaire sous-marin en mer du Japon. Une réponse selon le régime de Kim Jong-un aux exercices militaires menés par les Etats-Unis, la Corée du Sud et le Japon. Les autorités craignent des débordements au sud de Toulouse, alors que l'A64 est toujours coupée dans les deux sens, conséquence d'une manifestation de plusieurs centaines d'agriculteurs. Une partie d'entre eux ont passé la nuit sur place. Ils réclament notamment des aides liées au quota d'irrigation. Les producteurs d'huîtres du bassin d'Arcachon saluent une excellente nouvelle. La vente de leur coquillage est à nouveau autorisée à partir de ce matin.
Elles avaient été retirées du marché fin décembre en raison d'un virus provoquant des gastro-entérites. Perte estimée, 7 millions d'euros de chiffre d'affaires selon les professionnels. La circulation des poids lourds interdite en Isère sur les autoroutes, conséquence du verglas qui touche d'ailleurs ce matin une bonne partie du pays en raison de la chute des températures. Dans le Calvados et l'Orne, ce sont les crues qui menacent. Ces deux départements sont en vigilance orange.
France Info Le 830 France Info, Agathe Lambret, Jean-Rémi Baudot.
Toujours avec François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains. La ministre de l'Éducation, on en parlait, a demandé à pouvoir se déporter du dossier concernant l'établissement privé Stanislas où ses enfants sont scolarisés. Un rapport de l'Inspection Générale de l'Éducation Nationale révélé par Mediapart avait pointé les dérives de cette école. Catéchisme imposé, propos homophobes ou anti-avortement de la part d'intervenants. Est-ce qu'il faut mettre fin au contrat avec l'État dont bénéficie cet établissement ?
Moi, je trouve assez stupéfiant qu'on consacre tant de temps à cette polémique. Et ceux qui, d'ailleurs, se sont faits les croisés de la guerre contre Stanislas sont ceux qui, bien souvent, défendent les pires dérives ailleurs. Parce qu'en réalité, ce rapport que vous évoquez, qui a été publié par Mediapart, qui, depuis plusieurs jours, est en train de tenter de fragiliser Stanislas, Mediapart était le même média qui défendait Bec et ongles, le lycée Averroes, qui, lui, pour le coup, a fini par avoir son contrat d'association révoqué avec l'État. Parce que les dérives qui s'y multipliaient, l'enseignement d'Hassani Kiusen, imam depuis expulsé, des cours qui expliquaient aux jeunes filles...
Mais là, elle vous parle de Stanislas. Non mais, ce que je trouve frappant, je vais vous dire, c'est qu'aujourd'hui, si dans ce pays, le principal danger pour l'unité républicaine, c'était le lycée Stanislas, je crois que la France ne se porterait pas trop mal.
Mais c'est normal que l'argent public subventionne de telles pratiques ? Vous connaissez bien le privé, vous avez été élève dans le privé, vous avez été professeur dans le privé, vous trouvez ça normal ?
J'ai été professeur dans le public et dans le privé et je peux vous dire que je n'ai vu à aucun moment, dans mon travail de professeur, je n'ai vu à aucun moment de menaces pour l'unité républicaine dans l'enseignement privé sous contrat que j'ai eu l'occasion de fréquenter, dans lequel j'ai travaillé. Encore une fois, ce qui me paraît fascinant, c'est que, d'ailleurs, le rapport que vous citez est un rapport à charge, il était fait pour cela, il a été lancé par le ministre Papendia et pour pouvoir fragiliser Stanislas.
Ce rapport, je l'ai lu, je ne sais pas si vous l'avez regardé, je l'ai trouvé très étonnant par le fait qu'il va chercher systématiquement des élèves dont le témoignage peut être négatif sur l'établissement, ils ne sont pas très nombreux, mais à aucun moment il ne parle de tous les élèves et pour le coup, ils sont nombreux, qui sont heureux de vivre dans cet établissement. Et le fait est qu'il y a tellement de familles, et de familles qui ne sont pas catholiques d'ailleurs, qui cherchent à inscrire leurs enfants à Stanislas, c'est un secret de polychinelle à Paris, tous les gens qui vivent dans l'arrondissement espèrent pouvoir mettre leurs enfants, notamment dans cet établissement.
Donc, il y a un moment où si c'était vraiment si désastreux que cela, si c'était un endroit aussi terrifiant, on a du mal à comprendre le succès qu'ils rencontrent aujourd'hui, y compris de la part de gens qui, comme la ministre elle-même le revendique, ne sont pas du tout catholiques. Pour le reste, pardon de le dire, mais je crois, je le disais à l'instant, on a un problème majeur dans ce pays. majeur, ça devrait nous empêcher de dormir. On a le système scolaire le plus inégalitaire de tous les pays de l'OCDE. Et ça, c'est pour le coup révoltant. Ça veut dire que le parcours scolaire d'un élève en France est le plus directement corrélé à son milieu social d'origine.
Si vous êtes un élève qui vient d'une famille modeste, vous avez beaucoup moins de chances de réussir que si vous êtes un élève qui vient d'une famille aisée. Ça, c'est pour le coup désastreux.
Est-ce que typiquement, Stanislas, ce n'est pas du séparatisme scolaire ?
Mais le problème n'est pas Stanislas. Le problème, c'est que tous les élèves n'aient pas la chance d'avoir accès à l'excellence. Le problème, c'est que ça n'est pas qu'il y ait des établissements, y compris d'ailleurs publics, où on transmet le meilleur. Le problème, c'est qu'il y a beaucoup d'établissements, et notamment publics, où malgré le dévouement des professeurs, les élèves n'ont pas la chance de pouvoir accéder à l'essentiel de la connaissance dont ils auront pourtant besoin pour réussir leur existence. C'est ça, le vrai problème.
Et de ce point de vue-là, on s'y prend à l'envers quand on cherche à casser ce qui aujourd'hui est devenu, parce que c'est ça qu'on reproche à Stanislas, c'est d'être devenu effectivement un symbole d'une excellence qui est effectivement, et ça c'est désastreux, réservé à une forme d'élite sociale. Ça c'est désastreux. Mais ce n'est pas de la faute, encore une fois, de Stanislas. La vraie question, c'est comment faire en sorte que tous les élèves, d'où qu'ils viennent, aient accès à cette excellence. Et c'est là que les propos de la ministre étaient particulièrement blessants à l'endroit des professeurs, évidemment.
François-Xavier Bellamy, vous avez été désigné tête de liste LR pour les Européennes. En 2019, vous aviez recueilli 8,5% des voix, ce qui à l'époque avait été vécu comme un traumatisme pour la droite. Est-ce que vous avez vraiment envie d'y retourner ?
Bien sûr que j'ai envie d'y retourner. D'abord parce que depuis 5 ans, je travaille au Parlement européen et je vois à quel point aujourd'hui la France est fragilisée dans le débat européen. Et puis parce que je vois aussi à quel point le travail que nous faisons, le travail que nous faisons pour faire entendre la voix des Français, même si c'est vrai, nous sommes aujourd'hui au Parlement européen moins nombreux que nous ne l'avons été, ce travail, personne d'autre ne le fait. Personne d'autre. Pas le RN qui en réalité est aux abonnés absents et qui n'a aucun résultat à faire valoir malgré le fait qu'il ait gagné la dernière élection européenne, mais pas non plus la Macronie.
On nous dit toute la journée que la Macronie penche à droite. Mais moi je voudrais poser une question toute simple aujourd'hui au Premier ministre Gabriel Attal, au Président de la République.
Est-ce que lorsque le Président de la République dit qu'il veut arrêter d'empiler les normes sur le dos des Français, est-ce qu'il assume le bilan de la délégation macroniste au Parlement européen qui a voté à chaque fois que c'était possible pour créer plus de contraintes, plus de complexité, plus de régulation, pour faire en sorte qu'on vive aujourd'hui avec cette menace directe qui pèse sur nos agriculteurs, sur nos pêcheurs, sur nos entreprises qui sont aujourd'hui confrontés à un afflux, un flux de nouvelles normes absolument intenables.
Est-ce que, puisqu'il s'agit d'envoyer un signal à l'électorat de la droite, apparemment à travers les nominations et le casting, est-ce que par exemple, c'est une question très simple et très importante, est-ce que le Premier ministre, est-ce que le ministre des Affaires étrangères qui était au Parlement européen il y a encore peu de temps, assume les votes de la délégation Renaissance au Parlement européen sur la réforme des traités ? La délégation Renaissance a voté pour supprimer l'unanimité, c'est-à-dire pour supprimer la possibilité que les États ont aujourd'hui de faire valoir leur souveraineté au Conseil européen sur des sujets aussi majeurs que la fiscalité.
La délégation Renaissance a créé par exemple pour que Bruxelles puisse créer de nouvelles taxes en France sans même l'avis du gouvernement français. Aujourd'hui c'est impossible évidemment, mais c'est ça que veut aujourd'hui le gouvernement, c'est ça que veulent les députés macronistes. Est-ce que le ministre des Affaires étrangères assume d'avoir voté pour que la politique étrangère de la France soit confié au plan européen une politique étrangère et de sécurité commune votée à la majorité qualifiée ? C'est-à-dire une politique étrangère européenne dans laquelle la France n'aurait même pas la possibilité de mettre un veto quand ses intérêts vitaux sont en jeu.
La délégation macroniste au Parlement européen vote contre les institutions de la Ve République. Et ça je crois que c'est au fond d'une très grande gravité et c'est le signe de notre responsabilité. Et nous la droite française, nous qui héritons de la tradition gaulliste, notre travail à nous c'est de réussir à faire en sorte que les Français soient entendus au Parlement européen. Et oui j'ai envie de retourner dans cette élection parce que je crois qu'on a un devoir qui est celui de faire en sorte de revenir plus nombreux pour pouvoir peser et gagner plus de batailles encore dans ce débat qui s'engage.
On sait que Xavier Bellamy en parlant de sujet de fond, une loi visant à inscrire l'interruption volontaire de grossesse dans la Constitution devrait être soumise aux députés et sénateurs réunis en Congrès au printemps prochain. Faut-il que les LR votent pour cette inscription dans la Constitution ?
Je ne sais pas mais la question que je me pose est d'abord la suivante. Est-ce que cette loi va changer quoi que ce soit dans la vie d'une seule femme en France ? Est-ce que le vrai combat du féminisme est là aujourd'hui ? Est-ce que le vrai combat de Simone Veil serait là aujourd'hui ? Est-ce que cette loi va faire en sorte qu'une seule femme voit son quotidien, les préoccupations qu'il anime, vraiment améliorer ?
Aujourd'hui non mais c'est une loi pour l'avenir, pour éviter par exemple qu'il se passe comme ce qu'il s'est passé aux Etats-Unis. Une décision qui remette en cause ce droit pour les femmes.
Ce qui est très frappant, et là je partage le même sentiment que François Bayrou qui dit la même chose sur ce sujet, ce qui est très frappant c'est qu'on est en train d'assister à l'importation d'un débat américain dans la vie politique française. L'américanisation de la vie politique est je crois une dérive à laquelle nous avons le devoir d'opposer une résistance parce qu'on ne peut pas être en train de voir sur notre sol, dans notre vie démocratique, importer des questions qui ne sont pas les nôtres.
Mais vous-même vous êtes opposé à l'IVG ?
Non, personne ne remet en cause la loi Veil en France. Vous c'est à titre personnel, vous l'aviez dit. Ce que j'ai toujours dit, ce qui est fascinant, c'est que ce qu'on me reproche, c'est d'avoir dit la même chose que Simone Veil. Ce que j'ai toujours dit, c'est qu'on devrait revenir précisément à ce principe qui était celui de la loi Veil. Mais on en arrive aujourd'hui à quelque chose qui est complètement contraire à ce qu'elle-même avait porté, à ce qu'elle-même avait voulu. Et on rentre avec cette logique de la considération de l'IVG dans un projet qui est, je crois, relève plus en effet du débat américain que de la vie politique française.
Pour le reste, encore une fois, les vrais combats... Marine Le Pen avait parlé de dérembourser les apportements de confort en 2012. Mais Marine Le Pen ne dit même plus cela aujourd'hui. Elle ne le dit plus, mais elle l'a dit. Le vrai combat du féminisme, le vrai combat du féminisme aujourd'hui, il est de faire en sorte que les femmes soient protégées contre la violence qui les frappe. Elle est de faire en sorte qu'une femme puisse prendre le métro sans s'inquiéter de savoir si elle sera en danger au moment où elle va voyager dans l'espace public.
Le vrai combat du féminisme, il est de faire en sorte que les jeunes filles qui ont manifestement tenté de réduire au silence une victime de viol à Lyon soient réellement punies. Parce que ça, pour le coup, ça, c'est un danger qui monte dans tout le pays. Et ça, c'est un danger sur lequel on n'entend pas curieusement les professionnels autoproclamés du féminisme. Que vous avez aujourd'hui, dans beaucoup de nos quartiers, une culture du silence qui s'impose à nouveau et qui voudrait réduire la parole des victimes de viol. Et que tout cela se fait, y compris d'ailleurs au nom d'un islam rigoriste qui voudrait faire taire cette question.
Et ça, ça, je crois, c'est une question qui peut beaucoup plus changer la vie des femmes que de leur offrir une constitutionnalisation qui, en réalité, ne changera rien à leur vie quotidienne.
François-Xavier Bellamy, député européen Les Républicains, on vous retrouve dans un instant, juste après le Filinfo, 8h51, Damien Mestre.
Dans un peu plus d'une heure, des millions de téléphones portables français recevront un message d'alerte au tsunami. C'est un exercice réalisé dans neuf départements de la Méditerranée. Et c'est alors que les scientifiques estiment comme très probable la réalisation d'une telle catastrophe naturelle en Méditerranée d'ici 30 ans. Un jeune homme de 19 ans a passé la nuit en garde à vue après la mort d'un adolescent avant-hier à Saint-Denis, en région parisienne. Il est suspecté d'avoir participé à cette violente bagarre sur les quais du métro. Le jeune homme s'est rendu lui-même à la police avec un avocat.
Les rebelles outils du Yémen garantissent le passage en toute sécurité des bateaux russes et chinois en mer rouge. C'est ce qu'affirme ce matin l'un de leurs dirigeants. Déclaration quelques heures après cette nouvelle attaque. Un pétrolier américain a été visé par des frappes. Il n'y a pas de victimes ni de dégâts selon les Etats-Unis. Des dizaines de milliers de personnes attendues cet après-midi à Munich. Elles viennent rendre un dernier hommage à la légende du football. Franz Beckenbauer décédé à l'âge de 78 ans.
France Info Le 8.30 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot
Toujours avec François-Xavier Bellamy député européen. On parlait à l'instant de l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Vous disiez que ce n'était pas une priorité. Ma question ce n'est pas une priorité mais est-ce que c'est suffisant pour s'y opposer ? Parce que vous avez parlé de vos convictions personnelles sur l'IVG mais elles sont aussi présentes dans vos votes au Parlement européen. En novembre 2021 par exemple vous aviez voté contre un texte qui critiquait l'interdiction de fait de l'IVG en Pologne. Pourquoi ?
Parce que tout simplement ce n'est pas une question européenne. Et je reviens à ce que je disais tout à l'heure. Le sujet c'est qu'est-ce qu'on attend de l'Europe ? C'est ça la question fondamentale. Que la Pologne décide de ce qu'elle veut sur les questions de société c'est le fait de son débat démocratique. Nous nous avons voté la loi Veil en France. Nous avons décidé d'adopter cette loi ce n'était pas parce que l'Europe nous l'imposait c'est parce que notre démocratie s'était prononcée. Et moi je crois qu'on a besoin de parler d'Europe pour ce dont elle peut pour ce pourquoi elle peut constituer une vraie valeur ajoutée européenne.
Pour vous l'IVG ce n'est pas un sujet européen mais la GPA par exemple en revanche ça vous considérez que c'est un sujet parce que sur le GPA vous vous êtes exprimé vous avez voté un amendement pour l'inscrire dans la liste des actes relevant de la traite des êtres humains.
Parce que la GPA comme cas de traite d'êtres humains ça ne vous aura pas échappé la GPA est illégale en France elle est interdite précisément elle constitue un délit et donc effectivement nous avons le devoir de lutter contre des éléments de criminalité transfrontalière la GPA en fait partie parce qu'elle instrumentalise le corps des femmes et moi d'ailleurs je suis heureux je vais vous dire de ce vote je suis heureux de voir qu'il y a au Parlement européen des féministes conséquents ce vote vous savez on l'a porté c'est pas moi tout seul avec des rapporteurs du texte qui étaient toutes les deux des femmes des élus d'extrême gauche avec des parlementaires socialistes avec des parlementaires de mon groupe et ce travail là nous l'avons fait de manière transpartisane pour la cause des femmes pour que les femmes précisément ne soient plus aujourd'hui victimes d'une exploitation indécente qui au nom de l'argent roi voudrait disposer de leur corps ça pour le coup c'est effectivement un combat européen pourquoi ?
parce que nous parlons ici de lutter contre un crime de la même manière qu'avec ma collègue Nathalie Collin-Sterley qui est député dans notre délégation nous bataillons aussi pour que l'Union Européenne se dote d'une définition commune du viol et bien à cette définition du viol c'est la France qui s'oppose le gouvernement français pour une raison que j'ai du mal à comprendre vous ne comprenez pas les arguments de la France sur ces questions-là ? je comprends très bien que ce soit difficile de définir le viol c'est un sujet
la question du consentement pour nos auditeurs
parce que ça engage évidemment des conséquences juridiques importantes ce que je ne comprends pas c'est que la France oppose une opposition de principes pourtant il s'agit bien de lutter contre la criminalité et ça pour le coup c'est un travail transfrontalieux et là il y a une valeur ajoutée européenne quand Europol lutte contre des réseaux criminels Europol a besoin d'avoir des objets juridiques communs quand nos forces de police et de sécurité coopèrent ensemble elles ont besoin d'avoir des objets juridiques communs et donc là pour le coup pour lutter contre le crime et notamment pour lutter contre les violences qui sont faites aux femmes on a besoin effectivement de travailler ensemble pour le reste dans les débats de société qui traversent nos pays encore une fois j'attends l'Europe sur beaucoup de sujets et on aura beaucoup de débats sur ce sujet en France je suis prêt à parler de beaucoup d'entre eux mais j'attends pas de l'Europe sur un débat français
et notamment la question de la natalité puisque Emmanuel Macron a insisté sur un réarmement démographique plan de lutte contre l'infertilité refonte du congé parental qui deviendra un congé de naissance plus court mieux rémunéré la question de la natalité elle a souvent été campée plutôt par l'extrême droite est-ce que vous pensez qu'il est bon que cette question revienne au cœur de la société ?
c'est une question fondamentale et d'ailleurs là aussi au plan européen c'est une question qui est aujourd'hui abordée de manière beaucoup plus directe et concrète par beaucoup de pays européens qui vivent déjà l'hiver démographique avec plus de force que nous depuis plus longtemps aussi
est-ce que parler de ça c'est asservir la femme les utérus des femmes mais bien sûr que non
au Parlement européen quand je suis arrivé d'ailleurs c'est une des choses qui m'a frappé il y a 5 ans maintenant il y a un intergroupe il y a un groupe de travail qui réunit des parlementaires de tous les bords politiques sur la question précisément de la démographie pour pouvoir faire face à l'hiver démographique un groupe de travail de parlementaires qui coopèrent et vous avez dans ce groupe de travail des parlementaires socialistes et des parlementaires de droite donc c'est pas du tout un sujet qui devrait être relégué à un camp politique c'est un sujet qui nous engage tous comment est-ce qu'on fait Jean-Rémi Baudot comment est-ce qu'on fait reposer notre modèle de sécurité notre modèle de solidarité en France notre modèle de sécurité sociale notre système de retraite il fonctionne comment s'il n'y a plus d'enfants c'est évidemment un sujet majeur et aujourd'hui c'est aussi un sujet pour répondre aux demandes des français parce que ce qui me frappe beaucoup c'est que quand on écoute les français quand on leur pose la question le nombre d'enfants qu'ils disent désirés et le nombre d'enfants qu'ils ont est différent ils ont en moyenne un enfant de moins que d'enfants qu'ils désirent ce qui veut bien dire que si on veut répondre aux attentes des français il faut leur apporter les conditions économiques nécessaires les conditions matérielles les conditions professionnelles indispensables pour pouvoir mettre en oeuvre leurs projets personne évidemment ne dit qu'il faut obliger les enfants les français pardon à avoir des enfants ce serait complètement absurde de rentrer dans un soupçon comme celui-là mais tout le monde dit en revanche et je crois que tout le monde devrait dire ensemble qu'une politique qui fonctionne bien c'est une politique qui laisse aux français les moyens de mener à bien leurs projets y compris leurs projets de famille
François-Xavier Bellamy les manifestations d'agriculteurs se multiplient en Europe à Toulouse notamment des agriculteurs exaspérés par la hausse des coûts par les normes européennes où les contraintes écologiques nous pèsent sur eux notamment que doit faire le gouvernement ?
Il faut absolument que chacun prenne conscience de l'urgence absolue de ce que nous sommes en train de vivre en 2019 et je parle d'urgence mais une urgence de temps long en 2019 la France est devenue déficitaire commercialement pour la première fois dans sa balance agricole ça veut dire que nous importons plus de notre alimentation que nous n'exportons de produits alimentaires nous sommes devenus dépendants la France qui a depuis très longtemps depuis des siècles été un pays incroyablement fertile grâce à son terroir grâce aussi au savoir-faire de ses agriculteurs pourquoi est-ce qu'on en arrive là ?
On en arrive là parce qu'on a créé un environnement tellement complexe tellement contraint un environnement qui rend la vie tellement impossible aux agriculteurs que leur travail finit par en être asphyxié c'est pour une grande part les normes européennes et c'est la raison pour laquelle on s'est battus au Parlement européen avec ma collègue Anne Sander qui est une grande spécialiste des questions d'agriculture on s'est battus pour sauver la politique agricole commune et la maintenir pour ce qu'elle doit être c'est-à-dire une politique de soutien aux agriculteurs mais on s'est battus aussi contre la surenchère environnementale complètement aberrante y compris du point de vue écologique menée par les Verts mais aussi par nos collègues macronistes je pense à Pascal Canfin qui aujourd'hui a porté avec détermination les derniers textes européens sur le sujet le texte restauration de la nature par exemple voulait imposer aux agriculteurs de mettre 10% de leur terre en jachère ça veut dire faire baisser encore la production agricole ça veut dire faire baisser le revenu des agriculteurs ça veut dire augmenter les prix pour tous les consommateurs que nous sommes heureusement nous nous sommes battus et nous avons réussi à empêcher cela mais ce sujet-là il doit être au cœur du mandat qui vient
Merci beaucoup François-Xavier Bellamy député européen député européen les républicains tête de liste des républicains pour la prochaine élection européenne professeur par ailleurs de philosophie merci d'avoir été l'invité Merci à vous Merci beaucoup Agathe Lambré on se retrouve demain pour une nouvelle interview pour une nouvelle interview
François-Xavier Bellamy