Fabien Roussel : "Macron est en train de tuer l'avenir"
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Dans questions politiques, bonne année, meilleurs voeux. On espère que vous resterez fidèles cette année encore au rendez-vous de France Inter, du journal Le Monde et de France Info. Notre invité jusqu'à 13h est un élu du Nord. A l'Assemblée, il s'est fait remarquer par certaines de ses envolées sur les riches et sur les évadés fiscaux en particulier. Si certains cherchent aujourd'hui à effacer le clivage gauche-droite, lui au contraire affiche son appartenance politique. C'est un camarade. Pour lui, la lutte des classes n'est pas terminée. La preuve, avec la réforme des retraites telle qu'elle a été présentée, reste à savoir si la gauche réussira à exister, à se rassembler pour s'y opposer.
C'est son pari, montrer que la gauche a retrouvé sa capacité à prendre ses responsabilités. Tout cela va jouer là. Maintenant, il était donc urgent de l'inviter, urgent d'entendre ce qu'il a envie de proposer et urgent de comprendre ce qu'il va vraiment pouvoir imposer. Les questions politiques, c'est en direct avec le secrétaire national du Parti communiste français, Fabien Roussel. Vous pouvez intervenir avec l'application mobile France Inter et le hashtag QuestionPol. Question politique sur France Inter. Bonjour Fabien Roussel.
Bonjour et meilleurs voeux.
Voilà, bonne année. Qu'est-ce qu'on peut vous souhaiter ?
Pas à moi, mais au français, peut-être un peu de calme, de sérénité et puis un peu d'argent dans le porte-monnaie.
Pour vous interviewer, une équipe resserrée aujourd'hui et ultra féminisée. Tous mes bons voeux à vous, Nathalie Saint-Cris.
Bonne année à Karine, bonne année aux auditeurs, bonne année à M. Roussel, bonne année à Françoise. Et mes meilleurs voeux également à Françoise Fresseau. Une belle année.
Merci Karine et bonjour à tous. Fabien Roussel, attaquons. Qu'est-ce que ça veut dire aujourd'hui encore d'être communiste ? Est-ce que ça a quelque chose de particulier ? Est-ce que ça a une existence encore ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ah mais écoutez, je pense que les valeurs que nous défendons, qui sont celles de mettre l'être humain au cœur de tous les choix politiques, les valeurs de partage, de solidarité, de fraternité, sont certainement des valeurs en perte de vitesse dans le monde d'aujourd'hui, mais auxquels beaucoup sont encore attachés et auxquels il faut redonner du sens et de la force. Et c'est tout le rôle, la mission du Parti communiste français, de ses militants, de ses élus.
Mais pour avoir des adhérents, il faut attirer un public jeune. C'est avec ce discours-là que vous réussissez à les attirer ? Je ne sais pas, un adhérent qui pourrait avoir 20 ans, vous réussissez à le convaincre avec ces arguments-là ?
Vous savez, nous allons lancer le centenaire du Parti communiste français en 2020 avec un slogan, c'est l'humain et la planète d'abord. Et je pense que justement le défi du siècle, c'est de remettre l'humain et les questions écologiques au cœur de nos enjeux de société. Et donc je pense qu'effectivement, nous avons toute notre place pour défendre ces grands défis aujourd'hui.
Il va y avoir en 2020 une sorte de guerre des mémoires, puisque parallèlement aux 100 ans du Parti communiste, il y aura aussi des commémorations autour de la naissance, de la mort du général de Gaulle et autour de l'appel du 18 juin. Comment est-ce que dans l'histoire française, vous situez la relation communiste et gaulliste ? Est-ce que vous pensez qu'à un moment, il y a eu une communion possible ou qu'au fond, ils étaient antagonistes dans leur vision de la société ?
Oh mais non, la communion, elle a été réelle. D'abord dans la résistance, puisque cette période dure de la France a été celle où les mouvements de résistance se sont unis. Et ils ont en même temps écrit un programme pour redresser la France aux sorties de la guerre, qui était le programme des jours heureux. Et ce programme-là, d'ailleurs nous en vivons encore un peu dessus, avec la sécurité sociale, et ce gouvernement du général de Gaulle dans lequel participaient les communistes, il y avait notamment Ambroise Croizat qui a fondé la sécurité sociale avec ce gouvernement-là. Et donc nous avons une histoire commune.
Est-ce que c'est cette nostalgie que vous vivez aujourd'hui, quand vous dites en fait qu'on est à la recherche de l'humain ?
Ben écoutez, il y a, c'est pas de la nostalgie, il y a d'abord une histoire, qui est celle de la France, qui est celle d'un pays qui s'est libéré du nazisme, qui est celle d'un pays qui s'est libéré de la monarchie en 1789, qui a lancé un vent d'espoir dans le monde, qui s'est libéré du nazisme en 45, et aujourd'hui nous disons qu'il faut se libérer du capitalisme. Et donc nous sommes toujours dans ces combats pour l'être humain, pour mettre l'argent au service du développement humain et au service de tous. Alors qu'aujourd'hui, tout ce que nous voyons, c'est que les richesses sont accaparées dans les mains de quelques indres, d'une infime minorité qui est toujours plus riche.
Aujourd'hui, les 26 personnes les plus riches au monde détiennent autant que la moitié de l'humanité. Jamais on n'a vu ça. Et donc il y a un capitalisme qui est devenu débridé. Beaucoup disent d'ailleurs qu'il est à bout de souffle. Donc nous voyons bien qu'il y a besoin d'inventer un nouveau modèle économique, social, écologique. Et nous sommes là pour le proposer.
C'est un modèle avec un parti qui a 100 ans et qui...
Et qui ne fait pas recette dans le monde entier. Parce qu'on veut dire quand même, en gros, ce n'est pas une période ascendante pour le PC depuis les 50 dernières années.
On est aujourd'hui dans les premiers jours de l'année 2020. Qu'est-ce qu'on voit ? On a un président de la République qui fait un bras de fer à ceux qui manifestent en disant que c'est la réforme des retraites. On a un Carlos Ghosn qui fuit le Japon et qui lui fait un bras d'honneur à la justice et à tout le monde. Et on a un président Trump qui a, lui, le doigt sur la gâchette et qui décide de dessouder un dirigeant iranien. Dans quel monde vit-on en ce début d'année 2020 ? Je vous dresse ce tableau-là parce que je trouve qu'il peint assez bien le monde dans lequel nous vivons aujourd'hui. Qui est un monde de rapports de force, de violence, de corruption qui est insupportable.
Parce que, effectivement, ce n'est pas le monde dans lequel nous voulons vivre. Jeunes et anciens, ce n'est pas le monde que nous souhaitons.
Mais on a un monde où l'alternative communiste aussi ne fait pas rêver et, en tout cas, s'est effondré dans de nombreux pays. Comment vous expliquez ça ?
Écoutez, il y a eu des combats intenses, forts, pour abattre partout l'idéal communiste et faire en sorte que le capitalisme, aujourd'hui, est en son emprise sur l'ensemble du monde. Il s'est abattu tout seul.
Franchement, on peut parler de politique étrangère et de toute. Le modèle communiste dans tous les pays de l'Est ne veut pas dire que c'est une merveille.
D'accord, mais aujourd'hui, vous ne pouvez pas dire non plus que ce que nous vivons, c'est la panacée. Bien au contraire, bien au contraire. Jamais il n'y a eu autant de réfugiés qui fuient les guerres. La famine n'a pas décru. La pauvreté est toujours aussi importante, y compris dans notre pays. Il y a besoin de changer de monde. L'idéal communiste bat toujours. Il est toujours autant d'actualité. autant pour l'être humain, pour l'avenir de nos enfants, que pour la planète, parce qu'il y a cette urgence écologique que nous voulons aussi porter et mettre au cœur de notre projet.
Et donc, pour cela, oui, le partage des richesses, les richesses que nous créons, nous, travailleurs, salariés, eh bien, doit servir à répondre aux besoins humains et à relever le défi écologique.
Alors, on va voir si la panacée, c'est de s'unir à gauche. Nous sommes à la veille d'une semaine cruciale. Demain, c'est le Conseil des ministres. Mardi, on a une nouvelle séance de concertation entre le gouvernement et les Sédicats. Cette fois, ça va se passer au ministère du Travail, rue de Grenelle. Et puis, d'ores et déjà, on a deux appels à manifester, jeudi et samedi prochains. Fabien Roussel, est-ce qu'il fallait forcément ce climat social, ce climat de tension dans lequel on est en ce moment, pour que la gauche se reparle ?
A la gauche, elle se parle dès le début de ce conflit, quand le président de la République, son gouvernement, ont présenté cette réforme de retraite. Mais ce que je voudrais dire, aujourd'hui, c'est que ça fait plusieurs semaines qu'il y a cette tension. Je dirais même que toute l'année 2019 a été une année de tension, avec la colère portée par les Gilets jaunes, qui était justifiée. Et là, j'en appelle, moi, au président de la République, qui doit être le garant de l'unité de la nation. Il doit se poser en rassembleur et se mettre au-dessus de la mêlée. Ce n'est pas ce qu'il fait. Il est aujourd'hui le représentant d'un clan. Il défend sa réforme de retraite.
Il en a fait le service après-vente lors de ses voeux. Il est le défenseur des fonds de pension américains, avec BlackRock. Alors que ce que nous attendons d'un président de la République, c'est qu'il soit au-dessus de la mêlée et qu'il rassemble l'ensemble des Français. Il faut sortir de ce climat de tension, de conflit permanent, dans lequel nous sommes. Nous avons besoin de cela. Et ce ne serait pas humiliant de sa part qu'il retire sa réforme. Au contraire, ce serait reprendre la main et ouvrir le dialogue. Et c'est ce que je l'invite à faire.
Alors, dans les voeux aux Français du 31 décembre, le président de la République a appelé à un compromis rapide. Donc il tend la main à ceux qui veulent discuter avec lui. Est-ce que vous, vous dites retrait de la réforme ? Est-ce que ce n'est pas une façon de refuser tout le dialogue ? Est-ce que vous dites tous retrait de la réforme ?
Nous disons tous ensemble, et c'est d'ailleurs le sens de la pétition que nous lançons aujourd'hui, tous ensemble, responsables politiques, syndicaux, artistes, économistes, intellectuels, pétition que vous retrouverez sur internet, la pétition retraite.fr, et bien nous disons tous, oui, qu'il faut retirer cette réforme et ouvrir un vrai dialogue sincère sur toutes les pistes de financement possibles pour améliorer le système actuel. C'est-à-dire que nous ne sommes pas contre toute réforme, nous voulons une réforme qui rassemble, une réforme où tout le monde serait gagnant. Et nous disons que l'argent existe...
C'est-à-dire qu'en France, une réforme qui rassemble ?
Vous savez, nous parlions tout à l'heure de De Gaulle, et bien oui, quand Ambroise Croisa présente la réforme, quand il présente la création de la sécurité sociale, dans son discours du 8 août 1946, il dit que cette réforme devait faire l'unanimité dans le pays, et elle a fait l'unanimité dans le pays. Quand on a de l'ambition pour son pays et pour son peuple, on essaye de faire une réforme qui s'adresse à une majorité de nos concitoyens, et on fait en sorte qu'elle gagne les cœurs, les consciences, et qu'elle gagne l'ensemble du peuple.
Or, aujourd'hui, on a un président qui est le défenseur d'un clan, qui vient du monde de la finance, qui défend les intérêts des banquiers et des fonds de pension, même si ça ne vous plaît pas, et c'est pour ça que ça clive autant dans notre pays.
Nathalie Saint-Clique... Est-ce qu'on peut avancer juste sur une chose ? Est-ce que vous reconnaissez quand même qu'on n'a pas été trompé ? C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a été élu quand même, il a été élu sur ce programme, et deuxième question, deuxième tiroir, pourquoi la CFDT et l'UNSA soutiennent ce projet de réforme à point ? Si c'est un truc absolument épouvantable, qu'est-ce qui explique que ces syndicats, qui ne sont quand même pas connus pour être des ennemis du peuple, les soutenus au début, même si les modalités sont discutées actuellement ?
Premier tiroir, M. Macron n'a jamais dit dans son programme qu'il allait allonger l'âge de départ en retraite. Il a dit qu'il réformerait le système, mais il n'a jamais dit que c'est au contraire. Il n'avait pas parlé de l'âge pivot. Et donc aujourd'hui, il arrive... D'accord, mais l'âge pivot, on discute dessus.
Pour l'instant, je vous parle de la globalité de la réforme. Mais je réponds à votre premier tiroir, vous êtes bien d'accord là-dessus ? Il ne l'avait pas dit, il le fait.
Bien.
Donc vous, vous êtes finalement...
Il y a l'âge pivot qui vous critiquait... Non, mais déjà, il y a tromperie sur la marchandise.
Non, mais vous pourriez avoir la position de la CFDT, alors que ce n'est pas votre position. Vous allez jusqu'à celle de la CGT. Vous voulez leur retraite du cours du projet.
Aujourd'hui, il y a de nombreux salariés qui ont fait leur calcul, qui ont bien vu qu'avec cette réforme de retraite, ils seraient tous perdants qu'ils soient dans le public et dans le privé, à tel point que le gouvernement est en train de nous dire que c'est la fin des régimes spéciaux, mais qu'ils créent des régimes spécifiques pour l'un et pour l'autre, histoire de diviser le mouvement, et que donc on n'y comprend plus rien dans sa réforme de retraite. Elle devient floue, complexe, usine à gaz. Donc je ne sais pas comment ils vont s'en sortir. C'est bien la raison pour laquelle nous demandons de la retirer, de tout remettre à plat et de pouvoir en discuter. Vous me parliez des points.
La question, ce n'est pas les points ou les annuités ou le système par répartition. La question, c'est quel financement nous mettons pour faire en sorte que le niveau des pensions ou l'âge de départ en retraite ne soit pas la variable d'ajustement. Or, aujourd'hui, c'est le cas. Nous avons un gouvernement qui nous dit on va faire un système par points et vous allez travailler plus longtemps et si ce n'est pas ça, il faudra baisser les pensions. Nous disons tout l'inverse. Il faut aujourd'hui mettre les moyens, les recettes suffisantes pour que tout le monde ait une pension garantie à la fin de sa vie au travail et que la pénibilité soit prise en compte.
Alors, je te rappelle simplement tout de même que 45% des Français, donc pour ainsi dire la moitié, souhaite que cette réforme aille à son terme. Qu'est-ce que vous leur dites à ces cas ?
Et à la CFDT, vous ne m'avez pas répondu mon troisième tiroir, CFDT, UNSA, pourquoi est-ce que ces syndicalistes et ces syndicats, qui sont quand même connus pour défendre les salariés, soutiennent la réforme à points si c'est aussi abominable que ça ?
Mais je crois que ces mêmes syndicats dont vous parlez sont, avec la CGT, avec EFO, etc., unanimement, tous, contre l'allongement de la durée. Mais on n'a pas de l'âge. Aujourd'hui, il y a unanimité des syndicats pour dire qu'il faut retirer cet âge de départ. Ensuite, il y a un débat entre points, répartition, financement, etc. Cette réforme, aujourd'hui, telle qu'elle est imposée par le président de la République qui dit, je veux un compromis, mais je ne lâche rien sur les principes de la réforme, donc il n'y a pas de compromis possible. Si on cale sur l'âge pivot,
que l'âge pivot, le fameux 64 ans, ne soit plus présenté de cette façon-là, est-ce que la philosophie même du projet serait supportable pour vous ? Elle le serait pour la CFDT et pour l'UNSA ?
Je ne pense pas. Je ne veux pas parler à la place de la CFDT et de l'UNSA, parce que la question qui se pose, c'est celle de comment nous finançons les améliorations indispensables au système actuel. Comment on prend en compte la pénibilité ? Comment on fait en sorte que le minimum contributif pour une carrière complète au SMIC soit au niveau du SMIC et pas 85% du SMIC ? Tout ça va nécessiter des financements importants.
Arrêtons-nous. Vous avez toujours, ça, ça a toujours été la position du Parti communiste, d'essayer de mettre à contribution les revenus financiers, ce qui, philosophiquement, se comprend. Sauf que, à chaque fois que la gauche a été au pouvoir, communiste est compris, vous n'avez pas réussi à taxer les revenus financiers autant qu'il fallait, parce qu'au fond, ce n'est pas possible. Dans le monde actuel, ce n'est pas possible.
Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, vous y arriverez, alors que, au fond, la retraite à 60 ans, qui a été mise en place par François Mitterrand, a été détricotée, y compris par la gauche, pour des raisons de réalisme économique, parce qu'il était impossible d'augmenter beaucoup plus les cotisations qu'aujourd'hui. Donc, comment est-ce que vous surmontez cette contradiction-là ? Très bien.
Mais, tout simplement, au regard de ce qu'est l'économie d'aujourd'hui, et nous avons bien vu ces 40 dernières années, comment la finance a pris le pouvoir, et comment le capital...
Oui, mais comment vous reprenez la main sur la finance ?
En décidant de s'y attaquer, tout simplement, et en arrêtant de baisser les bras, et en disant que c'est... Aujourd'hui, on a des gouvernements qui nous disent, ou ils nous disent que ce n'est pas possible, ou ils nous disent que c'est compliqué, ou alors ils la défendent, comme le fait M. Macron, puisqu'il vient de là, de la banque Rothschild. Le capital n'a jamais été autant servi que ces dernières années. La fiscalité sur le capital n'a jamais été aussi allégée. Oui, mais c'est parce qu'on est dans un monde ouvert,
où le capital est mobile, ce n'est pas Macron qui représente les intérêts financiers.
Aujourd'hui, le capital nous coûte cher. Aujourd'hui, le capital nous coûte cher. Et donc, certains dénoncent le coût du travail, nous, nous dénonçons le coût du capital. Il faut mieux taxer ces richesses qui sont accaparées par une minorité, et faire en sorte qu'elles participent à la solidarité nationale. Je préférerais que l'on taxe le capital, que l'on taxe des grands groupes, quand ils délocalisent leurs entreprises.
Mais concrètement, comment vous faites ? Vous engagez les preuves de force ? Donc, il y a une fuite de capitaux. Donc, vous vous retrouvez dans la situation de Mitterrand en 83-84. C'est-à-dire, qu'est-ce qu'on fait par rapport à l'Europe ?
D'abord, les revenus financiers dans notre pays n'ont jamais été aussi élevés. Ils représentaient en 2018 298 milliards d'euros. Taxation sur le capital, zéro. CSG, mais comme sont nos salaires. Mais cotisation pour les retraites, zéro, nul. S'il y a bien un régime spécial auquel il faut s'attaquer, c'est celui-là. Ensuite, je reviens sur les retraites. Depuis que notre système de retraite a été créé en 45, les dépenses que nous y consacrons, la part du PIB que nous y consacrons, a toujours augmenté. Ce qui est naturel. Il y a l'allongement de la durée de la vie, la santé qui s'améliore, etc. En 1900, dans les années 50, c'était 6% du PIB. Aujourd'hui, c'est 14% du PIB.
Il y a toujours eu une augmentation. C'est la loi de la vie. Ce gouvernement veut plafonner les dépenses des retraites à 14%. Ce qui veut dire que, irrémédiablement, ce sera ou baisser les pensions, ou travailler plus. C'est ce à quoi ils veulent nous produire.
Il y a un argument qui est, au fond, une sorte de ras-le-bol fiscal. C'est-à-dire qu'on l'a vu au moment des Gilets jaunes, tout d'un coup, on ne peut plus. Je veux dire, les Français n'en veulent plus de l'impôt. Donc, comment vous faites pour augmenter sans cesse les cotisations ? Les revenus financiers, je vous écoute, mais c'est très difficile de les avoir, parce que c'est mondialisé. Pourquoi c'est difficile ? C'est ce que je vous explique. Mais pourquoi c'est difficile ? Pourquoi la gauche ne l'a pas fait ? C'est plutôt ça.
Mais moi, je ne veux pas vous parler de ce qui n'a pas été fait. Je vous parle de moi, ce que je veux faire. Vous savez ce que j'ai entrepris avec Bernard Arnault ? Bernard Arnault, j'ai dû l'attaquer en justice pour qu'il publie ses comptes. Et il a été présenté au tribunal, et il a dû publier ses comptes. Je fais le boulot du ministre Le Maire, quand même. C'est incroyable. Et il y en a dix autres comme ça, qui n'ont pas publié leurs comptes. D'ailleurs, depuis, ils me disent, non, non, c'est bon, on ne nous assigne pas en justice, on va aller publier nos comptes. Qu'est-ce qu'on a découvert depuis, dans les comptes de Bernard Arnault ? Je vous l'annonce ici.
Eh bien, c'est qu'il a transféré 25% du capital de son groupe Bernard Arnault, SE, qui est propriétaire de LVMH, en Belgique, dans deux sociétés belges. Comment se fait-il qu'il y ait un quart du capital de Bernard Arnault qui puisse circuler aussi librement de la frontière, et qui parte en Belgique où la fiscalité sur les dividendes est aussi bas ? Vous trouvez ça patriotique, économique ? Et vous trouvez ça juste ? On ne fait rien ? On laisse faire ? Non, mais c'est justement les arguments de ce qui dit comment on est fait.
Si on est tous d'accord pour s'attaquer, justement, à ce modèle économique, où les capitaux peuvent partir là où la fiscalité est nulle, eh bien, attaquons-nous à ça, rassemblons-nous, justement, l'art qui doit être républicain. Parce que c'est la République qui est attaquée quand l'argent part comme ça dans les paradis fiscaux. Et donc, il devrait y avoir un accord large des forces politiques de gauche et de droite pour dire, ça, c'est terminé.
Avec la France toute seule ? Et vous pensez que ça marcherait ?
Ah ben, écoutez, moi je préfère...
On pourrait faire une économie administrée avec...
Mais je ne vous parle pas d'administration, je vous parle de lutter contre l'évasion fiscale, l'optimisation fiscale et la fuite, justement, de cette capacité pour le capital de s'exonérer de tous ses droits et qui met la République à mal. Interrogeons les Français sur ces questions-là. Et vous verrez bien ce qu'ils ont dit. D'ailleurs, les Gilets jaunes ont mis cette question de la fiscalité, de la justice fiscale au cœur de le combat. Et je le partageais, ils avaient bien raison.
Fabien Roussel, on va revenir à nos moutons. Vous voulez quand même parler aussi largement des retraites, on ne l'a pas encore fait, notamment de l'union de la gauche. Vous deviez présenter un contre-projet au projet du gouvernement. Il en est où ? Est-ce qu'il sera écrit ? À partir de quand ? Et qui est-ce que vous allez réussir à mettre vraiment autour de la table ?
Ben écoutez, on a beaucoup travaillé pendant les fêtes.
Donc il est écrit ?
Nous avons beaucoup échangé. Nous allons... Nous nous sommes vus avant. Nous avons eu une première réunion de travail. Quand ? Ben, avant les fêtes. On s'est déjà vu à l'Assemblée nationale l'ensemble des forces de gauche. Et vous vous revoyez à la rentrée ? Nous avons décidé à cette occasion que nous parlerions d'une même voie pour demander le retrait, pour apporter notre soutien aux mobilisations et pour montrer qu'il est possible de réformer notre système de retraite. Nous sommes pour la réforme. Mais sans casser le modèle social. Mais est-ce que vous avez un projet ficelé
qui sera signé
de toute la gauche ? Il est prévu de nous revoir. Quand ? Nous avons commencé à écrire les pistes de travail. Il est prévu de nous revoir cette semaine pour arbitrer. Tout le monde est autour de la table ou pas ? Qui est là ? Oui, tout le monde autour de la table. Jusqu'aux insoumis ? Pour discuter. Jusqu'aux insoumis. S'ils décident de venir et la porte est ouverte et nous en discutons. Et aujourd'hui, nous sommes tous ensemble d'ailleurs autour d'une pétition et d'un appel pour demander le retrait de cette réforme et des améliorations. C'est plus facile de se regrouper pour demander le retrait de quelque chose. Non, non, non. Lisez bien le texte.
Nous demandons le retrait de la réforme et nous demandons l'ouverture d'un vrai dialogue pour améliorer le système actuel. Donc, nous sommes porteurs de propositions et ce sera des propositions qui montrent que le progrès existe, que l'argent existe pour améliorer la situation existante sans demander aux Français de gagner moins pensions et sans leur demander de travailler plus. Quand même, Macron, ce n'est pas lui qui tient le marteau-piqueur qui pose des tuiles sur les droits, il faut qu'ils comprennent que nous ne voulons pas les Français... On comprend finalement
que ça reste toujours aussi compliqué, que c'est toujours le mythe de Sisyphe que vous montez et que vous redescendez très vite.
Attendez, là, vous nous parlez déjà de descendre, on n'est même pas encore en train de monter. Vous nous dites que les insoumis ne sont toujours pas là. Sans les insoumis, il n'y a pas vraiment d'union de la gauche. On est en train, je pense personnellement, que c'est un changement, un tournant et que au moins le président de la République aura réussi à nous mettre autour d'une table puisque effectivement nous ne sommes pas comme pour ADP contre la privatisation, nous ne sommes pas contre la réforme des retraites seulement, nous sommes pour travailler à d'autres propositions qui fait que effectivement si la gauche était au pouvoir demain, elle pourrait dire voilà ce que l'on va faire.
Voilà comment on peut faire une réforme de retraite progressiste qui répond aux attentes d'une grande majorité de nos concitoyens. Est-ce que concrètement
vous continuez à plaider pour la retraite à 60 ans ?
Le Parti communiste français défend la possibilité pour tous les concitoyens de partir à 60 ans et 55 ans pour les travaux pénibles.
Il y a un texte commun. Comment ? Le PS, les écolos, il ne pense pas ça.
Aujourd'hui nous voulons montrer que les questions de retraite minimum, de pénibilité, d'inégalité salariale femmes-hommes et de carrière hachée, ces quatre points, nous les portons en commun et sur ces quatre points nous voulons montrer qu'il est possible d'y apporter des réponses sans casser le modèle existant. Voilà. Et nous avons différentes pistes de financement à mettre sur la table.
Qu'ils soient quoi ? Un mix de cotisations ? C'est quoi vos solutions financières ?
D'abord il y a les fonds de réserve existants, inutilisés, qui pourraient être mis à contribution.
Lesquels en particulier ? Lesquels en particulier ? Lesquels en particulier ? Les fonds de réserve ? Il y en a plusieurs.
Oui, il y en a plusieurs. Tous ? Plusieurs à discuter. D'accord. Deuxième chose, inégalité salariale femmes-hommes. C'est quand même incroyable en ce 21ème siècle que de telles différences existent encore. Mais ça, il y a des mesures concrètes à prendre tout de suite pour réparer les inégalités salariales pour que justement les pensions soient plus justes puisque c'est né de la différence des salaires. Ça fait... En 40 ans, il y a eu 14 lois et rien en termes de réalité là-dessus. Mais pour le coup, ça c'est aussi dans le projet de gouvernement. Enfin, ensuite, il y a différents leviers que nous partageons.
Par exemple, alors nous, c'est taxer les revenus financiers, c'est partager d'ailleurs, d'aller chercher l'argent là où il est. C'est aussi, pourquoi pas, augmenter les cotisations, la part employeur. Pourquoi ne pas proposer une taxe sur les robots qui remplacent les hommes et les femmes dans les usines ? Il y a plusieurs propositions portées par les uns et les autres. Nous proposons nous-mêmes de moduler les cotisations sociales en fonction des politiques des entreprises. Mettons un peu d'écologie dans la réforme de retraite. Pourquoi n'augmenterions-nous pas les cotisations des entreprises qui ne respectent pas des obligations en matière environnementale ou sociale ?
Ça, c'est quelque chose justement de bénéfique. C'est-à-dire, on n'est pas seulement sur répartir les richesses, on est sur produire autrement. C'est-à-dire faire en sorte que le travail ici réponde à des objectifs sociaux et environnementaux et que les cotisations modulent en fonction de ça. Vous voyez ? Il y avait l'impôt révolutionnaire mais il y a la cotisation révolutionnaire. Ça, c'est du neuf.
Êtes-vous pour le maintien des régimes spéciaux ?
Je suis contre le régime spécial de la finance, je vous l'ai dit. Et les régimes spéciaux, je suis pour que tout le monde soit aligné aux régimes spéciaux. Comment se fait-il que les chauffeurs de bus du sud de la France n'aient pas le même droit à la retraite que ceux de la RATP ? Et pourquoi faudrait-il que ce soit ceux de la RATP qui aient à travailler plus longtemps alors que c'est au contraire par le haut qu'il faudrait apporter une réponse ? M. Broussel,
comment expliquez-vous que les Français considèrent qu'en gros, les régimes spéciaux, du moins un certain nombre, ne sont pas justifiés ? On peut toujours dire qu'on veut aligner tout le monde par le haut. Et pourquoi y a-t-il des femmes dans le privé, je parle de femmes notamment parce que vous en parliez, qui sont femmes de ménage, qui se lèvent à 4h du matin, qui vont faire les ménages dans les bureaux entre 5 et 8 et celles-là, on s'en fiche. Alors vous allez me dire qu'il faut qu'elles aussi bénéficient de ça. Alors je reviens encore à mon autre tiroir. Pourquoi les Français considèrent que globalement, les régimes spéciaux ne sont plus justifiés ?
Et c'est qu'ils ne comprennent rien, les Français ?
Non, mais non, parce qu'on trouve toujours un privilégié par rapport à soi, à côté de soi, et puis on le dénonce. Je pense que les régimes spéciaux, on en a mis, on en a fait tellement des caisses là-dessus en disant ça coûte par exemple 9 milliards aux contribuables. Encore Bruno Le Maire aujourd'hui, mon Dieu, ça coûte 9 milliards aux contribuables. Les cheminots. Non, non, vous rigolez. Les cheminots, ce n'est pas 9 milliards.
Vous savez ce qu'il y a
dans les régimes spéciaux ? Il y a les mineurs de chez moi, du bassin minier. Parce qu'aujourd'hui, il y a effectivement 2 000 salariés encore des mines qui s'occupent de la gestion des systèmes de santé, mais il y a 150 000 retraités mineurs. Alors effectivement, le régime n'est pas équilibré et donc on le dénonce. Il fait partie des 9 milliards. Et donc qu'est-ce qu'on fait demain ? Comment Bruno Le Maire peut-il dire c'est inadmissible et ça c'est terminé ? Il fait quoi demain ? Il les tue les mineurs ? Vous savez très bien que les mineurs bénéficieront encore de ce qu'il y a. Mais de la même manière,
il y a un déficit... Quelque chose qui a été créé à la libération, on a parlé tout à l'heure du CNR. Est-ce que vous comprenez que les Français puissent se dire que les conditions de travail, que les choses qui pouvaient se passer à la SNCF sont des choses qui ont été modifiées et qu'à terme, les régimes spéciaux doivent être adaptés ? Il ne s'agit pas...
Mais je suis... Mais je suis... Mais madame Sincrick, je ne dis pas autre chose que vous. Avant, il y a encore 30 ans, 20 ans, il y avait 500 000 cheminots pour faire tourner les trains. D'accord ? Aujourd'hui, 150 000. Je ne vais pas dire qu'il faut revenir à 500 000. La société a évolué, on ne fait pas fonctionner les trains de la même manière qu'avant, ils ne mettent plus du charbon dans les locaux. On est d'accord ? Il y en avait 500 000. Aujourd'hui, il y en a 150 000. Mais les 200 000 retraités justement qui viennent là, qu'est-ce qu'on en fait ? C'est bien ça la question.
Alors, quand Bruno Le Maire nous dit « Mais les cheminots, ils nous coûtent 3 milliards dans les 9 milliards », qu'est-ce qu'on fait ? On les zigouille ? Ou alors on dit « Eh bien, ça fait partie d'un changement démographique parce qu'il y a des professions qui ont évolué et donc on prend en charge, bien sûr qu'on prend en charge la retraite de ceux-là. Mais demain, on va avoir les caissières. Ça va être de la même manière pour les caissières.
Il est retraité de la SNCF, il n'a jamais été question comme vous dites de les zigouillots qui interrompent leurs pensions et c'est des choses pour l'avenir. Est-ce que les régimes spéciaux se justifient autant que ça pour l'avenir ? C'est ça ma question par rapport aux Français. Et surtout, qu'est-ce que vous dites
aux Français qui disent « Ces régimes spéciaux, on en a marre,
il faut passer à autre chose ». Dans la proposition du Parti communiste, nous sommes pourtant vers un régime unifié de retraite. On ne peut pas vous dire autrement. Ça veut dire que les mêmes droits pour tous alignés par le haut. Et nous disons que c'est possible de financer ça. Nous disons même que le progrès de l'humanité et de la société c'est de tendre vers cela. Est-ce que le progrès dans les 50 ans, 100 ans qui viennent, c'est de travailler toujours plus longtemps ou est-ce que c'est de profiter de cette deuxième partie de la vie et d'en faire une chance et une richesse pour la société ?
C'est-à-dire que nous, nous pensons qu'à partir de 60 ans, nous pourrions profiter de cette deuxième partie de la vie comme une chance et même d'un apport pour la société. Que les anciens que moi je rencontre aujourd'hui qui ont pu bénéficier de la retraite à 60 ans, qui sont actifs dans les associations, dans la vie locale pour s'occuper de leurs petits-enfants et ils ont une bonne pension et ils participent d'ailleurs au commerce local. Mais c'est une chance pour la société. Demain, il faudra faire quoi ? Comme aux Etats-Unis ? Balayer dans les McDo jusqu'à 70 ans ? Mais je ne veux pas de cette société-là. La France, c'est la France et pas les Etats-Unis.
Mais j'entends vos arguments mais le problème c'est que vous ne répondez
jamais aux 50% de Français qui disent nous on la veut cette réforme. Je reviens sur vous n'avez pas répondu à cette question-là.
45, d'accord ? Donc comment c'est pas augmenté ? Vous avez raison. Et donc ça veut dire 55 qui sont contre. Et donc je m'appuie sur les 55 qui sont contre.
Un des arguments d'Emmanuel Macron c'est de dire qu'au fond il essaye de trouver un système qui soit adapté aux nouvelles règles du marché du travail et qu'au fond il essaye de sauver la retraite des jeunes générations. Est-ce que vous entendez cet argument ou pas ?
Oui, tout à fait. Et c'est justement parce que il y a cette nos enfants moi j'en ai 5 donc je sais de quoi je parle qui rentrent dans la vie active on a besoin de leur garantir une pension il faut qu'ils sachent quand ils rentrent sur le marché du travail ce qu'ils vont toucher demain et ce que l'Etat la République la Solidarité Nationale prévoit pour eux. Ça c'est un système de retraite par point ou par répartition qui peut le faire en y mettant les moyens qu'il faut.
Or aujourd'hui ce que nous prévoit le Président de la République c'est open bar capitalisation individualisation chacun pour soi et ça ce n'est pas vous pouvez pas dire ça il a réaffirmé la volonté d'un régime par répartition nous voulons vivre mais quand il dit par exemple quand il dit par exemple au dessus de 10 000 euros ils ne paieront plus de cotisation sauf les 2,8% voilà ça c'est 4 milliards d'euros en moins dans le financement de la caisse de retraite parce qu'aujourd'hui ces salaires-là cotisent jusqu'au plafond des 30 000 d'accord donc c'est lui-même monsieur Macron qui crée le déficit de notre caisse de retraite pour nous dire dans 10 ans il va falloir refaire des efforts parce qu'il y a un trou c'est eux qui provoquent le trou en appauvrissant le financement de notre caisse de retraite il ne prévoit pas l'avenir il est en train de le tuer l'avenir qu'est-ce que vous pensez d'une société justement avec cette clause du grand-père qu'est-ce que vous pensez d'une société qui dit eh ben nos enfants paieront vous croyez c'est la solidarité de dire nos enfants paieront ils travailleraient plus vos enfants
ils rentrent dans la vie active beaucoup plus tard qu'aujourd'hui ils vont connaître des métiers qui ne sont pas les mêmes pas la même entreprise donc vous êtes dans un marché du travail qui est beaucoup plus haché la réforme par le système universel par points vise à s'adapter à ça pourquoi vous dites au fond ils cassent tout est-ce que c'est pas vous qui manquez au fond de réalisme en disant on continue à rêver du système au fond de 46 c'est-à-dire des trains glorieuses est-ce que c'est pas vous qui êtes complètement dans l'archaïsme dans l'archaïsme sourire
sourire mais parce que d'abord parce que ce qui a été inventé en 45 je ne dis pas qu'il faut faire la même chose le monde a changé et je dis aussi qu'on produit beaucoup plus de richesses vous savez Airbus on sort 800 avions par an des chaînes d'Airbus à Toulouse 800 avions par an il y a un siècle on n'en sortait pas 800 si on en faisait un par an c'était beau bref le réalisme aujourd'hui c'est de faire en sorte de pouvoir justement donner un avenir à nos enfants et un avenir garanti vous me parlez de ceux qui font beaucoup plus d'études qu'avant nous nous proposons que les études soient comprises dans la prise en compte des années de travail parce que c'est de la formation et on va former des cadres des ingénieurs et donc on doit prendre en compte ce temps de travail et puis moi je vais vous parler des apprentis je vais vous parler de ceux qui commencent à travailler dès l'âge de 18 ans est-ce qu'eux ils vont devoir travailler jusqu'à 64, 65, 66 ans pour avoir droit à une retraite complète la pénibilité les carrières longues ne sont pas prises en compte aujourd'hui comme il le faut et c'est bien pour cela que moi je veux m'adresser autant à ceux qui se forment et qui font le choix des longues études et dont nous avons besoin comme à ceux qui aujourd'hui commencent à travailler très tôt dans des métiers où la formation est beaucoup plus courte et bien ceux-là aussi doivent pouvoir avoir les mêmes droits à la fin en somme chacun doit avoir les mêmes droits
alors pour bien comprendre ce qui se passe sur le mouvement social je voudrais vous demander quels sont vos liens aujourd'hui entre le PC et la CGT est-ce que la CGT agit de façon complètement autonome est-ce que vous vous pensez que vous pouvez être un relais politique à ce qui se passe dans l'entreprise comment vous vivez aujourd'hui le conflit social
je pense que nous tapons sur le même clou avec chacun un marteau différent mais est-ce que vous êtes en lien on avance ensemble est-ce que vous êtes
en lien est-ce que vous parlez est-ce que vous vous coordonnez ou pas
nous nous parlons comme avec les autres forces syndicales le parti communiste aujourd'hui parle à l'ensemble des forces syndicales et quand quand j'ai pris l'initiative justement d'inviter les autres responsables des forces de gauche à aller soutenir les grévistes gardes de Lyon nous nous sommes retrouvés dans une salle on a fait sortir tous les médias je peux vous le dire maintenant on a fait sortir tout le monde et on s'est retrouvés en tête à tête ensemble avec Olivier Faure Sandra Regold des Verts etc etc et les syndicats nous ont demandé parler et moi j'ai dit non non on va pas parler vous avez devant vous les responsables des forces de gauche qu'est-ce que vous avez à nous dire et là ils ont pris la parole eux les uns après les autres et ceux qui nous ont dit étaient d'une force ils nous ont dit unissez-vous rassemblez-vous mettez vos quarrels de côté et faites en sorte qu'il n'y ait pas que Marine Le Pen comme opposition dans notre pays mais qu'il y ait un espoir à gauche et bien vous voyez moi je l'entends ça de la part des responsables syndicaux il y a besoin d'une alternative à gauche d'espoir de valeur de faire briller des yeux et de donner envie aux jeunes justement de continuer d'y croire
allez dernière question sur ce thème-là il n'y a pas une petite inquiétude chez vous d'être dépassé par la base notamment quand on entend Laurent Brun qui est le secrétaire général de la CGT Cheminot je fais allusion à une déclaration qu'il aurait faite le 21 décembre en parlant de guerre totale en disant la guerre à outrance n'est pas pour me déplaire on ira ça sera jusqu'à la fin la SNCF sera par terre mais l'appareil de la CGT sera debout est-ce que vous n'avez pas peur d'être dépassé vous ou même la CGT par une espèce de mouvement de base qui sont incontrôlables et incontrôlés
je vais vous faire sourire madame Sacric mais pour un responsable politique du parti communiste comme moi être dépassé par la base il n'y a rien de mieux ça ne me dérange pas du tout alors là je peux vous dire que la base que les salariés que les militants s'expriment poussent et aujourd'hui prennent la main et en disant
il n'y a pas de contrôle c'est-à-dire qu'il y a des grèves
surprise la SNCF mais c'est jamais vous croyez que les gens les salariés les syndiqués ils font grève par plaisir de se retrouver mais je ne crois pas ça ça n'a aucun rapport j'ai simplement
que ça ne soit pas organisé avec des syndicats avec des discussions avec des choses et qu'il y a un moment donné où on puisse
les organisations syndicales
les gilets jaunes ça fait peur quand même aux syndicats de voir qu'il y a des choses spontanées mais pas du tout
mais je vous le dis je ne vous le dis pas du tout je veux dire que les salariés les syndiqués ou les militants de force politique prennent en main ce mouvement décident eux-mêmes entreprise par entreprise de poursuivre le mouvement enfin là vous avez 16 professions libérales qui décident d'enclencher le mouvement des kinés des avocats des masseurs ce n'est pas des dangereux gauchistes quand même ça se saurait dans notre pays bon ils ont décidé d'enclencher le mouvement parce que cette réforme de retraite elle va piquer le pognon qu'ils ont mis de côté parce qu'ils ont cotisé pour et ils ont équilibré leur compte et ils sont même excédentaires et donc c'est dans leur droit je comprends parfaitement ça et ça c'est pas c'est pas des discours révolutionnaires qu'ils portent ils défendent des acquis ils ont raison de le faire et il faut que le mouvement s'amplifie jusqu'à ce que ce gouvernement entende cette colère et qu'il retire sa réforme pour avancer j'aimerais bien que le président de la république médite ce qu'avait dit Nelson Mandela qui avait dit je ne perds jamais soit je gagne soit j'apprends
et bien il saurait bien
qu'il apprenne
merci Fabien Roussel le patron des communistes français est avec nous jusqu'à 13h dans questions politiques Fabien Roussel on l'a bien entendu vous vous opposez à la réforme des retraites d'Emmanuel Macron est-ce que vous lui reconnaissez malgré tout quelques résultats économiques est-ce que sa politique économique commence à donner des fruits malgré tout est-ce que vous diriez ça est-ce que vous acceptez de dire ça est-ce que vous pourriez le dire
bah écoutez s'il y a des fruits il n'y en a pas beaucoup je ne les vois pas vous ne les voyez pas
les 500 000 emplois créés depuis deux ans et demi alors certes ce n'est pas assez mais c'est quand même qu'on n'a pas réussi à faire depuis quelques années
on peut en parler des 500 000 emplois créés en deux ans et demi puisque j'ai vu dans une étude récente de la Dares que 80% de ces emplois créés sont des CDD d'accord j'ai annoncé à la fête de l'UMA d'ailleurs dans le discours que j'ai prononcé qu'il y avait eu en l'espace d'un an et demi 300 000 contrats d'auto-entrepreneurs signés donc avec des gens sortis du chômage pour une paire d'entre eux et là ce sont des contrats délivrés roux Uber bonjour le projet de société alors si des contrats mais c'est la société
qui se construit c'est pas Macron qui va demander
de créer des auto-entrepreneurs
ça se fait
bah oui ça se fait donc vous souhaitez ça pour vos enfants vos petits-enfants qui aillent livrer des pizzas pour les gagner 10 euros à la coup de pédale et que quand ils sont malades ils n'ont aucun droit c'est la société dans laquelle on promet à nos enfants mais moi je ne veux pas ça
mais comment vous décrétez le contrat duré indéterminé pour tous vous ne pouvez plus le faire ça mais là ce serait toujours ne faites pas comme si la gauche
n'avait pas exercé le pouvoir en France pourquoi ce seraient toujours les mêmes qui gagnent qui sont une infime minorité et toujours les mêmes qui payent monsieur Macron a baissé les impôts des plus riches et des multinationales il serait temps qu'aujourd'hui il donne des droits et qu'il augmente les salaires des français voilà ça c'est de la justice or aujourd'hui nous avons eu tout l'inverse et c'est bien pour ça qu'en termes d'emploi enfin franchement si on veut parler d'emploi vous préférez une société Uber Deliveroo ou avec des usines qui tournent est-ce que vous croyez est-ce que vous ne pensez pas crédible en tout cas nous c'est notre politique d'avoir une véritable politique industrielle retrouver notre souveraineté économique et produire dans notre pays non non le gouvernement il s'en va à Whirlpool Amiens le président de la République et il dit c'est pas de ma faute et c'est la faute à pas de chance ça je le refuse si je suis président de la République je dirais que dans mon pays la France je veux ici produire des machines à laver des sèches-nages des télés je veux des voitures je veux que l'on produise et vous obligez les Français à l'on met ça a été fait en cas
il y a eu cette idée du Made in France et vous obligez les Français à acheter de force votre machine à laver même si elle est plus chère
d'abord je ne force pas d'acheter mais je dis que nous pouvons produire en France ce que nous avons besoin en France qui est un grand pays de 70 millions d'habitants on n'est pas le Luxembourg donc on peut produire ici au moins ce que nous consommons ici vous avez un discours
très patriotique et très autarcique au final
non non c'est pas que autarcique c'est bon pour l'emploi c'est bon pour les impôts parce qu'une entreprise qui produit ici elle paye des impôts quand on la laisse délocaliser en Pologne comme avec Whirlpool où les salaires sont de 549 euros on dit on ne peut pas se battre et bien moi je dis qu'il y a un triple coût pour l'emploi en France et pour le pays quand on laisse partir les entreprises là-bas parce qu'on ne collecte plus d'impôts de la part de l'entreprise elle est partie en Pologne deux il n'y a plus des salaires à payer mais par contre on va payer de l'assistance sociale et ça je n'en veux plus du travail et un salaire pour tous et enfin le coût écologique le coût écologique puisqu'on importe tout ce que l'on produit à l'extérieur et donc je pense je veux qu'il y ait une politique dans notre pays industriel et que l'on reconquiert des usines des emplois avec des CDI et qui garantissent à chacun un travail et un vrai salaire et ça c'est possible et pas un travail jusqu'à 65 ans dans les usines
et donc c'est avec un discours voilà ferme, patriotique que vous tenez là que éventuellement vous pensez réussir à avoir une stratégie gagnante
aux élections municipales pour moi ce n'est pas un discours patriotique c'est justement redevenir maître de notre destin notre destin économique reprendre droit sur l'économie et faire en sorte que nous créions des emplois en France parce qu'un emploi industriel c'est deux à trois emplois de service derrière un pays sans industrie est un pays sans avenir ce sera bon pour tout le monde y compris pour notre système de retraite nous avons calculé que justement un million d'emplois créés dans l'industrie c'est possible et c'est plusieurs milliards d'euros de financement pour la sécurité sociale et pour notre système de retraite c'est vers ça qu'il faut tendre on ne va pas vivre dans une société morcelée, individualisée avec des porteurs de pizza ou des contrats à la tâche dans les entreprises vous savez ce qu'ils ont inventé les CDI-I vous savez ce que c'est les CDI-I c'est un CDI intérimaire c'est comme si je vous proposais un contrat de mariage à durée déterminée enfin dans quel monde vit-on enfin c'est pas possible ça
Françoise vous militez beaucoup pour la réunification de la gauche en tout cas une action commune à gauche est-ce que Mélenchon reste l'empêcheur de tourner en rond à gauche et est-ce que pour vous c'est devenu au fond celui qui va vous empêcher de reconstituer ce camp de gauche parce que lui au fond il est toujours dans le dépassement et dans son combat contre Marine Le Pen comment vous évaluez aujourd'hui vos chances de vous faire entendre et d'essayer de redonner un peu de couleur à la gauche avant la fin du quinquennat
je pense que si on prend le sujet d'un point de vue purement électoral et stratégie électorale etc on est perdant je vais vous dire pourquoi c'est parce que justement la preuve du pouding c'est qu'on le mange comme disait Lénine c'est que en travaillant sur des propositions en faveur des retraites on travaille sur du concret et en travaillant sur du concret on voit ce qui nous rassemble ou ce qui nous divise et si on décide d'aller ensemble et de travailler sur ce qui nous rassemble et bien on peut porter ensemble un projet sur un sujet on commence par les retraites si on y arrive je dis tant mieux et il y aura certainement d'autres sujets derrière en fait il faut que l'on travaille en commun il y a eu le programme commun et bien là c'est le travail en commun et je pense que c'est ça qui peut peut-être
faire la différence pour la suite ça n'empêche pas qu'il y a quand même deux visions stratégiques sur la reconquête c'est à dire soit c'est au fond une confrontation populiste contre Marine Le Pen soit c'est une reconstitution d'un camp de gauche et on voit bien qu'au milieu de la pièce il y a un Mélenchon qui trouble le jeu en tout cas qui trouble votre jeu comment vous faites avec lui ?
je ne pense pas que vous voulez vous ne mettrez pas un coin entre nous d'abord il y a des différences d'approche je ne le nie pas si on pensait la même chose on serait dans le même parti ce n'est pas le cas personnellement nous communistes nous croyons encore aux valeurs de gauche et au fait qu'il y ait des gens qui soient attachés à ces valeurs que la gauche a porté et qui a permis de grands progrès dans notre pays 81 c'est la dernière fois le SMIC il a augmenté de 10% quand même donc ça a compté et bien il y a ceux qui croient ça nous en faisons partie avec d'autres et puis effectivement il y a Jean-Luc lui pense plus qu'il faut rassembler les 99 contre les 1% nous pensons que dans ces 99 c'est difficile de rassembler 99% c'est un bel objectif moi j'y crois moins mais ces débats là nous pouvons les dépasser en travaillant sur du concret je pense qu'il faut travailler sur du concret puis ensuite moi j'ai dit une chose un jour à Jean-Luc et je lui dis à chaque fois c'est que personne ne gagnera tout seul personne ne gagnera tout seul est-ce qu'il l'entend ?
est-ce qu'il n'y a pas
donc il faudra bien un jour que l'on arrive à travailler ensemble à redonner de l'espoir ensemble mais vous dites
travailler sur du concret ça serait plus pratique le concret par exemple pourrait être les élections municipales on voit bien que là c'est très concret de travailler pour une mutualité de faire avancer ce qui se passe au plan local vous n'arrivez pas non plus là à travailler ensemble vous allez partir chacun de vos côtés
il y a beaucoup d'endroits où nous sommes ensemble et je préfère voir là où nous sommes ensemble que là où nous ne le sommes pas les élections municipales ça se construit localement sur des projets locaux puis avec des personnalités des fois ça ne marche pas ça ne marche pas mais dans beaucoup d'endroits cette fois-ci en France que ce soit avec les militants de la France Insoumise que ce soit avec les Verts que ce soit avec place publique que ce soit avec les socialistes nous arrivons à construire ensemble des listes et je pense que si nous arrivons encore puisque tout n'est pas ficelé si nous arrivons à créer cette dynamique dans de nombreuses villes en France je pense surtout aux grandes communes et bien nous pouvons montrer que la gauche unie et rassemblée peut l'emporter dans beaucoup de villes et mettre en place des programmes bien différents de ceux qui sont portés par les candidats en marche ou de droite et bien c'est cet espoir-là que je veux porter c'est en train de se construire et j'espère que ça va se développer
il vous reste 700 mairies c'est ça ?
oui
vous allez réussir à les sauver toutes la dernière fois en 2014 on avait perdu une cinquantaine des grosses
oui bah écoutez on verra c'est quoi la stratégie alors ?
je pense que la stratégie c'est de convaincre les gens il faut convaincre les gens de participer le plus possible à cette élection qui est majeure parce que c'est l'élection municipale c'est là où les gens voient le plus concrètement les effets de choix politiques qui sont faits chez eux les élus peuvent les toucher ils peuvent aller les engueuler leur parler donc voilà moi je laisse bien sûr je pense que quand une mairie communiste quand j'ai bien vu ce qui s'est passé ces dernières élections quand on a perdu des villes et bien les nouvelles majorités aujourd'hui je pense notamment à Bobigny et bien le maire ne peut pas se représenter parce que il a été condamné je pense à le Valois Perrier le Valois Perrier c'est beaucoup plus vieux c'était communiste on l'a perdu il y a deux ou trois mandats quand on voit aujourd'hui les Balkany où ils en sont je me dis c'est tant pis pour les gens je pense à Corbeil où c'était Dassault qui était où lui il distribuait des billets aux gens après avoir battu un communiste et bien moi je pense qu'aujourd'hui justement là où les communistes sont perdus les gens ont vu la différence et j'espère et j'espère qu'il y aura encore demain plus d'élus au service de la population parce qu'une mairie avec un maire communiste et d'ailleurs il n'y a pas que des communistes dans l'hélice c'est très très large avec des citoyens des gens qui se battent pour leur ville ils portent leur ville au coeur et ils font des villes pour tout le monde c'est à dire autant pour les milieux populaires que pour attirer des entreprises et voilà et Saint-Denis
qui est une ville emblématique pour vous les communistes vous allez réussir à la garder ou pas Saint-Denis ?
Mais Saint-Denis mais Saint-Denis Montreuil Dieppe toutes ces grandes villes et ma ville de Saint-Amant-les-Eaux que je porte dans mon coeur et où effectivement nous ferons tout pour que nous poursuivions le travail engagé
Il y a une échéance qui est peut-être moins importante c'est celle de la présidentielle en 2022 beaucoup de français ont l'air de ne pas avoir envie de rejouer le match c'est à dire de se reavoir à choisir entre Emmanuel Macron ou Marine Le Pen quelle est la stratégie du parti communiste avoir un candidat justement ou alors une stratégie comme le posait la question de Françoise tout à l'heure de rassemblement avec un candidat où est-ce que vous en êtes est-ce que vous vous dites oh là là on a le temps ou est-ce que vous dites c'est pas le sujet il faut d'abord reconstruire la gauche qu'est-ce qui se passera comment vous desserrez les taux ou cette espèce de choix binaire
d'abord il faudrait pouvoir sortir du piège tendu depuis plusieurs années à chaque élection qu'on ne vote plus pour ses idées à chaque fois à chaque fois c'est le choix il faut battre l'extrême droite et donc il faut voter pour le candidat qu'on n'aime pas c'est insupportable comment voulez-vous que les gens retournent aux urnes ils ne peuvent plus voter pour leurs idées ils votent pour battre quelqu'un et ça c'est fait exprès tout est construit de cette manière c'est ce que fait le président de la république fait le choix de taper bille en tête l'extrême droite de faire en sorte que les sujets justement liés à l'immigration le voile etc j'ai même cru entendre dans ses voeux qu'il allait remettre ce sujet au coeur dans les semaines qui viennent c'est dégueulasse parce que du coup on ne parle pas des vrais sujets liés au pouvoir d'achat l'emploi l'avenir de nos enfants notre protection sociale et la santé comment on sort de ce duel ça va être toute la question
vous et avec qui ? est-ce que vous aurez un candidat quoi qu'il arrive puisque vous considérez que le PC peut renaître grâce à ça ? est-ce que vous travaillez sur l'union ? est-ce que Jean-Luc Mélenchon
peut faire l'affaire ? l'objectif c'est pas de renaître pour le parti communiste français un peu quand même l'objectif mais non mais on ne défend pas une boutique moi je ne suis pas je ne suis pas non mais existez
dirons-nous pas renaître non mais c'est pas
l'objectif c'est que ça change en France qu'on redonne un avenir à nos enfants qu'on redonne du pouvoir d'achat à ceux qui travaillent que l'on puisse vivre dignement de son travail les questions qui nous semblent pour nous au coeur du sujet c'est ce pour quoi on va se battre et j'espère que nous serons le plus nombreux possible à nous battre pour cela et que nous redonnerons un espoir comment ça va se faire quand ? je ne peux pas vous le dire on a deux ans et demi on est en train de se battre sur la réforme des retraites donc essayons d'abord de faire nos preuves et de montrer que nous pouvons porter ensemble des propositions communes ce sera déjà un grand pas Fabien Roussel
une question sur le communautarisme c'est Françoise Fresseau je vous ai entendu tiquer sur la lutte contre le communautarisme ça veut dire que vous pensez que Emmanuel Macron instrumentalise la question qu'est-ce que vous pensez ?
le communautarisme aujourd'hui il est dans le monde de la finance ils sont entre eux ils dirigent tout ils sont une minorité ils nous polluent la vie ne me parlez pas d'autre chose voilà c'est ça aujourd'hui le problème le problème de notre pays c'est pas la dame qui porte le voile c'est ceux qui viennent en yacht et qui nous pillent nos richesses c'est cela mon problème c'est ça mon problème c'est que on a vous allez dire que je fais une focale sur Bernard Arnault mais il y a deux ans et demi quand le président de la république est arrivé au pouvoir la première chose qu'il a faite c'est de supprimer l'impôt sur la fortune de Bernard Arnault et des plus riches et puis à la fin du mandat ils ne paieront même plus la taxe d'habitation le problème c'est ça tous les français la paieront plus oui d'accord mais Bernard Arnault aussi est-ce qu'on a besoin de faire tous ces cadeaux aux plus riches de demander aux français de se remettre un cran à la ceinture et de faire des efforts et puis par contre de faire l'actualité avec les questions liées à l'immigration si les usines ferment aujourd'hui c'est pas de la faute des immigrés si les hôpitaux sont en grève c'est pas de la faute des immigrés une autre question une autre question
autre question sur la suite du quinquennat vous êtes très écologique vous dites qu'il va falloir faire une transformation sociale et écologique et il y a en ce moment un jury citoyen 150 citoyens qui sont en train de travailler sur la transition écologique après toute l'affaire qu'il y a eu autour de la taxe carbone est-ce que vous pensez que cette initiative est bonne et qu'est-ce que vous attendez de cette convention ?
écoutez qu'on écoute des citoyens c'est toujours bon je regrette que le président de la république soit autant en panne d'idées pour qu'il ait besoin de faire ça pour savoir ce qu'il faille faire en matière d'écologie quand il décide tout seul
vous dites ça va pas et quand il consulte la base vous dites ça va pas
mais rigolez pas de moi enfin quand même il avait Nicolas Hulot qui tire sur la sonnette d'alarme depuis des années et des années qui dit qu'il y a besoin de s'attaquer justement à l'évasion fiscale aux grandes entreprises qui polluent le plus qui a besoin de prendre des mesures fortes et d'y mettre les moyens en matière de transport en matière de rénovation énergétique des bâtiments là il y a des propositions fortes qui ont été émises par des ONG par des responsables politiques même syndicaux alors moi c'est bien qu'on réunisse 150 citoyens il faut le faire je suis pas contre et d'ailleurs je leur fais confiance mais on attend des actes maintenant il y a urgence et donc on ne peut plus se payer de mots et de grandes concertations il faut faire
Fabien Roussel on va vous poser parce qu'on arrive à la fin de cette émission quelques questions ça passe toujours trop vite quelques questions très courtes on attend de vous des réponses courtes également la première question est posée par Nathalie Saint-Christ
est-ce que vous considérez qu'il y a une trop grande bienveillance vis-à-vis de monsieur Matzneff et notamment de ses écrits pédophiles comment vous expliquez que tout le monde se soit tu que tout le monde lui a trouvé tellement de talent qu'on oubliait ce qu'il y avait dans le fond de ce talent et ce qu'il écrivait est-ce que vous trouvez qu'effectivement il mérite
c'est pas une réponse courte c'est pas une question courte est-ce qu'il mérite d'être condamné
est-ce qu'il faut lui enlever l'allocation qui est attribuée
c'est une horreur ce que je lis ce qu'il a pu écrire et dire c'est une horreur sa place n'est pas dans la bibliothèque
d'accord et l'allocation qui lui est versée par l'Etat même si elle se résume à 600 ou 700 que la justice
on a son travail et les allocations avec d'accord
Carlos Ghosn une question rapide comment est-ce que vous qualifiez ce qui s'est passé
ce n'est pas que le champion de l'évasion fiscale et Carlos Ghosn c'est le symbole pour moi justement de ces patrons des grandes multinationales que l'on a encensés reçus à l'Elysée célébrés et qui est aujourd'hui celui qui fait un bras d'honneur à la justice vous aimeriez être jugé au Japon vous aimeriez être jugé au Japon vu les conditions non mais dites donc Carlos Ghosn vous avez vu son bilan 22 000 emplois supprimés en France des usines fermées et un taux de production de voitures Renault en France qui est passé de 50% à 20% merci et c'est un champion du monde Fabien Roussel
d'avoir été parmi nous aujourd'hui merci Nathalie Saint-Cricq et Françoise Fresseuse merci à toute l'équipe de questions politiques à Alexandre Gilardi qui a préparé cette émission encore une fois belle année à tous meilleurs voeux à dimanche prochain avec le retour d'Ali Badou qui sera parmi nous au bout de la vie
d'Ali Badou qui est plus d'Ali Badou qui est plus à la vie et plus nous allons les deux à la vie d'Ali Badou qui est plus à la vie d'Ali Badou qui est plus d'Ali Badou d'Ali Badou
Fabien Roussel