Stéphane Le Foll, sur le scandale Lactalis : "Le retrait dans les rayons est le premier principe"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteRéponse directe
L'État a-t-il failli dans le scandale Lactalis ?
- 1:46RelanceRéponse directe
Parce que l'entreprise n'a pas voulu le faire.
- 3:15OuverteRéponse directe
C'est quand même une drôle d'entreprise, Lactalis, non ?
- 3:27OuverteRéponse directe
Pourquoi vous n'avez pas le portable du PDG de Lactalis ?
- 4:25OuverteRéponse directe
De se faire faire un bras d'honneur par le patron d'une entreprise... c'est normal aujourd'hui ?
- 5:53OuverteRéponse directe
Affaire compliquée, scandale dont on n'a pas encore pris totalement la mesure. Comment décririez-vous celle de la grande distribution ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:32Invité politiqueFait
« Une entreprise d'abord a failli. »
- 0:36Invité politiqueFait
« Dès la fin août, l'entreprise sur les contrôles internes découvre un problème de Salmonelle. »
- 1:16Invité politiqueFait
« Moi j'ai eu à traiter la question des lasagnes à base de cheval au lieu de bœuf. »
- 4:11Invité politiqueFait
« J'étais obligé de faire voter une loi pour obliger, en augmentant les sanctions financières, pour qu'on puisse avoir les résultats. »
- 6:58Invité politiqueFait
« La grande distribution achète des produits et les vend, les met en rayon. Quand il y a une procédure de retrait et quand il y a depuis d'ailleurs un certain nombre de semaines ce soupçon, on doit là aussi avoir une responsabilité d'autocontrôle. »
- 9:08Invité politiqueFait
« Le retrait dans les rayons est le premier principe. »
Temps de parole
- Stéphane Le Foll67 %
- Présentateur33 %
≈ 6,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Invité de France Inter jusqu'à 9h, l'ancien ministre de l'Agriculture de François Hollande, par ailleurs candidat à la direction du Parti Socialiste. Stéphane Le Foll, bonjour. Bonjour. Dans les scandales alimentaires et sanitaires, comme consommateur et tout simplement comme citoyen, on se tourne vers l'État. C'est en dernière instance l'acteur et le défenseur du bien public, de la santé publique. L'État a-t-il failli dans le scandale Lactalis ?
Non, je ne dirais pas que l'État a failli. Une entreprise d'abord a failli. Il semble quand même très clair que dès la fin août, l'entreprise sur les contrôles internes découvre un problème de Salmonelle. Et on est au mois de janvier et on est toujours dans ce problème. Donc là, il y a une vraie question qui est posée. Les contrôles internes sont nécessaires parce qu'on ne peut pas tout contrôler. Ou alors on aura un État, mais avec... Moi je comprends, les gens pensent qu'on pourrait contrôler partout, toutes les entreprises. C'est impossible. Donc il y a un autocontrôle qui est absolument nécessaire. Et une responsabilité des entreprises qui est engagée.
Là, il y a manifestement quelque chose qui n'a pas fonctionné. Et quand je dis qu'il n'a pas fonctionné, sérieusement pas fonctionné. Puisqu'on est sur du lait infantile. Et ce sont des petits-enfants avec des parents aujourd'hui qui sont directement touchés par des maladies. Moi j'ai eu à traiter la question des lasagnes à base de cheval au lieu de bœuf. C'était une tromperie. Une tromperie. Là, il y a une question de santé. Qu'est-ce qui se passe après ? Et c'est là qu'il peut y avoir une responsabilité. Entre le 2 décembre où les premiers retraits sont faits.
Et ce que dit le ministre de l'économie aujourd'hui, et ça c'est incontestable, il a été obligé de prendre lui un arrêté pour avoir des retraits massifs des produits incriminés.
Parce que l'entreprise n'a pas voulu le faire.
Parce que, ou elle n'a pas voulu, ou elle n'a pas mis les moyens pour le faire. Mais à ce moment-là, si entre le 2 et le 9, le constat est fait que l'entreprise ne fait pas son travail, à ce moment-là, moi ce que je pense, c'est qu'il fallait que le ministre s'exprime à ce moment-là. Les ministres. En disant ça suffit. Et que, comme on avait fait à ce moment-là avec Guillaume Garraud et Benoît Hamon, qui étaient ministres, secrétaires d'Etat à l'économie sociale et solidaire, et qui avaient la DGCRF, on a mis un plan en place et on a fait 3 ou 4 conférences de presse à 3 ministres. Et nos administrations, déjà elles d'un côté, DGCRF de l'autre, étaient mobilisées de manière commune.
C'est ça que, moi, je reproche. Trop tard, c'est ça ? Il y a eu un retard que je n'arrive pas à comprendre. Au-delà de cela, Lactalis a une responsabilité. Parce que ce n'est pas possible que pendant 2-3 mois comme ça, 2 mois, oui, 3 mois même, on puisse détecter un problème et qu'on n'en tire pas immédiatement toutes les conclusions.
Les échos, le quotidien Les Échos raconte ce matin que le directeur de cabinet de Bruno Le Maire a eu le patron de Lactalis, Emmanuel Beignet, en ligne pour justement qu'il y ait un retrait massif et enrayer le problème. C'était le 9 décembre. Il a été laissé quelques heures au patron de Lactalis pour le faire et aucun accord n'a pu être trouvé. C'est quand même une drôle d'entreprise, Lactalis, non ? Au moment de la crise du lait, vous aviez dit « On ne le voit jamais, le patron de Lactalis. » Mais je le confirme. « Je ne l'ai jamais vu. » « Et je n'ai pas son portable. » « Et je n'ai pas son portable. »
Non, parce qu'on me disait « Pourquoi vous n'avez pas le portable du PDG de Lactalis ? » D'abord, un, je n'ai pas de portable, je n'ai pas à avoir des portables des PDG, ce n'était pas le sujet.
Enfin, comme ministre de l'Agriculture, ça peut aider.
Oui, mais ça peut aider. Si, on laissera entendre. Parce qu'après, on verrait reprocher aux ministres qui traitent directement avec les patrons. Sous-entendu, c'est la connivence. Donc, moi, je suis suffisamment... Mais vous ne l'avez jamais vu ? Jamais vu. Par contre, c'est ça qui m'a frappé. Jamais. Moi, j'ai vu le grand patron, par exemple, de la grande distribution, que ce soit M. Plassa, Michel-Édouard Leclerc, je les ai rencontrés. Et souvent, même. Ils venaient en discuter. Le patron de Beignet, jamais. Celui qui parlait et qui venait au nom de Lactalis, c'est M. Nallet, que vous avez vu hier à la conférence de presse. Donc, c'est tout. Ça, c'est un constat.
À pire, les publications des résultats de l'entreprise. J'étais obligé de faire voter une loi pour obliger, en augmentant les sanctions financières, pour qu'on puisse avoir les résultats. On ne les a toujours pas. On préfère payer des amendes que de jouer la transparence. Donc, on a...
Mais, mais, excusez-moi. Excusez-moi. C'est normal. C'est normal. Non, mais, attendez. Je vais être franc et le dire comme ça me vient à l'esprit. De se faire faire, quand on est ministre de l'agriculture, un bras d'honneur par le patron d'une entreprise certes puissante, mais d'une entreprise basée en France qui nourrit une partie des Français, c'est normal aujourd'hui de dire, pouvoir politique, après moi, le déluge.
Je n'ai pas à leur parler. C'est bien pourquoi je vous ai dit que moi, je suis passé par la loi. Parce que c'est la règle et la loi s'applique pour tout le monde. Mais, ce qui n'est pas normal, c'est dans ce que vous dites. Ce qui n'est pas normal dans ce que vous dites, c'est que si l'information que vous donnez ce matin, qu'il y a eu une rencontre entre le directeur du cabinet et M. Beignet.
Un coup de fil.
Un coup de fil.
Ce sont les échos qui racontent ça.
Oui, un coup de fil entre le directeur du cabinet et M. Beignet. Bon, si ça c'est vrai et que le constat est un constat de désaccord où l'entreprise ne veut pas faire les retraits nécessaires et que, et c'est ce que dit Bruno Le Maire, je suis obligé de prendre un arrêté, mais quand on est obligé de prendre un arrêté, on le dit. on met tout de suite avec l'opinion à témoin une pression politique pour que les choses se règlent. C'est ça que je dis. Et à partir de là, c'est fait aujourd'hui. Et ça, ce que fait Bruno Le Maire, il convoque, c'est normal et c'est bien. Mais je trouve qu'entre le 12 décembre et le 12 janvier ou le 11 janvier, il y a un mois qui est passé. Et c'est un mois de trop.
Pour être factuellement précis, je vous lis la page 16 des Echos. Lors d'un entretien téléphonique avec Emmanuel Beignet le 9 décembre, il n'a pas été possible de trouver un accord avec le PDG de Lactalis ni sur le nombre de lots ni sur la date de fabrication à compter de laquelle prendre ces mesures, a expliqué Bruno Le Maire qui avait alors donné 22 heures à Lactalis pour s'exécuter. En l'absence de réponses favorables, Bruno Le Maire avait, avant Noël, finalement pris un arrêté pour faire retirer de la vente. Oui, etc.
Il n'y a rien à reprocher sur la séquence. On essaye de négocier, ils ne veulent pas, on prend un arrêté. Mais à ce moment-là, on n'attend pas un mois pour parler. Parce que quand vous mettez l'expression politique à son poids dans la pression qui s'exerce. C'est le cas aujourd'hui. Et là, c'est le cas aujourd'hui. Donc je trouve que si c'est le cas aujourd'hui, ça aurait dû être le cas dès le 12 décembre.
Affaire compliquée, scandale dont on n'a pas encore pris totalement la mesure. Si on essaye de poser l'échelle des responsabilités, comment décririez-vous celle de la grande distribution ?
Alors la grande distribution achète des produits et les vend, les met en rayon. Quand il y a une procédure de retrait et quand il y a depuis d'ailleurs un certain nombre de semaines ce soupçon, on doit là aussi avoir une responsabilité d'autocontrôle. Parce que vous vous rendez compte des milliers et des milliers de produits tous les jours, des millions, je dis quoi des milliers ? Des millions de produits qui transitent, qui arrivent, qui repartent. C'est extrêmement compliqué de dire il suffirait d'y avoir des contrôleurs. Non, ça ne suffira pas. Il y a donc une responsabilité d'autocontrôle systématique de tous les acteurs.
Et là, la grande distribution a, semble-t-il, retiré un certain nombre de produits, mais ne s'est pas suffisamment focalisé sur le problème de santé qui avait derrière pour retirer tous les produits. Donc il y a là aussi un manquement. Donc je pense que cette affaire nécessitera à un moment ou à un autre qu'au niveau du Parlement, on regarde ce qui s'est passé pour en tirer toutes les conclusions. Toutes les conclusions. Parce qu'on ne peut pas revivre sur ces questions de santé le même problème parce qu'il y va de la santé des enfants. Et ça, c'est très important.
Donc ce matin, si j'ai quelque chose à proposer, c'est bien de dire que ça mérite quand même qu'il y ait un travail parlementaire pour revoir exactement ce qui s'est passé et revoir des procédures si c'est nécessaire.
Un point encore sur la grande distribution dire en 2018 qu'il faudrait simplement rentrer la référence, le code barre dans des ordinateurs pour que la caisse enregistreuse bip au moment où un client passe avec un lot qui devrait être retiré en 2018 alors qu'on dit qu'on vit dans la société des données et de la surveillance généralisée, on n'est pas capable de désactiver un code barre ?
Non seulement, on doit être capable puisque vous savez que certains le font ou la grande distribution oui, puis on n'a plus besoin de caisse puisque vous passez votre produit et automatiquement il est enregistré. Bon, donc, ça veut bien dire qu'on est capable de le faire. Donc là, il y a un sujet mais avant même que le consommateur l'achète, c'est vrai que ça peut échapper, avant même que le consommateur l'achète, le retrait dans les rayons est le premier principe. Premier principe, je ne mets plus en rayon ou je retire des rayons les produits qui sont incriminés et qui peuvent avoir des conséquences.
C'est un principe simple, clair, avant de se poser la question de savoir si techniquement quand je passe j'ai une petite bip rouge et tout ça parce qu'après la caissière... Bon, non, c'est un principe extrêmement, comment dirais-je, rigoureux qu'il faut appliquer dans ces cas-là. Bon, moi je me rappelle qu'on était sur les Lazaïdes, tout avait été retiré, rappelez-vous, FINDUS, toutes ces sociétés, on avait fait retirer tout ça tout de suite parce que tout de suite on s'était exprimé, tout de suite on avait mobilisé l'ensemble des services et tout de suite on avait émis une pression qui fait qu'à ce moment-là ça se retire
beaucoup plus vite. Les supermarchés c'est une chose Stéphane Le Foll mais comment peut-on imaginer qu'on retrouve dans des pharmacies des hôpitaux et des crèches c'est-à-dire quand même des lieux qui sont en contact étroit avec l'idée de santé comment on peut imaginer que ce soit même
possible ? Parce que dans ce principe que vous évoquez en particulier pour les hôpitaux vous êtes sur des grandes quantités vous avez des fournisseurs qui travaillent et qui fournissent parce qu'il faut bien mesurer qu'un hôpital c'est beaucoup aussi de besoins Vous connaissez l'expression
l'hôpital
qui se moque
de la sécurité
là en l'occurrence Je connais la pression et je connais bien le sujet et le problème donc de la même manière là lorsqu'on est face à un problème de santé comme celui-là la rigueur de l'action elle passe par la grande distribution il y a une forme d'autocontrôle et de responsabilité de chacun et puis dans les établissements publics c'est la manière dont ça se relaie immédiatement je dis ça et après ça me fait un peu politique mais Mme Buzyn par exemple s'est exprimé aujourd'hui ministre de la santé ministre de la santé aujourd'hui il y avait quand même un problème de salmonelle chez les enfants voilà ce que je pense et donc il faut que dans ces moments-là la réaction du politique c'est son travail c'est d'être capable d'exprimer une position ferme et claire tout de suite pour que derrière ça enclenche des processus
alors Michel-Edouard Leclerc dit que c'est systémique c'est-à-dire que ça ne concerne pas simplement tel ou tel c'est le système entier qui a dysfonctionné mais à chaque crise de cette nature on se demande à chaque fois comment est-ce possible qu'il y ait du cheval dans des lasagnes au bœuf des oeufs au fipronil du lait contaminé et pourri est-ce qu'il y a donc un problème radical dans l'agroalimentaire ou pas
ce qu'il faut aussi remettre en perspective c'est que c'est des milliards de repas de produits alimentaires tous les jours et qu'à partir de là quand Michel-Edouard Leclerc je ne sais pas le systémique c'est qu'on est sur des masses colossales et qu'à partir de ce moment-là le contrôle pour le faire il faut l'exercer mais il peut y avoir il peut y avoir à certains moments des problèmes puisqu'on est sur des process sur des flux sur des consommations qui sont je vous l'ai dit pas de l'ordre du millier pas de la centaine mais des millions des millions et des milliards donc zéro défaut
impossible
c'est ce que je veux dire le maximum pour approcher le zéro défaut le maximum mais en même temps dire il n'y aura jamais un problème si je dis ça c'est pareil je ne serai pas responsable
8h35 on vous retrouve encore beaucoup de questions Stéphane Le Foll après la revue de presse de Claude Ascolovic Sous-titrage ST' 501
Stéphane Le Foll