Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV· 6 avril 2025 22 min

La prise de parole de Jordan Bardella en intégralité au meeting du Rassemblement national à Paris

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:02
Jordan Bardella

Merci, mes amis. Merci, mes chers compatriotes. Ils voulaient éteindre une voie, mais ils ont réveillé le peuple de France. Vous êtes plus de 10 000, 10 000 à avoir répondu présent à l'appel de la démocratie. L'histoire nous a donné rendez-vous ici, place Vauban, à l'ombre solennelle des Invalides, là où reposent les cendres de nos héros, là où souffle encore et toujours l'esprit des siècles d'histoire de France. C'est ici que veille Napoléon, ce géant dont le seul nom fait vibrer le marbre des nations. Ici même, mes amis, que le général de Gaulle dressé contre l'abandon et la résignation nous rappela que la France ne s'incline jamais et que la France se relève toujours.

Nous sommes les héritiers d'une civilisation millénaire, bâtie sur l'honneur, le courage et la grandeur. Nous sommes aussi les enfants d'une idée née il y a 25 siècles sur les hauteurs d'Athènes, lorsque des citoyens libres décidèrent pour la première fois de gouverner par eux-mêmes. Cette idée, mes amis, porte le beau nom de démocratie. Au fil des siècles et jusqu'à aujourd'hui, nous l'avons faite nôtre. La Ve République est celle qui a gravé dans le marbre de la Constitution le droit pour tous les Français de choisir librement, sans entrave, sans intermédiaire, celui ou celle qui préside au destiné de la France.

Je ne vois, mes amis, ici que des Français libres, que des patriotes fidèles à leur histoire, debout pour défendre leurs droits et leurs convictions. À quelques kilomètres d'ici, l'extrême gauche s'est donné rendez-vous pour piétiner cet héritage et de le faire comme à son habitude, en brandissant des étendards palestiniens. Des drapeaux rouges et verts, des slogans hostiles aux valeurs de la France, à ses institutions et à ses serviteurs. Je ne vois ici, place Vauban, qu'une marée de drapeaux tricolores. À ceux qui souhaitent votre démobilisation, si nous sommes tous rassemblés aujourd'hui, c'est parce que nous vivons un instant d'une particulière gravité.

Le 31 mars 2025 restera une date sombre dans l'histoire de France. Cette décision judiciaire injuste et scandaleuse prononcée contre Marine et visant à l'éliminer de la course à la présidentielle est d'abord une attaque directe contre la démocratie, une blessure pour des millions de Français patriotes. Cette décision, mes amis, disons-le, a choqué. Choqué au point d'être contesté par une grande partie de nos opposants politiques, par des spécialistes reconnus du droit et même par des dirigeants hors de nos frontières.

Dans une justification grossière et militante, inédite en droit, des juges ont estimé que la candidature de Marine représentait, je cite, un trouble à l'ordre public démocratique. Rendez-vous compte, mes amis, le même système judiciaire qui laisse les OQTF libres de briser des vies, le même système judiciaire qui laisse en liberté des délinquants récidivistes à estimer que la candidature de Marine Le Pen constituait un trouble à l'ordre public démocratique. Ce n'est pas seulement absurde et révoltant, c'est une provocation face à laquelle il nous appartient de défendre notre honneur et de défendre jusqu'au bout notre innocence.

Que l'on soit ici extrêmement clair, il ne s'agira jamais pour nous de mettre en accusation ou de jeter le discrédit sur l'ensemble des juges ou de l'institution judiciaire. Jamais notre mouvement ne remettra en cause la séparation des pouvoirs ou l'indépendance de la justice qui sont les garanties de l'état de droit. Pour les avoir trop longtemps subis, nous condamnerons toujours les menaces, les violences, les intimidations ou les pressions exercées dans notre pays à l'égard de quiconque. Jamais, jamais nous n'exercerons de contraintes ou de pressions sur la démocratie.

En revanche, nous nous indignerons toujours face aux pressions exercées par certaines organisations contre la volonté populaire. Quand un syndicat, le syndicat de la magistrature, auquel se rattache un tiers des magistrats, appelle la profession tout entière à barrer la route par tout moyen au Rassemblement national lors du second tour des dernières législatives. En violation de toutes les règles de neutralité et de déontologie, comment ne pas s'offusquer ? Quand le syndicat de la magistrature épingle sur ce qu'ils ont baptisé un mur des cons des dirigeants politiques de droite, des parents de victimes de récidivistes, comment ne pas s'indigner ?

Quand ce même syndicat érige le délinquant en victime et promeut une insupportable culture de l'excuse, comment ne pas s'offusquer ? Quand une procureure, dans le procès qui a visé le Rassemblement national, déclare en l'absence d'éléments tangibles, je cite, « Je ne peux pas demander une relaxe, ça me ferait trop mal, comment ne pas s'indigner ? » Dans cette affaire, mes amis, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée sur une simple décision de justice, presque sans aucun recours possible.

Avec cette décision, ils ne cherchent pas seulement à interdire Marine d'être candidate, ils veulent vous priver de votre voix et de votre liberté de choix. Avec cette décision, ils cherchent à réduire au silence, à effacer du paysage toute une partie de la France, avec la même brutalité, avec le même mépris qu'aux dernières élections législatives lorsqu'ils ont déployé de basses manœuvres indignes pour nous empêcher de gouverner. Plus de 13 millions de Français fiers, qui travaillent, qui respectent les règles, seraient ainsi bafoués dans leur droit de choisir.

Alors que le Rassemblement national est donné en tête, chez les ouvriers, chez les employés, chez les chefs d'entreprise, chez les policiers, chez les agriculteurs, alors qu'ils convaincent chaque jour davantage tous ces Français qui font tourner le pays, tous ces Français sans qui la société ne peut plus fonctionner, n'auraient plus voix au chapitre. Quelle valeur, mes amis, quelle valeur aurait alors notre devise républicaine ? Liberté, égalité, fraternité, si toute une partie de la communauté nationale était mise de côté, condamnée à se taire. Alors, nous n'acceptons pas que la France, que l'un des foyers européens de la démocratie moderne, vive un tel affaissement démocratique.

Dans quelle démocratie digne de ce nom, le pouvoir peut-il fermer la première chaîne de télévision de la TNT en s'aidant à une chasse à l'homme lancée par la gauche ? Dans quelle démocratie digne de ce nom, on cherche à mettre à mort financièrement le premier parti de France ? Dans quelle démocratie digne de ce nom, on interdit à la chef de l'opposition de se présenter à l'élection suprême ? Dans quelle démocratie digne de ce nom, tout est mis en œuvre pour empêcher le premier parti de France lors des dernières élections de gouverner le pays ? Ces derniers jours n'ont pas simplement abîmé la démocratie française.

Ils ont aussi, je le crois, discrédité la voix et dégradé l'image de la France en Europe, comme partout dans le monde. Avant de donner des leçons de droit de l'homme, avant de donner des leçons de valeur, il faut d'abord être capable de les porter et de les incarner soi-même. Mes amis, je ne connais pas de démocratie saine, où l'opposition est réduite au silence, persécutée judiciairement, frappée financièrement. La démocratie, c'est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. En démocratie et en République, comme l'a dit le général de Gaulle, la Cour suprême, c'est le peuple. Aucune juridiction ne peut aller à l'encontre de ce principe fondamental.

Aucune décision de justice, aucune forme de censure ou d'interdiction ne réussira à mettre un terme à ce que nous bâtissons ensemble chaque jour, pour la France et pour les Français. Mes amis, il y a un malaise. Mes amis, jamais autant de Français n'ont placé leur confiance, leur voix et leur espoir sur les épaules du Rassemblement national. Jamais, jamais dans l'histoire nous n'avons compté autant d'adhérents, de militants, d'élus, de soutien dans tout le pays. Mes amis, patriotisme et l'amour pour la France ne sont pas des combats du passé. Ils sont la cause vivante du présent et la grande espérance de l'avenir.

Ce sont eux qui guident nos pas chaque jour, qui animent nos cœurs et qui donnent à nos combats leur sens véritable. Mes amis, je vous le dis, nous avons le devoir sacré d'être là, de faire bloc derrière Marine, de tenir bon face aux tempêtes, d'avancer sans relâche face aux épreuves et jusqu'à la victoire. L'habilité de ne jamais reculer, de ne jamais abandonner, car nous incarnons cette France fière, cette France enracinée, cette France déterminée à reconquérir sa souveraineté, à défendre son identité, à préserver son unité. Alors je le dis à nos adversaires, nous sommes là, et nous serons là, demain et après-demain.

Nous serons là, et de tous les Français, frappés par l'urgence sociale de la fin du mois, inquiets pour leur valeur et pour leur sécurité, mais toujours debout, fiers, déterminés, prêts à écrire une nouvelle page glorieuse de notre histoire. Mes amis, qui d'autre que nous, qui d'autre que nous pour défendre la liberté d'expression, menacés par le politiquement correct, par l'intolérance de la gauche, par le wokisme et par le totalitarisme islamiste, qui d'autre que nous pour déclencher ce grand référendum sur l'immigration qui permettra aux Français de reprendre le contrôle du pays et à la France de rester la France ?

Qui d'autre que nous pour redonner aux Français le droit de vivre dignement de leur travail et à nos entreprises le pouvoir de produire sans entrave ? Qui d'autre que nous pour redonner à la France sa grandeur et aux Français les moyens de leur bonheur ? Mes chers amis, je ne peux conclure cette allocution sans vous parler d'une femme. Une femme qui rassemble aujourd'hui dans le cœur de Paris tous les Français debout pour la justice et pour la démocratie. Je me souviens d'un soir de février 2012. La France était alors en pleine campagne présidentielle.

Lors d'un débat à la télévision, j'ai adhéré aux paroles et aux convictions d'une femme qui osait parler différemment de toute la classe politique. J'ai vu en elle une battante. J'ai vu en elle une femme habitée par l'amour des Français, par le souci de leur quotidien et par-dessus tout par la dignité du drapeau tricolore. Ce jour-là, mes amis, j'ai compris que Marine Le Pen était une femme d'État. Avec ce qui était à l'époque sa première candidature à l'élection présidentielle, elle m'a donné l'envie de l'engagement. Autant qu'elle a fait naître un espoir immense dans tout le pays, dans tout le peuple de France, de la métropole jusqu'à nos territoires d'outre-mer.

Depuis, cet espoir n'a cessé de grandir. Élection après élection, épreuve après épreuve, bataille après bataille, chaque jour, notre mouvement, le Rassemblement national se renforce et devient chaque jour un peu plus la maison commune de millions de Français et de millions de patriotes. Depuis, vous avez toujours pu compter sur elle, sur sa pugnacité, sur son honnêteté, sur son énergie et par-dessus tout, sur sa solidité. Aujourd'hui, mes amis, c'est elle qui a besoin de vous. C'est elle qui a besoin de nous. Elle pourra tout d'abord compter sur moi. Et je veux lui redire solennellement aujourd'hui.

Plus que jamais, le duo que nous avons formé repose sur la confiance, le respect, le partage de convictions profondes. Il s'est forgé dans les batailles, s'est renforcé dans les épreuves et se déploiera demain, j'en suis convaincu, dans la grande victoire pour la France. J'ai aussi la certitude, mes chers compatriotes, qu'elle pourra compter sur vous. Alors, je ne vous demande qu'une chose. Aidez-la. Aidez-la face à l'injustice. Aidez-la en poursuivant la mobilisation à nos côtés. Aidez-la en amplifiant la vague patriote partout en France. Rejoignez-nous en national. C'est résistement national. C'est défendre une certaine idée de la démocratie.

Adhérez, mes amis, car au bout de ce chemin, c'est la victoire qui nous attend. Et croyez-moi, elle n'a jamais été aussi proche. Alors, je vous le demande, soyez digne. Soyez digne de la France, de ses valeurs, de son esprit frondeur et de sa grandeur millénaire. En ce jour singulier, proclamons-le ici au pied des invalides. La grandeur de la France est encore devant nous. Nous sommes le peuple de France, ce peuple qui ne renonce jamais, ce peuple à qui le général de Gaulle s'adressait lorsqu'il affirmait avec conviction, soyons fermes, purs et fidèles. Au bout de nos peines, il y a la plus grande gloire du monde, celle des hommes qui n'ont jamais cédé.

Aujourd'hui, pour Marine, pour la France, face à l'injustice, ne cédons rien. Marchons ensemble vers l'avenir et rendons à la France sa liberté, sa grandeur, son honneur et sa démocratie. Rien ne peut arrêter un peuple qui s'est remis à espérer. Vive Marine Le Pen, vive la démocratie, vive la République et vive la France ! Sous-titrage Société Radio-Canada