MACRON : L'AUTOCRATE PYROMANE - LE ZAPPING DE BLAST
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour monsieur le Président, merci de nous recevoir à l'Élysée avec Julian Bugier. Bonjour Julian. Bonjour Marie-Sophie, bonjour monsieur le Président.
Vous savez que votre parole aujourd'hui est particulièrement attendue. C'est la toute première fois que vous vous exprimez depuis le recours au 49.3 et depuis que cette réforme des retraites a été adoptée par le Parlement, elle est très contestée dans la rue.
Première question donc, est-ce que ce texte entrera en application, comme prévu, au 1er septembre ? Bonjour et bienvenue, je suis heureux de pouvoir en effet répondre à vos questions. Ce texte, il va poursuivre son chemin démocratique.
Il a été préparé par le gouvernement après des mois de concertation. Je regrette qu'aucune force syndicale n'ait proposé un compromis. Il considère qu'il n'y a pas eu de proposition alternative.
La CGT, comme je suppose les autres organisations syndicales, ont fait des propositions alternatives. La deuxième solution, ça aurait été d'augmenter les cotisations des actifs. Il considère que cotisation patronale, ça n'est pas une question.
Ou des entreprises, monsieur le Président. Non ! Et de mettre les entreprises à contribution, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui dans le financement.
Non, parce que je vais y venir, c'est pas comme ça que marchent les retraites. Lui, il considère que pour financer la Sécurité sociale et la retraite, il n'y a que les cotisations salariales. Les retraites, c'est des cotisations des actifs pour les retraités.
C'est pas comme ça qu'est construit le système. Alors soit il a une méconnaissance totale de notre système, et là c'est très grave, soit il se fout de notre gueule. Il n'y a pas eu de proposition de compromis.
Il ne considère que les propositions alternatives ne sont valables que si on est d'accord avec lui. Donc le compromis, il a été fait par le gouvernement, après ces concertations. Il a été fait avec le Parlement.
Personne n'a craqué ! Personne n'a craqué ! L'ensemble des syndicats, qui, je l'ai dit, n'ont pas proposé de compromis, ils ont été contre avec clarté, je le respecte.
Mais ça a été fait de manière calme, organisée, ils le feront demain, c'est normal. Qu'il y ait des manifestations organisées pour dire "on est contre", c'est légitime. Le gouvernement, comme le Parlement, a essayé de tenir compte de ces manifestations.
On respecte, on écoute, on essaie d'avancer pour le pays. Quand la colère s'exprime, il faut aussi l'entendre et accélérer. Il faut les écouter, il faut écouter leur colère et y répondre.
Tiens, ramasse tes couilles enculé ! Qu'est-ce que vous répondez aujourd'hui aux Français qui sont inquiets aussi de cette situation et qui la subissent ? Bien sûr !
Les ordures qui s'amoncellent, les stations essence avec des queues considérables, les blocages. À quand un retour à la normale dans la vie des Français ? Un retour à l'ordre, même, disent certains.
Les Français commencent à se lasser, on l'entend dans nos reportages. Mais ils ont raison. On fera en sorte qu'une vie la plus normale possible puisse reprendre face à ceux qui bloquent à quelques-uns l'activité.
C'est une foule importante, compacte, ici dans les rues de Paris, à Toulouse, à Marseille, à Lyon, et aussi dans beaucoup de villes moyennes, de Chartres à Alès, de Pau à Châteauroux, bref. La contestation a réuni du monde, beaucoup de monde. Aujourd'hui, ce qui se passe dans la rue, est ce que vous craignez un embrasement des mobilisations, un pourrissement de la situation.
Quand des groupes utilisent l'extrême violence, quand ils utilisent la violence sans règles, parce qu'ils ne sont pas contents de quelque chose, alors là, ça n'est plus la République. Quand les États-Unis d'Amérique ont vécu ce qu'ils ont vécu au Capitole, quand le Brésil a vécu ce qu'il a vécu, quand vous avez eu l'extrême violence en Allemagne, aux Pays-Bas, on ne peut accepter ni les factieux, ni les factions. Est-ce que vous pensez que ça me fait plaisir de faire cette réforme ?
Non. Est-ce que vous pensez que je n'aurais pas pu faire comme tant avant moi, mettre la poussière sous le tapis ? Oui.
Cette réforme, elle est nécessaire. C'est une nécessité pour le pays. Quand aujourd'hui, on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, qu'on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans.
C'est ça la réalité de notre pays. Entre les sondages et le court terme, et l'intérêt général du pays, je choisis l'intérêt général du pays. Alors on va dire "non, non, il faut maintenant aller à 64 ans, vous savez déjà plus comment faire après 55 ans".
C'est l'intérêt supérieur de la nation. Les gens vous disent "les emplois c'est plus bon pour vous". C'est ça la réalité.
Par le sens de l'intérêt général, j'invite les gens qui, de manière simpliste, quand j'entends certains qui ne l’ont pas fait quand ils étaient aux affaires dire "c'est ça la solution", d'abord de regarder notre société. C'est l'intérêt général. J'ai le sens justement de la démocratie et du mandat.
J'ai nommé Elisabeth Borne, elle a souhaité engager la responsabilité de son gouvernement. C'est ça ce qu'on appelle le 49.3.
C'est un geste très solennel. Elle a pris ses responsabilités avec son gouvernement par le sens des responsabilités. Je le fais en responsabilité.
Je vous le dis en responsabilité. On n'est pas concurrencé sur le sens des responsabilités. On peut prendre ses responsabilités dans un système démocratique où les élections ne sont pas très tardives, ni celles des parlementaires ni celle du président.
Il faut toujours se méfier quand on dit "les Français". Si les Français ne percevaient absolument pas et étaient totalement en colère, sans doute n'aurais-je pas été réélu il y a moins d'un an. Je sais aussi que nombre de nos compatriotes ont voté ce jour pour moi, non pour soutenir les idées que je porte, mais pour faire barrage à celles de l'extrême droite.
Et s'il faut derrière endosser l'impopularité aujourd'hui, je l'endosserai. J'ai conscience que ce vote m'oblige. Je vis de volonté, de ténacité, j'assume ce moment.
Vous n'avez commis aucune erreur. De ne pas réussir à convaincre, mais en même temps, je constate qu'il y a aussi une tendance dans nos démocraties à vouloir s'abstraire du principe de réalité. Sylvie qui travaille comme femme de ménage me dit "Rachel j'ai 57 ans, je ne sais même pas si je tiendrai jusqu'à 60 ans".
À vouloir s'abstraire du principe de réalité. Valérie, 55 ans, qui est caissière me dit "Mon corps est si fatigué, je ne sais même pas comment tenir jusqu'à 62 ans, 64 ans c'est impossible". C'est aussi sans doute les conséquences d'une situation après le Covid.
On a beaucoup aidé au moment du Covid. À chaque distribution, la file s'allonge. Sur le campus de Bordeaux, de plus en plus d'étudiants viennent chercher le colis hebdomadaire distribué par la banque alimentaire.
Tout s'est un peu déréglé, les référentiels. C'est aussi pour ça que c'est plus dur de convaincre qu'il faut de la responsabilité parce que pendant plusieurs mois, on a payé pour ne pas travailler et donc le rapport au travail n'est plus le même. Tous sont boursiers, privés par la crise sanitaire du petit boulot qui complétait leur revenu.
Jamais les smicards n'ont autant eu leur pouvoir d'achat augmenté depuis des décennies. Sandra a la cinquantaine nerveuse, un petit sac à l'épaule, 50 euros de courses pour une semaine et trois personnes. J'y pense quand je suis à la caisse. "Tiens, pourquoi pas je passerais pas un article pour descendre un peu la facture quoi".
Parce que moi j'ai des enfants à nourrir et je m'en sors pratiquement pas quoi. C'est aussi à nous, à moi l'exécutif, d'essayer d'entendre la colère légitime qui n'est pas la violence encore une fois mais qui s'est exprimée au moment de ces contestations. "La foule, quelle qu'elle soit, n'a pas de légitimité face au peuple qui s'exprime souverain à travers ses élus".
Beaucoup des colères qui se sont exprimées, ça ne sont pas que les retraites. Je pense que beaucoup de choses qui se sont dites ne sont pas sur les retraites. Dans cette colère et ces voix, qu'est-ce qui s'est exprimé ?
D'abord un sentiment d'injustice. Ce sentiment d'injustice, c'est de dire au fond, c'est toujours nous qui bossons, à qui on demande des efforts. Et donc il faut entendre ce besoin de justice.
Moi je l'entends. Beaucoup de travailleurs disent "vous nous demandez des efforts". Il y a des gens qui ne travaillent jamais, ils ont quasiment la même vie.
Eux, ils ne vont jamais travailler, ils auront le minimum vieillesse. On a eu des manifestants qui ont dit "non, c'est pas la retraite le problème, on ne veut plus travailler du tout". C'est pour ça qu'il faut très vite engager pour aller chercher toutes celles et ceux qui sont au RSA et les aider à revenir vers l'emploi.
Les aider et les responsabiliser. C'est des chantiers que je veux qu'on ouvre parce qu'il y a un besoin de justice. Beaucoup de gens qui manifestent disent "il y en a qui ne bossent pas".
Ce que je dis, il faut y répondre par la loi travail et le système de droits et devoirs, de formation et d'accompagnement des bénéficiaires du RSA. Remettre au travail ceux qui sont le plus loin de l'emploi. Nous n'avons pas le droit pour notre pays à l'arrêt ou à l'immobilisme.
Nous n'avons pas le droit. Oui, on va continuer à avancer, à marche forcée. Et donc moi je vais continuer d'avancer sur un cap qui est clair.
Changer les choses pour nos compatriotes de manière plus tangible Tout ne passe pas par la loi. J'ai le sens justement de la démocratie et du mandat. Et on passe trop par la loi dans notre République et tout ne passe pas par la loi.
Donc il y aura bien une loi immigration, il y aura sans doute plusieurs textes "Immigration" et ils arriveront dans les prochaines semaines. Deuxième cap, l'ordre républicain. 200 brigades de gendarmerie, pas besoin de loi pour faire ça, vont être ouvertes partout sur le territoire.
Plus de juges, plus de greffiers pour juger plus vite. Je ne vis pas de regret moi, je vis de volonté. On a tous une part à prendre dans l'avenir du pays.
Vous me dites à moi si j'invite […] Mais une révolution ne s'invite pas, c'est le peuple qui la décide. Je suis sûr qu'on saura s’unir, se réunir pour l'avenir du pays. J’en suis convaincu.
Merci monsieur le président. Merci à vous.
Emmanuel Macron