Incendies : près de "40 000 hectares" brûlés en 2026 et "111 interpellations", indique Laurent Nuñez
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 40 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteRéponse directe
La France est-elle suffisamment équipée pour lutter contre les incendies ?
- 0:35OuverteRéponse directe
La sécurité civile et les pompiers ont-ils suffisamment de moyens pour lutter contre les feux de forêt ?
- 2:14RelanceRéponse partielle
Emmanuel Macron avait promis de renouveler la flotte de Canadair, est-ce que c'était une erreur d'annuler la commande de deux appareils ?
- 2:51RelanceRéponse partielle
Il y a bien eu une coupe dans les crédits de la sécurité civile, n'est-ce pas ?
- 3:43RelanceRéponse partielle
On est loin de ce qu'avait promis Emmanuel Macron sur la flotte aérienne ?
- 4:50OuverteRéponse directe
Quels sont les points d'inquiétude aujourd'hui en France sur les feux de forêt ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:47Invité politiqueFait
« On est dans une situation un peu exceptionnelle, avec une richesse extrêmement importante. »
- 1:22Invité politiqueChiffre
« 95% des feux se combattent avec des moyens terrestres. »
- 1:30Invité politiqueChiffre
« 90% des feux parcourent à peine 1 à 2 hectares. »
- 1:40Invité politiqueFait
« Nous avons une suffisance de moyens. »
- 2:35Invité politiqueFait
« Ce qui est dit est faux. »
- 3:05Invité politiqueChiffre
« Il y a bien eu une commande de 4 Canadair, 2 qui arriveront en 2028 et 2 qui arriveront en 2032. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Notre flotte de Canadair est identique à celle d'autres pays européens. »
- 4:35Invité politiqueFait
« Pour chaque Canadair, nous avons un moteur supplémentaire. »
- 5:14Invité politiqueFait
« Les tests ont eu lieu. Ils ont commencé déjà en 2025. »
- 5:22Invité politiqueFait
« C'est l'équivalent de deux Canadair. »
- 7:15Invité politiqueChiffre
« Nous sommes à un peu moins de 40 000 hectares qui ont été brûlés, forêt ou végétation. »
- 8:14Invité politiqueChiffre
« Nous en sommes là, au moment où on se parle, à 111 interpellations pour la France entière sur des incendiaires. »
- 8:10Invité politiqueChiffre
« 9 feux sur 10 ont une origine humaine, volontaire, accidentelle, l'imprudence. »
- 9:38Invité politiqueFait
« L'usage des armes par les policiers et les gendarmes est déjà autorisé depuis 2017 dans un certain nombre de cas. »
- 10:11Invité politiqueFait
« Ce que crée ce texte, c'est une présomption non pas de légitime défense, mais d'usage légitime de l'arme. »
- 12:19Invité politiqueChiffre
« En 2024, c'était 2017. »
- 13:06Invité politiqueChiffre
« On est à 22 000 refus d'obtempérer, dont 6 200 qui sont des refus d'obtempérer pouvant comporter atteinte à l'intégrité physique de policiers ou de personnes. »
- 19:33Invité politiqueChiffre
« Les actes anti-musulmans ont également augmenté, en valeur absolue, ils sont moins importants que les actes antisémites, qui ont dépassé le millier, on est à 1300, 1400. »
- 21:11Invité politiqueChiffre
« On va atteindre les 300 réadmissions reconduites forcées depuis le début de l'année. »
Temps de parole
- Laurent Nuñez69 %
- Présentateur31 %
≈ 0,5 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La France est-elle suffisamment équipée pour lutter contre les incendies ? Question qui se pose évidemment cet été, qui va se poser de plus en plus dans les années à venir et que nous allons poser ce matin au ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez. Bonjour. Bonjour. Question plus généralement sur les dégâts provoqués par les feux de forêt, notamment on l'a vu ces derniers jours à Fontainebleau, encore ces dernières heures dans le Var ou en Corse, entre autres. Question aussi sur la présomption de légitime défense pour les policiers, entre autres. Vous nous appelez, vous qui nous écoutez comme d'habitude, au 0145 24 7000 et vous nous écrivez sur l'application de Radio France.
Laurent Nunez, la sécurité civile, les pompiers, ont-ils donc suffisamment de moyens pour lutter contre les feux de forêt que l'on voit désormais partout sur le territoire et de plus en plus tôt dans la saison ?
D'abord, permettez-moi de dire qu'on est dans une situation un peu exceptionnelle, avec une richesse extrêmement importante. On a une abondance de végétation avec les pluies qu'il y a eu à la fin de l'année 2025 et puis souvent on a du vent qui fait que sur beaucoup de théâtres, tout est assez abrasif et les feux partent très vite, très très vite. Et la semaine qui s'ouvre là est une semaine avec un risque assez sévère pour tout le sud-est et le sud-ouest. Donc il y aura évidemment beaucoup de vigilance de la part de l'ensemble des effectifs de la sécurité civile, les sapeurs-pompiers, les militaires de la sécurité civile. 95% des feux se combattent avec des moyens terrestres.
Il ne faut pas l'oublier. Les moyens aériens interviennent sur les feux les plus importants. 95% des feux se combattent avec des moyens terrestres. 90% des feux parcourent à peine 1 à 2 hectares. Il faut le rappeler, c'est une façon de répondre aussi à votre question. Nous avons une suffisance de moyens. Justement si vous pouvez y répondre, oui ou non, suffisamment de moyens. Oui, nous avons suffisamment de moyens. Bien sûr, nous avons des moyens terrestres qui ont été renforcés, équipés avec le pack capacitaire qui a été décidé en 2022 et qui a permis d'investir de manière conséquente.
Et puis il y a la flotte aérienne qui est tout à fait importante avec ses 12 Canadair, ses 8 avions d'Ache, ses 12 hélicoptères bombardiers d'eau, ses 6 avions qui sont bombardiers d'eau dont des avions tractors, plus tous les moyens aériens des services départementaux d'incendie et de secours, une trentaine environ, ce qui fait une flotte d'un peu moins de 70 appareils.
Mais Emmanuel Macron avait promis de la renouveler, cette flotte, et surtout de la compléter à l'horizon 2027. Or, le Rassemblement National et la France Insoumise, notamment, accusent Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre, d'avoir annulé en 2024 la commande de deux Canadair. Est-ce que vous dites ce matin, oui, c'était une erreur ?
Non, il n'y a pas d'erreur. Ce qui est dit est faux. En 2022, nous n'avions pas 70 moyens aériens. Donc nous louons depuis cette période les 12 hélicoptères bombardiers d'eau dont je parlais, les 6 avions bombardiers d'eau, nous les louons chaque année depuis cette période. Ce qui fait qu'on a plus que doublé la faute aérienne. Donc tout ce qui est dit est faux.
Il y a bien eu une coupe dans les crédits, notamment de la sécurité civile, 50 millions d'euros à peu près, qui a conduit à l'annuation de cette commande. Il y avait 4 Canadair commandés, il n'y en a plus que 2.
Non, les crédits de la sécurité civile n'ont cessé d'augmenter. Donc les crédits n'ont cessé d'augmenter. Et il y a bien eu une commande de 4 Canadair, 2 qui arriveront en 2028 et 2 qui arriveront en 2032. Donc d'ailleurs ceux qui arriveront en 2028 sont en partie financés par l'Union Européenne. Et c'est grâce à une action commune d'ailleurs initiée par le Président de la République au niveau européen que la société qui produit les Canadair a pu repartir. Donc tout ça sont des polémiques stériles. Nous avons une floc aérienne qui est conséquente, qui permet de répondre aux moyens.
On l'a vu hier, vous savez hier sur l'incendie qui a eu lieu dans le Var et qui est en cours d'être fixé, qui est encore en cours. Où nous avions hier 5 Canadair engagés, 2 avions d'âge et 2 hélicoptères bombardiers d'eau. Donc c'est dire l'importance des moyens que nous savons mobiliser là où c'est nécessaire.
Il y a bien eu 10 milliards de crédits annulés en 2024 sur fonds de déficit budgétaire, dont 50 millions qui étaient censés être consacrés à la sécurité civile.
Mais ça n'a pas empêché de finalement passer commande de Canadair et de louer des moyens aériens
qui ont permis de répandre aux besoins de la sécurité civile en matière de moyens aériens. Mais on est loin de ce qu'avait promis Emmanuel Macron encore une fois ?
Nous y sommes avec ce que nous louons et nous avons commandé des Canadair. Et nous louons la flotte, la flotte depuis 2022, vous savez ça a été une saison assez exceptionnelle. Elle a été plus que multipliée par deux grâce aux avions, aux hélicoptères bombardiers d'eau, aux avions bombardiers d'eau que nous louons et à nos 12 Canadair. Notre flotte en matière de Canadair est promis de renouveler et qui seront seulement rénovées. Je vous signale d'abord, notre flotte de Canadair est identique à celle d'autres pays européens, contrairement à ce qu'on peut entendre ici ou là. Premier sujet. Deuxième sujet, pour chaque Canadair, nous avons un moteur supplémentaire.
Et donc le taux de disponibilité de nos Canadair, il est de 85% au moment où je vous parle. Ce qui est exceptionnel par rapport au reste de l'Europe et même par rapport à l'utilisation de l'aviation d'une manière générale. Si vous regardez la disponibilité des avions en matière militaire, il est à peu près identique, voire parfois un peu inférieur.
C'est donc l'une des polémiques de l'été sur ces incendies. Vous y avez répondu. Il y a des tests qui vont pouvoir avoir lieu sur l'avion d'Airbus, l'A400M, qui est habituellement consacré au transport de troupes militaires ou de matériel militaire. Il va pouvoir intervenir dans les prochains jours sur des incendies ?
Oui, dans les prochains jours. Les tests ont eu lieu. Ils ont commencé déjà en 2025. Ça consiste à équiper un avion militaire d'un kit qui permet de projeter soit de l'eau, soit du produit retardant à hauteur de 20 000 litres. C'est l'équivalent de deux Canadair. Donc on met une citerne ? Oui, voilà. On met un kit, une citerne qui projette de l'eau. Donc on a fait un certain nombre de tests qui ont plutôt été concluants. Et là, il y a un appareil A400M qui est en cours d'équipement et qui pourra être utilisé d'ici une dizaine de jours, le temps de former les effectifs.
Mais il sera surtout utilisé pour projeter du produit retardant, c'est-à-dire en amont des feux, pour protéger des zones vulnérables. Ça sera surtout l'utilisation qui en sera faite.
En complément des bombardiers d'eau ? Absolument. Vous parliez de formation. 10 jours, est-ce que c'est suffisant ? Il y a suffisamment de pilotes pour manœuvrer un tel engin ? C'est compliqué quand même dans ces conditions, à très basse altitude ?
Ce sont des avions militaires. Donc il y a un accord qui a été signé entre la ministre des Armées, que je remercie, et le ministre de l'Intérieur, qui a été signé ces jours derniers. Et donc d'ici une dizaine de jours, on pourra utiliser un de ces appareils sur les théâtres d'incendie.
Un mot rapidement de la situation sur les feux de forêt proprement dit. On a parlé de Fontainebleau ce matin, il y a encore des pompiers sur place, mais beaucoup moins que ces derniers jours. Le feu est stabilisé. Quels sont les points d'inquiétude aujourd'hui en France ?
L'inquiétude est partout en France, elle est généralisée. On a bien vu que les feux de forêt remontent la ligne, ils vont bien au nord de la Loire. On l'a vu justement avec deux incendies qui sont en cours. Il y en a un qui est fixé, c'était dans le département de Loire-Atlantique. Près de Saint-Lazaire. À Trignac, hier, près de Saint-Lazaire, où on a six maisons qui ont été incendiées. Le feu a parcouru une vingtaine d'hectares, mais en milieu périurbain, où on a d'ailleurs engagé là encore deux avions bombardés d'eau, des airs tracteurs. Et puis, il y a le feu à Trignac qui est fixé.
Et puis, il y a un feu à Tarado, dans le département du Var, où une dizaine de maisons ont été brûlées, une cinquantaine impactées, où on a engagé d'importants moyens aériens. Il est en cours d'être fixé, mais il ne l'est pas encore tout à fait.
Le dernier bilan que vous aviez donné, c'était depuis le début de l'année 2026, plus de 30 000 hectares de forêt.
Nous sommes à un peu moins de 40 000 hectares qui ont été brûlés, forêt ou végétation. Ce qui est évidemment beaucoup plus que tout ce qui a été brûlé l'année dernière. Et à la même période, beaucoup plus qu'en 2022, qui était déjà une saison exceptionnelle.
Donc, parmi les pires de toutes celles que nous avons connues sur le front des incendies.
Tous les jours, il y a une multiplicité de feux qui se déclarent. Et la plupart d'entre eux sont maîtrisés, éteints, dans des délais très courts, et parcourent une distance qui est très faible.
C'est des dizaines, voire des centaines de départs de feu chaque jour.
C'est beaucoup d'engagement des personnels, des sapeurs-pompiers, des militaires, de la sécurité civile, et de nos pilotes de la flotte aérienne dont je veux saluer le travail.
Départs de feu parfois volontaires, comme ça a été le cas à Fontainebleau. Il y a deux hommes mis en examen pour incendies volontaires, notamment un pompier volontaire de 18 ans. Où sont les enquêtes ?
Les enquêtes sont en cours, sous l'autorité de la procureure de Fontainebleau en l'occurrence. Mais d'une manière générale, sachez que 9 feux sur 10 ont une origine humaine, volontaire, accidentelle, l'imprudence. Et nous en sommes là, au moment où on se parle, à 111 interpellations pour la France entière sur des incendiaires, dont une grande partie d'ailleurs reconnaissent les faits.
90% d'origine humaine, vous l'avez dit, en grande partie d'origine accidentelle. Ça a été le cas aussi à Fontainebleau, à cause de deux chantiers qui étaient menés près de la forêt. Quel message vous faites passer aux gens qui nous écoutent sur les comportements ?
Sur Fontainebleau, bien dire qu'il y a une enquête en cours, la procureure de Fontainebleau s'exprimera. Mais il y a pour partie une cause volontaire, pour partie probablement une cause accidentelle. Le message, c'est un message de prudence, de faire attention. N'importe quel mégot devient abrasif dans la situation que nous connaissons, avec la sécheresse, beaucoup de végétation, souvent du vent. Donc il faut être extrêmement prudent sur les mégots, les barbecues, et surtout respecter les consignes de la sécurité civile et les consignes qui sont données par les préfets localement.
Tout autre sujet, Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur. Sur la proposition de loi adoptée il y a moins de deux semaines à l'Assemblée, qui doit maintenant être examinée par le Sénat, qui crée une présomption d'usage légitime des armes, donc de légitime défense, pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions. Ce sera donc à la victime ou à leurs proches de prouver que le policier ou le gendarme qui a tiré n'était pas en légitime défense. C'est ça l'idée ?
Non, pas du tout. Il se dit beaucoup de choses qui sont complètement fausses là-dessus, y compris celles qu'il s'agirait d'un permis de tuer. D'abord, il faut que vos éditeurs sachent que l'usage des armes par les policiers et les gendarmes est déjà autorisé depuis 2017 dans un certain nombre de cas, qui sont des cas très précis, des cas très graves. Un refus d'obtempérer avec un individu qui risque d'attenter à la vie de personne, à l'intégrité physique de personne, un individu menaçant, armé, un périple meurtrier, un individu qui tue un certain nombre de personnes et dont on a de bonnes raisons de penser qu'il va poursuivre.
Il n'y a que dans ce genre de cas qu'il est autorisé de faire usage de son arme de manière strictement nécessaire et proportionnée. C'est ce que prévoit une loi de 2017. Et ce que crée ce texte, c'est une présomption non pas de légitime défense, mais d'usage légitime de l'arme. Et c'est une présomption simple qui part du principe qu'il n'a pas de raison qu'un policier ou un gendarme a fait un usage disproportionné ou fautif de son arme. Simplement cette présomption, ça veut dire que vous partez du fait qu'il y a une présomption d'usage légitime. Donc de légitime défense. Non, pas de légitime défense.
On présume qu'on était bien dans le cas d'un refus d'obtempérer avec un risque de réitération, qu'on était bien dans le cas d'un périple meurtrier. Ce n'est pas comme quand on entend ce que dit la France Insoumise, ce n'est pas comme si un policier pouvait sortir, tuer quelqu'un et considérer qu'il est absout et qu'il bénéficie d'un permis. Tuer, pas du tout. Il y a une autorisation légale qui existe déjà depuis 2017 et c'est une présomption qu'on se situe dans un de ces cas. Mais elle pourra être démontée à tout moment et dès le début, tout de suite après les faits.
Si la justice part du principe que le policier ou le gendarme a usé de son arme de manière légitime, est-ce que le combat judiciaire qui s'ensuit entre la victime et l'agent des forces de l'ordre est équitable ?
Non, mais si la justice considère que l'usage a été légitime, il n'y a pas de « je ne vois pas où est la difficulté ». Ça veut dire qu'il y a une enquête et qu'on considère que les conditions sont réunies. Avant de commencer l'enquête. Le problème d'un certain nombre de partis politiques et surtout de la France insoumise, c'est que je pense qu'il considère que les policiers n'ont pas fait à faire usage de leurs armes. D'ailleurs, ils exhibent souvent de cas pour démontrer, faire leur démonstration de l'existence d'un permis tué. Ils exhibent souvent de cas qui ont en réalité été jugés et dans lesquels l'action de la police a été jugée ou de la gendarmerie a été jugée proportionnelle.
Et puis les chiffres qu'ils donnent sont absolument aberrants. Cette idée que depuis cette fameuse loi qui autorise les policiers à faire usage des gendarmes, dans certains cas à faire usage de leurs armes, on aurait eu une augmentation des usages d'armes.
Ils ne sont pas les seuls. Il y a des chercheurs, notamment cités dans le journal De Monde, directeur de recherche au CNRS, qui dit que depuis cette loi de 2017 dont vous parliez, les tirs en France ont été multipliés par 5. Oui, ce qui est complètement faux.
Vous dites que c'est faux. Depuis, entre 2012 et 2024, la moyenne de tirs d'usage individuel, par exemple pour la police, c'est 271. Et entre 2017 et 2018, ce qui serait pour eux le point de bascule, la nouvelle loi de M. Cazeneuve qui a autorisé les policiers à faire usage de leurs armes, les usages ont baissé. Ils étaient un peu moins de 400. Ils ont baissé à 300 entre 2017 et 2018. Et en 2024, c'était 2017. On a une baisse d'usage d'armes dans la police nationale.
Donc aucun risque d'augmentation des tirs mortels ?
Croyez-vous que les policiers et les gendarmes font usage de leurs armes avec plaisir, avec goût, avec passion ? Certainement pas. Ils le font toujours. Ils sont formés pour ce faire. Ils le font toujours en cas d'absolue nécessité et avec beaucoup de proportionnalité, comme c'est prévu par la loi, comme c'est demandé par la loi de 2017.
Il y a des recherches qui démontrent, pas seulement en France, mais dans d'autres pays occidentaux, que les lois plus souples favorisent l'usage des armes par les forces de l'ordre.
Je conteste ces recherches. Je conteste les chiffres qui sont donnés. En revanche, ce que je peux vous dire, c'est que les refus d'obtempérer depuis 2016, depuis 2017, ils ont explosé. Ils ont explosé. On est à 22 000 refus d'obtempérer, dont 6 200 qui sont des refus d'obtempérer pouvant comporter atteinte à l'intégrité physique de policiers ou de personnes. Et ça, ça a explosé, ça a augmenté.
Il y a une mobilisation importante malgré tout contre ce texte, notamment une pétition sur le site de l'Assemblée nationale qui recueille déjà plus de 700 000 signatures. La conférence des présidents de l'Assemblée peut décider d'organiser un débat en séance publique. Est-ce que vous souhaitez que ce débat ait lieu ?
Ce n'est pas à moi d'en décider. Je crois que la commission des lois se réunira et décidera s'il y a un débat ou pas, ou un débat devant la commission, sachant que le texte n'est pas encore... Il a été adopté à l'Assemblée. Il doit encore être inscrit et adopté au CELA. Mais c'est un texte qui était attendu. L'ensemble des organisations syndicales de la police, ils sont favorables. Moi, à titre personnel, je l'ai dit, je suis très favorable. C'était effectivement le premier texte déposé. C'était un texte qui crée une présomption de légitime défense. Sur amendement du gouvernement, donc avec l'approbation du gouvernement, nous l'avons transformé en présomption d'usage légitime des armes.
Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.
Pas tout à fait. Cette question de la légitime défense, le nouveau défenseur des droits va peut-être devoir prendre position à ce sujet. Emmanuel Macron propose de nommer le sénateur LR, conservateur d'aucun réactionnaire, François-Noël Buffet. Est-ce qu'il est la bonne personne, puisqu'il était il y a encore quelques mois au ministère de l'Intérieur avec votre prédécesseur Bruno Retailleau, pour se prononcer sur ces questions ?
Non mais bien sûr. Tous les défenseurs des droits ont toujours pris à bras-le-corps leur mission et ont fait preuve de beaucoup d'engagement. Et j'entends ce qui se dit sur François-Noël Buffet. Je suis un petit peu choqué. Vous avez Mme Hédon, qui est défenseur des droits, qui a succédé à Jacques Toubon. Jacques Toubon, qui a été un défenseur des droits, qui a défendu les droits. Je peux vous le dire de manière acharnée.
Pour avoir été au fonctionnaire, pour avoir souvent eu à être entendu par lui ou l'avoir rencontré, je peux vous dire que le parcours politique des uns et des autres impacte peu, influe peu, sur l'institution qui est celle du défenseur des droits, qui est une institution extrêmement importante, moi pour laquelle, je vous le dis, j'ai énormément de respect. Je me félicite d'ailleurs de la façon dont j'ai travaillé avec Claire Hédon et en son temps avec Jacques Toubon.
Le parcours politique de François-Noël Buffet, ce sont des prises de position sur l'avortement, le mariage pour tous, le médical d'État pour les étrangers sans papier, qui font dire aujourd'hui à de très nombreuses associations et syndicats qu'il n'est pas la bonne personne pour défendre justement ses droits fondamentaux. Vous, encore une fois, vous n'avez aucun doute ?
Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il accomplira sa tâche de manière remarquable et avec l'objectivité, l'impartialité, qui a été celle de l'ensemble des défenseurs de droits. Et je prends d'ailleurs à dessein M. Jacques Toubon, cet exemple à dessein, très honnêtement, ça a été un défenseur des droits de très haut niveau et qui a toujours, toujours défendu la cause des droits fondamentaux. Et je vous parle avec mon expérience de haut fonctionnaire, encore une fois, où j'ai eu souvent affaire à lui.
Autre actualité, Laurent Nunez. Le maire LR d'Alès, dans le Gard, Christophe Rivenc, visé par des menaces de narcotrafiquants, c'était il y a trois jours, des inscriptions devant chez lui, des balles de 9 mm dans sa boîte aux lettres, des lettres de revendications indiquant des aides mafias. Est-ce que d'abord, vous êtes en mesure de dire si cette organisation criminelle marseillaise est bien derrière ces menaces ?
C'est probable. Enfin, nous, en tout cas, on prend très au sérieux ces menaces. Alès, c'est un territoire qui est très convoité par la des aides mafias marseillaise, je vous le confirme. C'est le cas aussi à Carcassonne, où il y a eu un règlement de compte et où d'ailleurs, j'ai eu aussi à échanger, comme je l'ai fait avec le maire d'Alès, avec le maire de Carcassonne. Oui, on prend cette menace très au sérieux. C'est ce qui nous a conduit à renforcer les moyens. D'ailleurs, j'avais déjà rencontré M.
le maire d'Alès il y a quelques semaines, au début du mois de juin pour être précis, où je lui avais annoncé que nous renforcerons à Nîmes les moyens en investigation judiciaire, c'est-à-dire en enquêteur, et à Alès, les effectifs en voie publique. Et il y a actuellement une unité de CRS qui a été déployée. Oui, on prend ça très au sérieux. Vous savez, Alès, c'est un territoire où les effectifs du poli-judiciaire de Nîmes font un travail remarquable, démantèlent des réseaux. Forcément, ça crée des convoitises. Et nous pensons effectivement qu'un certain nombre d'éléments marseillais s'intéressent de près à ce territoire, comme c'est le cas d'ailleurs à Carcassonne.
4h4 envoyés sur place. Le maire, en revanche, a refusé la protection individuelle que vous lui proposiez. Vous le comprenez ?
Je le comprends. On lui a proposé une protection individuelle. Il y a une protection qui n'est pas au plus rapprochée, mais on reste évidemment attentif à sa situation. On lui a remis un bouton d'alerte qui permet d'alerter les forces de sécurité en cas de menace. Évidemment, son domicile et tous ses déplacements font l'objet d'une attention soutenue des forces de sécurité.
Ça pose la question de ce que peut faire l'État face à des organisations...
Ce que fait l'État, c'est ce que nous faisons, démanteler des réseaux, continuer à démanteler des réseaux. Vous savez, à l'aise, les résultats en matière de démantèlement, ils sont très bons, comme ils le sont à Carcassonne d'ailleurs, où on a eu ce règlement de compte. Cette revendication de ce règlement de compte par l'ADZ Mafia, nouvelle génération, par un nouveau collectif marocain, nouvelle génération. À Carcassonne, entre le mois de juin 2025 et le début de cette année, ce sont cinq trafiquants au doigt qui ont été mis hors d'état de l'État. Mais on a là une organisation... Alors évidemment, ça crée des velléités de réoccuper le terrain.
Et donc ce qu'il faut, c'est continuer à l'occuper, continuer à démanteler des réseaux, et on le fait sans relâche, en continuant à...
On a une organisation, comme on l'a vu à Marseille, malheureusement avec l'assassinat de Médit Kessassi, le frère de l'élu municipal et militant anti-drogue à Médit Kessassi, il y a quelques mois, à la fin de l'année dernière, le narcotrafic aujourd'hui menace la démocratie en France.
Si nous ne continuons pas à lutter de manière acharnée contre le narcotrafic, oui, il y a un risque, je vous le dis, mais nous continuerons à démanteler des réseaux et opposer une guerre acharnée au narcotrafic.
Deux mots pour terminer, Laurent Nunez. D'abord, sur ce que vous avez promis il y a quelques jours, à l'occasion du centenaire de la Grande Mosquée de Paris, une stratégie nationale de lutte contre les actes anti-religieux. Qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que, d'abord, on travaille sur... Il y a des assises qui ont été lancées sur ce que sont les actes anti-religieux, de toute nature, anti-musulmans, anti-sémites, anti-chrétiens, qui ont augmenté toute catégorie de cultes confondus. Et donc, cette idée, c'est de se réunir partout dans les territoires, de réunir les acteurs locaux, d'analyser le phénomène et d'apporter des réponses, qui sont évidemment des réponses de protection policière, mais aussi des réponses d'éducation, et d'apprendre à nos jeunes à mieux vivre ensemble et à respecter tous les cultes, à respecter tous les cultes.
On sait que les actes anti-sémités, et vous l'avez dit, ont bondi, on a les chiffres dont on parle, les actes anti-musulmans aussi, vous avez cité un chiffre...
Également, oui, les actes anti-musulmans ont également augmenté, en valeur absolue, ils sont moins importants que les actes antisémites, qui ont dépassé le millier, on est à 1300, 1400, mais il y a une augmentation des actes anti-religieux, d'une manière générale, et qui doit nous préoccuper sur notre capacité, ou pas, à vivre ensemble, tout culte confondus, y compris pour ceux, d'ailleurs, qui ne pratiquent aucun culte.
Est-ce qu'on n'arrive pas un peu tard, à quelques mois de la fin du mandat d'Emmanuel Macron ?
Non, on n'arrive pas un peu tard, depuis 2017, ça a été une priorité constante du Président de la République, il y a eu énormément de plans de lutte contre les discriminations, contre les atteintes à la religion, il y a eu énormément d'actions qui ont été menées, beaucoup de formations de fonctionnaires de police, de militaires de la gendarmerie, beaucoup d'éducation, de cours qui ont été dispensés dans les établissements scolaires, il faut continuer ce travail, et de pédagogie, et de protection.
Et dernier mot, Laurent Nunez, de notre confrère, le journaliste sportif Christophe Glaze, toujours emprisonné en Algérie, ses soutiens, sa famille espérait une grâce présidentielle pendant le mondial de football, il s'est terminé hier, et il est toujours en prison, pour des accusations qui n'ont rien à voir, on le rappelle, avec la réalité de son travail. Est-ce que vous regrettez que le président algérien, Téboune n'ait pas encore accédé à cette demande de grâce ?
La France reste très attentive à la situation de Christophe Glaze, on a réengagé un dialogue constructif avec l'Algérie sur les questions migratoires et de sécurité, et on reste évidemment très attentif à cette situation, qui est très régulièrement évoquée avec notre partenaire algérien.
Vous faites partie de ceux au gouvernement qui sont en première ligne sur le réchauffement des relations entre Paris et Algérie, pourquoi ça n'a pas encore abouti ?
Écoutez, voilà, c'est un sujet, on continue à travailler avec l'Algérie, à réengager, à réadmettre des étrangers en situation régulière, on va atteindre les 300 réadmissions reconduites forcées depuis le début de l'année, les choses se sont réenclenchées, sur tous les fronts nous travaillons, le front de la libération de Christophe Glaze fait partie de nos combats. Vous ne perdez pas espoir ? Je ne perds pas espoir, je ne perds pas espoir.
Merci beaucoup Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur.
Laurent Nuñez