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interviewLe Figaro· 2 septembre 2025 13 min

Dissolution, démission... Comment la gauche prépare l'après François Bayrou?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Dans une semaine, François Bairrou connaîtra son sort. Le Premier ministre va se soumettre au vote de confiance de l'Assemblée le 8 septembre et il cherche toujours des solutions pour rester en place. Et parmi celle-ci, on a entendu parler de l'entrée possible de ministres socialiste au gouvernement.

Alors, est-ce que c'est possible ? Est-ce une bonne idée ? C'est la question du jour qu'on pose aujourd'hui sur le site du Figaro.

Faut-il faire rentrer le socialistes au gouvernement ? Et pour parler su, je suis avec Pierre le Peltier. Bonjour Pierre.

Bonjour. Politique. Vous suivez euh la gauche.

Euh déjà cette question, est-ce qu'elle se pose vraiment ? Est-ce qu'on peut imaginer un Olivier Fort ou un Boris Valot qui entre au gouvernement de François Bairrou ? Alors, de François Baïou, non, clairement euh ils l'ont dit et répété et d'ailleurs, ils accorderont pas leur confiance à François Baouot lundi.

Euh donc non, il y a il y a aucune option où euh des ministres socialistes dépouleraient euh dans le gouvernement de François Baou désarrois de François Bairrou qui espérait qui a longtemps espéré pouvoir compter sur la le soutien ou en tout cas la bienveillance des socialistes et il a échoué. Et oui, alors ils l'ont redit les socialistes vont voter contre. Euh ça c'est sûr et certain lundi prochain.

Oui, il y a quasiment aucun doute. Je j'hésite parce qu'il y a peut-être deux trois brebis galeuses, on va dire. Je pense notamment à à François Hollande, mais en fait déjà la dernière fois sur la motion de censure, il y a quand même une s une sorte d'ordre de groupe qui fait que tout le monde suit.

Donc qui logiquement aucune voix ne devrait manquer. Euh pareil dans les trois autres groupes de gauche, les écologistes, les communistes et les insoumis. Donc en fait, il y a pas trop de de suspense lundi.

En tout cas, du point de vue de la gauche, je crois que dans les autres camps, c'est pareil. H donc en fait ça va ça devrait être assez vite tranché cette histoire. Oui.

Alors, je vais vous parler de politique fiction mais qui n'en est pas tant que ça. Du coup, François Berou va avoir énormément de mal, sauf énorme surprise à avoir son vote de confiance. La question c'est qu'est-ce qui va se passer ensuite ?

Imaginons que Emmanuel Macron décide de nommer un autre premier ministre que va faire le PS à ce moment-là ? Bah, c'est toute la question qui est qui flotte un peu euh dans l'air à gauche. Personne ne sait très bien.

Alors, il y a il y a la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon qui eux ne veut elle ne veut pas gouverner euh parce que gouverner ça reviendrait à trouver une enfin à essayer de trouver une majorité et donc à discuter avec les macronistes et pour eux c'est pas possible. Et effectivement, il y a toute une partie enfin il y a tout le PS et même les on peut même inclure les écologistes qui qui disent il faut qu'Emmanuel Macron nomme un premier ministre un premier ministre issu du NFP et ensuite discuter avec la la Macronie pour dire au moins tomber d'accord sur un pacte de non censure. Et donc là c'est du deal, c'est de la négociation, c'est de la discussion qui qui peut avoir lieu.

Maintenant, est-ce qu'Emmanuel Macron prendra le risque de nommer un Premier ministre de gauche qui en fait n'aura que comme simple politique ou obsession de détricoter toutes les les réformes en fait entre guillemets ce qu' ce qu'ils appellent libéral les réformes libérales d'Emmanuel Macron ? Ce serait un peu étonnant de la part d'Emmanuel Macron, même si ça répond quand même à une logique institutionnelle de se tourner vers le premier bloc, mais vu les choix qu'a fait Emmanuel Macron depuis les juillet 2024, on a du mal à imaginer ce scénario. Oui, on pourrait imaginer aussi que les insoumis, je pense à Mathilde Panot qui qui en a parlé ce matin, si il y a un premier ministre issu des rangs socialistes, eux, ils vont pas forcément voter pour.

Non parce que Mathilde Panot et Jeanl enfin Jean-Luc Mélenchon le 1er en fait considère que à partir du moment où les socialistes veulent entrer au gouvernement ce que je disais ils doivent trouver une majorité et donc pour trouver une majorité ils sont obligés parce que il y a pas cette députés de gauche pour former une majorité donc ils sont obligés de de s'ouvrir et de de discuter avec des des macronistes même voir la droite et essayer de se mettre d'accord pour pas être renversé au bout de de semaines. Et en fait pour les insoumis de Jean-Luc Mélenchon, tout ça est juste pas acceptable parce que ça enverrait une forme d'idée de tambouille, de combine et surtout ça serait ça romperait la promesse à leurs yeux d'un programme de rupture sur lequel on se sont engagés les députés, les candidats du NFP en 2024. H alors ve faire par contre cet accord dont dont vous parlez, c'est le cas du maire de de Saint-toin par exemple qui voudrait finalement un accord qui va assez loin, on va dire dans le dans le socle commun.

Est-ce que ça il a beaucoup de soutien, on va dire de ce côté-là ? C'est en fait c'est difficile à dire pour l'instant parce que euh il y a tellement de possibilités, c'est-à-dire que certains on leur dit Bernard Casneu il y a une partie des socialistes qui disent "Bah si c'est Bernard Casneu oui, on va soutenir Bernard Casneu." Sauf qu'une partie du groupe socialiste dit "Bah non, c'est compliqué parce que il a pas le même programme que nous.

On n pas la même vision. D'ailleurs, il est pas vraiment socialiste. Les écologistes pareil diront "On veut pas de case neuf." Par contre, si c'est un premier ministre qui est Olivier Fort là, évidemment tous les socialistes seront seront d'accord.

Donc en fait, il y a tellement de possibilités. Karim Boamran, le maire de Saint-Toin, lui veut un premier ministre de gauche, mais il précise pas forcément lequel. Et bahon, voilà, il lui pourquoi pas lui.

Mais euh mais en attendant, c'est très compliqué de trouver une majorité. Enfin, tout revient à l'idée de trouver une majorité qui peut tenir euh dans la durée et au moins passer le budget. Et en fait, c'est ça qui est qui est quand même très compliqué.

C'est pour ça qu'on a du mal à voir l'issue. Oui, on pourrait retourner alors vous avez dit Olivier Fort, on pourrait d'ailleurs on l'a revu ce weekend Lucy Casté qui était qui qui était la candidat ou alors certains peut l'aide pour que Lucas soit de nouveau la candidate. Mais là pareil les socialistes, une partie du PS ne veut plus que ce soit elle.

Les insoumis n'en parlons pas. Enfin voilà, c'est c'est en fait c'est c'est un énorme rubis cube qu'on dans tous les sens et qu'on narrive pas à dénouer quoi. Alors ça c'est en cas de changement de gouvernement.

On le sait. Emmanuel Macron euh il est plus on va voir ce qu'il va faire. Euh il y a cette question qui peut arriver ensuite celle de la dissolution.

Euh puisque retrouve un premier ministre, on l'a vu, c'est très compliqué avec cette assemblée, on pourrait à nouveau faire une dissolution. Et qu'est-ce qui pourrait se passer de à ce moment-là du côté de la gauche ? Est-ce qu'on pourrait finalement avoir un nouveau nouveau Front populaire ?

Euh pour ma part, je pense que c'est fait partie des options très sérieuses. Tout simplement parce que quand on regarde les projections euh on se rend compte qu'en fait la gauche a beaucoup à y perdre euh en terme de siège euh si elle partait divisée. Enfin, ce serait moi j'ai j'ai fait quelques projections, euh ce serait un carnage en fait euh mais que ce soit pour le PS ou que ce soit pour la France insoumise, donc chacun montre les muscles en disant "On a plus besoin l'un de l'autre".

Dans les faits, en fait euh c'est très compliqué de partir l'un sans l'autre. Et en plus de ça, c'est que si ils partent divisés et ben en fait tout simplement ça facilite aussi euh la victoire du Rassemblement national. Et ça quand vous êtes un responsable de gauche, c'est très difficile à accepter et à faire accepter à à l'électorat de gauche qui est quand même très unitaire.

Hm hm. Donc on n'est pas on n'est pas à l'abri d'un nouvel accord unitaire à gauche malgré tout ce qui se passe depuisant c'est ce qu'on un peu ce qu'on avait connu aussi avec la NUPES finalement est-ce que l'histoire se répète à un peu. Il y a il y a un réflexe historique à gauche qui est l'unité.

Euh alors maintenant effectivement, vu tout ce qui s'est passé et vu les tensions qui sont toujours plus grandes, euh il y a quand même l'idée de faire non plus un accord global mais des accords dit défensif, c'est-à-dire dans les circonscriptions où le Rassemblement national fait de bons scores ou ou peut même gagner, l'idée que la gauche rassemblerait dans ces territoires très précis. Mais bon, du coup, c'est du cas par cas, donc c'est très difficile aussi à mettre à mettre en place. Euh et certains, notamment les écologistes, plaident pour un accord national.

Oui, parce que trouver trouver les circonscriptions sur lesquelles ils peuvent perdre euh ça en fait enfin ça en fait quand même beaucoup euh accord défensif sur pas beaucoup de tir contr Voilà et c'est pour ça que il y a une responsable écologiste qui m'a dit c'est un peu c'est un peu la la formule si tu reviens j'annule tout et c'est peut-être ce qui se passera. Alors ça c'est c'est vrai que la politique c'est vraiment étonnant parce que on les voit se pouiller à longueur de journée et en fait vite se rabibocher quand l'urgence est là. Hm hm.

On avait déjà observé ça au moment du nouveau Front populaire hein parce que c'était après le 7 octobre où il y a eu énormément de tensions, énormément de vagues et en fait seulement aux premières projection sondagières où le Rassemblement national pouvait obtenir une majorité absolue, tout le monde s'est remis autour de la table. Donc on pourrait réavoir le même scénario finalement. Ce serait pas impossible.

Serait pas impossible. Vous nous dites on entend aussi plus trop parler. On se rappelle la dernière dissolution législative avait eu lieu avec les rutes européennes.

Il y avait un homme à gauche qui avait porté la liste des socialistes, c'est Raphael Gluxman. On entend pas trop parler en ce moment. Raphaël Gluxman.

Quel est son plan à lui ? Bah, Raphael Gluzman, en fait, il procède par séquence, ce qui est assez malin. C'est-à-dire qu'il disparaît, il va il revient fort, il redisparaît, il revient fort, enfin, il séquence, c'est un rythme politique qui a assez enfin c'est souvent ce qu'on voit dans les dans les campagnes.

Euh lui, il a un objectif, c'est que dans les sondages, il est bien placé. Enfin, il est bien placé, il est à plus de 10 %, il est entre 10 et 15, à peu près comme Jean-Luc Mélenchon et c'est le seul en fait qui à gauche pour l'instant peut concurrencer Jean-Luc Mélenchon. et lui considère que il doit tracer dans son couloir comme Jean-Luc Mélenchon va tracer dans son couloir et qu'il faut pas s'embêter avec l'unité, l'union contre Mélenchon et cetera, que lui il propose il propose une offre politique social-démocrate, hein, clairement et euh finalement l'électorat de gauche qui serait un peu agacé, lassé, énervé par Jean-Luc Mélenchon finira par se reporter sur lui et que de fil en aiguille, il créera une dynamique et ça lui permet permettrait voilà de d'accéder, il espère au second tour.

Après, il est dans les mêmes problèmes que les autres. C'est-à-dire qu'en cas de dissolution, que fait Raphaël Gluxman ? On en plus il a une toute petite force politique qui s'appelle place publique, mais place publique, c'est deux députés, c'est pas beaucoup de militants.

Donc il pèse pas lourd en fait par rapport aux autres appareils. Et donc quand on pèse pas lourd, quand sont partis ne pèse pas lourd, c'est difficile de d'imprimer vraiment un récit et d'imprimer de de même de négocier en fait dans les alliances avec le reste de la gauche. Donc c'est toute sa difficulté. il travaille beaucoup à se structurer.

Il espère surtout tenir dans les sondages à plus de 10 % parce que là où ça ça deviendrait compliqué, c'est si là il commence à à chuter, qu'est-ce qui se passe pour Raphael Glimman ? Oui, parce que la question aussi c'est la présidentielle qui va arriver qui est forcément dans toutes les têtes et l'homme qui est toujours en tête à part avec Luan, c'est Jean-Luc Mélenchon. Il y a aucun autre figure, il y a aucune autre figure par exemple de la gauche qui lui peut lui jouer ce rôle à part Raphael Gluxman.

Ouais, pour l'instant il y a seulement Raphael Glan, mais autrement il y a un peu un vide. Donc les deux s'appuyent l'un sur l'autre. C'est-à-dire que J Mélenchon dit "Regez, Raphael Glan, c'est le la gauche du pire, le hollandisme de retour et cetera." Et Raphaël Gusman, lui, regardez, c'est la gauche radicale et en gros, ils ont les deux bouts de l'omelette et ils se disent qu'entre les deux, il y aura rien.

Et pour l'instant, c'est un peu ce qui se passe, c'est que pour l'instant il y a il y a l'idée d'une primaire entre les unitaires mais qui ne passe pas grand-chose entre eux. Hm hm. Euh donc il y a deux pôles à gauche qui se qui se détachent pour l'instant.

Oui, c'est un peu le retour d' entendu parler d'ailleurs de cette grande primaire populaire. Elle pourrait refaire surface pour le pour la c'est pas vraiment la primaire populaire comme on l'avait vu en 2022 parce que là les partis les directions des partis socialistes écolo euh sont quand même très dedans. Il y a Lucy Castet qui sont très à la manœuvre donc mais voilà mais c'est c'est pour l'instant ils ont planté des graines mais il faut voir si ça pousse et qu'est-ce que ça provoque ?

Qu'est-ce que ça produit ? beaucoup d'ambitieux dans ce dans cette initiative donc qui vont pas non plus aussi se pouiller entre eux. Donc voilà, c'est très c'est en cours tout ça est en cours.

On survra ça en tout cas avec la préponse des lundi. En tout cas la réponse des adottes du Figaro faut-il faire rentrer des socialistes au gouvernement c'est un nom à plus de 76 %. Merci beaucoup en tout cas bien appétit d'avoir été avec nous.

Merci à vous du Figaro de nous avoir suivi et moi je vous dis à bientôt pour de nouveau live sur Figaro Live.