Jean-Philippe Tanguy : "Nous voulons la majorité pour réaliser des réformes radicales !" (Europe 1)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:45OuverteRéponse directe
Les députés et la dissolution. Jean-Philippe Tanguy.
- 5:14RelanceRéponse directe
Ce qui a changé entre dimanche et aujourd'hui sur la censure des gouvernements ?
- 15:26OuverteRéponse directe
Comment interprétez-vous le vote de François-Xavier Bellamy avec le RN ?
- 19:34OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pourriez travailler avec les Républicains ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:09Jean-Philippe TanguyFait
« Je pense que la situation permet pour le Président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures. »
- 5:32Jean-Philippe TanguyFait
« Tout gouvernement est censuré. C'est la position de Madame Le Pen. »
- 6:05Jean-Philippe TanguyFait
« M. Lecornu a passé un mois à Matignon sans rien faire, mais rien faire du tout. Pas une réforme, pas une idée de réforme, pas une piste de solution, rien. »
- 6:24Jean-Philippe TanguyChiffre
« Solder les barrages français, vendre 20% de notre production des barrages français sur le marché européen, un milliard par an. »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Locuteur non identifié5 %
- Locuteur non identifié 24 %
- Invité3 %
- Invité 22 %
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Nous accueillons donc dans ce studio Jean-Philippe Tanguy, député du Rassemblement National de la Somme. Merci M. Tanguy d'être avec nous et M. Guenek est de retour dans ce studio. On va pouvoir ensemble échanger sur l'actualité et la position du Rassemblement National. Mais Georges Fenech voulait dire quelque chose avant la pause. Je ne me souviens plus.
Oh non ! Il ne nous déçoit jamais !
Je vous assure, je ne me souviens plus. C'est plus en plus grave. Moi je m'inquiète. J'étais en train de réfléchir à ce que je voulais dire. Avant d'entamer la conversation avec M. Tanguy, je vous propose d'écouter deux ou trois personnes qui se sont exprimées. Par exemple Sébastien Lecornu hier, parce que nous ne l'avons pas entendu depuis le début de cette émission. Les députés et la dissolution. Jean-Philippe Tanguy. Moi j'ai présenté ma démission lundi matin. Je ne cours pas après le job dans la mesure où j'ai démissionné. J'ai accepté de faire 48 heures dans des conditions qui ne sont pas que faciles. J'ai un côté moins de soldats.
Donc j'ai accepté évidemment la mission que le Président m'a demandé. Ce soir je considère que ma mission est terminée. Et ce que je peux donc vous dire, c'est que je sens qu'un chemin est possible encore. Il est difficile. Et j'ai dit au Président de la République que les perspectives de dissolution s'éloignaient. Et que je pense que la situation permet pour le Président de nommer un Premier ministre dans les 48 prochaines heures. Bon, les éléments de langage, c'est vrai que le chemin, j'ai entendu ça, le chemin est possible. En revanche, je trouve que sur la forme, M. Lecornu, je ne le connaissais pas.
D'abord je trouve qu'il y a une élocution qui est assez agréable, une manière de s'exprimer qui est assez agréable. Il a une excellente voix et ça compte, la voix. Il y a quelque chose d'assez agréable à l'écouter, d'authentique. Ça s'appelle la modestie aussi, je trouve que ça a été un Premier ministre modeste dans... Pourquoi vous souriez ? Pour rien. Dans à la fois la passation de pouvoir avec un discours très court. Deux minutes, trente. Dans la rareté de ses prises de parole et dans l'humilité dont il a fait preuve au long de son séjour à Matignon. Contrairement à d'autres, quand ils sont arrivés à Matignon, ils ont l'impression qu'ils allaient être là pour les deux ans à venir.
Ils ont fait modifier le mobilier de Matignon, pourquoi pas le linge. Et ils se sont installés là en pensant qu'ils allaient rester deux ans et puis ils sont restés beaucoup. C'est vrai que parfois on arrive quelque part, on croit qu'on va s'installer longtemps et puis... Et puis on est surpris parce que l'expérience tourne court. Ça peut arriver, ça peut arriver. En revanche, ce qui est intéressant avec M. Lecornu, c'est que son nom circule encore pour être Premier ministre. C'est-à-dire que j'ai eu... Je peux le citer d'ailleurs. J'ai eu un... Non, je ne vais pas le citer parce qu'il n'a pas donné l'autorisation de le citer.
Mais j'ai un acteur important politique qui m'a dit ce matin qu'il était persuadé que ce serait M. Lecornu qui serait Premier ministre. Alors ça serait quand même assez fou parce qu'il a dit lui-même qu'il ne voulait pas être conduit quand Emmanuel Macron lui a confié sa mission. Hier, il a dit trois fois, ma mission est terminée. Oui, mais c'est sa mission est terminée. Oui, c'était de négocier pendant 4 heures. Je suis d'accord, il jouait l'ambiguïté. Et puis il serait censuré. Mais tout le monde sera peut-être censuré. Alors, autre passage que je voulais vous faire écouter de Sébastien Lecornu, c'est cette équipe déconnectée de la présidentielle qui interroge, écoutez.
L'équipe qui devra prendre les responsabilités dans les temps à venir, quelle qu'elle soit, quel que soit le choix du président de la République, devra être une équipe qui est complètement déconnectée des ambitions présidentielles pour 2027. Car au fond, la situation est déjà suffisamment difficile. Il faut qu'on ait au fond une équipe qui décide de se retrousser les manches et de régler les problèmes du pays jusqu'à l'élection présidentielle.
Et c'est bien légitime des équipes pour un beau débat démocratique qui se prépare à l'élection présidentielle 2027.
Bon, une équipe déconnectée de la présidentielle, je ne sais pas qui peut entrer dans un gouvernement sans être un homme politique. Et si tu es un homme politique, forcément tu peux avoir des intérêts pour la présidentielle qui arrive. C'est tout à fait naturel. L'ambition d'un homme politique, c'est d'aller au plus haut. Et donc, je ne vois pas comment on pourrait interdire, a priori, quelqu'un qui rentre dans un gouvernement... Ou alors un gouvernement des techniques. Mais ça n'existe pas, ça... Un gouvernement technique, ça veut dire quoi ? Mais vous pouvez mettre aussi des maires qui sont très attachés justement à leur ville, qui sont plébiscités dans leur ville.
Moi, le discours de M. Locornu rejoint un peu ce que disait ce matin chez nous Robert Ménard. C'est-à-dire qu'il dit, j'en ai ras-le-bol des partis. Aujourd'hui, on doit avoir des hommes politiques qui sont au plus près des volontés des Français. Et Jean-Louis Borloo est un peu aussi dans cette vaine-là. Jean-Louis Borloo m'a assuré que... Oui, il a été pris dans le parti.
Jean-Louis Borloo, je l'ai eu deux fois. Je l'ai eu hier, je l'ai eu ce matin. Il m'a assuré qu'il n'était pas sur la liste des prétendus. Pour Matignon. Mais il veut rentrer dans l'équipe gouvernementale, pourquoi ? Des prétendants, pardon. Des prétendus. Des prétendus. Des prétendants, des prétendants, des prétendants. Juste, gouvernement technique, pourquoi c'est une fadaise ? Parce que baisser ou augmenter les impôts, ce n'est pas technique. Baisser ou augmenter les dépenses, ce n'est pas technique. Prendre tel ou tel arbitrage sur le budget, ce n'est pas technique, c'est ultra politique.
Jean-Philippe Tanguy, ce qui a changé, si j'ai bien compris, entre dimanche et aujourd'hui, c'est que dimanche, vous ne censuriez pas quoi qu'il arrive. C'est-à-dire que le gouvernement Lecornu, vous ne l'auriez pas censuré. Et aujourd'hui, quoi qu'il arrive, tout gouvernement est censuré. C'est la position de Madame Le Pen. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'on est arrivé au bout de l'illusion que les macronistes étaient capables de se réformer eux-mêmes, qu'ils étaient capables d'entendre le message des Français et de changer de politique. Ils ne veulent pas, ils en sont incapables.
Que ce soit sur la dépense publique, la baisse des impôts, la sécurité, la santé, bref, tout ce qui intéresse vraiment les gens, ils sont incapables de changer. Et surtout, je pense que maintenant, même si nous on le savait intimement, publiquement, je pense qu'il est maintenant difficile de contester, qu'ils sont en train de se moquer de nous. C'est-à-dire qu'ils perdent du temps. C'est 48 heures, plus 48 heures, plus 48 heures. Mine de rien, M. Lecornu a passé un mois à Matignon sans rien faire, mais rien faire du tout. Pas une réforme, pas une idée de réforme, pas une piste de solution, rien. Pertent du temps, mais pendant ce temps, ça avance.
Parce qu'il se passe des choses en France, mais ce n'est pas assumé. Qu'est-ce que se passe ? Le doublement des franchises médicales, en septembre. Solder les barrages français, vendre 20% de notre production des barrages français sur le marché européen, un milliard par an. Il faudrait qu'on a un milliard par an à gâcher en ce moment. Ça avance. Le déficit agricole, personne n'en parle à part nous. Donc, les vrais sujets qui ont été français, ça avance. Elle a fait d'ailleurs une petite erreur, Mme Le Pen, hier.
J'ai vu son tweet, parce qu'elle a souligné que l'industrie allemande pouvait, l'automobile se portait bien, et que l'Europe préférait sauver l'industrie allemande que les agriculteurs. Or, l'industrie allemande automobile va particulièrement mal. Oui, alors je n'ai pas entendu cette déclaration, mais je pense que Marine voulait dire que les Allemands défendent toujours leurs intérêts. Ce qui est vrai, c'est que l'ensemble des accords commerciaux, que ce soit le CETA avec le Canada, le Mercosur avec l'Amérique du Sud, est toujours au bénéfice de l'industrie allemande, en particulier de l'industrie automobile.
La difficulté, par exemple, pour se défendre du dumping de la concurrence des loyales chinoises, c'est exclusivement à cause des Allemands. D'ailleurs, monsieur, les chanceliers allemands, quels qu'ils soient, vont toujours en bilatéral en Chine pour négocier au nom de l'Europe. C'est très particulier. Maintenant, les Allemands, ils assument être à la tête de la Commission européenne, ce qu'ils sont d'ailleurs. Je ne vais pas vous interroger sur le programme, parce que ce n'est pas le jour. En revanche, ce qui est vrai, c'est que la politique, et pourquoi pas, les rapprochements peuvent être intéressants.
On a vu monsieur Carucci, qui a expliqué, je crois que c'est une des premières fois, qu'entre LFI et le Rassemblement National, ils voteraient Rassemblement National. On a vu madame Sophie Primace, qui a évoqué aussi une forme de rapprochement possible. Après s'être rétracté. François-Xavier Bellamy n'exiterait pas une seule seconde. François, oui, mais elle se rétracte pourquoi ? Parce qu'on lui dit de se rétracter, Georges Fenec. Oui, c'est ça, qu'elle avait raison, précisez-le. Oui, mais c'est important. Moi, ce que j'observe, évidemment, c'est que les électeurs aimeraient souvent un rapprochement. Mais ils l'ont déjà fait, ils l'ont déjà fait. Oui, ben justement.
Les électeurs, ça veut bien. Les électeurs, qu'est-ce que vous avez dit là ? Oui, mais je vous dis... Les électeurs, ça va, ça vient ? Non, vous savez bien. Les électeurs, mais c'est pas d'aujourd'hui, ça fait déjà au moins une bonne dizaine d'années. Oui, c'est pour ça que vous êtes à moins de 5. Oui. En fait, il y a un décalage entre les partis, les cadres politiques et à quoi aspirent les militants, les électeurs. Oui, mais c'est bien, c'est pas bien, ça, selon vous ? Non, c'est pas bien. Donc, les dirigeants devraient être raccords avec les électeurs ? À mon avis, les dirigeants devraient écouter les électeurs. Mais enfin, vous avez toujours recusé le rapprochement. Mais vous êtes...
Vous me prenez... Les gens qui nous écoutent tous les jours doivent se dire que Georges Fedec, c'est un autre. Il y en a 5, 6, 6, 5, 5. C'est mieux dans ce sens-là. Vous vous expliquez que jamais... Vous êtes vous un ancien député de la LR. Vous vous expliquez que jamais la LR doit se rapprocher, que vous n'avez pas la même histoire, que le RN, c'est pas possible pour vous, etc. Mais ça, c'est mon opinion. Bah oui, bah... Mais vous avez été très dur avec Eric Ciotti il y a un an et demi. Oui, dans la forme, oui. Bon, dans la manière. Vous, votre part de personnel, vous venez de l'UMP. Pour être un peu en décharge de M. Fenec, quand j'étais avec M. Dupont-Aignan, M.
Fenec était un des seuls qui parlait et qui voulait bien travailler avec M. Dupont-Aignan. C'était à décharge. Ah oui, mais Dupont-Aignan, c'est pas à décharge. Oui, oui, mais M. Dupont-Aignan... C'est pas la même décharge. Non, mais il avait eu le courage de faire barrage. Il avait eu le courage de faire barrage. Il pose et on va vous interroger là-dessus parce que... On n'est pas fait aimable. Oui, alors justement, on vous interrogera... Je suis sûr que vous n'allez pas interroger. Mais bien sûr, mais c'est la vie et puis c'est normal de vous interroger. Bien sûr.
La sortie de Jordan Bardet l'a également été intéressante parce que j'ai l'impression qu'il n'a dit rien de vraiment nouveau mais qu'il a été interprété comme si ça l'était. Très juste remarque. C'est fascinant à quel point parfois vous dites la même chose et c'est interprété différemment selon l'ambiance. C'est Marine Le Pen d'ailleurs, exactement la même chose. C'est qu'on veut une majorité, enfin on souhaiterait, on demande aux Français une majorité absolue pour faire les réformes nécessaires. Bien sûr. Pour avoir la force de faire les réformes. Bon, il est 16h44. Vous aimez la chanson française, Jean-Philippe Ranguy ? Bien sûr. Bah écoutez, on vous fera écouter Jacques Brel.
A tout de suite. Pascal Prou et vous, c'est entre 16h et 18h sur Europe 1.
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Au suivant. Au suivant, évidemment. On attend le futur premier ministre. Alors, nous sommes avec Jean-Philippe Tanguy pour évoquer la politique et les rapprochements possibles. J'ai parlé de Roger Carucci. Je pourrais parler de François-Xavier Bellamy. C'est très intéressant ce qui s'est passé au Parlement européen. C'est-à-dire qu'il a voté avec vous la motion de censure contre Ursula von der Leyen. Oui, non, mais écoutez, tant mieux. Vous savez, quand il y a une bonne nouvelle, il y en a tellement peu que je les prends. Oui, mais ça, comment vous interprétez cela ? C'est-à-dire qu'à un moment, les positions ne sont plus défendables dans l'opinion publique française.
Il n'est plus possible ici de défendre Mme von der Leyen à aucun titre. Toutes les positions prises par la Commission européenne sont contre l'intérêt de la France. Le plus connu, le dernier, c'est évidemment l'accord commercial avec les Etats-Unis. Il faut quand même comprendre que la France, qui n'avait aucun conflit commercial avec les Etats-Unis, aucun, la balance commerciale avec les Etats-Unis est équilibrée sur le long terme, est entrée en conflit uniquement à cause de l'Allemagne et de l'Irlande. Et on s'est fait complètement avoir. Enfin, c'est dramatique pour les producteurs de cognac, pour les producteurs de vin du Bordelais, de Bourgogne. C'est dramatique.
Donc, on paie sans cesse les décisions des Allemands et de quelques parasites fiscaux type Irlande. Alors, ce rapprochement, il est possible, mais encore faut-il qu'il y ait des bonnes relations entre les LR et le Rassemblement National. Et le Rassemblement National dit souvent que le LR les a maltraités depuis 40 ans. Et avant, c'était l'UMP, et avant, c'était le RPR. Et puis, les gens des LR disent, mais Mme Le Pen ne nous tend pas forcément la main. Et vous-même, vous étiez en première ligne, parce que vous avez eu, je ne sais pas comment vous qualifiez, ce que vous avez dit de M. Retailleau, mais c'était d'ailleurs sur le plateau de Gauthier Lebrecht. Oui, on a un témoin.
Et je voulais simplement vous faire écouter, parce que ça montre aussi le climat dans lequel nous sommes aujourd'hui, et qu'il faut garder raison. Alors, on peut tous faire des dérapages, on anime tous des émissions avec Gauthier, et on sait bien qu'on peut, à un moment, se faire... Et Eliott, il ne l'anime pas ? Non, mais moi, je regarde. Non, mais téléspectateurs, Eliott ! Non, mais ça s'est passé sur le... On ne vous dérange pas, on ne vous dérange pas. Mais je pense que, pour tout vous dire, Gauthier Lebrecht est peut-être plus soumis à... Soumis. Soumis à s'emporter que l'ami Eliott Deval. Oh, c'est ça que vous disiez dans le privé, j'ai eu peur. La maturité, c'est tout ici.
C'est la fougue de la jeunesse. C'est la fougue de la jeunesse. J'ai eu peur. Moi, je fais l'heure des pros depuis 2016, forcément, parfois, tu dis des choses qui ne sont pas adaptées, et tu te dis, j'aurais eu le fête. Il fait des très bons scores, d'ailleurs, Eliott, aussi. Excellent, excellent. Donc, je vous propose d'écouter, Jean-Philippe Tanguy, ce que vous disiez l'autre jour. Non, la politique, ce n'est pas être un salaud. Sauf que, en fait, ça suffit. Non, c'est pas être un salaud. C'est mentir aux gens, je suis désolé. Le mot salaud, vous n'avez pas traité Bruno Rotaillot de salaud. Quand vous mentez aux gens, ce qui ne va pas, c'est l'état du pays, monsieur Lebray.
Mais on n'est pas là pour s'insulter. Mais ce n'est pas une insulte, c'est une expression populaire. C'est une expression populaire. Vous venez traiter Bruno Rotaillot de salaud. Si, c'est une insulte. Si, ça s'appelle une insulte, je retire. Bon, d'abord, vous avez eu l'intelligence immédiatement de retirer, et c'est vrai, mais on voit bien que ce climat est particulièrement tendu, et cet échange l'illustre. Oui, c'est vrai qu'il y avait des tensions, mais sincèrement, sur le plateau, je ne voulais pas du tout l'associer à un salaud. C'était le comportement de mentir. Je voulais parler d'un comportement général. Ce qu'on disait, la politique, c'est mentir. C'est ça, en fait.
Je voulais réagir au fait qu'un des chroniqueurs, Sébastien Ligny, pour ne pas le défendre, pour ne pas le nommer, pardon, je ne vais pas le mettre en cause, disait qu'en fait, quand on a un politique, on peut mentir. C'est pour ça que j'ai réagi comme ça. Vous avez vu que M. Rotaillot s'en est servi ? Bon, excusez-moi, ça, ce n'est pas très intelligent de sa part. Vous remettez une viande dans la machine, si vous traissez en plus. Si vous dites qu'il est salaud et pas intelligent, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. Je ne suis pas ministre de l'intérieur, ni démissionnaire. Dire au 20h, par ailleurs, c'est pour personne que le connaît.
Non, mais il a raison, Jean-Philippe Tanguy, c'est-à-dire que vous faites une faute. Oui, mais j'ai retiré, il le sait en plus, puisque son cabinet m'avait à contacter, et j'ai dit que j'ai retiré. C'est bon. Bref. Mais je ne vais pas dire que je ne me suis pas trompé, puisque immédiatement, j'ai dit que je m'étais trompé. Alors, c'est intéressant aussi, parce que Gautier Lebrette, il faut réagir très vite, vous l'avez fait avec beaucoup de maestria, parce qu'il faut faire attention. Les gens nous écoutent, l'Arcom nous écoute, le modérateur que vous êtes, donc vous êtes intervenu immédiatement, et ça fait partie aussi de notre job.
Bien sûr, mais à partir du moment où Jean-Philippe Tanguy a retiré l'insulte, donc après, c'est devenu un événement, parce que Bruno Rotaillot, on a aussi parlé au 20h, et il s'en est servi pour dire « je ne vais pas accepter la main tendue de Jordan Bardella » alors que ces cadres m'insultent. Oui, évidemment, on ne peut pas laisser passer des insultes à l'endroit de qui que ce soit, d'ailleurs. Est-ce que vous pourriez travailler avec les Républicains ? Voilà une question qui se pose aujourd'hui. Ou est-ce que ça n'ira pas au-delà d'un accord de désistement ? C'est ce que certains demandent.
On peut le faire par nature, puisque beaucoup de cas du Rassemblement National, votre serviteur moi-même, je viens de l'UMP, alors ça fait un peu longtemps, je me suis fâché, au moment de la constitution de l'Europe, le mépris que M. Sarkozy a eu pour le vote du référendum pour l'Europe. Mais Sébastien Chenu vient de l'UMP, mon camarade candidat à Marseille, Franck Alizio. Donc on est beaucoup qui viennent de l'UMP, donc Marine Le Pen et Jordan Bardella n'ont jamais eu de problème de travailler... Mais ça prendrait quelle forme ? C'est un accord de désistement ? Ou ça pourrait être un programme commun à la façon François Mitterrand-PC dans les années 70 ?
Non, parce que là, il y avait un accord, il y avait un programme commun. Ça m'étonnerait que les Républicains acceptent un programme commun avec nous ou que nous avec eux, notamment sur la question européenne. Il ne faut pas se cacher des raisons qu'il doit.
Ce que je veux dire par là, c'est que nous, le cadre qu'ont posé Jordan Bardella et Marine Le Pen, c'est nous, on demande aux Français de nous donner une majorité absolue pour faire des réformes, pour faire des réformes radicales, car vu l'ampleur des problèmes du pays, on a besoin d'un programme de réformes radicales, républicaines mais radicales, sur le contrôle des frontières, sur la lutte pour le rétablissement de la sécurité, pour le rétablissement des comptes publics. Bref, on ne va pas faire tout le programme.
Et ensuite, si malheureusement les Français ne voulaient pas qu'on ait une majorité absolue, eh bien, on tendra la main à ceux qui veulent bien faire un programme de gouvernement et de redressement national. Et là, on verra si les Républicains, qui sont encore élus à ce moment-là, l'acceptent dans ce sens-là. Merci d'avoir regardé cette vidéo !