Second tour des municipales, survie de Renault, plan de relance européen... Le "8h30 franceinfo" de Jordan Bardella
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Bonjour Jordan Bardella. Bonjour. France Info, vous le révélez dès hier soir, sauf avis contraire du conseil scientifique 15 jours avant. Le second tour des municipales aura lieu le 28 juin. L'annonce d'Edouard Philippe est attendue dans la journée. Jordan Bardella, vous étiez présent mercredi au nom du Rassemblement National à la réunion des chefs de parti à Matignon. C'est une bonne chose la tenue de ce second tour avant l'été ?
Écoutez, j'ai dit au Premier ministre qu'il était probablement trop tôt pour le dire. Nous sommes à une dizaine de jours seulement de la sortie du confinement. Nous avons aujourd'hui très peu de recul. Probablement que le gouvernement a des informations que nous n'avons pas. Nous avons, nous en tout cas au Rassemblement National, exigé plusieurs choses. Si les élections municipales, du moins si le second tour, devait avoir lieu le 28 juin, on sait que ce serait en tout cas 40% du corps électoral qui serait appelé à se déplacer. Nous avons exigé plusieurs choses. D'abord que chaque électeur se voie remettre un masque chirurgical à l'entrée du bureau de vote.
Avec une pince, comme ça se fait dans un certain nombre d'autres pays pour entrer dans des commerces alimentaires par exemple. Que tous ceux qui vont se dévouer, s'engager pour surveiller les bureaux de vote, que ce soit les présidents de bureaux, les assesseurs, les délégués, soient équipés d'un presque FFP2 renouvelable toutes les 4 heures. Et puis enfin du gel hydroalcoolique à l'entrée ou à la sortie. Je n'ai malheureusement pas eu de réponse à cette garantie qui nous semble nous absolument essentielle. Puisqu'il est avéré qu'il y a eu évidemment des cas supplémentaires qui sont venus s'additionner dès le 15 mars. On se souvient de maires qui ont été gravement malades.
Certains maires sont décédés suite à la tenue des bureaux de vote. Donc il y a évidemment des garanties sanitaires à prendre. Et ce n'est qu'à cette condition qu'on pourra tenir le second tour des élections municipales qui aura lieu de toute manière.
Est-ce qu'il y a un consensus, Jordan Bardella, au sein du Rassemblement National ? Votre collègue Louis Alliot lui dit qu'il faut purger ce second tour des élections au mois de juin. Ce sont ses mots.
Le second tour des élections municipales, de toute manière, il aura lieu. On sait que le pays se dirige vers le temps de la relance économique, même si le virus continue de circuler. Et il est évident que les municipalités, les collectivités d'une manière générale, qui concentrent près de 70% de l'investissement, notamment dans l'économie, seront évidemment un rôle majeur à jouer. Donc la question, c'est est-ce qu'on fait un second tour maintenant ou est-ce qu'on fait deux tours probablement à l'automne ? On ne sait pas si le virus circulera plus ou moins à la rentrée. Ça, personne ne peut le dire.
En tout cas, si le second tour des municipales se tient en juin, il doit y avoir ces garanties sanitaires absolument indispensables. sans lesquelles nos compatriotes ne se déplaceront pas. Donc le gouvernement a, je dirais, la balle est entre ses mains. Il faut aujourd'hui qu'il soit capable d'assurer la sécurité de nos compatriotes qui vont se déplacer pour élire leur maire, qui est le politique le plus proche et qui est celui qui, dans des temps de relance économique, va évidemment avoir un rôle majeur à jouer.
Jordan Bardella, depuis le début de la crise, Marine Le Pen et le Rassemblement National s'opposent à la stratégie du gouvernement et aux décisions d'Emmanuel Macron. Et cette semaine, Marine Le Pen a carrément appelé à la dissolution de l'Assemblée Nationale, donc à la tenue d'élections legislatives anticipées, dans un contexte sanitaire que vous-même vous jugez dangereux et incertain ?
Non, la dissolution de l'Assemblée Nationale se ferait évidemment à la sortie de la crise. Je veux dire, là, on est évidemment dans le temps de l'action. Il y aura un temps où le gouvernement devra rendre des comptes. Je n'en ai pas critiqué pour critiquer.
Jordan Bardella, Marine Le Pen a dit, cette semaine, Emmanuel Macron, aujourd'hui, n'a plus de majorité à l'Assemblée. Il doit revenir devant les électeurs.
Oui, bien sûr. Mais bien sûr qu'il le devra, parce qu'encore une fois, d'abord, dans cette crise, il a beaucoup failli. Il y a beaucoup des choix qui ont été faits par le gouvernement qui ont eu des conséquences sur la vie humaine, des conséquences dramatiques, les injonctions contradictoires. Enfin, je veux dire, on a largement parlé, ça a largement été commenté sur les masques, sur les tests. Aujourd'hui, on est évidemment dans le temps de la relance économique.
Il y a beaucoup de nos compatriotes, de chefs de TPE, PME, de restaurateurs, d'artisans, de commerçants, d'agriculteurs, etc., qui attendent aujourd'hui de pouvoir se remettre au travail, dans des conditions sanitaires qui soient des conditions sanitaires extrêmement exigeantes. Beaucoup d'acteurs de terrain ont dû se débrouiller par eux-mêmes. Devant les failles de l'État, les mairies ont dû se débrouiller par elles-mêmes. Les départements, les régions, les acteurs de terrain ont dû gérer par elles-mêmes, commander elles-mêmes des masques devant les failles et les carences de l'État.
Et si Emmanuel Macron vient devant les Français en disant « Je vais tout changer, renouveler mon projet politique », ce n'est pas le projet sur lequel il a été élu. Et donc, il y a évidemment un problème de confiance avec ce gouvernement. Je vous rappelle qu'Emmanuel Macron et que le gouvernement français sont en tout cas ceux qui, aux yeux de tous les peuples européens, est celui qui a le plus mal géré cette crise et avec qui le déficit de confiance est le plus important. On est face à des gens qui nous ont menti. On pourra toujours excuser, justifier une erreur politique, mais jamais le fait d'avoir sciemment menti.
On voit aussi, Jordan Bardella, que les sondages ne sont pas très bons pour Marine Le Pen dans cette crise. Est-ce qu'une nouvelle élection à l'Assemblée, une dissolution serait favorable à votre parti, le Rassemblement National ?
Mais ça, ce sont plutôt des commentaires d'analystes que je laisserai et que je laisse à vous, journalistes. Je veux dire, on n'est pas du tout dans ce temps-là. Je veux dire, là, on n'est pas du tout dans une bataille de sondages. Il y a un temps extrêmement difficile qui va s'ouvrir pour nos entreprises, que ce soit les grandes, les plus petites, les moyennes, pour nos artisans. Il faut évidemment qu'on se concentre sur eux pour pouvoir les aider à redémarrer. Il y aura évidemment un second temps qui sera celui du débat politique et évidemment, ce gouvernement devra rendre des comptes. Et la meilleure sanction sera encore une fois celle des urnes.
Avant d'en venir aux mesures économiques dans un instant, Jordan Bardella, d'abord, sur le déconfinement lui-même, il a commencé il y a 11 jours. Le RN pronostiquait une situation plutôt chaotique. Et finalement, quand on regarde 11 jours après, à l'école, dans les entreprises, dans les transports, ça se passe globalement bien. Est-ce que vous êtes rassuré ou est-ce que vous prédisez toujours le pire ? Monsieur, pourquoi dites-vous que le RN pronostiquait une situation chaotique ? Marine Le Pen considérait que le date du 11 juin était trop précoce, que la réouverture des écoles était trop risquée. Elle a d'ailleurs répété plusieurs fois qu'elle-même n'enverrait pas ses enfants à l'école.
Donc, est-ce qu'aujourd'hui, vous êtes rassuré par les conditions de ce déconfinement ?
Oui, pour les écoles, c'est pour les écoles, parce qu'il y a beaucoup de temps, et encore une fois, aujourd'hui, je crois à peu près 50% des parents qui sont extrêmement réticents à mettre leurs enfants à l'école, parce que nous avons vu l'exemple, si d'autres pays, le Japon...
Quelques difficultés techniques, Jordan Bardella. On va revenir vers vous dans un instant. On parlera de la crise économique, après la crise sanitaire 9h moins 20. Le fil info avec Victor Vasseur. L'usine Renault de Flan, région parisienne, ne doit pas fermer. Le ministre de l'économie est catégorique. Le groupe automobile doit annoncer dans une semaine son plan d'économie. Bruno Le Maire rappelle qu'il n'a pas encore donné son feu vert concernant le prix garanti par l'État de 5 milliards d'euros. D'abord, il veut connaître la stratégie du groupe dans les mois à venir. Le second tour des élections municipales aura-t-il lieu fin juin ? Décision du Premier ministre attendue dans la journée.
5 000 communes doivent encore élire leur maire. 23 tests fiables homologués par le ministère de la Santé avec une simple prise de sang. Ils permettront de savoir si vous avez attrapé le Covid ou non. Les médecins pourront prescrire ces tests remboursés par la Sécurité sociale. Le travail va reprendre lundi dans l'abattoir tradival de Fleury-les-Aubrais, près d'Orléans, après le dépistage de tous les salariés. 56 sont touchés par le coronavirus et 13 de leurs proches sont aussi malades. Ils sont tous en quatorzaine.
France Info Et tout est plus clair.
Jordan Bardella, toujours avec nous, député européen, vice-président du Rassemblement National. Avant les titres, Jordan Bardella, on vous interrogeait sur votre vision du déconfinement.
Oui, en fait, je disais qu'il était beaucoup trop tôt pour se prononcer. Je veux dire, on est à 11 jours aujourd'hui de la sortie du confinement, donc il est encore beaucoup trop tôt pour tirer des pronostics. Oui, nous avions été extrêmement réservés sur la réouverture des écoles. Et oui, nous n'aurions pas fait ce choix. Maintenant, évidemment, ce choix, il a été fait. C'est le gouvernement qui est en situation, en mesure de décider. Mais je note qu'effectivement, beaucoup de parents d'élèves étaient inquiets. Le son à juste titre, quand on voit ce qui a pu se passer, notamment au Japon, quand les classes ont été rouvertes, les multiplications des cas, elles ont été refermées.
Nous, on forme le souhait, évidemment, que le pays puisse sortir au mieux de ce confinement et qu'on évite, évidemment, à tout prix le risque d'une seconde vague.
Et Jordan Bardella, parmi tous les secteurs économiques qui sont aujourd'hui à l'arrêt, il y a notamment le secteur de l'automobile. Renault doit présenter la semaine prochaine un plan d'économie de l'ordre de 2 milliards d'euros. Et Bruno Le Maire explique ce matin que le groupe Renault joue sa survie. On sait que plusieurs sites sont potentiellement menacés de fermeture. Selon Bruno Le Maire, je le cite, les salariés ne doivent pas être la variable d'ajustement, mais il faut laisser à Renault la possibilité d'ajuster son outil de production. Est-ce que ça signifie, selon vous, que l'État laissera Renault fermer certains de ces sites ?
Je le pense. Malheureusement, je le pense. Et la fermeture de ces sites serait, évidemment, un nouveau fiasco industriel pour le gouvernement qui, malgré les beaux discours du moment, nous explique qu'ils vont tout relocaliser, relancer l'industrie qu'ils ont enfin compris. En fait, le problème, c'est qu'on a garanti, dans le cadre de la relance économique, des prêts à des grandes boîtes pour les aider à se relancer, ce qui, évidemment, va dans le bon sens, mais sans aucune contrepartie sur le maintien de l'emploi. C'est-à-dire qu'on donne 5 milliards d'euros à Renault, on donne beaucoup d'argent à Air France et derrière, on ne garantit absolument pas que les emplois soient maintenus.
Je vous prends l'exemple allemand de la compagnie aérienne Lufthansa. L'État allemand est monté très fortement au capital de la compagnie aérienne en passant de ses parts de quasiment 0 à 20%. Donc l'État français doit lui aussi prendre ses responsabilités. Et si Bruno Le Maire nous explique que l'entreprise va disparaître et que derrière, on menace évidemment le flou industriel et l'emploi, il ne faut pas avoir tabou à nationaliser.
Pour être complet, Bruno Le Maire explique que le prêt de 5 milliards d'euros que l'État n'a pas encore signé sera soumis à plusieurs conditions, notamment la localisation en France des activités technologiquement les plus avancées, donc localisées en France, et il s'oppose fermement, il dit que le site de Flin, le site historique de Flin de Renault, lui, ne doit pas fermer.
Oui, les secteurs les plus hautement qualifiés. Donc je veux dire, à partir du moment où l'État s'engage à garantir un prêt, ce qui est quand même relativement léger, la manière de garantir des prêts, contrairement à ce qu'on peut faire dans un certain nombre d'autres pays européens, oui, je trouve que c'est extrêmement léger. Et en l'occurrence, si Renault, qui est un flou industriel, qui doit coûter environ 5 milliards d'euros au capital, doit disparaître, eh bien effectivement, l'État doit lui intervenir et doit nationaliser. Je veux dire, tous les États européens le font, même si la réglementation européenne l'interdit, l'État doit évidemment...
Tous les États européens nationalisent aujourd'hui ?
Non, mais les États allemands, enfin les États en tout cas, et notamment l'Allemagne par exemple, c'est le cas de l'Allemagne, intervient lorsqu'une entreprise stratégique est menacée. Il y a quelques mois, le ministre de l'économie allemande l'avait dit, il avait été très clair, en dépit de la réglementation européenne, dès qu'une industrie stratégique allemande était menacée, il allait intervenir.
Et ce qui a sauvé l'Allemagne aussi dans cette crise, est le fait d'avoir eu une industrie, notamment une industrie pharmaceutique, qui a pu massivement produire des tests, dans le cas de cette crise sanitaire, quand nous, nous étions totalement dépendants sur tous les plans, que ce soit sur celui des tests, des premiers actifs pour créer les tests, évidemment celui des masques. Donc Renault est un flou industriel, il faut tout faire pour le sauver, et si le ministre de l'économie nous explique que l'entreprise peut disparaître, eh bien, il ne faut pas avoir tabou à mettre en place une nationalisation temporaire du site.
Vous venez de dire, Jordan Bardella, que l'État devait prendre ses responsabilités avec 100 milliards d'aides publiques directes, 300 milliards d'emprunts garantis par l'État. Est-ce qu'il n'est pas en train de le faire, justement ?
Le problème, pardon, c'est qu'il n'y a absolument aucune garantie, enfin, aucune exigence derrière. Si l'État accorde de l'argent public, ou du moins une garantie à des grandes boîtes, ces grandes boîtes doivent s'engager à être peut-être beaucoup plus souples, d'abord avec leurs sous-traitants, en accordant des délais de paiement supplémentaires, parce qu'on sait que beaucoup d'entre eux sont dans une difficulté aussi importante et vont avoir des difficultés de remplissage des carnets de commandes dans les prochaines semaines, avec évidemment des exigences de maintien de l'emploi, des maintiens de l'emploi en France.
Donc je note que dans d'autres pays européens, effectivement, l'État prend ses responsabilités et l'État intervient massivement pour aider ses grands groupes. C'est vrai pour les TPE-PME, l'Allemagne a mis 50 milliards d'euros sur la table, nous on a mis 7 milliards d'euros sur la table pour les TPE-PME. Beaucoup d'ailleurs de nos chefs d'entreprise estiment qu'il faut remplir tellement de cas qu'ils ne rentrent pas aujourd'hui dans les aides.
Pour l'emploi que vous évoquez, qui est évidemment une priorité, Jordan Bardella, la France a monté un dispositif de chômage partiel qui va jusqu'à payer plus de 12 millions de salariés. Ça coûte plus, au bas mot, plus que 25 milliards d'euros. Il n'y a pas un autre État européen qui a mis en œuvre un tel dispositif.
C'est vrai et c'est évidemment la richesse du modèle français que d'être capable de mettre en place ce type de mesures. Donc évidemment que le chômage partiel va dans le bon sens. Vous savez que nous nous sommes favorables à allonger la durée d'octroi du chômage partiel. Le gouvernement tablerait sur le 1er juin. Il y a beaucoup de secteurs qui ne pourront pas évidemment s'arrêter au 1er juin. Il y a surtout des petites entreprises qui, même si elles vont pouvoir remettre au travail leurs salariés, ne pourront pas le faire avec un carnet de commandes qui soit plein avant la fin de l'année.
Donc il y a évidemment des bonnes mesures qui ont été prises comme celle-ci, mais il faut évidemment pouvoir la prolonger jusqu'à ce que ce soit nécessaire et même jusqu'à la fin de l'année si les conditions l'exigent.
Il y aura des faillites et des licenciements, dit aussi ce matin Bruno Le Maire, pour relancer l'économie Jordan Bardella. Est-ce qu'il faut dire aux Français aujourd'hui qu'ils devront travailler davantage à l'avenir, revenir par exemple sur les 35 heures ?
Non, je ne le pense pas. Ça c'est la marotte des Républicains. Ça c'est la marotte de la droite qui profite de la période pour avancer ses pions, pour avancer ce type de mesures qu'ils prennent depuis plusieurs années, qu'ils soutiennent. La réalité c'est qu'on travaille à peu près autant que nos voisins européens. On est globalement dans la moyenne européenne. Donc il y a des mesures à prendre de soutien à l'économie qui ont été prises qui sont bonnes. Il y en a d'autres qu'il faut continuer à prendre. Je pense que beaucoup, que ce soit des artisans, de commerçants ou même de particuliers, se sont vus fermer la porte de leur assurance.
Il faut que le Covid soit reconnu comme catastrophe naturelle pour permettre aussi aux assurances de jouer le jeu. Des assurances avec qui nos compatriotes donnent beaucoup d'argent. Je vous rappelle qu'il y en a beaucoup d'entre elles, notamment aussi des banques qui ont été sauvées à la suite de la crise de 2008. Donc il faut aujourd'hui que ces dernières et que ces établissements jouent le jeu en accompagnant nos compatriotes et en accompagnant l'économie réelle.
Un autre secteur en difficulté qui a lui aussi besoin d'aide, c'est l'agriculture. L'agriculture qui manque de bras. Les organisations syndicales ont tiré la sonnette d'alarme et le gouvernement a annoncé sa volonté de rouvrir les frontières aux travailleurs saisonniers européens pour qu'ils puissent venir justement en aide aux agriculteurs français d'ordinaire. Il y a à peu près 100 000 travailleurs saisonniers européens par an qui viennent en France. Est-ce que c'est une bonne mesure, une bonne décision pour venir en aide à l'agriculture ?
Là encore, la stratégie se résume à faire avancer les petites marottes habituelles, a commencé par celle de faire venir des travailleurs probablement à bas coût d'Europe de l'Est et notamment sur des travailleurs transfrontaliers ou même des travailleurs détachés puisque la réglementation européenne permet de faire venir des gens de pays voisins et de leur faire payer les charges dans le pays d'origine, ce qui pèse évidemment à la baisse sur les salaires.
Donc il faut empêcher de faire venir les travailleurs saisonniers agricoles en France, les travailleurs européens ?
Il faut permettre aux Français de retravailler. Je vous donne un exemple. Les députés européens de La République En Marche ont voté il y a quelques jours au Parlement européen un nouvel accord de libre-échange avec le Mexique. Donc c'est un peu comme l'industrie. C'est-à-dire qu'en France, ils nous expliquent qu'il faut sauver l'agriculture et en même temps au niveau européen, ils encouragent le travail détaché et ils encouragent les accords de libre-échange qui sont aujourd'hui en train de tuer l'agriculture française.
Il faudrait faire pour relancer l'agriculture et instaurer une loi de patriotisme économique et faire en sorte que dans toutes les cantines des collectivités publiques qui vont se remettre en marche, on aille d'abord se fournir auprès de nos agriculteurs, auprès de l'agriculture française, avant d'aller importer de la viande du bout du monde avec le nouvel accord de libre-échange avec le Mexique. C'est 20 000 tonnes de viande.
Là en l'occurrence, il s'agit d'abord de faire les récoltes en France. Jordan Bardella, le gouvernement justement avait lancé un appel patriotique comme vous l'évoquez, à ce que les Français aillent travailler au champ. Il y a eu 15 000 volontaires à peu près. Les agriculteurs ont besoin de 100 000 personnes.
Oui, il faut faire des incitations pour que ces travails soient peut-être mieux rémunérés en étant peut-être accompagnés par l'État. Il y a beaucoup de jeunes qui sont aujourd'hui touchés par le chômage et qui seraient, je pense, assez enchantés d'aller sous réserve d'une rémunération qui soit bonne avec, encore une fois, des accompagnements de l'État à aller aider l'agriculture française et à aller aider nos agriculteurs à condition que ces métiers soient valorisés.
Jordan Bardella, vous restez avec nous. L'ouverture de nos frontières aux touristes étrangers et le plan de relance européen dans la dernière partie 8h51. Le fil info, Victor Vasseur. Il y aura des faillites et des licenciements chez Renault, prévient le ministre de l'Économie. Le groupe automobile frappé par l'épidémie de coronavirus doit détailler dans une semaine un plan drastique d'économie. Le ministre l'assure, l'usine de fling en région parisienne ne doit pas fermer. On y revient dans le journal de 9h. La date du second tour des municipales sera annoncée aujourd'hui par le Premier ministre. Un vote le 28 juin et la priorité du gouvernement.
Plus de 25,5 millions d'électeurs sont concernés. Le conseil scientifique sera de nouveau consulté dans trois semaines pour valider cette date. Même la Chine est dans le flou le plus total à cause de l'épidémie. Le pays ne se fixe pas d'objectif de croissance cette année. C'est une situation inédite. L'annulation de Roland-Garros n'est pas du tout envisagée. Malgré le Covid, assure le patron de la Fédération française de tennis sur France Info. Le tournoi se tiendra fin septembre. Bernard Iudicelli ne veut pas non plus un tournoi à huis clos. Jordan Bardella du Rassemblement national avec nous. On peut organiser ses vacances en France, nous a dit le Premier ministre Edouard Philippe.
Est-ce que comme la Grèce, comme l'Italie, la France doit aussi ouvrir ses frontières aux touristes étrangers cet été ?
Pour l'instant, c'est encore trop tôt pour le dire. Et personne ne peut, pas d'ailleurs le gouvernement, anticiper ce qui va se passer début juillet. Parce qu'encore une fois, on l'a dit en début d'édition, la sortie de confinement est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Nous, on est évidemment favorables et on soutient le plan notamment d'accompagnement du tourisme qui a été mis en place par le gouvernement. Mais si vous voulez, la difficulté, c'est qu'aujourd'hui, le gouvernement nous a dit, les gens qui vont devoir rentrer en France vont devoir être mis en quatorzaine, vont devoir s'auto-confiner. Absolument rien de tout cela n'est respecté, n'est mis en place.
Il y a beaucoup de pays qui ont pris une mesure simple, c'est-à-dire que vous n'entrez pas dans le pays si vous n'êtes pas capable de démontrer que vous êtes testé négatif au coronavirus. Alors, je pense qu'il faut mettre en place ce type de mesure en France. On ne peut pas demander aux Français de rester à moins de 100 km de chez eux et donc de s'imposer des frontières à 100 km autour d'eux. et en même temps de permettre à des gens d'entrer dans le pays sans aucun contrôle.
Lorsque des gens vont venir de régions qui ont été très touchées, lorsqu'ils vont venir de pays d'Europe de l'Est, lorsqu'ils vont venir d'Italie par exemple, il serait hallucinant de les laisser entrer sans ce passeport sanitaire qui permettrait de s'assurer qu'ils n'ont pas été en contact avec le Covid.
Donc, il faut tester, Jordan Bardella, les touristes étrangers. Si on laisse venir les touristes étrangers en France cet été, il faut les tester à leur entrée en France. Et ensuite, il faut les retester régulièrement tout au long de leur séjour en France ?
Si on part du principe que la population française a été confinée et que nous avons suffisamment de tests pour ceux qui ont continué de travailler, s'ils souhaitent évidemment se faire tester, et qu'on applique ce type de contrôle à l'égard des gens qui vont entrer sur le territoire national, alors on prend la précaution considérable de réduire la possibilité de nouveaux clusters et évidemment d'une seconde vague. Donc, oui, nous sommes favorables à ce que lorsque vous arriviez en France, vous soyez capables de démontrer que vous vous êtes fait tester dans votre pays en partant, et que, évidemment, vous n'êtes pas en contact avec le Covid.
C'est une mesure qui est difficile, mais c'est une mesure de contrôle que beaucoup de pays vont mettre en œuvre, notamment durant la période estivale. Et je veux dire, l'été sera particulier, voilà, l'été sera particulier, tout le monde l'aura compris. Donc, il faut qu'on soit capables de se protéger au mieux et de protéger les Français, et de ne pas refaire la bêtise qu'a fait le gouvernement de continuer à laisser nos frontières grandes ouvertes à tous les vents, à toutes les liaisons aériennes, sans aucun contrôle, sans aucune restriction, alors qu'on sait que...
Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ce n'est pas le cas, et depuis déjà un moment, j'en ai marre. C'est parfaitement le cas. Les frontières aujourd'hui sont ouvertes à tous les vents, et les liaisons aériennes fonctionnent tout à fait normalement.
En tout cas, oui, oui. Moi, je suis allé au Parlement européen à Bruxelles, depuis Paris, en voiture. Vous passez la frontière, je veux dire que vous ayez 38 de fièvre ou 35, ça ne change absolument rien. Vous passez la frontière sans la moindre restriction. Donc, il y a la problématique, évidemment, des travailleurs transfrontaliers qui, eux, doivent pouvoir continuer à passer. En revanche, lorsque vous venez de régions qui ont été touchées par l'épidémie, lorsque vous arrivez en France, vous devez être capable de démontrer que vous n'avez pas été en contact avec le coronavirus. C'est une mesure de bon sens, de contrôle à nos frontières.
Et on rappelle que le trafic des avions était quasiment nul pendant la période de confinement. Le plan de relance européen présenté cette semaine par Angela Merkel et Emmanuel Macron, 500 milliards d'euros pour la première fois. L'Allemagne qui accepte de mutualiser la dette européenne. Est-ce que vous y voyez un vrai progrès de solidarité européenne, Jordan Bardella ?
De solidarité européenne, non, puisque c'est l'initiative de deux chefs d'État. L'Autriche a déjà dit non, les pays d'Europe de l'Est ont déjà dit non. Moi, Emmanuel Macron nous a dit, j'ai changé. Or, il accélère dans le fédéralisme européen, ces 500 milliards d'euros, je dirais bien naïfs, celui qui pense que l'Union européenne accorde dans un élan de générosité un chèque de 500 milliards d'euros. C'est 500 milliards d'euros qui sont adossés au budget de l'Union européenne, qui ne seront pas des prêts remboursés par les bénéficiaires.
Ça veut donc dire, à la charge de ceux qui contribuent le plus au budget du haut, ça veut donc dire que les Français et les Allemands, pour être très clairs, vont devoir payer avec des contreparties qui vont être très lourdes, comme ça a été le cas par le passé, des demandes de restrictions budgétaires dans les secteurs publics comme la santé. Je vous rappelle que la Commission européenne, qui sera chargée de flécher les fonds, en l'occurrence, a demandé à 63 reprises à la France de baisser ses dépenses de santé.
Justement, Jordan Bardella, vous avociez le fait que les pays les plus riches, les plus nantis, par exemple l'Allemagne, vont devoir payer pour des pays auxquels ils vont venir en aide, si cette mutualisation de la dette se met en œuvre. Précisément, vous avez, vous, Marine Le Pen, à plusieurs reprises critiqué l'Union européenne parce qu'elle avait manqué de solidarité, à l'endroit de l'Italie en particulier. Avec ce système, justement, l'Allemagne pourrait être amenée à financer des secteurs en difficulté en Italie.
Nous avons critiqué, en tout cas, le rôle de l'Union européenne parce que l'Union européenne a été profondément défaillante dans cette crise et que l'Italie a dû implorer la Chine de lui livrer des masses parce que l'Union européenne était totalement incapable de le faire et que sa première action, rappelez-vous, a été de mettre en garde les États qui ont rétabli très tôt des contrôles aux frontières. Donc, on est là, si vous voulez, dans un énième plan, dans un énième plan marchal pour l'Union européenne. Approuvé par l'Italie, notamment.
Approuvé notamment par l'Italie.
Oui, qui doit être adopté à l'unanimité au Conseil par les 27 États membres. Bon, il se trouve que l'Autriche et un certain nombre d'autres pays ont déjà dit non. Donc, que la Banque centrale joue son rôle de prêt et d'émission de la monnaie et de rachat de dette, ça, c'est très bien. Ça va dans le bon sens. Il n'y a pas tout qui est à jeter. Mais en l'occurrence, ce plan de 500 milliards d'euros, c'est un nouveau rajout au budget de l'Union européenne. Et ça veut donc dire que ce sont les Français et les Allemands qui vont devoir payer pour tout le monde. Donc, oui, ce plan ne nous convient pas.
Et il faudrait, en l'occurrence, que l'Union européenne arrête avec ce modèle économique de libre-échange. Moi, je ne crois absolument pas dans la souveraineté européenne. Je crois dans la souveraineté nationale.
Précisément, l'Union européenne, vous le disiez, Jordan Darula, vous l'accusé d'avoir abandonné l'Italie, notamment sur la question de la livraison des masques, au début de la crise. Autre initiative prise par l'Europe cette semaine, et en particulier par le couple franco-allemand, la constitution d'une Europe de la santé, justement, pour coordonner les capacités d'achat de masques, de production de vaccins. Ça, c'est une initiative que vous saluez, qui aurait pu remédier au manque que vous avez dénoncé ?
Une Europe de la santé. Il faut arrêter d'être naïf. Vous prenez les affiches du Parti Socialiste à la fin des années 80. Il y avait déjà marqué comme slogan « Demain, l'Europe sociale ». Ça fait des années qu'on nous explique qu'il y aura « Demain, une Europe ceci, demain, une Europe cela, demain, une Europe sociale, demain, une Europe de la santé ». Donc, je veux bien qu'on continue de croire à des promesses qui restent des chimères, mais dans 30 ans, on se dira encore, peut-être que demain, l'Union européenne, ça marchera. Emmanuel Macron voit que l'Union européenne ne fonctionne pas, il en demande encore davantage.
Il n'y aura pas de souveraineté européenne, parce que l'Union européenne n'est pas un État. Il y a des États qui ont des intérêts divergents. Nous, on est favorable à une grande coopération entre États, mais que chaque pays puisse avoir ses leviers de manœuvre, que chaque État puisse décider ce qui est bon pour son budget, ce qui est bon pour son économie, puisse décider de la maîtrise de ses frontières. Lorsqu'Emmanuel Macron nous parle de souveraineté européenne, alors il déteste le mot « souveraineté nationale », il considère qu'en fait, on va aller chercher des usines, notamment en Chine et en Aix.
Et on va devoir s'arrêter là, malheureusement, Jordan Bardella, on est pris par le temps. Merci beaucoup, Jordan Bardella, d'avoir été avec nous ce matin, député européen, vice-président du Rassemblement National, invité du 8h30, France Info.
Jordan Bardella