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interviewRadio France (sur Site radio)· 8 juin 2026 3 min

Édito. Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon se rêve en candidat incontournable de la gauche

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Et votre édito politique à présent, Renaud Deli, Jean-Luc Mélenchon a lancé hier sa campagne présidentielle avec un grand meeting à Saint-Denis. Peut-il rassembler la gauche pour battre le RN en 2027 ?

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Invité

C'est son objectif en tout cas Jérôme et pour l'atteindre d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon a tenu hier un double discours en direction de deux publics différents. A bientôt 75 ans et pour sa quatrième candidature présidentielle, il se fait patelin, presque enjôleur pour les électeurs de gauche. Mais il demeure brutal, voire arrogant envers les dirigeants des partis de gauche. Au premier, il vend sa nouvelle France comme une évidence. Tant notre pays a changé depuis l'instauration de la Ve République en 1958, dit-il. Alors il se contente de répéter qu'un Français sur trois a un aïeul issu de l'immigration.

Mais il ne reprend plus toutes les allusions ethniques qui émaillaient son propos durant la campagne des municipales. Les moqueries contre la vieille France, celle des tout blancs, tout moches, disait-il. Ou son éloge du grand remplacement, l'expression d'extrême droite que Jean-Luc Mélenchon a récupéré comme aboutissement de la créolisation du pays, dont il se félicite. Et que dit-il aux dirigeants des autres partis de gauche ? Qui même me suivent, ou plutôt même ceux qui ne m'aiment pas doivent me suivre. Pourquoi ? Parce que je suis le plus fort, dit-il. Aux yeux de l'insoumis, la primaire de la gauche, dont il n'a d'ailleurs jamais voulu, est finie, dit-il.

Et c'est nous qui avons gagné l'honneur de marcher en première ligne. Tous les autres, socialistes, écologistes, communistes et les autres, sont donc sommés de se ranger derrière lui. Lui dispose d'un parti qui lui est totalement soumis, c'est vrai, depuis qu'il a purgé les éléments indociles. Il profite donc des divisions dans lesquelles pataugent les autres prétendants de gauche pour essayer de les prendre de vitesse et revendiquer le leadership de ce camp très hétérogène.

1:39
Présentateur

Alors peut-il s'imposer comme un barrage efficace contre le RN ?

1:42
Invité

Il en est encore loin. Hier, Jean-Luc Mélenchon a essayé d'installer un duel avec l'extrême droite sur fond de bataille identitaire en accusant le RN de porter un discours suprémaciste. Mais dans les sondages, l'insoumis aussi entre la troisième et la quatrième place au premier tour, au coude à coude avec Raphaël Glucksmann, avec par exemple 13% d'intention de vote selon une toute récente enquête Ipsos. D'ailleurs, contrairement à une idée reçue, ce n'est pas mieux que ce que les sondages lui accordaient à pareille époque, avant la présidentielle de 2022. C'était 12% pour l'IFOP et 13% pour Harris Interactive en juin 2021. Et surtout, rejeté par 7 Français sur 10, Mélenchon est écrasé.

Selon ces mêmes sondages, en cas de duel final face à Jordan Bardella ou Marine Le Pen, l'insoumis veut s'imposer comme le vote utile pour le reste de la gauche au premier tour de la présidentielle. Pour l'heure, il apparaît surtout comme un vote très utile à la victoire de l'extrême droite au second. Renaud Delis Sous-titrage Société Radio-Canada