RESCAPÉ DU 11 SEPTEMBRE : AU 47EME ÉTAGE D’UNE TOUR, IL VOIT L’AVION ARRIVER FACE À LUI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
une file de service de secours qui commence à arriver et une file de gens qui descendent en urgence des étages supérieurs et qui eux ont plus de cheveux, ont plus de peau, ont plus de vêtements, plus rien. Ils sont complètement brûlés. Bonjour tout le monde et bienvenue sur les gens.
Aujourd'hui, notre invité c'est vraiment exceptionnel. Il s'appelle Bruno Dinget. Il était dans les tours jumelles, les tours de New York le 11 septembre 2001.
Il y travaillait. Il a eu de la chance à quatre reprises. Il est passé proche de la mort.
Il va nous raconter ce qu'il a vécu. Et je voulais remercier avant de commencer l'émission. Vous avez remarqué, on n'est pas dans le studio, on est dans un loft aujourd'hui parce que notre partenaire, c'est Velux.
Véx qui font les fenêtres de toit. Faut savoir qu'ici avant c'était un espace non utilisé. C'était des combles.
Et regardez maintenant comment ça a permis de réhabiliter l'espace. Avec les fenêtres de toit Vux. On peut avec parfois des télécommandes permettent de bouger à distance les volets.
On peut les fermer, les ouvrir. On peut complètement faire baisser le volet aussi pour empêcher la lumière de rentrer le soir de son lit avec une télécommande. Moi, je l'ai même fait de chez moi.
Regardez en dehors du partenariat, mais regardz dans la chambre. Je vais intégrer les images à cette intro parce que c'est assez incroyable. J'avais le plafond qui était trop bas ici et en quelques jours bah du coup j'ai pu me tenir debout dans la chambre ce qui est quand même vachement bien.
Donc grâce à ces fenêtre d'auto véux ici ça a permis de transformer l'espace complètement de le rendre en plus lumineux, plus agréable. C'estd que quand vous bossez chez vous, vous passez du temps le weekend ou le soir chez vous ou la journée, c'est quand même beaucoup plus agréable d'avoir de la luminosité qui rentre comme ça. Il faut juste parfois une demande à la mairie.
C'est très très simple. Sur certains chantiers, ils arrivent le matin, ils repartent le soir en ayant 1000 vélux. Donc c'est vraiment très simple.
Je l'ai vu chez moi. Je vous ai mis un lien en cliquable sous la vidéo si vous cherchez des informations supplémentaires, avoir des contacts aussi pour les installer proche de chez vous pour avoir des devis, voir tous les modèles aussi de fenêtres de toi Vux qui existent. Je vous mets le lien cliquable sous la vidéo.
En tout cas, merci à toute l'équipe de Véux de nous faire confiance et c'est parti avec l'interview de Bruno Dinger. Je m'appelle Bruno Délingeter, j'étais dans la tour nord du World Trade Center et maintenant et ben je suis sur légende. Et ben bienvenue Bruno, je vais te reprendre le clap.
On on se tue toi avec plaisir. Écoute, ça fait très plaisir de t'avoir. Je sais que ça t'ennuie parfois de faire des interviews parce que tout le monde te demande depuis le 11 septembre 2001, tu étais dans une des tours jumelles.
Tu as tu as eu la chance de de survivre en prenant le le bon escalier. Tu vas nous expliquer tout ça. Tu as sorti un livre si vous voulez chercher, je vous mets le lien en cliquable sous la vidéo.
Il est dispo chez chez Amazon, encore sur Amazon. Il s'appelle World Trade Center au 47e étage. Voilà, c'est aux éditions Robert Lafon.
Si ça vous intéresse, je vous mets le lien si le récit. Là, on a le temps de parler he tu as vu un épisode de l'émission, tu vois un peu, on a le temps de parler pour que tu nous racontes un peu ta vie pour comprendre comment tu te retrouves aux États-Unis en tant que français. Euh je sais que tu as ramené des objets mais tu vas nous en parler après.
Tu vas nous expliquer ce que tu as ramené. Tu as entendu l'impact de l'avion. Tu as pris ton temps, tu es sorti calmement.
Euh tu as pris le temps même tu vas nous raconter mais d'éteindre les ordinateurs. Euh tu vas nous expliquer tout ça. Euh tu chaque année, on te demande de de parler dans les interviews ou c'est plus dans les gros anniversaires ?
Oui, les 10 premières années, c'était chaque année. Chaque année ? chaque année.
Euh et puis maintenant, on me ressort de des placards, disons, tous les tous les 5 ans, voire les 10 ans. Et et donc bah c'est toujours c'est toujours intéressant parce que il y a il y a parfois des angles nouveaux qu'on les les journalistes pour m'interroger et puis à mesure que qu'on s'éloigne de de ça fait tout de même plus de 20 ans maintenant. Moi, il y a des choses qui ne m'aveuglent plus et puis il y a des rideaux qui se déchirent et puis il y a des choses surtout où on va vers l'essentiel disons hein, de ce qu'on retient de cette journée hein parce que c'est vrai que pendant des années et des années, c'était une souffrance d'en parler, une souffrance libératrice qui permettait de ben d'expurger tout ce qu'il y avait au fond de moi-même.
Et maintenant, ben ce processus de thérapie d'une certaine manière est terminé. Et et tout tu seras surpris de voir qu'au fond ce que je retiens cette journée c'est toute la générosité et toute la bravoure des gens qui ont constitué le capital humain de cette journée et qu'au fond le le geste meurtrier, je le mets de côté comme à jeter dans les poubelles de l'histoire pour se rappeler simplement le meilleur de l'homme. Hm.
Ouais. Parce que tu tu repenses euh c'est quelque chose qui qui maintenant est enfoui au fond de toi depuis euh 20 et quelques années, on en parlera tout à l'heure, mais euh tu y repenses encore souvent ? J'y pense pas dans la vie quotidienne, mais dès que je vois évidemment, c'est quand même très très présent dans l'iconographie notre société, c'est les images en septembre.
Donc il y a des tas d'occasions dans une année de ben de les rencontrer ces ces images. Toi tu grandis en Normandie, à Paris, à Lyon, tu grandis en France. Euh qu'est-ce que tu fais dans la vie pour comprendre ton parcours et comment est-ce que tu parles là-bas après ?
Moi, je suis un petit gamin, hein. Je suis je suis un petit gamin assez turbulent euh qui qui a une passion, c'est son chien et la pêche. Tu pêches quoi ? la truite, c'était un test pour voir si tu étais vraiment pêcheur à la cuillère.
Euh, tu obtiens ton bac euh après ? Bah oui, il y a eu il y a eu deux ou trois périodes intermédiaires. Ensuite, effectivement, j'ai été élevé à Lyon euh euh chez des jésuites, hein.
Donc, une éducation très très classique. Je très stricte un peu même. Ouais, un peu stricte.
Ouais, un peu stricte. Mais moi, je je suis un peu rebelle à l'ordre. Je j'aime pas tellement recevoir des instructions.
J'ai je suis un esprit libre et donc bah c'est l'occasion aussi comme toujours hein, les c'est les la loi déséquilibre. Plus c'est stric. Ah c'est vrai ?
Ouais, bien sûr. Tu t'inscris en école de commerce après le bac, tu fais des études, tu pars en stage aux États-Unis à San Diego, donc au sud de Los Angeles, grosso modo, à quelques heures. C'est là que tu apprends l'anglais parce que là, on sent que tu as un bon accent anglais.
Non, en fait en fait, j'avais déjà eu un ami américain à la maison pendant une période. Et après, tu trouves des des petits boulots pour J'avais pas tellement d'argent. Donc en Californie du Sud, la seule chose importante, c'est de pouvoir se déplacer.
Donc, j'avais acheté une moto, une XT500 et puis euh et puis bah j'ai cherché un job et j'avais entendu parler d'un restaurant qui cherchait un restaurant, un un comment un cuisinier et j'ai été au bluff leur dire que j'étais cuisinier. Ouais, j'ai jamais touché à queue d'une poêle. Euh, tu rentres en France après quelques temps, tu t'installes à Paris que d'ailleurs tu rêves d'écrire des romans à l'époque.
Euh, tu rencontres une jeune américaine, tu la rencontres à Paris. Oui. Pour comprendre comment tu pars à New York en fait.
Finalement, c'est l'amour au départ. Bah en fait, j'ai consacré 3 ans de ma vie à écrire du roman à la sortie de mes études en revenant des États-Unis. Et effectivement pendant cette période qui était très Ouais. qui était très chahuté, c'était la vie de Bohème.
J'ai rencontré cette jeune femme dont je suis tombé perdument amoureux. Elle habitait Paris puis ensuite est partie à Genève. Et en fait voilà, quand j'ai terminé d'écrire les deux livres que j'avais que j'avais écrit, euh je me suis posé la question de savoir pourquoi j'écrivais et surtout si je pouvais continuer à écrire. et je me suis rendu compte que j'avais pas assez de substance pour écrire et qu'il fallait que je retourne dans la vie de tout le monde.
Et euh pas assez vécu, j' pas assez vécu. Voilà, et qu'au fond, c'était très beau ce que j'écrivais mais j'arrivais au bout d'un cycle et et donc cette fille, cette femme était merveilleuse et je l'avais toujours en tête et je suis allé la voir à New York et ne me demande pas ce qui s'est passé. Euh je voilà, on a décidé du jour au lendemain comme ça d'aller à la mairie de New York et de se marier.
Donc euh on a trouvé des témoins puis on s'est marié. En fait le mariage n'a jamais existé puisqu'il sera annulé 2 ans plus tard. Mais en attendant et ben j'ai je suis revenu en France, j'ai tout déménagé, je suis venu m'installer aux États-Unis à New York. tu rencontres cette fille-là, 2 ans euh tu te sépares mais tu restes habité à New York ?
Oui, après cette je reste habité à New York encore quelques temps et euh c'est la guerre la première guerre du golf donc à un moment je perds mon emploi et et donc je me retrouve sans emploi et après tu vas rencontrer une ukrainienne euh quelques années plus tard euh c'est pendant un événement c'est c'est à Paris que tu la rencontres ? Non, je la rencontre je travaille à Lyon et elle vient me solliciter pour euh des euh des financements, je crois. Euh elle elle habite euh à New York ou vous y partez ensemble ? on y part ensemble puisqueen fait on se rencontre en France et et moi ensuite j'ai l'occasion de partir aux États-Unis puisque dans le job que j'occupe en France euh et je dirige toute une équipe de gens qui développe euh disons comment dirais-je la réputation de l'agglomération lyonnaise à l'international.
Donc, on ouvre des bureaux un peu partout dans le monde, au Japon, à Taiwan, au en Belgique, en Italie et ainsi de suite et aux États-Unis. Et à l'issue de cette période, je pars d'abord faire des études au Japon et puis ensuite je négocie avec cette cet organisme, le fait de reprendre leur bureau aux États-Unis qui ne marchait pas et de le de le de le développer. Et donc je pars aux États-Unis et euh je pour la ville de Lyon quoi.
Oui, enfin oui, pour un organisme de promotion de la ville de Lyon. Voilà, c'est ça. Et et ça me permet de démarrer mon entreprise.
Et donc ton entreprise, tu vas la situer dans le World Trade Center ? pas tout de suite. D'abord, je la elle est située sur Park Avenue South qui est vraiment la partie la plus la plus chouette de Park Avenue.
Mais en fait, je me faisais un petit peu enfin ça me coûtait très très cher ces ces bureaux et j'avais l'impression de me faire un peu escroquer. Donc un jour là, ouais, j'en ai eu marre quoi tout simplement et d'être la Poulo. Voilà.
Et donc euh il se trouve que j'avais des contacts au Port Authority de de de New York. qui était qui gérait les tours du World Trade Center mais aussi les aéroports. Et donc voilà, j'avais des contacts et un jour j'aurais dit bah écoutez je je cherche un bureau, vous auriez pas un bureau ?
Si il y a plein de bureaux. Le World Trade Center à l'époque c'était un lieu à New York qui était pas très très aimé des New Yorkaais. Ah bon ?
Non. D'abord parce que parce que il était d'abord il était à moitié vide un peu comme la Tourbonparnas en V à Paris c'est un peu équivalent. Il y a des il y a des similitudes effectivement pas très côé.
Ouais. Ououais. Et euh c'était des beau euh ben comme c'était des collectivités qui géraient ce c'était des beau très administratifs.
Donc en fait les entreprises aimaient pas trop rentrer dans des beau comme ceci. Donc j'ai trouvé un bureau au 45e étage, la tour numéro 1. Puis c'était gouré dans les beau et en fait 1 an plus tard, on m'a fait redéménager pour un bureau au 47e étage que j'ai pu choisir, ce qui est déjà très haut en vrai.
Ben c'est la c'est le milieu de la tour. Ouais, c'est le milieu de la tour et avec une vue absolument merveilleuse. Puis là, c'était un immense loft.
Donc avec toute une vue sur sur Manhattan et puis la rivière Hudson River et euh voilà quoi. C'était juste un endroit absolument merveilleux en sachant que les tours du World Trade Center ell euh était une ville dans la ville hein. Donc oui, il y avait des des tu pouvais vivre dedans quoi.
C'était comme un mle. Oui. Puis si on veut si vraiment on veut parler de cette journée pour re bien situer les choses, il faut bien comprendre une chose, c'est la la taille et la magnitude de ces de ces deux tours.
C'est que dans chacune des tours, il y avait 25000 personnes. [ __ ] et dans chacune des deux tours, il y avait 25000 visiteurs par jour. Donc en fait ça fait 50000 personnes par tour et donc 100000 personnes sur un peut-être quelques hectares.
Ouais, c'est ça hein. Sur deux stades de foot quoi. Voilà, tu tu fous en l'air une ville de 100000 personnes en France.
C'est énorme. Et tu euh tu juste imagines le traumatisme que ça procure dans la population française. Avant de parler de cette journée, justement pour comprendre ta société fonctionne, tu emploies des gens, vous êtes combien ?
Ah oui oui oui. Euh le ce sexier fonctionne, elle fonctionne bien même. En fait ce qu'on faisait c'est de la la recherche d'information c'estàdire que trouver enfin envoyer un courrier, faire un suivi téléphonique à partir de banques de données diverses euh pour trouver des sociétés vraiment intéressantes euh qui ont un projet de développement hors des États-Unis.
Donc tu avais quatre salariés à l'époque, vous étiez quatre. Ouais, ça montait parfois parce que suivant des campagnes de Bien sûr. Bien sûr.
Non mais c'est à peu près c'est pour pour s'imaginer. Tu avais quel âge environ là ? 2001. 2001, je devais avoir euh Ah 2001, ouais.
Non mais 80 2001, ouais, c'est pas dur. J'avais 40 ans. Euh donc tu avais euh 40 ans à l'époque.
C'est pour s'imaginer un peu ce que ce que tu vis et le 11 septembre 2001, tu tu reviens de France ce jour-là ou tu c'était juste avant euh la veille. la veille. Ouais.
Donc tu arrives le le matin, qu'est-ce qui se passe par rapport ? Est-ce nous décrire un peu cette journée, enfin le début en détail ? En fait euh la veille, je suis rentré de France et j'étais très content parce que j'avais renouvelé un contrat important et bien sûr bon à l'époque je faisais l'aller-retour sur l'Europe ou bien sur l'Asie tous les 15 jours, hein.
C'était pour moi l'avion c'était vraiment un habitude un bus. Je connaissais tous mes repères dans l'avion, c'était toujours les mêmes. Je prenais, j'étais très organisé pour éviter de pour tenir physiquement.
Et donc le matin quand on rentre d'Europe, qu'on y a passé une semaine, bah on se réveille très tôt parce qu'on est on est un petit peu sur l' européenne l'UR européenne. Donc voilà. Donc en fait ce matin-là, je me suis réveillé très tôt mais mon épouse à l'époque s'est réveillé encore plus tôt puisqueelle elle a pris un vol pour Saint-Paul Minneapolis et donc elle je me rappelle très bien de son départ où elle me dit au revoir et puis et moi je suis encore à moitié endormi mais je me lève pratiquement aussitôt après son départ.
Don, tu étais en couple à l'époque. Oui, ben j'aime pas traîner au lit, donc je suis parti au bureau et je suis arrivé relativement tôt. Euh, il devait être 7h 7h30, je sais plus exactement.
Et le World Trade Center, c'était une ville dans la ville, hein. Et donc euh mais il y avait tout un village composé de personnages et le premier personnage, moi que j'aimais en arrivant, il y en avait deux en arrivant. Il y avait Mickey et Minnie.
Tu es sur Mini ? Ça pourrait être ça parce qu'en fait l'un était chausseur et c'est là que je faisais mon shou shine et l'autre c'était le gardien des ascenseurs. OK.
Voilà. Et donc les gens que tu reconnaissais à chaque fois qui tu saluais. C'est c'est New York donc c'est sympa, on se parle, on tout le monde se parle.
Donc ce matin-là, j'avais une paire de chaussures à faire assembler. J'ai été les déposer et puis euh bah il avait l'habitude de moi. Il m'a demandé si je voulais un shoine.
Je voulais pas de shoine. C'est quoi un chin ? C'est un cage de pompe.
Ah oui, shoe. OK. OK.
Chaussure qui brille, [ __ ] Oui. Benah non mais attends, excuse-moi. Moi, j'ai pris en LV6, hein, l'anglais hein.
Donc euh il en a pas Moi, j'en ai pas voulu. Et puis ensuite, du coup, ben j'ai je suis allé vers les ascenseurs. Faut bien comprendre l'organisation du bâtiment.
En fait, il y avait des ascenseurs express qui permettaient, par exemple, moi qui étais au 47, je prenais un ascenseur express jusqu'au 40e, puis ensuite je prenait un ascenseur local jusqu'au au 7e. Ah, il y a des asseurs qui font des OK. Voilà.
Donc, et là, il y avait un gardien que j'aimais énormément et que j'ai salué et je suis monté. Voilà. Et quand je suis arrivé là-bas, c'était une journée absolument incroyable parce que c'est une de ces journées dont on se souvient à New York parce que c'est la journée parfaite.
La journée avec il fait beau, l'air est pas trop chaud, on sort de l'été qui est d'habitude étouffant, humide, on sort, on est trempé et là il y a du vent, il y a une petite brise, le ciel est d'une pureté. Encore aujourd'hui, je le compare au quand il y a un beau ciel, je le compare à la journée du 11 septembre et j'arrive toujours pas à retrouver la qualité de bleu qu'il y avait cette journée-là qui était mais incroyable. Et donc tu es le premier arrivé au bureau ?
Je suis le premier arrivé au bureau. Donc ben je mets en j'avais toute une routine. Donc je mets en en marche la routine.
C'estàdire la machine à café, machine à café, les ordis, la musique pour le répondeur et ainsi de suite. Vo pour la tente téléphone. Ça c'est une autre époque hein.
La musique pour le répondeur. Et les ordis, tu appuyais sur le bouton, ça démarrait pendant 3 4 minutes. Ex.
Exactement. Et a mieux, je vais te dire encore mieux, quand à l'époque, moi j'ai été cherché, j'ai quand l'avion est arrivé, je prenais mes emails sur une ligne téléphonique. Donc ça faisait Ouais, ça chargeait.
Ouais, bien sûr, bien sûr. Voilà, on les récupéré comme ça. Donc avant de prendre mes emails, je me suis quand même arrêté pour regarder cette vue qui était tellement belle.
Et voilà, c'est la dernière fois que je l'ai vu. Malheureusement, si je l'ai Ouais. Donc euh et ensuite je me suis assis et puis deux de mes employés sont arrivés et euh bon c'était un bureau plein de lumière, un espace qui me servait aussi parfois d'exposition, donc de galerie et euh il était quelle heure là ?
Je peux plus te dire il doit être 8h30 euh c'est 7 8h15 8h30 quelque chose comme ça. Voilà, on se salue. Il y a encore une personne qui doit arriver mais il est il est il est arrivé toujours en retard donc il arrive pas et euh et les gens l'équipe principale disons est est là.
Et puis je suis en train de prendre mes emails et soudain j'entends le vrombrissement d'un avion qui arrive. Alors, on a tous entendu un avion au décollage he sur un tarmac et ainsi de suite, sauf qu'un avion en plein vol à pleine puissance. Aussi bas, ça n'arrive jamais.
Aussi bas, ça n'arrive jamais. Et c'est un c'est stupéfiant. C'est un truc encore aujourd'hui, j'ai ce son là dans les oreilles.
Donc je lève la tête et pl. Tu le vois ? Oui.
Tu as le temps de le voir. Ah oui ! Et donc euh bl dans ta tour à toi ou l'autre ?
Tu étais dans ma première tour ? Oui, parce que moi j'étais dans la première tour sur la façade où l'avion est arrivé. Ah waouh !
Voilà, donc ben une vingtaine trentaine d'étages en dessous. Tu comprends tout de suite ou tu es dans le déni pendant 5 secondes en disant "Ah ben non, c'est j'ai c je je je comprends tout de suite. Je sais pas moi, une minute et demi après, il y a mon adjointe qui arrive dans mon bureau et je me rappelle la tour tangue tellement fort si tu veux que je me dis je vais la retenir et puis après je me dis bah non touche pas parce que c'est une femme et on est aux États-Unis donc faut pas toucher." Ah oui, tu dir ça ?
Ah oui oui tellement j'ai peur qu'elle va se casser la figure tu vois. Ah oui ça bouge à ce point-là. Ouais on avait l'habitude hein de cette tour qui bougeait parce que quand il y avait du vent on entendait les haut banc crisser on entendait beaucoup de choses.
Ouais les tours bougent même en général les grands building ça bouge un petit peu. Voilà sauf que là ça t tellement fort que les banan crissent énormément mais surtout on peut plus tenir debout. Et elle me dit mais qu'est-ce qui se passe ?
Et je lui dis "Ouais, c'est historique comme réponse, vraiment t'inquiète pas, c'est un avion." Elle me regarde en me disant "C'est un avion ?" Bah je dis "Oui, c'est un avion." Bon, donc il y avait quand même des dégâts dans mon bureau, mais c'était pas la dévastation que je vais découvrir quand on ouvre la porte des couloirs.
C'est-à-dire des dégâts dans ton bureau de la poussière qui tombe direct. Bah, il y avait déjà les œuvres d'art, tout où c'était cassé la figure. Il y avait des dalles de plafond qui s'étaient désolidarisé et ainsi de suite, mais il y avait rien de il y avait des choses qui s'étaient cassé la figure quoi, qui étaient sous le sous la force et l'impact.
Mais en fait, quand on ouvrait la porte et c'est ce qu'on fait mes employés qui étaient là, ils sont aperçus qu'il y avait des gens qui partaient en hurlant. C'était des gens qui étaient rescapés de l'attentat de 1993 et qui avaient vécu déjà. C'est un attentat.
Il y a un autre attentat en 93. En 93, ouais. Le l'attentat de 93, le projet c'était de faire tomber une tour sur l'autre.
Voilà. En mettant un camion plein d'explosifs dans les parkings en dessous d'une des autos de la de l'exploser et que ça tombe sur l'autre. Donc en fait, ils ont vu les gens partir en hurlant.
Puis moi, j'ai vu aussi qu'il y avait plus de il y avait plus rien dans les couloirs, tout était dévasté. Donc je leur ai dit de partir et ils sont partis. Mais moi j'étais pas inquiet.
Pourquoi tu es pas tu prends pas la mesure du truc au début ? Parce je suis d'une nature très calme. Oui mais non mais il y a un avion qui s'écrase dans la tour dans la qualité.
Ouais mais on est à New York c'est comme je vais te dire je vais te donner un autre exemple. Quand la tour s'est écroulée, moi j'étais complètement inconscient. Donc je me suis dit bah c'est pas grave, on m'a bousillé mon bureau, bah j'en trouve un autre.
Tu vois, c'est encore une fois c'est comme ça qu'on fonctionne à New York. on on il y a pas de problème, il y a que des solutions et euh donc euh c'est juste peut-être aussi un réflexe de défense, tu vois, parce que ça, je vais découvrir tout au long de cette journée que l'être humain est très très bien fabriqué d'une certaine manière et qu'on on enclenche des tas de choses qui nous protègent. Donc euh je suis resté parce que voilà, en plus, il y a cette fierté du capitaine qui quitte le navire en dernier, tu vois.
Tu as de choses qui sont comme ça. Bon donc bah tu fais quoi ? Enfin bah je réponds au téléphone, je rassure les parents des employés des trucs Ouais.
Mais pendant plusieurs minutes. Oui oui oui. Donc voilà et puis je ne réalise pas la gravité de ce qui se passe.
Mais tu tu peux pas imaginer qu'elle va s'écrouler même jusqu'à la seconde où ça s'écroule. Personne pensait que ça s'écrouler. Non non.
Donc en fait euh je je reste dans mes bureaux et puis euh je j'essaie de remettre en ordre le plus gros jusqu'à ce que je reçois vraiment un ordre intime et impérieux de partir. De la part de qui ? J'ai pas la réponse.
Ah, tu veux dire interne ? Ouais, interne, je n'ai pas la réponse. Est-ce que c'est cet être humain merveilleusement constitué qui m'a protégé ?
Est-ce que c'est euh le bon Dieu ? Je ne sais pas. Ne me demande pas.
J'ai pas la réponse, ça reste un des mystères de cette journée parce que j'aurais dû mourir trois ou quatre fois et je suis pas mort. Mais en revanche, j'ai toujours cru que j'avais un destin. Donc voilà, je ne sais pas.
Mais en tout cas, je pars et je pars en laissant tout parce que je suis très boy scout. Donc on m'a expliqué qu'il faut ne jamais rien prendre. Donc si j'avais pris mon ordinateur portable, ça aurait été bien.
Mais je l'ai laissé. J'ai même pas pris de de de sauvegarde des serveurs, rien. J'ai tout laissé.
Tu prends le temps de faire quoi avant de partir ? Des sauvegardes. Ah, tu prends le temps ?
H tu sur un disque dur. Ouais, à l'époque, c'était des bandes. Et tu arrives à sauvegarder ?
Je déclenche une une sauvegarde et je laisse les bandes comme un idiot parce que ben je suis persuadé que je vais revenir. Donc en fait, mon portable, je le mets dans un tiroir, je le mets sous clé, je me dis "Ben c'est pas grave, on viendra. Je connais ce pays.
Dans 15 jours, on va sécuriser le bâtiment. Dans 15 jours, on revient. Voilà.
Tu tu as le temps d'éteindre les ordinateurs, Oui, oui, j'ai le temps d'éteindre les ordinateurs et je je je pars, je regarde une dernière fois cette vue et puis je pars et le détail a son importance, je ferme à clé la porte de ton bureau de mon bureau et je suis parti. Et là, j'ai commencé à réaliser la gravité de ce qui se passait parce que tu vois à mon étage, il y avait un des moteurs d'un des ascenseurs principaux. Et en fait, c'est tellement vital dans un bâtiment comme celui-ci qu'il était protégé par des portes blindées qui étaient épaisses comme ça.
Donc non seulement il y avait plus de dalles de de plafond, il y avait des fluides qui tombaient, des fumées, des gravas, des trucs, des machins. Mais en passant devant cette porte, elle était explosée et tordue. Le blindage était explosé et tordu.
Elle dit quand même, c'est très très grave cette histoire. Et au moment où je suis dans ce couloir, dans la fumée, on voit rien. Sauf que je vois un groupe de gens qui partent d'une banque qui était pas très loin et qui se dirige vers un escalier.
Et on avait des entraînements très très réguliers. Moi, on m'avait appris à prendre un autre escalier. Il y a plusieurs escaliers.
Ouais, il y a plusieurs escaliers de secours dans un un bâtiment comme celui-ci. Et donc euh j'ai été tenté de les suivre mais je les ai pas suivis là encore bien inspiré puisque eux sont morts et moi je suis sorti parce que j'ai pris l'escalier qu'on m'avait appris et ensuite donc apprendre. C'est tu veux dire maintenant il y a des systèmes de brassards où on te dit il faut suivre ce mec-là.
S'il y a un incendie dans un bâtiment tu sais il y a des chefs incendies il y avait ça. Moi j'avais une casquette de Warden comme ça. Ouais.
Ah c'est ça c'est ça. Et donc ça ça t'a sauvé la vie. Donc ça sert à quelque chose de savoir quand même par où faut sortir machin ?
Ça sert complètement et de respecter les consignes certainement. Moi en tout cas ça m'a sommé la vie clairement. Et donc ensuite, ben je suis au 47e étage.
Donc il faut descendre 47 étages. Et au niveau de l'ascenseur principal dans les 40 je crois ou 40, on me propose de sortir et puis d'aller prendre un ascenseur et je vais sur cette plateforme puis il y avait un monde fou et je dis non j'y veux, j'y vais pas. Les gens sont assez calmes ou ça hurle quoi ?
Ouais. Non, c'est très calme. C'est très calme.
C'est très calme. C'est assez discipliné. Ça descend.
C'est discipliné. Donc on descend. Ça veut dire que si toi tu as pris le temps de commencer à faire des sauvegardes, de répondre au téléphone et qu'il y a encore du monde dans l'escalier, c'est que c'était vraiment très très lent à descendre.
Ben c'est-à-dire que la queue remonte déjà jusqu'à la moitié du bâtiment. Et ça a tapé où à peu près ? Euh 75 ou au ou 80e.
Ouais. 30 étages audessus de toi. C'est rien.
Donc en fait à ce moment-là il y a trois fils dans l'escalier. Il y a une file de gens qui descendent. On met 50 minutes pour descendre de mon étage, tu vois.
Donc ça fait une minute par étage à peu près. C'est long. C'est long.
Une file de service de secours qui commence à arriver et une file de gens qui descendent en urgence des étages supérieurs et qui eux ont plus de cheveux, ont plus de peau, ont plus de vêtements, plus rien. Ils sont complètement brûlés. Vous les laiss passer.
On les laisse passer. Voilà. Donc il fait une chaleur épouvantable parce que il y a plus d'air conditionné, il y a du feu au-dessus, il y a du kérosène qui tombe dans les escaliers, dans les étages inférieurs, il y a plein d'eau qui se déversent dans tout le bâtiment mais tout le monde reste calme.
Il y a des gens qui sont torsenus. Il y a un type devant moi qui dit "La prochaine fois, lui il a compris ce qui se passe contrairement à moi parce que il reçoit un SMS lui disant que la tour numéro 2 a été attaquée et il comprend ce qui se passe et il dit on va tous les comment dirais-je vitrifier en français New Damor et il est en colère mais à part ça tout le monde est très calme et tout le monde descend il y a beaucoup d'entraide Il y a une personne qui me donne une petite bouteille d'eau parce qu'on a cassé les les les distributeurs. Il y a un autre qui me donne un saopalin.
Ce saopalin, il va me sauver la vie plus tard. Et moi, je descends lentement préoccupé par ne pas paniquer et puis 50 minutes, c'est cool comme ça. 50 minutes dans l'escalier.
Ouais. Ouais. Jusqu'à ce qu'on arrive en bas dans le lobby où là il y a une dévastation qui dépasse l'entendement. puisque ce lobby symbolisait tellement de choses pour le World Trade Center.
Tout le monde s'est omnubilé sur le trade dans World Trade Center, le commerce. Mais en fait le World Trade Center c'était World surtout. Donc en fait il y avait c'est c'est l'utopie de New York. dans ces tours, il y avait des gens de toutes les confessions, il y avait des gens de toutes les origines, il y avait toutes les activités, il y avait des y compris des ateliers d'artistes, il y avait pas simplement euh des banques et des grands il y avait des tas de choses.
Il y avait des des des organismes des NGO pour la défense de l'environnement. Moi, il y avait un trader de blé par exemple à mon étage et ainsi de suite. Il y a des tas de choses.
Toutes les confessions, toutes les origines, toutes les couleurs de peau, toutes les activités et c'était symbolisé par tous ces drapeaux qui entouraient l'atrium et tous ces gens vivaient en harmonie. Et là, tout est détruit. Il y a plus un drapeau qui tient.
Et c'est une très belle, très forte symbolique de ce qui arrive au monde ce jour-là à mon avis parce qu'on est en train de détruire un rêve hein et euh et on ne le fait pas par hasard. C'est un rêve à mon avis qui est menaçant pour les gens qui commettent cette horreur. Lorsque tu descends tous ces étages et que tu marches dans les couloirs, il y a aucun message d'avertissement.
Il y a pas de système américain. Si si si si. Il y a il y a le hurlement des sirènes et il y a les stroboscopes en permanence.
Moi encore aujourd'hui quand je vois un stroboscope, je suis très mal à l'aise à cause de cette journée-là. Et le retentissement des sirènes pendant très longtemps quand il y avait une alarme, ça me ça m'inquiétait quoi, hein. Voilà.
Mais c'est rien par rapport à à ce qui va se passer parce que en fait c'est un stress mais on s'aperçoit que l'organisme se s'autogère si si tu veux pour c'est c'est vraiment une mécanique fabuleuse qui autogère les émotions pour prioriser pour éviter de s'inquiéter parce que on voit tous ces gens qui sont gravement blessés ainsi de suite. On sait que c'est très grave et pourtant personne ne panique parce queon sait que il y a encore pire que ce qui est en train d'arriver, c'est justement cette panique. Donc tout le monde garde son sangroi et puis quand finalement on sort après cette dévastation où il y a plus rien qui tient debout dans le dans le dans le lobby, on passe dans le centre commercial où là il y a les il y a les sprinklers qui nous arrosent et ainsi de suite.
On remonte par l'escalator qui arrive sur ça doit être Fulton. Et là moi je sors, je fais je traverse le trottoir, j'arrive sur la rue, je fais un pas sur la rue, je me retourne et là je vois la tour en feu et je n'en crois pas mes yeux parce que je ne l'ai vu qu'une fois hein. Tu vas comprendre pourquoi je la vois pas une deuxième fois. et à jamais, c'est une image diabolique dans ma tête parce que cette tour qui était un symbole de génie humain tout de même euh qui donnait une impression d'indestructabilité qui avait c'était un geste architectural en plus il faut bien revoir toute cette ville dans la ville où tu as un calder sur la petite place, tu as tu as un pomao, tu as des tas de choses, tu as des œuvres d'art partout.
Moi dans mon bureau, il y avait partout des œuvres d'art. Là, elle est couronnée. C'est vraiment la couronne d'épine.
C'est dire que il y a ces espèces de flammes d'un oranger presque violacé qui qui l'entoure et et et au milieu de tout ça, il y a des fumées d'une noirceur plus noir que ça quoi qui sont là. Je fais un pas supplémentaire. Je n'en crois pas mes yeux.
Je me retourne une deuxième fois, je peux pas arriver jusqu'au bout de mon mouvement parce que la tour numéro 2 est en train de s'écrouler. Elle s'écroule avant. Elle s'écroule avant.
Elle est attaquée en second. Elle elle s'écroule avant. Et donc elle s'écroule au moment où je sors.
Voilà. Et là, tu es à combien de mètres ? Oh, une cinquantaine de mètres.
Même pas. Donc donc imagine 1 demi kmè de tour qui s'effondre. C'est un bruit colossal.
C'est c'est la seule événement sensoriel de la journée que je que je n'arrive pas à faire remonter au conscient tellement il m'a choqué, il m'a terrorisé en fait. Et donc ce demi kilomètre de tour s'effondre sous mes yeux mais ébahi. Et là encore je fais l'expérience de de l'être merveilleux qui la construction humaine.
C'est là où tu palpes les millénaires d'évolution en quelque sorte. C'est les gens te parlent du temps qui s'étire. Moi, j'en ai fait l'expérience, c'est incroyable.
Tu es dans une situation de danger, hop, tout ralenti. Tu as 1 millième de secondes pour décider et tu vois tout très clairement. Et ce n'est pas enchevétré, ça arrive.
Tu te dis c'est ça qu'il faut faire, tu as ça, ça, ça. Tu choisis quoi ? Hop, voilà.
Et tu choisis et tu y vas. C'est comme ça que je choisis de me réfugier derrière un pilier d'OV euh qui protège des distributeurs de billets d'une banque. Voilà, que je connais parce que je vais souvent faire des retraits.
Et qui est juste en face, tu as même pas le temps d'aller plus loin. Voilà. Qui est juste derrière l'église là que tout le monde a vu à côté du World Trade Center.
Toi tu vois les le moteur et tout il para qu' Ouais, moi j'ai vu dans dans le dans le lobby. Ouais. Le le réacteur, tu veux dire ?
Il est tombé jusque dans le vie. Il est passé par des colonnes d'ascenseur. Wouh !
OK. Ah, il a Ah, il est passé par l'intérieur. Ouais, mais c'est une journée avec des détails épouvantables.
Moi, quand je suis sorti, il y avait déjà beaucoup de sang et des projections et des choses comme ça. Et ça, enfin, je je dirais, il faut voir les conditions dans lesquelles des tas de gens sont morts. Il y a des gens qui ont sauté, qui ont explosé en arrivant sur par terre.
Et puis il y a tous les gens à qui on a volé leur mort. Moi on nen parle jamais mais c'est par exemple dans les les avions. Ces gens-là jusqu'à la dernière dernière minute, les terroristes les ont rassurés en leur disant "On retourne au vous inquiétez pas." Donc en fait on les a endormis et ils sont morts sans savoir qu'ils allaient mourir.
Et moi, je trouve que c'est d'un c'est ce qu'il y a de plus horrible d'une cruauté terrible parce qu'ils ont même pas eu le temps d'avoir peur peut-être hein. Et surtout on les a conduit à la mort sans leur leur dire. Ils les ont mis à l'arrière de l'avion.
Il y a pas je sais pas ça mais en tout cas moi c'est un des détails qui me choque beaucoup parce que ces gens-là ils étaient à 30 m au-dessus de moi. Ils sont morts comme ça. On leur a rien dit.
On les a rassuré en leur disant "Ayez confiance en nous." Tu vois la trahison ultime ce que ça peut être. Ça peut être de faire confiance à tes bourreaux et qu'il te tue sans te le dire.
Voilà ça c'est terrible. Donc ceux qui étaient dans les bureaux audessus de toi aussi qui qui ont malheureusement pris l'avion à pile poil à l'étage, tu aurais été tu aurais eu un bail de au 80e étage. Tu serais plus là ?
Je serais plus là. C'est fou. C'est fou parce que franchement j'ai pas l'impression d'avoir commis tant de crime que ça dans ma vie et de mériter un traitement comme celui-ci.
Pour moi, c'était un espace de paix. Tu sais, c'est tour du World Trade Center, encore une fois, ça symbolisait le trade pour l'Europe entière, pour le monde entier. Mais pour nous new yorkaais, c'était pas ça.
Pour moi, euh tenant hein, donc occupant de ces de ces bureaux, c'était un espace de paix parce que la ville de New York, elle est très très bruyante. Sauf que quand on est dans une tour de 110 étages, on entend rien. Nous, nos compagnons, c'était les nuages.
Donc, en fait, parfois, on vivait au-dessus des nuages, parfois en dessous des nuages. Le compagnon, c'était le vent, c'était les éléments et c'était un calme absolu où on travaillait à la construction d'un monde porté par bah par ses idéaux justement américains, hein. Voilà.
Donc, j'en parle avec émotion parce que ces tours symbolisent beaucoup plus hm h que simplement un acte terroriste. Pour ceux qui travaillaient là-dedans, c'était un espace de paix, d'entente, de concorde, d'harmonie entre les peuples, entre les religions, entre les couleurs de peau, entre les activités, entre beaucoup de choses. Voilà, je reviens à ce que je disais quand tu étais à l'extérieur pour Ouais.
Donc en fait tout ça, je décide d'aller me planquer quelque part et puis là euh ben j'attends. La tour est en train de s'effondrer toujours. Ouais.
Et donc quand elle s'effondre, bien sûr, c'est un cataclysme. Je rappelle que pour donner une magnitude, enfin un sens de la de la violence qui se déclenche ce jour-là, une échelle une échelle, c'est un quelque chose qu'on perçoit sur les sismographes, mais c'est aussi sur les 3000 personnes qui sont mortes. Il y a encore aujourd'hui plusieurs certaines centaines de personnes qui ont été vaporisées.
Tout a été passé au crible, au peigne fin dans les ruines du World Trade Center. Il y a plusieurs centaines de personnes qui ont été littéralement volatilisé par la violence de ce qui s'est passé. On n pas retrouvé une trace d'ADN d'elle et on sait qu'elles étaient dans ces tours.
Voilà, c'est fou. rien. Même pour les familles, pour faire le deuil et tout ça, c'est super compliqué.
Ben, c'est un peu un cauchemar, tu sais. Euh je je veux pas je je déteste le terme de victime. Voilà.
Moi, je suis pas une victime. Euh l'Amérique, elle préfère 10 fois les héros aux victimes, hein. Donc euh je préfère me mettre dans cette catégorie que dans celle des victimes.
Je déteste être victime. Voilà. Euh simplement et tu vas comprendre pourquoi donc quand je vais poursuivre le récit, ce truclà, il va m'accompagner pendant des années et des années et je t'assure que dans un premier temps, j'aurais préféré mourir parce que en fait on a légitimement parlé uniquement des gens qui sont décédés cette journée-ci.
Mais pour ceux qui sont restés, eux ils sont morts. Ils ont eu la paix. Une mur horrible mais ensuite ils étaient dans la paix.
Nous, pendant des années et des années, on a été accompagné par cette horreur et dans des circonstances euh quasi euh une vie quasi euh impossible, quoi. Je vais t'expliquer pourquoi. En fait, moi je me retrouve derrière mon pilier puis je me dis ben je vois cette énorme cette tour d'un seul coup, elle s'est transformée en un monstre d'acier, de verre, de poutrelles, de papier de d'asbestos, enfin de tout ce que tu veux, d'amiante, de de poussière grise.
Non, espèce de poussière marron grise. Ouais. Ton assistante voulait que je ramène un échantillon de la poussière.
Moi, j'en ai encore. Je je l'ai pas à la maison, donc je l'ai pas ramené. Mais ce monstre de verre et d'acier, il arrive sur nous et c'est comme un espèce de de train qui pousse le l'air devant lui parce que c'est énorme. 500 m, c'est combien ? 500 m de haut.
Ouais, 500 m de haut, 1 dem km quand même. Ça fait ça fait du bruit. Puis ça ça déplace quand même pas mal.
Et donc il pousse l'air devant lui et moi d'un seul coup je me j'ai pas grand-chose à être égour, tu vois. C'est un peu difficile mais je sens le vent là. Tu as eu la même ten cheveux qu'avant ?
T Ça fait 40 ans que je dois avoir rasé à blanc. Pour ceux qui nous écoutent en podcast audio ça vous le savez. Voilà donc ça arrive ça arrive ça arrive.
Je me dis ça y est on va être enguffré on va être tué quoi parce que le vent est tellement violent puis d'un seul coup bam on prend tout dans la figure. Et tu es tout seul ? Je suis tout seul.
Cette journée, comme j'ai dit, c'était une journée extraordinairement belle. En l'espace de d'une fraction de seconde, tout est devenu plus noir qu'une nuit. Tu vois cette tasse plus noire que ça ?
Moi, par un miracle incroyable, j'avais gardé ce petit bout de sopalin. J'ai pu me l'appliquer sur la bouche pour respirer, filtré. Sauf que le son ne passait plus tellement l'air était épais. [ __ ] !
Donc soudain, tout est devenu silencieux comme dans la neige quand tu es à la montagne, tu as un l'air est tellement absorbé, épais que le son ne passe plus. Le son, c'est la vibration de l'air. Voilà, il ne vibre.
Donc en fait, c'est tellement démesuré, ça dépasse tellement l'entendement humain. C'est des choses que tu apprends au berceau, tu vois ce que c'est que le son, ce que c'est que respirer, ce que c'est que la nuit, le jour et ainsi de suite. Tu te rends même pas compte que tu l'as appris, mais tu l'as appris.
Et en fait, mon inconscient est convaincu que je suis mort. Donc en fait, il traduit ça par "Tu es mort". Bon, moi je me rends pas compte sur le moment. simplement au bout d'un moment, tu vois, je je suis FO et ainsi de suite.
Puis il y a il y a un type quand il commence à y avoir une espèce de vague pénombre, ainsi de suite. Il y a un type à l'intérieur de la banque, un agent du FBI qui me voit et qui me tire à l'intérieur et là je peux respirer. Donc je cherche partout, je suis comme une bête atterrée, tu vois.
Je cherche partout à où où est l'endroit le plus lointain où je puisse me cacher, tu vois. C'est au fond du terrier et j'arrive tout au fond tout au fond tout au fond de la banque et là il y a des toilettes et il y a une femme qui me sauve la vie probablement aussi qui me dit crache tout ce que tu as avalé, crache tout ce que tu as avalé, tout ce que tu as. Et donc elle me tape dessus et moi je crache, je crache, je crache, je crache et puis finalement je reviens dans la salle principale de la banque.
J'essaie d'appeler partout, il y a plus de téléphone, il y a plus rien pour essayer de joindre quelqu'un. J'arrive finalement à joindre la femme de mon ami Moral pour lui dire que je suis toujours en vie. Jamila Jamila et puis et puis et puis finalement à ce moment-là, on nous dit ben il faut descendre à la salle des coffres.
Je comprends pas. La tour numéro 1 va s'écrouler. Alors là, tu vois, c'est un coup de poignard parce que je sais pas si mes employés sont sortis, je sais pas qui reste.
Moi, c'est des gens que je connais làdedans. Et je dis, ben non, je vais rester parce que j'aurais horreur de mourir dans une salle des coffres, tu vois. C'est c'est pas moi quoi.
Moi, c'est ça me correspond pas. Donc, je reste. Tu es pas banquier ?
Bah, je suis un peu banquier mais je suis pas banquier en fait. Donc donc en fait et ben je suis resté puis j'ai vu cette tour s'écrouler qui est encore plus près que la de là. Ah ben oui, là elle est juste en face de moi.
Puis de nouveau il y a cette orage nucléaire hein parce que ça dépasse l'entendement quoi. Tu vois c'est un truc de fou. Il y a exactement et euh et voilà.
Il y a plus rien. Alors, je demande à l'officier du FBI au bout d'un moment, je lui dis "Bah, qu'est-ce qu'on fait maintenant ?" Ben, il nous dit "Tu rentres chez toi, mais si tu passes par le Brooklyn Bridge, tu passes pas par le Brooklyn Bridge parce que c'est une cible.
Surtout, tu vas te faire des piqures d'Antrax contre l'entraxe à l'hôpital parce qu'on sait pas ce qu'il y avait dans ces tour." Ah waouh ! Ah, il pensait qu'il y avait de l'entrax de qui est ça, je me rappelle, ça m'a marqué.
C'est un peu moins la mode aujourd'hui pour ceux qui se rappellent pas ou quoi. C'était euh il y avait eu plusieurs menaces comme ça. C'est dans des enveloppes.
C'était des attentats à l'entrax. Il pouvait mettre des enveloppes avec euh comme de la farine à l'intérieur. Ça ressemble à de la farine dans TRX.
C'est très volatile et c'est très mortel tout de suite mais c'est c'est tout de suite sur un une maison entière. Voilà, dès que tu ouvres l'enveloppe, tout le monde tout le monde meurt. Voilà.
Donc ça c'est le récit de ces quelques heures. Mais en fait la journée du 11 septembre pour moi elle se prolonge pendant des semaines et des mois et des années. Voilà.
Et ça c'est l'objet de mon livre parce queen fait c'est 6 mois de ma vie durant lesquels je raconte comment un petit groupe d'hommes et de femmes survivre à des événements aussi diaboliques, aussi démesurés, aussi fous et par quelle enfin magie bah ils survivent et puis ils s'en remettent puis ils en sortent et puis ils recommencent et puis ils ont la gnac ou ils ont surtout le désir d'apporter un sens à quelque chose qui n'en a aucun. Tu tu tu ressemblais à ça après aussi. Tu étais recouvert, tu étais tout gris comme ça.
Je vous montre une photo de d'un rescapé là qui apparaît à l'image. Oui. Tu ressemblais, tu étais complètement recouvert quoi.
Ah oui oui, complètement. Moi, je me rappelle quand j'ai essayé quand j'avais quand j'ai été dans ces toilettes là pour me laver le visage et cracher. Du coup, c'est encore pire parce que ce qu'il y a c'est que j'en ai plein les costume, hein.
Donc c'est cette poudre que je vais recueillir plus tard en me disant on sait pas ce qu'il y a là-dedans. Peut-être qu'il y a Ah oui. pour faire des analyses des machins des trucs.
Non mais c'est surtout parce que moi j'ai immédiatement pensé à tous ces gens qui étaient dans ces tours et je me suis dit la moindre trace de poudre, elle mérite le respect parce que il y a peut-être des restes humains là-dedans. En fait, avant moi, j'ai tout nettoyé pour tout recueillir. Voilà.
Et euh et là, en fait, quand je suis dans les toilettes, là, je me lave le visage et ainsi de suite, en fait, ça va coller parce que cette poudre, elle est si fine que j'en ai dans les oreilles, j'en ai sous les dents, j'en ai partout, partout sous les paupières, elle rentre partout. Voilà. Tu rentres chez toi directement ou tu t'arrêtes ?
Ben, je remonte. Plus de métro. Plus de métro.
Bah, il y a plus rien. Donc je remonte à pied. Tout est paralysé.
Tout le monde est dans la rue. Il y a tout le monde dans la rue là. Paris.
Ouais. Les gens ont peur que ça retape, il regarde le ciel. Non, moi je sais pas, je suis comme un zombie.
Je remonte et et alors j'ai le village craquelé parce que j'ai foutu de l'eau et puis il y a encore de la poussière. Donc voilà. Et en fait, je remonte et puis je rêve que d'une chose, c'est que les gens me prennent dans leurs bras, quoi.
Mais en fait, tout le monde s'écarte de moi parce qu'ils ont peur. Et euh jusqu'à ce que j'arrive, je me rappelle, ouais, ça doit être à la à la limite de Soro. Et là, il y a une femme, je crois que c'était une banque aussi qui me voit.
J'essaie désespérément d'appeler sur mon portable et elle me dit "Viens, rentre avec moi, viens viens appeler." Donc je rentre dans son bureau et et là pour la première fois, je commence à pleurer parce qu'il y a quelqu'un qui me montre un peu de gentillesse. Bon, donc il faut surtout pas que je m'appuie sur moi parce que je savais que Non, c'est moment où tu lâches.
Ouais, mais il faut surtout pas parce que en fait à ce moment-là, si j'avais lâché, j'aurais été enseveli par la vague de de terreur et de tristesse et de et ainsi de suite. Donc en fait, je me lâche quelques secondes et puis ensuite, j'arrive toujours pas à joindre quelqu'un. Donc me prend dans ses bras puis elle me dit "Bah, il faut que je faut que je continue." Donc je rentre chez moi à pied.
Quand tu dis que tu arrives pas à joindre quelqu'un, tu veux appeler qui ? Ta femme ? Euh, je voulais appeler ma femme et mes parents.
Et en fait, mes parents euh ben je les j'arrive à les joindre quand euh j'arrive chez moi. Et euh et là, évidemment quand j'entends le son de la voix de ma mère, eux, ils ont regardé tout ça sans comprendre, tu vois. Ils sont à la campagne dans la drôe.
Il y a New York. Ouais. la sœur de ma compagne actuelle qui les appelle en leur disant "Vous vous avez des nouvelles de Bruno ?" Non.
Quoi ? Qu'est-ce qui se passe ? Bah vous avez pas vu ce qui se passe à d'ailleurs c'est pas plus mal qu'il sache pas bah oui mais du coup il vous regarde tout en direct.
Voilà. Donc, mais je sais pas, ils ont la conviction malgré les annonces qui sont faites de ma mort hein, puisqu'on annonce qu'en France que je suis mort que je suis vivant. Effectivement, je suis vivant et quand je les appelle, bah évidemment, je suis un peu troublé quoi.
Ça c'est c'est bizarre. Voilà. Donc bah, je suis rentré chez moi, j'ai nettoyé, j'ai récolté toute cette poudre et puis j'ai pris une douche.
Voilà. Et tu t'arrives à avoir quand ta femme au bout de combien de temps ? parce qu'elle a dû s'inquiéter elle parce qu'elle était à New York.
Alors en fait, elle a été prévenue, je crois me rappeler, par Jamila et en fait elle est à Simple Minneapolis au milieu des États-Unis, hein. C'est le c'est le Mid-Ouest, le c'est le haut de la vallée du Mississippi, donc Saint-Paul, c'est Saint-Paul, Saint-Louis, toutes les anciennes provinces françaises, hein. Et et donc là les gens lui disent "Bah il y a plus de l'espace aérien est fermé donc tu peux pas tu peux pas rentrer à New York." Et il y a deux personnes qui lui disent "Bah écoute, on te ramène en voiture." Donc ils font 15h 20h de voiture toute la nuit.
Et moi euh voilà, convaincu intérieurement d'être mort, si tu veux, je vais voir mon ami Mourade et puis ensuite je reviens à la maison et en même temps, je suis dans le déni total. Donc l'après-midi, ben je passe des coups de fil en disant tiens, on m'a péter mon bureau, est-ce que tu aurais pas un bureau quoi dans le déni total. Et ça commence comme ça la reconstruction juste dans le par le déni parce que en fait c'est pas grave.
Quand tu arrives à voir ta femme Victoria à l'époque la première fois au téléphone, qu'est-ce que vous vous dites ? Ben je suis un peu inquiet parce que en fait j'entends qu'elle est sur la route et tu sais les les autorités américaines c'est souvent des des plaques de béton. Donc en fait, tuattaquattaquattaques, tuattaques et et je suis un peu inquiet quoi qu'il se casse la figure parce qu'il tourne toute la nuit quoi.
Et il y a peu de choses qu'on arrive à se dire parce que moi je suis isolé dans ma quand on se retrouve en tout cas, on est on est content de se retrouver mais moi je suis isolé dans ma dans ma souffrance et elle elle est très violemment choquée aussi hein. Je je le pense au moins. Et donc en fait, on narrive pas à se retrouver véritablement parce que personne ne peut comprendre une douleur pareille quoi, tu vois.
Quelle que soit la proximité des gens qui t'entourent. C'est une épreuve très très solitaire hein, pour donner une image de ce que ça veut dire euh pendant peut-être des mois. Oui, pendant des mois.
En fait, je n'arrive plus à me réveiller. Donc en fait, je suis tellement détruit et ainsi de suite qu'il faut que je pense aux victimes pour me lever en me disant "Il y a des tas de gens qui sont morts, il faut que tu te lèves." Voilà, c'est ton honneur, c'est ta fierté, c'est ton devoir.
Donc tu te lèves, tu te lèves, tu te lèves. Je peux plus bouger les genoux, je peux plus bouger les articulations, je peux plus bouger rien. Je voilà.
Après, c'est c'est des trucs épouvantables du genre 15 jours après, je suis on va on sort de New York, on va voir des amis et en fait en rentrant de Long Island, donc il y a un moment il y a une une route qui monte et puis tout le Skyline de New York se découvre et 15 jours plus tard, je suis certain en arrivant en haut, je veux encore voir C'est tour, j'en suis sûr certain, je veux toujours pas admettre que ce soit possible parce que ça dépasse tellement l'entendement, tellement c'est difficile à processer, tu vois. C'est c'est compliqué. Et en fait quand je vais voir qu'elles sont plus là une fois de plus, c'est juste impossible à comprendre pour moi.
Donc pendant des mois, je peux même pas aller, tu vois, dans dans le sud de Manathan et ainsi de suite. D'abord, c'est interdit mais ensuite tout simplement parce que cette absence, ce trou, c'est juste impossible à appréhender intellect accepter parce que pendant longtemps, il y a eu les gravas, ils ont justement comme tu disais les pompiers, les la police recherché décortiquer pour justement rendre aux familles des victimes les les ce qu'ils arrivaient à trouver parfois. On a pas parlé de tes salariés, les trois salariés.
Alors eux, il y en a un qui est traumatisé parce queil voi les gens sauter. Donc en fait il arrive au moment où les gens sautent et il rentrent, il revient plus. Les deux autres en fait restent avec moi, c'est euh de New Yorkais et et on remonte ensemble, on remonte cette entreprise ensemble parce que on est une équipe de bras cassé hein.
Il y en a un qui est sous anxiolitique au dernier degré donc qui peut plus prendre le train du New Jersey parce que quand il est sur une plateforme, il est terrorisé. Enfin, un quai. Voilà, il est terrorisé et l'autre il est paralysé d'un côté parce que il est tellement c'est tellement anxiogène que il est crispé, il fait du tennis elbow et il peut plus.
Voilà. Donc c'est vraiment l'équipe de Bracassé. Moi, je me rappelle euh ouais, je peux plus, je je suis tellement certain d'être mort que ben j'ai un fusible qui qui explose dans la tête à chaque instant parce qu'en fait je reçois des signaux de vie de l'extérieur, tu vois.
Je vois un taxi, une jolie fille, je sais pas moi, la vie quoi, le soleil. Puis je me dis mais c'est pas possible puisque de toute façon du fond de moi-même sort le message inverse. C'est pas possible, tu es mort.
Tu vois, c'est très très difficile. C'est fou, c'est fou. C'est fou.
Très très compliqué. Qu'est-ce que c'est que tennis elbo ? Tennis elbo, c'est le la maladie des des gens qui jouent trop au tennis qui finissent par avoir des tendinites.
Ah oui, d'accord, d'accord, d'accord. C'est ça. Vous avez remonté la boîte ensemble.
Donc on a remonté la boîte ensemble et c'est un bel c'est une belle histoire quoi parce que franchement ils étaient détruits comme moi. Eux, ils cherchaient bah à survivre. Moi, je cherchais à survivre.
Et au fond, ce qu'il fallait c'est arriver à les projeter dans un avenir qui serait meilleur d'une certaine manière. Et ça a été mon travail. Donc leur dire bah tiens, fais ça s'il te plaît.
C'est super important. Ça n'avait aucune importance mais ça donnait une signification. Tiens, fais ça s'il te plaît.
C'est super important et ainsi de suite. Et ça n'avait aucune importance. Mais de nous projeter tous collectivement dans l'idée que je me rappelle quand il a fallu que je fasse la première paye après le 11 septembre, tu vois, les les payes, on les faisait en milieu de moi.
J'avais un une société qui qui les faisait externaliser. Donc je me rappelle de cette histoire incroyable. J'étais chez moi, j'ai appelé le numéro et tu sais, on a un code en fin de de séquence pour confirmer que tu as bien fait la paye.
Donc je parle à un opérateur et cette femme me dit "Ben voilà, on arrive, vous faites la paye pour Ouais, faites la paye pour tout le monde." Puis j'avais une crampe au ventre parce que évidemment je savais pas très bien comment on allait survivre mais je me disais il faut absolument que ça arrive quoi. C'est ça inspire confiance.
Et à la fin de la clôture, elle me dit "Ben, je vais vous donner votre numéro de code." Et ma main est partie machinalement vers un tiroir qui existait au World Trade Center dans mon bureau où je prenais d'habitude un crayon pour écrire mon code, sauf qu'il y avait plus de tiroir, il y avait plus de crayon, il y avait plus rien. Et quand ma main est partie dans le vide comme ça, je me suis dit "ça tu es en train de devenir fou." Mais en même temps, voilà, il y avait des tas de choses qui nous poussaient à reconstruire.
Donc en fait, je te passe les détails de tout ce qui s'est passé parce que ça a été une aventure absolument hallucinante de retrouver des bureaux à Manathan alors que bah il y avait plus de bureau. Il y avait je sais pas combien de milliers de mètres carrés qui avaient disparu. Tout le monde recherchait les bureaux hein. donc de trouver un littéralement un kajibi quoi pour pour s'installer à des prix évidemment prohibitifs et puis tout simplement de réinstaller trois ordinateurs, quatre ordinateurs, cinq ordinateurs, une imprimante et puis d'essayer de trouver des données qu'on avait perdu.
Il y en a qu'on en profitait un peu avec l'immobilier ? Ouais, beaucoup même. Moi, on m'avait promis des tas de choses.
Ouais, vous allez avoir des gratuits et ainsi de suite. Puis au bout de 6 mois, c'était le ou de 3 mois, c'était le ou le premier mois, c'était gratuit et puis ensuite c'était bien sûr, il y a eu des gens qui tuas pas eu d'aides de l'État là-bas sur les impôts. Il y a eu des aides.
Il y a aussi des gens qui m'ont joué des sales tours, c'est-à-dire des clients qui m'ont dit "Ouais, par exemple ces clients là avec qui chez qui j'avais été et qui m'avait promis un renouvellement rapide de mon contrat porte du moment où je les ai appelé pour leur dire bah c'est le moment de le signer." J'ai attendu un an. C'est méchant quand même.
C'est méchant parce que ben il y avait la crainte que je réussirais pas. Il y avait peut-être la tentation de mettre la main sur ma boîte qui marchait très très bien, tu vois. Donc il y a le côté brillant, il y a le côté noir.
Euh mais en tout cas nous notre petit groupe, on est resté solidaire, on s'est projeté dans un avenir qui n'existait pas, hein. Et et pour dire par fierté, par honneur, par sens de ou pour apporter un sens à tout ce qui n'en avait plus. Voilà, on va reconstruire parce que tu sais, c'est dur quand même de tout perdre comme ça en quelques instants.
C'est dur d'arrière à trouver un sens. Donc tu te dis ben est-ce que tu as de la fierté ou est-ce que tu as pas de fierté ? Et on m'a proposé, on m'a dit 50 fois, on m'a dit mais fou le camp, va dans New Jersey, va fuis quelque sort mais c'était juste pas possible.
Tu as reçu beaucoup de coach de de copains en France qui avaient tendu une portable à l'époque pour ça commencer à aller juste après. Enfin, je veux pas être vulgaire mais le plus drôle c'était le premier. Euh il m'a envoyé un mail en me disant "Ben dis donc, quand tu pètes, ça fait du bruit." Et j'ai trouvé ça absolument génial parce que moi, j'étais dévasté et euh et ce type a trouvé le moyen de de de faire de l'humour.
Je trouvais ça absolument génial. M déplacé, mi génie. m déplacé mais quand même génial.
Puis un autre qui m'a dit qui m'a envoyé un un mail mais en fait les mails je les recevait mais je pouvais pas y accéder donc ça s'accumulait dans ma boîte. Ah et j'ai découvert ça des semaines plus tard. Et tu as et tu as un journaliste à l'époque d'Europe 1 qui t'appelle pour t'interviewer et et tu tu il t'appelle directement ?
Il t'appelle le 11 septembre ? Il t'appelle plus tard. Oui.
Alors en fait si tu fais des interviews à l'époque. Ouais. à l'époque la nuit du 11 septembre donc et un un journaliste qui était passé qui avait accompagné Colomb lors d'une visite à New York et que j'avais reçu dans mes bureaux euh Gérard Colomb Ouais.
Gérard Colan euh est venu dans mon était venu dans mon bureau, il avait gardé mon numéro de je trouvé sympathique. Puis en fait c'était le correspondant d'une petite structure à Lyon et moi je pensais que voilà, il m'appelait et puis que c'était une petite une petite interview comme ça et comme il était sympa, je lui donné une petite interview. Sauf qu'en fait c'était le correspondant François à Lyon et donc le lendemain, j'étais en en une première de couverture plein pied, le français rescapé de l'horreur.
Et alors là à partir du moment où c'était voilà, ça n'a pu arrêter pendant peut-être 3 ans. C'est vrai. Tu le visage en fait des victimes en septembre français.
Ouais, c'est ça. En gros, c'està dire que en permanence, je suis sollicité pour raconter mon histoire et d'ailleurs je si tu veux c'était un peu inconfortable parce que d'un côté je me mettais en avant mais d'un autre côté les gens ont peut-être pas compris mais ça me sauvait la vie d'une certaine manière parce que ça me permettait d'expurger, tu vois, de de parler de parler de parler à l'infini de cette histoire et de la réaliser. Comment tu par ta maman ?
Ta maman te voit à la télé. Ouais, ça la rassure de te voir du coup. En fait, ma mère aimait pas que je sois parti aux États-Unis.
Elle voulait pas. Il se trouve que j'ai une citoyenneté aussi américaine. Elle m'avait prévenu, elle m'avait dit "Tu es américain, tu renies la France, c'est insupportable." et elle n'est jamais venue me voir aux États-Unis par principe, mais en même temps, je sais qu'elle m'aimait énormément, qu'elle avait beaucoup de fierté de ce que je faisais, qu'elle tient en tirer beaucoup de fierté et euh elle a beaucoup souffert certainement de de la peur qu'elle a qu'elle a eu, hein.
Tuas tu as des gonflements au visage quelques jours après qui apparaissent. Euh, tu fais des mauvaises nuits évidemment, des rêves, hein. Ça vient d'où les gonflements au visage.
Ça c'est une histoire qui dépasse l'entendement aussi. En fait, je suis tellement profondément traumatisé que je commence, il y a il y a une journaliste qui vient me voir et qui qui veut absolument recueillir ma parole parce que comme je suis transformé comme tu vois, moi je je réalisais pas, j'étais totalement déconnecté de la France et suite à cette interview qui est passé à France soir et où je deviens un petit peu un héros national, tous les journalistes se précipitent sur moi et un jour il la correspondance de France 2 à New York qui vient qui m'appelle et qui me dit "Bruno, je t'attends, il faut absolument que tu viennes." Moi, je débarque, j'arrive devant un camion satellite, tu vois, enfin avec une làance non, là-bas à New York.
Et j'arrive juste à 2h moin une, elle me colle une oreillette dans le et et puis un micro et elle me dit "Tu parles ?" Moi je savais absolument pas. Je savais plus qu'était que la France d'une certaine manière.
Et en fait de l'autre côté, il y avait Pujadas et Pujadas commence à me faire une interview. Tu étais au 20h ? Ouais. au 20h.
Et euh et c'est là où je commence à parler des pompiers et c'est là où je commence à parler de de tas de choses qui ont à l'époque, je me rappelle, il y avait eu un un long article dans le monde me citant tellement ça avait bouleversé ce témoignage où j'étais impeccable, tu vois, où j'étais bien propre sur moi avec une belle cravate, une chemise blanche, un costume gris. Et puis à un moment, on sentait que ma voix se brisait quand je parlais des pompiers parce qu'en fait, je fais juste encore une petite discrétion. Quand je suis descendu dans l'escalier, à un moment, je te parlais du détail de la fermeture de mon bureau.
Je me suis dit zut, tu as fermé ton bureau, il faut remonter pour ouvrir parce qu'ils pourront pas rentrer. Sauf qu'à ce moment-là, il y a un pompier qui est passé avec une hache et que cet homme m'a sauvé la vie. Je raconte toujours cette histoire parce qu'en fait pour les pompiers, c'était très dur de ne pas sauver de monde ou de sauver très peu de monde.
Mais c'est là où on comprend ce que sont que le sens de l'honneur, la fierté, le sens du devoir. C'està-dire que qu'est-ce qu'ils ont fait ces gens-là ? Il y a des témoignages qui racontent notamment la la secrétaire de Julianie qui raconte que son mari était pompier et qu'avant de rentrer dans l'escalier, il a embrassé ses frères en leur disant "On se reverra plus.
Donc il est monté, il savait qu'il allait à la mort. Et quand on entend cette femme raconter que il a préféré la mort et le sens du devoir à la vie paisible qu'il aurait pu mener avec son épouse, c'est bouleversant. Sauf que moi, je peux témoigner que des gens comme ça, ils m'ont sauvé la vie.
Voilà. Donc je le dis toujours parce que on comprend pas bien le sens de toutes ces victimes des services de secours, mais il faut les respecter. C'est important.
Voilà. Alors pour en revenir à ta question, en fait euh quand je parlais avec ces journalistes, un jour il y en a une qui s'est approché de moi en me disant "Je veux absolument récolter tes tes témoignages." Puis ensuite, elle s'est aperçue que j'écrivais.
Donc elle m'a dit "Je voudrais écrire un livre avec toi." Et moi j'étais complètement fracassé. Donc je lui ai dit "Non, non, il en est pas question si tu te je veux pas." Sauf queelle elle est partie chercher un contrat en France et qu'elle a ramené un contrat d'édition pour ce livre.
Bon alors on s'est attrapé, ça n'a pas fonctionné et ainsi de suite. J'ai écrit ce livre seul, hein. Je lui ai mais en attendant où je lui ai laissé une partie de de quand même de mes j'étais correct me semble-t-il.
Mais en attendant, au bout d'un moment, ça ne fonctionnait pas. Donc je l'écris tout seul. Et euh quand j'ai commencé à écrire du jour au lendemain, j'étais j'ai commencé mon visage a commencé à doubler, tripler, quadruplé de volume.
Donc je comprenais pas ce qui se passait. Puis il fallait deux ou trois jours et ça revenait en place et puis le jour suivant c'était de l'autre côté et je ressemblais vraiment à Casimodo tu vois avec des boss partout sur la tête partout des trucs incroyables. J'étis voir tous les médecins de la terre aux États-Unis en France et ainsi de suite partout.
Personne n'a jamais rien trouvé tout était normal mais la force du psycho psychosomatique et je pourrais te donner un exemple. Le jour où j'ai envoyé le manuscrit final à l'éditeur, tout a disparu. Et ensuite, il m'a fait venir à Paris pour une relecture, une relecture de c'était un très bon éditeur qui s'appelle Bernard Barreau qui avait été le patron de Julia.
C'était un homme très respectueux de mon texte. Donc en fait, il m'a fait lire le texte et quand j'étais en face de lui, il me disait "Tu as bien entendu ? C'est ce que tu veux dire ?" Ouais.
Il faisait un travail de psy. Mais à l'issue de ça, il m'a dit "Tu vois là, cette partie, tu l'entends bien ? Est-ce que tu es audible ?
C'est trois pages que j'ai supprimé de mon texte. Le reste il est à l'identique de celui que j'ai écrit en un. Je l'écris en 2 mois, un seul coup.
Tout expéer, tout sortir. Ça m'a sauvé la vie. Quand il a fallu que je fasse une relecture finale, là, j'ai pas eu d'incident.
Sauf que quand je me suis retrouvé tout seul pour faire une dernière relecture du jour au en l'espace de 15 minutes, mon visage était bour souffrir. Ah [ __ ] ! Voilà.
Tu es revenu en France au bout de combien de temps pour voir ta famille, tes amis ? pour revoir ma famille et mes amis plusieurs mois en fait parce que ce qui était important pour moi c'était de redémarrer. Donc de on a redémarré 15 jours plus tard, on a retrouvé des bureaux, on a redémarré les activités et ainsi de suite.
Ensuite, je suis venu, je sais plus, ça devait être 2 mois ou 3 mois après l'avion où tu remontes dedans. Ah oui, ça c'est terrible. Je me rappelle très bien de cette scène.
Tu regardes les gens dans l'avion ? Non, à l'époque je voyageais énormément. Donc, j'avais des tas de privilèges sur les compagnies aériennes.
Tu vois, c'était un jour le Concord, un jour le Concorde, un jour des des des business classes, un jour des des tas de choses comme ça des qui font que les compagnies aériennes te te prennent vraiment au sérieux. Et donc j'allais toujours dans les salons et là il y avait une très très belle photo. Je me rappelle tu sais dans les salons Air France, il y a des photos de l'histoire d'Airfance et en fait des personnages célèbres qui ont voyagé sur Air France et il y avait une de ces icônes du chat, je me rappelle plus qui exactement qui avait voyagé une photo de lui a près d'une passerelle de d'Air France et en fait c'était un temps heureux quoi.
C'était l'image d'un temps léger, béni, sans souci, sans inquiétude. Ça m'avait bouleversé et quand je suis rentré dans l'avion, vraiment, j'étais terrorisé et je me rappelle très très bien la manière dont j'ai fermé les yeux pour le démarrage et ainsi de suite et pour décoller parce que j'étais terrorisé quoi. Puis ensuite tout est revenu et tout est revenu normal une fois que j'ai fait la la première le premier pas.
Tu disais que les réflexions quand tu arrives en France pour terminer, tu arrives en France et tu tu es choqué par la réflexion des Français. Ouais. Qu'est-ce que tu entends ?
Les Américains l'ont bien mérité. Alors pour moi, c'est vraiment la quintessence de la bêtise mais absolue parce que d'une part c'est sur le sol américain mais ça dépasse largement le cadre de l'Amérique. On voit comment dès qu'il y a un attentat un peu d'ampleur, que ce soit à Moscou, à Paris et ainsi de suite, tous les pays se réunissent pour condamner ce genre de chos parce que encore une fois, c'est des civils, c'est des civils, c'est des innocents, c'est d'habitude dans des lieux où la vie se déroule de manière positive.
Tu vois moi les attentats quelques temps avant les tours du 11 septembre du World Trade Center, il y a eu l'attentat sur les deux Bouddha de Baman en Afghanistan. C'était deux boud cétait gravé géant dans la roche. Voilà qui était magnifique qui v d'art absolument exceptionnel.
Je vous mets la photo, il y a la photo avant et comme ça là, voyez, c'est c'est immense. Là, vous pouvez voir la photo après où ils ont en fait dynamité, ils se sont pris en photo, ils ont même filmé ça d'ailleurs et et pour moi c'est voilà c'est ça traduit l'esprit de ces massacres. Quen fait on choisit des œuvres d'art, on choisit des lieux de vie exceptionnels, on choisit des salles de concert, OK ? où au fond toute la vie exprime ce qu'il y a de meilleur et on tape dedans et on détruit et on sème la mort.
Et je trouve ça profondément choquant, tu vois. C'est simplement de l'humanité. Simplement de l'humanité.
Donc faire des réflex des réflexions comme celle-ci, d'abord l'Europe et la France en partie qu'il y comprend pas l'Amérique et parce que avec beaucoup de prétention, elle voit l'Amérique à travers ses propres yeux. sans comprendre que quand nous faisons un voyage en Asie, au Japon par exemple, et ben on apprend ce qu'est le Japon. Et moi, j'ai étudié au Japon pendant des années.
J'ai voyagé au Japon, j'ai appris la culture japonaise et on me l'a transmise. Parce que les États-Unis sont une extension historique de l'Europe par les colons. Jamais personne n'a pris le temps de réaliser que c'est une culture différente et qu'il y a des tas de choses qui sont construites en opposition justement à l'Europe et que donc si on ne fait pas cette réflexion autour de ce qui est l'Amérique, on la comprend pas.
Donc je trouve profondément injuste en plus à l'égard de l'Amérique de tenir des propos comme ça. Quand on entend des des on va pas les citer, c'est pas le but de l'émission, mais des des humoristes français, des plein de personnalités euh et que tu vois plein de théories du complot sortir sur le sur le 11 septembre comme quoi il y a pas eu d'un violon au Patagone, il y a pas eu c, il y a pas eu ça ou il y a eu de l'explosif qu'on fait sauter les tours et cetera. Comment toi tu le prends toi qui a été là-bas ?
Je le prends pas mal parce que d'abord je je considère que euh de de de je t'ai dit que j'étais un peu quand même au fond de moi-même euh il y a un côté créatif et rebelle au fond de moi qui euh qui fait que je considère qu'on a le droit de ne pas prendre toutes les vérités pour acquises et pour tel qu'ell elles te sont données, hein. Euh mais en revanche, il y a quand même beaucoup de bêtises qui sont dites si tu veux. Moi, j'avais une très très bonne amie qui était galeriste et qui habitait juste en bas du World Trade Center dans un de ces petits Brownstone Buildings qui était en bas.
Elle en a pris plein de figures. Elle est morte, elle a inhalé des tas de trucs et elle est morte d'un cancer au cerveau. Ensuite une tumeur terrible.
Donc cette femme, j'ai été très très attaché, on montait des expos ensemble et elle était tellement patriote qu'elle a voulu s'engager dans l'armée américaine au lendemain du 11 septembre. C'était une femme qui avait peut-être une cinquantaine d'années. Évidemment, on l'a pas prise, mais en revanche, elle a été suive toutes les commissions d'enquête.
Elle a pas été satisfaite parce qu'on lui a dit pendant les commissions d'enquête sur le 11 septembre. Quand elle posait des questions, on lui répondait pas correctement. Et donc, elle s'est intéressée de fil en aiguille à toutes ces théories du complot. et moi, elle m'a inondé de films, de DVD à l'époque, de trucs de machin, de littérature de toutes sortes.
Et un moment, je me suis posé la question en disant "Mais c'est tellement convaincant !" Peut-être que sauf que un jour sur un de ses plateaux avec cette espèce de d'humoriste, il y avait un scientifique du CNRS de Montpellier qui était un spécialiste des matériaux. Et ce garçon, il était il avait un site euh qui consistait à prendre toutes les théories du complot et à démonter chacun des arguments de manière scientifique.
Et il m'a emmené là-dessus. Ça a pas pris longtemps pour faire disparaître tous mes doutes. Il y a pas de problème.
Moi, je l'ai bien vu, ça s'est bien passé et puis c'est bien c'est c'est je je je suis sûr que c'est pas une implosion. En revanche, c'est vrai qu'il reste un mystère pour moi, quelque chose que j'ai du mal à expliquer. Il se trouve que au 47e étage, j'avais en face de moi le Seven World Trade Center qui me bouchait une partie de la vue parce qu'il avait 47 étages.
Et celui-ci pour moi, ça reste un mystère. Je comprends pas comment il a pu s'effondrer de cette manière. Alors, la théorie, c'est qu'en fait, il a été en partie soufflé par l'effondrement de la tour numéro 1 qui était toute proche tout de même et que donc ça l'a déstabilisé.
Mais encore, c'est peut-être tout simplement parce que moi j'avais une impression d'indestructabilité sur ces bâtiments et donc euh bon mais il y a pas en dehors de ça, je n'ai aucun doute. Alors, je respecte toutes les opinions hein, j'ai pas de difficulté à les respecter mais il faut pas rentrer dans ces histoires. C'est c'est de la carabistouille.
Et je te signale quand même, je te signale hein, que depuis le 11 septembre, le monde est gouverné par la peur et que la peur ça fait de donne naissance à toutes les théories du complot. Voilà. Donc qui participe à ces théories diffuse la peur.
Et moi ça me révolte parce que il y a des tas de choses. Qu'est-ce qui m'a porté moi à travers ces événements ? juste me projeter dans l'avenir avec un idéal peut-être enfantin mais qui consistait à dire "Ouais, ça ira mieux de mieux, ouais ceci, ouais cela.
Et oui, on va reconstruire un monde meilleur. Et oui, je vais avoir des enfants. Et oui, euh je vais porter mes employés vers quelque chose qui va les sortir de l'impasse et ainsi de suite.
Hm. Donc c'est des valeurs positives. Toutes ces journées du 11 septembre, j'ai été accompagné par des gens qui ne pensaient que à la générosité, au devoir et ainsi de suite.
Donc pour moi, c'est essentiel de ne pas participer à toutes ces théories du complot qui sont en train de détruire le monde. Après, tu repars à New York, tu es invité d'honneur au club de Paris de New York. Tu es apparemment tu es pas très à l'aise.
Dis à American Club. Ouais. Paris American Club.
Ouais. Au Paris, exactement. Paris American Club.
Ouais. J'ai essayé de parler avec un accent correct sur une très courte distance. Ça marche.
Ça peut faire diversion. Déjà comme tu dis tu dis pas Manhattan, toi tu dis Manhattan. Ouais, c'est ça exact.
Ouais. Pourquoi tu étais pas très à l'aise qu'on t'invite ? parce que moi j'ai j'ai eu beaucoup beaucoup d'expériences comme ça où on m'honore et moi je non j'ai pas j'ai j'ai pas à avoir de à me sentir je mérite pas enfin l'honneur j'ai j'ai eu une chance incroyable euh je peux dire que parfois comme je te l'ai dit au début de cet entretien euh au fond Parfois, j'aurais préféré mourir cette journée-là.
Euh mais quand m'honore, oui, ça me faisait plaisir mais je trouve que c'est déplacé par rapport à à tout ce qu'il y avait à l'époque, tu vois, de tristesse, de de recueillement, de ceci, de cela. Et au fond, moi ce qui m'intéressait, c'était plutôt recevoir bah du réconfort plutôt que de l'honneur. Aujourd'hui, c'est différent.
Banadan esté 10 ans plus tard en 2011. C'était lui le commanditaire de cet attentat là. Il y a Kalk Mohamed qui va être jugé comme étant le cerveau de l'attentat.
Jugé à et après un carcer à Guantanamo. Tu aurais aimé assister à son procès ? Ouais.
Pour voir cette tête de face. Ouais. Je peux te dire que au lendemain du 11 septembre, quand on a compris d'où venaient ces attentats et ainsi de suite, moi je le dis avec beaucoup de honte, on m'aurait donné ces personnes, je les ai venterai.
L'animal en moi avait tellement souffert qu'il était prêt à tout. Sauf que tu vois, un jour, j'ai été invité à Saintir, l'école d'officier. pour témoigner de ce qu'il ne faut pas faire.
Tu vois, tu es dans la douleur, tu es dans la terreur. Et en fait, on m'invitait à l'école de Saint-Cir pour témoigner de ce qui se passait. Tu vois, j'avais conduit comme un comme un officier d'une certaine manière une petite équipe d'hommes et de femmes à travers des événements terribles et la tentation c'était de tout détruire.
Sauf que j'ai réagi de manière positive et c'était ça qu'il voulait transmettre à leurs officiers en leur disant sur un champ de bataille, vous voyez des horreurs, vous conduisez pas comme ça, vous conduisez comme lui. Voilà. Et j'aurais bien aimé assister à un procès, tu vois que le procès, c'est pas la même chose que la mort.
Moi, je t'avoue, franchement, j'étais heureux quand il s'est fait descendre. Franchement, j'étais heureux, soulagé qui est quand même une résolution à cette horreur. Mais en même temps, j'aurais préféré qu' a un un un un un procès parce que c'est la loi de nos pays d'une certaine manière.
On bon en même temps, il restait un fond de tu vois de souffrance qui fait que bah je l'ai pas regretté franchement. Et pour parler de religion, est-ce que ça t'a fait changer ? Est-ce qu'il y a une évolution, un avant après ?
Est-ce que tu es devenu plus religieux, moins religieux ? Tu y crois plus, tu crois moins ? Est-ce qu'il y a eu un changement après le 11 septembre ?
Moi, j'ai été élevé dans une une famille très catholique. Euh et le 11 septembre et les jours d'après, j'avais pas appelé Dieu au secours, il était aux abonnés absents. Il m'a pas aidé.
Euh, peut-être qu'il m'avait aidé pendant la journée, peut-être que c'est lui qui m'a sauvé la vie le 11 septembre. Donc peut-être que je suis un grand ingrat. Euh peut-être aussi la religion, tu sais, ça la magie de tout retourner.
C'est-à-dire que elle te dit "Ah ben oui, mais c'était une mise à l'épreuve la religion, il y a toujours quelque chose pour un fil pour retourner les choses et te faire douter." Ce que je sais, c'est que j'ai vu le pire de l'homme et que j'ai vu le meilleur. Voilà. pendant ces ces journées-ci.
Donc dans un premier temps, j'ai été euh absolument euh euh voilà euh seul avec moi-même. La la la religion n'a été d'aucune utilité pour moi. Cependant, comme je disais, j'ai été construit en partie par une culture religieuse et par des apports spirituels que je respecte profondément.
Maintenant, je peux pas dire que je suis profondément croyant. En revanche, je respecte profondément toutes ces cultures, tous ces apports spirituels et je crois que la religion a m'a a façonné une partie de ma personnalité. C'est vrai que la religion catholique par exemple a pour mantra pour mot essentiel le pardon, la bonté et toutes ces choses-là et que si j'avais pas été en partie inspiré par ça, bah par cette culture, je dirais peut-être que je m'en serais pas sorti de manière aussi positive.
Donc je ne la rejette pas. Mais honnêtement, en toute candeur, elle ne m'a pas elle ne m'a pas aidé. Voilà.
Et je n'ai pas vu Dieu le 11 septembre et les jours qui ont suivi. Mais en avril 2002, il y a quand même une bonne nouvelle. Tu deviens papa.
Ouais. Pour la première fois, un an plus tard. Même pas d'ailleurs.
Vraiment, ça s'enchaîne en fait. Ta femme était déjà enceinte. Non.
Non non. Octobre, novembre, décembre, janvier, février, mars, avril 2003. Ah c'est 2003, pardon, il marqué 2002.
Ouais. Ouais. 2003.
Et en fait bah j'en parle assez longuement dans le bouquin en disant que je sais pas il y a eu il y a une pulsion de vie au fond de de survie et de transmission qui me semblait pas évidente avant parce que je vivais pour moi-même d'une certaine manière et qui a pris tout son sens dans cette après cette journée. Et donc ben c'est mon premier né donc Alexandre mon fils. Ça t'a donné envie de devenir papa et de fourer une famille ?
Ouais je pense que ça serait peut-être pas arrivé ou ça serait pas arrivé si tôt s'il y avait pas eu ces événements parce que j'étais pas j'étais pas du tout prêt. Pourtant tu étais pas tuétais pas un jeune papa. Non mais j'étais pas prêt à être père.
Et au fond euh ça a été Ouais. D'abord, ça a été une expérience merveilleuse parce que la première fois que à l'échographie, j'ai vu ce petit être qui bougeait, c'était soudain un signe merveilleux de la Renaissance et du de voilà. Et j'ai eu la même sensation quand ma fille Tatiana est arrivée aussi euh d'une grande beauté, d'une grandeur et d'un renouvellement du monde parce que parce que le chaque fois qu'il y a une naissance, le monde recommence d'une certaine manière.
Tu vois euh tu tu reviens en France en 2007, tu fais des témoignages dans les écoles régulièrement, tu vas parler, raconter ce que tu as vécu et en 2007, tu revends donc ta boîte pour pour venir ici mais tu es là quand les attentats arrivent en France que ça soit le Bataclan, Charlie Abdo et cetera. Ça te remet dedans, ça te rappelle. Je me protège toujours.
Toujours je me protège parce que c'est c'est pas c'est pas quelque chose d'insignifiant pour moi malgré tout. Tu vois la Oui, la cicatrisation, elle est achevée. Tout ça, c'est des choses qui sont derrière moi.
J'en parle avec distance et je je n'ai pas de souffrance intérieure. Je n'ai plus de souffrance intérieure. Mais en revanche, je me protège parce que je n'aime pas cette violence, je n'aime pas cette douleur.
Et et puis j'aime pas non plus retrouver la manière dont on traite ces événements parce que je trouve qu'il y a toujours un traitement par l'image qui est insuffisant. En fait, derrière toutes ces images, il y a des hommes, des femmes, des destins. Et c'était le sens de mon livre d'écrire pour témoigner par l'écriture de ce qui se passe et non pas par l'image.
Parce que l'image, elle a sa finitude alors que l'écriture, elle livre sur un champ immense d'émotions, de possibilités, d'interprétation que n'offre pas l'image. Et ce traitement par l'image me gêne profondément. avec ses témoignages à chaud, ces choses, c'est toutes ces choses-là.
Non, je me protège. Ouais. Ils ont fait un mémorial à Grand Zé aujourd'hui à New York.
Tiers tourné. Ah oui oui oui. J'ai même beaucoup d'objets qui m'appartiennent qui sont dans ce musée.
Euh j'ai collaboré beaucoup avec les équipes d'historien du World Trade Center Memorial, donc par des témoignages à chaud de ce qui se passait. En plus, comme j'étais très très Ouai choqué, en fait, j'avais la peur de perdre de perdre de nouveau. Donc en fait, après le 11 septembre, j'ai gardé tout tout ce qui tombait, je le gardais en me disant on sait jamais. et j'ai accumulé des tas de choses incroyables qui intéressaient sur la vie quotidienne des gens qui travaillaient dans le World Trade Center que j'ai donné au World Trade Center pour ben la préservation et la transmission.
Tu t'as donné quoi par exemple ? Ouais, j'ai donné des tas de choses. J'ai Tu vois, je te parlais du chausseur enfin du cordonnier, je savais qui j'avais été.
C'était une institution du World Trade Center qui s'appelait Minas. Et Minas, ben moi, j'avais un reçu daté du 11 septembre. Évidemment, j'ai jamais récupéré mes chaussures, mais j'ai encore le reçu.
Soris Minas ? Oui, ils sont sortis. Est sorti ?
Ouais. Euh, j'ai eu c'était un village he d'hommes et de femmes et donc d'ailleurs ça fait partie de ces choses qui nous ont vraiment bouleversé, c'est qu'en fait on s'est on s'est tous dispersé sans jamais se dire au revoir. Donc il y ait une rupture, une cassure, une blessure, une rupture qui est qui est profonde.
Mais voilà, moi j'ai donné un autre truc aussi très intéressant. Enfin, j'ai donné plein plein plein de choses. Mais euh un truc qui est très intéressant, c'est que j'avais des contrats et que ces contrats, je les gardais pas dans mon bureau, je les gardais dans un coffre qui était dans mon agence bancaire.
Et en fait, cette agence, ben elle a été ensuvelie et euh et détruite puisqu'elle était dans le 2 World Trade Center, je crois. Ouais. Ou le 7, je sais plus.
Ou le 5, je sais plus. Et toujours est-il que donc au moment où ils ont commencé à nettoyer le site, ils ont fait venir les bulldoers. Mais on est à New York, donc tu as toujours un type qui dit euh toi tu bouges pas, tu as beau être l'état fédéral, ce qu'il y a dans le coffre ça m'appartient et tu me le rends d'abord.
Il a été en justice et il a obtenu gain de cause. Donc les banques ont été obligées de nous ouvrir, d'extraire la la salle des coffres, des ruines qui étaient pas abîmé qui étaient pas abîmé et de nous rendre le contenu des coffres. En fait, un jour, j'ai été convoqué, on m'avait dit "Bah, vous allez perdre tout." Au 3 semaines plus tard après que ce soit passé en justice, on m'a envoyé un courrier en me disant "Bah, il faut venir récupérer le contenu de votre coffre." Alors en fait les coffres enfin les contrats ils étaient dans des enveloppes.
Alors je te laisse imaginer c'était à la chais donc au 15e sous-sol de la chais he parce qu'il y a une forteresse en dessous du bâtiment de et là on me descend et puis on me fait signer des des des reçus des trucs des machins, des des charges pour ma santé psychologique pour ceci pour cela. Et puis euh il y a un type qui approche en me disant "Donnez-moi votre clé." Donc je donne ma clé.
Il y a le numéro du coffre, il prend une sc à métau. Gerbe d'étincelle, vuin. Tu vois le les entres de l'enfer, il il il ouvre le machin, il sort le tiroir, il me le donne.
À vous. J'ouvre ce coffre et les contrats qui étaient dans des enveloppes d'une taille d'enveloppe normale quoi, le la taille standard standard, la chaleur a été tellement immense, tellement délirante, plus de 1000 degrés hein quand même, ils avaient pas brûlé simplement ils avaient été réduits à la taille d'une carte de crédit. Oh là là, ils avaient séché comme si tu vois.
Donc ça donne par un petit bout de la lorniette. un sens de l'amplitude des éléments pendant ces journées-là. Un demi kilomètre de tour qui s'effondre, un bruit délirant, une chaleur telle que la nuit totale en plein jour, plus d'air, plus rien, décor volatilisé.
C'est ça le 11 septembre. Voilà. Et donc c'est ces contrats, ce contenu de coffre, je donné au au musée bien sûr, des tas de choses comme ça.
Enfin, ouais, il y a même à l'intérieur du musée, il y a un petit truc. À un moment, je me rappelle, ils avaient mis un petit truc sur moi. Voilà, j'étais très content.
Là, tu as donné beaucoup d'objets à au musée. Est-ce que tu en as gardé pour toi en souvenir ? Ouais, j'ai gardé un petit flacon de cendre qui pour moi est sacré.
J'en ai de la moitié au musée mais l'autre moitié je le garde. Ma carte d'accès au World Trade Center. Ton badge ?
Ouais, mon badge et puis mes clés. Voilà, c'est ce que je t'ai apporté, tu vois. Ça c'est tout ce qui me reste. [ __ ] c'est fou.
Tu vois, le matin, c'était une journée merveilleuse, pleine de Ouais. pleine de futur, d'espoir, de promesses et le soir, il me restait ça pour en une journée. Donc ça fait bizarre quand même.
Et j'y suis très attaché parce que ben voilà, c'était les clés du mon bureau. Ouais. Il y a encore le le code barre du World Trade Center et puis de chacune des clés parce que chacune des clés était répertorié.
Puis ça c'était les clés des des casiers des tiroirs des casiers des Beast tu vois qui qui étaiit qui était dans le dans le bureau là où je rangeais des C'est quoi les plus clés carrés là ? Ouais c'est un truc du de New York c'est New York City we want your business. C'est les bonnes phrases inspirationnelles qu'il y a sur qu' y a sur certains comptes Instagram.
Est-ce que tu peux les montrer à l'image qu'on les Oui, avec plaisir pour l'histoire. Ouais. Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui ?
Aujourd'hui, je dirige une collectivité et je suis sur un projet qui me passionne en dehors de mes activités quotidiennes. C'est celui de construire un parc et parcours de sculpture monumentale en plein air. Tu vois, le 11 septembre, j'ai vu beaucoup d'horreur alors que j'avais un bureau magnifique, absolument exceptionnel. c'est je vivais dans un univers de beauté et d'harmonie.
Et le soir du 11 septembre, je me suis juré promis que je referais quelque chose de plus beau. Et je l'ai fait quand j'ai finalement retrouvé un bâtiment et un bureau beau après le bureau temporaire que j'ai trouvé. J'ai trouvé un loft absolument incroyable sur 5e avenue qui dominait tout le sud de la ville avec des grands des grandes vitres en œil de bœuf et ainsi de suite.
C'est vraiment le grand loft new yorkais. Mais ça me suffit pas. J'ai un besoin profond de reconstruire de la beauté et donc voilà des univers de beauté.
Et euh bon, j'ai une passion ancienne pour l'art contemporain et en fait, j'ai imaginé de proposer à cette collectivité un parc et parcours de sculpture monumentale en plein air qui consiste à implanter dans 62 communes du Valois historique des sculptures monumentales qui collaborent avec du patrimoine et par ailleurs de développer des hubs enfin des des concentrations où il y a de la sculpture monumentale quasi institutionnelle. Tu vois le Richard Serra vient de mourir et ben un Richard Serra, un Lioufan, un Calder, un Kenzokuma, ceci cela. Voilà tout ce que l'art contemporain fait de bien, fait de mieux et qu'on ne connaît pas forcément en France parce qu'il y a très très peu lieux lieu d'expression de cette nature en France.
Tu as un site internet qu'on peut mettre encore mais bientôt. D'accord. que il est en cours de construction.
Je je vous mets le lien du du livre si vous voulez aller le chercher sur Amazon. Il est en cliquable sous la vidéo World Trade Center 47e étage chez Robert Lafond. Voilà Bruno Délinger.
Euh merci beaucoup Bruno de d'avoir parlé. Tu as jamais fait une interview aussi longue. Guillaume, je te remercie infiniment.
On a pu parler. Ça m'apporte je sais pas ouais le temps de m'exprimer et dans une société où court très vite où tout court très vite je trouve que c'est un magnifique cadeau. Voilà je t' remercie.
Merci à toi d'être venu jusqu'à nous, cé un plaisir aussi. J'espère que vous avez aimé cette interview qui était incroyable aussi. On a vraiment beaucoup appris même si on a déjà entendu soit l'histoire c'était vraiment exceptionnel.
Merci encore à toi. Merci en tout cas d'avoir regardé cette émission. Merci à tous ceux qui ont préparé cette émission.
Merci à Véux, notre partenaire. On est dans un loft aujourd'hui à Montrouge. On a pu venir tourner ici dans un loft qui a été vraiment éclairci.
À la base ici, c'était des combl et aujourd'hui ils en ont fait un magnifique loft grâce aux fenêtres de toi Véux. Et euh c'est vraiment très bien. Il y a des télécommandes qui permettent d'accéder aujourd'hui, des volets roulants.
On les a utilisé en fonction de du mouvement du soleil puisqueà l'interview on a parlé quand même longtemps. Donc il y a même du soleil au départ. Euh il y en a même qui se transforment en balcon.
Vous pouvez mettre des fenêtres de toit vélux qui vont devenir des balcons très rapidement fait. En plus c'est très facile à installer. Moi, je l'ai fait chez moi aussi.
Ça se passe en parfois moins d'une journée. Ils vont faire un trou dans le toit. On a toujours l'impression que c'est très loin alors que pas du tout.
Et c'est vraiment voilà, ça permet d'avoir un environnement très lumineux pour ceux qui bossent à la maison, pour ceux qui passent beaucoup de temps chez eux. La plupart du temps, on passe des heures et des heures chez soi, ben c'est beaucoup plus arable d'avoir un environnement lumineux. Donc merci beaucoup à eux d'être nos partenaires.
Véx, on les embrasse Benjamin Dondina et toute l'équipe. Merci encore. On se retrouve tous les mercredis, vendredi et dimanche sur les gens pour une autre émission.
Ciao tout le monde. [Musique]
Gilbert Collard