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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 12 décembre 2019 10 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Conseil européen : déclaration à l’ouverture

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00E. MacronChiffre
    « La France a plus de 60% de sa production d'électricité qui vient du nucléaire. Et le Giec l'a d'ailleurs reconnu. »
  • 5:00E. MacronFait
    « Il faut trouver les bons mécanismes de transition, ce qu'on dit dans nos conclusions: chacun doit pouvoir bâtir sa transition à sa main. »
  • 7:00E. MacronFait
    « On sera derrière eux parce que je crois dans une souveraineté alimentaire. Je crois dans une Europe qui produit sa nourriture de bonne qualité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron: Bonjour, mesdames, messieurs. Vous allez bien ?

Nous nous retrouvons donc avant un nouveau Conseil européen avec une nouvelle équipe européenne. Je suis très heureux de retrouver cette nouvelle équipe. Je veux rendre hommage ici au travail qui a été fait, en particulier par Jean-Claude Juncker, Mario Draghi, Donald Tusk parce que pendant les années précédentes, on a eu l'occasion de le faire à chaque fois, mais je pense qu'on a fait avancer l'Europe ces dernières années.

Et là, c'est une nouvelle équipe qui arrive avec un agenda extrêmement ambitieux et avec cette commission géopolitique à bâtir. Et cette nouvelle équipe aura à affronter aujourd'hui, nous aurons tous ensemble à avancer sur un sujet extrêmement important qui est celui de notre ambition climatique. Je veux défendre ici et saluer le green deal qui a été présenté par la présidente von der Leyen et le vice-président Timmermans, qui reprend beaucoup d'idées qui nous sont chères et que la France a défendues, que nous avons portées en campagne.

La 1re, c'est la neutralité carbone à 2050. En mars dernier, rappelez-vous, on était avec 2 pays. Au sommet de Sibiu, on était à 8, de mémoire.

On a ensuite progressivement convaincu. Et aujourd'hui, enfin, tout le travail de cet après-midi, c'est de savoir si on arrive à être tous autour de la table ou s'il en manque un ou deux. Et on va tout faire pour convaincre l'ensemble de nos partenaires que cette transition est indispensable et qu'il faut être au rendez-vous de la neutralité carbone 2050 en se donnant les moyens.

Et donc ce sera le coeur de la discussion de cet après-midi. 1er objectif essentiel. 2e point dans ce green deal, c'est l'idée d'une banque verte qui est développée, que nous avons beaucoup soutenue, qui a été poussée par des économistes, des spécialistes et qui est une avancée importante.

Il faudra ensuite la mettre en oeuvre. Mais c'est pour moi un pas essentiel avec la Banque européenne d'investissement, mais une plus grande implication aussi de la Banque centrale européenne. On en reparlera demain. 3e sujet très important que nous avons beaucoup défendu, c'est l'idée d'un mécanisme d'inclusion carbone.

Qu'est-ce que ça veut dire ? Ca veut dire de pouvoir, à nos frontières, aux frontières de l'Europe, taxer les produits qui rentrent et qui viennent de pays qui ne respectent pas les mêmes règles et la même ambition climatique pour éviter de pénaliser nos industries et de favoriser des gens qui sont moins favorables au climat et à la réduction des émissions. Donc ça, c'est un sujet qui est très important et que nous avons, comme vous le savez, également beaucoup défendu et sur lequel il faut continuer à avancer.

Autre point qui est important, c'est le bon accompagnement de ces politiques. Et donc d'investir pour aider en particulier les pays les plus en difficulté à faire cette transition et à aller une politique moins émettrice en termes de CO2. Tout ça, c'est cette ambition climatique.

Il y a encore beaucoup de choses à faire, on devra aller vers un prix plancher du CO2, on devra encore améliorer les choses. Il faudra surtout les mettre en oeuvre, si je puis dire. Le tout dernier point important à mes yeux sur ce sujet climatique, c'est d'intégrer dans nos négociations commerciales l'ambition climatique.

Là aussi, c'est mentionné dans ce green deal et il faudra le défendre. Ce sera la discussion de l'après-midi. Ensuite, on aura la mise en place de cette conférence sur l'avenir de l'Europe.

Idée que nous avions lancée, que la France, comme vous le savez, a beaucoup défendue. Et je me félicite, par le travail de Charles Michel, que nous ayons pu convaincre l'ensemble des partenaires d'avancer sur ce sujet, c'est-à-dire préparer l'Europe de dans 10 ans, purger nos sujets aussi institutionnels, éviter d'avoir des débats qui sont improvisés, c'est-à-dire comment on veut rendre une Europe plus unie, plus souveraine, plus démocratique. Nous aurons ensuite ce soir une discussion sur le budget.

Là aussi, c'est un thème important pour préparer notre avenir. Ce budget doit tout à la fois préserver nos politiques qui ont fait la force de l'Europe, notre politique d'alimentation et notre politique agricole. Et je veux le dire très clairement à tous nos agriculteurs.

On sera derrière eux parce que je crois dans une souveraineté alimentaire. Je crois dans une Europe qui produit sa nourriture de bonne qualité, et nous sommes aux meilleurs standards mondiaux, et qui puisse la produire avec toutes les garanties et qui investit dans cette agriculture. De même pour les politiques de cohésion.

Et puis il nous faudra financer nos politiques d'avenir, le climat mais aussi le numérique, l'intelligence artificielle, ce qu'on veut faire en matière de défense ou de migration. Donc ce sera un 1er débat. Il y a beaucoup de divergences.

On ne conclura pas aujourd'hui. Mais on pourra définir une méthode et un agenda. On évoquera aussi les grands sujets internationaux.

La Turquie, en particulier suite aux dernières annonces. Il y a un sommet de l'OTAN où on a eu une explication avec la Turquie, avec l'Allemagne et la Grande-Bretagne. Nous parlerons évidemment aussi de ce qu'il s'est passé en Albanie.

Et je vais ici adresser un message de solidarité à l'égard du peuple albanais. Je souhaite que nous prenions nous, Européens, nos responsabilités en ayant une politique d'aide que nous puissions mettre en place une conférence de donateurs en décembre ou janvier prochain pour être aux côtés des Albanais. Il y a eu plusieurs dizaines de morts.

Il y a des milliers de personnes qui ont perdu des proches bien souvent mais surtout leur logement aussi et qui sont dans le dénuement le plus extrême. Et donc on doit apporter une solidarité à ces familles mais aussi aider à reconstruire l'Albanie. Nous parlerons également du Sahel.

Et j'aurai l'occasion d'expliquer où la France est et compte aller. J'ai pris la décision hier soir, avec le président Issoufou, de reporter le sommet qui était prévu à Pau lundi prochain en raison des nombreux morts que le Niger, malheureusement, a eu à subir il y a 2 jours. Je veux ici redire toute ma solidarité à l'égard du peuple nigérien.

Et donc c'est début janvier que nous tiendrons un sommet en format Barkhane, si je puis dire, avec les 5 pays membres du Sahel. J'aurai l'occasion là d'échanger avec nos partenaires européens sur ce sujet. Et puis évidemment, nous ferons avec la chancelière le compte rendu du sommet Normandie qui s'est tenu Paris lundi soir.

Et puis demain matin, nous tiendrons un sommet zone euro et nous aurons une discussion sur le Brexit à la lumière des résultats de cette nuit. Vous le voyez, c'est un agenda chargé mais avec beaucoup de sujets essentiels. -Comment est-ce que vous allez convaincre, monsieur le président, le Premier ministre tchèque qui nous a dit tout à l'heure que pour rentrer dans la transition, il a besoin de 30 à 40 milliards d'euros ?

Est-ce que vous lui dites: "Il faut faire du tout nucléaire"? -E. Macron: Non.

Il faut trouver les bons mécanismes de transition, ce qu'on dit dans nos conclusions: chacun doit pouvoir bâtir sa transition à sa main, c'est-à-dire que ce sont des solutions qui sont nationales. Elles doivent se conformer à une stratégie internationale, mais elles sont nationales. Et donc, le nucléaire peut faire partie du mix.

La France, il me l'a d'ailleurs dit tout à l'heure, on a déjeuné ensemble, la France a plus de 60% de sa production d'électricité qui vient du nucléaire. Et le Giec l'a d'ailleurs reconnu. Le nucléaire fait partie de la transition.

Pour les pays qui doivent sortir du tout charbon, il est clair qu'ils ne pourront pas passer du jour au lendemain au tout renouvelable. Ce n'est pas possible. Parce que le renouvelable est une énergie intermittente.

Et donc, ils devront passer dans leurs solutions, s'il le souhaite et s'il y a un consensus politique dans leur pays, à une part de nucléaire. Et donc lui le souhaite. Il y a d'autres pays autour de la table qui sont très antinucléaires.

Madame la chancelière d'Autriche est à mes côtés. L'Autriche ne veut pas de la mention du nucléaire dans le texte. Le Luxembourg non plus.

L'Allemagne est aussi très réticente à cela. Il y a des différences de sensibilité politique. Le texte aujourd'hui permet de le faire pour 2 raisons.

Il rappelle la neutralité à l'égard de toutes les solutions et d'autre part la souveraineté de ces choix. Donc je pense qu'on peut convaincre Andrej Babis. J'ai commencé la discussion.

Il y a aussi la Pologne qui est à convaincre pour des raisons financières parce que la transition prendra du temps et sera très coûteuse pour un pays comme la Pologne. -Si vous n'y arrivez pas, est-ce que ce sera un échec ? -E.

Macron: Ecoutez, on connaît la chorégraphie par coeur. Déjà, je regarde ce qu'on a fait depuis mars dernier. Quand on est tout seul, on peut toujours dire: "Je pense ceci, ceci est une réalité." Quand on est à 28, il faut composer avec les autres, essayer de les convaincre.

Mais on ne peut pas prendre le refus de l'autre comme un échec pour soi. Je vois déjà tout le chemin fait. Il y a 8 mois, nous étions 3 sur la neutralité carbone 2050.

Aujourd'hui, on est 25, 26. Je voudrais qu'on arrive aux 28, en tout cas aux 27 ici présents aujourd'hui. Boris Johnson a encore donné son mandat, mais il faut la totalité de l'Union européenne.

Je pense qu'on peut y arriver. C'est plutôt comme ça que je raisonne. Je pense qu'il faut trouver les bons mécanismes pour donner confiance, donner une visibilité.

Mais on peut y arriver. -Sur la politique 2030, monsieur le président, est-ce que vous pensez...

Les ONG demandent 65% de réduction des émissions. Est-ce que vous pensez que vous êtes à la hauteur de ce défi ? -E.

Macron: Ecoutez, je pense qu'aujourd'hui, nous sommes sur 2050. On essaie de faire converger tout le monde. Ensuite, vous avez raison, on doit le décliner de manière plus proche, ça veut dire que ce n'est pas terminé.

Les bons mécanismes pour cela, ce sont des mécanismes de montée du prix du CO2 ou des mécanismes de prix plancher. Et donc ça, c'est un travail qu'on va continuer avec la Commission. La France, il se trouve qu'elle émet beaucoup moins de CO2 par habitant que beaucoup d'autres pays européens.

Pourquoi ? Parce que nous avons beaucoup de nucléaire dans notre mix électrique, moins de charbon et de gaz que d'autres. Néanmoins, nous aussi, on doit continuer l'effort.

L'effort, il repose sur comment on se déplace, comment on se chauffe, comment on produit en émettant moins de CO2. C'est au coeur de ce qu'on a commencé à faire au niveau français. On va le faire aussi sur notre mix de production en fermant, d'ici à 2022, toutes les centrales à charbon.

Et j'attends beaucoup, moi, de la convention citoyenne qui s'est mise en place et des décisions que nous aurons à prendre dans la foulée, qui permettront encore d'aller vers une réduction dans nos usages. Donc oui, il faut aller plus loin sur l'objectif 2030. Je vais devoir filer parce que je vois précisément le Premier ministre polonais.

Je ne ferai aucun commentaire national, vous savez. Il y a un président de la république qui défend les intérêts français et fait avancer notre agenda européen ici. Il y a un gouvernement qui travaille à Paris, qui a fait une proposition.

Et maintenant, il y a une concertation qui doit se faire. Voilà. Merci à vous.