Accord UE-Mercosur : "En l'état, c'est non", pour la députée européenne Valérie Hayer qui réclame des "garanties robustes" pour faire évoluer son vote
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France Info. Bonjour Valérie Ayet. Bonjour. Et merci d'être avec nous sur France Info. On va parler évidemment parce que vous êtes députée européenne de l'Ukraine, de ce qui s'est passé hier soir à Paris, de la manière peut-être dont les Européens vont devoir faire sans les Américains. On va s'interroger là-dessus évidemment dans quelques minutes. Mais d'abord, ce qui est au cœur de l'actualité aussi, c'est la situation politique en France. Est-ce que quand même, ça y est, chez les troupes d'Emmanuel Macron, vous reconnaissez que lundi, François Bayrou, c'est fini ?
D'abord, je voudrais dire que le moment que le pays traverse, c'est un moment important. La question et l'enjeu, ce n'est pas la destinée personnelle de François Bayrou ou du gouvernement. L'enjeu, c'est la souveraineté économique de notre pays et l'enjeu, c'est l'influence de la France en Europe. François Bayrou, il a raison de parler de la dette. La France, c'est le troisième pays le plus endetté d'Europe. D'ailleurs, la Grèce et l'Italie. Demain, si on ne règle pas la question de nos trajectoires, de nos déficits et de nos dettes publiques, ce qu'on doit à nos créanciers, ce sera le premier poste de dépense.
C'est-à-dire qu'on donnera plus d'argent à nos créanciers qu'on mettra d'argent pour notre système de santé ou pour former nos jeunes.
Mais de là à se faire, en quelque sorte, tomber en martyr, j'allais dire, de la dette, il y a peut-être une limite qui n'était pas obligée de franchir.
Et François Bayrou a décidé d'interpeller les Français, d'interpeller les responsables politiques. Je le redis, c'est un enjeu de souveraineté économique pour le pays. C'est aussi un enjeu d'influence pour la France en Europe. Parce que de notre capacité à relever ce défi, à trouver des solutions ensemble, dépendra le regard que nos partenaires européens auront sur nous. Aujourd'hui, la France reste un pays important en Europe, influent parce que c'est un grand pays. Mais il faut le dire aussi parce qu'Emmanuel Macron a un leadership en Europe, on en parlera tout à l'heure, notamment sur l'Ukraine, mais pas seulement, qui fait qu'on reste un pays incontournable.
Mais clairement, moi, mes partenaires européens, quand je vois mes collègues au Parlement européen, quand je discute avec des députés nationaux non français, ils me disent, mais qu'est-ce qui se passe ? Comment c'est possible que vous ne soyez pas capables de trouver des solutions ensemble ? Donc là encore, c'est un enjeu de crédibilité aussi pour les Français en Europe.
Mais justement, pour régler cette question de la dette, Valérie Ayet, demain, après le vote de lundi, il faudra probablement un nouveau Premier ministre. Emmanuel Macron a réuni mardi les différents chefs de courants politiques à l'Élysée pour évoquer notamment la question de l'après. Il ne vous a pas invité, vous qui êtes pourtant présidente des centristes européens de Renew. Vous avez échangé avec lui cette semaine ?
Je le verrai dans les prochains jours. La question, je lui dirais ce que je pense profondément, à savoir que la question aujourd'hui n'est pas, à mon sens, le profil du Premier ministre.
C'est quand même un bon départ.
Oui, mais c'est important. Mais la question aujourd'hui, c'est la capacité de nos responsables politiques à l'Assemblée, à travailler ensemble. Est-ce qu'en France, on peut avoir ou pas une culture du compromis ? Et même, je pense que, alors, on a tous collectivement, vous-même, moi-même, on se dit quel sera le prochain Premier ministre, quel est le bon profil. C'est notre réflexe en France. Mais quand on regarde ce qui se passe dans les autres pays, la France n'est pas isolée. Il y a des crises politiques partout en Europe. Il y a des parlements éclatés partout en Europe. Sauf qu'ils font quoi, nos collègues européens ? Ils se mettent d'abord autour de la table.
Ils se disent, on s'est combattu pendant les campagnes électorales, mais maintenant, dans l'intérêt du pays, on va travailler ensemble. Donc on travaille en programme, et après, on décide de qui elle profite.
Pardon Valérie, est-ce que ça, vous l'avez dit, à vos amis qui se poussent du col, y compris chez Renaissance ? Moi, d'abord, ce que... Parce que, pardon, certains raisonnent exactement de la manière dont vous venez de parler.
Un, oui, je l'ai dit. Deux, c'est un réflexe qu'on a encore très ancré dans notre culture française. Donc moi, je vois des mains tendues. Je vois notamment que Gabriel Attal, dès l'année dernière, avait adressé un courrier à ses homologues, chefs de partis, chefs de groupe, pour travailler ensemble, qu'il n'avait pas eu beaucoup de retours. Cette année encore, ces derniers jours, il a tendu la main, pas de retour. La réalité, c'est qu'il faut apprendre à travailler ensemble. Moi, je soutiendrai tout Premier ministre qui ne sera pas LFI, qui ne sera pas RN et qui sera prêt à travailler dans une logique du compromis.
Y compris un socialiste, c'est la grande question du moment, la capacité des macronistes à travailler avec la gauche.
Je le redis, tout Premier ministre qui sera en capacité de faire des compromis, mais la clé, ça n'est pas tant le profil du Premier ministre. C'est la capacité de nos parlementaires à accepter de travailler ensemble. Vous pouvez avoir le meilleur des Premiers ministres. Si les parlementaires ne veulent pas travailler ensemble, puisqu'il n'y a aucun bloc qui a la majorité à lui tout seul, ça ne fonctionnera pas.
Quand même, Valérie Ayet, si on va dans le détail, on entend aussi ce qui se dit du côté du Parti Socialiste. Donc peut-être, effectivement, il pourrait y avoir, on le comprend, de la mensuétude de votre côté, mais le Parti Socialiste dit, par exemple, nous, si on fait un gouvernement, c'est qu'avec des gens de gauche. Il n'y a pas de gens de renaissance, il n'y a pas encore moins des gens de droite. Est-ce que ça, c'est acceptable ?
Je le redis, moi, je...
Je sais bien ce que vous allez me dire, on ne réfléchit pas en termes de personnalité, mais vous voyez bien que c'est ce qui se passe. Donc on vous demande de réagir à ça aussi.
Il peut y avoir un gouvernement de gauche. La question, c'est est-ce qu'il aura une majorité au Parlement pour faire avancer des projets dans l'intérêt du pays ?
La question étant plutôt, est-ce qu'il faudra le censurer quasi immédiatement ou pas ? Ce n'est pas tant la question de la majorité, on sait qu'elle n'existera pas.
Pourquoi il faudrait le censurer, a priori ? Je vous le redis, moi, mes conditions, personnellement, je soutiendrai tout gouvernement, tout Premier ministre qui travaillera dans l'intérêt du pays, avec l'esprit de compromis, qui ne soit ni LFI ni RN, parce que pour moi, ce sont des lignes rouges.
Et si je comprends bien, tout est bon pour éviter une dissolution et le risque de perdre pour vous encore plus de sièges à l'Assemblée nationale ?
Tout est bon pour limiter la crise politique et l'instabilité en France, dans l'intérêt des Français et pour la crédibilité de la France en Europe.
On a parlé des personnes, on va maintenant parler du fond, quand même, Valérie, puisqu'il y a un budget qui doit être voté, même si vous n'êtes pas parlementaire au niveau de l'Assemblée nationale, vous avez évidemment un œil là-dessus, surtout aussi au titre de vos fonctions à Renaissance. La gauche, évidemment, met en avant l'idée d'aller faire une fiscalité, notamment pour les plus riches, notamment pour certaines entreprises qui soient un peu augmentées. Est-ce que le tabou macroniste de dire « on ne touche pas à la fiscalité, c'est impossible », est-ce qu'il faut quand même, là aussi, faire un pas ?
D'abord, moi, je salue le fait qu'enfin, les socialistes aient une proposition de budget. Parce que ça faisait des mois qu'ils disaient non, des semaines et des mois qu'ils disaient non, mais on n'avait pas de proposition.
Vous la trouvez bien, cette proposition ?
Déjà, elle a le mérite d'exister, parce que tant qu'on n'a pas de proposition, on ne pouvait pas discuter.
Il propose de faire seulement 22 milliards d'économies contre 44 milliards annoncés par François Bayrou. Ça vous semble une trajectoire acceptable ?
C'est probablement pas assez. Mais entre les propositions de François Bayrou, les propositions du Parti socialiste et les propositions des autres groupes de l'arc républicain, tout doit faire l'objet de discussions. Y compris lâcher 22 milliards. Alors, 22 milliards, ça paraît beaucoup, mais là encore, par définition, sur le montant, sur les modalités concrètes, sur les décisions politiques, c'est le fruit du travail parlementaire. On a un effort à faire pour réduire nos déficits et nos dettes qui est colossal. Les Français en ont conscience. Nos responsables politiques, aujourd'hui, peut-être un peu moins. Donc, c'est comment ils se mettent autour de la table.
On se met autour de la table pour dire qu'on a une trajectoire de réduction de nos déficits publics. Effectivement, le Premier ministre a proposé 44 milliards. Moi, je pense qu'y compris dans nos échanges avec nos partenaires européens, on a un peu de mou. Mais cet effort-là, il doit être fait. Donc, un peu de mou,
un peu de mou, ça veut dire combien ? C'est 10 milliards ? C'est 5 milliards ? C'est 2 milliards ?
C'est ce qui sera nécessaire et ce qui permettra de trouver un accord. Moi, je vous le dis fondamentalement. Je pense qu'il vaut mieux qu'on ait un peu moins d'efforts, mais qu'on ait un budget pour le pays. Ce qui compte, c'est la stabilité pour le pays. Que ce soit 44 milliards ou 5 milliards de moins, à la fin, ce qui compte, c'est la trajectoire budgétaire et le fait que la France s'engage auprès de nos partenaires, mais aussi auprès des Français, parce que c'est clé pour notre souveraineté économique, à réduire ces déficits.
Et pour ça, il faut mettre des propositions sur la table, il faut regarder dans le détail, pardonnez-moi, mais relever le capot de la voiture, mettre les mains dans le cambouis, regarder quelles dépenses peuvent être réduites et regarder comment on augmente nos recettes fiscales.
Justement, il y a un boulon que les macronistes, je reprends votre métaphore, n'ont jamais voulu regarder, c'est celle de la hausse d'impôts. Tout à l'heure, on parlait d'un tabou. Est-ce que vous vous dites, oui, nous sommes prêts à lever ce frein, ce tabou macroniste, à augmenter la fiscalité des plus riches, à revoir la fiscalité des entreprises, par exemple ?
Alors, la première des ressources, des recettes fiscales, c'est la productivité, le fait de retrouver de la croissance. Et ensuite, moi, personnellement, je vous le dis, je suis favorable à ce que, sans remettre en cause la politique de l'offre qui a été un vrai succès, à ce qu'on regarde comment on ramène davantage de justice fiscale et à ce que, sans tabou, on puisse regarder comment on fait payer, contribuer davantage les plus hauts revenus et les plus hauts patrimoines.
Alors, il y a aussi quand même dans votre camp une forme de course aux idées. Pourquoi ne pas baisser les cotisations qui pèsent sur le travail ? C'est ce que dit, par exemple, Amélie de Montchalin, la ministre des Comptes Publics, elle était sur France Info cette semaine.
Je propose qu'une partie des cotisations sur le travail, payées par les entreprises, payées par les salariés, soient réparties sur toutes les richesses. Toutes les richesses, c'est quoi ? C'est le capital, c'est l'épargne, c'est le foncier, c'est l'héritage. Certains parlent de consommation. Donc, ça veut dire qu'on re-répartit l'effort.
Donc, faire peser moins de cotisations sur le travail, mais taxer peut-être davantage des gens qui épargnent, peut-être des gens qui investissent aussi, peut-être des gens qui héritent, ça, vous aussi, vous dites, pourquoi pas ?
Oui, je pense que, vraiment, il faut qu'on puisse mettre toutes les options sur la table sans tabou et ce que propose Amélie de Montchalin, à mon sens, c'est une bonne solution.
Fanny Guinochet en parlait dans sa chronique Éco ce matin sur France Info. Jordan Bardella a écrit une lettre aux entrepreneurs de France pour tenter de séduire ces acteurs. On sait que le monde économique regarde avec de plus en plus d'intérêts les élus du Rassemblement national, un monde économique qui est aussi perdu par la crise politique actuelle. Est-ce que ça vous inquiète, ce rapprochement ?
Alors moi, je vois surtout les changements de pied permanents du Rassemblement national et j'entends cette petite musique, vous parlez du monde économique, certains qui disent mais pourquoi pas un Premier ministre rassembler le Rassemblement national. Je pense que ce serait une défaite pour le pays, une défaite politique, une défaite morale. Aujourd'hui, le Rassemblement national, il faut le dire, d'abord, il faut se souvenir de son histoire, c'est un parti de division, comme LFI. C'est un parti qui change de position au gré de l'humeur de l'opinion. C'est un parti qui se nourrit de l'opposition, qui se nourrit des populismes.
Et sur les questions économiques, parce que c'est le sujet du moment, est-ce que vous voyez une ligne claire entre les positions de Jordan Bardella, de Marine Le Pen et de leur allié Eric Sotti ?
C'est une ligne assumée pro-business, alors elle vaut ce qu'elle vaut peut-être ?
Ils n'ont pas la même position entre Jordan Bardella et Marine Le Pen. Déjà, il n'y a pas la même position. Ensuite, qu'est-ce qu'ils proposent pour réduire le déficit et sur les sujets économiques l'immigration ? Oui, l'immigration comme toujours. Et ensuite, leur grande idée aussi, c'est de réduire la contribution française au budget de l'Union Européenne. Là encore, ils changent de position comme tous les jours. D'abord, ils ont dit qu'ils voulaient quitter l'Europe, puis ils ont dit non, on ne quitte pas l'Europe mais on ne contribue plus du tout. Puis, en fait, non, on contribue mais on veut réduire la contribution française. La réalité, c'est quoi ?
C'est qu'on a besoin plus que jamais de s'engager dans le projet européen. Et aujourd'hui, l'Europe, ça rapporte 124 milliards d'euros par an à nos entreprises. Donc, évidemment que la contribution au projet européen est fondamentale.
Le 830 France Info, Adrien Bec, Camille Vigogne-Lecouat.
Et toujours avec Valérie Ayet, patronne des centristes européens. Hier, Vladimir Zelensky était à Paris pour une réunion avec ce qu'on appelle la coalition des volontaires, ces pays qui s'accordent à aider l'Ukraine. On écoute Emmanuel Macron hier.
Nous avons aujourd'hui 26 pays qui formellement se sont engagés à déployer comme force de réassurance des troupes en Ukraine ou à être présents sur le sol, en mer ou dans les airs.
Valérie Ayet, c'est une avancée majeure ce qui a été annoncé hier. C'est une avancée majeure.
Souvenez-vous, il y a un an et demi, pour la première fois, Emmanuel Macron avançait cette idée d'avoir une force de dissuasion et des troupes au sol. On a entendu des cris d'orfraie en France, du scepticisme aussi en Europe chez nos partenaires.
Il existe toujours, pardon Valérie Ayet, ce scepticisme côté italien, etc. Alors,
il y a quelques pays qui sont encore un petit peu en retrait. Néanmoins, Georgia Meloni, elle était à Washington il y a deux semaines avec Emmanuel Macron, avec le chancelier Merckx pour convaincre Donald Trump de contribuer quand même aux garanties de sécurité.
Moi, ce que je vois, ce que je vois, c'est qu'on a 26 pays qui sont des soutiens de l'Ukraine qui acceptent de lever ce tabou et qui disent on a besoin d'aider l'Ukraine et la force de dissuasion pour s'assurer que Vladimir Poutine, une fois qu'un accord de paix sera signé, ne soit pas tenté d'agresser de nouveau l'Ukraine, c'est de mettre des troupes au sol qui ne seront évidemment pas là pour combattre, pour être sur la ligne de front, par définition, parce que la guerre, c'est dans l'option où un cessez-le-feu et un accord de paix est signé. Mais vraiment, l'objectif, c'est de dissuader avec des troupes au sol, en mer et sur terre. C'est une avancée historique.
Les Européens ont été au rendez-vous de leur histoire et Emmanuel Macron a assumé ce leadership depuis plusieurs mois maintenant. Mais justement,
vous le dites, ce dispositif, il vise à assurer le maintien d'un cessez-le-feu dans le cas où on a trouvé un cessez-le-feu, sauf qu'on en parle, on en parle, mais on en est loin.
On en est loin aujourd'hui, mais c'est une étape importante. C'est le préalable. Et vous vous souvenez quand les leaders européens sont allés à Washington dans le bureau Oval, il y a deux semaines, juste après la rencontre entre Vladimir Poutine et Donald Trump, quand même, Donald Trump avait donné beaucoup de points à Vladimir Poutine. Les Européens ont réussi à le convaincre, non seulement à revenir dans le jeu et à convaincre Donald Trump qu'il fallait avancer sur les garanties de sécurité. Et parmi les annonces faites hier, il y a aussi le fait d'avancer ensemble, États-Unis, Europe et Coalition des Volontaires sur les sanctions.
pour essayer encore de faire pression sur le régime de Vladimir Poutine d'un point de vue économique.
On va revenir sur le rôle des États-Unis. Simplement, ce matin, il y a quelques minutes, Vladimir Poutine qui dit toute force occidentale sur le sol en Ukraine sera considérée comme une cible légitime pour la Russie. L'initiative semble être mort avant même d'être née.
D'abord, Vladimir Poutine est dans sa rhétorique habituelle et je le redis, les forces de réassurance, c'est une fois qu'un cessez-le-feu puis un accord de paix aura été signé. Donc, évidemment, on voit bien... Mais comment on peut
signer un cessez-le-feu dans la mesure où il y aurait ça comme garantie de sécurité ? En fait, c'est aussi dans le sens inverse peut-être que la question peut se poser.
En fait, c'est la condition sine qua non. Cassez-vous dans la situation des Ukrainiens et des Européens. Donc, on parle de la sécurité des Ukrainiens mais notre sécurité aussi à nous. Les Ukrainiens, ils se sont fait, pardonnez-moi l'expression, mais ils se sont fait avoir plus d'une fois. En 1992, il y a eu un mémorandum
de Budapest où il y avait
un engagement commun. Ils dénuaient... Pardonnez-moi. Ils dénuaient... Des Américains et des Anglais à l'époque. Exactement. Pour retirer leurs forces nucléaires en contrepartie du soutien des Américains et des Anglais pour assurer leur sécurité. Vladimir Poutine les a attaqués. Accord de Minsk 2014. Même chose. Bafoué, violé par Vladimir Poutine. Donc la seule manière de dissuader Vladimir Poutine d'attaquer de nouveau, c'est d'avoir ces forces de réassurance. La seule manière, c'est aussi d'avoir
les Etats-Unis de notre côté, ce qui est quand même la grande inconnue. Donald Trump avait fixé un ultimatum à Vladimir Poutine le 1er septembre. On est le 5 septembre aujourd'hui. On attend. Ça veut dire quoi ? Que les Européens sont contraints d'attendre que Donald Trump ouvre les yeux ou réagisse à la menace russe pour être en sécurité ?
On a besoin des Etats-Unis. Mais à défaut des Etats-Unis, il faut qu'on puisse accélérer le soutien à l'Ukraine. Et c'est le sens de l'initiative prise par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique, Keir Starmer, avec la coalition des volontaires. C'est-à-dire qu'on n'est pas seul. Les Européens ne sont pas seuls. On a dans cette coalition des volontaires le Japon, les Australiens, le Canada, qui nous permettent de faire pression sur Donald Trump pour l'inciter à revenir dans le camp occidental et puis de faire pression aussi sur Vladimir Poutine. On parlait à l'instant des conditions du cessez-le-feu ou de l'accord de paix.
Le simple fait d'avoir cette décision ensemble aujourd'hui, c'est une pression supplémentaire sur Vladimir Poutine et un signal très fort de soutien indéfectible à l'armée ukrainienne et à Volodymyr Zelensky.
L'autre actualité européenne cette semaine, c'est un texte dont on a beaucoup parlé, le Mercosur, cet accord de libre-échange dont les agriculteurs français ne veulent pas entendre parler entre l'Union européenne et l'Amérique latine. Un texte définitif a été présenté par la Commission. Maintenant, il va arriver chez vous. Il va devoir être voté au Parlement européen et par les États membres. Vous voterez pour ? Alors,
on va d'abord... Moi, ce que je vois... Vous connaissez la position de la France et ma position... Le Président s'est beaucoup opposé au texte en demandant des garanties supplémentairement. Et mercredi, la Commission a fait un pas en direction de la France en proposant une clause de sauvegarde pour nos agriculteurs qui semblent plutôt robustes et activables à la fois par un pays et par les organisations professionnelles.
Pas qu'elles ne satisfaient pas les organisations syndicales d'agriculteurs qui disent une fois de plus des clauses qu'on en a déjà eues par le passé dans d'autres accords et ça n'a pas fonctionné.
Moi, je ne dis pas non tout de suite. D'abord, il faut regarder ce qu'il y a dedans. Moi, et la condition sine qua non, une fois que vous avez ces deux conditions préremplies, c'est que les pays du Mercosur l'acceptent et l'endossent aussi. Et puis, une fois que vous aurez ça, il y aura des engagements qui doivent être pris par la Commission européenne pour avoir davantage de contrôle sur les enjeux phytosanitaires et vétérinaires sur place. C'est une clause
dont on ne connaît aujourd'hui ni le paramètre ni le mode d'activation précis, etc. Donc,
ça revient un peu à faire un chèque en blanc à Ursula von der Leyen. Pour moi, il y a trop d'interrogations et je vous redonne ma position en l'État, c'est non. Mais ce n'est pas un non en disant on balaie toutes les propositions qui sont mises sur la table. Donc, on va regarder dans le détail. Si on a des garanties robustes, moi, je regarderai et éventuellement, je ferai évoluer mon vote. Mais en l'État, je vous le dis, c'est non. Justement,
est-ce que vous avez encore confiance en Ursula von der Leyen ? Je vous pose la question parce qu'en juillet, au Parlement européen, vous aviez eu des mots très durs contre la Présidente de la Commission.
Aujourd'hui, Madame la Présidente, vous assistez à l'impasse qui est la vôtre, à vous et à votre famille politique en ayant laissé le PPE favoriser des alliances de circonstance avec l'extrême droite. Alors, je vous le demande clairement, qui sont vos alliés dans ce Parlement ?
Alors, en clair, vous l'accusiez d'avoir laissé faire l'alliance entre la droite européenne et les extrêmes droites européennes. Est-ce que vous avez le sentiment, pardon, de l'expression de vous être fait rouler dans la farine par la droite
au Parlement européen ? J'attends tant d'Ursula von der Leyen que de mes homologues de droite au Parlement européen des engagements très fermes et l'assurance, la conviction que moi je partage que compte tenu des défis qui sont devant nous, il n'y a pas d'autre majorité possible qu'une majorité pro-européenne. Si on veut travailler sur notre autonomie stratégique, si on veut être fort vis-à-vis des Etats-Unis, vis-à-vis de la Russie et de Vladimir Poutine, évidemment qu'on a besoin de plus d'Europe. Et vous ne pouvez pas faire plus d'Europe avec des alliances de circonstances avec l'extrême-droite pour tuer des textes en lien avec le climat, etc.
En même temps, l'Europe évolue, le vote des citoyens européens évolue. Il se trouve qu'on aille en Hongrie, qu'on aille en Italie, qu'on aille en Pologne en partie, en Slovaquie. Bon, l'extrême-droite est puissante.
Oui, il y a une dynamique en faveur de l'extrême-droite partout en Europe aujourd'hui, mais il n'y a pas de fatalité. Il faut la combattre, il faut rappeler ce que c'est que l'extrême-droite et il faut dire à nos concitoyens français et européens qu'il n'y a pas d'issue sans l'Europe et ces partis populistes aujourd'hui veulent combattre l'Europe et ce sont les meilleures allées de Donald Trump. Donald Trump qui nous attaque tous les jours. Mais effectivement, je pense, et on l'a vu durant l'été qu'on vient de traverser, l'Europe est faible aujourd'hui et pour être plus fort, il faut accélérer, renforcer l'intégration européenne.
Un dernier mot avec une image qu'on voulait vous montrer pour terminer. Image qui a fait le tour du monde pour nos auditeurs, on va la décrire, c'est au centre Xi Jinping, à droite de Xi Jinping Vladimir Poutine, le président russe et à gauche le président nord-coréen le président Kim Jong-un. Donc, cette image, c'était cette semaine à Pékin pour les 80 ans de la libération, en tout cas de la victoire chinoise. On dit la Russie, la Corée du Nord certains disent que ce sont des ennemis de l'Europe. Est-ce que la Chine désormais semble en faire partie ?
Moi, ce qui m'a frappée dans cette image, c'est le fait que le monde se réorganise et en plus, on pourrait y ajouter l'image de Vladimir Poutine avec Donald Trump en Alaska. Le monde se réorganise et alors que l'Europe a contribué à façonner le monde de l'après-guerre, elle n'est plus aujourd'hui où elle pèse beaucoup moins. Donc, notre enjeu, c'est de continuer à partir des partenariats avec les pays démocratiques dans le monde. Il y a 23% de pays seulement qui sont des démocraties dans le monde, donc renforcer ces partenariats-là et puis avoir des relations au cas par cas, y compris avec la Chine parce qu'on a besoin de...
Est-ce que c'est une dictature ?
Alors, on est très très loin d'un modèle démocratique. Oui, c'est un régime autoritaire.
Ce n'est pas une dictature ?
C'est une dictature aussi si vous voulez, avec un parti unique. C'est un parti unique mais en tout cas, c'est un régime autoritaire et absolument pas dans un registre démocratique.
Merci à vous, Valérie Heyer. Vous êtes eurodéputée présidente du groupe centriste Renew au Parlement européen d'avoir été l'invité de France Info. Merci à vous, Camille Vigogne-Lecouat, pour cette première. On vous retrouve évidemment demain. Restez sur France Info. L'info continue. Merci à vous.
Valérie Hayer