Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement - 21/03
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Effectivement, nous espérons que vous allez pouvoir apporter des réponses aux questions que se posent beaucoup de Français, Gabriel Attal, aujourd'hui. 21 millions d'entre nous sont concernés par les nouvelles mesures dans le sud, dans le nord, en Ile-de-France, évidemment. Est-ce que nous, je dis nous puisque je suis concerné, est-ce que nous sommes confinés ?
Ce n'est pas un confinement. Un confinement, on vous demande de rester chez vous, de vous isoler à l'intérieur. Ce n'est pas la logique de ce qui a été décidé, des mesures de freinage qui ont été annoncées. Pourquoi ? Parce que depuis un an, on a beaucoup appris sur ce virus. On a appris sur la manière dont il se transmet, sur la manière de s'en protéger. Et on a notamment appris que quand vous êtes en extérieur, que vous respectez les gestes barrières, la distance, le masque, etc., vous avez infiniment moins de risques de contracter l'épidémie que quand vous êtes en intérieur.
Gabriel Attal, alors pardonnez-moi de vous interrompre rapidement. Je suis désolé de faire ça, mais je vais vous faire écouter votre, comment je vais dire ça, N plus 1, pas N plus 2, mais Jean Castex. Vous dites là aujourd'hui que ce n'est pas un confinement. Écoutez Jean Castex.
Ces mesures de confinement ne seront pas la reprise telle qu'elle de celles que nous avions mises en place en mars et en novembre dernier.
Il utilise le mot, hein ?
Oui, il dit que ce n'est pas ce qu'on a fait en mars et en novembre dernier. Ces mesures de confinement... Ce qui s'est passé il y a... Ce n'est pas simplement pour vous taquiner, c'est pour que les gens essaient de comprendre, Gabriel Attal. Mais je pense précisément que pour qu'ils comprennent, il faut expliquer la logique de cette décision et finalement ce qu'on demande aux Français comme effort aujourd'hui. Il y a un an, on savait très peu de choses sur ce virus. Et partout dans le monde, on voyait ces images de rues, de parcs qui étaient totalement désertes. Depuis, on a appris qu'on se contaminait assez peu en extérieur, encore une fois, quand on respecte les gestes barrières.
Pas quand on se met à 15 à boire des bières sans masque. Mais quand on garde son masque, qu'on est en petits groupes, en famille, on a beaucoup moins de risques de se contaminer. Et donc oui, il y a un an, on disait rester chez vous. Et aujourd'hui, ce n'est pas ce qu'on dit. On dit chacun chez soi, parce qu'il faut toujours éviter et ne pas se rendre dans des domiciles autres que le sien. Mais on peut aller dehors. On peut aller dehors pour souffler. On peut aller dehors pour s'aérer. Et ça, je pense que les Français l'attendaient parce qu'ils suivent aussi l'information.
Juste une clarification sur ce sujet, Gabriel Attal. C'est une erreur de Jean Castex. Où il n'y avait pas de communication ?
Encore une fois, c'est important de dire ce qu'on fait. Mais je pense que les mots, enfin, on s'attache moins aux mots qu'à l'efficacité des mesures qu'on prend.
Oui, mais le mot confinement, il résonne. Il résonne dans l'esprit de nos concitoyens. Donc ce n'est pas un confinement. Le président de la République l'a dit. Vous le répétez ce matin.
Je pense que les Français qui nous écoutent quand on leur dit que vous pouvez sortir de chez vous sans limite. Ils comprennent que ce n'est pas un confinement. Si ce n'est de respecter les gestes barrières. Ils comprennent bien que ce n'est pas un confinement.
Ils ont vécu ce que c'était les confinements. Ils comprennent les choses très très bien, nos concitoyens. Mais par contre, excusez-moi. La question, c'est, est-ce que, bon, vous dites que ce n'est pas un confinement, est-ce que ça vous laisse la possibilité, dans 10 jours, dans 15 jours, cette fois-ci, de déclencher un réel confinement ?
Je n'ai jamais rien exclu par principe. Si jamais l'épidémie repartait. David Ducan, je suis porte-parole du gouvernement et j'ai appris, je sais bien, que dans cette crise, quand on exclut quelque chose par principe pour l'avenir, malheureusement, on prend toujours le risque de se faire démentir parce que cette épidémie, elle continue à nous surprendre. Je dis nous, c'est tous les pays d'Europe, tous les pays du monde, on y viendra peut-être. Et on voit qu'un certain nombre de pays, qui pensaient aussi s'en être débarrassés, se retrouvent avec de nouveaux pics de l'épidémie. Donc, on ne peut rien exclure par principe.
Ce que je dis, et ce que nous disons, c'est qu'aujourd'hui, on a un espoir très fort pour sortir de cette crise, c'est la vaccination. On commence à voir, avec la vaccination, l'effet sur l'épidémie. Le nombre de décès dans les EHPAD est en chute libre. Les contaminations chez les personnes âgées, chez les plus de 80 ans, diminuent très fortement. Leur hospitalisation aussi. Et donc, il viendra un moment au printemps où on aura vacciné suffisamment de personnes pour pouvoir alléger les mesures de restriction. On va y venir à la vaccination. On va y venir. Et donc, la question, c'est comment on tient jusqu'à ce moment-là ?
Certains font le choix de dire, on tient en faisant un confinement permanent. Ce n'est pas notre choix. Notre choix, parce qu'il y a une lassitude, parce que ça fait maintenant un an que les Français vivent avec ces restrictions, c'est de dire qu'on veut que la situation, je vais dire, soit la plus vivable possible. Et en disant ça, je sais que c'est très difficile. Je sais que le couvre-feu depuis plusieurs mois, c'est très dur pour les Français. Je sais que la fermeture d'un certain nombre de lieux, c'est très difficile aussi.
Mais il faut bien se dire qu'un confinement, avec fermeture des écoles, avec fermeture de tous les commerces, avec l'obligation de rester chez soi, ça a un impact sur l'éducation, sur la santé mentale des Français, sur l'aspect psychologique, sur l'économie, qui est énorme.
Mais objectivement, Gabriel Etal, objectivement, dans ce contexte, vous n'aidez pas non plus les Français par la clarté. Je vais montrer les deux attestations qui sont désormais disponibles, elles sont là. On était proche de la blague, objectivement, sur le cafarnaum autour de cette question. C'est d'une complexité encore. Alors là, c'est la version simple, mais on a encore ces choses un peu dingues de « je suis en train de promener mon animal de compagnie », ça existait déjà, comme si le fait de l'avoir à ses pieds n'était pas suffisant en cas de contrôle. Et on continue avec des exceptions, il y a 12 points, selon 10 km, 30 km, le département, le département voisin. Pourquoi ?
J'entends ce que vous dites. Vous réclamez la responsabilité, vous réclamez la clarté.
Dans cette crise, on a une recherche permanente depuis le début d'un équilibre entre effectivement la responsabilité et le fait qu'on ne veut pas infantiliser les Français, évidemment, et puis de l'autre, être à la fois clair sur les règles, et puis mettre en place des contrôles. Moi, j'entends beaucoup de Français qui disent « effectivement, on ne veut pas être infantilisé ». Je l'entends parfaitement et ce n'est pas du tout notre souhait. Et je les entends aussi dire, c'est pour nous assez insupportable parfois de faire des efforts et de respecter les règles et de constater que certains, qui sont très minoritaires, ne les respectent pas et donc ils demandent aussi des contrôles.
Et donc c'est toujours cet équilibre qu'il faut arriver à maintenir. Et quand je disais qu'on a progressé dans la logique, on a progressé sur le sujet de l'extérieur, mais vous aurez noté que depuis hier, il n'y a plus d'attestation obligatoire quand vous sortez à moins de 10 km de chez vous. Voilà, c'est aussi cette logique de faire confiance à la responsabilité.
Mais justement, est-ce que vous faites vraiment confiance aux Français ? On peut en douter. Lorsqu'il y a vraiment une forme d'infantilisation quand même des Français, il y a un côté jupiterisation de la société. Vous dites, vous entendez, mais est-ce que vous comprenez Gabriel Attal ?
Mais évidemment qu'on le comprend. On fait confiance aux Français et je vais vous dire qu'on a raison de le faire. Au moment des fêtes, quand on a déconfiné, au moment des fêtes, on nous a expliqué, certains nous ont dit, vous ne devriez pas déconfiner, laisser les Français aller faire les fêtes de Noël en famille partout en France, ils ne vont pas être responsables, il va y avoir une explosion de l'épidémie dès le début du mois de janvier. On a fait confiance en Français en leur donnant des recommandations, en leur expliquant qu'il fallait faire attention, notamment quand on était avec des personnes fragiles. Qu'est-ce qui s'est passé ?
On n'a pas vu d'explosion du virus dès le début du mois de janvier. Mais donc, parce que les Français ont été responsables. Mais pourquoi est-ce que vous demandez une attestation ?
C'est pour ça qu'on fait évoluer les choses. Si c'est pour une, je reprends vos mots à l'instant, une infime minorité, une infime minorité. Donc tout ça, toutes ces attestations, tous ces problèmes de paperasse, de commission, d'Emmanuel Macron qui s'énerve hier à midi, parce qu'il n'a pas les bonnes mains. Tout ça pour une infime minorité. Je l'entends, Jean-Baptiste Boursier,
c'est pour ça qu'il y a une évolution. Il y a une évolution en journée, quand vous êtes à moins de 10 km de chez vous. On ne vous demande plus une attestation pour savoir si vous êtes en train d'aller faire vos cours. Mais ça existe tout de même. Je voulais montrer le son-là, Gabriel Attal. Elle existe tout de même. Par contre, Jean-Baptiste Boursier, oui, on a mis en place une limitation de déplacement entre les différentes régions. Et donc, on vous demande de rester proche de votre domicile. Et ça, il faut le contrôler.
Moi, Gabriel Attal, j'ai une question à vous poser. Et je vous demande un petit moment de sincérité. Si c'était vous, vous l'auriez maintenu, cette attestation ?
Attendez, moi, je suis porte-parole de ce gouvernement. Je suis évidemment solidaire des décisions.
Vous êtes un citoyen aussi.
Et encore une fois...
Vous avez votre libre arbitre, votre capacité à réfléchir. Est-ce que cette attestation... Il ne faut pas qu'on arrête avec ça.
Je vais vous le dire, David Doucan. J'entends le souhait qu'on fasse confiance à la responsabilité des Français. Et c'est ce qu'on fait. Encore une fois, on n'a pas demandé d'attestation en décembre aux Français pour qu'ils puissent aller faire Noël. Oui, mais là, vous le faites. J'entends aussi des Français qui disent « Voilà, moi, je respecte les règles. Je fais des efforts. C'est peut-être une minorité. Mais enfin, près de chez moi, il y a des soirées clandestines. Il y a des personnes qui ne respectent pas les règles. Qui demandent des contrôles. Pour contrôler, le soir, il faut une attestation. » Non.
En cas de contrôle, l'enjeu, ce n'est pas l'attestation. C'est l'appréciation du policier ou du gendarme qui contrôle. Est-ce que l'attestation correspond à quelque chose de crédible ? Au fond, le policier ou le gendarme, qui est loin d'être plus bête qu'un autre, il peut très bien apprécier la légitimité du déplacement de l'individu sans l'attestation. Et par ailleurs, ils sont déjà bien occupés.
Si vous voulez, le soir, limiter les flux de personnes. Parce que le soir, ce n'est pas la journée. Le soir, on a moins de raisons de sortir qu'en journée. On laisse des grands moments de respiration maintenant pendant la journée. C'est précisément pour que le soir, les règles soient davantage respectées. Si vous voulez contrôler pourquoi les gens sont dehors, voilà, il y a une attestation. Écoutez, c'est un système, maintenant, que les Français connaissent bien, qui a été en place à plusieurs reprises depuis le début de cette crise. On souhaite tous sortir des attestations. On souhaite tous sortir des restrictions. On souhaite tous pouvoir revivre le plus normalement possible.
Et ce qui nous le permettra, c'est la vaccination.
On accélère. Il y a combien de contrôles hier soir, vous le savez ?
Je ne sais pas les chiffres d'hier soir, mais il y a des contrôles. Évidemment, quand on met en place des mesures nouvelles, vous le savez bien, dans les premiers jours, les forces de l'ordre font œuvre de pédagogie et de souplesse. Surtout quand on a un changement d'attestation dans la journée, c'est compliqué d'aller contrôler et d'être trop strict dans ces conditions.
Au rayon des questions que se posent les Français, et nous aussi, pour ne pas vous mentir, expliquez-nous comment, vraiment, comment, vous avez défini ce qui est essentiel et ce qui ne l'est pas. On va rappeler qu'on peut aller se faire couper les cheveux, mais pas se faire couper la barbe. Qu'on peut aller se faire couper les cheveux, mais pas épiler les jambes. Qu'on peut aller faire réparer ses chaussures, mais pas acheter de chaussures. Comment avez-vous défini ça ?
D'abord, on ne parle plus d'essentiel et non-essentiel.
Oui, pardon.
Non, mais je le dis, c'est important de le dire, parce que pour les personnes qui travaillent dans les commerces concernés, ils l'ont vécu très durement quand on a employé ces termes au mois de novembre. Et on a fait notre mea culpa, on a dit qu'on n'aurait pas dû employer ces termes, qui sont des termes juridiques, parce que ça ne correspond pas à la réalité. Tout le monde a envie de travailler. Les Français, ils ont envie de pouvoir aller consommer dans tous les commerces.
Maintenant, quand vous prenez des mesures de freinage supplémentaire, et que votre logique, c'est de dire que quand vous êtes à l'extérieur, vous prenez beaucoup moins de risques qu'en intérieur, et que donc il faut limiter les flux de personnes en intérieur, vous devez faire des choix. Et vous devez fermer un certain nombre de lieux. C'est ma question, c'est comment avez-vous fait ces choix ? Je vais y venir. On avait déjà fermé un certain nombre de lieux, notamment les très grands centres commerciaux, notamment de plus de 10 000 m2 dans les zones où le virus circule le plus. Et il y a une étape supplémentaire avec des commerces qui malheureusement doivent fermer.
Et c'est toujours un crève-cœur. Je veux le dire, c'est important de le dire, quand on doit empêcher des personnes qui ont envie de travailler, et quand on doit empêcher des commerces où les Français ont envie de se rendre, d'ouvrir. Entre l'habillement et le chocolatier... À partir de là, vous faites des choix. Edwige Chevrillon, je vais vous dire, et Bruno Le Maire l'a expliqué hier, il y a des denrées qui sont périssables et d'autres qui ne le sont pas. Il y a une saison qui arrive où vous avez certaines professions qui font l'essentiel de leurs chiffres. Je pense notamment aux fleuristes. Il y a toute la filière horticole derrière.
Il y a la saison de Pâques qui arrive, ce qui est important.
Mais pardon, Gabriel, vous ne répondez pas à ma question. La question, c'est comment ? Juste pour que les gens comprennent, il y a eu des discussions, les branches ont été reçues à Bercy, il y a eu des négociations. Comment on explique ? Je n'ai rien contre eux, bien au contraire. J'utilise. Mais comment un cordonnier peut être ouvert alors que son voisin qui vend les chaussures qu'il répare ne peut pas l'être ? Je veux dire, comment ça s'est géré ? Je vais vous dire,
il y a des consommations de biens ou de services qui sont plus de première nécessité. C'est ça le terme qui a été employé. C'est ça, c'est une appréciation au cas par cas des différentes professions, des différents commerces qui a été fait hier à Bercy. J'entends qu'il y a des personnes qui ne sont pas satisfaites. Évidemment, c'est toujours un crève-cœur. Ce que je veux dire, c'est que l'important, c'est que pour les commerces concernés qui sont fermés, non seulement on continue à les aider, mais qu'on renforce les aides.
Est-ce que ça peut bouger, cette liste ? Il y a des aides. Ou est-ce qu'elle est arrêtée ?
Elle est arrêtée pour les mesures qui ont été annoncées. Mais il y a des aides qui avaient été mises en place et qui ont très bien fonctionné au mois de novembre.
Nous en reparlerons.
Moi, je me souviens, les commerces au mois de novembre qui, pour un certain nombre d'entre eux, fermaient pour la première fois, étaient très inquiets. Ils se demandaient s'ils allaient pouvoir être aidés. Le fonds de solidarité qui a été renforcé, le chômage partiel, les dispositifs d'exonération et de report de charges.
Tout ça, ça a refonté. Je note tout de même, Gabriel Attal, pour terminer, avant de donner la parole à David, qu'il n'y a plus d'essentiel et non-essentiel, mais il y a première nécessité. Et donc, ce qui n'est pas première nécessité.
C'est le terme qu'on a maintenant employé depuis plusieurs mois maintenant. Mais encore une fois, je vais vous dire, la situation dans aucun pays dans le monde ne peut être parfaite s'agissant des restrictions. Et je vais vous dire, ces débats, ils existent dans tous les pays qui ont dû fermer des commerces. Quand vous regardez, en Allemagne, il y a eu les mêmes débats sur essentiel, pas essentiel, dans d'autres pays. Il y a eu les mêmes débats. Au moment où on doit choisir de, malheureusement, fermer un certain nombre de lieux pour limiter les flux.
Je pense que l'important, et là, pour le coup, la France est assez singulière, c'est les aides qu'on apporte à ces lieux pour leur permettre de tenir et de rouvrir le moment venu.
Alors, en 2017, il y a 4 ans, Emmanuel Macron a été élu sur toute une série de promesses parmi lesquelles la simplification. La simplification administrative et l'épisode que nous avons vécu, dont nous avons été témoins hier sur l'attestation, nous donne le sentiment que, depuis un an, depuis que nous sommes dans cette crise sanitaire, il y a un ou plusieurs hauts fonctionnaires, quelque part, dans un bureau, pardonnez-moi l'expression, mais qui s'en donne à cœur joie. C'est l'occasion de produire de la norme, de la complexité. Pardon, mais le pouvoir politique que vous représentez ici, est-ce que vous avez identifié qui sont ces responsables, que nous, nous ne connaissons pas ?
Et est-ce que vous avez peut-être fait passer un message, quand je dis vous, le président de la République, pour dire, Calmos, attention, on est censé simplifier les choses pour nos concitoyens, c'est tout le contraire qui se passe.
D'abord, évidemment, j'ai une collègue au gouvernement, Amélie de Montchalin, qui est ministre chargée de la transformation publique et dont le travail, c'est précisément cette simplification des normes, des processus. Moi, je veux juste dire quelque chose. J'entends ce qu'on dit sur les fonctionnaires, les hauts fonctionnaires, l'administration, ils sont terribles, etc. Je demande juste un peu de nuance dans ce débat-là.
La journée d'hier ne prête pas à la nuance.
Peut-être, mais je vais vous dire, quand on a mis en place le premier confinement l'an dernier, on a dû demander à énormément d'entreprises de commerce de baisser le rideau. On a réussi à mettre en place le dispositif de chômage partiel pour que les salariés soient payés en quelques jours. On a réussi à mettre en place le dispositif du fonds de solidarité pour que les commerçants, les entreprises reçoivent des aides en quelques jours. C'est une prouesse. Et ça, on a réussi à le faire parce qu'il y a des personnes dans l'administration, dans des ministères qui ont travaillé.
Quand on a dû transférer des malades d'une région à une autre par TGV médicalisé, par avion, par hélicoptère ou par la route, on l'a fait parce qu'il y a des personnes dans les agences régionales de santé...
Mais personne ne dit que tous nos fonctionnaires seraient dans une démarche négative. Mais je pense que c'est important de le dire, David. Quand on voit ce qui s'est passé hier et ce qui continue de se passer puisque les attestations ne sont pas supprimées. Elles continuent à exister, à peser sur le quotidien de nos concitoyens cette lourdeur administrative. C'était une promesse d'Emmanuel Macron. Simplifier les choses. Nous simplifier la vie. Et on a le sentiment que cette promesse n'est pas tenue. Je veux dire,
la vie est difficile en ce moment. C'est certain. Le fait qu'on ait des restrictions, qu'on vive avec des restrictions, qu'on doit, dans certains cas, remplir une attestation, c'est plus lié à la situation épidémique qu'on connaît qu'à des lourdeurs administratives.
Alors justement, au sujet de l'attestation,
et pour le coup, je vous le redis, notre plus grand souhait, c'est qu'on en sorte de cette situation. Et on fait de coups
pour pouvoir en sortir. Évidemment. Deux, trois questions avec mes camarades, très pratiques sur l'attestation. Edwige. Par exemple, est-ce que vous pouvez nous préciser sur les déplacements interrégionaux ? On a beaucoup de questions là-dessus. Parce qu'on est parti, je ne sais pas, en vacances, on est allé voir sa mère, ses grands-parents, etc. On revient en Ile-de-France, on revient dans les Hauts-de-France. Qu'est-ce qui se passe ? Et puis ensuite, si jamais on est dans l'autre sens, est-ce que c'est possible ? Est-ce que si vous êtes à Toulouse et que vous voulez rentrer à Paris, est-ce que c'est possible ? Si vous êtes à Paris, vous voulez à Toulouse, est-ce que c'est possible ?
D'abord, pour les personnes qui étaient déjà dans d'autres régions que les régions concernées qui doivent rentrer, bien évidemment qu'elles peuvent rentrer. Ça, ce n'est pas nouveau. À chaque fois qu'on a mis en place des mesures de restrictions supplémentaires, on a toujours laissé quelques jours de souplesse pour que ceux qui doivent rentrer. Quelques jours,
c'est une semaine ?
Évidemment. Je vais vous dire, en plus, si votre résidence principale est dans ces régions, vous avez évidemment la possibilité d'y rentrer et d'y revenir. Ensuite, pour le reste, il y a maintenant des motifs impérieux ou professionnels qui vous permettent de vous déplacer entre les régions. Il y a sur le site du ministère de l'Intérieur des précisions qui sont données. Si vous avez un proche qui est malade, qui est en fin de vie, qui est hospitalisé, que vous devez aller le voir, évidemment que vous pouvez. Si vous avez un proche qui est décédé, que vous devez vous rendre à ses obsèques, évidemment que vous pouvez si dans une autre région.
Si vous avez, pour des raisons professionnelles un rendez-vous qui ne peut pas se faire à distance et que vous devez vous y rendre, évidemment que vous le trouvez.
Mais cette souplesse, elle l'est pendant quelques jours,
vous le dites, une semaine ? Là, c'est les motifs impérieux qui vous permettent de changer de raison. Pour le reste, oui, c'est vrai, c'est une mesure nouvelle. On demande de rester le plus possible dans sa région pour ce qui est des régions où le virus circule le plus parce que, même si le virus circule aujourd'hui beaucoup partout en France, notamment à cause des variants, il circule de manière différente en France. Il y a un rapport de 1 à 10 sur l'incidence entre les départements les moins concernés et les départements les plus concernés par la circulation du virus.
Et donc, évidemment, l'enjeu, c'est aussi de protéger les départements où le virus circule moins et donc de limiter les flux de personnes.
Autre question complète. Donc, vite fait, dans le Calvados, il y a des raisons de s'inquiéter avec tous nos amis parisiens qui sont allés dans leur résidence secondaire ?
Pour des personnes qui sont parties, évidemment, on leur demande, comme ça a été le cas à chaque fois, il y a eu des périodes de vacances qui étaient à des moments de circulation forte, épidémique, de respecter les gestes barrières et de faire très attention, de se mettre au vert.
Alors, on sait que les lieux de contaminés... En fait, on se contamine beaucoup quand on est en intérieur et sans masque. Question. Est-ce qu'il y a une recommandation aujourd'hui du gouvernement sur le nombre de personnes que je peux inviter chez moi pour un dîner ou un déjeuner à la maison ?
D'abord, David Doucan, vous habitez à Paris. Oui. Donc, vous ne pouvez pas inviter chez vous des personnes pour un dîner. Pour un déjeuner. Pour un déjeuner. Même pour un déjeuner, maintenant. Pour un déjeuner avant... C'était déjà le cas avant avec le couvre-feu. Vous ne pouviez évidemment pas recevoir de personnes... Enfin, vous demandez de ne pas le faire à dîner chez vous. Aujourd'hui, encore une fois, la logique, c'est chacun chez soi ou alors dehors. Donc, c'est zéro. On ne peut inviter personne
dans votre propre domicile.
Je vous le dis parce que... Les policiers vont arriver ? Ils vont arriver à la maison ? Ils ne peuvent pas ? Vous savez bien. C'est pour ça que c'est quelque chose qu'on demande aux Français. Et je sais que c'est très difficile, encore une fois. Mais voilà, le corollaire du fait de dire vous pouvez aller dehors autant que vous voulez en respectant les gestes barrières. Retrouvez des personnes qui ne sont pas de votre domicile dehors. On n'est pas encore tout à fait dans la saison où c'est particulièrement agréable d'être dehors et de se balader en t-shirt. C'est certain. En tout cas, en Ile-de-France. Mais on y va. C'est de mieux en mieux, on va dire, on espère.
Donc, il n'y a plus de règle des 6. Parce que vous vous souvenez qu'à Noël, vous nous aviez dit vous pouvez passer les fêtes ensemble à plus de 6 à table. Donc, il n'y a plus de règle des 6 à l'écaduc.
La logique aujourd'hui, c'est de dire de ne pas recevoir chez vous des personnes qui ne sont pas de votre domicile. Si vous devez voir des amis, si vous avez envie de les croiser. Moi, je comprends les Français qui ont besoin d'entretenir du lien et de ne pas rester seul chez eux. Voyez-les dehors si c'est possible. Autant que c'est possible.
Mais on est d'accord que c'est de la recommandation. Enfin, je veux dire, j'ai compris que c'était interdit sous le régime du couvre-feu et désormais avec ces nouvelles mesures de non-confinement. Les nouvelles mesures décrétées jeudi. Enfin, quand même, quel impact sur nos libertés individuelles ? Bien sûr. Mais je vous le redis. Qui imagine un policier venir dans le domicile de quelqu'un pour dire, attention, vous avez invité votre mère, votre famille ? Vous aurez noté
que ça ne se passe pas en France, contrairement à certains pays dans le monde.
Encore heureux. Si vous comparez avec des pays dictatoriaux...
Non, mais c'est important de le dire. Vous avez des pays où vous avez des policiers qui débarquent chez vous pour voir combien vous êtes. Vous avez des pays où vous avez des drones qui vont devant votre immeuble pour regarder combien vous êtes chez vous. Voilà, ce n'est pas le cas en France. Et je vais vous dire, on est les premiers à trouver cette situation insupportable et à vouloir en sortir. Moi, je me suis engagé avec Emmanuel Macron qui s'est toujours engagé pour les libertés, pour donner plus de liberté aux Français. C'est dans l'ADN de son engagement politique et de notre engagement politique. Juste avant de nous donner la parole...
Donc cette situation, évidemment, qu'on espère en sortir assez vite.
Parce que nous nous avons invité pour essayer d'y voir plus clair. Donc je vais juste revenir sur cette question en instant, s'il vous plaît, Gabriel Etal, parce que la porte-parole du ministère de l'Intérieur nous a dit sur cette antenne que la règle des 6 restait valable à l'intérieur, à l'extérieur. Donc vous, vous nous dites aujourd'hui que cette règle est caduque. Nous vous demandons de ne recevoir personne.
Dans les 16 départements concernés par les mesures de freinage, oui, je vous le dis. Il y a aujourd'hui des brèches dans lesquelles le virus s'engouffre. Ces brèches, c'est quoi ? C'est les rassemblements privés qu'on a en intérieur et c'est le travail. Le fait que vous avez des personnes qui se contaminent au travail. C'est pour ça qu'on prend ces règles en disant aux gens si vous voulez vous réunir voir des gens, faites-le à l'extérieur autant que c'est possible plutôt qu'à l'intérieur. Et c'est pour ça qu'on dit augmenter le télétravail et y ait plus recours au télétravail. Et surtout quand vous êtes contaminé
ou que vous avez des symptômes, restez chez vous. Gabriel Attal, on n'évacuera plus les quais de Seine dans ces conditions.
Si vous êtes en petit groupe avec vos masques et en respectant le mieux possible la distance, il n'y a pas de raison que vous soyez évacués. Donc on peut sortir mais on ne peut pas boire un verre.
Parce que quand on boit
un verre, on enlève le masque. Voilà, là-dessus le Premier ministre l'a dit dans sa conférence de presse. Je veux dire, se regrouper de très nombreux sans masque pour boire des coups entre guillemets à l'extérieur, ça pour le coup ça n'est pas raisonnable. Un mot rapidement sur les transferts.
Oui, juste avant d'aborder la question de la vaccination évidemment. Le week-end dernier vous étiez sur un aéroport pour regarder un peu les transferts justement en Ile-de-France de patients pour aller vers d'autres hôpitaux, vers Nantes, vous l'avez dit tout à l'heure. Où est-ce qu'on en est aujourd'hui ? Parce qu'on voit qu'il y a une vraie réticence des familles à avoir leur malade, leur père, partir ailleurs. Où est-ce que vous en êtes et quels sont les objectifs et sont-ils maintenus par rapport à ce que vous aviez défini ?
Il y a plusieurs enjeux. Il y a effectivement la question de l'accord des familles mais il y a aussi la question de la situation de santé des malades. Qu'est-ce qu'on constate aujourd'hui avec le variant britannique ? Vous avez des personnes qui sont moins âgées qui sont dans des situations plus critiques en termes de santé, qui sont plus jeunes et dans des situations plus critiques pour qui du coup un transfert est plus difficile. Donc en permanence, il faut rechercher des personnes qui peuvent être transférées sans risque et dont les familles ont donné leur raconte. C'est compliqué ça.
Les familles, on sent qu'il y a une vraie réticence des familles, vous l'avez observé.
Mais je l'entends parfaitement. C'est pour ça d'ailleurs qu'il y a des dispositifs qui ont été mis en place. Par exemple, si un patient est transféré dans une autre région et que sa famille souhaite l'accompagner pour pouvoir être auprès de lui, on indemnise, on paye l'hôtel pour les familles. Il y en a eu combien ? Vous avez des chiffres ? Je n'ai pas les derniers chiffres et les dernières estimations. Je crois que ça se compte peut-être en quelques dizaines. Mais évidemment, à chaque fois que c'est possible et que c'est nécessaire, on le fait.
La vaccination au cœur des questions que nous allons vous poser dans quelques instants, Gabriel Attal. Suite de BFM Politique. Suite de BFM Politique avec le porte-parole du gouvernement. Gabriel Attal, ce matin dans le journal du dimanche, vous dites que la vaccination, entre autres choses, fait baisser le nombre de contaminations. Je m'arrête sur cette phrase que vous dites très précisément. Sur quelles données vous vous basez ? Parce que jusqu'à maintenant, nous n'avons pas les explications précises. Est-ce que vous les avez ? Je vais vous dire,
on se base sur les données du nombre de contaminations qu'on constate chez les personnes qui sont prioritaires à la vaccination, qui ont déjà été vaccinées de manière importante, c'est-à-dire les personnes âgées. On voit maintenant depuis plusieurs semaines que, alors que l'incidence en France au niveau national augmente en moyenne, chez les plus de 80 ans, elles diminuent sans discontinuer parce que ce sont ceux qui sont vaccinés en priorité. On voit que dans les EHPAD, le nombre de contaminations a chuté. On voit que le nombre de décès quotidiens en EHPAD a aussi chuté dû à la Covid.
Et donc, on voit qu'il y a cet impact de la vaccination à la fois sur les formes graves et sur les décès des plus fragiles et puis sur les contaminations aussi.
Les livraisons de vaccins à la France sont bien en dessous des objectifs initiaux. Évidemment, je pense à AstraZeneca mais également à Johnson, de Johnson & Johnson. On est à 400 000 au lieu d'un million neuf ou deux millions, je crois, initialement prévus. Livraison à l'Europe. Oui, mais la France du coup est impactée. La France est impactée du coup comme les autres pays. Que pouvez-vous nous dire de précis, s'il vous plaît, sur ce que nous allons recevoir sur certains dans les jours et les semaines qui viennent ?
Je vais vous dire, moi je pense que pour que chacun comprenne nos objectifs, il faut regarder ce qu'on a annoncé en termes de nombre de personnes vaccinées. Le Premier ministre s'est engagé sur un objectif pour la mi-avril de 10 millions de Français ayant reçu une première injection. Pour la mi-mai de 20 millions de Français ayant reçu une première injection.
C'est pour ça qu'il est important de répondre à la question. Et pour la mi-juin
de 30 millions de personnes ayant reçu une première injection. J'entends la question sur les doses. Mais je vais vous dire, je pense que quand on parle en doses, à la fin tout le monde s'y perd parce qu'en plus maintenant il y a des vaccins où la deuxième dose elle intervient neuf semaines plus tard. On va avoir un vaccin, le vaccin Janssen où il y a une seule dose. Donc je pense que pour les Français parler en objectif de nombre de personnes vaccinées c'est beaucoup plus clair que de dire on va recevoir tant de doutes. Est-ce qu'ils sont tenables sur 10 millions de personnes vaccinées avec une première injection à la mi-avril ? C'est l'objectif qui a été donné par le Premier ministre.
20 millions de personnes vaccinées à la mi-mai et 30 millions de personnes vaccinées à la mi-juin.
Que vous engagez ce matin à pouvoir tenir ?
Oui, avec l'engagement qui a été pris par le Président de la République qu'à la fin de l'été tous les Français adultes qui ont souhaité se faire vacciner aient pu se faire vacciner. Voilà nos objectifs. Je pense que ça le monde le comprend. Après, tout notre travail c'est de nous mobiliser parfois de taper du poing sur la table et on le fait pour que les doses pour tenir ces objectifs arrivent. C'est vrai qu'il y a eu des mauvaises nouvelles notamment avec AstraZeneca. Il nous a livré je crois 25% de ce qu'il devait nous livrer au premier trimestre et au deuxième trimestre. Il va aussi y avoir des baisses. Il y a aussi des bonnes nouvelles ça arrive.
Je pense que c'est toujours important de le dire.
Pfizer va livrer plus.
Voilà, Pfizer livre plus. On va avoir plus de vaccins Pfizer qui vont arriver dans les prochaines semaines et les prochains mois. C'est une bonne nouvelle. On a aussi beaucoup fait pour pouvoir en produire en Europe et en produire en France. Les usines Sanofi vont produire du vaccin Pfizer BioNTech ce qui fait qu'on aura plus de vaccins Pfizer BioNTech. Voilà, donc on navigue parmi ces mauvaises nouvelles ces bonnes nouvelles. On fait au mieux. On tape du poing sur la table quand il le faut. On demande des comptes au laboratoire sur les raisons de leur retard.
Il peut y avoir des retards pour de bonnes raisons entre guillemets en tout cas des raisons justifiées quand il y a un problème sur une cuve, sur une chaîne de production. Ça peut arriver qu'il y ait du retard surtout quand on a créé un vaccin en moins d'un an ce qui est inédit dans l'histoire de la médecine dans le monde.
Mais il ne faut pas qu'il y ait de mauvaises raisons. Voilà pour les objectifs. On verra s'ils seront tenus. On verra aussi si l'Europe, la France sont capables d'un tout petit peu casser le bras des laboratoires quand ils ne parviennent pas à livrer, quand ils ne respectent pas leurs engagements. On verra si on y parvient. Mais tout le monde a pris un petit coup au moral ces derniers jours. Joe Biden annonce avoir dépassé le cap des 100 millions de premières injections aux Etats-Unis. Vous avez vu comme tout le monde les images de Tel Aviv en Israël où les gens font la fête, les bars sont ouverts, tout le monde se retrouve à la vie à repris à Tel Aviv. Est-ce qu'on s'est...
Et vraiment, c'est une question que je vous pose en espérant une réponse sincère. Est-ce qu'on s'est trompé ? Est-ce qu'on aurait dû acheter les doses nous-mêmes et mettre le paquet sur la vaccination beaucoup plus rapidement que nous le faisons aujourd'hui ? Je ne le crois pas.
Il y a des pays qui ont fait le choix, qui ont pu démarrer leur campagne de vaccination bien avant l'Europe. Aussi parce qu'ils ont « squeezé » ils sont passés à travers certaines procédures de validation scientifique et nous on a fait le choix de respecter toute la validation scientifique classique pour les produits de santé.
Ce n'est pas le cas des Etats-Unis, ce n'est pas le cas d'Israël, ce n'est pas le cas du Royaume-Uni. Il y a eu des validations...
Il y a eu des procédures accélérées notamment au Royaume-Uni.
Il y a eu des procédures accélérées. C'est ce que je dis, certaines étapes. Ce n'est pas ce qu'explique la livraison des doses très lente chez nous
et très rapide chez eux. Il y a ensuite des pays, Israël, où la population est beaucoup moins importante que la population européenne ou même la population française. Il y a besoin de moins de doses pour vacciner pour la population.
Mais ils ont eu des vaccins. Il y a 9 millions de personnes
en Israël. Finalement, vous dites est-ce qu'on aurait dû ne pas faire un cadre européen de commande et s'en sortir tout seul ? Moi, je ne crois pas. Pour deux raisons. D'abord parce qu'on serait aujourd'hui dans une situation de guerre des piqûres avec nos voisins européens. À se faire la guerre pour savoir qui va récupérer telle cargaison, qui va récupérer tel stock. Et ça, pour des raisons entre guillemets européennes, on ne le souhaite pas, y compris pour des raisons d'efficacité, des raisons sanitaires.
Deuxième chose, on a bien vu dans cette crise qu'il y a un constat qui a été validé, un constat qu'on a fait avec le président de la République dès 2017, c'est que oui, il y a eu un retard depuis plusieurs décennies sur la recherche en France. Et le fait est que dans les premiers vaccins qui sont validés et qui permettent à des personnes d'être vaccinées, il n'y a pas de vaccin français. On le déplore, on le regrette. On a fait voter une loi à 25 milliards d'euros pour améliorer la recherche dans notre pays. Ça ne se fait pas dans un claquement de doigts, mais ça va se faire progressivement.
Si chacun avait fait de son côté, est-ce que vous pensez vraiment que le vaccin Pfizer-BioNTech, BioNTech qui est une entreprise allemande, est-ce que vous pensez que les Français auraient pu en recevoir dès le départ de la campagne de vaccination comme c'est le cas aujourd'hui ? Que sur le vaccin AstraZeneca qui est, je crois, anglais et suédois, on aurait pu en recevoir dès le départ. Je pense que cette coordination européenne, elle est profitable pour les Français parce qu'elle nous permet dès le début de la campagne de vaccination de bénéficier de tous les vaccins qui sont disponibles et qui sont autorisés.
Et si chacun faisait de son côté à l'intérieur de ses frontières, je ne suis pas sûr qu'on arriverait au même résultat aujourd'hui en termes de doses.
Ce serait encore pire, c'est ce que vous nous dites.
On n'arriverait sans doute pas au résultat auquel on arrive aujourd'hui. Moi, j'entends... Le résultat d'aujourd'hui
n'est pas satisfaisant quand même, Gabriel Attal.
Je vais vous dire, j'entends les frustrations d'Edoukhan. Ce que je vois, c'est que pour la première fois dans l'histoire, on a un vaccin qui existe moins d'un an après le début d'une épidémie. Ce que je vois, c'est qu'en juin dernier, quand on a signé des contrats, des accords avec les laboratoires pour commander des doses, personne n'imaginait que les premiers vaccins arriveraient au mois de janvier, qu'il y a eu une prouesse industrielle, une prouesse en matière de recherche et que ça, c'est extrêmement positif. Justement,
au sujet de la vaccination, proposition d'une potentielle candidate à l'élection présidentielle.
Oui, parce que vous venez d'expliquer les livraisons, les difficultés qu'on peut rencontrer et puis il y a cette organisation expliquée depuis le mois de janvier, les personnes les plus fragiles en premier, etc. Anne Hidalgo, la maire de Paris, dit ce matin, ça suffit, il faut ouvrir à tout le monde. Que tous ceux qui veulent se faire vacciner puissent le faire dès maintenant. Qu'est-ce que vous répondez à cette proposition ? J'ai entendu ces déclarations.
Débrider. Elle a dit, il faut débrider la vaccination. Ce qui bride aujourd'hui, en France et partout dans le monde, c'est le nombre de doses. C'est la seule chose qui bride la vaccination. Et donc, aujourd'hui, aucun pays n'a la possibilité de vacciner immédiatement toute sa population. Ça arrivera, notamment à l'été pour la France. Et donc, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait en attendant avec les doses dont on dispose ? Et sur recommandation des autorités sanitaires, on a dit, on les donne en priorité aux personnes qui sont les plus à risque de mourir ou de faire une formographe de l'épidémie. Donc, quand il y a cette proposition, moi, ce que j'entends, c'est que ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'en disant on va débrider tout de suite aujourd'hui et le donner à tout le monde. Ça veut dire que toutes les personnes de 75, 80 ans qui ont des rendez-vous dans les prochaines semaines, à la fin mars, au début avril, on annule leur rendez-vous pour donner leur vaccin à des personnes comme moi qui ont 32 ans et qui sont moins à risque de faire une formographe du virus. Ça serait irresponsable en perte sanitaire parce que moi, je suis moins à risque et ça serait injuste
vis-à-vis de ces personnes qui ont pris leur rendez-vous. Oui, mais vous voyez bien qu'il y a presque un second système qui se met en place avec, tiens, il fallait finir les doses donc j'appelle des volontaires et donc il y a des gens qui se font vacciner alors qu'ils ne devraient pas se faire vacciner. Il y a le copain du copain qui peut vous faire vacciner. Il est en train de se mettre en place un système un peu de resquie pour les vaccins, non ? Enfin, qui est ici ou là des abus. Est-ce que ce n'est pas le moment de dire allez, on y va tous ?
Qu'il puisse y avoir ici ou là des abus, je pense qu'ils sont minimes et quand ils sont identifiés, évidemment, ils sont sanctionnés et corrigés. Mais encore une fois, on a un nombre limité de doses. La question, c'est à qui ? Est-ce qu'il est le plus efficace, le plus juste, le plus sûr de donner ces doses ? C'est les personnes qui sont les plus à risque de faire une forme grave. Voilà, c'est le choix qu'on a fait depuis le début. Aujourd'hui, la France est un des pays d'Europe où l'âge moyen des personnes vaccinées est le plus élevé. Je crois que c'est autour de 60. Il reste combien de personnes à risque à vacciner, selon vous ? Il reste combien de personnes à risque à vacciner ?
On est aujourd'hui, il me semble, un peu plus de 6 millions de personnes vaccinées qui ont reçu une première injection. Les personnes les plus vulnérables, on les a identifiées autour de 15 millions de personnes. Donc voilà, vous faites la différence. Donc on n'est même pas à la moitié. Vous faites la différence. Mais on commence par ceux qui sont les plus vulnérables, les plus vulnérables, c'est-à-dire les plus âgés et ceux qui ont une comorbidité.
Gabriel Attal, vous dites ce matin... Pardon, juste,
je peux compléter. Quand on a lancé la campagne de vaccination, je me souviens, j'étais venu ici sur votre bateau ou c'était juste avant. Souvenez-vous les objectifs qu'on avait fixés, qui avaient été fixés notamment par le Premier ministre devant l'Assemblée nationale. Ces personnes vulnérables, les 15 millions, on avait prévu de les vacciner d'ici à la fin juin. Qu'est-ce que je vous ai dit tout à l'heure ? C'est que maintenant notre objectif, c'est d'avoir vacciné 10 millions de personnes à la mi-avril et 20 millions à la mi-mai. Donc on a avancé des objectifs qu'on s'était fixés au départ, au lancement de cette campagne de vaccination
et on va faire tout pour les tenir. Vous rappelez ce matin ce qui est une forme de mantra dans votre gouvernement. Nous ne faisons pas de pari avec la santé des Français. Mais les parents d'élèves qui ont lu la presse ce matin ont sans doute eu la chair de poule. Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, dit, je le cite, maintenir les établissements ouverts revient à prendre un risque. Avoir un collégien ou un lycéen chez soi accroît de 30% le risque d'être infecté. La question de la fermeture des établissements se pose, c'est le talon d'Achille assumé du dispositif actuel. Est-ce que vous prenez un risque ? Comme le dit Arnaud Fontanet, est-ce que vous l'assumez ce risque ? D'abord,
le Conseil scientifique lui-même, la Société française de pédiatrie, dans leurs avis, ne recommande pas la fermeture des écoles. On a fait le choix, c'est vrai, depuis le début de cette crise, de maintenir les écoles ouvertes.
Donc Arnaud Fontanet
se trompe. Non, je ne dis pas ça. C'est un très grand professeur épidémiologiste qui nous accompagne, qui fait des recommandations. Évidemment, quand la circulation du virus augmente dans notre pays, elle augmente partout. Donc évidemment qu'il y a des contaminations à l'école, qu'il peut y avoir des contaminations à l'école. On a fait un choix de maintenir les écoles ouvertes avec un protocole sanitaire pour limiter ces contaminations.
Et vous aurez noté que dans les 16 départements où le virus circule le plus, le choix qui a été fait, c'est de basculer maintenant dans tous les lycées, puisque je crois que c'est là où le risque est le plus important, une jauge de 50% dans tous les lycées pour limiter le brassage et pour garantir la distance. C'est pour ça aussi qu'on déploie les tests salivaires. On est un des pays qui déploie dans les écoles le plus les tests salivaires pour précisément pouvoir identifier...
Dans les collèges aussi ou pas ?
On a commencé par les plus petits. Pour l'instant, c'est dans les écoles. C'est pour eux que c'est le plus difficile. Mais évidemment qu'on va étendre, quand les capacités vont monter. On va d'ailleurs l'étendre, y compris à des publics fragiles qui ne sont pas seulement des enfants, mais des personnes très âgées ou des personnes en situation de handicap.
La question des écoles, ça nous ramène en fait aux mesures qui ont été annoncées jeudi. J'ai une question à vous poser. Est-ce qu'on ne risque pas là de perdre sur les deux tableaux ? C'est-à-dire des mesures suffisamment contraignantes pour nous démoraliser et affaiblir l'économie, mais pas suffisamment contraignantes pour freiner le virus ?
Moi, j'essaye de voir les choses dans l'autre sens, David Doucan. On a des mesures de freinage qui doivent nous permettre de tenir jusqu'au moment où la vaccination produira suffisamment d'effets et qui doivent limiter les contaminations et essayer de contenir l'épidémie, qui doivent en même temps permettre à l'économie de continuer à tourner. Il y a certains pays en Europe qui ont fait un choix de dire on va rester confinés non-stop avec les écoles fermées, les commerces fermés pendant des mois. C'est ce qui s'est passé en Allemagne. En Allemagne, ils ont mis en place un confinement avec fermeture des écoles et des commerces à la mi-décembre.
Il était annoncé pour 4 semaines en disant derrière ça va faire chuter l'épidémie, on pourra rouvrir. Ils y sont toujours depuis la mi-décembre. Mais pardon, ils ont des taux d'incidence qui n'ont rien de comparable avec nous.
Il y a un nombre de morts par rapport à leur population qui n'a rien de comparable non plus.
Et qu'est-ce qu'on observe depuis plusieurs jours maintenant, c'est que l'épidémie repart. Mais pas du tout au même niveau, Gabriel Tassio,
c'est qu'ils sont à 74 000 morts
pour 68 millions d'habitants. Ce n'est pas comparable avec nous. J'entends ce que vous dites, Jean-Baptiste Boursier. Mais encore une fois, le confinement n'est pas la clé pour sortir de cette épidémie, pour terrasser ce virus. C'est la vaccination.
En parlant de sortir de cette pandémie. Absolument, et le voyage peut faire du bien, même si c'est pour dire qu'on ne pourra pas forcément voyager. Gabriel Attal, est-ce que vous pensez, il y a la question du pass sanitaire, du passeport vaccinal, est-ce que vous pensez qu'il faudra établir quelque chose qui permette aux Français de voyager, d'aller notamment pour les vacances de Pâques, de sortir, d'aller à l'étranger, et puis aussi d'avoir des touristes qui pourront revenir en France, sachant que l'économie française dépend énormément du tourisme. Bien sûr.
Et notamment la région Île-de-France. Bien sûr, c'est ce à quoi on travaille, mais deux choses. D'abord, il faut que ça se fasse dans un cadre européen, parce qu'il faut qu'on ait les mêmes référentiels partout. Et ensuite, il faut que ça tienne compte du fait... Oui, mais du coup, ça ralentit beaucoup, vous voyez bien. Et ensuite, il faut que ça tienne compte du fait que d'ici à l'été, et peut-être à la fin de l'été, tous ceux qui auront voulu se faire vacciner n'auront pas pu le faire. Moi, je veux bien qu'on dise qu'on met en place un passeport vaccinal tout de suite. Il n'y a pas de terre. Donc c'est pour ça qu'il faut que ça soit un passe sanitaire.
C'est ce qu'on a demandé, et c'est ce sur quoi on travaille aujourd'hui au niveau européen, au niveau français aussi, pour qu'effectivement, pour accéder à certains lieux... Et à part, qu'est-ce qu'on pourra voyager ? Pour accéder à certains lieux ou pour vous déplacer dans un autre pays, vous puissiez attester que vous êtes protégé, soit parce que vous avez été vacciné, soit parce que vous êtes immunisé naturellement, soit parce que vous avez produit un test dans les 72 dernières heures. C'est ce à quoi on travaille. C'est un travail qui est difficile, mais c'est pour ça qu'on anticipe pour pouvoir être prêts à l'été sur ce sujet.
En parlant de dispositifs pour avancer dans la lutte contre cette pandémie, la commercialisation des autotests a été lancée. Par définition, c'est un dispositif médical. Les supermarchés, pour l'instant, ne peuvent pas les commercialiser, donc les pharmacies uniquement. Est-ce que vous souhaitez que ça évolue ? Est-ce qu'il est possible que ça évolue ?
Je vais vous dire, déjà, commençons à les commercialiser là où c'est possible. Là où c'est possible, et puis on va voir si à l'usage, c'est utile, que ça change la donne. L'objectif, c'est de permettre au plus grand nombre de Français qui le souhaitent d'accéder à des tests. Je vais vous dire, là-dessus aussi, on a beaucoup fait. Aujourd'hui, vous pouvez aller faire un test gratuitement, avoir le résultat en 15 minutes si c'est un test antigénique.
Ce n'est pas gratuit. C'est remboursé par la Sécurité sociale.
Oui. Oui, non, mais ce n'est pas gratuit. Vous avez raison, c'est comme ça qu'il faut le dire, mais il n'y a pas de frais pour les Français, ce qui n'est pas le cas chez nos voisins européens. Là aussi, encore une fois, moi, je veux bien qu'on dise « Regardez, dans certains pays, ils ont développé les autotests beaucoup plus massivement dans les supermarchés, les gens vont en acheter, etc. »
C'est qu'en Allemagne,
notamment, vous en parlez tout ça. Oui, d'accord, mais c'est des pays où ça n'existe pas le fait de pouvoir se rendre à sa pharmacie et se faire tester sans frais en 15 minutes. Voilà. Et on a beaucoup progressé sur les tests.
Olivier Véran, dubitatif sur les autotests ce matin dans le Parisien.
Mais je vais vous dire, c'est une innovation. On ne le fera pas convaincu. Mais c'est une innovation, donc il faut voir à l'usage si c'est utile et si ça nous permet d'être plus efficaces sur l'épidémie. C'est ce qu'a dit Olivier Véran.
Il y a quand même une question qui se pose, on en parlait tout à l'heure, sur qu'est-ce qui est fermé, pas fermé, première nécessité, parce que maintenant, c'est ce qu'on dit seconde nécessité. Pourquoi il y a cet acharnement pour reprendre l'expression du président du Ménèvre, Geoffroy Rouen-Bézieux, contre les commerçants, certains commerçants ? On peut se poser la question pourquoi c'est toujours eux qui sont dans le viseur du gouvernement ? Parce que ce n'est pas là où on attrape forcément le virus. J'entends ce que vous dites et j'entends ce qu'ils vivent
et ce qu'ils ressentent. Et j'entends que c'est très difficile. Et pour certains, d'ailleurs, ça fait un an qu'ils n'ont pas pu ouvrir. Je pense par exemple aux gérants des discothèques.
Depuis un an, ils ont dû rester fermés.
Moi, je n'accepte pas ce terme d'acharnement. Je le dis. Ce n'est pas un acharnement de verser 10 000, 20 000 ou 30 000 euros par mois de compensation de la perte du chiffre d'affaires à des commerces. Mais j'entends parfaitement qu'ils ont envie de travailler. C'est des personnes qui travaillent dur, qui se lèvent tôt pour travailler, qui ont monté leur boutique. Parfois, c'est le travail de toute une vie. Et ils préfèrent vivre de leur travail que de survivre avec des aides de l'État. Ça, c'est clair. Mais encore une fois, on est dans une situation épidémique qui fait qu'on doit faire des choix, qu'on doit limiter les flux, qu'on doit limiter le brassage en intérieur.
On n'est pas le seul à les faire, ces choix.
Et ça implique des décisions difficiles. Une précision très attendue justement parce qu'on voit bien qu'il y a eu les soldes qui n'ont pas marché. Il y a eu les vêtements d'hiver, les vêtements d'été, la nouvelle collection. Quand est-ce que le dispositif, là c'est un gros trou dans la raquette, sur les stocks et notamment les stocks pour l'habillement va être mis en place ?
Vous avez raison. Pour les commerces de l'habillement, des chaussures dont on parlait tout à l'heure, il y a cette vraie question des stocks avec des stocks des nouvelles collections de l'été, du printemps qui sont arrivés. Et donc la semaine prochaine, mon collègue Alain Griset en lien avec Bruno Le Maire annoncera une mesure pour aider les commerçants sur leur stock.
Alors qu'est-ce que vous pouvez faire Gabriel Attal sur le télétravail ? Vous l'avez dit tout à l'heure, on se contamine à la maison si on invite des gens, etc. et on se contamine au travail. C'est-à-dire les moments où on enlève son masque, on mange entre collègues, etc. Ça ne tue plus. Les employeurs sont de moins en moins partants et les salariés, les salariés surtout, ils n'ont plus envie. On le sent. Ils veulent revenir au bureau, ras-le-bol de bosser à la maison. Qu'est-ce que vous pouvez faire ? Ce qui est certain, c'est que le télétravail
a chuté depuis le confinement du mois de novembre. En tout cas, il a chuté en décembre et en janvier. Et souvenez-vous, fin janvier, on a dit, on a remobilisé tout le secteur privé et les administrations pour augmenter le télétravail. C'est aussi à ce moment-là qu'on a donné la possibilité pour les personnes qui peuvent télétravailler cinq jours sur cinq de revenir quand même une journée par semaine sur le lieu de travail parce que là, pour des questions psychologiques, je pense notamment à des personnes qui vivent dans de petits appartements pour qui c'est très difficile, évidemment qu'il faut qu'ils puissent revenir au travail.
Ce qu'on constate, c'est que ça remonte quand même depuis plusieurs semaines. Mais ce n'est pas suffisant. Aujourd'hui, je crois qu'il y a 66% des entreprises qui peuvent faire télétravailler leurs salariés qui le font. Dans l'administration, ma collègue Amélie de Montchalin mobilise aussi beaucoup le secteur administratif. Je crois qu'en moyenne, on était en janvier autour de 40% de télétravail dans les administrations.
On est aujourd'hui à 50%. Vous ne pouvez pas contraindre, Gabriel Attal. Là, vous faites le constat très bien, mais vous ne pouvez pas contraindre.
Quand on dit qu'il faut télétravailler, quand on peut télétravailler, qu'on met en place des contrôles, il y a des contrôles, des mises en demeure, des sanctions qui peuvent exister, tout ça, on va l'augmenter.
D'accord.
Voilà. Des mises en demeure ? Oui, il y a eu plusieurs dizaines de mises en demeure qui ont été faites à des entreprises ces dernières semaines.
Vous le notez, vous dites au patron que les contrôles vont augmenter et les sanctions. Oui, mais je vais vous dire ce que je leur dis. C'est une information pour eux.
Ce que je leur dis, c'est d'abord qu'on les accompagne. Ma collègue Elisabeth Borne, elle reçoit évidemment les fédérations professionnelles pour les accompagner. Et quand on dit contrôle, quand l'inspection du travail se déplace, c'est évidemment d'abord pour faire de la pédagogie et pour accompagner. Parfois, il y a des personnes qui ne télétravaillent pas parce que leur employeur, de bonne foi, ne s'est pas forcément dit qu'ils pouvaient les faire télétravailler. Mais quand il y a manifestement un refus de laisser travailler des personnes qui le peuvent dans son entreprise, oui, dans ces cas-là, il peut y avoir des sanctions.
Gabriel Attal, Roselyne Bachelot est positive à la Covid-19. La Légion d'honneur, on va vous montrer l'image. Il n'a pas complètement le masque. Il a le masque qui tombe un peu après. Ils ont été très proches, etc. Agnès Pannier-Runacher, cas contact dans le gouvernement. On voit là qu'il a tombé le masque. Elisabeth Borne, toujours à l'isolement. Cédric O, M. Le Drian également. Il y a un cluster au gouvernement ?
Non. Il y a, vous savez, les membres du gouvernement, on rencontre... Mais il y a des faute de précaution, non ? Non, je veux vous dire, tous les membres du gouvernement ont fait particulièrement attention. D'abord, pour des raisons sanitaires, et ensuite, parce qu'on doit être exemplaires. Vous savez, le Conseil des ministres, maintenant, il se fait intégralement en visioconférence. On est deux, avec le président et le Premier ministre physiquement à l'Elysée, Olivier Véran et moi, et les autres membres du gouvernement sont tous en visioconférence. L'essentiel de nos réunions se passe en visioconférence.
Il y a quasiment plus de réunions physiquement qui se font et quand il doit y en avoir, on est toujours moins de six.
Est-ce que vous avez des nouvelles de Roselyne Bachelot ? Est-ce qu'on doit s'inquiéter pour elle ? Je n'ai pas de nouvelles. Moi, je lui souhaite un bon rétablissement
et évidemment, on pense à elle.
Vous êtes inquiet ou pas, Gabriel Attal ? Pour elle ?
Je n'ai pas d'informations. Je n'ai pas d'informations.
Juste d'un mot, dans ce contexte, une réponse très simple. Oui, non, les régionales en juin maintenues dans ce contexte ou pas ? À ce stade, oui. Très bien.
Il n'est pas prévu, pour l'instant, de les faire évoluer. À ce stade, c'est la phrase la plus répandue depuis un an. Vous, vous l'utilisez beaucoup dans votre exercice.
J'ai toujours une précaution parce que, notamment sur ce sujet-là, vous savez qu'on a un rapport du Conseil scientifique. Il n'y a rien de nouveau là-dessus. Ça a été annoncé depuis plusieurs mois qui doit être remis avant le 1er avril pour nous dire si, oui ou non, on peut tenir ces élections et comment on peut les tenir. Et quand on dit une élection, ça va de la campagne au fait de pouvoir organiser les bureaux de vote. Vous savez qu'il y a des assesseurs qui sont nécessaires pour organiser et tenir les bureaux de vote. On est sur deux élections le même jour, donc il faut le double du nombre d'assesseurs.
Dans quelles conditions on peut organiser ces élections et on attend la vie du Conseil scientifique et ce qui nous guidera, c'est comme toujours des questions sanitaires.
Une toute dernière question qui n'a rien à voir avec la Covid mais nous souhaitions vous entendre sur ce sujet ce matin. Oui, absolument. Je ne sais pas si vous avez vu, j'imagine que oui, la mort de Magali Blandin, donc c'était en Bretagne, on a découvert son corps, donc son mari a avoué qu'il lui avait asséné un coup de baseball et un deuxième pour être sûr qu'elle était morte. Donc il y a aussi tout son entourage familial qui est sans doute mis en cause. Ça veut dire que vraiment, en France, qu'est-ce qu'on peut faire ? Pourtant, il y a des campagnes du gouvernement, il y a des alertes, qu'est-ce qu'on peut faire ?
Elle avait porté plainte, une plainte classée sans suite.
Une situation absolument terrible et bouleversante et moi j'ai évidemment une pensée pour cette femme, pour ses proches et ça fait écho effectivement à cette question des féminicides qui est un enjeu sociétal fondamental qu'on a à régler en France et sur lequel on se mobilise depuis le début de ce quinquennat. Il y avait d'ailleurs eu des mobilisations dans les quinquennats précédents. Et là, il y a beaucoup de jeunes femmes qui ont disparu aussi. Avec Éric Dupond-Moretti, Elisabeth Moreno, Marlène Schiappa, c'est la grande cause qui nous mobilise. Et donc, oui, on met en place des moyens supplémentaires. La formation, c'est très important.
Des personnes qui recueillent la parole, qui recueillent les plaintes de ces femmes qui sont victimes de violences. Des places d'hébergement parce que quand une femme est victime de violences, il faut qu'elle puisse quitter son domicile et qu'elle puisse être hébergée. On a créé 1 000 places supplémentaires l'an dernier. On en crée 1 000 supplémentaires cette année. Des mesures d'éloignement pour les conjoints violents avec les bracelets anti-rapprochement, avec les téléphones grand danger pour les femmes qui sont menacées par leurs conjoints. Il y a des drames et je vais vous dire, on considérera qu'on aura réglé ce problème quand on n'aura plus ces drames en France.
Et ça nécessite une mobilisation, évidemment, de tous les services de l'État, du gouvernement et je crois de toute la société aussi. Parce que quand on identifie des situations comme celle-là dans son entourage, qu'on assiste à certaines scènes, vous avez évoqué la question de l'entourage. C'est extrêmement important de pouvoir le signaler et de pouvoir accompagner les personnes, les aider à déposer plainte et à se protéger.
Merci beaucoup. Merci Gabriel Attal d'avoir été avec nous ce midi dans BFM Politique. Vous n'avez pas besoin de remplir ça du coup parce qu'on est sur la journée.
Je suis à moins de 10 km
de mon domicile. Mais ce soir, après 10 km, pour travailler, il faudra remplir ça évidemment. L'attestation qui est entrée en vigueur aujourd'hui, une nouvelle attestation. Merci d'avoir été avec nous. On se retrouve la semaine prochaine. David Edwige, dans un instant, à 18h, je reçois le professeur Karine Lacombe par le Covid-19 évidemment et à 19h, le chef d'état-major des armées, le général Lecointre. A tout à l'heure.
Gabriel Attal