Ian Brossat : "Cnews, ce ne sont pas des journalistes, ce sont des adversaires politiques"
Audio original de l'émission.
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Vous êtes principalement connu pour vos batailles nombreuses et variées sur les questions du logement. Alors le logement social, Airbnb, vous nous en direz quelques mots. Et vous êtes de plus en plus présent sur les médias, notamment les médias Bolloré. Alors pourquoi j'ai... D'abord, je vous remercie d'avoir accepté l'invitation. Pourquoi j'ai tenu à vous avoir ? Parce que vous faites partie des quelques politiques de gauche qui m'ont fait littéralement changer d'avis sur la présence de cadres militants élus de gauche sur ces plateaux Bollorisés. Je pensais il y a encore quelques temps que ce n'était pas forcément la meilleure idée de l'année.
Mais grâce à votre pugnacité, à vous et à d'autres, je pense à Manuel Bompard ou à Émeric Caron, vous m'avez fait littéralement changer d'avis. Qu'est-ce qui vous a poussé à aller sur ces plateaux ? Est-ce que c'est quelque chose de mûrement réfléchi ou ça s'est fait au fil de l'eau ?
D'abord, en vérité, j'y vais relativement peu. Et surtout, je pars d'un principe, c'est que quand j'y vais, le peu de fois où j'y vais, je pars du principe que je n'ai pas face à moi des journalistes. J'ai face à moi des opposants politiques. Je pense que c'est la base. Ce qui n'est pas le cas quand je vais dans n'importe quel plateau. Mais en tout cas, quand on va à CNews ou quand on va à Europe 1, on n'a pas affaire à des journalistes. On a affaire à des gens qui sont là pour tenir la contradiction. Et surtout, on a affaire à des gens qui, bien souvent, sont assez ignorants eux-mêmes et qui misent sur l'ignorance des personnes qu'ils ont en face d'eux.
Et donc, le meilleur moyen de leur répondre, c'est d'apporter du savoir, c'est d'apporter des informations, c'est d'en revenir aux faits. Et ça, c'est les règles que je me suis fixées. Après, j'y vais, je vous le disais, relativement peu parce que je n'ai pas envie de devenir un personnage de chez eux et je n'ai pas non plus envie d'être une caution. Donc, quand j'y vais, c'est rare et j'essaye qu'il se passe quelque chose au moment où j'y suis.
Il se passe quelque chose quand vous y êtes, très clairement. Alors, on va le voir face au camarade Usaï qui va se prendre une volée de bois vert et qui, justement, comme vous l'avez très précisément, ne maîtrise pas son sujet. Et vous allez lui répondre de manière assez ferme et c'est même assez rare. Je vous laisse réécouter cet extrait.
Vous parlez de candidats du Rassemblement National qui rendent hommage au maréchal Pétain. Moi, je suis... Peut-être. Je n'en sais rien. Mais...
Moi, je sais. Mais je pourrais... D'ailleurs, vous pouvez vérifier si vous faites votre travail de journaliste. Mais je... Il s'agit de Mme Françoise Billot qui est candidate dans les Côtes d'Armor. Et non seulement elle rend hommage au maréchal Pétain, mais elle rend aussi hommage à un prêtre collaborationniste qui s'appelait Jean-Marie Perrault. Vous voyez, donc deux pour le prix d'un.
Alors, je vous rejoins assez sur cette question parce qu'il y a encore quelques années avant que notamment Bolloré ne débarque, il y avait... Et puis Frontière. Il y avait cette espèce d'autocensure que pratiquaient des jeunes journalistes, à savoir qu'ils voulaient plaire à leurs employeurs et que du coup, ils rentraient un peu dans le moule. Là, c'est vrai qu'on a quelque chose qui a complètement changé. C'est que maintenant, on les embauche pour ça. C'est-à-dire qu'on embauche effectivement des militants qui vont livrer la parole de l'extrême droite de manière parfois un peu brute. Quand vous quittez le plateau, quelle est l'ambiance après lui avoir balancé ça ?
Est-ce que vous vous saluez chaleureusement ?
Non. D'abord, je me souviens très bien de cette émission parce qu'on était en pleine campagne des élections législatives. C'était la dissolution d'Emmanuel Macron. On devait être à quelques jours du premier tour des élections législatives. Et juste avant moi, il y avait un plateau avec Bardella. Et je me souviens que les studios, les coulisses étaient envahis de gens qui accompagnaient Bardella. Et alors moi, j'étais arrivé un peu les mains dans les poches tout en ayant travaillé avant quand même, mais un peu les mains dans les poches avec mon stagiaire à l'époque.
Et je dois dire qu'on s'est senti un peu seul dans une ambiance de fusion entre les journalistes de CNews et l'équipe de Bardella. Et on ne savait d'ailleurs pas très bien qui relevait de quelle équipe. Tout ça semblait assez cohérent et passé son temps à se taper dans le dos. Et donc moi, je suis arrivé dans une ambiance qui était quand même extrêmement hostile. Après, j'ai essayé de dérouler, d'affirmer un certain nombre de choses. Et en sortant, non, non, je ne peux pas dire qu'on se soit salué aimablement. J'avais quand même le sentiment d'avoir gagné le match.
Je pense très largement. Mais est-ce que vous n'avez pas la crainte ? Parce que c'est quand même ce que beaucoup de politiques me disent. Alors, je confirme, notamment un député, dont je ne citerai pas forcément le nom parce que c'est plus emblématique, un député du Nouveau Front Populaire qui m'expliquait que quand il arrive sur les plateaux, alors en l'occurrence, c'était LCI, quand il arrive sur les plateaux, il voit que tout le monde se tutoie, tout le monde se tape dans le dos, effectivement, que tout le monde est d'accord sur tout, sauf lui. Et que du coup, il se retrouve piégé parce que ça donne l'impression qu'il y a une espèce de panel de gens qui ont des avis différents.
Mais en fait, non, il se retrouve face à une seule et même personne, à savoir la famille, les copains, les copines et ainsi de suite. Donc, quand vous allez là-bas, est-ce que vous n'avez pas la crainte, quand vous sortez ce genre de choses, est-ce que vous n'avez pas la crainte de ne plus être invité ? Ce qui arrive quand même assez fréquemment.
Non, mais si je ne suis plus invité sur CNews, ce n'est pas grave. Enfin, je veux dire, ça ne m'empêchera pas de vivre une fois de plus. J'y vais rarement. Donc non, ça ne me traumatiserait pas. Non, le pire pour moi, dans un plateau comme celui-là, ça aurait été de vouloir m'adapter aux personnes qui sont sur le plateau. Je pense qu'il y a... Parce que ces gens veulent toujours vous faire dire un certain nombre de choses. Ils utilisent d'ailleurs beaucoup les questions interonégatives. Est-ce que vous ne pensez pas que ? Parce qu'ils veulent vous emmener sur leur terrain. Le pire, c'est de leur donner le point.
Souvent, moi je suis communiste, donc souvent ils veulent me faire dire du mal, par exemple, d'insoumis. Moi j'ai une règle, quand je suis face à des adversaires, et je considère que les journalistes de CNews sont des adversaires, je ne tape pas sur des partenaires. Ça pour moi, c'est la base. Moi je ne cherche pas à plaire aux gens qui sont en face de moi sur le plateau. Moi je cherche à parler aux téléspectateurs, et surtout aux personnes qui ensuite verront cette vidéo sur les réseaux sociaux, sur les miens notamment. Pour moi c'est ça qui compte.
C'est plus les réseaux sociaux du coup que... Vous parlez à qui quand vous vous adressez à USAI par exemple ? Vous parlez à qui concrètement ? Vous parlez aux téléspectateurs, aux futurs internautes ?
Au moment où je le fais, je sais très bien que derrière, je découperai la séquence. C'est prévu. Évidemment. D'accord. Et on n'est plus dans une période où quand on fait une émission sur CNews, on s'adresse uniquement aux téléspectateurs de CNews. Ce n'est pas comme ça que les choses fonctionnent. Et donc, toute stratégie qui consiste à vouloir plaire au public de telle chaîne, en le caressant dans le sens du poil, c'est complètement stupide. Parce qu'inévitablement, avec les réseaux sociaux aujourd'hui, la séquence, elle se retrouvera ailleurs. Bien sûr. Et donc, vos contradictions finiront par apparaître.
Le plus simple, c'est quand même de tenir à peu près le même discours partout où on se trouve. Ça évite de se faire, à mon avis, trop de nœuds dans le cerveau.
Y compris quand vous allez dans les studios d'une radio communautaire, dont on connaît la position par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient, et que vous vous retrouvez face à Frédéric Aziza, et dont vous savez pertinemment qu'il va demander, comme il le fait de manière récurrente depuis deux ans, LFI, antisémite ? Jean-Luc Boulinjon, antisémite ? Là, vous savez... L'avantage, c'est qu'on peut se préparer avant, quand même. Oui. Et là, concrètement, qu'est-ce qui fait que vous avez simplement accepté d'y aller, en sachant pertinemment ce qui allait être dit ?
L'histoire est un peu plus compliquée que ça. C'est-à-dire qu'en fait, je crois que la semaine d'avant, Aziza interviewe Emmanuel Grégoire, qui est socialiste. Aziza me tape dessus dans les questions qu'il pose à Emmanuel Grégoire, qui d'ailleurs me défend, et tant mieux. Et dans la foulée, je crois que je fais un tweet où je dis à Frédéric Aziza, comment est-ce que vous pouvez dire des choses pareilles à mon sujet ? Et il répond, assez habilement d'ailleurs, en disant, je vous invite la semaine prochaine, on verra si vous avez le courage de venir défendre vos positions sur le plateau. Une fois que la perche est tendue, je ne peux que dire oui. Et donc, j'y vais.
Et là aussi, j'ai essayé de dire ce que je pense, quelle que soit la personne que j'ai en face de moi et les positions qu'elle défend sur la guerre à Gaza.
Et d'être solidaire avec les filles, du coup, sur ce coup-là, puisque vous aviez dit, et on va le voir tout de suite, qu'il n'y a pas eu, à votre connaissance, de condamnation. Et qu'évidemment, s'il y avait eu une condamnation ou le moindre soupçon, vous ne l'auriez pas soutenu. Je vous laisse regarder.
L'antisémitisme de Mélenchon, ça vous parle ou pas ? Quand Jérôme Gage le dénonce, ça vous parle ou pas ?
Je ne me ferai pas dire que Jean-Luc Mélenchon est antisémite parce que je ne le pense pas. On peut avoir un certain nombre de divergences d'analyse. Je pense que l'antisémitisme progresse dangereusement et qu'il doit être combattu pied à pied. Mais nous n'aurions pas fait alliance avec Jean-Luc Mélenchon aux dernières élections législatives si nous avions pensé que d'une manière ou d'une autre, il était antisémite. D'ailleurs, l'antisémitisme, je l'ai dit tout à l'heure, est un délit. Et donc, quand on prononce des propos antisémites ou quand on commet des actes antisémites, on est condamné. Non mais là, il y a quand même une justice dans notre pays.
Que je sache, ni Jean-Luc Mélenchon, ni les responsables de la France insoumise n'ont été condamnés pour ça. Ou alors, vous avez des informations que je n'ai pas.
Non mais on peut considérer, quand on entend les choses, Jérôme Gage, un certain nombre d'autres élus socialistes de gauche, des maires, ainsi de suite, considèrent que quand ils entendent des choses, ils disent, ben ça, c'est l'antisémitisme. C'est comme ça.
Mais dans ce cas-là, qu'ils portent plainte. Et la justice sera saisie. Et elle les condamnera, puisque une fois de plus, l'antisémitisme, et heureusement, est un délit.
Alors, vous parliez tout à l'heure d'Europe 1. Justement, on va y venir. Alors, vous vous retrouvez au téléphone. Bon, c'est moins confortable, mais est moins spectaculaire. N'empêche que vous vous retrouvez face à Mickaël Dorian et vous allez évoquer un deux poids, deux mesures. Est-ce que vous aviez prévu le coup ? Parce qu'on sent que c'est un peu préparé. J'ai prévu le coup.
Cinq minutes avant, je crois, ou dix minutes avant, le programmateur, gentiment d'ailleurs, me donne les thèmes sur lesquels je serai interrogé. Donc, à ce moment-là, ce n'est pas que je prépare. C'est juste que je sais ce que j'ai envie de dire. Oui, bien sûr. En fait, je ne supporte pas. Je ne supporte pas qu'on essaye de m'emmener quelque part pour correspondre à un agenda politique qui, en réalité, est celui de l'extrême droite. Et par ailleurs, pour ce qui concerne Gaza, le Proche-Orient, puisque c'est de ça, je crois, qu'il était question, il y a deux choses. Il y a d'une part Gaza et le Proche-Orient.
Moi, je suis à la fois révolté, évidemment, par le génocide à Gaza, et je suis autant révolté par le traitement médiatique qui a été fait du génocide à Gaza. Je sais que vous en avez parlé il y a quelques semaines avec Aymeric Caron, mais moi, ça me rend malade. Enfin, la manière dont, en France, on a parlé, et on parle encore, de la Palestine, avec une déshumanisation de la population palestinienne, une volonté de silencier les ravages, les massacres perpétrés par Israël, bon, moi, ça me rend dingue. Donc, j'ai voulu, évidemment, j'ai voulu en parler. Et par ailleurs, il était question d'antisémitisme dans ce passage. Je m'en souviens très bien.
Là aussi, tous les médias bollorés passent complètement sous silence le caractère profondément antisémite de l'extrême droite française. Ces gens n'en ont rien à faire de la montée de l'antisémitisme. Ça n'est pas leur sujet. Leur sujet, c'est de faire monter l'extrême droite en passant sous silence le caractère profondément antisémite de l'extrême droite française. Et donc, oui, à un moment donné, c'est quand même bien de remettre quelques éléments d'équerre et de remettre à l'endroit ce que passent leur temps à mettre à l'envers.
C'est un fait. Alors, on ne le sent pas très à l'aise. On va regarder l'extrait avec Mickaël Dorian. Je vous laisse regarder.
Et donc, bien sûr, il faut condamner l'antisémitisme. Il faut se battre fermement contre tous les propos ou les actes antisémites. Ça vaut pour tout le monde. Ça vaut, en l'occurrence, pour cette étudiante. Ça vaut aussi quand il s'agit d'une députée du Rassemblement National, Caroline Parmentier, par exemple, qui a tenu des propos racistes, antisémites, homophobes pendant des dizaines d'années dans un journal d'extrême droite présent. Et malheureusement, de Caroline Parmentier, on parle peu. Et donc, d'une certaine manière, j'ai le sentiment d'un deux poids, deux mesures. Et donc, je le dis, l'antisémitisme, il faut le combattre partout, d'où qu'il vienne. Et ça vaut pour tout le monde.
Je voudrais quand même dire une chose. Caroline Parmentier, les propos qu'elle a tenus, l'éloge qu'elle a fait de Pétain, l'éloge qu'elle a fait de Léon de Grêle, qui est un nazi belge. Il n'en a jamais été question sur votre antenne. Jamais. Sur Europe 1, jamais. Les propos de Caroline Parmentier qui ont été révélés par Mediapart, jamais vous n'en avez parlé. Donc, je veux bien qu'on parle matin, midi et soir de cette étudiante. Enfin, excusez-moi, la responsabilité qu'on a quand on est député, elle est décuplée. Et donc, il faut parler de tout le monde, y compris de cette députée d'extrême droite dont vous n'avez jamais parlé sur Europe 1, alors que Mediapart
a fait cette enquête
il y a des mois.
Et vous en parlez, Yann Brossail, vous faites bien d'en parler. Donc, je peux le répéter 15 fois si vous le souhaitez. Tout propos antisémite
doit être combattu pied à pied. Et une fois de plus, ça vaut pour tout le monde. Simplement, la ligne éditoriale d'Europe 1 fait que vous parlez de cette étudiante palestinienne et vous ne parlez jamais de propos d'extrême droite
tenus par des députés. Oui, mais c'est quand même très révélateur. Oui, mais c'est très révélateur. Sauf que je ne crois pas que nous soyons là pour parler de la ligne d'Europe 1, mais pour parler...
Oui, mais c'est quand même très intéressant qu'une fois de plus, vous n'ayez jamais parlé de cette députée du Rassemblement National du Pas-de-Calais, Caroline Parmentier, qui a fait l'éloge de nazis, de nazis.
Yann Brossail, je ne suis pas sûr que cette discussion intéresse réellement nos auditeurs. Moi, ce que j'aimerais comprendre, c'est pourquoi est-ce que les réactions de la gauche ont été aussi rares depuis l'annonce de cette affaire concernant cette étudiante Gazaoui ?
De nazis, quand même ! Posez-vous un certain
nombre de questions. Qu'est-ce qui fait que vous n'en avez jamais parlé ? Vous souhaitez faire le débat à ma place, Yann Brossail ? En tout cas, j'ai un certain nombre de questions à vous poser, dont celle-ci. Oui, sauf que beaucoup de gens... Il me semble que c'est à moi de vous poser des questions.
Oui, mais je pense que beaucoup de gens peuvent s'étonner du fait qu'une députée d'extrême droite ait pu tenir des propos pareils, ait pu tenir des propos racistes, des propos antisémites et que vous n'en parliez jamais sur votre antenne.
Vous en avez parlé. Dans vos matchs médiatiques, on peut parler de matchs. Je ne le fais pas à la Polamare avec les fameux gants de boxe entre Le Pen et Tapie, mais ce sont quand même des matchs puisqu'il faut tenir face à ces gens-là. Vous vous êtes retrouvé face à... Alors, ça date un petit peu, je crois que c'est 2019. Vous vous retrouvez face à Daniel Riolo qui va alors faire non pas du négationnisme mais carrément du révisionnisme puisqu'il va avoir... Il va donner son avis. Alors, ça, c'est un travers assez extraordinaire quand même.
Tous ces animateurs, je vous appelle comme ça, animateurs sportifs qui deviennent des toutologues et qui sont capables de parler d'histoire, de parler de politique, d'économie. Enfin bon, Pascal Pron est l'un des exemples criants. Et Daniel Riolo rentre aussi dans ce truc-là. Et là, en étant rieur, il va parler des résistants communistes dans des termes qui vont vous faire bondir. Je vous laisse écouter.
Le parti communiste français. Le parti communiste en France, qu'est-ce que c'est ? C'est 36, les congés payés. C'est 45, un gouvernement auquel on participe avec le général de Gaulle et qui met en place la sécurité sociale. C'est la collaboration
avec les nazis.
Pardon ?
Le parti communiste français. Non, non, non.
C'est la résistance, monsieur.
C'est 75 000 fusillés. Pardon ? Non, mais pardon. Ok, très bien. Très bien, très bien. Je crois qu'il va falloir que vous révisiez vos livres d'histoire.
Le parti communiste c'est honteux ce que vous avez dit. C'est une blague. C'est une blague. C'est honteux.
Le général de Gaulle a sauvé le parti communiste français après la guerre en l'intégrant au pouvoir décisionnel alors qu'il avait complètement collaboré.
C'est une insulte. À ce moment-là, est-ce que vous avez pas envie de lui dire occupe-toi de ce que tu connais et qui êtes-vous ou qui es-tu pour pouvoir tenir de tels propos ? Qu'est-ce qui vous vient à l'esprit quand vous entendez de telles aberrations ?
Là, en réalité, je suis absolument pas préparé et j'avoue que je m'attends pas à ce qu'il vienne sur ce terrain-là. Je dois dire que je suis un peu déconcerté et je pense que ma révolte s'entend sur le plateau. D'ailleurs, tout ça lui a quand même valu à l'époque une mise en garde de l'Arcôme et il a été exclu des grandes gueules pendant une certaine période dans la foulée de cette intervention. Il y a eu à ce moment-là beaucoup de signalements.
Vous savez, au moment où il le dit, je me souviens très bien, je pense à Odette Niles que j'ai rencontrée quelques semaines avant qui était la petite fiancée de Guy Mokey et c'est vraiment à elle que je pense et je me dis comment est-ce qu'il peut dire une chose pareille ? Soit il est complètement ignorant, soit il est dans une logique révisionniste qui consiste sciemment à traverser la réalité mais oui, à ce moment-là, ça me rend malade. Alors là, vous voyez, au moment où je le fais, il n'y a aucune espèce de stratégie de ma part. Je crois que je fais juste entendre une forme de révolte, de colère qui me vient spontanément. je ne m'attendais pas à ça.
Je dois dire qu'au moment où il le fait, je suis un peu décontenancé.
Et là, vous pensez avoir répondu correctement ?
Non, parce que, enfin, je suis épuisé au moment où l'émission a lieu. C'est la dernière ligne droite de la campagne des élections européennes de 2019. Je réponds comme je peux. Mais dans la foulée, il y a une très belle tribune qui est publiée dans l'Humanité par Odette Niles, justement, qui depuis nous a quittés. Une espèce de lettre ouverte qu'elle adresse à Riolo. Et je pense qu'en réalité, c'était la plus belle des réponses et c'était très bien que ça vienne d'elle.
Oui, heureusement qu'il y a ce genre de répondants. Est-ce que vous vous êtes dit parfois, en quittant le plateau, vous vous êtes dit j'aurais pas dû y aller ? Oui, ça m'arrive, oui. Vous avez un exemple en tête ? Ça m'arrive. Pas forcément une chaîne, pas forcément une antenne, mais pourquoi vous vous êtes dit j'aurais pas dû y aller ?
Parce que j'ai pas pu parler des sujets qui me tiennent à cœur. Parce que je me suis retrouvé à commenter une actualité sans réussir à faire le pas de côté qui me permet de dire ce qui me tient à cœur au moment où l'émission a lieu. Oui, ça m'arrive de temps en temps. Oui, mais j'en refuse beaucoup aussi des plateaux. Quand je sens que l'actualité du jour ne me permettra pas de parler de ce qui, à mon avis, est important, je les refuse. Oui, ça m'arrive au moins une fois par jour.
Ah oui, carrément. Sur les chaînes infos. Donc, il n'y a pas eu d'infléchissement ? Vous êtes toujours invité ? Ah oui, je suis toujours invité. Même si vous n'êtes pas présent, vous êtes invité ?
Oui, je suis invité. En vrai, je choisis aussi les médias sur lesquels je veux parler. Donc, je sélectionne ce qui est normal.
Quand vous vous retrouvez à côté de Pierre Lissia, alors Pierre Lissia, je pense que personne le connaît et c'est tant mieux. On va dire globalement qu'il n'a pas inventé l'eau tiède ni le bidon de 2 litres. Mais il fait fanfare. Tout à l'heure, vous parliez de découper les séquences pour les réseaux sociaux. Lui le fait, mais alors, sans vous laisser répondre. Je vous laisse regarder cet extrait qui est une prétention sans nom.
Je pense que tu es une contradiction à toi tout seul. Il y a cette histoire, effectivement, de fustiger les riches qui prennent l'avion et de le prendre toi-même assez régulièrement pour partir en vacances sous les tropiques. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi le fait de vouloir être comme tu le fais, te présenter en défenseur des gilets jaunes, du peuple qui travaille, qui a du mal à boucler ses fins de mois, alors que, pardonne-moi, ça fait combien de temps que tu n'as plus travaillé ? Tu es élu depuis 2008 conseiller de Paris. Tu ne vis que de tes indemnités d'élu. Tu fais construire des logements sociaux dans Paris. Il y a des quartiers entiers qui sont ghettoisés.
On arrive à 90% de logements sociaux. Et toi, aujourd'hui, tu habites Butmont-Martre. Tu fustiges les riches qui s'achètent un petit pied-à-terre à Paris parce que tu considères que les mettre sur Airbnb, ça fait exploser le prix de l'immobilier. Mais tu fais la même chose parce que tu achètes un petit appartement à Calvi où tu y es deux semaines par an et tu sais bien combien les jeunes corps sont du mal à se loger.
Alors, pourquoi je veux montrer cet extrait avec ce brave Lysia, ce fidèle Lysia ? Je crois qu'il est maintenant à la région, Île-de-France. Enfin, il a été arcasé par sa copine Valérie Pécresse. Il va vous attaquer. Mais alors là, personnellement, qu'est-ce que ça vous fait à ce moment-là de subir cet assaut ? Je trouve ça en plus
assez misérable parce que je connais le bonhomme. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, dans l'extrait, il se permet de me tutoyer. C'est marrant parce que j'ai discuté, je me souviens, quelques semaines après cette émission avec une élue de droite parce qu'il est tellement caricatural qu'il s'est aussi fait beaucoup d'ennemis à droite et elle m'a dit tu n'aurais jamais dû le laisser dérouler. En fait, tu aurais dû couvrir sa voie. Bon, c'est la seule leçon que j'en ai tirée. C'est-à-dire que maintenant, quand quelqu'un fait ça, je me débrouille pour qu'il ne puisse pas le faire, en fait. D'autant qu'après, j'ai fait une réponse qui, à mon avis, se tenait, tenait la route.
Mais oui, il y a des moments où il faut savoir couper la parole. Comme je suis un garçon poli et j'étais quand même un peu élevé selon la règle qui dit qu'on ne doit pas couper la parole, j'ai tendance à laisser dérouler. Mais de temps en temps, il ne faut pas.
Pour revenir justement sur l'exemple avec Usaï, quand vous lui demandez de faire son boulot de journaliste, vous avez un look, pardon de le lire comme ça, mais vous avez un look de quelqu'un de gentil, de posé, vous ne vous énervez jamais, vous faites des phrases dans un français châtié. Est-ce que ça joue en votre faveur, ce côté, on va avoir un garçon gentil en face de nous, mais en fin de compte, il va s'avérer un peu plus mordant ?
En fait, je n'en sais rien. Je suis comme je suis. Je n'ai pas travaillé cet aspect gentil. Je pense l'être. Je pense que ça se voit un peu. Après, gentil, mais j'essaye d'être intransigeant dans l'argumentation. Si j'ai une obsession que j'ai vraiment retenue de mes années d'enseignement, puisque j'étais plusieurs années prof à Sarcelles, c'est le souci d'être compris. Je trouve qu'il y a beaucoup de responsables politiques qui, parfois, oublient cette donnée-là. Et parfois, la langue politique est quasiment une langue étrangère, pleine d'acronymes. Moi, j'ai l'obsession d'être compris.
On est d'accord ou pas avec ce que je dis, mais je veux au moins que les gens comprennent ce que je défends. Donc, j'essaye de le dire, oui, dans un langage châtié, mais surtout dans un langage compréhensible, sans pour autant faire de la démagogie ou faire semblant de rabaisser le niveau de langage. Mais en tout cas, être compréhensible, pour moi, c'est fondamental. Dérouler l'argumentation pour que chacun puisse s'en saisir, ça, je trouve que... Et puis, c'est aussi une question de respect pour les personnes qui nous écoutent, pas forcément pour le journaliste dont vous parlez, mais en tout cas, pour les personnes qui écoutent, je pense que c'est important de faire cet effort-là.
C'est un effort. La solution de facilité, c'est de débiter les éléments de langage. Réussir à être compréhensible, parfois pour expliquer des choses compliquées, je pense que c'est un effort à faire qui est très important.
Vous vous tenez informé de manière quotidienne de l'actualité ? Oui,
bien sûr. Le matin, je lis les journaux, y compris des journaux plutôt classés à droite. Et ensuite, les réseaux sociaux pour l'essentiel. et puis quand il y a une actualité brûlante, j'ai des amis ou des collaborateurs qui m'informent.
Oui, bien sûr. D'accord.
Et quand vous voyez l'état des médias aujourd'hui, est-ce que vous estimez, puisque vous êtes évidemment engagé en politique, ça n'aura échappé à personne, est-ce que vous avez, avec les prochaines échéances, est-ce que vous avez le sentiment qu'il va falloir passer un cap supérieur, passer la troisième, pour vraiment mettre au cœur des campagnes et des programmes à gauche, notamment au Parti communiste, que ce soit pour les législatives, notamment, j'imagine bien, et puis évidemment pour la présidentielle, la question de la maîtrise des médias, du recadrage de certains médias et de la réappropriation par les citoyens de leurs médias, notamment publics, je pense évidemment aux questions de concentration et ainsi de suite.
Est-ce que vous pensez que ça a une place suffisamment remarquable ou qu'il va falloir qu'on y aille ?
Bien sûr. On voit bien que c'est un enjeu de démocratie fondamentale. Quand on voit l'énergie que met par exemple la ministre de la Culture et de la Communication, Mme Dati, à taper matin, midi et soir sur l'audiovisuel public dont elle a la tutelle, on l'a encore vu il y a quelques jours, c'est particulièrement inquiétant. Alors je ne dis pas que l'audiovisuel public est parfait, mais enfin en tout cas, la moindre des choses qu'on puisse attendre d'un ministre de tutelle, c'est qu'il défende l'audiovisuel public face aux mastodontes de Bolloré et de médias de milliardaires d'extrême droite. Donc oui, bien sûr, que la gauche doit batailler sur ce terrain-là, à l'évidence.
Ça ne veut pas dire qu'il faut déserter les médias de droite, il faut continuer à défendre nos positions, mais il faut aussi défendre une conception de la démocratie dans laquelle on a du pluralisme. Ce pluralisme-là, il est aujourd'hui particulièrement en danger.
Alors vous dites du mal de Rachida Dati, je voudrais prendre sa défense puisqu'elle est occupée à d'autres choses en ce moment. Je vous laisse regarder.
Avec moi, la ville sera propre et elle sera tranquille et c'est justement ce qu'attendent les Parisiens. Ils attendent des résultats et d'efficacité et de l'action. Ah c'est à vous ? Ah bah je vais vous la guider. Moi je serai la maire des résultats.
Si des personnes comme moi ne font pas ce boulot-là,
il y aurait toutes les maladies du monde. Si demain je suis une maire de Paris, je voudrais que la ville soit propre tout le temps.
Alors évidemment, je faisais une petite galéjade. Est-ce que, puisque vous êtes régulièrement, entre guillemets, régulièrement en campagne ou vous appuyez des campagnes, comment vous voyez cette campagne, la tournure de cette campagne puisque ce n'est pas la première vidéo au Fédati notamment, comment vous voyez la tournure de la campagne à Paris ?
Ah vous savez, je la connais Dati depuis une quinzaine d'années. On a été élu au conseil de Paris en même temps. C'est quelqu'un qui va tout faire pour qu'on ne parle jamais de fond. C'est quelqu'un qui va tout faire pour ne jamais assumer les positions qui sont les siennes, qui sont en réalité des positions de droite. Elle va chercher à transformer cette campagne en match de personnage. D'ailleurs, elle a voulu changer le mode de scrutin à Paris pour ça. C'est un scrutin qui personnalise à outrance l'élection avec ce qu'elle appelle un vote direct pour le maire. Pour moi, ce qui compte, c'est qu'on parle des problèmes des Parisiens.
Typiquement, sur les questions de propreté, par exemple, elle ne le dit pas dans sa vidéo quand elle rencontre des éboueurs, mais elle est favorable à la privatisation de la collecte des déchets. C'est-à-dire, en réalité, qu'aujourd'hui, vous avez la moitié des arrondissements parisiens qui sont en régie, donc c'est géré par le public, et la moitié dans le privé. Elle propose que tout soit confié au privé. Donc précariser les... Donc c'est-à-dire une précarisation accrue d'un métier qui est déjà difficile. Par ailleurs, quand elle rencontre les éboueurs, elle ne leur dit pas qu'elle a soutenu la retraite à 64 ans. Et donc, pour eux, le report de l'âge de départ à la retraite.
À l'époque, il y a eu une très grosse grève des éboueurs parisiens qui se mobilisaient contre cette réforme des retraites. Et à l'époque, d'ailleurs, elle demandait qu'on applique le service minimum, c'est-à-dire qu'on réquisitionne ses agents. Donc vous voyez, moi, je n'ai pas voulu commenter cette vidéo au moment où elle est parue parce que si on se met à commenter les vidéos de Dati, on peut y passer toute la campagne. Moi, ce que je souhaite, c'est qu'on revienne au sujet de fond. Moi, je suis favorable à exactement l'inverse.
Je suis favorable à la remunicipalisation totale de la collègue des déchets, c'est-à-dire que les arrondissements qui aujourd'hui sont confiés aux privés, avec parfois des conditions de travail qui sont particulièrement difficiles, que tout ça soit remunicipalisé et revienne en régie. D'ailleurs, c'est aussi la position qui est défendue par la CGT Propreté à Paris. Mais ces débats-là, moi, je veux qu'on les ait. Et c'est autre chose que d'aller faire son cirque.
Bien sûr. La chance qu'un éboueur, que puisse avoir un éboueur, l'un des éboueurs qu'elle a rencontré là, la chance qu'il puisse, ou elle puisse avoir, d'avoir un logement dans le 7e arrondissement dont Dati est maire. Elle n'est pas lourde,
mais quand même, j'ai bataillé avec Dati pour obtenir qu'on crée 250 logements sociaux dans son arrondissement, dans les anciens bureaux du ministère de la Défense. Elle s'y a à l'époque beaucoup opposé. Et c'est marrant que vous me disiez ça parce que justement, quand je les ai inaugurés, j'ai eu une discussion avec un éboueur qui est éboueur à Paris-Centre et qui m'a dit qu'avoir un logement social dans le 7e arrondissement, pas très loin de son lieu de travail, ça lui avait changé la vie. Mais enfin, je n'oublie pas que Dati m'a fait la guerre au moment où on a décidé de créer ces 250 logements sociaux qui sont d'ailleurs magnifiques.
et je suis très fier de lui avoir tenu tête à ce moment-là, notamment pour loger des éboueurs.
Dans votre actualité récente, se trouve la place des Vosges ?
Oui, on ne s'est pas contenté de transformer les anciens bureaux du ministère de la Défense en logements sociaux. On est aussi en train de transformer un hôtel particulier place des Vosges, donc vraiment au cœur de Paris, dans le Marais, en logements sociaux avec l'idée de les réserver à des éboueurs, à des auxiliaires de puériculture et à des femmes victimes de violences. C'est un programme qui est en cours et là aussi, moi je suis toujours frappé par le fait que la droite passe son temps à expliquer qu'elle n'est pas contre le logement social, mais enfin, dès qu'on fait du logement social, quel que soit l'endroit où on le fait, elle y est hostile.
Et on a vu d'ailleurs la semaine dernière les représentants de Mme Dati, Thierry Mariani, qui est le candidat du Rassemblement National à Paris, défiler devant cet hôtel particulier pour expliquer tout le mal qu'ils pensaient de ce projet. Alors leur argument, c'est dire que ça coûte très cher. Ça ne coûte pas très cher puisque c'est un immeuble qui appartenait à la ville de Paris. Simplement, quand vous avez un immeuble, c'est un immeuble qui était vide, vous avez deux possibilités. Soit vous décidez d'en faire quelque chose, on a décidé effectivement d'en faire du logement social, soit vous décidez de le vendre au plus offrant et d'entretenir la spéculation immobilière.
C'est vrai que nous, on a préféré le mettre au service d'un projet d'intérêt général et je pense que ça tombe quand même sous le sens que dans une ville qui manque de logements sociaux, dans un quartier qui en manque énormément, qu'on puisse loger des gens qui travaillent à Paris et qui, à ce titre, ont parfaitement le droit d'y vivre.
Et on sait la violence notamment, je crois que c'était dans le 16e, vers le bois de Boulogne, où on avait voulu installer des... Ça avait été une guérilla urbaine avec des insultes.
Il y a eu d'ailleurs à l'époque de très beaux papiers de Monique et Michel Pinson-Charlot qui étaient présents dans l'assistance au moment où nous présentions au riverain, c'était à l'université Paris-Dauphine dans un amphithéâtre, nous présentions ce programme qui était en fait un grand centre d'hébergement à destination de personnes à la rue, personnes isolées et familles. Et à ce moment-là, c'est vrai qu'on a eu une espèce de déchaînement, de racailles en visons pour nous empêcher de présenter ce programme. Vous savez, on l'a fait on a eu deux tentatives d'incendie, mais on l'a fait, on a tenu bon et au final, ce centre d'hébergement qui devait rester trois ans est toujours là.
Ça fait dix ans.
Bien. On va revenir à votre passage chez Frédéric Aziza parce qu'ils ont, collectivement, je ne parle pas seulement de Frédéric Aziza, ils ont un problème avec vous par rapport à votre histoire, c'est qu'ils ne peuvent pas ou difficilement vous traiter d'antisémite puisque vous avez pris des positions assez courageuses sur Gaza parce que vous avez une histoire particulière notamment qui est liée à votre grand-père. Vous lui avez dédié un livre que j'avais lu en son temps. Vous pouvez nous rappeler le parcours de votre grand-père ?
En fait, c'est une histoire que j'ai racontée d'ailleurs dans l'émission de Frédéric Aziza. Mon grand-père, ma famille, de manière générale, c'est une famille juive polonaise donc c'est une famille qui a vécu dans la Pologne, qui a vu la montée de l'antisémitisme et mon grand-père est le seul de sa famille qui a survécu à la Shoah parce que quand les nazis ont commencé à commettre leurs exactions en Pologne, il a fui en Union soviétique et il s'est ensuite engagé dans l'armée rouge et c'est ce qui lui a permis à la fois d'avoir la vie sauve et de combattre les armes à la main, les nazis qui ont massacré sa famille.
Et ensuite, mon grand-père s'est installé en Israël au moment de la création de l'État d'Israël. Il a travaillé au sein d'un centre qui fabriquait des armes chimiques et bactériologiques et à ce moment-là, les soviétiques ont repris contact avec lui et il a donné un certain nombre d'informations sur les armes chimiques et bactériologiques fabriquées par Israël. C'était la période de la guerre froide. Et c'est vrai qu'Aziza, dans l'émission, a cherché à me mettre en difficulté là-dessus.
Moi, j'ai toujours assumé ce qu'a fait mon grand-père, la fidélité qu'il a eue vis-à-vis d'un pays dont on pense ce qu'on veut, mais enfin, un pays qui lui a permis d'avoir la vie sauve et de combattre les nazis. Et donc, moi, je n'ai pas de problème avec le fait qu'on m'en parle. Simplement, il faut en parler avec des termes qui soient les bons. Et, comment dire, personne ne peut me retirer le fait que ma famille sait ce que c'est que l'antisémitisme et l'a vécu dans sa chair puisque toute ma famille, celle de mon grand-père, celle de ma grand-mère, est morte dans les camps. Enfin, ils sont tous morts à Treblinka. Donc, il y a des sujets sur lesquels il ne faut pas me chercher.
Oui, bien sûr. On rappelle pour, notamment, notre ami Daniel Riolo, notre historien en chef, Daniel Riolo, que l'armée rouge, face à l'armée rouge, évidemment, la victoire contre le nazisme aurait été largement compromise, je pense évidemment, au front de l'Est. Quelle va être votre actualité dans les prochaines semaines ? Est-ce que vous êtes en pré-campagne, en campagne ? Je serai sur deux fronts.
D'abord, il y a évidemment le débat parlementaire sur le projet de loi de finances, le projet de loi de finances de la sécurité sociale au Sénat. Je suis sénateur et donc, j'ai bien l'intention de faire entendre une voix de gauche dans une assemblée, un hémicycle quand même très dominé par la droite. Et deuxièmement, bien sûr, la campagne des élections municipales. Moi, je ne veux pas que cette ville tombe dans l'escarcelle de Dati et de Knafo. Et donc, je pense qu'il va falloir qu'on défende nos positions et que Paris reste une ville animée par des valeurs progressistes. Bon, mais on a quatre mois de campagne et je suis au taquet. Ça va vous pousser
à accepter de manière plus régulière des invitations médiatiques ?
Oui, en vrai, en ce moment, c'est quand même difficile de parler des élections municipales sur les plateaux télé. Enfin, je trouve qu'il en est assez peu question. Bon, il faut dire que le contexte national, l'incertitude sur le budget a fait que c'est ce qui domine l'actu. Mais en tout cas, à chaque fois que j'aurai l'occasion de débattre de Paris, typiquement de nos propositions sur le logement, sur le logement social, sur l'encadrement des loyers, sur Airbnb, à chaque fois que je pourrai le faire, je le ferai et je saisirai les perches qui me seront tendues.
Eh bien, on vous retrouvera et on suivra ça avec grand intérêt. Et encore merci, Yann Brossat, d'avoir accepté cette invitation et merci à vous d'avoir regardé cette spéciale de l'œil de Moumou. On rappelle que le média, votre média, ne vit que des abonnements et des dons. Restez connectés aux médias. Excellente journée et à très vite.
Ian Brossat