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interviewEurope 1· 8 janvier 2026 17 min

Révélations Mercosur : Voilà ce qu'à dit Yaël Braun-Pivet à Karine Duc la co présidente de la CR47

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

et que nous sommes avec Karine Duc, présidente de la chambre d'agriculture de Lotte et Garotte et membre de la coordination rurale qui a été reçue par Yel Bron Pivet qui nous dira dans une seconde ce qui s'est dit dans cette réunion. On va être avec Emmanuel Ducro également journaliste à l'opinion que l'on retrouve chaque semaine dans la matinale de repin. Toutes les questions sur la colère agricole évidemment on va vous les poser Emmanuel Ducro.

Est-ce que vous vous attendiez à ce que j'allais dire ça explose ? Le terme est peut-être un peu fort, mais à ce que ça se tende manière-là, Emmanuel Ducro en en tant qu'observatrice du sujet agricole depuis si longtemps. Alors en fait, ça fait quand même un grand moment que les observateurs du monde agricole constatent que ça ne va pas bien.

En fait, ça va pas bien depuis des années. On a eu une première épisode, un premier épisode de mobilisation en 2023-2024, ça fait déjà 2 ans. Et ça ne s'est jamais vraiment calmé.

Il y a eu des espoirs dans des projets de loi qui ont bah produit des effets manifestement insuffisants. Et puis maintenant, il y a cette histoire de Mercosour qui vient se surinfecter. Alors le mercosour finalement, j'allais dire c'est presque véniel au regard de tout ce qui ne va pas dans l'agriculture française et c'est certainement pas le problème he il y a d'autres problèmes beaucoup plus importants.

Donc est-ce qu'on s'attendait à ce que la colère agricole ressurgisse ? Évidemment. Euh et là effectivement, on a un moment politique avec cette cette signature du Mercosour qui se précise, qui cristallise un peu des années de de de revendication.

Est-ce que vous diriez, je sais que vous êtes une spécialiste bien sûr de ce sujet-là, mais plus largement de l'économie, que le traité du mercosur est une survivance, une forme de que de comète de la globalisation heureuse qui est un modèle aujourd'hui peut-être dépassé qui tournait autour de l'Union européenne telle qu'elle avait été imaginée il y a encore 20 ans 30 ans qui est prolongé par Emmanuel Macron mais qu'au fond les uns et les autres n'ont pas compris que le monde changeait et que cette globalisation heureuse était certains vœux pieux mais qu'elle ne pouvait pas se mettre en place. Alors, je crois que je ne suis pas d'accord avec vous parce que on est en train de se rendre compte que le monde se tend, que le monde se découpe en grand bloc et que pour survivre dans un monde de prédateur, on a besoin d'avoir des alliés. Et le mercossour est certes un traité ancien qui répondait à une ancienne idée des échanges internationaux, mais dans la nouvelle donne internationale avec les États-Unis qui font du protectionnisme, avec la Chine et la Russie qui s'ar y compris sur les questions alimentaires, ben il faut se trouver des alliés.

Et on le voit par exemple pour notre agriculture, on a des marchés qui se ferment he le marché des États-Unis pour nos vins spiritueux par exemple la Chine qui impose des taxes sur nos produits laitiers, sur notre cognac quand elle le peut sur notre port. Il faut qu'on se trouve des nouveaux alliés et dans cette perspective là, le Mercosour, alors peut-être qu'il est imparfait, peut-être qu'il est à retravailler, mais il n'est certainement pas anachronique. Bon, écoutez, c'est intéressant de de vous entendre Emmanuel Ducro et Karine Duc est là.

Elle est présidente de la chambre d'agriculture du Lotégaron, elle est membre de la coordination rurale. Elle a donc été reçue par Yel Bron Pivet. Bonjour madame et merci d'être avec nous.

Bonjour, merci de m'accueillir. Alors, je voulais simplement corriger un petit peu, c'est mon président national qui est allé voir madame la présidente de l'Assemblée nationale. Moi, je suis allé voir monsieur Travers qui nous a reçu en tant que président de la commission des affaires économiques.

Alors, la question dans ces cas-là est toujours simple. Qu'est-ce que vous avez demandé à votre interlocuteur ? ce qu'on demande depuis des années, de trop nombreuses années et qu'on a demandé il y a 2 ans et qu'on a redemandé cette fois-ci il y a 2 ans, la différence qu'il y a 2 ans, on avait demandé des choses qui des solutions un cap, des mesures structurelles et des mesures conjoncturelles pour pouvoir avancer dénonçant enfin essayant d' là de de de dire qu'il y avait des difficultés majeures à venir, même s'il y en avait déjà beaucoup à l'époque et qu'on allait droit dans le mur si il n'y avait pas un séisme au niveau de la politique agricole.

Ce séisme bien entendu qu'il n'a pas eu lieu et on s'est retrouvé on se retrouve cette année à devoir subir et en étant vraiment la face contre le mur et à de et vraiment contraint à devoir ben moi dans mon département j'ai fait le bil. J'ai 75 % des agriculteurs qui sont en difficulté. Euh j'ai 10 % qui euh ne vont pas euh très certainement pouvoir passer l'année. 10 % ça fait 500 agriculteurs sur un petit département.

Euh mais c'est cette situation est complètement euh transposable sur bon nombre de départements. Euh euh j'ai fait le point avec euh mais ça va bien au-delà du Mercosur. Le Mercosur qui pourrait être d'ailleurs signé demain.

On sait pas s'il sera signé par Emmanuel Macron mais en tout cas il sera signé par l'Union européenne et quoi qu'il arrive le traité va s'appliquer si j'ai bien compris. Mais il faut arrêter de parler du mercure. Le mercur c'est un leur on parle à chaque fois, on nous rebrandit ce sujet alors que sans le Mercosur, l'agriculture est dans une situation catastrophique.

Donc bien Donc ça va bien au-delà du Mercur bien entendu. Le Mercossur est un accélérateur de la situation mais le Mercosur n'est pas le cœur du problème. Euh le cœur du problème c'est qu'on on doit faire face aujourd'hui on subit les conséquences de dizaines d'années de d'immobilisme politique de manque de courage politique làdessus.

Mais mais qu'est-ce qui avec un coup de baguette magique ? Quelles sont les deux ou trois mesures les plus fortes qui changeraient votre vie au quotidien et celle des agriculteurs ? Alors écoutez, au lieu d'en demander deux ou trois, je vais vous en dire une seule.

Voilà ce que ce que j'ai demandé à monsieur Travers et ce que mon représentant national va reprendre en partie amend de quelques-unes autres. Euh alors faute d'avoir une Assemblée nationale en capacité de légiférer, on nous a vu avec la loi du plomb toutes les difficultés et toutes les autres lois qu'ils ont pour pouvoir légiférer sur quelque chose. Il prétexte l'immobilité euh de de l'Assemblée nationale aujourd'hui, mais hier il n'avait il travaillait pas forcément beaucoup plus.

Euh nous euh moi je leur ai demandé de ne de avec les outils réglementaires qu'ils ont de faire un moratoire, quelque chose dans ce genre-là pour euh dans les grandes lignes, je rentre pas dans le détail, dans euh dans l'intention euh de libérer une profession qui subit autant de difficultés et qui est dans une dans une situation d'urgence vitale. Mais j'entends bien. Mais alors concrètement, ça veut dire quoi ?

On enlève toutes les normes ? Ça que je voudrais comprendre pour ceux qui nous écoutent, qui comprennent mal vos difficultés, qui comprennent mal votre travail, qu'est-ce que précisément changerait demain avec une ou deux mesures fortes ? Alors le alors si vous voulez le moratoire en lui-même, la définition de ce moratoire, son intention en tout cas c'est de lever effectivement les les contraintes, les entraves à notre profession.

Donc les contraintes de l'Union européenne les contraintes déjà qui sont à leur mains parce que quand on vous on vous leur on va parler de lucre précisément, c'est ça je parz-moi de de demander vraiment des choses. Je pense toujours à l'auditeur qui nous écoute et qui qui a envie de comprendre qui se dit voilà euh il y a une agriculturiste que j'ai entendu sur Europa entre 16h et 17h tous les jours elle est contrainte par ça et elle a demandé qu'elle ne soit plus contrainte par cela. Hm.

Les contraintes franco-françaises sont à la main de des pouvoirs publics ici. Donc déjà, ben déjà l'ANS, d'accord ? c'est c'est l'agence qui s'occupe de vérifier tout ce qui est sanitaire et de d'homologuer de donner les les les homologations pour les produits phyopharmaceutiques, phyosanitaires.

Nous sommes avec au niveau européen avec l'f qui est une autre agence qui euh n'a pas le même niveau de contrainte. La France applique des contraintes majeures plus importantes que l'Europe. Donc forcément il y a des distorsions de concurrence intraeuropéenne de ce fait mais pas que.

Et c'est un exemple parmi tant d'autres où on n pas les mêmes outils de production effectivement et je le comprends et et je me mets à votre place. Alors, il est 16h14, on va marquer une pause. Vous pouvez intervenir bien sûr, pourquoi pas poser vos questions et puis même autour de la table avec nos amis qui connaissent peut-être qui sont moins sensibles à cet univers de l'agriculture, cet univers rural.

Peut-être que vous ce n'est pas un univers forcément que vous connaissez parce que vous le connaissez davantage parce que vous étiez un député député d'une circonscription à prédominance rurale et j'arrive en 2002, tous ces problèmes que vous évoquez existaient déjà et ça s'est agravé. C'est ça qui est le plus terrible d'ailleurs, c'est qu'on a le sentiment à chaque fois queon n'aide pas les agriculteurs, qu'on n'aide pas l'agriculture et qu'on la laisse mourir. Et certains même ont théorisé au plus haut niveau que il y a plus besoin d'agriculture ou d'agricultur marqué, c'est que vous deviez accepter des sommes d'argent pour mettre vos terres en jacher, c'està-dire ne plus travailler.

C'est ça qui m' Mais madame ne demande pas de l'argent, elle demande de travailler. C'est pour ça que quand j'entends les 45 milliards de moi j'ai pas envie qu'on me donne de l'argent. J'ai envie qu'on me donne du travail.

On n pas envie de m'endier dans la vie et c'est ça qu'il faut défendre. Je remercie évidemment Karine d'être avec nous et on va continuer la discussion. Karine Duc présidente de la chambre d'agriculture du Lotte et Garonne membre de la coordination rurale.

Il est 16h15 à tout de suite. Qui nous sommes avec Karine Duc présidente de la chambre d'agriculture du Lot et Garonne membre de la coordination rurale. Alors c'est toujours intéressant pour ceux qui nous écoutent de connaître un peu votre vie.

J'ai envie de dire, vous êtes exploitante viticole dans la commune de Montesquieux en Lotte et Garonne. Combien de personnes travaillent sur cette exploitation ? C'est c'est une toute petite exploitation, c'est principalement moi et à la saison des travaux, j'emploie des quelques saisonniers mais c'est une toute petite exploitation d'une vingtaine d'hectares que j'ai essayé que j'ai que j'ai lancé il y a à peu près 6 ans partie de rien.

Euh donc il faut Mais vous êtes une enfant de la balle si j'ose dire ou c'est un domaine vous êtes né dans la Oui. ce soit sur les terres familiales où mon père avait effectivement eu ben avait essayé de tenter de de d'être agriculteur lui aussi et puis avait été contraint à de nombreuses difficultés. euh ce patrimoine transmis.

Euh je me sentais euh je me sentais cette mission là également parce que le patrimoine chez moi raisonne quand même profondément et que ces terres-là me semblent être normalement riches pour pouvoir produire des choses essentielles pour je produis des fruits. Je produis du raisin de table notamment particulièrement et d'autres fruits type prune puisque sur le secteur de l'otégaron notamment prédagin on produit quand même pas mal de prunes. Est-ce que je peux savoir le chiffre d'affaires de votre exploitation ou est-ce que c'est secret ?

Bah, c'est une toute petite exploitation. Moi, je je je voudrais pas trop je voudrais pas trop exposer euh mon chiffre d'affaires parce que euh même s'il y a quand même beaucoup de solidarité, de cohésion dans ce métier, il y a aussi euh beaucoup de comparaisons et j'ai par ma par ma fonction par ailleurs un devoir quand même de réserve et les revenus que vous en tirez, vous diriez qu'ils sont à la hauteur de l'investissement du travail que vous produisez. Absolument pas.

Absolument pas. Les revenus sont sont nuls à ce jour. Nul.

Ça veut dire que je ne me je ne me dégage pas de revenu depuis que je que je me suis installée. Mais ça c'est extra quoi ? C'est c'est extravagant.

C'est-à-dire que alors vous vivez vous vivez comment s'il y a pas de revenu ? Et bien j'ai mon mari qui travaille à côté et je voilà on fait on fait comme on peut. On fait comme on peut, on vit modestement et j'ai pas Et votre mari n'est pas agriculteur ?

Mon mari n'est pas agriculteur, il est salarié à côté parce que vous arriveriez pas, on peut pas faire autrement. C'est pour ça que je vous pose ces questions parce que c'est intéressant pour les auditeurs qui entendent effectivement la difficulté de ce métier. Alors en début d'émission, Emmanuel Ducrou était avec nous.

Elle est journaliste à l'opinion. On la retrouve chaque semaine dans la matinale d'Europe 1 et je posais la question à Emmanuel, je vais la poser celle que je posais également à Karine Duc. Quels sont les deux ou trois mesures les plus fortes qui pourraient changer la donne pour Karine Duc et puis pour l'ensemble des agriculteurs ?

Alors, je vais vous faire trois grandes catégories de choses qui pourraient être assez vite en tout cas qui qui devrai être travaillé. D'abord, il y a la question des moyens de production pour l'agriculture. On a en France une agriculture qui est sous contrainte pour l'accès à ses moyens de production et ça la bride dans son développement.

D'abord, on a l'accès à l'eau. Construire des stockages d'eau, c'est extrêmement difficile. Et dans le sud-ouest de la France, c'est une nécessité parce que le changement climatique frappe.

En Occitanie, on n pas d'eau. Donc, il faut stocker de l'eau. Ça, c'est un problème euh d'opposition d'écologistes qui est très problématique.

Ensuite, on a la question des phytosanitaires. La France surtranspose les législations européennes. On a plus de contraintes en France qu'ailleurs.

Alors, parce que c'est une décision politique. Madame dire c'est l' c'est pas l'ess c'est pas l'ess c'est le politique par exemple si on a décidé bah parce que c'est on a on a on a l'idée que l'agriculture ça pollue et que donc il faut la limiter. Là cette ami pride a été supprimé par les députés he pas parl de parz-moi de de vous couper c'est le lobby écolo qui a investi la politique et qui impose des normes pour décourager finalement les agriculteurs et qu'il fassent autre chose.

ça va au-delà du lobby écolo Pascal parce que la pétition contre la loi du plomb a été signée par 2 millions de personnes. C'est-à-dire que chaque citoyen français est paradoxal dans son attitude vis-à-vis de l'agriculture. Paradoxal.

Et c'est aussi parce que peut-être on a nous journalistes pas fait exactement notre travail depuis des années pour leur expliquer que euh l'agriculture c'est mal et les pesticides c'est mal. Je vois pas comment on peut faire une agriculture sans pesticide. C'est c'est évidemment impossible.

On peut faire avec on peut faire avec beaucoup moins Pascal parce que l'innovation ça existe et ça sert à diminuer les utilisations mais la baguette magique ça n'existe pas. On a aussi par exemple un problème avec les élevages. Faire un élevage en France, c'est extrêmement compliqué parce que vous avez des normes, des enquêtes publiques et cetera qui sont plus compliqués chez nous qu'ailleurs en Europe.

Si vous voulez ouvrir un élevage de volaille, les seuils à partir desquels vous avez des contraintes sont bien inférieurs à ce qui se pratique chez nos voisins. Euh c'est-à-dire que par exemple à partir de 8000 volailles en France, vous êtes dans des cycles très compliqués alors que c'est presque le double en Europe. Donc tout ça c'est compliqué.

Et ensuite, vous avez une question de de bah de de contraintte administratives diverses et variées. Bon, ça, il y a des procédures de simplification qui sont en cours. Ça finira sans doute par s'arranger.

Et puis vous avez aussi la question des revenus agricoles. Ça c'est une question intéressante. Pourquoi les revenus sont si bas ?

D'abord parce que les charges sont très importantes en France. Le coût du travail agricole est euh par exemple quatre fois plus élevé qu'au Pays-Bas qui est devenu le premier exportateur mondial de produits agricoles. Les charges sont très élevées.

Le coût du travail ça dans l'entreprise, il y a pas que les agriculteurs, le le coût du travail. Oui, mais du coup les productions locales ne sont pas compétitives face à celles qu'on importe pour les fruits et légumes. Écoutez, je vais vous remercier Karine Duc.

Ah, la différence c'est que dans euh les productions agricoles, les nos prix n'ont pas augmenté depuis 20 30 ans parfois alors que les charges ont sont ont augmenté alors que les productions ont diminué parce que justement on est entravé par des restrictions de produits qui je le je suis désolée ne sont pas aussi efficaces quand on les remplace. il y a pas il y a pas l'efficacité escomtée et souvent ces ces produits de remplacement sont souvent beaucoup plus onéreux euh que ceux qui ont été supprimés. Euh donc euh forcément euh qui dit production euh euh donc inférieure dit euh baisse de chiffre d'affaires, augmentation des charges, euh pas d'augmentation de prix de vente pour nous.

Vous pouvez être le meilleur agriculteur de France, vous vous ne vous en sortirez pas. Ben je vais vous remercier Karine Duc, vous êtes à Paris aujourd'hui. Vous repartez pour le Lot et Garon demain.

Euh je repartirai quand j'aurai des solutions à donner à mes agriculteurs. On est bien place de l'étoile he je vous en [rires] Bah écoutez vous gardez le sourire. Je vous remercie et puis c'est vrai qu'on a beaucoup de tendresse pour tout vous dire pour vous pour votre investissement pour la manière d'ailleurs dont vous vous exprimez avec beaucoup d'authenticité toujours et puis le combat que vous menez et puis la France que vous représentez. l'histoire, les traditions que vous incarnez.