IVG dans la Constitution, inondations dans le Pas-de-Calais, présidentielle 2027... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand
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Bonjour Xavier Bertrand.
Bonjour.
Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, et le patron LR des sénateurs Bruno Rotaillot s'opposent à l'inscription de l'IVG dans la Constitution. Le vote a lieu aujourd'hui. Et vous, vous avez écrit une tribune dans le magazine Elle. Il a pu arriver à la droite et au centre de se tromper de combat. Nous ne sécuriserons jamais assez les droits des femmes. C'est ce que vous avez écrit. Clairement pour vous, Gérard Larcher et les autres se trompent de combat.
Et je leur demande de voter. De voter pour que le droit à l'avortement, que tout ce qui est contenu dans la loi Veil, soit sanctuarisé, protégé dans la Constitution. Alors, on a beau me dire, mais il n'y a pas de risque aujourd'hui. C'est ce qu'ils disent. Sauf que faire de la politique, c'est aussi anticiper. Vous avez vu ce qui s'est passé en Pologne ? Vous avez vu ce qui se passe aux Etats-Unis avec la Cour suprême ? Qui aujourd'hui est capable de dire que dans 5 ans, dans 10 ans ou dans 20 ans, ce droit ne sera pas écorné, qu'on ne cherchera pas à revenir en arrière. Et sur la question des droits des femmes, on ne les sécurise jamais assez.
Donc, il faut sanctuariser ce droit à l'avortement dans la Constitution. Et je souhaite que derrière, il n'y ait pas d'argumentation juridique savante pour retarder ce principe.
Et bien, ce n'est justement pas ce qui se passe au Sénat aujourd'hui avec vos collègues.
Ce doit être une garantie. Ce doit être aujourd'hui une garantie. Et je souhaite qu'il y ait vraiment un vote conforme, que ce soit inscrit dans la Constitution, pour que les femmes sachent que la France sera toujours à la pointe pour protéger leurs droits.
Mais sur le fond, Javier Bertrand, il y a quand même des arguments dans votre propre camp à droite, sur lesquels il faut qu'on vous entende. Quand, par exemple, la droite dit attention à la clause de conscience des médecins.
Écoutez, sur ce sujet, les choses ont été clarifiées depuis des décennies. Le principe de la loi Veil, tout le monde est d'accord. Sans exception. Pardon, sans exception. Un sondage IFOP de novembre disait 86 ou 88% des Français sont aujourd'hui favorables. Ce qui montre bien que toutes ces questions, aujourd'hui, elles ont été tranchées. La seule chose, c'est que si on est d'accord, de façon très très large, avec cette loi Veil, pourquoi ne pas donner une garantie à toutes les femmes et à toutes les filles ?
Vous savez, j'ai trois filles, je n'ai pas envie que dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans ou dans 50 ans, cette loi, qui est une avancée importante, le droit à disposer de son corps, puisse être remis d'une façon ou d'une autre en question. Et vous l'avez dit tout à l'heure, oui, c'est un choix de conscience. C'est un choix de conscience.
Mais ils chipotent alors, vos collègues sénateurs LR, parce qu'ils tiquent sur le mot garantie. Vous, vous dites qu'il faut que ce soit une garantie. Eux, ils disent non, liberté garantie, non, liberté, ok, mais pas garantie, parce que garantie, ça donne justement un droit opposable, c'est-à-dire sans limite, sans condition, c'est leur crainte.
Oui, mais j'ai aussi beaucoup discuté avec des sénateurs, j'avais entendu, c'était sur votre plateau que Gérard Larcher s'est exprimé. Il est venu dire, la Constitution n'est pas un catalogue de droits sociaux. Pourtant, la partie sociale, ça compte depuis justement la Constitution, le préambule de la Constitution aussi, tel qu'il a été enrichi en 1946, les droits sociaux, ça compte, et ça a besoin aussi dans un pays comme la France, qui n'est pas n'importe quel pays, de voir sanctuariser un certain nombre de choses. Donc, le fait que des droits sociaux, droits sociétaux, soient inscrits dans la Constitution n'est pas récent, n'est pas nouveau.
Et il faut aujourd'hui cette étape supplémentaire. Mais ce qui m'a beaucoup marqué, sont des femmes sénatrices.
Oui, elles réagissent comment ?
Des femmes sénatrices, qui m'ont dit, notamment après la tribune que le magazine Elle a bien voulu publier, et je l'en remercie, c'est de dire, non, on a envie aussi de dire très clairement ce que nous voulons, nous, et on a envie que tous nos collègues nous entendent. Et je pense que cette voix des femmes, elle doit être respectée.
Vous considérez que vos collègues hommes, les sénateurs LR, sont des ringards aujourd'hui sur cette question ? Écoutez, je ne suis pas là pour distribuer des bons et des mauvais points. Non, mais quand vous dites que, attention, la droite, c'est souvent trompé de combat,
c'est un petit peu... Bien sûr, on s'est trompé par le passé, parce qu'on n'a pas non plus entendu... Vous-même, d'ailleurs, vous avez le sentiment de vous être trompé ? Bien sûr, parce qu'on n'a pas vu, au-delà même de l'évolution de la société, on n'est pas obligé de courir après les évolutions de la société, ce n'est pas ce que je veux dire. Mais on n'a pas entendu, notamment, l'aspiration, à l'époque, de ces personnes de même sexe qui voulaient se marier. On n'a pas entendu, justement, leurs cris et aussi leur sincérité. Je pense que c'est ça qui nous a manqué. Et là, aujourd'hui, ce que me disent de nombreuses femmes, c'est aussi un cri qui est profondément sincère.
Et encore une fois, il faut être capable d'entendre, de respecter et de voter.
Xavier Bertrand, il faut que nous parlions aussi de l'Ukraine, bien sûr. Débat et vote au Parlement après les propos d'Emmanuel Macron avant hier soir, qui a parlé de troupe au sol. On va en parler. Il devait en tout cas inscrire le soutien de la France à l'Ukraine dans la durée, dans la guerre face à la Russie. Est-ce qu'il a raison, Emmanuel Macron, sur le fait d'abord d'amplifier le soutien à l'Ukraine ?
Alors, il y a deux choses différentes. Il y a ce qui fera l'objet d'un vote au Parlement et il y a les déclarations du Président de la République. Et vous me posez une autre question. Est-ce qu'on a raison d'amplifier notre soutien à l'Ukraine ? La réponse est oui. Mais la réponse est oui comment ? Jusqu'où ? En fournissant les armes et les munitions qui ont été promises à l'Ukraine. Si vous voulez éviter que la Russie ne gagne, on doit aider massivement l'Ukraine, pas dans les déclarations, mais dans des actes. Et pour l'instant, ce n'est pas le cas. Écoutez, je crois que l'an dernier, les chiffres pourront être vérifiés par des experts. Je crois que 30 000 obus ont été produits.
Ça doit être ce que l'armée ukrainienne utilise en trois jours. En trois jours. On n'a pas envoyé tout ce qu'on avait promis. 10 à 20 000 obus par jour. Et tout le monde a aussi indiqué très clairement que par rapport aux promesses, aux engagements de l'Union européenne, 30 % seulement avaient été livrés. Comment voulez-vous que l'Ukraine puisse protéger son territoire ? Comment voulez-vous que l'Ukraine puisse résister ? Donc quand on promet, on tient. Et quand vous regardez bien aujourd'hui, le PIB de l'Europe et les Etats-Unis qui soutiennent l'Ukraine par rapport au PIB de la Russie, c'est sans commune mesure notre richesse. Et donc il faut savoir clairement ce que l'on veut.
Pas seulement les discours. La Russie a basculé en économique. Côté de l'Ukraine. Mais très clairement, nous les aidons comme nous l'avons promis.
Jusqu'où il faut les aider, les Ukrainiens ? Est-ce qu'il faut envisager l'envoi de troupes occidentales au sol ? Comme l'a dit Emmanuel Macron, c'est envisageable. Rien n'est exclu. Est-ce qu'elle vous a choqué, cette déclaration du président de la République ?
Le président de la République a le droit, le devoir de penser à toutes les options. Mais il doit s'interdire d'en parler. Il doit tout étudier. Un président de la République qui a en charge les intérêts vitaux du pays, qui a en charge aussi l'avenir, le quotidien de 68 millions de Français, il doit penser à toutes les options. Qu'est-ce qu'il vous dit ? Il doit préparer à toutes les options. Mais où ? Au sein d'un conseil de défense couvert par le secret défense.
C'est dangereux ce qu'il a fait. Et certainement pas
dans une conférence de presse. Parce que le rôle du président de la République
pour être clair, il répondait à une question d'un journaliste sur l'envoi de troupes au sol. Là, vous considérez que cette déclaration est dangereuse ?
Parce qu'elle a inquiété les Français. Et le rôle d'un président de la République, c'est de protéger les Français, certainement pas de les inquiéter. Maintenant, quand je vous dis que toutes les options doivent être sur la table, il faut savoir aussi très clairement ce que veut faire l'Europe et ce qui est prête à faire l'Europe. Déjà qu'elle tienne promesse. Déjà qu'on livre toutes les armes, toutes les munitions qui ont été promises. Parce que, quand je vous dis anticiper, situons-nous au mois de novembre de cette année. Imaginez que M. Trump soit élu. Vous pensez que les choses vont continuer comme aujourd'hui ?
Du jour au lendemain, il y a le risque que les Américains cessent de s'engager comme ils le font. Et déjà aujourd'hui, l'aide américaine, depuis maintenant plusieurs mois, ils l'attendent toujours. Les Ukrainiens, comme elle était promis. Donc la première des choses, poser toutes les options, oui, mais si vous ne voulez pas avoir à vous poser la question de troupes, quelle que soit la nature de ces troupes, ce sont les armes et les munitions. Et encore une fois, il faut bien comprendre qu'on est à une époque où je sais que la communication est beaucoup à la mode, mais il faut des actes, il faut tout simplement qu'on aide le plus concrètement possible.
Le combat de l'Ukraine est aussi notre combat.
Toujours avec Xavier Bertrand, le président LR de la région des Hauts-de-France, juste avant le fil infond, on parlait d'Emmanuel Macron qui disait qu'il n'excluait pas l'envoi de troupes au sol, de troupes occidentales au sol en Ukraine. Stéphane Séjourné, le ministre des Affaires étrangères, dit que le potentiel envoi de troupes ne ferait pas franchir le seuil de belligérance. Vous êtes d'accord avec lui ?
Écoutez, je crois que le président a revendiqué une ambiguïté stratégique. Moi, je suis pour la clarté stratégique.
Donc, il ne fallait rien dire.
C'est beaucoup plus simple. Je vous l'ai dit tout à l'heure. Je pense qu'il y a des sujets sur lesquels il faut en parler avec les alliés. D'ailleurs, vous avez vu la réaction de l'ensemble des chancelleries. s'ils ont réagi aussitôt comme ça, c'est bien que le sujet a été évoqué. Mais dans des réunions, ils ne sont pas des réunions publiques. Et d'ailleurs, c'est ce qui me gêne aussi, c'est qu'il faut montrer l'unité, l'unité européenne pour dire à la Russie, nous sommes clairement aux côtés des Ukrainiens. Mais derrière ça, quand on donne le sentiment que cette unité est fragmentée, fragilisée, ce n'est pas une bonne chose.
Et c'est aussi ce que je reproche, que je les pleure dans cette séquence. Maintenant, il faut bien voir une chose, c'est qu'il y a urgence, une urgence absolue à rétablir le rapport de force avec la Russie de Poutine.
Ça veut dire que ce n'est pas du tout l'heure de négocier comme le propose par exemple
le Rassemblement National ? Attendez, tous les pro-russes vont vous dire de toute façon qu'il faut mettre un terme à cela pour laisser la Russie être en position de force. Le Rassemblement National pro-Russes ? Les extrêmes. Elle est fait le Rassemblement National. Ils sont pro-russes historiquement et dès qu'ils peuvent exprimer justement leur proximité avec la Russie, bien sûr, ils se présentent comme ceux du camp de la paix. C'est le camp de la capitulation. Il ne faut pas se raconter d'histoire.
Donc, très clairement, il faut rétablir ce rapport de force en faveur de l'Ukraine et maintenant, nous le savons bien, ça ne sera pas une guerre de cent ans mais ce rapport de force, il est le préalable à tout et pour ce rapport de force, on livre ce qu'on a promis et on est de façon indéfectible aux côtés des Ukrainiens.
Une dernière question sur l'Ukraine mais qui va nous amener au sujet suivant qui est l'agriculture. Il y a en ce moment partout en Europe et notamment en Pologne des mouvements de colère agricole avec une colère très forte dirigée contre l'Ukraine, contre les importations ukrainiennes. Qu'est-ce qu'on fait ?
On était sur le barrage de l'A16 avec des agriculteurs et un agriculteur est venu me dire, il me dit M. Bertrand, si c'est pour défendre la liberté des Ukrainiens et que c'est notre liberté, je suis prêt à prendre les armes. Mais je veux que l'Europe me protège parce que quand il y aura la paix, je veux pouvoir continuer à vivre et que ce ne soient pas justement les importations ukrainiennes qui m'empêchent de vivre. Elle m'a marqué cette phrase. Elle m'a vraiment marqué parce que ça dit tout.
Mais en même temps, ça veut dire quoi ? Est-ce qu'il faut mettre fin aux accords scellés avec l'Ukraine pour faire passer plus de céréales, plus de poulets ukrainiens ?
Il faut protéger nos agriculteurs. Il faut protéger nos agriculteurs et qu'encore une fois, on ne laisse pas les importations rentrer comme c'est le cas aujourd'hui. Vous avez vu ce qui s'est passé par le poulet ? Et puis ce ne sont pas, pardonnez-moi, des petits éleveurs ukrainiens qui sont concernés. Ben oui, c'est un milliardaire. C'est un milliardaire qui justement en profite pour envahir les marchés. Au bout d'un moment, la naïveté est interdite quand même. C'est-à-dire qu'il fallait
le faire éventuellement dans un premier temps parce qu'il y a une urgence.
Là, il y a un premier accord qui a été passé. Marc Fénaud a obtenu justement à Bruxelles sur les questions justement du poulet prendre des mesures de précaution. Mais attention, ce sont des mesures avec une année de référence qui est une année de référence avant la guerre en Ukraine. Donc encore une fois, aucune naïveté
et on protège. Donc, Xavier Bertrand, les mesures en France également. Il y en a eu de nouvelles annoncées hier par Bercy et les banques en faveur des agriculteurs. Ils vont pouvoir différer d'un an leur remboursement auprès des banques, demander des rééchelonnements aussi sur trois ans. C'est de nature à soulager les exploitants, ça ?
La trésorerie, ça vous garantit l'avenir ou pas ? En tout cas, ça peut soulager. Mais ça garantit l'avenir ? Certainement pas. Le vrai sujet, c'est qu'aujourd'hui, il ne faut pas croire que dans l'urgence, parce qu'il y a eu cette journée catastrophique à régler en quelques jours ce qui est latent depuis bien longtemps et avec un président de la République qui est là depuis sept années. Depuis sept ans. Donc, ce qui veut dire aujourd'hui qu'il y a des mesures d'urgence qui sont à prendre, mais il faut aussi clairement se poser pour prendre les mesures d'ensemble. Au niveau européen, déjà.
Non, mais donc, sur la trésorerie, en tout cas, on dit, ça peut aider, mais ce n'est pas la solution.
Mais la trésorerie, me dit, les agriculteurs, je les ai vus encore la semaine dernière, mais il me dit, M. Bertrand, il faut rembourser au bout d'un moment. Donc, que ça nous allège maintenant, mais quand on a un revenu qui n'est même pas au niveau du SMIC, comment on va s'en sortir ? Ce qu'on veut, ce n'est pas l'attente à oxygène. On veut respirer par nous-mêmes. On veut travailler par nous-mêmes. On veut vivre par notre travail. Alors, justement, la rémunération
avec la question des prix planchers n'est pas question d'administrer les prix. C'est ce que dit le gouvernement, mais de fixer un minimum selon les coûts de production par filière, c'est la bonne méthode ?
Mais le prix plancher va devenir un prix plafond. C'est-à-dire ? C'est ça le problème. C'est-à-dire que le prix qui va être fixé, je ne sais pas, est-ce que c'est par le gouvernement, je ne sais pas par quel type d'accord, vous allez voir que ça va devenir la référence. Ça veut dire que vous n'aurez absolument pas la garantie que vous aurez le prix de revient de l'agriculteur et que vous aurez en plus, pardonnez-moi, mais ça marche parce qu'il faut qu'il vive. Il faut qu'il investisse. Donc, cette idée qui était repoussée par le gouvernement, qui était soutenue par les extrêmes...
La France insoumise. C'est une proposition de la France insoumise.
Oui, qui avait été votée en plus par le RN aussi. Avant que M. Bardella ne change d'avis.
Oui.
Vous avez vu, il s'est baladé
dans les allées
du salon de l'agriculture. Quelqu'un a dû lui dire vous savez, c'est une mauvaise idée. Ah ben, il a changé d'avis. Alors, je le dis souvent, mais zéro compétence mais aussi zéro crédibilité le Rassemblement national. Donc, ces prix planchers, ces prix plafonds, je pense que ce n'est pas la solution.
Alors, on fait comment pour garantir le revenu des agriculteurs ?
Mais c'est aussi pour ça que c'est hyper complexe parce que c'est filière par filière mais endiviers avec les problèmes qu'ils ont, les endiviers des Hauts-de-France n'ont pas les mêmes problèmes que les céréaliers qui ne sont pas sans problème non plus. Ce qui veut dire que vous devez, avec la loi Egalim, c'est seulement maintenant que le gouvernement se relève en tapant un peu sur les doigts puis comme ce n'était pas assez fort de dire on va infliger une amende à ceux qui ne respectent pas la loi. Il faut taper ceux qui ne respectent pas la loi. Les distributeurs,
les industriels.
Dans ces conditions-là, les industriels et aussi les distributeurs qui ne respectent pas la loi, une loi est faite pour être respectée. La voter, c'est bien. La faire appliquer, c'est mieux. Voilà ce qui est demandé. Mais ce n'est pas tout sur l'agriculture. Il y a un niveau européen sur lequel je veux revenir un court instant. Et là, je veux que le gouvernement lève toute ambiguïté. Le Mercosur. Le Mercosur, le président de la République... Les quatre pays d'Amérique latine avec lesquels on est en train de discuter. Et donc on va importer de la viande qui est piquée aux hormones à huit semaines notamment pour certains voies argentins. Non, non, ce n'est pas acté.
Il n'est pas scellé l'accord.
Oui, justement. Le président de la République vous dit que la France est contre. Vous savez ce qui va se passer ? La France va être contre. Mais après les élections européennes et après la nouvelle commission, cet accord risque d'être ratifié malgré l'opposition de la France. Ce que je demande au président de la République et au ministre de l'Agriculture, c'est de se battre. C'est de se battre à Bruxelles pour entraîner des alliés, pour faire en sorte que le Mercosur ne soit pas ratifié. Les jachères. Vous savez que les jachères, on a besoin de nourrir de plus en plus d'humains sur la planète.
Mais non, en Europe, le Green Deal, la décroissance, 4% de terres agricoles, de jachères, qui ne seront plus cultivées.
Et là, au niveau européen, le président se bat et il est en train de gagner en rassemblant plusieurs pays.
Pour quelle année ? Pour l'année en cours. Parce que c'est 4% aujourd'hui, c'est 10% en 2030. C'est de la folie. Ce que je demande encore une fois, ce n'est pas qu'on se batte année après année en disant tiens, cette année, on a une victoire. Ce que je souhaite, c'est qu'on revienne sur cette décroissance et leur permettre de produire. Ce que je demande à la France, ce n'est pas un petit pays, la France. C'est un pays qui est capable d'avoir des alliés. C'est de se battre pour changer la trajectoire et qu'on mette un terme à ses achères.
Mais quand même, il n'y a pas une question de recul, notamment sur le domaine de l'écologie. Vous avez écrit au ministre de l'Agriculture, Marc Fénaud, pour lui dire, pour mes betteraviers ou mes endiviers dans les Hauts-de-France, il faut revenir sur des interdictions de pesticides, notamment les néonicotinoïdes pour les betteraviers. Il vous a répondu ?
Pourquoi ? Pourquoi je pose cette question ? Pas d'interdiction sans qu'il y ait une solution. Vous ne pouvez pas... En ce cas, les écologistes vont vous dire on ne le fera jamais. Attendez, déjà, les écologistes, vous parlez des agriculteurs ? Je vous parle des écologistes. Oui, les agriculteurs sont des écologistes de bon sens. Parce que les agriculteurs savent exactement quand on vit de la nature, quand on vit avec la nature, qu'on doit respecter la nature. Et les agriculteurs ne sont pas des gens qui, la nuit, vont avec une seringue mettre du poison dans leurs légumes. Ce n'est pas comme ça. Mais les néonicotinoïdes,
vous le savez, elles sont cancérogènes. Ces particules, ces molécules.
Mais ce que vous savez aussi pertinemment, c'est que si vous interdisez, et c'est normal d'aller vers un changement des pratiques, il faut qu'il y ait d'autres produits. Or, aujourd'hui, la recherche n'y est pas. Vous savez ce qui va se passer ? Si vous laissez mourir les betteraviers des Hauts-de-France comme de toute la France, eh bien, dans ces conditions-là, on continuera à produire de la betterave. Mais pas en France. Tiens, en Allemagne. En Allemagne, il y a une partie de la production qui utilise des néos. Donc, ce qui veut dire qu'on va s'interdire en France, ce qu'on autorise de venir du reste de l'Europe. Mais ce n'est pas la même Europe, en fait.
Donc, je suis entièrement d'accord et les agriculteurs, encore plus que moi, ils savent pertinemment qu'il faut évoluer, mais pas d'interdiction sans solution. Et comme c'est aussi quelque chose qui se fait depuis des années, les surtranspositions ras-le-bol. Mais pas les surtranspositions franco-françaises à l'avenir. C'est qu'on revient sur toutes les surtranspositions qui ont eu lieu hier. Le combat des agriculteurs, c'est un combat pour nous. Ce n'est pas pour eux. C'est pour ce qu'on mange et aussi pour une certaine idée de la France avec la ruralité. C'est ça qui est en jeu. C'est pour ça que ça vaut la peine de se battre.
Le 830 France Info, Jérôme Chapuis, Salia Braclia.
Xavier Bertrand, votre région n'en finit pas de subir des crues. Il y a encore eu une vigilance ces derniers jours dans le Pas-de-Calais. La dernière fois qu'on vous avait reçu, c'était le mois dernier. Vous demandiez au gouvernement, vous avez demandé à Gabriel Attal de prendre en charge avec vous la région, les franchises d'assurance pour les sinistrés de plusieurs centaines d'euros à chaque fois. Vous avez été entendu ?
On l'a fait avec le département du Pas-de-Calais pour les particuliers. On l'a fait de notre côté. L'État a choisi un autre dispositif pour les professionnels, les artisans, les commerçants, les professions libérales. Ce n'est pas de la vigilance cette semaine. C'est qu'il y a eu à nouveau des habitations qui ont été évacuées et des communes à nouveau qui ont été inondées. Écoutez, ça traîne encore. Je profite que je suis sur ce plateau. Ça traîne du côté des assureurs. Il y a des assureurs qui jouent le jeu. Mais alors, pourquoi tous les assureurs ne jouent pas le jeu ? Lesquels ?
Nous avons écrit avec Jean-Claude Leroy, le président du département du Pas-de-Calais à France Assureurs, qu'ils bougent leurs adhérents. Quand il y en a qui font le travail, notamment, il y a eu des expertises. Il y a eu des accomptes. Maintenant, c'est l'indemnisation. On parle des sinistres depuis le mois de novembre. Il y a des particuliers qui ne sont toujours pas indemnisés. Deuxième sujet sur lequel j'ai interpellé le Premier ministre, c'est que vous avez aujourd'hui des gens qui ne pourront pas retourner chez eux parce que ce sont des habitations où le risque d'inondation est beaucoup trop important et les particuliers ne veulent pas y retourner.
J'ai demandé à ce qu'il y ait des permanences sur le terrain pour qu'on explique concrètement l'État comment se fera l'indemnisation, dans quelles conditions. C'est important parce que, juste après, vous disiez
que ce sera la solution de dernier recours. Là, cette fois-ci, vous dites qu'on y est. Ça y est, il y a des gens qui vont devoir déménager.
Ce n'est pas ça. Je vous explique l'urgence. Quand vous savez que vous ne pouvez pas retourner chez vous, vous devez vous organiser. Comment je fais pour les enfants, l'école des enfants, je dois chercher une nouvelle maison, me prendre une location pour l'instant ? Ils ont besoin de réponses. Le Premier ministre, c'était quasiment trois semaines. Ça fait trois semaines, il n'y a toujours pas ces permanences. Et puis, le dernier point, les travaux. Vous savez, il a fallu que j'orale pour qu'on fasse des travaux d'urgence. Maintenant, il y a des travaux beaucoup plus importants. Il faut qu'il y ait un patron. Ce patron, ça peut être le préfet.
Et même s'il y a des décisions impopulaires, dans la seconde qui suivra, je suivrai la décision du préfet de façon à ce qu'on puisse dire maintenant, ça va bien. On fait les travaux absolument nécessaires pour que ça ne se reproduise pas là où on peut éviter justement que les gens ne soient obligés de quitter leur logement. Mais vous savez, on est à la limite. Les travaux, c'est des digues, mais c'est des destructions de logements aussi ? Non, les destructions de logements, elles seront très certainement très peu nombreuses. Très peu nombreuses. Les gens veulent continuer à vivre. Et puis moi, j'ai besoin de garder la population qui souhaite rester dans le Pas-de-Calais.
C'est aussi essentiel. Mais là, on est à la limite aujourd'hui de ce que notre pays sait faire ou ne sait pas faire. Tout est décidé à Paris. Et donc, il faut qu'une décision remonte à Paris, qu'elle soit prise pour qu'elle redescende. Quand je parle de la République des Territoires, c'est un changement profond d'organisation de notre pays. Ce n'est pas de dire donner tout aux élus. C'est qu'il faut notamment que l'État, avec les préfets, soit capable avec les élus de prendre les bonnes décisions. Mais il faut que ça aille vite. Parce qu'encore une fois, ce n'est pas des numéros de dossiers dont on parle.
Ce sont des gens en chair et en os, des familles, qui veulent savoir à chaque fois qu'il pleut. Mais est-ce qu'on va reconnaître à chaque fois le même drame ? Et c'est pour ça que je me bats, que je cherche à bousculer les choses. Parce qu'encore une fois, notre pays est beaucoup trop centralisé.
Alors justement, depuis Paris, hier, Gabriel Attal l'a redit. Hier, il souhaite rouvrir le chantier de la réforme de l'assurance chômage. Il l'explique ainsi. Notre modèle social doit inciter davantage à l'activité. Est-ce que vous êtes d'accord avec lui ? Ou alors, il stigmatise trop les chômeurs ?
Mais il veut faire quoi ? Il veut qu'on ait une société du travail ou il veut faire des économies sur l'assurance chômage ? C'est important. Les deux peuvent être liés. Non, justement. Parce qu'à chaque fois, les réformes de l'assurance chômage qui ont eu lieu sont des réformes pour faire des économies. Le vrai sujet, c'est est-ce qu'on met le paquet une fois pour toutes sur le travail ? Il y a des beaux discours. On aide les gens qui travaillent, tu parles. Les gens qui travaillent, c'est toujours ceux à qui on pense pour les impôts, pour les augmentations de taxes, mais jamais ceux à qui on pense quand il s'agit de les encourager.
Vous le savez, dans la région des Hauts-de-France, on aide les gens qui travaillent quand ils prennent leur voiture, quand ils font garder leurs enfants, quand leurs enfants passent leur permis. Et là, il ne faut pas toucher
à l'assurance chômage.
Mais si, mais avec une réforme d'ampleur en profondeur autour de la réforme, de la révolution du travail. Là, aujourd'hui, au bout d'un certain temps, on va vous indemniser moins. Mais le vrai sujet, c'est dans les premières semaines, c'est dans les premiers mois qu'il faut retourner vers l'emploi. C'est là où il faut dire clairement, vous devez prendre un emploi ou vous devez assumer de prendre une formation. C'est ça le changement. Là, c'est à la fin. On fait les économies alors que c'est au début, très clairement, qu'on a besoin de ramener vers le travail. Mais comment on incite ? Dès le début. Comment est-ce qu'on change ça ?
Mais aujourd'hui, c'est ce que je fais moi dans la région des Hauts-de-France. Moi, j'ai des enjeux de réindustrialisation sans pareil. Avec les batteries électriques, ce sont 17 000 emplois qu'il va me falloir trouver. Mais je ne peux pas me permettre d'avoir des gens qui sont sans emploi et qui disent non, votre emploi ne m'intéresse pas. C'est là où l'assurance chômage doit clairement aider à aller vers l'emploi, mais aussi pénaliser ceux qui disent non, non, moi, je peux m'en sortir sans travailler. Non, ça ne se passe pas comme ça dans la France à laquelle je crois.
Xavier Bertrand, vous avez annoncé au début du mois à nos confrères de West France que vous avez bien l'intention d'être candidat en 2027. Problème, le patron des LR, votre patron, Éric Ciotti, a déjà dit que celui qui devait être le candidat de la droite en 2027, c'était Laurent Wauquiez. Alors, comment vous allez faire ?
Non, mais ça, c'est le candidat d'Éric Ciotti. Ce n'est pas le candidat de LR et ce n'est pas le candidat de la droite au sens large. Ce que je sais aujourd'hui, M. Wauquiez, c'est le candidat d'Éric Ciotti. Voilà, c'est tout. Maintenant, on va aller plus loin, si vous voulez. C'est qu'aujourd'hui, on voit bien, les Français ne croient plus en la politique d'Emmanuel Macron. Et au fond d'eux, ils savent bien que la solution ne viendra pas du Rassemblement National.
Alors, il faut proposer un autre choix, il faut ouvrir une autre voie, créer une nouvelle forme de rassemblement des Français pour à la fois redresser le pays, les réconcilier, et c'est ce que je vais m'employer à faire, mais en attendant, d'ici 2026, d'ici 2027, il faut aussi défendre les Français au quotidien et c'est ce que je fais. Mais vous irez au bout
avec ou sans LR ?
Écoutez, je vais vous dire une chose, le moment venu, LR se positionnera, mais ça, ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui. Moi, je suis là en tant qu'un acteur politique, président d'une grande région, mais aussi dans le débat public pour apporter des solutions, comme je viens de le faire pour l'agriculture et comme je veux le faire notamment sur le travail. Et vous continuerez à m'entendre.
Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, était l'invité de France Info ce matin. Aux-de-France,
la fin de la région, la fin de la région, la fin de la région, elle est très belle, la fin de la région. Et vous pourrez, la fin de la région, il est à l'invité de France Info, la fin de la région, il est à l'invité, il est à l'invité de France,
Xavier Bertrand