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interviewRMC — Face à Face· 14 avril 2021 24 min

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 14/04

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, c'est au 32-16, 45 centimes la minute, RMC, Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin. Bruno Le Maire, bonjour.

0:14
Bruno Le Maire

Bonjour Jean-Jacques Bourdin.

0:15
Présentateur

Demain jeudi, réunion présidée par Emmanuel Macron sur les protocoles de réouverture progressive des lieux accueillants du public. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'à partir du 15 mai, vous confirmez une réouverture progressive.

0:31
Bruno Le Maire

Non, je ne confirme pas Jean-Jacques Bourdin, sinon la réunion de demain ne servira à rien. Et il faut justement préparer cette réouverture demain. Préparer la réouverture, ça veut dire quoi ? Ça veut dire regarder d'abord le calendrier, regarder ensuite les différentes activités. Ce n'est pas la même chose un restaurant, un restaurant en terrasse ou un restaurant en salle, un restaurant, un hôtel, un bar, ce n'est pas forcément la même situation. Et regarder ensuite les protocoles sanitaires dont on accompagne les réouvertures pour que la réouverture soit réussie. Moi je souhaite évidemment que la réouverture se fasse sur des bases solides.

Des bases sanitaires solides qui sécurisent le client et qui nous garantissent qu'ensuite on n'est pas forcé à refermer à nouveau. Mais à partir du 15 mai ? Je ne donnerai pas de calendrier.

1:11
Présentateur

Vous ne donnez pas de calendrier. Le président de la République avait parlé du 15 mai. Ce n'est pas moi.

1:15
Bruno Le Maire

C'est partie des hypothèses bien entendu, mais on suit l'évolution sanitaire, la manière dont circule le virus et dont nous arrivons à limiter la circulation du virus. Et c'est sur cette base-là que les décisions sont prises. Et les décisions sont prises par le président de la République et par le Premier ministre. Le ministre des économies et des finances ne prend pas de décision sur les calendriers.

1:33
Présentateur

Bien, il y a cette inquiétude autour du variant brésilien. Tous les vols entre le Brésil et la France sont suspendus jusqu'au 19 je crois, c'est bien ça ? Quelques jours. Quelques jours, oui. Pourquoi le 19, pourquoi pas ? Enfin bon, peu importe. C'est imposé par le droit. On ne peut pas suspendre. C'est ce que disait le ministre des Transports lundi. Le lendemain, voilà que le Premier ministre dit le contraire.

1:55
Bruno Le Maire

Y a-t-il incohérence ? La seule cohérence que je connais, c'est la cohérence sanitaire. La décision politique, elle est là pour protéger les Français. Il y a une vraie inquiétude sur le variant brésilien. On suspend les vols en provenance du Brésil. Ça me paraît la sagesse. Ça me paraît un principe de précaution pour protéger la santé des Français. Je suis totalement favorable à cette décision. Je vais même aller plus loin si jamais nous apercevons que la situation continue à se dégrader au Brésil. « Protéger les Français », c'est continuer à suspendre les vols entre le Brésil et la France. Je vous le dis avec autant de franchises que je le pense.

2:31
Présentateur

Oui, continuer, sauf qu'il n'y a pas de politique européenne. Il n'y a pas de décision européenne sur la suspension de ces vols.

2:38
Bruno Le Maire

Mais notre première responsabilité, c'est de protéger les Français. Je suis membre du gouvernement de la République française. Ma première responsabilité de ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, c'est de protéger les Français, de protéger notre économie, de relancer notre économie nationale. Ça s'inscrit dans un cadre européen. Mais quand il s'agit de protéger nos compatriotes et nos ressortissants, la décision du Premier ministre était la bonne décision.

3:01
Présentateur

Bien, Bruno Le Maire, les aides, le coût en avril, 11 milliards d'euros. Est-ce que toutes les aides seront maintenues jusqu'à la fin de cette pandémie ? Est-ce que le quoi qu'il en coûte sera maintenu jusqu'à la fin de cette pandémie ?

3:15
Bruno Le Maire

Oui, Jean-Jacques Bourdin, c'est bien, vous savez, de faire preuve de constance en matière de politique publique. Tant qu'il y a des restrictions sanitaires, il y a un soutien public qui est apporté aux commerçants, aux artisans, aux indépendants, aux petites et moyennes entreprises, aux grandes entreprises également, qui souffrent des conséquences de ces restrictions sanitaires. Le jour où nous levons ces restrictions sanitaires, par exemple, un restaurant peut rouvrir, un hôtel va avoir un nouveau débrouillant.

3:43
Présentateur

Mais rouvrir avec des jauges sanitaires ? Est-ce que les pertes engendrées par les jauges sanitaires seront compensées ?

3:50
Bruno Le Maire

C'est bien pour cela que nous travaillons sur une dégressivité des aides, et pas sur un retrait brutal des aides. Donc, prenons votre date du 15 mai, à laquelle vous semblez tenir beaucoup. Admettons que, je sais bien que c'est le Président de la République, tout à fait. Ce n'est pas la mienne ni la vôtre, Bruno Le Maire. Moi, une fois encore, je ne suis pas responsable du calendrier. Moi non plus. Les responsabilités sont suffisamment lourdes comme ça. Mais admettons que le 15 mai, il y ait une réouverture progressive des restaurants. Dans ce cas-là, on ne va pas dire, à partir du 15 mai, il n'y a plus de fonds de solidarité pour les restaurants.

Déjà, moi, je serais favorable à ce que l'intégralité du fonds soit maintenue pour le mois de mai, parce que je trouve qu'à partir du moment où c'est la mi-mai, il faut tenir compte aussi des pertes de la première quinzaine, et puis des coûts de la réouverture. Jusqu'à fin, mais au moins. Par exemple, c'est une proposition que je fais.

Et puis ensuite, sur juin, juillet, faire une dégressivité de l'aide, en partant de l'aide dont vous avez bénéficié au titre du fonds de solidarité, en disant, voilà, on va retirer progressivement, parce qu'il y a des jauges, parce qu'il y a des contraintes, parce qu'il faut que les clients reviennent, et parce que vous avez des dépenses liées à la réouverture.

4:55
Présentateur

Les PGE, les plans garantis par les prêts, garantis par l'État, il y a problème. Est-ce que vous reportez d'un an le remboursement ? Oui, on est bien d'accord. Même pour ceux qui n'avaient pas demandé le report d'un an ?

5:13
Bruno Le Maire

C'est à eux de le demander, c'est-à-dire que ce n'est pas automatique. Oui, ce n'est pas automatique. Non, parce que certaines entreprises ont intérêt à rembourser le plus rapidement possible. Donc, vous avez deux cas de figure. Vous avez un prêt garanti par l'État, vous avez demandé le report d'un an du remboursement du principal, c'est décalé à 2022, très bien. On est d'accord. Vous êtes dans une autre situation où vous dites, moi, j'ai surtout besoin d'investir, et donc de fonds propres. Là, vous pouvez avoir accès à ces prêts participatifs, 20 milliards qui vont être mis à disposition des entreprises qui veulent réinvestir, recréer des emplois.

Et puis, il y a toutes ces entreprises qui sont menacées de faillite, qui sont face à un mur de dette. D'ailleurs, les défaillances d'entreprise s'accélèrent. Bien sûr, mais je suis cela d'extrêmement près, et je ferai le maximum pour éviter les faillites dans notre pays. Par quoi est-ce que ça peut passer ? D'abord, de la prévention. Je veux qu'on regarde au ministère de l'Économie et des Finances. On a tous les signaux d'alerte nécessaires, en liaison avec la Banque de France, pour savoir quelles sont les entreprises qui commencent à avoir un vrai problème d'endettement.

À ce moment-là, je propose qu'on puisse réunir l'ensemble des parties prenantes, c'est-à-dire l'État, bien entendu, mais aussi le commissaire aux comptes, mais aussi les représentants du tribunal de commerce, et aussi, évidemment, les créanciers, c'est-à-dire les banquiers, et qu'on dise au cas par cas, voilà, cette entreprise-là, elle est en difficulté, elle est face à un mur de dette. On le sait, on voit venir le problème. On ne va pas attendre que l'entreprise se prenne le mur. On va regarder sa situation, l'étudier tous ensemble, et voir s'il faut étaler sa dette, voire annuler sa dette en partie.

Moi, je suis favorable à ce que nous regardions toutes ces hypothèses-là, et je proposerai d'ici quelques semaines un dispositif de concertation et de conciliation qui doit permettre pour toutes les entreprises qui sont en train d'arriver face à ce mur de la dette, de leur proposer une solution sur mesure. Il faut du sur mesure pour les entreprises.

6:59
Présentateur

Avec un allongement de la durée de remboursement, on parle de 8 ans.

7:03
Bruno Le Maire

Alors là, je ne parle pas forcément du prêt de garantie par l'État. Non, pas forcément du prêt de garantie. Vous savez, les entreprises se disent « Mon problème, ce n'est pas le PGE, c'est que j'ai d'autres dettes que je n'arrive pas à rembourser. » Je veux qu'on trouve une solution sur mesure pour toutes les entreprises. Allongement de la durée de remboursement. Ça peut faire partie des solutions. Allongement de la maturité de la dette, annulation d'une partie de la dette, au cas par cas. Et pour les entreprises dont on sait qu'en fait, c'est juste une question de délai.

Elles vont rebondir dans 2 ans ou dans 3 ans, mais il se trouve qu'elles sont dans un secteur d'activité qui est tellement fragilisé qu'elles ne vont pas y arriver. Prenez les PME du secteur aéronautique. L'industrie aéronautique est en grande souffrance. Et moi, je ne veux pas voir disparaître des compétences d'ingénieurs, de salariés, d'usinage dans une région comme l'Occitanie parce qu'une entreprise se fait face à un mur de la dette alors que fondamentalement, elle est saine. Donc une entreprise saine, elle doit pouvoir survivre à la crise.

7:55
Présentateur

Emmanuel Macron avait promis en décembre dernier le fameux chèque alimentaire. Quand ? Il est pour quand ce chèque alimentaire ?

8:03
Bruno Le Maire

Il faudra interroger le ministre de l'Agriculture. Je viens de vous demander qui travaille là-dessus. C'est un dispositif que je soutiens totalement. Il travaille dessus. Je trouve que c'est une excellente idée de permettre aux populations les plus défavorisées d'avoir accès. Ça doit être, à mon sens, pour les populations les plus en difficulté. Les jeunes, les familles modestes. Ça peut être les jeunes, ça peut être les familles modestes. C'est vraiment au ministre de l'Agriculture de faire des propositions sur ce sujet. Je trouve que l'intuition est très bonne. Avoir une alimentation de qualité a un coût qui soit raisonnable.

8:33
Présentateur

3 milliards d'euros, dit le ministre de l'Agriculture.

8:36
Bruno Le Maire

Oui, on discutera chiffres. Oui, d'accord. 3 milliards d'euros, c'est un peu trop pour vous. On discutera chiffres. Si j'ai bien compris. C'est beaucoup d'argent. Et on a déjà dépensé beaucoup. Mais dans le cadre du plan de relance. Je trouve vraiment que la relance, elle est faite principalement pour transformer notre appareil économique. Elle est pour l'investissement. D'abord. Pour l'innovation. Pour la technologie. Pour ce qui fera la puissance de la nation française. Ça n'exclut pas des idées qui sont des idées justes, comme celle de garantir à tous les Français les plus modestes une alimentation de qualité. Bien se nourrir, ça coûte cher. On le sait tous.

Certains ne peuvent pas se l'offrir. Que nous apportions des solutions concrètes sous forme de chèques alimentaires, j'y suis favorable. Mais c'était en décembre la promesse. Il va bien falloir le mettre en place avant la fin du quinquennat. Je vous parle avec la même franchise que d'habitude. C'est très compliqué à mettre en place. Oui, ça j'ai bien compris. Est-ce que moi je ne veux pas d'usine à gaz où on promet des choses et puis il n'y a pas un Français qui en bénéficie parce que c'est trop compliqué. Ça doit être simple. Ça doit être opérationnel. Ça doit aller aux gens qui en ont réellement besoin.

Et il ne s'agit pas de mettre en place une politique publique qui bénéficierait à des Français qui n'en auraient pas besoin. Et nous y travaillons. Je suis sûr que Jean-Denormandie apportera les réponses nécessaires.

9:42
Présentateur

Bien, le programme budgétaire de la France, on va en parler Bruno Le Maire, l'objectif c'est de se réduire. C'est lié d'ailleurs aux chèques d'exposition. Vous voyez que c'est des coûts qui ne sont pas négligeables. Oui, pas négligeables. Et qui sont négligeables. L'un des objectifs, évidemment, c'est de réduire les dépenses publiques pour relancer l'activité, pour la croissance. Alors vous dites 5% de croissance cette année. Vous gardez ce chiffre ?

10:03
Bruno Le Maire

Oui, je garde ce chiffre de prévision. Vous avez vu que la Banque de France d'ailleurs vient de montrer que les prévisions optimistes qui étaient les nôtres étaient les bonnes prévisions. Que la France a une capacité de rebond économique exceptionnelle. Je suis convaincu que la France aura un chiffre de croissance élevé cette année et qu'elle saura rebondir fort après cette crise économique. Je le dis avec beaucoup de gravité parce que je mesure l'inquiétude, l'angoisse de tous les Français qui nous écoutent, qui disent mais le chômage va arriver, les licenciements, les faillites. On vous protège et nous allons relancer notre économie.

10:35
Présentateur

Alors nous allons relancer notre économie. C'est ce que vous dites. Il est temps, et il est temps au niveau européen de relancer l'économie. Pourquoi ? Parce que les Chinois ont pris de l'avance. Je ne parle même pas des Américains qui sont en pleine croissance. Mais nous aussi Jean-Jacques Bourdin ?

10:47
Bruno Le Maire

Mais nous aussi Jean-Jacques Bourdin ? Je veux juste qu'on fasse bien la différence entre deux choses. Ce que nous faisons au niveau national. Le plan de relance français est un des premiers plans qui a été présenté en Europe. Un des premiers plans à être mis en oeuvre. Au moment où je vous parle Jean-Jacques Bourdin, sur les 100 milliards d'euros du plan de relance français, nous en avons engagé 30. Un tiers du plan de relance français a déjà été engagé. Engagé sur ma prime Rénov'. Ma prime Rénov', rénovation des bâtiments des particuliers, 200 000 primes Rénov' en trois mois, autant que sur l'intégralité de l'année passée.

La digitalisation des PME, on avait prévu 280 millions d'euros, on va approcher du milliard d'euros de dépenses engagées pour digitaliser les PME. Donc le plan de relance français, il a été réalisé à temps, voté à temps par les députés, de la majorité, comme d'ailleurs d'une grande partie de l'opposition, et il est exécuté à temps. Ce que je regrette, effectivement, c'est que l'Union Européenne, qui avait réussi en 2020, du point de vue économique et financier, à porter des réponses fortes, on vote 750 milliards d'euros de crédit, on a de la dette levée, enfin, en commun, on a une banque centrale européenne, grâce à Christine Lagarde, qui nous protège.

Là, en 2021, tout d'un coup, elle perd son élan. Que l'Union Européenne retrouve son élan, et sa force de décision.

12:00
Présentateur

C'est bien ce que je vous dis. 16 pays sur 27. L'Allemagne, qui est elle-même immobile tout à coup.

12:07
Bruno Le Maire

Les États européens, aujourd'hui, mettent du temps à ratifier la décision qui permet de décaisser l'argent européen pour les pays qui en ont le plus besoin. Et bien, je ne cesse d'appeler l'ensemble des États européens à ratifier le plus vite possible ce qu'on appelle la décision ressource propre pour que l'argent européen arrive aux États qui en ont le plus besoin. Parce que si on prend l'exemple français, 100 milliards, 60 du budget national, 40 de l'Europe. On peut s'en sortir. On y arrivera très bien au niveau national, ça ne pose pas de problème. Il y a d'autres États dont l'ensemble du plan de relance, je pense par exemple à l'Italie, dépend du décaissement des sommes européennes.

Donc il y a urgence à ce que chaque État réalise qu'il est responsable de la situation collective de l'Europe, ratifie la décision ressource propre et nous permette de disposer de l'argent.

12:53
Présentateur

Mais je ne sais pas moi est-ce qu'il faut provoquer la réunion de tous les chefs d'État et de gouvernement européens ? Une nouvelle réunion spéciale, extraordinaire pour faire accélérer les choses, Bruno Le Maire ?

13:02
Bruno Le Maire

Je crois que c'est la responsabilité de chaque État. Mais quand vous regardez chaque situation particulière prodé l'Allemagne, qu'est-ce qui bloque ? Ce n'est pas le vote de l'Assemblée nationale allemande, le Bundestag. Ils ont voté. Ce qui pose problème aujourd'hui, c'est la Cour constitutionnelle allemande, la Cour de Karlsruhe, qui va regarder si cette décision est conforme au droit allemand. Ce qui d'ailleurs, au passage, je le dis très simplement, pose un petit problème d'avoir une Cour constitutionnelle nationale qui ne reconnaît pas que le droit européen, donc cette fameuse disposition ressource propre, l'emporte sur le droit allemand.

13:34
Présentateur

Bien. À propos, je fais une petite parenthèse puisque la France va présider le Conseil de l'Union Européenne à partir de janvier prochain. Est-ce que vous avez l'intention de supprimer les plafonds de dette et de déficit public ? Les fameux critères de masse triche, 60% et 3%. Franchement.

13:52
Bruno Le Maire

Il y a deux critères. Le 3%, c'est un critère technique. Il a un avantage, tout le monde lui tombe dessus à avoir raccourci, mais c'est un pur indicateur technique qui a son utilité. Parce que c'est ce qui permet de stabiliser la dette. Je ne dis pas que c'est un chiffre magique, les 3%. Je dis que c'est un chiffre utile parce qu'il permet de stabiliser la dette des pays. En revanche, il y a un indicateur qui est désormais totalement dépassé. Il faut le reconnaître. C'est l'indicateur de dette publique à 60%. Qu'est-ce que ça veut dire un indicateur à 60% ?

Ça avait du sens quand vous aviez des États qui avaient 50% de dette, d'autres 70% de dette publique par rapport à leur richesse nationale. Aujourd'hui, vous avez des États dans la zone euro comme l'Allemagne, ils vont approcher des 60% très rapidement de dette publique. Ils vont revenir de 70% à 60%. D'autres vont être à 120%. C'est le cas de la France, nous sommes à 118% en 2021. D'autres vont être à 160%. Et nous allons rester à 118. C'est le cas de l'Italie. Vous voyez bien qu'à partir du moment où les niveaux de dette représentent des écarts de 100 points au sein de la zone euro entre les différents États membres, ce critère de 60% est dépassé.

Donc vous demanderez la suppression de ce critère ? Je demanderai à ce que, le moment venu, on ne va pas réouvrir maintenant les traiter.

15:05
Présentateur

Non, mais en janvier prochain ?

15:06
Bruno Le Maire

Le moment venu, on puisse différencier la situation de chaque État membre de la zone euro plutôt que de soumettre tout le monde à un même critère qui, franchement, quand ils s'éloignent trop de la réalité, n'a plus aucun sens. Faire de la politique, c'est trop plus près de la réalité. Quand on commence à s'en éloigner trop et à prendre des chiffres comme des références alors que les situations objectives sont déjà très très loin de ces chiffres-là, ça perd tout son sens.

15:29
Présentateur

La baisse, je reviens à la baisse des dépenses publiques, ça doit devenir une règle d'or. Oui, bien sûr. Ça doit devenir une règle d'or. Vous savez,

15:37
Bruno Le Maire

raisonnons simplement Jean-Jacques Bourdin.

15:39
Présentateur

Contrainte par la loi ?

15:40
Bruno Le Maire

Bien sûr, contrainte par la loi. Oui. Mais je vais vous expliquer quelle est la stratégie que nous défendons avec le président de la République. Nous avons protégé les Français comme quasiment aucun autre pays ne l'a fait de cette crise. On a évité le chômage de masse, on a évité les faillites. Nous relançons. Et nous sommes probablement des États européens, membres de la zone euro, qui relancent aujourd'hui avec le plus de rapidité dans l'exécution de son plan de relance.

Le moment venu, c'est-à-dire, et je veux être très clair là-dessus, quand la crise économique et la crise sanitaire seront vraiment derrière nous pour qu'on ne refasse pas l'erreur de 2009, on avait voulu rétablir les finances publiques trop vite. Le moment venu, une fois que la crise économique sera derrière nous, que l'économie aura redémarré, il faudra rétablir les finances publiques. Comment est-ce qu'on fait ? Peut-on y arriver ? En votant chaque année un budget, et puis d'une année sur l'autre, finalement, on rajoute des dépenses, on oublie les économies. Je pense que ce n'est pas possible.

C'est pour ça que je suis favorable à ce qu'on vote en début de quinquennat l'ensemble des dépenses que l'on va engager sur 5 ans. C'est ce qu'on appelle la pluriannualité des finances publiques. Et que ça devienne une règle d'or. Et que ça devienne une règle de nature constitutionnelle. C'est notre position de ministre des Finances français attaché au rétablissement des finances publiques françaises. Il nous faut une règle qui dise, en début de quinquennat, on peut choisir les dépenses qu'on veut privilégier, on peut choisir les économies que nous allons faire. C'est ça la démocratie.

En revanche, le montant global des dépenses qu'on va engager sur 5 ans, lui, on le choisit collectivement et on n'y touche pas. Et il est inscrit. Et il est inscrit.

17:09
Présentateur

Sauf événement exceptionnel. C'est la position d'Emmanuel Macron. Sauf crise. Ce sera l'une des propositions d'Emmanuel Macron l'année prochaine. C'est la proposition

17:16
Bruno Le Maire

du ministre des Finances qui est attaché au rétablissement des finances publiques. Je crois que c'est son rôle. Comme je suis attaché comme ministre de l'économie à la relance économique. Mais la France sera forte si elle a plus de croissance et nous allons y arriver. Mais également si elle a des finances publiques bien tenues. Et j'y suis attaché.

17:33
Présentateur

Alors, baisse des impôts. Pas de hausse d'impôts mais baisse des impôts de production. 10 milliards. 33 milliards disait lundi matin Xavier Bertrand. Ici même, si je suis élu président de la République, la baisse sera de 33 milliards d'euros. 33 milliards d'euros, c'est possible ? D'abord,

17:50
Bruno Le Maire

vous me permettrez de noter que Xavier Bertrand ferait un excellent ministre de l'économie et des finances et un excellent président de la République. Un excellent ministre de l'économie et des finances d'Emmanuel Macron quand Emmanuel Macron aura été réélu président de la République en 2022. Et un excellent candidat à la présidence, Bruno Le Maire ? Le candidat que je soutiens, vous l'avez compris, c'était Emmanuel Macron. Mais j'ai lu avec attention les propositions de Xavier Bertrand. Il demande une baisse des impôts de production.

Nous sommes la seule majorité et je suis le seul ministre de l'économie et des finances sous l'autorité du Premier ministre et du Président de la République à avoir engagé cette baisse des impôts de production. Il peut la saluer, il peut la soutenir, il peut la poursuivre. Il propose plus. Il propose également que nous revalorisions les bas salaires. Nous l'avons fait depuis 4 ans avec le Président de la République. Nous avons augmenté la prime d'activité, nous avons baissé les cotisations sociales, nous avons défiscalisé les soeurs supplémentaires. Nous l'avons déjà fait. Il demande la mise en place d'un fonds souverain. Nous l'avons déjà fait également.

Donc sa politique et ses propositions s'inscrivent dans la continuité rigoureuse de ce que nous avons fait avec le Président de la République, avec le Premier ministre et avec cette majorité en matière économique et financière depuis 4 ans, c'est pour ça que je dis dans l'esprit de continuité que s'il veut être ministre de l'Économie et des Finances d'Emile Macron, il en a toutes les qualités.

19:02
Présentateur

A votre place, Bruno Le Maire, Citroën a dévoilé avant-hier son nouveau modèle haut de gamme, la C5X livrable en 2021, fin 2021, fabriquée en Chine, exclusivement en Chine, à Chengdu, dans le centre de la Chine. La nouvelle limousine DS9 de Citroën, toujours, sera aussi assemblée en Chine. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le haut de gamme automobile français, c'est du made in China.

19:31
Bruno Le Maire

Vous savez, il n'est pas absurde de se mettre près de ses clients. Ce qui compte pour moi, c'est que PSA, le groupe PSA...

19:38
Présentateur

40 à 50 000 modèles vendus chaque année et beaucoup en Europe.

19:43
Bruno Le Maire

venus de Chine. Je vais vous dire très sincèrement ce qui compte pour moi. C'est que les grands groupes industriels automobiles français, Peugeot et Renault, créent de la valeur en France et donc relocalisent toutes les activités technologiques sensibles, production de moteurs, moteurs électriques, chaînes de traction en France. C'est ce qu'ils sont en train de faire.

20:04
Présentateur

Même si le moteur de Douvrin est parti en Hongrie. Fabriqué à Douvrin est parti en Hongrie. Jean-Jacques Bourdin. Oui. Pardon ?

20:12
Bruno Le Maire

Oui, il devait partir en Hongrie. Il ne part pas ? Il ne part pas en Hongrie. Pourquoi ? Depuis trois semaines, je discute avec Carlos Tavares. Oui. J'ai dit au patron de PSA qui, au passage, est un très grand patron de l'industrie automobile. Vous ne pouvez pas bénéficier de l'aide à l'hybride rechargeable dont bénéficie PSA. Vous ne pouvez pas bénéficier des aides à la conversion dont bénéficie PSA. Vous ne pouvez pas bénéficier de l'ensemble de la politique et les 8 milliards d'euros que nous avons mis sur la transformation de l'industrie automobile française et délocaliser un moteur hybride rechargeable de nouvelle génération. C'est la troisième génération en Hongrie.

Je suis ravi que Carlos Tavares ait entendu nos arguments et qu'il ait finalement pris la décision de maintenir ce moteur à Douvrin. De la même façon que je suis ravi qu'il ait décidé de relocaliser de Chine en France le moteur électrique que je suis ravi qu'il ait pris la décision d'investir sur les batteries électriques pour ouvrir toujours sur le site de Douvrin en 2022 une usine de batteries électriques. Et est-ce que vous êtes ravi de voir que la relocalisation industrielle c'est possible si on y met l'énergie et les moyens ? Ça serait mieux

21:21
Présentateur

la relocalisation industrielle si le modèle haut de gamme de Citroën le modèle qui succède à la DS qui succède à la XM à la SM soit Je suis un fan de voitures comme vous Jean-Jacques Bourdin mais un tout petit peu de cohérence on n'arrête pas de dire aux français Il faut que vous ayez Vous imaginez Louis Vuitton vous imaginez Hermès faire fabriquer son haut de gamme en Chine Est-ce que vous imaginez cela ?

21:44
Bruno Le Maire

Je préfère de toute façon que le maximum de production soit réalisé en France Je dis simplement qu'il faut un peu de cohérence Je dis il faut que nous ayons les produits les plus innovants relocalisés en France C'est ce qui est en train de se passer et dans un pays qui depuis 30 ans connaît des délocalisations industrielles avoir enfin des relocalisations industrielles c'est une très bonne nouvelle Mais on ne peut pas dire aux français prenez des véhicules plus petits et plus respectueux de l'environnement et puis dans le même temps réalisez les plus gros véhicules sur le territoire français et à un moment donné il y a un problème de cohérence de plus en plus mais les plus petits modèles C'est la fabrique mondiale la Chine Mais la fabrique mondiale de véhicules technologiquement avancés de moteurs de pièces de production avancées doit se faire en France et est en train d'être relocalisée

22:27
Présentateur

en France Bien Un mot pour terminer sur le nucléaire J'avais Barbara Pompili à votre place mercredi dernier elle me disait nous pouvons nous passer du nucléaire ministre numéro 3 du gouvernement nous pouvons nous passer du nucléaire vous diriez la même chose

22:42
Bruno Le Maire

Nous ne pouvons pas nous passer pour le moment du nucléaire Voilà je vous le dis avec simplicité je pense que Barbara Pompili le sait aussi bien que moi arrêter le nucléaire demain vous verrez il n'y aura plus de spots il n'y aura plus d'émissions et les téléspectateurs ne pourront plus nous entendre de construction de nouveaux EPR de construction d'électricité mais plus petit faisons preuve de cohérence et de vision à long terme nous voulons décarboner l'économie française nous allons avoir besoin un besoin massif massif d'électricité décarbonée immédiatement disponible qui va produire cette électricité décarbonée immédiatement disponible pour la domotique pour vos véhicules électriques pour la production d'hydrogène vert mais si vous vous privez du nucléaire qui nous permet de produire ensuite de l'hydrogène d'avoir des véhicules électriques d'avoir de la domotique d'avoir tous les instruments dont on se sert au quotidien et bien nous n'y arriverons pas donc nous avons besoin de nucléaire pour réussir la transition écologique ça n'exclut pas du tout d'investir massivement dans les énergies renouvelables comme nous le faisons mais soyons réalistes et visionnaires réalistes on a besoin du nucléaire visionnaires accélérons la transition écologique l'hydrogène les énergies renouvelables c'est ce qui fera aussi la force de la France

23:55
Présentateur

merci Bruno Le Maire 8h53 RMC et BFM TV

L'invité de Bourdin Direct : Bruno Le Maire - 14/04 — Bruno Le Maire · Pourquijevote