L'entrée fracassante d'Emmanuel Macron en campagne
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Chapitres
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« Il n'y a pas de faux suspense, j'ai envie, ainsi parle Emmanuel Macron dans cette interview au Parisien, écrasé par son autre envie dont on vient de parler, celle d'emmerder les non-vaccinés. »
- 3:08InvitéChiffre
« on disait, il y a un an, 40% des Français rétifs à la vaccination, on est aujourd'hui, il en reste, on le sait, on vient d'analyser 8% ou quelques millions, on est l'un des dix pays les plus vaccinés au monde, aujourd'hui. »
- 7:36InvitéFait
« l'incapacité de la France à produire un vaccin qui est le fruit de plusieurs années de désinvestissement dans l'enseignement supérieur et dans la recherche qui a considérablement fragilisé notre pays en le rendant dépendant de technologies qu'on ne produit plus aujourd'hui en France. »
- 8:29InvitéFait
« Pourquoi par exemple le PR de Flamanville a tant de problèmes ? C'est un problème justement au fond de ressources humaines, on ne forme plus assez d'ingénieurs et les meilleurs ingénieurs vont faire autre chose que ce pourquoi on a besoin d'eux, c'est-à-dire dans l'industrie en particulier. »
- 12:29InvitéFait
« ne tirez pas sur moi je porte vos enfants dans mes bras. »
- 16:45PrésentateurFait
« lorsque le président de la république après avoir de manière tonitruante comme disait Aurélie Philippetti annoncé son projet en termes de stratégie de lutte contre le Covid il fallait bien entendre que c'était aussi une stratégie électorale une stratégie de campagne »
- 21:57PrésentateurFait
« ces gens qui ne sont pas vaccinés si vous voulez ce n'est pas je qui va les chercher c'est le parlement qui vote une loi »
Temps de parole
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France Culture, l'esprit public.
Il n'y a pas de faux suspense, j'ai envie, ainsi parle Emmanuel Macron dans cette interview au Parisien, écrasé par son autre envie dont on vient de parler, celle d'emmerder les non-vaccinés. La controverse provoquée par le Président a ainsi remis le Covid au centre du débat politique. Et alors que le pass vaccinal était discuté dans un débat très houleux à l'Assemblée nationale, un coup tactique qui agace ses concurrents, certains l'ont dit ouvertement, comme Éric Zemmour qui a accusé Emmanuel Macron de vouloir faire dériver la campagne vers le Covid, alors que lui veut parler d'identité et d'immigration.
Valérie Pécresse, qui est apparue embarrassée par les divisions de son parti sur le pass vaccinal, a ressorti, elle, le karcher de Nicolas Sarkozy pour convaincre, ou pour tenter de convaincre, sur la sécurité. Est-ce que cette campagne risque d'être écrasée par la crise sanitaire, Gérard Courtois ? Pour l'instant, elle l'est, c'est une évidence, avec des impacts multiples, alors des impacts techniques, il y a une réunion dans deux jours à Matignon avec les chefs de parti pour voir comment peuvent s'organiser les meetings, les jauges, les distributions de masques, les contrôles de passes sanitaires à l'entrée des réunions publiques.
Donc bon, tout ça va compliquer la campagne, on ne pourra pas faire campagne comme si de rien n'était. Bon, à la limite, c'est relativement secondaire, puisque l'essentiel de la campagne, comme d'habitude, va se faire sur les médias audiovisuels. Enfin, ça bride les enthousiasmes militants. Le deuxième impact, plus sérieux, à mon sens, va porter, ce qui nous renvoie indirectement au début de notre conversation, sur la manière dont sera apprécié le bilan de la gestion de crise par le président de la République.
Jusqu'à présent, en tout cas, et j'ai le sentiment, enfin pas le sentiment, on constate que les Français lui en font crédit, le chef de l'État, le gouvernement, l'exécutif, peuvent mettre en avant trois succès, ou plus ou moins significatifs, mais enfin réels, le quoi qu'il en coûte, qui a évité ce que beaucoup redoutaient il y a 18 mois, une crise économique et sociale brutale, l'ouverture des écoles, des collèges et des lycées, que le gouvernement, alors, je viendrai dans un instant sur les embarras actuels, mais que le gouvernement, contrairement à beaucoup de pays, a passé le premier confinement, a fixé comme une règle impérative, et s'y est tenue, en dépit des difficultés, et la troisième réussite, qui n'était pas du tout gagnée il y a un an, on disait, il y a un an, 40% des Français rétifs à la vaccination, on est aujourd'hui, il en reste, on le sait, on vient d'analyser 8% ou quelques millions, on est l'un des dix pays les plus vaccinés au monde, aujourd'hui.
Donc, bon, tout ça forme autant, c'est un atout évident pour le Président de la République, à l'orée de la campagne.
Le risque évident, il est évidemment, il crève les yeux, aujourd'hui, c'est que la propagation fulgurante du variant Omicron remette en cause tout ça, que dans les jours ou les semaines qui viennent, par exemple, des difficultés, des désorganisations, voire des blocages de l'école, de l'hôpital, de l'entreprise, remettent en cause ces trois piliers de ce qu'il y a, pour l'instant, je passe sur les tout premiers temps de la crise sanitaire, le problème des masques, mais depuis, disons, un an, 18 mois, tout ce qui a fait qu'aujourd'hui, le gouvernement est tenu pour, voilà, on met à son actif ses réussites.
Si ces réussites-là sont remises en cause, ça peut changer considérablement la manière dont les Français apprécieront le bilan. Et le bilan, il va porter d'abord sur la crise sanitaire parce que c'est le sujet permanent, obsédant, évident, inévitable, si je puis dire, du débat public aujourd'hui et du débat présidentiel. Et, enfin, il me semble qu'il y a un troisième impact possible de la crise sanitaire sur la campagne qui démarre, c'est qu'elle cannibalise tout le reste du débat.
et que, alors que cette campagne devrait être l'occasion de répondre à des questions cruciales, la place de la France dans un monde de plus en plus incertain ou inquiétant, la manière de penser la révolution ou la transition numérique et écologique de l'économie, la place d'un certain nombre de services publics dont la crise a démontré à quel point ils sont au centre du pacte républicain, l'école, l'hôpital. Quel avenir ? Alors que ces deux institutions ou services publics paraissent au bord de, comment dire, devant, en tout cas, de très lourdes difficultés, comment redonner le moral à des Français qui sont parmi les plus défiants, les plus inquiets, etc.
si toutes ces questions-là ne reçoivent pas de réponses parce que le débat serait complètement phagocyté par la question, le bilan, la gestion de la crise et le bilan du gouvernement sur ce terrain-là, le risque est fort que cette campagne n'intéresse pas les Français avec deux conséquences. d'une part d'entraîner un niveau totalement inédit d'abstention et par conséquent de remettre en cause un peu plus que ce n'est déjà le cas la légitimité du ou de la prochaine élu à l'Élysée. Aurélie Philippetti. Oui, c'est sûr que le fait, cette intervention, cette entrée en campagne tauditruante d'Emmanuel Macron a remis la question du Covid vraiment au centre du débat.
Mais, au fond, ce qu'il faudrait aujourd'hui, ce serait qu'on ait un débat pendant les trois mois et demi qui viennent. Trois mois. Trois mois, oui, trois mois. 10 janvier, demain, 10 avril. Oui, c'est ça, trois mois sur la manière dont on peut penser la société française pour qu'elle puisse mieux réagir à l'avenir à d'éventuelles autres catastrophes sanitaires comme ça, catastrophes écologiques parce que le changement climatique, c'est évidemment, ce n'est plus une épée de Damoclès, on y est, ça a commencé.
Anticiper sur l'école, l'éducation, l'enseignement supérieur parce qu'on a quand même vu avec le Covid l'incapacité de la France à produire un vaccin qui est le fruit de plusieurs années de désinvestissement dans l'enseignement supérieur et dans la recherche qui a considérablement fragilisé notre pays en le rendant dépendant de technologies qu'on ne produit plus aujourd'hui en France. Face à la transition énergétique aussi, on a un problème, un manque crucial aujourd'hui en France de savoir-faire, de compétences et en fait d'ingénieurs qui sont formés aujourd'hui dans des écoles d'ingénieurs mais pour 60% d'entre eux vont ensuite travailler dans la finance ou dans la banque.
Donc, pourquoi par exemple la technologie nucléaire, ce n'est pas simplement une question de savoir si on est pour ou contre le nucléaire, c'est est-ce qu'on a encore aujourd'hui les compétences en France pour entretenir les centrales nucléaires ? Pourquoi par exemple le PR de Flamanville a tant de problèmes ? C'est un problème justement au fond de ressources humaines, on ne forme plus assez d'ingénieurs et les meilleurs ingénieurs vont faire autre chose que ce pourquoi on a besoin d'eux, c'est-à-dire dans l'industrie en particulier. Donc ça, c'est des questions fondamentales.
La situation de l'école, on le voit et moi je pense que c'est ça finalement qui va être peut-être la pierre de touche de ce début de campagne, c'est que depuis une semaine, l'école en France, école primaire, collège, lycée est totalement désorganisée. la stratégie qui consiste à tester les élèves tous les deux jours qui vient d'être un petit peu allégé, c'est-à-dire ça sera tous les deux jours mais une fois par semaine seulement en cas d'élèves positifs, elle risque effectivement de s'effondrer si la poursuite de l'explosion des contaminations par Omicron continue pendant tout le mois de janvier.
Donc, qu'est-ce qu'on va faire si on n'est pas capable, par exemple, on n'est pas capable de donner des masques FFP2 aujourd'hui aux enseignants alors qu'on sait que les masques FFP2 protègent beaucoup plus, beaucoup mieux à la fois les contaminations entre enseignants et élèves et protègent évidemment le corps enseignant. S'il n'y a plus d'enseignants devant les élèves, évidemment, les classes seront obligées de fermer. Donc, pour moi, c'est ça les questions fondamentales. Mais effectivement, ce débat qui est en quelque sorte le débat qu'on avait commencé à esquisser lors de la première vague le monde d'après, qui est en fait le débat très juste.
Comment on fait pour affronter le monde de demain avec ces enjeux énormes, la santé, le changement climatique, l'éducation et l'enseignement supérieur et la recherche. C'est ça, aujourd'hui, les enjeux pour la France. Mais tout est complètement phagocyté par le débat sanitaire. Et effectivement, si c'est comme pour les municipales, on voit qu'il y avait une prime aux sortants quand même pendant aux élections municipales parce que quand on est dans une situation d'incertitude, évidemment, les gens ont tendance à se dire bon ben, on sait ce qu'on a, on ne sait pas ce qu'on aura demain avec quelqu'un d'autre qui devrait reprendre les rênes comme ça, avec sa broupe tôt.
Prime aux sortants et très forte abstention. Et très forte abstention aussi. Ce qui marche généralement ensemble. Jean-Noël Jeannet. Oui, en écoutant ce qui vient d'être dit, on voit bien comment d'abord la candidature d'Emmanuel Macron ne fait pratiquement plus de doute même si je crois qu'il n'a pas tort de décider qu'il se manifestera officiellement plus tard. Si vous regardez les précédents, c'était toujours deux mois avant dans le cas de Mitterrand, de Chirac ou de Sarkozy. Ce qui m'intéresse plus... Non, dit Gérard Courtois, ça a été même plus tardif pour Mitterrand.
Les deux présidents qui étaient les plus assurés de leur réélection, c'est-à-dire De Gaulle en 1965 dans les conditions... Mais De Gaulle n'était pas une réélection et c'était une représentation disons. Et Mitterrand en 1988 c'est un mois avant. 22 mars, 22 mars 1988 je ne sais pas s'il avait choisi cette date spécialement. Et l'élection avait lieu le 24 et le premier tour le 24. Merci pour cette nuance. Mon propos était qu'on voit bien comment en chaque occurrence et en particulier en celle-ci dans la bataille électorale se mêlent les aspects conjoncturels et les aspects structurels.
Qu'est-ce qui fait brusquement irruption vous l'avez dit c'est évidemment dans l'affaire sanitaire mais il n'empêche que les français au moins un bon nombre d'entre eux seront néanmoins attentifs à ce qui a été fait d'un point de vue structurel d'un point de vue des réformes et ce qui peut être promis c'est-à-dire bilan et programme. Or, ça nous ramène à la grande question de la durabilité d'un gouvernement des centres qui pour l'historien est évidemment une question tout à fait passionnante.
Je pensais ces jours-ci à un mot d'André Tardieu qui était un des dirigeants de la droite au début des années 30 et qui proposait une loi sur les assurances sociales qui se tournait vers la gauche et disait ne tirez pas sur moi je porte vos enfants dans mes bras. Je pense que très souvent je ne sais pas s'il se référait à cette formule mais qu'Emmanuel Macron souhaite se tourner vers la gauche et vers la droite en disant ne tirez pas sur moi. Simplement c'est plus difficile parce qu'en l'occurrence on était dans du binaire avec Tardieu et de notre côté les socialistes et radicaux. Là l'idée est de savoir s'il est possible de parler à droite et à gauche sans se contredire.
Alors à la base de ça je pense qu'il y a un aspect de tempérament je ne ferai pas de la psychanalyse du tout mais il y a chez cet homme un goût de séduire qui est tout à fait frappant peut-être plus que la politique c'est de la séduction Aurélie mais enfin pas seulement c'est des idées normalement voilà bien sûr on séduit de différentes façons et lui quand même il a pensé qu'il pouvait séduire Plenel et M.
De Villiers par exemple et puis ça lui est revenu en boomerang c'est raté dans les deux paroles alors donc la question est de savoir si vous avez bien noté ce qui veut dire que la question est de savoir si on va continuer avec un gouvernement des centres ou pas et la lection de Macron s'il est élu signifiera que pour 5 ans de plus on a un gouvernement des centres simplement dans l'histoire tous les gouvernements des centres se sont arrêtés au bout d'un moment alors peut-être ce sera maintenant peut-être ce sera dans 5 ans mais c'est ceci qui me paraît devoir éclairer finalement l'analyse en termes politiques et non plus sanitaires que nous pouvons faire de la situation les grands gouvernements des centres il y en a eu il y a eu Valdez-Crousseau en 99-2002 qui a permis de faire une belle loi sur les associations et qui s'est 1902 j'ai dit 1902 oh merci tu as dit 2002 2002 oui c'est une concordance des temps malvenus c'est un siècle d'écart merci Aurélie merci Aurélie merci donc il y a eu le De Gaulle en 58 aussi qui était un gouvernement qui allait des socialistes à la droite on pourrait trouver Poincaré en 1926 pour faire le franc Poincaré toutes ces alliances ont duré peu de temps un certain temps et d'ailleurs le fait que De Gaulle ait été déçu par les effets de l'élection au suffrage universel à cet égard est frappant parce qu'il pensait qu'il allait prolonger ce qui s'était passé avant c'est à dire c'est pas la gauche la France c'est pas la droite la France ce qu'a repris Macron au moment de son élection dernière simplement le fait est que le résultat de ce système est qu'a surgi Mitterrand à gauche à ce moment là et que De Gaulle un peu à sa surprise c'est l'hésitation est-ce que je vais revenir de Colombet entre les deux tours il s'aperçoit qu'il est projeté en tout cas il est en tout cas poussé vers la droite ce qui ne lui est pas agréable et qui va être assez vrai en politique intérieure sinon en politique étrangère ensuite mais De Gaulle dépassait ces affrontements en revanche presque toujours au bout d'un moment il arrive le retour de la gauche et de la droite alors là c'est un débat que j'ai souvent avec mes amis historiens est-ce qu'à cet égard cette permanence existe ou pas ou est-ce que l'ensemble des mutations contemporaines la diversité des thèmes les nouvelles technologies vont faire que tout ça va sauter va disperser en poudre je tiens pour ma part que pendant très longtemps la gauche et la droite vont durer donc la question est de savoir elles vont durer parce que c'est attaché à des généalogies à des différences fondamentales de philosophie et parce que la terre entière a adopté cette binarité depuis la révolution française donc ça va durer la question est de savoir si on replace si on replace l'élection à venir sous cet éclairage et de savoir si on va prolonger ou non et si conjoncture plus structure ce qu'on a fait comme réforme et ce qu'on promet de faire va aboutir à cela et puis ensuite à mon avis dans 5 ans de toute façon Macron ne sera pas rééligible on verra de nouveau ressurgir la droite et la gauche avec des formes différentes évidemment il y a des thèmes qui se promènent et il y a des structures qui évoluent la malheur des partis est tout à fait observée par tout le monde mais enfin je pense que la réflexion sur la campagne actuelle ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur le moyen terme vous voyez c'est une déformation professionnelle
une des caractéristiques de ces premiers jours de l'année est précisément la superposition entre la crise sanitaire et ce début de campagne politique d'ailleurs lorsque le président de la république après avoir de manière tonitruante comme disait Aurélie Philippetti annoncé son projet en termes de stratégie de lutte contre le Covid il fallait bien entendre que c'était aussi une stratégie électorale une stratégie de campagne ça c'était en quelque sorte un terme à double signification alors je voudrais rapidement aborder trois points qui me paraissent tout à fait intéressants dans ce qui se profile comme une manière d'agir lors de cette campagne d'abord une ligne de conduite qui ira clairement vers l'opposition entre camps car on peut imaginer comme cela a été la stratégie gagnante en 2017 que le président de la république a tout intérêt à favoriser un deuxième tour et il se trouvera face à l'extrême droite donc d'une certaine manière il me semble que beaucoup de thèmes de campagne vont être agités de manière à instaurer de façon réitérée ce type de débat et de clivage deuxième point d'une certaine manière échapper au bilan alors on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir réalisé son projet étant donné la gravité de la crise sanitaire et troisième point une constante mise en scène de la personnalité de la capacité à décider à faire des paris car en matière de crise sanitaire aujourd'hui on a affaire plus à un pari qu'à une stratégie et un pari dont tous les effets négatifs d'ailleurs en cas d'échec n'ont pas été véritablement analysés donc très rapidement sur le premier point l'antagonisation il est clair qu'Emmanuel Macron souhaite se positionner en quelque sorte comme le recours de la rationalité comme le chef de la coalition pro-vaccin contre tous ceux qui auraient la moindre réticence ou qui apporteraient quelques nuances sur la manière de traiter le problème là je pense c'est une bonne chose que la candidate de la droite ne tombe pas dans ce piège et arrive à rassembler à peu près son camp pour voter ceux qui avaient voté contre Robert Le Tire se sont abstenus ensuite à l'Assemblée donc il y a quand même eu un peu le groupe
se divisait en quatre exactement en quatre
entre pour, contre,
abstention et n'apparait pas
la ligne de la candidate a été clairement affirmée donc il n'y a pas eu d'ambiguïté sur ce point je pense que c'est une bonne chose parce qu'il n'y a aucune raison de faire de la gestion d'un crise sanitaire un enjeu politique on n'en est pas là le vote des députés a été étonnamment parasité par cette utilisation politique c'était quand même de pas très bonne guerre quand on est le garant du bon fonctionnement de la démocratie
mais de très bonne guerre quand on est candidat
mais à l'heure actuelle il s'agit du président de la république garant du bon fonctionnement des institutions libérales et démocratiques donc cette antagonisation me fait redouter le pire parce que d'une certaine manière tout problème sera utilisé pour une mise en scène d'un affrontement entre des oppositions irréconciliables qu'on aura intérêt à présenter comme irréconciliables et qui en quelque sorte exalteront les prises de décision de celui qui se présentera comme défenseur du parti raisonnable échappé au bilan et bien il est vrai qu'il y a quand même des choses positives et très importantes qui ont été faites lors de ce quinquennat c'est indiscutable une certaine clarification de la fiscalité une attention portée à l'innovation à compétence un véritable engagement dans la politique de la petite enfance et d'autres certainement mais les grandes idées qui étaient à l'origine du projet d'Emmanuel Macron c'est à dire de donner des atouts aux plus démunis de dynamiser la société de donner véritablement une chance d'avenir d'échapper au déterminisme social tout ce qui a pu faire rêver une génération qui y a cru et bien malheureusement là il faut constater que 5 ans après est-ce dû à la crise est-ce dû au manque de maturité dans la construction des visions en tout cas ça n'a pas été réalisé et surtout nombreux ont constaté quand même avec désolation une sorte de dysfonctionnement dans l'usage des institutions démocratiques les droits du parlement le respect dû aux collectivités territoriales et aux élus des territoires aux associations à toutes les forces qui animent la société civile n'a pas permis un type de gouvernement une mentalité très apaisée donc il est sûr qu'en période de crise sanitaire malheureusement l'analyse de ce bilan ne pourra pas être faite sereinement alors bien sûr les mesures prises pendant la crise ont été très fortes et spectaculaires et tout à fait bienvenues mais elles ont été les mêmes dans tous les pays européens et même avec une ampleur beaucoup plus grande dans d'autres pays enfin troisième point je voudrais conclure là-dessus c'est la mise en scène de la personnalité de la capacité de décision de la capacité à prendre des paris à trancher dans la certitude tout ça est fait avec un talent considérable véritable salut l'artiste on ne peut pas dire autre chose mais c'est pas comme ça que doit fonctionner notre démocratie du moins à mon sens j'ai été profondément choqué en entendant en fait ce qui m'a le plus choqué je vais aller les chercher ces gens qui ne sont pas vaccinés si vous voulez ce n'est pas je qui va les chercher c'est le parlement qui vote une loi la politique n'est pas une politique discrétionnaire où on assiste à l'exaltation de la capacité de décider d'une personnalité c'est une politique qui doit être enracinée dans des procédures de légitimation et je suis aussi frappée qu'on ait cessé de relever que ce gouvernement du centre est un gouvernement d'une personne il est attaché à une personne le mouvement politique c'est le mouvement Macroniste qu'est-ce que cela signifie le problème du centre voyez-vous c'est qu'il a besoin d'un extrême pour se différencier le gouvernement du centre nous condamne à l'affrontement réitéré entre le raisonnable indéfiniment fluctuant rassemblant la droite et la gauche et le déraisonnable et je pense que c'est la condition c'est la condition d'anéantissement de toute délibération politique de tout débat avec des arguments de part et d'autre
Deux mots très vite Deux mots le gouvernement du centre d'Emmanuel Macron il est lié à une situation très concrète la gauche est hors jeu les droites sont divisées point 1 point 2 j'aurais aimé faire de la concordance étant en présence de Jean-Noël Jeannet et démontrer à quel point je vous en prie vous dites bravo l'artiste Monique à quel point la tactique la stratégie électorale d'Emmanuel Macron aujourd'hui est exactement calquée sur la stratégie gagnante de François Mitterrand en 1988 en matière de machiavélisme Macron est quand même le digne élève de ce prédécesseur il sortait d'une cohabitation mais là il est en cohabitation avec le Covid depuis deux ans on y reviendra merci merci Aurélie Philippetti Gérard Courtois Monique Cantos Perber Jean-Noël Jeannet émission préparée par Anne-Claire Bazin réalisée par Luc Jean-Rénaud avec à la technique Marie-Claire Oumabadi je vous donne rendez-vous dimanche prochain à 11h dans un instant les bonnes choses Caroline Brouet