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Discours de Xavier Bertrand le 1er octobre 2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Xavier Bertrand

s'en faut. La première fois que j'ai dû prendre la parole dans ce théâtre pour une réunion publique, la première fois que personne ne sourit, c'était en 1985. J'ai aussi d'autres souvenirs très forts. La seule fois où pour une réunion publique le théâtre était aussi rempli, c'était en 1992 pour l'avenue de Philippe Séguin. Et pourtant au moment où je suis rentré dans cette salle, c'est un sentiment particulier qui m'animait différent, notamment des élections municipales où avec Pierre-André, avec Frédéric, avec nombre d'amis, j'ai eu à intervenir sur cette scène.

C'est parce qu'il y a à la fois un décalage entre votre enthousiasme et la situation de notre pays comme c'était évoqué à l'instant. Mais ce décalage au final, il est là pour nous donner une force, il est là pour nous donner la puissance de défendre nos convictions, nos valeurs. Vous êtes toutes et tous des individualités. Mais nous, nous sommes rassemblés par l'amour de quelque chose qui nous dépasse et qui nous rassemble, c'est la France. Et c'est ça la logique de l'Ukraine. Que beaucoup sont venus de très loin. Je sais bien qu'il y a eu le débat, es-tu sûr de vouloir faire cela à Saint-Quentin ? N'est-ce pas Bernard ? C'était évident que c'était à Saint-Quentin.

Parce que c'est chez moi, parce que c'est ma ville. C'est parce qu'ici, j'ai grandi, je suis arrivé dans cette ville, j'avais 12-13 ans. Je venais de Troyes, dans l'aube. Mes parents, mon père, avaient obtenu une mutation professionnelle parce qu'il avait réussi un examen professionnel qui lui avait permis de devenir cadre. Je l'avais vu travailler, réviser à la maison. Et quand il a eu cet examen, pas de la première fois, c'était une mutation et un déménagement. Je quittais à Troyes, mes amis. J'étais adolescent. Et puis au final, j'ai retrouvé d'autres amis. Et c'est ici que j'ai grandi.

Le collège, le lycée, les emplois, les premiers pas en politique auprès de Jacques Braconnier, n'est-ce pas Michel ? Et c'est au fur et à mesure ici que je suis rentré au conseil municipal. Et je n'avais à l'époque qu'un seul rêve. Je voulais devenir maire de Saint-Quentin. Parce que cette ville, je l'aimais profondément. J'ai atteint ce rêve d'une certaine façon en devenant maire. Et pourtant, je ne suis pas resté maire très longtemps. Parce qu'en 2015, il y avait un défi à relever. Éviter la fatalité. Éviter ce qui était écrit, ce que tous les chroniqueurs avaient annoncé.

Marine Le Pen allait gagner la région des Hauts-de-France, la région qui justement assurait la fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie. Ah, je peux vous assurer, vous reprenez tout ce qui était écrit à l'époque. Nous n'étions pas avec mes amis des challengers. On était pire que des outsiders. Sauf que j'avais le sentiment que c'était possible de l'emporter et que surtout, je ne voulais pas que cette région, que cette belle région soit dirigée par le Front National. Nous nous sommes mobilisés. Nous avons fait une campagne extraordinaire.

Et il y a eu aussi, ne l'oublions pas, je l'avais dit au soir du deuxième tour de cette élection, des gens qui ne m'appréciaient pas forcément, des gens qui n'avaient pas voté pour moi au premier tour de l'élection régionale, mais qui avaient fait le choix sans hésiter de voter pour moi et pour mes amis pour faire barrage au Front National. Je l'avais dit ce soir-là, ça n'était pas la victoire des partis politiques, c'était la victoire des gens du Nord. Je suis fier d'être à la tête de cette belle région. Et c'est aujourd'hui un autre combat qui s'engage. Un combat pour nos valeurs, pour nos convictions, mes convictions, pour mes idées. Oui, j'ai toujours la même énergie.

J'ai toujours envie de porter mes idées. Parce que j'ai le sentiment que si ça n'est pas au sein de nous, France, que l'on parle du travail comme nous en parlons, si ça n'est pas au sein de nous, France, que nous faisons des classes moyennes une priorité d'action, si ça n'est pas au sein de nous, France, que l'on croit et que l'on porte l'idée de la République des territoires, ça sera nulle part ailleurs. Alors vous êtes ici plus d'un millier parce que vous avez la même conviction. La page des élections présidentielles et l'initiative est à peine refermée et certains me disent, beaucoup les chroniqueurs, mais alors vous êtes déjà pour la suite.

Bien évidemment que c'est lors d'une élection présidentielle que l'on parle d'un projet de société, que l'on met en avant un projet de société. Oui, bien sûr. Mais avant ça, avant 2027, vous ne croyez pas que celles et ceux qui exercent des responsabilités politiques doivent être utiles pour les Français ? Vous ne croyez pas qu'il va falloir apporter des solutions aux problèmes des Français ? Il y a l'avenir, bien sûr. Mais il y a les urgences françaises.

Et ces urgences françaises, j'entends bien qu'on les traite et vous allez m'y aider, mes amis, que vous soyez élus, que vous soyez parlementaires, élus locaux, que vous soyez justement des gens qui avaient tout simplement envie de vous mobiliser. J'ai besoin de vous avec Nous France pour que nous soyons utiles pour les Français dans le moment difficile que nous allons traverser. Alors Nous France, c'est un mouvement politique nouveau et c'est vrai que votre enthousiasme est à la mesure de cette naissance. Un mouvement moderne, un mouvement rassembleur.

Je le dis parce que dans cette salle, il y a des personnes qui, aux dernières présidentielles comme aux précédentes, n'ont pas voté comme moi au premier tour. Ah, ça c'est une évidence. Je reconnais malgré l'obscurité beaucoup de ces visages. Et pourtant vous êtes ici, pas seulement par amitié, mais aussi parce que vous pensez qu'un mouvement politique moderne, jeune et rassembleur, c'est ce qu'il faut pour notre pays. Certains me disent, mais c'est un parti politique de plus. Un parti politique parle à ses adhérents, c'est son essence. Nous France va parler à l'ensemble des Français. Un parti politique est focalisé sur les prochaines échéances électorales, année après année.

Nous vivons toujours avec un calendrier infernal en la matière. Nous France va travailler en dehors de ces rendez-vous électoraux. Ce qui est vrai, c'est que nous France sera aussi une force collective. C'est peut-être aussi ce qui m'a fait défaut par le passé. J'avais déjà les idées, les convictions. Un certain nombre de mes amis, ils sont ici, m'ont entouré, m'ont soutenu. Mais peut-être n'étions-nous pas toujours présents comme il aurait fallu dans toute la France, avec la même force dans toute la France.

C'est la raison pour laquelle nous France sera très différente de la manufacture et qu'encore une fois, le fait qu'aujourd'hui, à Saint-Quentin, vous soyez venus de toutes les régions de France est une chance et une formidable opportunité pour mettre en avant nos idées. Soyez-en remerciés. Et notamment, notre secrétaire général, Bernard de Flessel, nos vice-présidents, que ce soient également nos secrétaires générales adjointes et notre porte-parole qui ont animé avec Antoine Silani le début de cette réunion. Et je voudrais aussi parler de celles et ceux que vous ne verrez peut-être pas ou alors vous les avez vus en ne sachant pas exactement quel rôle avait été leur.

Ce sont tous ces bénévoles, tous ces jeunes d'état civil et d'état d'esprit qui se sont mobilisés pour que ce rendez-vous soit une réussite, même si nous savons que nous pouvons encore nous améliorer, notamment le midi, mais nous avons été surpris par l'affluence. Mais dites-vous bien une chose, c'est que si vous n'avez pas pu manger autant que vous l'auriez voulu, moi non plus, il est vrai qu'en ce qui me concerne, j'ai des réserves. Plus sérieusement, que ce soit Antoine, Sidani, François, Victor, les uns et les autres, je veux les remercier tout particulièrement et vous me permettrez aussi d'adresser plus qu'une pensée, mais d'embrasser Vanessa pour le travail qu'elle a fait.

Un mouvement politique moderne, c'est un mouvement politique qui a aussi un fonctionnement différent. Il y aura une colonne vertébrale nationale avec nous France, mais les antennes, les nombreux sont les délégués d'antenne, les responsables d'antenne qui sont là, vont avoir une totale liberté d'action. Si, si. Aucun parti politique ne donne à ces fédérations, à ces antennes la possibilité d'agir comme ils l'entendent. Nous aussi. Ça veut dire clairement que si l'on veut de la liberté d'action, de la liberté de penser, des idées nouvelles, des idées qui sortent du cadre, alors il faut que vous puissiez travailler différemment.

Nous, France, Hauts-de-France, travaillera sur la même feuille de route que d'autres régions, mais sur des feuilles de route différentes. Valérie, on ne parlera pas de la question des travailleurs frontaliers, Dieu sait si c'est important. On n'en parle pas beaucoup sur les plateaux de télévision, la télévision nationale, mais par contre, pour les personnes concernées, ça joue parce que c'est leur quotidien et leur avenir. Les sujets ne seront pas abordés de la même façon sur les frontaliers dans ta région que dans la mienne, et ça ne sera pas les mêmes préoccupations pour avoir notre ami Pascal Coste en Nouvelle-Aquitaine.

Et puis, nous, France, ça sera aussi nous, Corse, une antenne qui se situera bien dans la République française, mais qui fera aussi des propositions pour que dans le débat institutionnel, on arrête de raconter n'importe quoi et que là-bas aussi, on apporte des solutions concrètes. Il y aura donc une très grande liberté d'action pour les antennes de Nous, France, au niveau régional comme au niveau local, et ça, c'est une révolution dans un mouvement politique. Il y a aussi un autre aspect qui est important, c'est que Nous, France, va faire vivre également toutes les sensibilités.

Je suis un homme de droite, vous le savez, homme de droite sociale, droite gaulliste, diront certains, je le revendique, mais nous allons aussi nous ouvrir et nous élargir. Et Nous, France, a aussi vocation à faire toute sa place à la société civile, à celles et ceux qui ne veulent pas devenir forcément élus, à celles et ceux qui ne sont pas élus, mais qui veulent par leur expérience professionnelle, par les idées qu'ils peuvent avoir, envie de faire bouger les choses. C'est la logique des collectifs. Les collectifs au sein de Nous, France, qui se mettront en place à la fin de cette réunion, ils ont toutes leur place.

Et je veux vraiment qu'ils puissent prendre une autre dimension que la place qui a été réservée à la société civile auparavant. Que ce soit le collectif des entrepreneurs, Ulrich, des soignants, des élus, des jeunes, de la culture, Pascal, du sport, Frédéric, de l'agriculture, des enseignants, eux aussi auront une vraie liberté pour faire vivre les débats et nous faire des propositions qui sortent du cadre. Merci à toutes et tous de vous engager dans ces collectifs. Après ce lancement, il y aura des ouvertures d'antennes dans toute la France, bien évidemment. J'y participerai. Beaucoup seront ouvertes également par les responsables régionaux, par notre secrétaire général, par notre équipe.

Mais il y a un point sur lequel je voudrais insister, c'est la question des jeunes. Il est facile d'avoir un mouvement jeune au sein de Nous France, de nommer un responsable et de proposer des réunions entre jeunes. Je voudrais que l'on fasse assez différemment. Je voudrais que l'on puisse sur tous les sujets, comme nous l'avons fait ce matin dans les ateliers, avoir le regard des jeunes sur les propositions de Nous France. Avoir en permanence le regard pour qu'ils nous disent « Vous êtes à côté de la plaque où ça, ça nous parle ».

De façon, et je ne voudrais pas faire le parallèle avec ce que disait Gilles Finkenstein tout à l'heure, mais nous avons bien conscience que nous ne faisons aujourd'hui plus de la politique pour notre avenir à nous, mais pour leur avenir à eux. Que bien évidemment, nous devons veiller à ce que chaque génération soit à sa place et trouve sa place dans la société française. Mais bon sang, si nos efforts ne sont pas tournés vers la jeunesse, à quoi ça sert de s'engager et de faire de la politique ? Alors ce sera un mouvement résolument jeune.

Nous voulons montrer que la politique sert encore à quelque chose, qu'elle permet de se battre pour ses idées, qu'elle permet aussi d'apporter des solutions. Là où nous gérons aujourd'hui, que ce soit dans nos communes Frédéric, que ce soit dans nos départements, je le dis à Olivier qui est là, je le dis à Pascal qui est là, je le dis aussi à François, que ce soit dans les régions, nous faisons la preuve que nous sommes capables d'être efficaces, d'aider nos concitoyens. C'est à partir de ces expériences, que nous allons montrer qu'en politique, il y a les diseux et les fais-eux et que nous, très clairement, nous faisons partie de la catégorie des fais-eux.

C'est la raison pour laquelle Nous France aura plus de crédibilité que tout autre. Mais je dois au préalable vous dire ce que Nous France ne sera pas. Je dois vous dire aussi ce que Nous France ne fera pas. Déjà, pour être très clair, vous me connaissez, Nous France ne courra pas après les extrêmes. Jamais. Fini ces moments où on écoute les sirènes de l'extrême droite et on finit par s'échouer sur les berges de l'échec. Parce que c'est cela aussi l'une des raisons de notre échec à la dernière présidentielle. Fini la confusion sur les thèmes des autres.

Nous France dit clairement non, aujourd'hui comme demain, à toute idée mortelle de l'union de la droite et de l'extrême droite, la famille politique du général de Gaulle, de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy a toujours combattu l'extrême droite. Alors nous serons dans la même ligne, clairement et définitivement. Je veux aussi, je le redis avec force au moment où les élections en Suède et en Italie laissent penser que la voie du succès serait celle-ci, l'union de la droite et de l'extrême droite. Eh bien, je vous le dis, mes amis, ça n'est pas une voie, c'est une impasse. Ça n'est pas une impasse comme les autres, c'est une impasse mortelle pour les républicains.

C'est la raison pour laquelle nous la refusons et nous la combattrons. Je veux vous dire aussi au travers de nous, France, ce qu'est ma France, et certainement la vôtre aussi. Nous ferons un certain nombre de propositions fermes, fortes, très fortes. Certains pourront penser qu'elles seraient dures. Je laisse à chacun le choix de ses qualificatifs. Mais je dis, toutes ces propositions se feront dans un cadre. Parce que ma France, et je veux vous le redire, dans ma France, on ne juge et on ne jugera personne sur sa religion, sur son origine, sur sa couleur de peau ou sur son prénom.

En revanche, je serai et nous serons intraitables avec celui ou celle qui ne respecte pas la loi, celui ou celle qui ne respecte pas la France, quelle que soit sa religion, son origine, sa couleur de peau ou son prénom. Voilà aussi ce que je voulais préciser. Alors notre vocation, une fois que je l'ai dit ça, c'est de répondre aux problèmes, aux inquiétudes, aux angoisses des Françaises et des Français. Nous savons le faire et nous continuerons à savoir le faire. Pas besoin de recevoir la leçon en disant, à l'époque vous n'avez pas fait ci, vous n'avez pas fait ça. Allons. Si certains sont pour faire un droit d'inventaire, que ce droit d'inventaire soit réellement sincère et honnête.

Je le redis, les extrêmes sont un danger pour notre pays. C'est un pays qui est déjà tellement fracturé qu'il n'a pas besoin de slogans ou de fausses solutions. Il a besoin de rassemblements et de vraies réponses aux problèmes des Français. Et je le dis aussi, quand je parle du danger, je parle du danger dû à l'incompétence de leurs dirigeants. Gérer une grande région de 66 millions d'habitants comme les Hauts-de-France, ils en sont incapables. Je pourrais vous donner nombre d'exemples. Et il est évident que ce serait pire encore pour gérer un pays de 68 millions d'habitants.

Déjà, ce qu'ils ont à gérer eux-mêmes, eux-mêmes, sans renvoyer la responsabilité à leurs prédécesseurs, eh bien c'est tout simplement leur parti. Brillant résultat. Parce que la seule chose dont ils ne peuvent pas dire que c'est le prédécesseur qui est en cause, c'est leur parti, la gestion du Front National, endettée à hauteur de 23 millions d'euros, ils doivent relancer une énième fois un emprunt national pour trouver en urgence 3 millions d'euros, non pas pour investir, mais pour éponger les dettes. Et vous les imaginez à la tête du pays ? Jamais ! Je vous ai dit ce que nous France ne seraient pas, ne feraient pas.

Ni courir après les extrêmes, ni se fondre dans une Macronie dont on voit déjà en ce début de quinquennat que l'issue se dessine. Mais le plus important, mes amis, c'est ce que nous allons faire. C'est ce que nous allons faire ensemble pour la France et pour les Français. Préparer l'avenir de notre pays et aussi traiter les urgences, je vous l'ai indiqué. Pour cela, j'assume que quelles que soient les voies et moyens, nous refuserons le chaos pour notre pays. Je ne veux pas du chaos, ni politique, ni économique, ni social. Je ne veux pas non plus de l'immobilisme qui au final ne ferait que nous rapprocher du chaos tôt ou tard.

Alors avant même 2027, nous serons dans tous les débats avec nous France, que ce soit avec les élus locaux en faisant la preuve de leur action, que ce soit avec nos parlementaires, comme je l'avais fait aussi quand il y avait aussi une autre heure grave, c'était à l'hiver 2018. Il y avait la crise des gilets jaunes. Et le moins qu'on puisse dire, au-delà du drame national que nous vivions, c'est que le gouvernement était en panne d'inspiration. Et à l'époque, la fameuse prime Macron ne s'appelait pas forcément prime Macron. C'est moi-même qui avais proposé cette prime de 1 000 euros, qui a porté mon nom un court instant, mais là n'est pas le plus important.

C'était une idée simple, une idée de bon sens, qui disait à l'époque qu'en plus du salaire, de la participation, de l'intéressement, je voulais que quand l'employeur verse 1 000 euros, cela lui coûte 1 000 euros et pas 1 centime de plus, et qu'il y ait dans la poche du salarié 1 000 euros et pas 1 centime de moins. Pas de charge et pas d'impôt, ni pour l'un ni pour l'autre. Cette idée a été quelque peu travestie, parce que quand les politiques laissent faire la technostructure, au final, c'est plus compliqué pour que ça marche moins bien.

Mais si je vous dis cela, c'est tout simplement parce que j'en suis convaincu, il était essentiel à l'époque d'apporter une partie de la solution de pouvoir d'achat aux salariés, je l'ai fait sans réserve, parce que la question n'était pas de savoir si on était agréable ou pas à M. Macron, mais si on servait l'intérêt général et si on était utile pour les Français, ce que nous avons fait à l'hiver 2018, j'ai bien l'intention que nous le fassions d'ici 2027. C'est cela aussi se situer au niveau de l'intérêt général et au niveau de responsabilité et de dignité qu'évoquait Gilles Finkenstein tout à l'heure, parce que nous le voyons bien.

La situation est explosive, alors beaucoup nous disent, pensez qu'on peut revivre la crise des Gilets jaunes ? Je n'en sais rien, mais je ne le souhaite pas, parce que la France affaiblie, c'est notre pays et nous savons pertinemment que notre responsabilité est d'éviter cela. Alors si on vous demande, alors Bertrand se bat pour quoi ? Il bat principalement pour deux choses, l'ordre et le travail. L'ordre, c'est l'autorité, c'est le respect de l'autorité, c'est surtout le ciment de nos sociétés, le respect de la règle, le respect de la loi, si souvent bafoués aujourd'hui.

Et je ne comprends pas d'ailleurs que le pouvoir aujourd'hui ne voit pas ce besoin essentiel des Français, de la société française, d'être protégé, de remettre de l'ordre dans notre pays. C'est sa fonction première, c'est sa fonction régalienne. Alors bien évidemment, nous allons parler de sécurité et de justice. Nous reprendrons certaines des propositions que nous avions faites l'an dernier, parce qu'elles n'ont pas vu le jour. Il y aura des textes présentés bientôt à l'Assemblée nationale et au Sénat. Alors clairement, avec une double logique, le refus de la naïveté et le refus des propositions des extrêmes nous feront entendre notre voix.

Ce sera la voix de l'autorité, ce sera la voix aussi du bon sens, ce sera la voix de la vérité, parce qu'il faut regarder la vérité en face. Si rien n'est fait avant 2027, la société française va continuer à se fracturer, va continuer à se défaire. Le repli sur soi, voire les affrontements, risque de voir davantage le jour et je ne le veux pas pour mon pays. Vous avez vu ce qui s'est passé à Cannes ? Vous avez vu ce qui se passe à Nantes ? Vous avez vu à Alençon, une ville moyenne où ce sont les dealers qui font la loi ? Qu'est-ce qu'attend le pouvoir pour se réveiller ?

Qu'est-ce qu'attend le gouvernement, non pas pour rivaliser de trésors d'imagination en termes de communication, mais tout simplement d'amener des résultats pour que l'ordre soit respecté et que l'autorité de l'État et des policiers et des gendarmes soient à nouveau respectées. Alors on nous dit qu'il va y avoir plus de policiers. Mais plus de policiers, c'est une chose, nous le savons bien, nous le souhaitons. Mais il faut aussi que ces policiers soient soutenus, soient respectés et qu'on ne s'en prenne pas à eux.

On sait pertinemment aujourd'hui qu'il ne s'agit pas seulement d'annoncer des forces de l'ordre en plus, mais il faut aussi que derrière, parce que les forces de l'ordre savent élucider, interpeller, mais il faut derrière que la justice passe. Et aujourd'hui, ce que propose la justice ne nous permet pas suffisamment de faire respecter la loi comme il le faudrait. Je ne voudrais pas tout développer. Cela a été fait ce matin dans l'atelier avec Pierre-Henri et avec Marc-Philippe, et vous avez été nombreux à y assister. Mais on ne peut pas continuer comme cela, avec une telle impunité. L'impunité, elle commence, ça a été dit, avec des travaux d'intérêt général qui ne sont même pas effectués.

L'impunité, c'est quand même les amendes, même les amendes, pardon, non, les braves gens payent leurs amendes, les autres s'en moquent royalement. Alors je le dis, les amendes, elles doivent faire l'objet d'une retenue à la source, tout est possible maintenant fiscalement, d'une retenue à la source sur les salaires, voire sur les indemnités, voire sur les allocations, y compris quand ce sont des allocations comme le RSA. Quand on viole la loi, il est normal que l'on réponde de ces actes. Nul besoin de demander l'autorisation à Bruxelles. Nul besoin de faire un référendum constitutionnel. Il suffit d'une loi, pardon, il faut tout simplement du courage politique.

Il faut tout simplement prendre conscience que ce sont avec aussi des mesures simples que l'on pourra remettre de l'ordre dans notre pays. Et puis il y a la question de la délinquance des mineurs. Je crois, je crois la prévention. Fortement, ici Frédéric, nombre d'actions ont été menées par toi-même, moi également et avec Pierre-André. Mais il faut aussi à un moment donné, quand on ne respecte pas la loi, qu'il y ait une sanction. Il ne s'agit pas de dire que la réponse doit être la même pour tous. Mais on ne peut pas continuer à savoir qu'il nous faudrait deux fois plus de centres éducatifs fermés, il en faudrait un dans chaque département.

Qu'est-ce qu'on attend pour justement les réaliser ? Ça n'est quand même pas compliqué. Cela fait des années qu'on en parle et je ferai remarquer que cela fait plus de dix ans que nous ne sommes plus au pouvoir. voilà clairement ce qu'il nous faut. Et nous devons revenir aussi sur la majorité pénale. La majorité pénale doit être fixée à 15 ans. Là encore, nul besoin de référendum constitutionnel. Il faut une volonté politique. Il faut avoir du courage et surtout entendre la détresse des Français. Je voudrais revenir aussi sur un autre fléau. Je ne sais pas si vous avez vu dernièrement ces riverains qui habitent à côté, comment on l'appelle ? La colline du crack et le mur de la honte.

Je me souviens d'un déplacement à un Roubaix où une dame nous expliquait que ces enfants ne peuvent pas jouer dehors. Ils ne peuvent pas jouer dehors parce que s'ils sont dehors, ils sont juste à côté des dealers qui font leur sale commerce. Et là encore une fois, il ne s'agit pas seulement pour les consommateurs de leur dire qu'ils auront une contravention. Non. Avec la récidive, il faut aussi qu'il y ait une obligation de soins pour les consommateurs et que l'on mène une lutte acharnée contre tous les trafics du revendeur jusqu'à la tête des réseaux. Il nous faut engager cette guerre impitoyable. Il s'agit de notre jeunesse et de nos enfants qu'il faut protéger.

Nous aurons aussi, quand on parle d'autorité, je sais qu'une loi a été votée, mais les parlementaires pourraient vous dire en long, en large et en travers que cette loi n'est pas à la hauteur du discours important qu'avait pourtant prononcé le président de la République aux Mureaux. On ne peut pas encore se protéger comme il le faut contre l'islamisme. On ne peut pas encore suffisamment rapidement mettre hors d'état de nuire les prêcheurs de haine. On ne peut pas prendre des décisions sans risquer de se faire casser la décision au tribunal administratif et attendre que ce soit le Conseil d'État qui prenne la décision.

Non, il nous faudra aller plus loin parce que ce combat contre l'islamisme, c'est clairement un combat de civilisation. Nous le menons pour nous, mais nous le menons aussi pour les générations qui viennent. Je ne veux pas que mes enfants grandissent en baissant la tête ou en ayant peur ou en ayant tout oublié de ce que nous, nous avons connu. Ce combat contre l'islamisme, ce combat pour la laïcité, c'est un combat pour la France et pour les Français. Mais prenez garde, prenez garde à toutes les agressions contre la laïcité. Une loi courageuse exceptionnelle avait été votée à la demande de Jacques Chirac sur les signes religieux ostentatoires à l'école.

Aujourd'hui, ils s'y attaquent de façon insidieuse, n'est-ce pas Bernard ? Ils s'y attaquent de façon insidieuse par les réseaux sociaux ou sur les réseaux sociaux où on fait la promotion des abayasses, des camisses en disant « Allez-y, allez à l'école avec ». Et qui sont les cibles ? Les enfants. Alors je le dis aussi très clairement, nous devons nous doter des outils nécessaires, notamment sur les réseaux sociaux, pour pouvoir protéger nos enfants, pour pouvoir protéger l'école, pour pouvoir protéger la laïcité. Ça sera là également des combats de nous, France. Sur la question de l'immigration, là encore, nombre de propositions ont été faites, elles reviendront dans le débat parlementaire.

Mais ce que je voudrais indiquer, c'est que notre principe sera très simple. Ça n'est pas à la France de s'adapter aux besoins de l'immigration. C'est à l'immigration de s'adapter aux besoins de la France. C'est la raison pour laquelle il nous faut une immigration qui soit choisie. Et là encore, ce que nous proposons, ça n'est pas un modèle de société qui tournerait le dos à la démocratie. Ou alors, est-ce que les Australiens, les Canadiens, les Américains ne sont pas des démocrates ? Bien sûr que si. Le vrai sujet, c'est que nous voulons tout simplement choisir qui vient, pour combien de temps et dans quelles conditions.

Et devenir beaucoup, beaucoup moins nombreux que ça n'est le cas aujourd'hui au titre de l'immigration légale et de lutter aussi contre l'immigration clandestine. Je pourrais vous en parler davantage avec notamment Pierre-Henri, Jean-François, de ce qui se passe à Calais, où on est quasiment tous les jours à espérer qu'il n'y ait pas un drame supplémentaire dans la Manche, qu'un navire de fortune n'ait justement chaviré avec des enfants à bord. Et ce qui est terrible, c'est qu'il faut à chaque fois qu'il y ait un accident, un drame, pour qu'il y ait l'émotion médiatique pendant un court instant, une réaction politique qui ne dure pas plus longtemps et qu'ensuite les choses recommencent.

Oui, je sais que tout est compliqué, mais si on en a vraiment la volonté, on peut faire bouger les choses. La preuve, nous avions même obtenu de Bernard Cazeneuve à l'époque que l'on puisse démanteler la fameuse jungle de Calais. La seule chose, c'est qu'on pense que parce que le démantèlement a eu lieu, nous en sommes quittes. Non. Ce que vivent les habitants du Calaisie est aujourd'hui insupportable. Et là encore, il y a une volonté politique à un moment. Je souhaite qu'il y ait aujourd'hui le même courage et la même volonté politique pour apporter les solutions auxquelles ont droit les habitants des Hauts-de-France. Mais je voudrais revenir sur un point particulier.

Au début, j'ai demandé si c'était sérieux quand le président de la République a dit que maintenant, l'immigration, il faudrait la répartir sur tout le territoire et dans nos campagnes. Au début, je me suis demandé si c'était sérieux et je me suis demandé à combien il s'y était mis à l'Elysée pour lui proposer une telle idée. Sauf que le problème, c'est que ce n'est pas comique, c'est tragique. Parce que ça montre qu'au final, on aurait renoncé à toute maîtrise de l'immigration. Mais ça montre aussi le niveau de mépris de celles et ceux qui ont pensé cette idée pour nos ruraux et pour nos campagnes.

Je le dis tout simplement, je combattrais une telle proposition si elle revient dans le débat public. Si l'on parle d'ordre et d'autorité, je voudrais aussi que l'on remette de l'ordre dans les têtes. Et je voudrais vous parler de toutes les théories de la déconstruction. Je voudrais vous parler du wokisme. Nous devons lutter, et nous, France le fera, face à l'idéologie wokiste qui est une mise en accusation des fondements de notre civilisation, une remise en cause de notre histoire, de l'histoire française, avec l'alliance mortifère de l'extrême-gauche et des islamistes.

Ce défi, nous devons le relever, notamment vis-à-vis des jeunes qui se retrouvent seuls face à cette idéologie de déconstruction, de destruction de ce que nous sommes. Et mes amis, faut-il quand même que nous soyons tombés bien bas pour voir Sandrine Rousseau jouer aujourd'hui un rôle grandissant dans le débat public ? Ça aussi, je ne l'accepte pas. Faut-il encore parler du travail ? Au moment où cette même Sandrine Rousseau nous dit qu'il y aurait plutôt un droit à la paresse. Alors moi, j'ai envie de parler du travail. J'ai envie de vous dire que, bien évidemment, cette notion, cette valeur doit être revisitée, c'est vrai. Qu'on doit entendre les différents messages.

Gilles nous le rappelait tout à l'heure, c'est vrai. Mais je voudrais quand même vous dire, mes amis, que le ciment de la société, hier, comme aujourd'hui, comme demain, c'est le travail et c'est le mérite. C'est à partir de ce postulat que je vous propose de lancer les travaux et la réflexion de nous, France. Si je vous parle du travail, je vais vous parler avant tout de celles et ceux qui donnent du travail. Ah non, je ne veux pas parler des politiques. Non, parce que celles et ceux qui donnent du travail, ce sont les entrepreneurs.

Et quelle que soit la taille de l'entreprise, quel que soit le secteur d'activité de l'entreprise, clairement, nous ne sommes pas assez aux côtés des entrepreneurs. Qu'est-ce qu'on parle bien de l'entreprise ? Mais beaucoup de responsables politiques parlent très bien de l'entreprise si tant est qu'ils aient fait éventuellement fiche de paye pour quelqu'un qui peut travailler chez eux. Moi, ça fait bien longtemps, j'ai eu cette expérience, je ne l'ai pas oublié. Mais comme ça fait bien longtemps, j'essaie au maximum que nous soyons au contact des entreprises.

Et le contact des entreprises, c'est les grands groupes qui ont leur importance, mais on oublie bien souvent, trop souvent, en France, les artisans, les commerçants, les professions libérales, les TPE, les PME, ces entreprises que l'on appelle les ETI, les entreprises de taille intermédiaire qui font la prospérité de l'Allemagne et que nous décourageons bien souvent, notamment avec cette histoire de seuil. Il y a deux fois plus d'entreprises de 49 salariés en France qu'il n'y a d'entreprises de 51 salariés. Les gens ne sont pas superstitieux, hein ? Ah non, pas du tout ! Ah non ! Ah non ! Ils ne sont pas superstitieux.

C'est qu'ils savent pertinemment que ce sera contrainte sur contrainte, renchérissement des coûts d'exploitation, alors même que ces employeurs veillent à ce qu'il y ait les meilleures conditions de travail et le meilleur respect des salariés. Clairement, nous avons besoin, avec nous, France, de faire des propositions novatrices pour être aux côtés de nos entrepreneurs. Et puis aidez-moi, aidez-moi à ce qu'on sorte des discours. Aidez-moi, je ne suis pas un utopiste, même si nous sommes dans le département de Jean-Baptiste Godin à Guise. Non, je ne suis pas un utopiste. Mais nous avons absolument besoin de transformer notre administration.

Que cette administration de contrôle devienne une administration d'accompagnement. Non, je ne suis pas faux. C'est tout à fait possible. Mais il y a un changement de fond en comble qui est à opérer. Et si ce ne sont pas des gens de la société civile, des entrepreneurs, des gens du terrain qui proposent, jamais ça ne se fera. N'allez pas demander à ceux qui ont inventé la complexité d'aller demain simplifier ou alors demander à quelqu'un de sier la branche sur laquelle il est assis. Alors c'est à nous de le faire. Et nous nous allons parler à ceux qui travaillent. Parce qu'en France, on ne gagne pas assez quand on bosse. Mais quand on peut bosser, il faut bosser.

Cette phrase peut choquer, mais je l'assume complètement. Tout d'abord, le travail ne paye pas assez. Il paye mal. Et ce n'est pas la seule responsabilité, comme le disent la France insoumise, n'y pèse. Non. C'est que les employeurs, pour garder leurs salariés, pour les fidéliser, pour les recruter, voudraient les payer davantage. Mais en France, c'est salaire et charge. C'est ça la vraie question. Alors nous avions, pendant la campagne présidentielle, j'avais parlé de cette prime au travail qui n'a peut-être pas été suffisamment compris. C'était une façon de prendre en charge une bonne partie des charges salariales. Est-ce que cette idée a toujours du sens ? Nous en débattrons.

Mais ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui, la prime d'activité, elle est injuste. Parce que la prime d'activité tient compte des revenus de votre ménage, de votre conjoint. Il n'a même pas besoin que votre conjoint soit millionnaire. Non. S'il gagne déjà plus que le SMIC, on vous en enlèvera une partie. C'est injuste. Nous avons réussi, et ce sont nos amis parlementaires, des Républicains qui avaient porté cette idée-là, à faire en sorte que l'allocation d'adultes handicapés soit, comme l'on dit, défamilialisée. Nous avons besoin de le faire de la même façon pour la prime d'activité. Mais j'aurais besoin de savoir si c'est la prime au travail qui reste la bonne référence, la bonne solution.

Est-ce que c'est quand nous en aurons la possibilité de baisser massivement l'impôt sur le revenu sur les classes moyennes ? Mais nous en débattrons parce que nous avons besoin de trouver les bonnes solutions pour celles et ceux qui travaillent. Alors, je me suis laissé dire que ce matin, il y avait eu des débats animés dans l'atelier de travail. Parce que mon ami Thibault Langsad était venu pour participer à cet échange et je lui avais demandé de mettre les pieds dans le plat. Ce n'est pas lui le responsable, c'est moi. Avec l'idée de dividendes salariés. Je sais que ça heurte beaucoup, mais je voulais justement qu'il y ait ce frottement de cervelle, Bernard, c'est comme cela que l'on dit.

C'est qu'il puisse vous expliquer que, dans l'esprit, si une entreprise gagne de l'argent, c'est grâce à l'investisseur, celui qui a mis son capital, bien évidemment. Il doit y avoir la rétribution du capital, mais c'est aussi avec les salariés. Vous allez me dire, il y a le salaire, il y a la participation, il y a l'intéressement. Mais c'est une idée forte. Et je veux clairement que dans les débats que nous allons pouvoir avoir, notamment dans les antennes, dans toute la France, vous puissiez donner votre avis. Ce n'est pas parce que nous en avons parlé ce matin que c'est maintenant partie intégrante de notre projet, mais je veux que nous allions jusqu'au bout des choses.

Et même si des idées dérangent, je suis désolé. Il vaut mieux avoir trop d'idées dont certaines dérangent que plutôt, comme beaucoup, avoir zéro idée, parce que ce n'est certainement pas comme ça qu'on réussira à convaincre nos concitoyens. Si l'on parle du travail, je dois aussi parler de celles et ceux qui pensent qu'on peut réussir sans travailler. Non, on ne peut pas réussir sans travailler. Et là, ce que j'appelle de mes voeux, ce sont des propositions claires, précises, simples sur la réforme de l'assurance chômage qui va s'ouvrir. Je crains qu'on ait encore un exercice, c'était dit ce matin dans l'atelier, de recentralisation, surtout de communication.

Parce que le problème est très simple. Bien sûr qu'il y a des besoins de formation. Bien sûr qu'il y a des besoins pour une maman seule, notamment, je me souviens avoir rencontré, c'était à côté de Roubaix, une dame qui me dit, mais monsieur Bertrand, moi je veux bien prendre un emploi. Mais je suis seul, j'ai trois enfants, ils sont en bas âge. Si c'est un emploi posté, je fais comment ? Oui, il faut faire du sur-mesure. Oui, il faut tendre la main. Mais la France ne peut pas rester ce pays où quand vous tendez la main, certains refusent de saisir cette main tendue. La France ne peut pas rester ce pays où on peut dire non à 5, 10 offres d'emploi et qu'il ne se passe rien.

Il doit y avoir un changement des règles d'assurance chômage, faute de quoi on ne trouvera jamais de solution. Ce combat pour le travail, c'est le combat pour les classes moyennes. Celles et ceux qui portent la société française, ce sont les entrepreneurs qui donnent du travail, mais ce sont les classes moyennes. Comment on définit les classes moyennes ? Trop riches pour être aidés, mais pas assez pour s'en sortir, même avec deux salaires à la maison. Et vous pensez que ça peut durer encore longtemps ? Je suis persuadé que non. Ceux qui payent tout, vous diront-ils, et qui n'ont droit à rien.

Ceux qui, quand ils font les calculs de bourse, alors qu'ils sont à deux salaires, savent bien que ça ne sert pas à grand-chose d'aller remplir le dossier jusqu'au bout, parce qu'ils ne touchent rien. Ceux qui se disent qu'il y a l'allocation de rentrée scolaire, qui est certainement utile, mais eux, parce qu'ils dépassent, ils n'auront droit à rien. Dans la région des Hauts-de-France, même si on n'est pas la région la plus riche de France, l'allocation de rentrée scolaire, elle s'appelle la quarte génération. Elle est pour les lycéens et les apprentis, et elle est versée à tous les enfants, quelle que soit la situation de leurs parents. C'est aussi ma conception de la justice.

Alors, je n'ai pas parlé de celles et ceux qui ne pourront pas travailler. Celles et ceux qui ne pourront pas travailler, j'entends que nous fassions des propositions fortes. Et en plus, nous avons la chance, avec les présidents de conseils départementaux que nous avons, de pouvoir parler de la question du handicap. Je reste convaincu qu'il faudra se battre jusqu'au bout sur cette idée qui m'avait été donnée à côté d'Annecy par une maman qui m'avait dit que leur crainte avec son mari, c'était que quand leur enfant handicapé adulte les verra disparaître, qu'il n'ait pas les moyens de rester autonome. Cette idée, elle avait rencontré beaucoup d'échos.

Pour moi, elle ne rencontrera jamais assez d'échos que quand elle sera votée, qu'elle deviendra la loi de la République. Je souhaite que quand le dernier parent décède, la pension de reversion qu'il touche soit versée à l'adulte handicapé devenu orphelin, en plus de l'allocation d'adultes handicapés. C'est une question de justice. Si vous n'avez pas de cœur, ne faites pas de politique. Mais si vous êtes à nous, France, c'est que vous avez du cœur. Et je n'ai pas parlé de celles et ceux qui ne pourront plus travailler en raison de leur âge. Les retraités. La réforme des retraites. C'est l'actualité.

Alors on ne sait pas encore exactement sur quelle base va s'engager cette réforme des retraites. Mais je ne vous cache pas que j'ai été stupéfait par les propos qui ont été rapportés dans la presse, absolument pas démentis, ni par le président, ni par la présidence, ni par les participants. Il s'agirait avec cette réforme des retraites de montrer l'autorité de M. Macron. Mais je suis désolé. Il ne s'agit pas de faire une réforme des retraites pour sauver son quinquennat. Il ne s'agit pas de faire une réforme des retraites pour marquer son autorité.

Il s'agit de faire une réforme des retraites parce que c'est aussi un élément important du contrat social français de la relation du lien entre les générations. Sauver les retraites, c'est beaucoup plus important que l'égo de qui que ce soit, puis-il président. La démographie est là. L'espérance de vie qui progresse est une formidable bonne nouvelle. Mais cela aussi nous amène à faire des choix. Et les choix sont très simples. Je me souviens, jeune rapporteur de ce texte en 2003, tu t'en souviens Gilles, c'est toi qui m'as fait cette confiance pour la commission des finances. Nous savions pertinemment qu'en matière de retraite, il n'y a pas 36 solutions.

Soit on paye plus en cotisation, soit on touche moins en retraite, soit on accepte de travailler un peu plus longtemps. Vous pouvez trouver une autre solution, elle reviendra forcément à l'une de ces trois solutions que je viens d'évoquer devant vous. Et je sais aussi que les réformes sont difficiles. Mais les réformes des retraites peuvent voir le jour et peuvent même convaincre, susciter l'adhésion des Français. Si à côté des efforts, il y a de la justice.

Et je le dis d'autant plus que les parlementaires qui sont là, celles et ceux qui étaient élus voilà quelques années, savent pertinemment que c'est notre honneur que d'avoir fait voter à l'époque de la réforme de 2003, quand nous avons mis sur un pied d'égalité pour la durée de cotisation publique et privée, c'est nous qui avons fait voter le dispositif carrière longue. C'était ici à côté de Saint-Quentin qu'un monsieur m'a dit « J'ai 58 ans, j'ai le dos cassé, si vous prolongez l'activité, je ne vois pas comment j'irai jusqu'au bout ». Et notre fierté, ça a été que celles et ceux qui avaient commencé à travailler à 14 ans, à 15 ans et à 16 ans puissent partir à la retraite plus tôt.

C'est une question de justice, c'est une question de cœur, c'est aussi une question de respect de la valeur travail. Alors, ceux qui sont cabossés par le travail, et vous savez pertinemment que nous ne sommes pas égaux par rapport aux conditions de travail. La vraie injustice, quelle est-elle ? Certains diront c'est le niveau des retraites. Oui, c'est vrai, mais le niveau de retraite, il est encore plus injuste pour les femmes, il est encore plus injuste pour tous ces indépendants, mais aussi la véritable injustice n'est pas là. C'est l'espérance de vie à partir du moment où vous prenez votre retraite.

Et je le dis, moi je suis prêt à m'engager pour soutenir une réforme des retraites si la justice est au rendez-vous, si celles et ceux qui sont vraiment usés physiquement par le travail peuvent partir plus tôt. Et la justice, ça sera également, sans faux semblant, de mettre sur un pied d'égalité cette fois-ci, public et privé, en n'oubliant certainement pas les régimes spéciaux. Voilà ce qu'est la justice, voilà ce qu'est la condition de l'engagement de nous, France.

Sur une réforme qui ne tolère aucun passage en force, ni par amendement, ni par 49.3, par une réforme qui, si on veut susciter l'adhésion des Français, parce qu'elle touche à notre contrat social, je l'ai dit, mais elle touche aussi au plus intime sur son projet de vie, doit aussi laisser sa place à la concertation. Voilà ce à quoi nous croyons. Et c'est ça que je porterai dans le débat public. Ordre, travail, bien évidemment, c'est notre ADN. Ce sont les points essentiels. Mais comment pourrait-on, dans les mois qui viennent, dans les années qui viennent, avant même 2027, ne pas parler de la santé, Jean-Pierre Béatrice ? Moi, je veux que la carte vitale, elle reste verte.

Oh, elle devrait être numérisée, infalsifiable, inviolable. Ça, c'est vrai. Mais je veux que la carte vitale reste verte. Et je vous le dis, mes amis, qu'elle ne devienne pas une carte bleue ou une carte gold. Je ne veux pas qu'on dévitalise la carte vitale. Je veux que l'on refuse la longue dérive vers le système américain, avec d'un côté une médecine des riches et de l'autre une médecine des pauvres. La France doit rester ce pays où, quand vous êtes frappé par un cancer, vous serez soigné par les meilleurs, avec les meilleurs équipements et les meilleurs traitements, quelle que soit votre situation professionnelle, quel que soit votre statut. C'est ça, la France.

Et c'est ça, le système de santé. C'est ça, la France. Mais entre les déserts médicaux, les délais d'attente, les études médicales qui n'ont pas été réformées comme il aurait fallu, avec des ARS dont nous devons signer clairement la fin, et avec un système dont les soignants sont aujourd'hui les premières victimes, voilà une dérive que je refuse et il est urgent d'agir. Et le ministre a annoncé qu'il y aurait des États généraux et bien qu'ils s'attendent à avoir des adhérents et des élus de Nouf France, participer à cette concertation, parce que notre santé, clairement, nous y tenons et nous ferons des propositions, fois d'anciens ministres de la Santé. Nous parlerons de l'éducation.

L'avenir de nos jeunes de l'école à l'université sont en train de perdre leur chance. Alors nous allons parler du bac, parce qu'avec tel taux de réussite au bac, nous savons bien que ça n'est plus ce qui permet de trouver sa voie. C'est un sujet tabou après la réforme ? Je l'assume et nous en parlerons. Nous allons parler aussi de parcours sub, parce que quand même, on essaye de me dire que c'est le meilleur des systèmes, de confier l'avenir de nos jeunes à des algorithmes, je ne suis toujours pas enchanté. J'ai besoin d'être convaincu et de remettre ce sujet sur la table. Alors je n'ai pas de problème pour parler aussi du collège unique, parce que ça n'est pas un tabou.

Et je l'ai dit, voilà quelques jours, dans un quotidien, on doit parler de tout sans aucun tabou. Et on va parler aussi de l'orientation, parce qu'il n'est pas normal qu'en fonction du carnet d'adresse de vos parents, vous ayez plus ou moins de chance de décrocher un stage ou de savoir quels sont les bons métiers ou du moins les métiers qui vous plairaient. Voilà aussi une question d'égalité républicaine. Les familles aussi, nous allons parler pas de la famille seulement, des familles, si différentes les familles aujourd'hui.

Et quand je parle famille, je pense aussi à cette question des aidants, je pense à cette question de la transmission, je pense aussi à la question du vieillissement, mais aussi de la responsabilité des familles dans l'éducation des enfants. C'est commode pour certains, mais nous sommes en train de faire la confusion entre l'instruction, l'enseignement qui relève de l'éducation et de l'éducation des familles qui, elles, aujourd'hui, est beaucoup trop absente, mais n'en déplaise à certains. Il faudra aussi parler, sous tous ces aspects, du rôle des pères. On ne cesse aujourd'hui de désinguer les pères, d'affaiblir les pères.

Si on veut qu'ils exergent leur responsabilité, il faudra aussi remettre cette question au cœur de débat. Nous allons parler logement. Ah, le logement, je ne sais pas pourquoi, cela semble être un mot tabou pour le gouvernement depuis longtemps. Alors je parle ici devant un certain nombre d'experts, de spécialistes. N'est-ce pas, Pascal, Bruno, Jean-Louis, Dominique. Mais jusqu'où irons-nous dans cette descente aux enfers, où le nombre de constructions baisse, mois après mois ? Alors vous allez vous dire, et alors ? Et alors, c'est que nous avons aujourd'hui des millions de Français. Des millions de Français qui souhaiteraient être mieux logés.

Et que l'ensemble des professionnels ont des solutions pour cela. Ce sont des millions de Français qui sont mal logés, et ce sont des centaines de milliers d'emplois qui sont aujourd'hui en jeu, sans réaction suffisante du gouvernement. Si, pour faire les poches à un certain nombre d'organismes qui sont là, au contraire, pour aider les Français dans leur parcours professionnel et leur parcours de vie. Nous parlerons transport. Pas seulement des transports pour partir en vacances, non, ceux du quotidien. Ceux qui ont fait que... Gilles Finkenstein avait tout à l'heure 40 minutes de retard. Il était venu en train, il y a certainement des bonnes raisons, je vais essayer de savoir lesquelles.

Mais nous savons aussi que nous avons aujourd'hui des usagers non mais qui subissent tout cela. Et qui voudraient tout simplement devenir des clients. Des usagers qui deviennent clients, ça veut dire quoi ? Ça veut dire des gens qui ont le choix et qui se sentent respectés. Ce n'est pas aujourd'hui les cheminots qui sont en cause, ni les personnes derrière les guichets. Non. C'est la technostructure de ce qui est devenu aujourd'hui la SNCF. Et le manque d'investissement de la part de l'actionnaire de la SNCF qui s'appelle l'État. Le rôle de l'État, le rôle du politique, c'est d'anticiper, c'est de prévoir. Gouverner, c'est prévoir, dit-on. Eh bien, ça n'a pas été fait depuis des années.

Et je le dis très clairement, dans cette région, comme dans d'autres, je le souhaite, qu'il y ait l'ouverture à la concurrence. Ça ne veut pas dire privatisation. Je veux tout simplement que les usagers deviennent des clients, je l'ai dit, qui est le choix et qui soit respecté. Et là, les choses changeront. Nous allons parler culture aussi. Culture, Pascal. La culture oubliée de façon tragique pendant la crise du Covid. Car elle était, paraît-il, non essentielle. Ce n'est pas seulement qu'elle est essentielle, elle est consubstantielle à l'âme française, à l'art de vivre à la française.

Et pour celles et ceux qui en douteraient, je voudrais juste leur remémorer cette phrase de Winston Churchill à une période tragique pendant la Deuxième Guerre mondiale. Il a vu cette phrase, si on ne se bat pas pour notre culture, alors pourquoi nous battons-nous ? Nous, à nous, France, nous nous battrons pour la culture. Et on pourra compter sur l'expertise de nombreux d'élus. Je pense à Marie-Laurent, je pense à Laure aussi. Et nous ferons aussi aborder un autre sujet, un autre thème, c'est la question des finances publiques. Regardez clairement la situation. Nous nous sommes habitués, nous nous sommes habitués, toutes et tous, à ce que l'État vive à crédit.

Ça remonte à tellement longtemps qu'on aurait du mal à donner la véritable date de commencement de cette dérive. À chaque problème, ça dépense. Et dans l'ère Macron, à chaque dépense, son chèque. Certains ont même cru que les taux négatifs demeuraient toujours et que l'État pourrait en permanence s'endetter pour dépenser. Mais avec la hausse des taux, la hausse des taux dû à l'inflation, le retour de bâton, il est terrible. La dette devient écrasante. Et la question même d'un État virtuellement en faillite peut se poser très vite. Et je parle bien de l'État français.

Nous devons absolument casser cette spirale pour nous-mêmes, pour garder notre indépendance, mais encore plus pour les générations qui suivent. Nous avons un devoir, un devoir de vérité, un devoir de courage, mais aussi le devoir de trouver des solutions nouvelles. Je compte sur vous, je compte sur l'expertise de mon ami Gilles Carrez, mais nous savons pertinemment que ce que nous sommes capables de faire dans nos collectivités locales, nous devons être capables de le proposer pour sauver l'État français et pour sauver la France. Nous parlerons d'Europe aussi. Indispensable. D'autant que le projet européen, et nous tiendrons une convention en début d'année sur cette question.

Le projet européen doit être repensé, revu. On ne peut pas réussir sans l'Europe. Mais ça doit être revu avec l'élargissement de l'Europe à l'Ukraine. Et puis aussi, les ambitions allemandes dans la matière, dont nous devons parler sans aucun tabou. Parce que l'Europe ne se fera pas sans le peuple français, mais l'Europe ne peut pas se faire en défaisant la France ou en oubliant notre aspiration aujourd'hui plus qu'hier à ce besoin essentiel de souveraineté d'un grand pays comme la France. Parler de l'Europe, c'est aussi parler de la place de la France dans le monde. Moins de grands discours, un peu plus d'alliés, un peu plus d'influence.

C'est comme ça que notre pays redeviendra un grand pays respecté fort. Voilà ce que nous voulons. Il y a aussi des sujets dont on ne parle pas beaucoup dans les parties. On va parler des réseaux sociaux. On va parler de la haine sur les réseaux sociaux. Faut-il la réguler ? Je le pense. Comment la réguler ? Nous avons besoin de trouver des solutions. La place et la responsabilité des GAFAM. Et aussi, un autre sujet, nous en parlions avec François dernièrement, avec un sociologue sur ces questions, la montée de l'individualisme.

Bien évidemment, nous parlions tout à l'heure de la question de la nation, mais la montée de l'individualisme avec toutes ses conséquences doit être prise à bras le corps. Et on doit aussi en prendre la mesure et apporter des solutions. Je serais peut-être surpris qu'à la tribune, une réunion politique, on parle de ces sujets, mais on a vocation à embrasser l'ensemble des sujets qui intéressent nos concitoyens. Je voudrais finir sur les thèmes avec un thème dont on n'a absolument pas parlé pendant la campagne des primaires, dont on a assez peu parlé pendant la campagne des présidentielles, surtout à droite. C'est la question de l'écologie.

Il y a une citation que vous connaissez bien, très bien. Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. Cette phrase de Saint-Exupéry, elle résume assez bien ce qu'est mon attitude sur la question. Nous avons une responsabilité par nous-mêmes, pour nous-mêmes, mais plus encore pour nos enfants. Et cette responsabilité, on doit complètement l'assumer. Le changement climatique est là et bien là. Il n'y a que ces climato-sceptiques, comme on les appelle, qui peuvent continuer à raconter leur sornette sur le web. La vérité est toute simple, c'est que chacun a pris conscience de cela.

Une des responsables du GIEC, François, que nous voyons dernièrement, nous disait que ce qui a changé, c'est que ce ne sont plus les scientifiques qui disent que les incendies sont dus au réchauffement climatique. Ce sont les pompiers. Et quand les pompiers le disent au journal de 20 heures, les Français l'entendent différemment. Alors, il faut le savoir, l'écologie, la défense de l'environnement, c'est le combat pour la nature, pas seulement. C'est le combat pour l'homme, pour l'humanité, la place de l'homme sur cette terre. C'est un combat exigeant, qui doit entraîner pour réussir et qui doit mobiliser.

Si nous voulons une écologie, ce sera une écologie populaire, qui est capable de parler à la fois à ceux qui vont bien, à ceux qui vont moins bien, sans oublier les classes moyennes. Mais quand on parle aujourd'hui de ZFE, Fabien, quand on parle des taxes, quand on parle des interdictions, quand on parle de décroissance, c'est certainement pas ça qui va mobiliser. C'est cela qui va exclure. Et je le dis aussi, nous ne pouvons pas continuer à laisser l'écologie politique, ce qui soit l'otage des verts, surtout quand on voit ce qu'ils sont en train de faire. Alors, il faut une écologie des solutions. Et moi-même, je me suis laissé peut-être beaucoup trop caricaturer.

Parce que je suis pro-nucléaire, et l'on voit bien aussi que le nucléaire, si le nucléaire n'avait pas été à un moment donné l'otage de marchandages politicards, contre nature et honteux, entre eux, à l'époque, socialistes, certains socialistes et les verts, on n'en serait pas là aujourd'hui. On n'aurait pas fermé Fessenheim. Et M. Macron n'aurait pas laissé fermer Fessenheim. Parce que ce que nous voulons, c'est de l'énergie décarbonée, mais nous voulons aussi notre indépendance, notre souveraineté et que l'énergie soit accessible pour l'ensemble des porte-monnaies. Voilà ce que nous voulons. De la même manière, je ne suis pas contre les ENR.

Mais vous êtes combien hier à m'avoir dit « Oh, Xavier, on est venu en voiture ? C'est vrai quand même que quand on vient chez toi, les éoliennes, il y a ce qu'il faut. » Bah oui, il y a ce qu'il faut. Il y a beaucoup plus que ce qu'il faut. Parce que le territoire des Hauts-de-France, c'est même pas 6% du territoire national. Mais les Hauts-de-France, c'est près de 26% du nombre d'éoliennes qu'il y a dans toute la France. C'est-à-dire qu'il y a 1 800 mâts éoliens. Vous comprenez ma colère et la colère de nombre de mes concitoyens. Je ne me suis pas réveillé un matin en étant contre l'éolien, mais je sais pertinemment que nous sommes à saturation depuis bien longtemps.

Et je le dis aussi, nous avons besoin aujourd'hui que l'on mette un terme à ce développement anarchique parce qu'on peut bien évidemment vouloir les énergies renouvelables, mais on n'est pas obligé d'en les dire le plus beau pays du monde qu'est la France, avec ses paysages et demain son littoral. Alors il faut décarboner l'industrie, nous le faisons dans la région notamment. Les transports, les friches et leur pollution. Mais il faut aussi savoir marier l'économie, l'écologie et le social. C'est ce que nous faisons dans cette région.

Quand nous nous sommes battus pour obtenir les 3 usines de fabrication de batteries électriques, c'est la transition écologique, mais c'est de l'emploi avec 7500 emplois. C'est ce mariage entre les 3 qu'il nous faut réussir. Et nous savons le faire partout où nous sommes en responsabilité. Et aussi parler d'écologie, je le dis et j'assume complètement ce que je vais dire, c'est respecter la biodiversité et c'est aussi faire toute leur place aux écologistes de bon sens que sont les agriculteurs, les chasseurs et les pêcheurs. Je veux qu'on les écoute et qu'on les respecte. Je vous ai parlé de nombreux sujets. Je vous ai parlé de défis qui sont essentiels.

Défis pour notre pays, pour nos concitoyens. Mais comment allons-nous réussir quand tant de nos prédécesseurs n'ont pas su réussir ? Ils avaient certainement la volonté, mais ils n'ont pas pu aboutir. D'où ce sentiment chez beaucoup de Français que les politiques ne peuvent plus rien faire. Ils ne peuvent plus agir pour eux et que la politique est synonyme d'impuissance publique. C'est faux, mais c'est pourtant ce qu'ils pensent. Il est vrai que certains par cynisme, d'autres par faiblesse, ils ont renoncé à cette idée que la politique pouvait changer les choses. Je ne fais pas, je ne fais pas ce pari. Je fais le pari, justement, que la politique peut encore bouger les choses.

Bien évidemment que la politique doit prendre à bras le corps la complexité des choses, la complexité de notre monde. Mais encore une fois, ayez du bon sens, ayez des idées simples et vous verrez que les choses seront beaucoup plus faciles. Je dis qu'il est possible d'agir et je me souviens des retraites en 2003, à l'interdiction de fumer dans les lieux publics, du service minimum dans les transports, au projet de Canal Seine Nord Europe et de ces dizaines de milliers d'emplois dans les Hauts-de-France. Je sais qu'encore une fois, si rien n'est facile, on peut aider les Français sans les materner.

On peut aider les Français à s'en sortir, à mieux vivre et à leur redonner liberté et responsabilité. Voilà ce que nous voulons faire. Oui, vous applaudissez, mais dans ces cas-là, il faut avoir la lucidité de voir les blocages français. Comprendre aussi les impasses qui nous ont amenés à la situation actuelle. Ces dernières années ont mis en lumière une véritable crise de l'État. L'État en fait trop et parce qu'il en fait trop, il fait mal.

La gestion des masques pendant la crise Covid, l'explosion de la délinquance, j'en ai parlé, la gestion politicienne de notre parc nucléaire, l'incapacité pendant des années à freiner la désindustrialisation du pays et bientôt le déclin de notre agriculture à laquelle je ne me résoudrai jamais. Pour qui sait regarder, les signes de l'essoufflement de l'État sont partout. Paris veut tout faire. On a l'impression qu'aucun secteur de la vie des Français ne peut empêcher à la règle administratif technocratique. Même la température dans les maisons et attendez-vous à ce qu'on vous recommande bientôt pour vous-même. Le pull à col roulé et la doudoune, c'est du dernier chic.

Mais franchement, on attend autre chose du chef de l'État, des ministres plutôt qu'ils assurent notre indépendance. Les Français veulent deux choses. Que l'État fasse bien ce dont il est chargé et que Paris laisse faire les décideurs locaux pour les décisions locales. Il faut donc en tirer les conclusions institutionnelles. Il faut avoir le courage de dire la vérité, le courage du bon sens. L'État est à refaire. Nous souhaitons un État recentré sur ses compétences régaliennes, la sécurité, la politique étrangère, la défense, la justice et sur la préparation de l'avenir. L'État fera moins de choses, mais les fera mieux.

Il fera davantage confiance aux entreprises pour créer de la richesse et des emplois. Davantage confiance aux collectivités locales pour prendre les décisions locales, y compris en matière d'éducation, de santé, de social, de logement, de politique industrielle, de politique agricole. L'État s'assurera que l'égal accès à ses services publics est bel et bien garanti partout sur le territoire. Les élus locaux devront avoir une très grande autonomie fiscale pour pouvoir moduler les impôts nationaux et assumer devant leurs habitants les choix qui seront faits.

Ils pourront aussi adapter les lois et les règlements à leur réalité locale, je dis bien y compris sur le domaine de la loi, dans les matières qui relèveront de leurs compétences. Certains me disent mais alors la loi pénale pourrait être différente. Non, parce que cela relève du régalien. La République des territoires, c'est une clarification des responsabilités. Mais afin que le national et le local ne s'ignorent plus, nous souhaitons revenir sur l'interdiction du cumul des mandats, notamment pour les villes de taille moyenne. Le député maire ou le sénateur maire connaît mieux les réalités du terrain qu'un député ou qu'un sénateur sans aucun ancrage local. Et de ce fait, il légifère mieux.

Les indemnités sont plafonnées, elles le resteront, mais leurs compétences seront utilisées à plein au redressement juste du pays. Et je souhaite également que l'on mette en place enfin le conseiller territorial. Je dois être l'un des rares ou le seul président de région à porter cette idée. Le conseiller territorial, c'est de la simplification à l'état pur. C'est ce qui permettra une meilleure lisibilité pour nos concitoyens. Que le conseiller départemental soit en même temps conseiller régional et devienne le conseiller territorial, c'est un atout pour la simplification et pour l'efficacité locale.

Mes amis, il s'agit au fond d'aller au bout de l'intuition géniale qu'avait eu le général de Gaulle en 1969 lorsqu'il a lancé son référendum sur la régionalisation. C'est-à-dire un État qui fait moins de choses mais qui les fait mieux avec à sa tête un président qui assume directement ses décisions, tandis que les décisions locales seront prises par des collectivités locales. Tout ceci a un nom. Cela s'appelle une nouvelle république, je dis le mot. Cela s'appelle une nouvelle république qui sera la république des territoires. Je vous l'ai dit, nous n'aurons aucun tabou.

Alors nous avons du travail pour décider cette nouvelle république qui passera aussi par une nouvelle constitution et par un référendum. Seul nous guidera l'intérêt des Français, la modernisation du pays et l'efficacité de l'action publique. Cette nouvelle république, nous allons y travailler tous ensemble. Ce sera un dessin, bien évidemment, pour 2027. Mais d'ici là, vous l'avez compris, nous avons du travail.

Parce qu'aujourd'hui, après avoir ignoré la question de l'immigration, la question des violences, quand on voit aujourd'hui qu'on est en train d'ignorer la flambée des inégalités et l'appauvrissement des classes moyennes, quand l'école n'assure plus la réussite de ceux qui sont issus des milieux modestes, quand une famille où les deux parents travaillent n'arrivent plus à joindre les deux bouts, c'est l'unité de la nation française qui est en péril.

Et on le voit bien, les succès de l'extrême droite, ce qui se passe en Suède, l'arrivée au pouvoir des postes fascistes en Italie, c'est le signe de cette crise d'identité liée à l'abandon des classes moyennes et à l'acceptation du creusement des inégalités. Je refuse tout cela. Je ne m'habituerai jamais à un pays divisé et en proie à la confrontation permanente. Mes amis, je suis comme vous.

Je veux, nous voulons, une France forte, une France respectée, une France fière d'elle-même, une France fière et aussi confiante, confiante dans le progrès, confiante en son avenir, qui permette à chacun, c'est là l'essentiel de ce que nous souhaitons, de vivre en paix, en sécurité, de vivre grâce à son travail et de vouloir et pouvoir le meilleur pour ses enfants. C'est notre idéal. C'est pour cela que nous avons fondé nous, France. Nous allons y consacrer nos idées. Nous allons y apporter nos solutions. Nous allons y apporter notre énergie et notre enthousiasme. Aujourd'hui, à Saint-Quentin, c'est nous, France, qui nous rassemblent.

Mais on doit toujours avoir à l'esprit que c'est bel et bien la France, l'amour de la France qui nous rassemble. Voilà où je vous emmène, mes amis, dans cette aventure dont parlait Bernard ce matin, je vous demande de vous mobiliser parce que c'est l'idéal, c'est l'idéal français. Vive la République, vive la France.